Disclaimer : pas à moi, sauf un personnage qui fait une première apparition furtive dans ce chapitre (v_v)
Couple : HPDM, BZTN
Dédicace : A Sean, qui, la rectification se doit d'être faite, n'a absolument pas un humour douteux è.é C'est juste qu'il n'est pas destiné au commun des mortels =p Jte nem tu sais
Note du champi : Et voici le chapitre 4 de l'ombre ^^ Je voudrais vraiment vous remercier pour tous les commentaires que j'ai reçu jusque là, ils me touchent énormément, tous, même si je n'ai pas vraiment le temps d'y répondre (oui, des que je touche mon ordinateur je lutte pour avancer les autres fics XD). Vous ne pouvez pas savoir comme je suis heureuse que cette fic vous plaise :D
Merci, et bonne lecture ^^
Chapitre 4
Le Gryffondor adossé au tronc caressait du pouce la tête du plus petit reptile sur sa paume, et, avec un sourire tendre et doux, passait distraitement ses doigts dans les cheveux trop pâles du préfet abandonné, s'amusant à ébouriffer délicatement les mèches argentées avant de les recoiffer avec soin.
Sans un mot, les deux meilleurs amis tournèrent les talons, prenant bien garde à ne surtout pas se faire remarquer.
Cet après midi là, Harry Potter et Draco Malfoy manquèrent à l'appel du cours de sortilèges
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Peu avant le dîner, la vue du préfet de Serpentard légèrement décoiffé, la chemise imperceptiblement froissée et le regard engourdi heurta avec violence la libido de ses nombreux fans au sein même de sa salle commune. Blaise et Theo l'observèrent amusés les rejoindre à leur table, complètement inconscient du tressaillement d'envie général qui avait secoué sa maison à sa simple apparition. Le blond tira une chaise, leur adressant un sourire en coin paresseux, avant de s'y laisser tomber avec grâce.
« Tu étais où? Je me suis inquiété quand je ne t'ai pas vu au cours de Flitwick » Se renseigna innocemment le métis, alors que son meilleur ami s'étirait de tout son long, avant de bailler discrètement, les yeux plissés. L'image d'un grand félin comblé lui passa furtivement à l'esprit et il retint à grand peine un sourire sardonique quand Draco lui répondit avec un aplomb stupéfiant :
« J'ai fait un tour dehors et je me suis endormi sous le vieux saule »
« Seul? » Releva perfidement Theodore
« J'ai croisé Potter » Mentionna t'il en haussant les épaules
« Je voiiiis » Ronronna Blaise « Et Harry fait un oreiller confortable? »
« Aucune idée, j'ai pas testé. J'avais un truc infiniment plus intéressant à faire avant: m'ouvrir le ventre, en sortir tout ce que j'y trouverais et me pendre avec à l'arbre le plus proche » Répliqua t'il avec une grimace comique.
« Décidément traîner avec des Gryffondors ne te réussit pas. Tes métaphores deviennent atroces » Grinça le métis.
« Merci, j'y travaille beaucoup » Ricana son préfet
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A l'autre extrémité du château, l'arrivée de Harry Potter provoqua une agitation assez semblable. Il avait un sourire rayonnant, ses yeux verts pétillaient de bonheur et il jetait de temps à autre des coups d'œil à sa main droite, serrant doucement le poing, avec une mine à la fois attendrie et réjouie.
A sa table, Colin laissa négligemment couler une énorme goutte d'encre sur son devoir, sa plume suspendue à quelques centimètres du parchemin, alors qu'il se dévissait le cou pour suivre l'avancée de son idole. Il semblait à la fois confus et fasciné par le ravissement qui émanait par vague du plus populaire des Gryffondors. Une rumeur chuchotée enfla sur son passage, que le brun ne remarqua absolument pas. Seuls Ron, Hermione et quelques septièmes années furent épargnés par la tourmente, observant avec une indulgence amusée les réactions extasiées des plus jeunes. Ses deux meilleurs amis, eux, se contentaient de le regarder approcher avec un sourire que l'on pourrait qualifier sans peine de goguenard
« Alors Harry, comme ça on préfère passer du bon temps à cajoler des serpents plutôt que d'assister à un cours si déterminant à quelques mois des ASPICs ? » Attaqua immédiatement Ron alors le brun prenait place près d'eux, tentant en vain de réfréner le sourire niais qui se raccrochait à ses lèvres. La question de son ami alluma aussitôt une étincelle de panique dans son regard, et le rouquin eut beaucoup de mal à se retenir de glousser
« Je t'ai vu bavarder avec ta bestiole colorée et venimeuse tout à l'heure. Tu sais au moins que c'est dangereux ce genre de comportement ? » Le sermonna t'il gentiment, amusé de voir son ami soupirer de soulagement
« Ma parole, vous n'avez que ça en tête c'est pas possible… Puisque je vous dis que je ne craignais rien » Grogna t'il
«
Harry, sérieusement » Le coupa Hermione, jetant un regard noir à
son petit ami, qui, dans sa précipitation à lui annoncer
l'évolution de la situation avec le préfet des langues fourchues,
en avait oublié de parler du passage reptile mortel, et pas au sens
figuré du terme celui là.
Ron jeta un coup d'œil désolé à
son frère de cœur qui se contenta de hausser les épaules avant d'y
rentrer la tête, comme quelqu'un s'apprêtant à essuyer une
violente tempête
« Je peux comprendre que l'aventure te manque, l'adrénaline, le danger » Reprit la brunette « mais il ne faut pas faire ce genre de choses stupides rien que pour ça ! Si tu veux des sensations fortes, tu pourrais, je ne sais pas moi, sauter en parachute-je t'expliquerais plus tard Ron- ou à l'élastique… » Enuméra t'elle
« Demander un autographe à Snape » Glissa sournoisement Ron. Sa moitié lui retourna un regard noir et il lui tendit un sourire contrit en levant les mains en signe de reddition alors que les épaules de Harry tressautaient, seules témoins de son éclat de rire silencieux
« Bref. Des choses que tu peux contrôler, et non pas t'amuser avec des serpents venimeux. Et non, je ne te parle pas des serpentards, ne joue pas sur les mots Ron. D'ailleurs, c'est peut être ça…tu as inconsciemment envie d'être plus proche des serpentards ! » S'exclama t'elle
« On en revient donc aux sensations fortes » Intervint à nouveau le roux sans que Hermione ne lui prête attention, continuant avec enthousiasme
« En fait tu te rends compte que les Serpentard t'intéressent, mais comme six ans de préjugés restent ancrés dans ta mémoire tu te jugule et te trouve des raisons de les éloigner. Tu ne peux pas te rapprocher d'eux, tu le fait donc symboliquement avec l'animal représentatif de leur maison ! » Jubila t'elle, très fière de son analyse
« Tu as tout à fait raison Hermione. D'ailleurs, tu te souviens des fabuleux moments que nous avons passés en quatrième année, sur cette montagne, alors qu'on accompagnait Harry dans sa recherche d'un aigle à capturer et câliner parce que Chang était inaccessible ? » La railla Ron
Hermione se retourna vers lui, furieuse, et s'apprêtait visiblement à lui tenir un discours dont les décibels dépasseraient de beaucoup la norme autorisée quand Harry se laissa enfin aller au fou rire qu'il contenait depuis le début de la diatribe de sa brunette préférée.
