Worse night Motel, Lundi 18 novembre 1996; 04:10.
Pansy claqua la porte de la salle de bain derrière elle. Son regard se posa sur l'adolescent recroquevillé contre le sol glacé.
Ses lèvres tremblaient et il semblait au bord de l'évanouissement.
« Ca-Ca va aller ? » Bafouillât-elle d'un ton qui se voulait froid et distant.
Harry garda les yeux rivés au sol. Ses balancements reprirent et il resserra ses bras autours de ses genoux.
Pansy traversa la pièce exiguë et s'assit sur le rebord de la cabine de douche, à la droite de Harry qui tourna un regard étonné dans sa direction.
« Nous avons tout notre temps, Potter. » Fit-elle en guise d'explication. 'Permets tu que je me mette à l'aise' Aurait-elle voulut ajouter, mais il lui semblait bien trop fragile pour qu'elle ne se permette de lui lancer des piques.
Il posa son regard d'émeraude sur elle. Surpris.
Surpris, mais honteux, honteux d'avoir été vu dans un état pareil par les deux serpentards.
« Ce n'est rien… » Rassura t-elle en devinant ses pensée, lorsqu'il rougit en baissant la tête.
Il resserra les genoux contre son torse, toujours silencieux.
« Il faut juste attendre que ça passe. » Dit t-elle après un moment.
C'était quelque chose qu'elle connaissait très bien, ces instants glacés, au cœur de la nuit, où l'on se réveille en sursaut, la peur au ventre, un boule dans la gorge. Ces instants où les ténèbres nous rongent de l'intérieur et nous laissent las, seuls et impuissants. Elle savait aussi très bien qu'il n'y avait qu'une seule chose à faire, se calmer, attendre.
Le fait d'avoir été réveillé si violemment par une autre personne avait certainement plongé Potter dans une sorte de torpeur.
'C'était juste un rêve' Aurait-elle voulut dire. Mais elle savait mieux que quiconque que de simples cauchemars imaginaires ne provoquaient pas pareilles crises.
La seule chose qui restait à faire était d'attendre. Attendre que l'esprit lui revienne, et surveiller qu'il ne suffoque pas, ou qu'il ne commette pas d'actes désespérés…
Pansy plongea la main dans une des poches interne de sa longue cape noire, et en ressortit une flasque grise qu'elle déboucha rapidement. Elle porta le goulot à se lèvres et but bruyamment. Après quelques gorgées, elle tendit la flasque à Harry.
« Tu veux ? » Proposa t-elle.
Harry posa le regard sur la flasque d'inox avant de le lever vers
elle. Il tendit une main tremblante et s'en saisit.
Il porta
lentement le goulot à ses narines, et grimaça en sentant l'intense
odeur d'alcool qui en émanait.
« Liqueur de Geranium dentu. Très doux en bouche. » Expliqua t-elle.
Harry posa le goulot tiède sur ses lèvres avant de prudemment basculer la tête en arrière. Le goût amer de la boisson et les vapeurs d'alcool qui en émanaient lui donnèrent la nausée. Il referma précipitamment la flasque et la posa au sol avant de s'essuyer la bouche d'un revers de manche en jetant un regard indigné à Pansy.
« C'est ça que tu appelles très doux en bouche ? » Fit-il, d'une voix rauque. Le goût amer ne l'avait toujours pas quitté.
Pansy eu un léger sourire. Elle était parvenue à le faire parler. C'était déjà un pas en avant.
Elle se pencha dans sa direction pour récupérer sa flasque, avant de se rassoire sur le rebord de la cabine de douche.
« Forcément, si tu n'es habitué à boire que de la bierraubeurre… »
Harry eu un léger sourire. Un sourire faible, un sourire faux, mais un sourire tout de même.
Peu à peu, ses tremblements se calmèrent. Ses yeux verts se firent moins brillants. Ses bras relâchèrent ses genoux.
Après un moment, il leva les yeux vers Parkinson, et ses joues rougirent.
Pansy eu un léger rire. Soulagée.
« Je… » Commença Harry sans savoir se qu'il allait bien pouvoir dire.
« Non. Pas de justifications. » Fit Pansy simplement.
Elle se leva du rebord de la cabine de douche, indifférentes aux protestations de ses genoux endoloris.
Harry lui fut infiniment reconnaissant qu'elle ne lui pose pas de questions. Il se releva tant bien que mal et fut prit d'un nouveau vertige.
La jeune fille vit se placer devant lui d'un pas vif et lui lança un regard inquiet.
« La dernière fois que tu as mangé, ça remonte à quand, Potter ? »Demanda t-elle. « Je sais que mes petits pois n'avaient vraiment pas l'air ragoûtant, mais certainement pas au point de préférer faire un malaise plutôt que d'en manger. » Ajouta t-elle, dans l'espoir de détendre l'atmosphère.
Harry eu un léger rire qui lui serra la gorge.
« Et puis, pour ce qui est de tes tranches de jambons de hier matin, là par contre je te comprends, c'était vraiment écoeurant. » Ajouta t-elle avec une mine dégoûtée.
« Hey ! » Fit simplement Harry, la rappelant à l'ordre avec un léger sourire.
Parkinson leva les yeux vers lui et, à sa grande stupéfaction, lui rendit son sourire. Pourtant, celui-ci s'évanouit rapidement de son visage, remplacé par une mine grave.
« Ecoute Potter… » Commença t-elle avec difficulté. « Peu importe ce dont tu rêves, ce dont tu as peur… Je ne te poserais pas de question… Mais je veux juste une chose… »
Harry fonça les sourcils.
