Disclaimer : Pas à moi XD Même les fléreurs appartiennent à Rowling, même si je les ai légèrement détournés :p

Couple : HPDM, BZTN

Dédicace : A ma Sean. Pour sa correction alors qu'elle pourrait être en train de toshoper, pour son humour, pour tout en fait. Jte nem tellement 3

Note du champi : Un nouveau chapitre, encore un peu en retard j'en suis vraiment désolée L'histoire devient légèrement différente dans ce chapitre, vous verrez j'espère que ca vous plaira :D

Un immense merci à tous ceux qui ont pris le temps de me laisser une review, et dont les petits mots m'ont fait extremement plaisir et me donnent l'envie de publier toujours au plus tôt pour les remercier (et, en passant, de sortir sous cette pluie pour trouver un ordinateur XD). Vous êtes des amours 3

Chapitre 7

« Harry, Malfoy, Dumbledore veut vous voir dans son bureau tout de suite! Le mot de passe est « Mikado » »

C'est par cette simple déclaration, un peu essoufflée, que la tranquille matinée des deux princes commença à basculer.

Ils étaient pour l'heure confortablement installés dans les entrailles de la bibliothèque. Draco et Blaise étaient assis sur un vieux canapé de velours ancien, d'un violet assez atroce et à l'assise déglinguée. Ce dernier faisait lui-même office de fauteuil pour Theo, sorti de l'infirmerie la veille, trois heures après son admission, et qui était surveillé par tous les Serpentard comme le lait sur le feu.

Harry, lui, avait tiré près d'eux son pouf poussiéreux et informe, le dos calé contre le canapé. Les longues jambes de Malfoy se trouvaient juste à côté de lui, et de temps à autre il tirait doucement sur sa robe pour attirer son attention. Les deux garçons étaient respectivement plongés dans « Quidditch'mag » et « Potion hebdo ». A leurs côtés, le couple avait visiblement oublié toute idée de révisions d'ASPICs pour une séance de câlinage en règle.

De sa table, Ronald Weasley les fixait d'un œil jaloux. Parfois, rarement, son regard dérivait vaguement sur le livre de métamorphose que Hermione lui avait mis de force entre les mains. Douce moitié qui, assise juste en face de lui, révisait avec une frénésie effrayante.

L'arrivée fracassante d'un Colin Crivey hors d'haleine fit voler en éclat ce calme plus ou moins studieux. Aussitôt, Harry sauta sur ses pieds, imité avec plus de réticence par Draco.

« Merci Colin » Le remercia Harry avec un petit sourire avant de s'éloigner à grands pas.

Draco eut la furieuse envie de faire ravaler au blondinet son air imbécilement heureux, mais un coup d'œil au rouge et or qui poussait déjà les portes de la bibliothèque lui indiqua qu'il n'en avait pas vraiment le temps.

Pestant et maudissant contre tous les Gryffondors, il partit à sa poursuite presque en courant, coudes au corps.

Quand il finit par rattraper Harry, ce dernier s'engageait déjà dans le couloir menant au bureau du directeur.

« Potter, je…Je peux savoir…Pourquoi tu es si pressé? » Demanda Malfoy, la respiration haletante.

« Pour que Dumbledore nous envoie un messager, un samedi, au lieu de tout simplement nous prendre à part après le déjeuner, c'est que c'est un problème soit grave, soit urgent. Voir les deux » Lui expliqua-t-il, pressant encore le pas.

Plus que ses paroles, ce fut l'air sombre du Gryffondor qui inquiéta le blond.

Ils arrivèrent devant la gargouille gardienne en un temps record, et s'engouffrèrent à toute vitesse dans les escaliers. A peine furent ils entrés que leur angoisse sourde se cristallisa. Derrière les lunettes en demi-lunes, les yeux bleus étaient inhabituellement sérieux et teintés de lassitude.

« Que se passe-t-il? » Demanda immédiatement le brun

Dumbledore posa sur eux un regard étrange, sans âge, plein d'une compassion qui les effraya. Puis, il leur annonça dans un soupir peiné

« On vient de m'informer du décès d'Arabella Figg, durant son sommeil la nuit de jeudi à vendredi. Son enterrement aura lieu Dimanche, au cimetière de Little Whinging »

Harry se raidit, surpris et choqué. Le souvenir de la vieille dame ridée, dans ses éternelles pantoufles écossaises et sa robe de chambre, avec ses gâteaux délicieux et son thé au goût étrange lui revint en mémoire avec amertume.

« Est-ce…Est-ce qu'elle a souffert? » L'interrogea t'il d'une voix très éraillée.