Il s'étouffait presque, sous le regard de pure incompréhension d'Hermione et les commentaires de Ron, qui affirmait qu'il savait bien qu'il avait un humour irrésistible, mais que si Harry pouvait éviter de serrer son devoir de potions dans ses mains pour se calmer il lui en serait infiniment reconnaissant. Relâchant son poing où l'on pouvait entrapercevoir ce qui fut dans un passé proche un début de dissertation maladroitement recopié, Harry se dit en se séchant les yeux d'un revers de manche qu'il regrettait vraiment qu'un certain blond Serpentard n'ai pas été là pour voir ça.
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Les deux princes passèrent leur diner à s'observer fixement, avant de détourner le regard en souriant dès que l'autre se retournait. Le but du jeu étant apparemment d'arriver à piéger l'autre et de le surprendre en plein délit. Blaise, Theo, Hermione et Ron les regardaient faire en contenant un fou rire, ce dont les deux princes ne se rendaient absolument pas compte, trop pris par leur petit duel d'un nouveau genre. De son côté, Pansy Parkinson observait le manège de son préfet avec une résignation amusée, tentant de conserver le calme glacial qu'il se devait de régner à la table des Serpentards. Tâche plus difficile que d'habitude, la nouvelle complicité des deux némésis ayant fait naître des rumeurs compulsives à toutes les tables.
Il était étrange de voir le froid, distant et hautain Draco Malfoy laisser échapper des sourires de gamin. Mais pas plus que d'apercevoir l'idole de ce siècle, l'icône presque intouchable qu'était devenu bien malgré lui Harry Potter, qui gardait habituellement une politesse détachée envers tous, aussi excité qu'une puce et répondant, complètement hors du sujet, certes, mais avec de grands sourires brillants à la moindre question.
Ce dont Colin se dépêcha de profiter, entretenant avec un enthousiasme incroyable une conversation surréaliste où questions et réponses n'avaient strictement aucun rapport. L'arrivée de la groupie dans l'équation compliqua légèrement la tâche du Serpentard, qui se mit aussi à fusiller du regard la source numéro une de son mépris sans que sa nemesis éprise de justice ne s'en aperçoive. Il ne manquerait plus que Potter console le cafard après qu'il eut subit un traumatisme moral de la part du grand méchant serpent.
Mais le danger ne vint pas par le biais que redoutait le préfet. En réalité, c'est sous la forme de la nouvelle attrapeuse de Poufsouffle qu'il se présenta. Malfoy n'avait jamais vraiment fait attention à la personne qui avait prit la place de Diggory, étant donné qu'elle était, en toute objectivité, totalement pitoyable sur un balai. Il savait seulement qu'elle se nommait Lysel Sahed, qu'elle avait des ancêtres aux quatre coins du monde mais qu'elle tenait principalement son physique de ses origines indiennes. Et qu'elle était très amie avec Lavande Brown.
Cela
faisait cinq minutes qu'il ne sentait plus le regard de Potter dans
son dos, alors il prit le risque de se retourner. Il plissait les
yeux, prêt à se retourner à la moindre alerte, avant de pivoter
plus franchement, manquant de tomber de son banc, en voyant que
Potter semblait être en très bonne compagnie. Ce dernier bavardait
gentiment avec une jeune fille élancée, à la silhouette fine et
aux cheveux sombres qui lui retombaient en une lourde masse d'un
noir bleuté. Elle avait des yeux d'un bleu si clair qu'ils
semblaient transparents, un petit nez adorable et une bouche
soulignée par un peu de gloss irisé, qui dévoilait des dents
blanches alors qu'elle riait à l'une des phrases du survivant.
Jolie tout en restant naturelle, transpirant la bonté et la
séduction discrète. Elle fixait le Gryffondor avec une envie non
dissimulée, ce dont cet abruti ne semblait absolument pas se rendre
compte.
Une rage sourde envahit le Serpentard, qui se sentit
soudain des envies de torture. Il jeta un dernier coup d'œil à
Potter, dont ses deux fans se disputaient l'attention, avant de
retourner à son repas avec une moue de dégout.
Il n'aperçut pas le regard entendu qu'échangeait le couple de ses meilleurs amis alors qu'il manquait de peu de planter sa fourchette dans la main d'un Serpentard de cinquième année un peu trop insolent qui lui avait effleuré la main en prenant le sel. Seuls les réflexes du jeune homme lui avaient permit d'échapper à une blessure douloureuse.
Jusqu'à la fin du dîner, il sentit le regard interloqué de Potter braqué sur sa nuque, qu'il ignora en serrant les dents. A peine le dernier plat fut il servit qu'il sortit de la salle à grands pas, passant devant Harry qui essaya de lui dire quelque chose. Le blond ne lui en laissa pas le temps, continuant tout droit sans même daigner remarquer sa présence.
Le
brun se tourna vers son meilleur ami, surprit et un peu blessé par
le changement brutal de comportement du préfet des vert et argent.
Ron se contenta de hausser les épaules d'un air à la fois blasé
et amusé qui semblait signifier « C'est Malfoy… »
Harry
jeta un œil à la table des serpentards, où Theo et Blaise lui
firent un sourire contrit, craignant visiblement que le Gryffondor ne
se vexe du comportement de leur ami.
Le brun repoussa son framboisier, qui disparut dans l'estomac d'un Ron éperdument reconnaissant, et croisa les bras en boudant.
Décidemment, il n'arriverait jamais à comprendre ce serpentard
---
Un feu crépitant, aux étranges flammes vertes que les septièmes années s'amusaient à teinter quotidiennement pour l'assortir à la couleur dominante de la salle commune. Si autour de la noble cheminée de pierre la chaleur était étouffante, la fraicheur des cachots situés sous le lac noir reprenait ses droits seulement quelques mètres plus loin. Un vendredi soir comme les autres, à la curieuse atmosphère de temps suspendu.