« Jure moi juste de… de ne pas… de… »
« De ne pas essayer de me suicider. » Termina Harry d'une voix monotone en voyant le regard de la jeune fille s'égarer sur ses avants bras lisses et imberbes.
Elle ne lui avait jamais semblé aussi mal à l'aise.
« Il y a longtemps que je ne dispose plus de ce droit… » Répondit-il d'un air sombre en baissant les yeux.
« Excuses-moi d'exiger de toi une quelconque promesse alors que je n'ai jamais rien fait envers toi qui m'en donne le droit. Mais l'avenir du monde sor -»
« -cier est en jeu. » Termina Harry en grognant. « Je ne l'oublie pas. Et tu as tord. »
« J'ai tort ?» Demanda Pansy en fronçant les sourcils.
« Je te dois quelque chose… Tu aurais pu partir, et ne pas revenir… » Dit-il en faisant allusion à Snape.
Pansy lui jeta un regard hautain et balançant une longue mèches de cheveux bouclés en arrière d'un geste de la tête magistral.
« De la pitié, Potter. » Crachat-elle. « Je n'en suis pas encore dépourvu comme mon mangemort de père, Merlin m'en préserve. »
Harry aurait put se vexer d'un pareil changement d'attitude, mais il ne le fit pas. Après seulement deux jours de vie commune avec des serpentard, il commençait à y voir clair dans leur façon d'agir.
« Très bien. » Fit-il avec un léger sourire qui fit briller ses yeux verts. « Je respecte ton orgueil et ta fierté de serpentard, et tu respecte ma générosité intempestive de gryffondor.»
Pansy du lutter pour ne pas se laisser aller à rire. Puis elle saisit la main que Harry lui tendit avec un sourire.
« Et puis quelque chose me dit que demain, nous en serrons pas trop de deux pour affronter la colère de Snape… » Ajouta t-elle.
Harry avala sa salive avec difficulté à cette pensée.
Mais il eu un sourire, son premier vrai sourire depuis l'attaque à Poudlard. Enfin, il commençait à entrevoir le jour au bout du tunnel.
Ils sortirent de la salle de bain et éteignirent le système d'éclairage moldu derrière eux. La chambre était entièrement plongée dans les ténèbres.
Harry fit un Lumos et se dirigea vers son lit, sur lequel était négligemment posé une fiole de potion sans rêve.
Peut être que Snape ne l'avait pas totalement abandonné.
Mais sachez, Potter que je ne le laisserais jamais prendre le contrôle de votre esprit…
Devait-il encore y croire ? Cette phrase perdait tout son sens.
Il avait tellement besoin de se sentir entouré, surtout
maintenant qu'il savait que Hermione était très certainement
morte dans l'attaque de sainte mangouste, et que Ron était…
Il ferma les yeux en rabattant les couvertures sur lui.
Parkinson avait déjà abaissé sa garde, mais Snape y parviendrait-il seulement un jour ?
Le temps des joutes verbales et des querelles à répétitions de Poudlard était révolu. Cette froideur qui régnait sans arrêt dans la chambre allait finir par lui faire perdre l'esprit. Comment rester cohérent lorsque le monde entier semble s'être ligué contre vous ?
Non. Harry avait besoin de quelqu'un pour le soutenir. Quelqu'un pour qui il valait encore la peine de rester en vie.
Pansy attendit que le bruit de la respiration de Harry se fasse plus lent, et que Snape cesse de remuer dans son sommeil. Elle était la dernière à s'endormir, comme toujours.
« Insonorus » Lança t-elle, formant une bulle invisible autour de son lit.
Worse night Motel, Lundi 18 novembre 1996; 07:28.
Pansy ouvrit les yeux lorsqu'elle sentit une douce odeur de maïs
grillé à ses narines. Potter semblait avoir fait de gros progrès,
peut être cesserait-il de carboniser systématiquement chacun de
leurs repas.
Elle se redressa et un léger sourire se dessina sur
ses lèvres lorsqu'elle vit que c'était Snape qui s'affaira à
la préparation du petit déjeuner à coups de baguette magique.
Il est vrai qu'il avait toujours aimé cuisiner. Son sourire
glissa de son visage lorsqu'elle se remémora les évènements de
la veille.
Elle entreprit de se recoucher et de tirer les
couettes sur elle, comme dans une vaine tentative de se cacher.
« N'y songez même pas, Parkinson. » Fit la voix du maître des potions.
A contre cœur, elle se découvrit, et s'assit en tailleur sur son lit. Snape était dos à elle, occupé à faire léviter un épi de maïs au dessus du feu qu'il avait magiquement invoqué. Il était vêtu de noir et portait un pantalon large et un simple marcel dévoilant ses bras légèrement musclés et sa peau pâle. Ses cheveux noirs et lisses tombaient sur ses épaules dénudées.
Pansy haussa un sourcil surprit. Snape ne se serrait jamais montré
dans une tenue pareille en la présence de Potter ! Elle jeta un
œil au lit du jeune homme et vit qu'il dormait toujours
profondément. Elle avait remarqué que le survivant avait pour
habitude de se lever a six heures du matin, et de feuilleter le
grimoire de maléfices interdits qu'elle avait acheté à la
galerie marchande de Londres, croyant qu'il était le seul à être
éveillé. Hors, il dormait actuellement à points fermés.
Se
pourrait-il que…
« Vous n'avez pas osé ? » S'insurgea t-elle en se levant d'un bond.