Le directeur secoua doucement la tête et les épaules du Gryffondor se décrispèrent légèrement.

« Arabella vous a désigné tous les deux comme ses héritiers légaux. Le notaire a été prévenu, il sera à Privet Drive aux alentours de dix neuf heures ce soir » Continua Dumbledore.

Harry opina, avant de froncer les sourcils.

« Tu connaissais Mrs Figg? Comment ca se… » Commença-t-il, mais sa voix se mourut dans sa gorge devant l'attitude du Serpentard.

Ce dernier se tenait très droit, le port étrangement raide. Il gardait son regard braqué sur le directeur, un regard glacé par la tristesse.

« Qu'est il arrivé à Isidore et Jelly? » Se renseigna-t-il, sa voix restant pourtant assurée.

« Je me suis chargé des démarches. Ils seront enterrés à ses côtés demain »

Draco hocha la tête, comme si la réponse de Dumbledore ne venait que confirmer ce qu'il savait déjà.

Ainsi, la faucheuse avait fini par rattraper cette vieille folle, elle qui répétait constamment qu'elle l'avait oubliée. Durant une demi-seconde, Draco ferma les yeux avec un profond soupir.

Sa mort venait enfin tourner définitivement une page de la vie du Serpentard.

Sa vie de résistant.

C'est par une étrange coïncidence que les chemins du jeune sang-pur et de la vieille cracmole en étaient venus à se croiser.

Durant les vacances de noël de leur sixième année, le ministère avait réussi à destituer Dumbledore, pour mettre à sa place un de leur pantin. L'action irréfléchie de Cornelius Fudge avait été guidée par la peur. Celle que Dumbledore lui prenne son poste. Mais les dizaines d'aurors et la présence de la sous directrice Mc Gonagall à Poudlard n'avaient pas pour autant rassuré les foules. En janvier, le dernier endroit sûr d'Angleterre venait de disparaitre, et les élèves avaient quitté l'école un par un. Les plus jeunes pour rejoindre leurs familles, les plus âgés pour intégrer l'Ordre du Phénix, suivant ainsi Dumbledore.

Draco, lui, avait fait les deux. Il réalisait des petites missions de routine pour l'Ordre tout en vivant au manoir, au cas où il aurait pu intercepter une quelconque information auprès de son père. Il avait alors occupé ses journées en lisant les milliers de livres rares, uniques souvent, de la bibliothèque Malfoy. Et c'est là qu'il avait trouvé une idée. Dans les pages jaunies, couvertes d'une écriture soignée à l'encre rouge, du journal d'un homme que l'on appelait « le maître des fléreurs »

Les fléreurs étaient des félins physiquement proches des chats, tout en étant aussi éloignés d'eux qu'un sombral d'un cheval. Cette espèce avait été façonnée par magie des millénaires auparavant, par des sorciers voulant créer le compagnon parfait. Son intelligence frôlait celle d'un humain et il avait la capacité de se lier à l'un d'entre eux, à qui il restait fidèle tout au long de sa vie. L'évolution leur avait conféré d'autres pouvoirs dans le but d'être utiles à leur maître, comme des sens développés à l'extrême ou la capacité de reconnaître immédiatement les individus louches ou les menteurs.

Dans ce livre, l'auteur donnait les différents sorts qu'il avait mis au point pour dresser un fléreur pour la guerre, des sortilèges qui étaient le travail de toute sa vie.

Draco était allé proposer son projet à Dumbledore, qui lui avait donné le nom et l'adresse de Mrs Figg, l'une des rares propriétaires de fléreurs de Grande-Bretagne. Il l'avait donc rencontrée.

Il devait avouer qu'au début, il l'avait prise pour une vieille allumée, et avait cru que Dumbledore s'était moqué de lui. Car tous les animaux qui hantaient cette maison n'étaient que de simples chats, de race ou de gouttière. Puis, ils étaient rentrés dans la pièce.