Sur un fauteuil de cuir noir et brillant, Blaise Zabini était assit avec, confortablement blotti entre ses jambes, Theodore Nott. Il l'étreignait délicatement par la taille, leurs doigts entrelacés reposant sur le ventre plat du châtain alors que la tête du métis reposait paresseusement dans son cou. Sur le canapé assortit, juste en face de l'âtre, était installé leur préfet, l'air bougon. Il dardait de regards noirs le fauteuil informe à sa gauche.
D'un marron passé, à l'apparence pelucheuse et râpée, il compensait ce défaut de taille par un moelleux presque indécent. Ronald Weasley était avachi avec nonchalance sur l'insulte visuelle qu'il avait osé apporter dans l'antre de l'esthétisme et du bon gout. Le fauteuil faisait parti des objets dont Malfoy n'avait pas put se débarrasser discrètement, ce qui n'était pas faute d'avoir essayé. Mais, sitôt son légitime propriétaire rentré dans sa tour, toutes les septièmes années s'étaient mis à s'en rapprocher pour l'accaparer. Il était devenu le sujet d'un combat intestin, véritable guerre des clans, menée tambour battant par un Blaise manipulateur et hilare. Il était même question de trêve et de garde partagée à présent.
Assise sur l'accoudoir confortable, Hermione Granger laissait reposer sa tête sur l'épaule de son petit ami.
Ils bavardaient de sujets et d'autres, profitant de ce calme inhabituel. Quelques heures plus tôt, Pansy était sortie avec un sourire machiavélique, encadrée par Vincent et Gregory. Les trois autres filles de septième année étaient soit sorties-Neville devrait d'ailleurs leur faire un compte rendu de sa soirée, foi de Weasley- soit dans leur dortoir pour remonter le moral de leur camarade qui venait de se faire plaquer par un Serdaigle. D'une voix froide, le préfet en chef avait envoyé tous les jeunes restants dans leurs dortoirs.
Depuis plus d'une demi-heure déjà, ils discutaient de choses et d'autres et Draco avait la désagréable impression de tenir la chandelle, ce qui était la cause de son actuelle expression bougonne.
« Je te rappelle que je t'ai vaincu hier encore Theo ! » Fit remarquer mollement Ron. La conversation avait visiblement profité de l'inattention du blond pour dériver sur le thème des échecs
« Tsss, tu sais bien que Blaise m'avait déconcentré » Répondit le châtain alors que le métis raffermissait sa prise sur le corps fin en lui susurrant quelque chose à l'oreille.
Draco se renfrogna encore plus, avant de changer complètement d'attitude, un sourire en coin venant orner son visage soudain illuminé, ce qui fit naitre quelques rictus gentiment moqueurs chez les témoins de la scène.
Harry descendait en aveugle l'escalier en colimaçon menant à la chambre des septièmes années. Ce dernier avait apprit par ses amis qu'ils passeraient leur soirée chez les vert et argent et les serpentards lui avaient charitablement proposé d'utiliser leur douche après son entrainement de quidditch.
Il
était à présent vêtu d'un jean délavé dans lequel il
flottait, retombant sur ses pieds nus en vagues de tissu usé.
Dissimulant ses hanches dénudées par le vêtement trop lâche, un
tee shirt d'un gris clair élimé et frappé d'un étrange motif
à moitié effacé lui tombait jusqu'à mi-cuisse. Il se frottait
vigoureusement le crâne avec une serviette d'un vert profond, ses
lunettes oscillants sur son nez et manquant de tomber à chaque
marche.
Trébuchant à chaque pas, manquant de très peu de
s'encastrer le tibia dans le coin de la table basse, il finit
néanmoins par se laisser tomber près de Draco sans trop de dégâts,
faisant crisser le cuir. Il plia avec soin la serviette, libérant
les mèches de jais encore humides et une odeur piquante de menthe
poivrée
« Ron, il faut absolument que tu essaye leur douche ! Non seulement elle est deux fois plus grande que la notre mais en plus elle a des jets massant, et leur eau est bouillante ! » S'enflamma le brun, faisant sourire toutes les personnes de la salle.
« Y en a qui ne savent plus quoi faire de leur fric » Grogna Ron avec un sourire torve
« Que veux tu, Blaise y passe la moitié de sa vie, on a finit par se cotiser pour lui offrir un environnement adapté à ses besoins » Rit Theo
« Tsss » Se contenta de siffler Blaise
« Bref. Vous parliez de quoi ? » Se renseigna Harry en s'asseyant en tailleur pour ne plus toucher le sol froid.
« De la raclée que j'ai mis à Theo l'autre jour aux échecs ! » Se rengorgea le roux
« La fois où Blaise a chuchoté à son oreille pendant toute la partie ? » Demanda le brun en fronçant les sourcils, essayant de resituer l'événement
Ron ouvrit la bouche, outré par la trahison de son frère de cœur, mais la referma quand Hermione éclata de rire. Il l'observa un instant avec une tendresse palpable avant de l'embrasser délicatement sur le front.
Draco jeta un œil à gauche et à droite, se rappelant avec une acuité soudaine qu'il était un célibataire cerné par les couples. Il jeta un regard au Gryffondor à ses côtés. Ce dernier fixait ses deux meilleurs amis en penchant la tête, une expression de bonheur douce mais sincère flottant sur son visage.
« Vous avez terminé le devoir de métamorphose pour la semaine prochaine ? » Les interrogea brusquement Hermione, se détournant de son petit ami qui piqua du nez d'un air blasé.
« Non, je ne l'ai même pas commencé » Fit Theo, l'air contrit, alors que Blaise se contentait de ricaner
La brunette soupira
« Je ne pensais vraiment pas que les serpentards seraient aussi du genre à tout faire au dernier moment. A part Pansy bien sûr » Nuança-t-elle avec une satisfaction audible
« Oui, on sait, Pansy est notre modèle à tous et d'ailleurs nous passons habituellement nos soirées à brûler de l'encens en son honneur » Ironisa Draco avec un geste indifférent de la main « Mais dis moi, il a quoi de si fantastique ce devoir pour que tu détruises aussi brutalement la jolie petite ambiance romantique que ton rouquin s'escrimait à mettre en place ? »Se moqua-t-il
Ron lui jeta un regard à la fois désespéré et noir, qu'il dissimula sous un étonnement innocent quand Hermione se tourna vers lui, interrogatrice. Elle secoua la tête avant de reprendre le fil de ses idées
« Il est vraiment passionnant. Les professeurs nous donnent rarement des devoirs qui demandent de lier deux matières ! Surtout métamorphose et défense contre les forces du mal » Expliqua t'elle avec un enthousiasme déplacé
Tout le monde grimaça à la mention de la matière taboue
« Harry connaît quelques animagus, mais il n'a pas put me répondre. Et je n'ai pas réussit à trouver la réponse dans mes livres habituels » Continua t'elle sans se laisser distraire, les sourcils froncés alors qu'elle annonçait la défaillance de ses alliés de papier.