Elle marcha d'un pas vif vers le lit de Potter et se mit à tâtonner frénétiquement le drap, en évitant minutieusement les courbes immobiles du corps du jeune sorcier. Après quelque secondes, son regard se posa avec effrois sur la fiole de potion vide, entre les mains de Harry. Elle leva des yeux ronds vers Snape.
« Mais… » Bafouilla t-elle tandis que ses yeux faisaient des vas et viens de la fiole au visage impassible devant elle.
« J'ai juste augmenté les doses, Parkinson, rien qui ne puisse le tuer… Il me semble… » Fit-il froidement en faisant léviter un épi de maïs dans un grand bol.
« Mais… Pourquoi ? »
Snape éteignit le feu d'un mouvement de baguette et lança un accio sur une bouteille de lait.
« Cet enfant a visiblement besoin de sommeil, Miss Parkinson. J'ai fait ce qui m'a semblé juste. Où peut être que c'est vous le maître des potions… » Grogna t-il sans lui adresser le moindres regard.
« Severus, s'il vous plait ne… -».
Il fit un geste violant de la baguette, et la bouteille de lait qu'il était en train de faire chauffer, vola à l'autre bout de la pièce et s'écrasa contre le mur avec un grand bruit de verre brisé. Pansy se baissa pour évite le projectile qui passa quelque centimètres au dessus de sa tête.
Elle se releva, tremblante. Elle l'avait rarement vu perdre son sang froid de cette façon.
« Qu'est ce que… » Bafouilla t-elle, ses lèvres roses tremblantes.
Le maître des potions demeurait immobile, face à elle. Une expression indéchiffrable sur le visage. Elle sentit à contre cœur ses yeux se remplir de larmes.
« Hier soir…Pourquoi vous êtes partit comme ça ? » Demanda t-elle en rassemblant le peu de courage dont elle était capable.
La main de Snape se resserra autour de sa baguette et Pansy amorça un nouveau mouvement pour se baisser.
Il ne lança aucun sort cette fois ci.
« De quel droit me posez vous de pareilles questions, Parkinson ? » Fit-il d'une voix dangereusement basse.
Pansy se sentit trembler.
« Je… Je… » Elle renonça. « Pourquoi m'appelez vous par mon nom ? Il dort non ? » Demanda t-elle finalement.
« J'ai encore le droit de faire ce dont j'ai envie, me semble t-il. » Répondit-il d'un ton glacé. « Pourquoi n'allez vous pas plutôt essayer de réveiller votre nouvel ami ? »
Pansy sentit son cœur se briser, mais elle ne lui en tenu pas
rigueur. Elle savait qu'il se comportait toujours de cette façon
lorsque de tristes souvenirs l'assaillaient. Elle savait aussi
qu'il valait mieux dans ces cas là, attendre que cela lui passe,
tout simplement.
Mais elle ignorait ce qui avait provoqué la
colère de l'homme qu'elle connaissait depuis si longtemps.
Elle avait perdu un ennemi, mais s'en était fait un nouveau dans la même nuit.
« Je dois acheter des ingrédients aujourd'hui. » Fit-il après un moment de silence, comme si rien ne s'était jamais passé.
Pansy ne s'en offusqua pas, elle savait à quel point il était un homme instable.
« Et vous et… Potter allez vous charger de préparer des potions calmantes et de sommeil sans rêve. Ce sale mioche a terminé tout mon stock. Et mettez triple dose de bile de limace. A vous de faire les conversions nécessaires. »
Il se saisit de sa robe de sorcier sur son lit et se dirigea d'un pas furieux vers la salle de bain.
« Si vous échouez, de toute façon, il s'empoisonnera. » Crachat-il avant de claquer la porte derrière lui.
Pansy se laissa retomber sur son lit, juste à coté de son chaton qui sursauta avant de venir se frotter contre son flanc gauche.
Qu'elle idée avait-elle eu d'ouvrir les yeux ce matin ?
oOo
« Potter ! Potter ! » Appela t-elle en le remuant légèrement.
Harry émit un grognement agacé. Il roula sur lui-même, tournant le dos à Pansy, et rabattit sa couette sur sa tête.
« Potter ! » Reprit-elle plus fort.
« Mais je suis fatigué, et j'ai mal à la tête ! » Grommela t-il, enveloppé sous les draps chauds.
Pansy maudit intérieurement Snape et sa potion de sommeil sans rêve trop fortement dosée. Harry ne semblait vraiment pas vouloir se lever. Excédée, elle se saisit de l'oreiller, sur lequel était couché le jeune homme, le lui arracha avec force avant de le lui abattre sur la tête.
« Hey ! Mais arrêtes ça ! » Grogna Harry après une dizaine de coups de polochon. Son expression amusée démentait la dureté de sa voix.
Il se dépêtra des couvertures et offrit à Pansy un sourire rayonnant. Celle-ci le toisa en échange.
« Une sale journée nous attends, Potter. » Fit-elle d'un air sombre en s'asseyant sur son lit.
Harry rougit et se décala vers la gauche pour lui faire de la place. Visiblement, leur discussion de la veille avait fait tomber bien des barrières entre eux… A moins que se ne soit encore un des résultats de l'ébriété de la jeune fille…
« Ah ? Comment ça ? » Demanda t-il, tandis que Pansy étendait les jambes pour les poser sur le rebord du lit voisin.
« Snape veut qu'on prépare de la potion calmante aujourd'hui, et en plus, faut qu'on se tape toutes les conversions. Il dit avoir quelques courses à faire… »
Harry resserra ses genoux contre sa poitrine et les entoura de ses bras trop fins, gêné de la proximité à laquelle se trouvait la jeune fille.