Isidore et Jelly, les deux fléreurs de la maison, liés à Arabella Figg. Plus grands que tous les autres chats, leurs corps étaient aussi plus fins, nerveux, aux muscles déliés. Ils avaient la silhouette de panthères miniatures, tout en force contenue. Leur queue était touffue, ressemblant beaucoup à celle d'un renard, et ils possédaient de grosses pattes qui auraient pu les rendre attendrissants si le cliquètement de griffes énormes heurtant le parquet ne retentissait pas de temps en temps. Leur tête racée était ornée de deux grandes oreilles, comme celles des lynx, et d'immenses yeux d'un bleu acier pour l'un, or mat pour l'autre, beaucoup trop intelligents et transperçant pour être ceux d'animaux. Ils avaient le poil brillant, court, d'une fascinante teinte cuivrée pour le mâle et d'une blancheur absolue pour la femelle. Il émanait de chacun de leur mouvement une sauvagerie acérée, brute, qui renvoyait les fauves les plus dangereux à l'état de matous empotés. Pourtant, quand ils sautèrent sur le fauteuil de leur maitresse, ils semblèrent s'adoucir immédiatement. En ronronnant, ils l'avaient tranquillement dévisagé, comme s'ils savaient parfaitement que le blond n'était là que pour eux.

C'est à ce moment précis que Draco fut persuadé que sa théorie allait fonctionner.

Il lui avait fallu une après midi entière pour convaincre la propriétaire. Et, quand il pensait avoir enfin réussi, cette dernière lui avait avoué que le couple de fléreurs était stérile. En dix ans, pas une portée.

Dépité, il était rentré chez lui, bien décidé à oublier toute cette histoire. Une semaine plus tard, Mrs Figg le contactait pour lui annoncer un miracle: huit chatons venaient de naître.

Pour satisfaire le souhait de leur maître, les fléreurs étaient capables de beaucoup de choses. S'affranchir du temps n'était pour eux qu'une formalité. La où il aurait fallu deux mois de gestation à une chatte, Jelly avait eu des chatons toutes les semaines. Chatons qui présentaient eux même la singularité d'arriver à leur âge adulte en seulement trois semaines.

Draco s'était aussitôt mis au travail. Il avait traduit toutes les formules, et avait du s'entraîner durant de longues heures pour les maîtriser parfaitement. Quand ce fut fait, il put les mettre en pratique. Les résultats avaient dépassés ses espérances.

Le concept était simple. A sa naissance, il jetait un sort inoffensif à chaque chaton. Il empêchait l'animal de se lier à un humain, tout en restant relativement fidèle au sorcier qui l'avait envoûté. Il autorisait aussi, grâce à un dérivé de la légilimencie, à avoir accès aux souvenirs du félin.

Puis, il avait lâché une cinquantaine de fléreurs dans Londres. Prédateurs parfaits, ils n'avaient eu aucun mal à se nourrir et s'étaient à leur tour reproduits.

Bon, il devait reconnaitre que les débuts avaient été difficiles. Chaque fois qu'il mettait un pied dehors, tous les fléreurs reconnaissaient son odeur et se précipitaient vers lui. Il ne pouvait plus sortir sans se retrouver cerné par une foule tout en poils et miaulements, ce qui aurait bien fini par alerter son père. Qui plus est, ses heures passées à lire les informations qu'ils lui apportaient avec enthousiasme consistaient à la filature de tous les passants de l'allée des embrumes ou du moindre ivrogne sortant des trop nombreux bars de Londres.

Autant d'efforts pour un résultat presque nul, Draco avait bien failli abandonner. Mais il avait à l'époque sous estimé l'intelligence des fléreurs.

Reliés entre eux par une sorte de télépathie, leur meute, toujours plus étendue, se comportait comme une entité unique. Chacune des réactions du Serpentard était observée, analysée, et transmise au groupe.

A sa plus grande surprise, il avait vu les résultats de leurs maraudes se faire de plus en plus judicieux. Décortiquant ses réactions, ils apprenaient à reconnaître quels genres d'informations l'intéressaient. De la même façon, en observant son attitude, ils avaient appris à déceler s'ils devaient sortir au grand jour ou rester cachés.

Au bout de deux mois et demi, l'influence de Malfoy s'étendait sur plusieurs milliers de Fléreurs, non seulement dans la capitale mais aussi aux quatre coins de l'Angleterre. Espions discrets, sachant se fondre à merveille dans le décor, il n'existait à l'époque pas un village où un fléreur ne prenait pas mollement le soleil, l'oreille à l'affût du moindre murmure. De par leurs dons de télépathes et leurs pouvoirs qui leur permettaient de s'affranchir des distances avec autant de facilité qu'ils snobaient le temps, il était mis au courant presque instantanément d'une attaque de mangemorts, d'un membre de l'Ordre en danger ou d'une quelconque trahison. Comme seuls ses amis et Dumbledore, le seul à qui il acceptait de rendre des comptes, étaient au courant de son rôle d'espion aux milles yeux, il possédait une liberté quasi totale.