« Eh bien, excuse-moi de n'avoir pas vraiment pris le temps de parler de ça avec mes nombreuses connaissances animagus. Mais disons que j'ai eu quelques difficultés techniques à chaque fois. Peter préférait de beaucoup me vider de mon sang que discuter et Rita Skeeters n'était pas vraiment pas mon interlocutrice préférée. Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour parler avec Sirius, et j'ai malencontreusement négligé de le questionner sur sa condition d'animagus. Quant à mon père, disons qu'il ne m'a jamais connu vraiment bavard » Se vexa le brun
« Ne le prend pas comme ça Harry, je ne te reprochais rien » S'excusa Hermione avec un sourire gêné. Harry grommela pour la forme, avant de lui tirer puérilement la langue ce qui sembla rassurer la brunette angoissée
« Ton père était animagus ? » Releva Blaise, étonné
« Oui, comme ses deux meilleurs amis » Confirma le Gryffondor avec un sourire brillant de fierté « Ils ont passés leurs dernières années à Poudlard à s'en servir pour faire les quatre cents coups »
« Ils étaient animagus à dix sept ans ? » S'étonna Draco
« Non, à quatorze » Rectifia Harry avec fierté
« C'est la première fois que j'entends parler d'animagus si jeunes… » Songea Theodore « En général, cela demande des années de travail, une énorme motivation et une parfaite connaissance de soi-même. Je ne pensais même pas cela possible pour des adolescents »
« Disons qu'ils avaient une motivation suffisante pour surmonter les deux autres contraintes » Commenta le brun
« Et puis, rien ne résiste aux maraudeurs » L'appuya son meilleur ami avec un sourire dément
Le silence s'étira, les Serpentards les dévisageant comme s'ils venaient de leur annoncer qu'ils venaient de créer un fan club pour supporter l'hypothétique création du couple Rusard/Ombrage.
« Vous...Tu es le fils d'un maraudeur ? » Demanda Draco, stupéfait
« Heu, oui. Mais, vous les connaissez ? » S'étonna Harry, au moins aussi abasourdi que le blond en face de lui
« Evidemment ! » S'enflamma Blaise « Ce sont de vrais légendes ! Ils détiennent le plus grand nombre d'heures de colle et autres punitions jamais donnés à Poudlard ! Ils sont les seuls à avoir même étés collés par Pomfresh ! Le baron sanglant n'a jamais voulu nous dévoiler leurs vrais noms, mais il nous raconte souvent leurs aventures. Qui se finissaient, en général, par récurer des chaudrons alors que leurs victimes reposaient à l'infirmerie avec des excroissances étranges et un ego maltraité. Ah et puis, au passage, Draco est un de leur plus grand fan depuis qu'il est tout petit » Ricana Blaise en se calmant, désignant son meilleur ami renfrogné
Draco lui darda un regard noir, oubliant un instant l'ahurissante nouvelle
« Je ne suis le fan de personne » Assena t'il d'une voix qui frôlait le zéro absolu et que Blaise ignora dans un sourire narquois
« Ah oui, on parle bien de mon père » Rit Harry, jugeant plus prudent de ne pas relever la dernière remarque du métis
« Tu es le fils duquel ? » Demanda Theo avec avidité, détournant l'attention de Draco de son ami moqueur
Le brun eu un sourire mystérieux avant de sortir sa baguette de sa poche arrière et de l'agiter délicatement. Une fumée argentée en sortit, et le patronus que tous commençaient à bien connaître prit forme. La silhouette éthérée du cerf s'approcha de son maître, ses sabots délicats flottants à quelques centimètres du sol, et frotta sa tête fantomatique contre le bras dénudé en un geste gorgé d'affection. Harry leva la main, dans un simulacre de caresse sur le museau impalpable.
« Mais encore ? » Insista Blaise, ne comprenant pas où le brun voulait en venir exactement
« D'où pensiez vous que venait le surnom « Cornedrue » ? » Se contenta de lui répondre Harry avec un pétillement amusé dans ses yeux verts.
Blaise réfléchissait si fort qu'il était presque possible de voir les indices s'imbriquer dans sa tête comme autant de petits rouages. Soudain, son visage s'illumina, exactement en même temps que ceux de ses camarades. Il y eut un « oooh » soufflé de compréhension et le brun pouffa
« Cornedrue était en réalité James Potter ? Mais alors, Lunard, Patmol et Queudver… » Commença Draco, les yeux écarquillés
« Eh oui »Confirma Harry « Sirius Black était Patmol, le chien loup, Peter Pettigrow était Queudver, en rat, et Remus Lupin était Lunard. Approprié pour un loup garou non ? »
« Lupin…Ce prof miteux était l'un des maraudeurs ? » S'étrangla le blond
« Il n'est pas miteux ! » Gronda Harry. Le préfet en chef leva les mains en signe de reddition, trop curieux pour risquer de braquer le Gryffondor. « C'est pour Remus que les trois autres sont devenus animagus. Un loup garou n'est pas dangereux pour les autres animaux, et sous cette forme ils pouvaient donc rester à ses côtés à chaque pleine lune »
« On a connu un Maraudeur pendant un an, on aurait donc pu avoir des récits de première main » Regretta Blaise
« Techniquement vous en avez connu deux » Sourit Ron
« De quoi tu parles Weasley ? »
« Vous vous souvenez de mon rat, que j'avais jusqu'en troisième année ? » Demanda le rouquin
« Le truc qui ressemblait à un croisement entre une serpillère et une brosse en chiendent ? » Tenta Theo
« Heu…Oui. Eh bien, c'était tout simplement Peter Pettigrow sous sa forme animagus » Révéla t'il triomphalement
« Tu as dormi avec un assassin pendant trois ans ? Votre famille est si pauvre que vous ne pouviez pas vous acheter un vrai rat ? » Le railla Draco avec une pointe d'effarement
« Toi blondie, je t'emmerde » L'informa obligeamment Ron « Sinon, je n'étais pas au courant évidement. Il y a quatre ans, La raison de l'évasion de Sirius était croutard. Enfin, Pettigrow. Il était le seul à savoir qu'il était animagus et vivant. Remus n'a apprit la résurrection miracle de son pseudo ami que cette année là, quand Harry lui a montré la carte des maraudeurs. Et si Sirius n'a pas vécu assez longtemps pour venger son meilleur ami, Remus a définitivement réglé le problème »
Un
silence épais, étouffant, les écrasa soudain alors que tous les
regards se faisaient flottants et évitaient de croiser celui de
Draco. Personne n'ignorait que la personne qui avait ensuite mit
fin à la vie du dernier maraudeur n'était autre que Malfoy
senior.