« Quelques courses à faire ? » Demanda t-il, songeur. « On a fait des courses pas plus tard qu'hier, il me semble. »
« Potter, Au nom de Merlin, ne commence pas à te mêler des affaires de Snape, il est déjà de bien assez mauvaise humeur comme ça ! »
Harry acquiesça d'un air sombre. Le malaise de Harry, la veille, semblait l'avoir profondément agacé, autrement, il ne serait pas partit, en le laissant là, de cette façon.
Le jeune sorcier mit ses lunettes sur son nez, et fronça les sourcils, tandis qu'il détaillait la pièce.
« Qu'est ce qu'il s'est passé ici ? » Demanda t-il en fixant le chaton, au pied du lit de Pansy.
Celui-ci était occupé à laper le lait répandu sur le sol carrelé du coin cuisine, en évitant précautionneusement les débris de verre.
« Accident de parcours, on va dire… » Fit Pansy, songeuse.
Harry haussa les sourcils, perplexe, avant de se lever du lit. Il porta immédiatement sa main à son front, en fermant les yeux, manquant de trébucher.
« Ca va aller, Potter ? » Demanda Pansy en se redressant sur son lit, tout en songeant que Snape avait vraiment trop chargé la potion de sommeil sans rêve.
Il n'eu pas le temps de répondre, car la porte de la salle de bain s'était ouverte à la volée, et Snape s'était engouffré dans la pièce, faisant voler sa longue cape noire derrière lui. Harry ne put s'empêcher de sourire, lorsqu'une douce odeur de vanille émanant de la salle de bain lui caressa les narines. Visiblement, ce vil bâtard graisseux avait du goût.
Il se saisit sans un mot de sa sacoche noire au pied de son lit.
« Je veux cinq fioles de potions calmantes sur le bureau avant mon retour. Et mettez un peu d'ordre dans cette pièce. »
Et la porte de la chambre claqua, faisant frémir Pansy.
« Toi aussi, tu as l'impression de revenir à Poudlard ? » Demanda Harry en se tournant vers elle.
Poudlard ; Jeudi 14 novembre, 12 :01
« Manges un peu ! Si tu voyais ta tête ! » Fit Pansy avec un rire amusé, masquant son inquiétude.
En effet, Blaise Zabini semblait avoir perdu sa carnation des îles, au profit d'un teint cireux et terne. Il regardait d'un air distrait la cuisse de poulet que Pansy lui avait servit peu avant.
« J'ai pas vraiment faim… » Marmonna t-il, sans lever les yeux vers elle.
« Hey ! Potter a été élu ministre de la magie ou quoi ? C'est quoi ces mines de déterrés ? » Demanda t-elle en se tournant vers Draco, qui était encore plus pâle qu'en temps normal, si cela était possible.
« Ferme la une minute, Parkinson. » Grogna Daniella Montague, à sa gauche.
Pansy était bouche bée. Jamais elle ne lui avait parlé de cette façon.
« J'peux savoir ce qui.... »
Elle s'interrompit, voyant que ses yeux bleus brillaient d'une lueur incertaine.
Elle commençait à vraiment s'inquiéter. Il semblaient tous savoir quelque chose, et elle, visiblement, faisait partie de ceux qui ne savaient pas. Son cœur manqua un battement lorsqu'elle croisa le regard tremblant de Draco.
Tous les enfants de mangemorts présent à la table savaient quelque chose, elle en était désormais certaine.
« Draco… Qu'est ce que… » Fit-elle à voix basse.
Blaise s'approcha d'elle et marmonna à son oreille.
« Pansy, je vais t'expliquer plus tard. Garde ta baguette à portée de main. » Sa voix s'était faite suppliante à la fin de sa phrase.
La jeune fille sentit ses lèvres trembler.
Daniella adressa un
regard furieux à Zabini.
« Trop parler peu tuer… » Fut-elle certaine de l'entendre marmonner.
Draco quand à lui, avait simplement fixé Blaise, comme s'il le remerciait silencieusement.
Soudain, la porte de la grande salle s'ouvrit dans un grand claquement.
Comme s'il obeissaient à un signal implicite, Pansy vit Draco, Crabbe, Goyle et Daniella se lever simultanément. A sa grande surprise, nombre d'autres élèves de leur maison les imitèrent.
Sa main se referma sur sa baguette. Elle se rapprocha instinctivement de Blaise.
Une panique totale régnait dans la grande salle. Les élèves hurlaient, criaient, et les professeurs se précipitaient à l'entrée. Draco et les autres, quand à eux, avaient déjà quitté la pièce. Quelques serpentard stupéfaits étaient simplement debout devant la table, sans savoir s'ils devaient sortir leur baguette ou non.
« Faut qu'on sorte d'ici, Pansy ! » Fit Blaise et la tirant vigoureusement par le bras.
« Détraqueurs!! » Prévint Harry Potter d'une voix forte. « Tenez vous prêts! Spero patronus! »
Pansy fit volte face et arracha son bras de l'étreinte de Blaise.
« Spero Patronum ! » Lança t-elle à l'unisson avec d'autres gryffondor.
Un chat argenté sortit de sa baguette, et se joignit en une masse lumineuse aux autres patronus présents. Les détraqueurs pénétrèrent dans la grande salle. Pansy sentit son cœur se geler.
Blaise l'attrapa à nouveau par le bras.
« Pas le temps pour ça ! Viens je te dis ! »
Il la tira violemment vers la sortie de la pièce, profitant du fait que les détraqueurs reculent. Elle n'eu pas le temps de dire quoi que ce soit, que déjà, Blaise s'était jeté sur elle, la forçant à entrer dans un placard à balais. Il referma immédiatement la porte derrière eux.
« Blaise, dis moi ce qui… -»
Il plaqua sa main contre la bouche de la jeune fille.
Par la rainure de la porte du placard, elle put voir qu'une marée d'hommes encapuchonnés avait pénétré dans le hall d'entrée de Poudlard.
Blaise la sentit trembler contre lui. Il resserra son étreinte autour de ses épaules frêles. Shhht…
Pansy reconnu la silhouette de Daphné Greengrass, une jeune fille qui dormait dans son dortoir. Elle courrait dans le hall, paniquée, sans savoir où elle devait aller.
« Avada Kedavra » Lança un mangemort dans sa direction. Et la jeune fille s'effondra au sol, dans un bruit mat.
Zabini étouffa un hurlement catastrophé de Pansy.
« Shht… Arrêtes Pansy, s'il te plait… » Fit-il, suppliant, tout en glissant sa main dans ses longues boucles d'ébène pour l'apaiser. « Calmes toi Pansy ! Je t'en pris ! Pas maintenant… »
Il la sentit lentement glisser contre lui. Il s'accroupit tout en accompagnant son mouvement, en l'enlaçant doucement. Shhht…
Il sentit les larmes chaudes de la jeune fille couler sur la main qu'il maintenait sur sa bouche. Il la sentait trembler contre son torse. Il cherchait toujours à l'apaiser, en caressant de sa main libre son épaisse crinière brune.
Puis, il n'y eu plus le moindre mangemort dans le hall. Ils avaient tous pénétré dans la grande salle, d'où s'élevaient déjà les premiers hurlements catastrophés, ponctués d'avada kedavra indifférents.
« Viens ! Vite ! » Fit-il en ouvrant la porte du placard à la volée.
Il attrapa la main de la jeune fille, et la tira vers la porte d'entrée du grand hall. Il coururent hors du château et dévalèrent la colline, jusqu'au portail, quittant ainsi l'enceinte de Poudlard.
Ils coururent aussi longtemps qu'ils le purent le long du chemin menant à pré-au-lard, mais durent finir l'autre moitié du trajet à la marche, exténués, à bout de forces et de nerfs.
« Tu le savais… » Dit Pansy, en brisant le silence, tandis qu'ils marchaient le long de la route dallée.
Zabini continua de marcher, à sa droite, semblant chercher les mots justes.
« Oui. » Fit il simplement, après un moment.
« Mais Pourquoi… Pourquoi attaquaient t-ils les serpentards aussi ? » Demanda t-elle, en frissonnant à l'horrible souvenir de la mort de Daphné.
« Ils avaient pour ordre de tuer les enfants de ceux qui avaient refusé de joindre la cause du Lord noir… Une sorte de… mise en garde. » Expliquât-il, en glissant un bras autour des épaules de la jeune fille.
Pansy le repoussa furieusement.
« Ne te fous pas de moi Blaise ! » Crachat-elle. « Tu sais très bien que mon père est un mangemort ! Bien sûr, il ne m'aurait pas avertie de l'attaque, ça va de soit, mais… »
Elle s'interrompit soudain. Se pourrait-il que…
« Mon père a demandé à ce que je sois tuée ? » Demanda t-elle en s'arrêtant brusquement.
Blaise cessa de marcher lentement à son tour, avant de se retourner vers elle, presque à contre cœur.
Il détailla un instant la jeune fille. Sa longue cape noire qui caressait le sol lorsqu'elle marchait et à travers laquelle on devinait ses hanches bien dessinées. Sa peau mate et lisse, encore marquée des sillons que ses larmes avait tracés, sur ses joues. Ses yeux en amandes, brillants de larmes comme de rage, dont le marron était si proche des siens .Ses boucles d'ébène si brillante, sa masse de cheveux si abondante de laquelle émanait milles et une senteurs exotiques. Ses lèvres roses si pulpeuses, cette si douce invitation à la volupté, intense initiation à la sensualité.
Blaise se surprit à se demander comment elle pouvait encore être si belle alors que son monde s'effondrait autour d'elle. Il se demanda ensuite comment il pouvait être tordu au point de désirer cette pauvre fille tourmentée dont le monde s'effondrait.
Après un moment, il acquiesça silencieusement.
Elle reprit sa marche lentement, et Blaise lui emboîta le pas.
Après tout, cela ne devrait pas la surprendre. Il était évident que son père n'allait pas rater une occasion pareille, l'occasion parfaite pour se débarrasser d'elle, et ce, sans se salir les mains.
« Comment tu l'as su ? » Demanda t-elle après un moment, alors qu'ils approchaient de pré-au-lard.
« J'avais… j'avais deviné qu'il se tramais quelque chose. Mes doutes ont été confirmés quand j'ai entendu une conversation entre Troyle et Danity, dans la salle de bain de notre dortoir, ce matin… Nous ne devions rien savoir…»
Pansy se remémora le regard furieux que Daniella Montague avait lancé à Blaise, lorsqu'il l'avait mise en garde.
Elle serra les dents avec rage.
Le souvenir du regard apaisé que Draco lui avait lancé, calma légèrement sa colère, mais attisa d'avantage ce vide en elle.
« Et eux ? Où est ce qu'ils sont partis ? » Demanda t-elle, anxieuse.
« La tour des serpentards. » Répondit-il simplement.
Pansy acquiesça silencieusement. Un plan ingénieux. Faire rentrer les détraqueurs en premiers, distrayant les personnes présentes. Les élèves complices en profitent pour sortir. Ensuite, la vague des mangemorts tue tous ceux qui n'ont pas réagi assez vivement.