A la vue du blond, raide comme la justice et les
mâchoires serrées, et des prunelles vertes du survivant qui
ternissaient à une vitesse alarmante, Hermione décida de changer de
sujet en douceur
« Dis Harry, si tu leur montrais la carte des maraudeurs ? » Proposa-t-elle.
Le brun hocha la tête, encore un peu absent, alors qu'intérêt et curiosité chassaient le calme morbide. Le Gryffondor se pencha, attrapa son sac derrière l'accoudoir et en sortit précautionneusement un parchemin usé et vierge.
Les serpentards s'approchèrent sensiblement, dans une attitude d'attente fébrile. Harry prit le temps de leur faire un sourire taquin avant de prononcer la formule usuelle, posant la pointe de sa baguette sur le papier jauni, d'une voix assurée.
« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises »
Aussitôt,
le plan détaillé de tout Poudlard se traça sous leurs yeux, les
noms calligraphiés de ses occupants apparaissant et épousant les
mouvements de leurs propriétaires avec fidélité.
Stupéfaits,
les Serpentard virent leurs noms accolés, groupés dans leur salle
commune, et dont le mot de passe était noté juste à côté de
pointillés qui devaient en représenter l'entrée. Dans son
bureau, Snape restait immobile au milieu de la pièce, surement en
train de confectionner une quelconque potion. L'étiquette de
Rusard, elle, naviguait de couloir en couloir, utilisant des passages
secrets et n'apercevant pas les centaines d'autres qui creusaient
les épais murs de pierre, transformant le bâtiment en une
termitière à échelle humaine. Et, dans la salle de bain des
préfets, un certain Neville Longdubat était tellement proche de sa
serpentarde que leurs noms se superposaient
« Tu as donné le mot de passe à Neville ! » S'offusqua immédiatement Hermione
« Le traître, il a osé nous dire qu'ils se faisaient une innocente balade dans le parc ! » Se récria simultanément Ron. Puis, interceptant la phrase de sa petite amie, il réfléchit rapidement, avant de lancer la seule défense qui lui venait à l'esprit « Eh ! Toi, tu l'as donné à Harry d'abord! C'est toi qui lui permet d'aller prendre un bain chez les préfets tous les jours je te rappelle »
A ces mots, le visage Draco s'enflamma, se teintant de cramoisi alors que des souvenirs malvenus revenaient l'agresser en traitre. Il s'éloigna discrètement de son voisin, sans se soucier de l'hilarité réprimée de Blaise et Theo, lesquels l'observaient avec fascination se noyer dans sa mémoire un peu trop précise à son gout.
« Oh Ron, ne te fais pas encore plus stupide que tu ne l'es ! Tu sais parfaitement que Dumbledore m'a autorisé à le faire ! » Grinça Hermione, excédée
« Alors comme ça on a droit à un traitement de faveur super héros ? » le taquina doucement Blaise, avec un sourire. Le brun eut une grimace comique, mimant un coupable prit la main dans le sac, avant de lui répondre avec une fausse moue timide
« J'aime prendre des bains. Et avant que tu n'ajoute ce à quoi tu penses si fort que c'est écrit dans tes yeux, oui, j'assume tout à fait ce côté efféminé de ma personne, merci pour lui » termina t'il en riant alors que Blaise l'imitait.
Remit de son état de choc, Draco tendit une main hésitante vers la carte, oubliant les rires et les disputes qui éclataient autour de lui dans un chaos chaleureux qui lui était devenu habituel.
« C'est magnifique »
Il avait soufflé ces deux mots avec tant d'admiration que tous se turent pour l'observer caresser amoureusement le parchemin velouté, son regard brillant d'une lueur proche de la vénération. Il suivait distraitement les pleins et déliés du plan alors que ses yeux accrochaient les noms qui se détachaient par centaines sur le fond beige.
« Draco a toujours aimé ensorceler les petits objets. Il est très doué d'ailleurs, et il a créés plein de trucs marrants ou utiles. D'autre moins, comme le badge en quatrième année mais bon. Il a essayé de faire un genre de carte de Poudlard aussi mais il n'y est jamais parvenu. » Expliqua Theo devant l'expression étonnée des trois Gryffondors. Harry sembla soudain avoir une révélation, dont il demanda confirmation
« C'est comme le petit dessin animé qu'il m'avait envoyé ? »
« Depuis quand tu envois des mots doux à Harry toi drake ? » Demanda Blaise à son ami, interloqué. Ce dernier ne se donna même pas la peine de se détourner de l'objet enchanté, se contentant de hausser les épaules en signe d'ignorance, et d'indifférence profonde
« Il m'avait envoyé un charmant croquis de moi sur mon balai me faisant foudroyer par un éclair en troisième année » Précisa Harry, et Blaise laissa échapper un éclat de rire
« Tu as tout compris, c'est exactement ça » Répondit Theo, amusé
Encore une fois, le calme revint doucement, mais cette fois ci il dura longtemps. Seul le crépitement du feu et le craquement du parchemin se faisaient entendre, créant un agréable cocon sonore. Au bout d'une longue demi-heure, Blaise chuchota quelque chose à l'oreille de son petit ami qui hocha la tête. Theo se leva, et le métis l'imita après s'être étiré de tout son long avec un gémissement de bien être
« Bon les jeunes, ce n'est pas qu'il soit minuit passé, mais si en fait. Nous avons cours demain, donc moi et Theo allons nous coucher » Annonça le grand noir
« Ou faire autre chose » Se moqua Ron en se redressant à son tour, prenant la main d'Hermione pour l'aider.
« Ou faire autre chose » Concéda Blaise avec un sourire carnassier
« Bien, on vous laisse forniquer en paix, nous allons rentrer au dortoir nous. Harry, tu viens ou tu reste encore un peu ? » Demanda Hermione avec bienveillance
Le brun observa pensivement Malfoy, toujours absorbé par la carte des maraudeurs, et il leur répondit avec un petit sourire en coin
« Je vais rester encore un peu. Ce n'est pas comme si je risquais de me faire attraper par Rusard avec la carte. Profitez bien de votre temps en amoureux » Il leur dédia un clin d'œil et Ron rougit imperceptiblement. Il y eut une série d'au revoir vagues et la salle se dépeupla. Le duo d'ex némésis ne remarqua pas le regard éloquent que s'échangèrent les deux couples avant de disparaître chacun de leur côté.