« Que disaient Troyle et Danity ? » Demanda t-elle ensuite.
Le visage de Blaise se renfrogna.
« Ils disaient qu'ils allaient pouvoir mettre le plan à exécution ce midi, maintenant que Dumbledore est hors d'état de nuire… »
Worse night Motel, Lundi 18 novembre 1996; 12:32.
"Maintenant que quoi?" Demande Harry incrédule, tandis qu'une boule se formait dans son estomac.
Il avait brusquement cessé de remuer la potion, et celle-ci commençait déjà à prendre une inquiétante teinte bleutée.
« La potion, Potter ! Il est hors de question qu'on recommence encore une fois ! » Grogna Pansy, en lui lançant un regard furieux, avant de se remettre à la découpe des racines de gingembre.
« Au sujet de Dumbledore ! » Insista Harry, en se mettant à remuer la potion dans le mauvais sens.
Pansy poussa les découpes de racine de gingembre sur le coté, et entreprit de découper les queues de rats en fines rondelles. Elle était assise au sol, en tailleur, et avait posé la planche à découper sur la moquette grise, devant elle.
« Il a dit qu'il était hors d'état de nuire. » Répéta t-elle, excédée.
« Mais, qu'est ce qu'il voulait dire par là ? » Demanda t-il, en se rendant compte de son erreur trop tard.
« Je ne sais pas ! Je lui ai posé la même question. Il a dit que Troyle et Danity n'en avaient pas dit plus, mais qu'ils avaient simplement rit… »
Harry sentit son cœur se serrer. Il s'assit sur le rebord de son lit, tout en couvrant le chaudron bouillonnant d'un regard distrait.
« Potter ! » Hurla t-elle en lâchant son couteau.
Elle se leva furieusement, et arracha la cuillère de bois des mains de Harry. Elle remua lentement la potion, et vit que le résultat était bien plus proche d'un infâme poison gélatineux que d'un philtre calmant.
« Pardon… » Marmonna Harry sans vraiment le penser.
Pansy fit disparaître le contenu du chaudron, avant de s'adosser au bureau pour lui faire face.
L'adolescent avait l'air abattu. Après tout, Dumbledore n'avait il pas toujours été comme une sorte de grand père pour lui ? Elle venait de lui annoncer sans le moindre tact qu'il était dans de très mauvais draps, et laissé deviné qu'il avait très certainement subit d'atroces tortures…
Elle s'en voulut. Elle s'en voulait, mais sa fierté lui interdisait de revenir sur ses mots. Alors, elle s'excusa à sa façon.
Elle glissa sa main dans la poche de sa cape, et tendis à Harry sa flasque fétiche.
« Oh non ! Pas encore ce truc dégoûtant ! » Grogna l'adolescent, tandis qu'elle le couvrit d'un regard amusé.
« C'est toi qui voit. » Fit-elle en portant le goulot à sa bouche.
Elle but quelques gorgées, avant de passer sa langue sur ses lèvres pulpeuses avec délectation.
« Je me demande comment tu parviens à boire ce truc affreux ! » Dit Harry, en peignant un très léger sourire sur son visage.
« C'est pas le même cette fois. Disons, que l'autre, c'est pour les mauvais jours ! » Fit-elle en lui tendant à nouveau sa flasque. « Vin de Mandragore, mon préféré. »
Harry haussa les sourcils, et finit par se saisir de la flasque. Il la porta à ses narines. Cette fois ci, l'odeur d'alcool qui en émanait n'était pas trop forte. Il parvenait même à reconnaître l'agréable parfum de la mandragore encore au stade précoce. Cette senteur le ramenait des années auparavant, à Poudlard, en seconde année, où ils avaient apprit à les manipuler. Cette odeur lui rappelait l'insouciance de leurs cours de botanique, la douceur de leurs plaisanteries entre amis autour d'un carré de terreau frais, ces sourires qui se dessinaient, lorsque le cours était terminé, et qu'ils se rendaient joyeusement à la grande salle pour déjeuner de délicieux mets. Les boutades qu'ils lançaient à Neville et Hermione, qui semblaient être les seuls à regretter que les deux heures soient déjà passées, puis les réconciliations, en une étreinte collective, une de ses étreinte qui vous mets du baume au cœur jusqu'à la fin de votre chienne de vie.
Cette odeur, qui lui rappelait que le temps passe.
Pansy vit les yeux de l'adolescent s'humidifier, avant qu'il ne les ferme, en portant le goulot à ses lèvres. Il but quelques gorgées de la boisson, et posa la flasque sur le bureau. Une douce chaleur se répandit dans ses entrailles. Le goût était tout à fait agréable, mais aux yeux de Harry, l'odeur l'était bien plus. Merlin, tellement plus.
Il comprenait maintenant pourquoi Pansy aimait tant cette boisson, mais pas pour les même raisons.
Il rassembla enfin ses esprits, chassant ces souvenirs trop doux, et leva les yeux vers elle, face à lui, avant de lui sourire.
Une ombre de sourire, un sourire voilé, mais un sourire tout de même.
Pansy commençait à trouver ce sourire agréable.
« Allez ! Il nous reste encore quatre fioles à préparer ! Vaut mieux qu'on s'y remette avant que Snape et sa mauvaise humeur ne débarquent… »
Poudlard, Samedi 14 novembre 1996; 13 :45
« Oh… bébé Potter ! Ca, c'était vraiment dé-gou-tant ! » Fit Bellatrix avec un sourire mauvais.
Seuls restaient Ron, Cho, Neville et Seamus, pendus la tête en bas. Leurs hurlements déchiraient le silence lourds de la grande salle, et se répercutaient contre les murs de la pièce.
Lucius Malfoy regardait Harry en riant et les tremblements
de Quedver sous sa lourde cape, laissaient deviner qu'il riait
aussi.
Macnair, quand à lui, caressait sa baguette du bout des
doigts, une expression d'extase sur le visage. Jugson le fixait
avec froideur.
« Voyons ! Voyons ! Un peu de dignité Potter ! » Il se leva de sa chaise, et sortit de sa poche sa longue baguette d'ébène. « Nous ne pouvons quand même pas le laisser dans cet état ! » Ajouta t-il a l'adresse de Lestrange.
« Mais si ! Pourquoi pas ? » Demanda Bellatrix, en reprenant son air de petite fille.
« Non, Non. Klaus a raison. » Reconnut Malfoy en jetant un regard dégoutté à Harry. « On ne peut décemment pas le laisser comme ça. »
« Et certainement pas devant ses très chers amis ! Que vont-ils penser de leur héros ? » Renchérit Jugson.
Bellatrix sembla hésiter un instant. Puis elle se tourna vers Harry avec regret.
« Oh ! Mais je le trouve tellement mignon comme ça. Bon. Nettoyez le, si vous voulez…»
Elle recula légèrement, et Jugson agita sa baguette, faisant ainsi disparaître le vomit sur la robe de Harry. Le survivant leva vers lui des yeux voilés, des yeux hantés.
« Délicieuse odeur ? Hein Potter ? » Demanda Macnair, tandis que Jugson retournait s'asseoir, juste à sa droite. C'était la première fois qu'il ouvrait la bouche, depuis la mort des deux adolescentes. Un sourire affreux déformant toujours son visage, un peu comme s'il venait de sortir d'une douce rêverie macabre. « Délicieuse odeur que celle de la chair calcinée ? »
Harry tourna la tête, incapable de soutenir son regard malsain,
ni celui de ses amis, pendus tête en bas. Il recommençait à se
sentir nauséeux.
L'homme éclata d'un rire glacé, un rire
animal. Un raclement nauséabond.
« On dirait que celle-ci s'est évanouie… » Remarqua Quedver en pointant Cho Chang du doigt.
En effet, la jeune fille ne bougeait plus, et ses yeux bridés étaient clos.
« Ca vous dirait de voir si on peut la réveiller ? » Fit Malfoy avec un sourire à glacer le sang.
Oh Non… Harry n'aimait pas cette expression. Par Merlin… Il ne l'aimait vraiment pas.
« Mmm… Je te laisse faire, cousin Lucius. Je suppose que le fait de vomir peut être considéré comme un mouvement. Tu as donc perdu cette manche bébé Potter.» Fit Bellatrix.
« Mais vous ne m'aviez même pas soumis à l'endoloris ! »
« Raison de plus ! » Railla t-elle.
Puis, elle s'assit au sol, adossée contre les jambes attachées
de Harry. Elle bascula sa tête en arrière pour la pose sur ses
genoux tremblants.
L'adolescent jeta un regard écoeuré à la
masse de boucles d'ébènes qui s'étendaient sur lui.
« J'espère que la proximité ne te dérange pas, bébé Potter… Après tout, nous sommes de la même famille, quelque part. » Fit-elle.
Harry serra les points avec rage à l'évocation de Sirius. Mais
il avait actuellement des choses bien plus urgentes en tête.
Jugson
et Macnair, assis cote à cote regardaient Malfoy avec un léger
sourire.
Le genre de sourire que l'on a lorsque l'on assiste
à un spectacle plaisant, lorsque l'on se rends au ciné-magic avec
ses amis.
Quedver tremblait légèrement. Il refusait obstinément
de croiser le regard de Harry.
« Qu'est ce que vous allez lui faire ? » Demanda Ron avec rage, en se débattant tête en bas contre le vent.
« Rien qui ne vous concerne, traître à ton sang. » Cracha Malfoy, sans lui adresser le moindre regard. Il fixait Cho avec attention, comme s'il cherchait à se concentrer. « Mais te t'inquiètes pas, ton tour viendras. »
Il sortit sa baguette et la pointa vers la jeune fille inconsciente.
« Finite Incantatem. »
Ce fut comme si une corde invisible la maintenant par les pieds
s'était rompue. Cho tomba et s'écrasa sur le sol dans un bruit
lourd.
La jeune fille émit un gémissement douloureux. Elle
s'appuya du mieux qu'elle pu sur ses avants bras pour se
redresser.
Son regard d'ébène croisa celui du survivant.
« S'il te plait, Harry… » Semblait-elle le supplier silencieusement.
Mais il ne pouvait rien à faire. Son impuissance le brûlait autant que le vide laissé par la mort des trois précédentes victimes.
« Sois forte Cho ! » Encourageait Neville, les yeux emplis de larmes d'horreur.
La jeune fille voulut parler, mais elle porta rapidement une main à sa poitrine. Elle semblait s'être rompue une côte.
« Mais… Ce n'est pas assez haut ! » Fit remarquer Macnair, incrédule. « Pourquoi tu ne la fait pas monter avant, comme la première ? »
« Shht ! » L'interrompit Bellatrix. Une lueur malsaine dansait dans son regard.
Elle semblait avoir comprit quelque chose. Le sourire mauvais de
Jugson, indiquait qu'ils étaient deux.