Une fois seuls, le silence se réinstalla. Harry, toujours assit en tailleur et le menton appuyé sur les paumes, fixait Draco, lequel n'osait à présent plus s'extraire de la carte. Cela aurait pu durer longtemps, mais au bout d'un moment une crampe dans la nuque donna le courage nécessaire au blond pour affronter la personnification de ses angoisses les plus diverses.
« Je ne pensais pas que tu serais le genre de personne à apprécier les maraudeurs » Risqua Harry, alors que le blond s'apprêtait à dévier la conversation vers un sujet moins brûlant « Qui t'en a parlé ? »
« Ma mère » Répondit il simplement. Il vit le brun sursauter, surpris, et son visage prendre une expression qu'il ne pensait pas être possible. Une sorte de jubilation féroce, presque meurtrière, mêlée à une douce amertume.
« Décidément, plus le temps passe plus je me dis qu'il faudrait que je rencontre cette femme…Que t'as t'elle dit sur eux ? » Demanda-t-il. Le préfet hésita visiblement, et le brun retint son souffle, de peur de ne l'influencer de la mauvaise façon, mais les yeux brillants de curiosité.
Le blond ne savait pas s'il pouvait vraiment lui raconter cette histoire. Seuls ses amis les plus proches étaient au courant de l'amour fusionnel qu'il vouait à sa mère. Cela paraissait totalement irrationnel de le confier à quelqu'un dont il ne savait pas encore s'il allait être un ami ou redevenir un ennemi.
Mais il en avait envie. Besoin ?
Alors il lui raconta, à cet interlocuteur si attentif que sous ses yeux il se sentait étrangement vivant
«
Depuis que je suis enfant, ma mère me parle de son cousin adoré. A
l'époque, je n'ai jamais pu savoir qui il était car il
n'apparaissait pas sur notre arbre généalogique. Tout ce dont
j'étais sûr, c'est que ma mère l'aimait plus que tout ce
cousin, si brun, si beau, au sourire chaleureux et contagieux et au
cœur plus gros que lui. Ils ont passé leur enfance ensemble, lui
détestant ses parents, elle peinée de décevoir constamment les
siens. Ma mère a toujours été de constitution fragile, et la magie
traditionnelle ne lui réussissait pas. Ses résultats à Poudlard
étaient donc médiocres, ce qui enrageait ses parents. Mais elle
savait qu'elle pouvait toujours compter sur son cher cousin une
fois rentrée chez elle. Bien entendu, ils conservaient les
apparences à l'école, car les serpentards ne se mélangeaient pas
aux gryffons à l'époque.
Mais ma mère s'est mise à
fréquenter Lucius Malfoy et son monde a basculé. Il venait d'une
des plus grandes familles sorcière, était beau et distingué. Elle
en est tombée immédiatement follement amoureuse, et en l'apprenant
sa famille lui a enfin témoigné la fierté dont elle rêvait.
Malheureusement, son cher cousin en était venu, après les avoir
côtoyé de nombreuses années, à apprécier les sangs de bourbes.
Pour lui, mon père était la pourriture absolue. Mère a dut faire
un choix, et elle a abandonné celui qui l'avait épaulé durant
tant d'années.
Quand, durant notre troisième année, les avis
de recherche sur Sirius Black se sont mis à fleurir sur le moindre
coin de mur, je n'ai pas fait le rapport. Cet homme hideux, au
regard fou, ce tueur sanguinaire, pas un instant je ne l'ai
soupçonné d'être l'homme doux et protecteur qu'on m'avait
tant décrit.
Ce n'est que le jour où mon père a annoncé à
ma mère comment il avait été tué que j'ai compris. Je n'avais
jamais vu ma mère s'écrouler, je suppose d'ailleurs que mon
père a dut être tout aussi étonné que moi, mais c'est pourtant
ce qu'il s'est passé ce jour là. La mort de cet homme a brisé
net quelque chose dans l'amour presque fanatique que ma mère
vouait à mon père. Peut être que si Sirius avait survécu, si mon
père n'avait pas été le témoin passif de son meurtre, ma mère
aurait été incapable de faire ce qu'elle a fait lors de la Chute.
Encore aujourd'hui elle me parle de lui, et je ne lui ai jamais avoué que j'avais découvert l'identité de son cousin mystère. J'aurais aimé rencontrer cet homme, savoir s'il était vraiment tel qu'elle me le dépeint depuis tant d'années, ou si ce n'était que l'idéalisation d'un être cher perdu. Plaisanter avec ce Sirius charmeur, rieur qu'elle me décrivait avec amour, apprendre à connaître l'homme doux, fidèle et loyal qui a été en fin de compte le seul a réussir à rendre vraiment heureux ma mère, ce sont des choses que je regretterais longtemps »
La voix de Draco s'éteignit et il se racla la gorge pour en enlever la boule douloureuse qui y avait élu domicile. Il osa enfin relever les yeux en direction de son étrange confident, et son souffle se coupa. Potter le fixait de sous ses longs cils brun, buvant ses paroles avec un sérieux presque effrayant et une tristesse insondable.
Finalement, le Gryffondor prit la parole d'une voix rauque, au débit haché et vacillant
«
Je ne l'ai rencontré qu'après son emprisonnement, contrairement
à ta mère qui n'a vécu avec lui qu'avant. Il n'avait plus
cette beauté sulfureuse que je lui ai découverte sur d'anciennes
photos. Mais même alors, Sirius attirait à lui l'amour des
autres. Il était une sorte de lumière vivante, mais du genre qui
veille à ne plonger personne dans l'ombre. Oh bien sûr, il
n'était pas parfait, et il avait fait de nombreuses conneries dans
sa vie. Il était un peu trop extrême et expéditif dans certains de
ses jugements, et parfois buté. Mais pour moi, il est ce qui restera
ce que j'ai connu de plus proche d'un père. Chaleureux, oubliant
tous ses fantômes et ses douleurs pour soigner les petites plaies
des autres. Généreux à l'extrême, parfois amer mais tellement
bon. Je n'ai connu que l'homme ravagé par Azkaban, et pourtant
je reconnais parfaitement l'être de flamme que ta mère t'a
décrit. Crois moi sur parole, tu l'aurais aimé, tout simplement
car il est difficile de ne pas apprécier Sirius Black. Et je pense
qu'il t'aurait adoré, car tu es le fils de sa chère cousine. Il
aurait passé son temps à te taquiner, te décoiffer et te harceler
» Sa voix s'adoucit, songeuse, avant qu'il ne reprenne en
hésitant
« Tu pourras dire à ta mère qu'il… Qu'il est
resté jusqu'à la fin le gamin qu'elle, mon père et Remus ont
aimé. Trop prompt à défendre ceux qu'il aime, trop bon pour oser
penser à se protéger lui plutôt qu'un autre. Trop idiot pour
s'effrayer des risques alors que son filleul qu'il connaissait à
peine était en danger »
Il se tut et baissa la tête, laissant son regard suivre les craquelures du cuir pour ne pas affronter les yeux mercure en face de lui. Draco, quant à lui, ne savait pas vraiment quoi faire. Il ne pensait pas que la conversation dériverait jusqu'à ce point et la tristesse palpable du Gryffondor en face de lui lui remuait les tripes.