Harry ne voulait
vraiment pas savoir ce que Malfoy avait en tête. Mais
malheureusement, il n'y manquerait pas. Il commençait déjà lui
aussi à avoir une idée sur la question. Et cela lui donnait la
nausée.
Malfoy pointa à nouveau la pauvre fille de sa meurtrière baguette magique.
« Levicorpus »
La jeune fille s'éleva lentement dans les airs en haletant
légèrement, tout en tenant sa côte brisée.
Cette fois ci,
Malfoy arrêta le maléfice lorsqu'elle fut légèrement plus haut
Neville et Ron.
Harry ferma les yeux lorsqu'il l'entendit prononcer le 'finite
incantatem'.
Un hurlement strident doublé d'un bruit de
craquement d'os laissait deviner que Cho venait à nouveau de
s'écraser au sol.
Elle se redressa à grande peine, des larmes
coulant sur ses joues pâles.
« Harry ! » Articula t-elle en tendant une main désespérée dans sa direction. Mais il ne pouvait pas parler. La boule qui s'était formée dans sa gorge au moment de l'exécution de Hannah l'en empêchait.
« Harry ! » Criat-elle plus fort, lorsque Malfoy la fit monter encore plus haut.
Bellatrix riait aux éclats. Harry la sentait trembler contre sa jambe.
« Ta fantaisie, m'étonnera toujours, cousin Lucius. » Fit-elle d'une voix doucereuse. « Voyons au bout de combien de chute tous ses os se briserons… »
Le hurlement perçant de Cho transperça l'air.
Worse night Motel, Mardi 19 novembre 1996; 02:21.
"Potter! Potter! Reveillez vous!" Fit la voix glacée de Snape.
Harry était saisit de convulsion. C'était comme ci chaque
centimètre carré de son corps, chaque parcelle de sa peau brûlaient
d'éjecter ces souvenir atroces de son esprit à tout jamais.
Harry entendit un hurlement fendre l'air humide de la pièce.
Ses doigts se crispèrent autour de l'étoffe de velours.
Des
larmes coulaient sur ses joues et une goûte de sang glissait entre
ses lèvres écarlates.
Ces hurlements. Toujours ces hurlements
atroces.
Ces hurlements résonnaient dans sa tête, teintaient à
ses oreilles à l'en rendre fou.
« Potter ! » Appela à nouveau Snape en le secouant.
C'est seulement après quelques secondes qu'Harry se rendit
compte qu'il ne s'agissait en réalité que de ses propres
hurlements.
Il se tut lentement, sanglotant, tremblant comme une
feuille, agrippé à cette étoffe de velours.
« Buvez Potter ! » Ordonna Snape en lui tendant une fiole de potion.
Harry s'en saisit, sentant encore la chaleur des mains de son professeur sur le cristal glacial, avant de la porter à ses lèvres tremblantes, et de la finir d'une traite.
« Shht… Calmez vous ! » Faisait la voix de l'homme.
Harry enfouit doucement son visage dans l'étoffe de velours. Il
sentit une main se poser sur ses cheveux en bataille.
Ses
tremblements le quittaient peu à peu.
Il se sentait perdre le
contact avec la réalité.
Il perdait pied, il perdait le
contrôle de son propre corps. Il se sentait partir, comme s'il
flottait dans les airs. Une sensation inexplicable.
Il ferma
doucement les yeux. Une douce odeur de cannelle émanait de l'étoffe
de velours. Il s'imprégna de cette senteur, tout en se laissant
aller, dans une semi inconscience.
« La potion calmante. » Expliqua Snape d'une voix calme. « Elle est assez fortement dosée. »
Harry voulu acquiescer, mais il fut incapable de bouger le moindre muscle.
« Où est P-Pansy ? » Demanda Harry d'une voix faible.
« Elle dort. Pour une quelconque raison, elle place chaque soir un insonorus autour de son lit. Il semble qu'elle ne vous ai pas entendu. »
Harry frissonna.
« Il… Il fait froid… »
Snape tira légèrement la couverture de laine bleue, et la rabattit sur l'adolescent tremblant.
« Il… Il prend le contrôle de mon esprit ? N'est ce pas ? » Demanda Harry, anxieux, après un instant de silence.
L'homme soupira, doucement.
« Il semblerait que oui… » Répondit-il d'une voix distraite.
« Et que ce passera t-il lorsqu'il aura réussit ? »
Snape se crispa légèrement.
« Il n'y parviendra pas. »
« Mais... Et si… -»
« - Si par hasard il y arriverait, il disposerait d'une protection totale, celle qui coule dans vos veines. Et rien ni personne ne pourrait se mettre en travers de son chemin. »
Harry frissonna à nouveau, mais Snape devina que cette fois ci, le froid ni était pour rien.
« Mais cela n'arrivera pas. » Répéta t-il.
Harry commençait à avoir la tête qui tourne. Il ignora ce désagrément et reprit la parole.
« Comment pouvez vous en être certains ? » Demanda t-il.
Snape hésita un instant.
« Parce que je vous ai déjà dit que je ne le laisserais pas faire. »
Harry referma les yeux. Il sentit une légère larme s'écouler le long de sa joue, et se perdre dans l'étoffe de velours.
« Je croyais que… » Commença t-il. Il fut incapable de terminer sa phrase. Le filtre calmant était bien plus puissant que le peu de force dont il disposait.
Il sombrait peu à peu dans l'inconscient.
« Je ne vous abandonnerez plus. » Eut il le temps d'entendre.
Lentement, il relâcha sa prise sur la robe de velours de son professeur, et sombra à nouveau dans le sommeil.