Il
connaissait le Potter vindicatif, acerbe, l'ombrageux et sauvage,
contre qui il se brûlait les ailes depuis des années avec la
régularité d'un drogué au dernier stade. Il avait aussi
découvert, à contre cœur, un être rieur, doux et apaisant. Il
avait même eut un aperçu du héros, de l'âme à vif, du corps et
cœur plaies, de la légende qui souffrait d'être réelle.
Mais
la douleur sourde qu'il avait devant les yeux, cette mélancolie
amère de ceux qui avaient trop perdu pour se permettre encore de
pleurer, elle le paralysait complètement. Potter et son regard
fuyant lui inspiraient à l'instant la même terreur que Blaise ou
que sa mère trois ans auparavant. Il savait que l'on attendait de
lui un soutient, n'importe quoi, mais la seule chose dont il était
capable était de les observer se noyer, tétanisé.
Heureusement, Potter finit par secouer la tête, espérant vraisemblablement se débarrasser de ses pensées moroses comme le ferait un chien d'un excédent d'eau. Il releva sur lui un regard étonnement malicieux, et en même temps réprobateur
« Enfin bref, elle est jolie ton histoire Malfoy, mais tu ne m'as toujours pas dit d'où tu connaissais les maraudeurs ! » Fit remarquer justement le brun.
Draco eut une grimace comique et son homologue rouge et or lui dédia un sourire brillant
« T'es chiant Potter… » Souffla-t'il en arborant une parfaite expression de martyr « Bon, j'accepte de répondre à cette question mais après tu arrête un peu de me harceler, ok ? Je sais que ma personne est fascinante, mais bon…Raaah, arrête de me fixer avec ces grands yeux tu me stresse ! » Râla le blond
« Allez, arrête de faire ta diva et accouche » Se moqua Harry
« Les hommes ne peuvent pas… Laisse tomber. Bon, c'est ma mère qui m'a parlé des maraudeurs » Avoua t'il, gêné. Il vit le Gryffondor ouvrir la bouche, une étincelle railleuse au fond de ses iris émeraude et il le coupa immédiatement « Ouiii, je suis un gosse à sa maman, j'assume très bien merci. Ah, au passage, si tu en parle à quiconque, je me verrai dans l'obligation de t'étriper » Le menaça t'il avec un sérieux compromis par la lueur amusée dans ses yeux pâles
« Mais voyons, je n'allais pas dire ça Malfoy ! » S'offusqua Harry avec un sourire coupable en coin « Mais continue donc ton histoire » Le relança t'il alors que le blond lui jetait un regard torve
« Bref. Donc depuis longtemps, ma mère me parle aussi de ce sang pur qui a renié sa famille et qui a vécu des tas d'aventures à Poudlard. Quand j'étais enfant, je considérais juste ça comme un conte merveilleux que les mères racontent pour donner envie à leurs enfants d'aller à l'école. Puis, je suis entré un Poudlard et là le baron sanglant nous a aussi parlé d'eux, et ils sont devenus une sorte de mythe, comme il en existe tant d'autre dans l'histoire de notre école. Maintenant, je pense que ma mère essayait en fait de me faire passer un message. Elle et mon père étaient au courant pour les horcruxes, et elle devait donc craindre, à raison d'ailleurs, que les années sombres ne reviennent. Et elle avait beau aimer mon père, elle n'aurait jamais voulu me voir du côté du seigneur des ténèbres » Expliqua t'il
« Et pourquoi elle ne te l'a pas tout simplement dit ? » S'étonna Harry
« Décidemment, la subtilité des Gryffondor me stupéfiera toujours… Ma mère voulait me laisser le choix je suppose. Ces jolies anecdotes n'avaient que pour but de me rappeler que justement, j'avais le choix, et que je n'étais pas forcé de suivre la voie de mon père. Mais c'est le rôle d'un parent de laisser ses enfants faire des erreurs »
« Une erreur ?! Heu Malfoy, on ne parle pas de casser le vase du salon parce qu'on s'est obstiné à s'amuser à faire des dérapages sur le carrelage… Si tu avais suivis ton père, tu serais à Azkaban en ce moment même » S'exclama-t-il, l'air réellement choqué. Draco observa avec une sorte d'apitoiement attendri le garçon en face de lui pour qui l'univers des familles nobles était aussi familier que les mœurs des trolls de la toundra.
« Potter, une telle naïveté en deviendrait presque touchante. Mon père était le bras droit du seigneur des ténèbres avant que ton super front ne règle momentanément le problème. Ca ne te semble pas étrange qu'il n'ait pourtant jamais posé un seul orteil à Azkaban avant notre cinquième année ? Que tout le monde l'ait cru sur parole quand il a affirmé n'avoir jamais été mangemort ? Tout est une question d'influence et d'argent Potter. En graissant la patte aux bonnes personnes, tous les systèmes peuvent être enraillés, la justice n'en est qu'un parmi d'autres. Et ne prend donc pas cet air traumatisé Potter veux tu, j'ai l'impression d'être un tueur en série de chatons » Ricana t'il alors que le Gryffondor le fixait avec des yeux comme des soucoupes
« Mais arrête de rire, c'est grave comme sujet ! Ca veut dire que le ministère est peut être encore corrompu même maintenant, et que… »
« Ola, du calme. Il est un peu trop tard pour refaire le monde, tu ne pense pas ? On verra ça demain si tu veux bien » Lâcha narquoisement le Serpentard
« Tu te fous de moi ? » Demanda Harry, les yeux plissés par la suspicion
« Moi ? Je n'oserais jamais » affirma Draco avec un sourire inquiétant
« Sale Serpentard » Siffla Harry en contenant à son tour un sourire
« Trop de mots doux pour ce soir, Weasley va être jaloux attention »
« Bah, il doit être en train de jouer au docteur avec Hermione, donc si il pense à moi en ce moment il va falloir que nous ayons une discussion sérieuse » Pensa Harry à voix haute
« Oh pitié Potter, j'étais bien là ! Pourquoi est ce que tu parles de telles horreurs à une heure pareille ? » Se plaignit Malfoy, l'air dégouté
Il eut ensuite un sourire satisfait, presque triomphant, quand Harry se laissa enfin aller à rire, de cet étrange rire tout en souffle qui charmait tant de monde à Poudlard.
Le silence revint, paisible et entrecoupé par les craquements secs du feu qui se mourait, laissant place par instant au seul scintillement des braises d'un vert profond. Draco se pencha, attrapa délicatement le parchemin posé sur la table basse et se replongea de nouveau dans le labyrinthe de Poudlard couché sur papier. Il aurait été incapable de dire combien de temps il était resté ainsi, absorbé par les noms calligraphiés, observant les étiquettes sagement alignées dans les dortoirs ou le ballet chaotique joué par Rusard, son avant-garde féline et les divers couples qui erraient encore dans les couloirs.
C'est un bruit si ténu qu'il en était à peine audible qui le tira de l'état proche de l'hypnose dans lequel le plongeait la carte. Il tourna la tête et ses traits froncés par la fatigue se déridèrent graduellement. Le Gryffondor, épuisé par son entrainement de quidditch, venait de s'endormir la tête posée sur l'accoudoir en cuir. Il était recroquevillé en chien de fusil, pour essayer de trouver un peu de chaleur maintenant que le feu s'était définitivement éteint. Il semblait vulnérable, d'une fragilité presque enfantine, perdu dans les innombrables plis et replis de ses vêtements.
Draco se leva pour reposer presque avec révérence la carte des maraudeurs dans le sac du Gryffondor. D'un geste vague de la main, il invoqua une épaisse couverture en polaire qu'il déposa délicatement sur le corps fin avant d'aller s'accroupir devant la cheminée.
« Incendio »
A
ce murmure, des bûches réapparurent et un feu gigantesque se mit à
ronfler dans l'âtre, baignant la pièce d'une lueur verdâtre et
ondulante, dans une ambiance presque aquatique.
Il tourna la
tête, pour observer à quelques centimètres seulement le visage
apaisé de sa nemesis endormie. Il n'aurait jamais pensé qu'un
jour Harry Potter se laisserait aller à dormir devant lui, pas s'en
s'être auparavant blindé de sorts et de plusieurs couches de fils
barbelés. Il se déplaça, presque à quatre pattes, avant de
s'asseoir en tailleur au sol, le dos contre le canapé. Il hésita
un instant avant de céder à l'envie qui le tiraillait depuis un
petit moment.
Sa
main trembla visiblement avant de se poser dans la chevelure
indisciplinée, mais le contact soyeux calma rapidement son début
d'angoisse. Il resta comme ça longtemps, essayant de domestiquer
les cheveux indomptables, qui reprenaient aussitôt avec insolence
leur place originelle. Il observait avec fascination les reflets
olivâtres qui dansaient entre les mèches folles, dans un
kaléidoscope d'ébène et d'émeraude. Sa main s'égara sur
les cheveux plus courts de la nuque, qui se hérissèrent au contact
de sa peau froide, avant d'aller se couler sur la nuque elle-même
qu'il massa du bout des doigts, avec la satisfaction absurde d'un
sculpteur devant une œuvre parfaite. Il redessina son cou en une
caresse légère, craintive, mais le sommeil du Gryffondor semblait
de plomb car il ne réagit même pas.
Il avait beau chercher, le
jeune endormi en face de lui lui faisait tout simplement penser à un
ange, bien que cette comparaison vomitive heurte de plein fouet son
esprit Serpentard. Et à le voir, là, si frêle, il ne parvenait pas
à comprendre comment on avait put impliquer un être tel que lui
dans une guerre comme celle qu'ils avaient vécu, ou pire, comment
on avait pu lui imposer la condition de meurtrier.
Il
se rapprocha encore un peu et, cédant à une pulsion subite, il posa
un léger baiser sur le nez froncé du Gryffondor, dérangé par une
cendre froide qui venait de s'y poser.
Puis, alors qu'il
allait s'éloigner, il s'arrêta à mi-chemin. Il sembla lutter
quelques instants contre lui-même avant de céder à son envie,
sûrement aidé par la fatigue qui lui embrouillait l'esprit avec
plus de facilité que n'importe quel Whisky pur feu.
Alors, il s'autorisa à poser furtivement ses lèvres sur celles douces du Gryffondor. Juste un coup de folie qui entraina son cœur dans une valse lourde et endiablée, dont il fut persuadé durant un instant que les échos ne pourraient que réveiller tout le château. Il resta quelques secondes au creux de ses lèvres, ses yeux grignotant avec avidité les petits détails de ce visage qu'il n'avait jamais eu droit d'approcher de si près. Profitant de ce moment où, trop épuisé, il ne se sentait ni la force de se torturer pour ses envies ni celle de se trouver des excuses.
Puis il se releva, toujours sans un bruit. Il se figea quand le brun poussa un profond soupir, mais fut soulagé de voir qu'il dormait encore profondément. Le brun se contenta de s'entortiller dans le carré de polaire, se conférant une étrange et amusante ressemblance avec une chenille.
Draco jeta un regard à la fois exaspéré et blasé à l'horrible fauteuil de Weasley avant de le tirer près du feu, seulement séparé du canapé par les trente centimètres de la table basse. De nouveau, il fit apparaître une couette semblable à celle dans laquelle était blotti le Gryffondor, ainsi que deux oreillers aux couleurs de sa maison. Il s'assit dans le fauteuil indécemment moelleux, s'enfonçant sur plusieurs centimètres, avant de s'installer confortablement. A peine eut il fermé les yeux qu'il s'endormit, le sourire troublant de douceur de son voisin gravé sur ses paupières.
Et pour la première fois depuis la Chute, pas un cauchemar ne vint hanter le sommeil de Draco Malfoy
A suivre
Note
du champi : Voila voila, notre Draco commence à comprendre
certaines choses :p J'espère de tout cœur que ce chapitre vous a
plu, et je vous donne rendez vous dans une semaine :D
Encore merci
pour tous ces petits mots adorables, ils me font tellement plaisir
*_*
Temis