Et durant cinq mois, il avait été à la tête du réseau de renseignements le plus performant qui soit, tous camps confondus. Il n'oublierait jamais cette enivrante sensation de pouvoir, la présence continuelle mais invisible de tous ces fauves miniatures, leur caresse de velours quand ils venaient se frotter à lui pour lui transmettre les informations qu'ils avaient récoltés et l'étincelle d'excitation, si grisante, quand il plongeait ses doigts dans la fourrure aussi douce que la soie tout en sachant qu'il allait de nouveau apprendre quelque chose qu'il serait le seul à connaître. Des informations par millions, l'impression de tenir le monde dans sa paume et d'en faire ce qu'il voulait, il avait cru à un moment qu'il avait trouvé là le bonheur. Après tout, un Serpentard est par nature ambitieux, et sa soif de pouvoir aurait du être son principal moteur.

Mais il avait découvert que plus l'on possédait de pouvoirs, plus les conséquences de chaque acte étaient terribles. Il était facile de dénoncer un traître, qui finirait tué dans les heures suivantes. Mais quand on avait vu de ses yeux cet homme pleurer de culpabilité, quand on avait vu ses enfants et sa femme l'accueillir en riant sur le palier de sa porte, même la délation la plus légitime devenait difficile. Pour autant, comment laisser impuni ce même être qui avait achevé sans pitié une fillette, trahi un frère?

Sans parler des trop nombreuses fois où, malgré tous ses efforts, ses renseignements n'étaient pas arrivés à temps et que seule l'image de cadavres parvenait jusqu'à lui.

Alors après la Chute, en sortant de son coma, Draco avait décidé de se débarrasser de sa vie de résistant. Il avait accompli son rôle, comme beaucoup d'autres, et n'aspirait plus qu'à retrouver un peu de paix.

Il avait commencé par faire ses adieux à Mrs Figg. Il était en effet resté en contact avec elle, et s'y était même attaché au fil de ses visites. Cette vieille folle de cracmole faisait les meilleurs sablés qui soient, et un thé mystère dont il n'avait pu, malgré ses innombrables tentatives, percer l'ingrédient secret. Isidore et Jelly n'avaient plus eu de chatons à partir du moment où le Serpentard avait lâché les fléreurs dans Londres, et ils se contentaient toujours de l'accueillir par un petit ronronnement bref mais affectueux.

Il lui avait expliqué les raisons de cet au revoir et, bien qu'elle en ait été attristée, elle avait accepté à défaut de comprendre son souhait.

Puis, Draco avait pris un portoloin créé par Dumbledore qui l'avait mené dans une clairière immense, perdue au fin fond du pays. Il s'était assis dans l'herbe, fixant le ciel, et avait tout simplement attendu.

Ils étaient arrivés par centaines, puis par milliers, nappant l'étendue vert clair de leurs corps en mouvement, telle une immense mer aux éclats multicolores, dans toutes les nuances allant du noir au blanc, passant par le cuivre et le doré se déclinants à l'infini. Dans les buissons, sur les plus hautes branches, ou simplement allongés dans l'herbe, ils l'avaient dévisagé dans un silence assourdissant, comme s'ils étaient surpris de ne pouvoir pour une fois deviner ses pensées.

Alors, Draco avait prononcé le contre sort. Dix neuf malheureux mots, qui libéraient enfin tous les fléreurs de leur enchantement.

Le son qui avait enflé dans la clairière à cet instant lui gonflait encore le cœur, un ronronnement puissant jaillissant de milliers de gorges. Un bourdonnement rempli d'affection, le plus beau son qu'il n'ait jamais entendu, qui s'était répercuté sur les troncs et avait fait vibrer le sol.

Puis, avec une synchronisation parfaite, la vague vivante avait reflué. En quelques bonds agiles, ils avaient disparu, un par un, partant à la recherche d'un humain à qui se lier où au contraire d'un endroit où vivre loin de la folie des hommes.

Et Draco s'était retrouvé seul…

« Qui étaient Isidore et Jelly? » Demanda Harry, tirant brutalement le Serpentard de ses souvenirs.

« Deux des chats appartenant à Arabella » Répondit Dumbledore

« Non, pas des chats » Le contredit Draco avec douceur « Des fléreurs… »

« Oh, je vois » souffla Harry.

Soudain, il sembla frappé par une révélation et son corps se tendit comme un arc. Il se tourna lentement vers le blond, par à coups, craignant visiblement ce qu'il allait voir. D'une voix où perçait un soupçon de terreur, il murmura

« Tu n'étais quand même pas… »

Le sourcil moqueur et l'assurance tranquille qu'il lut dans les yeux gris le firent vaciller et reculer d'un pas.

Durant la guerre, il n'avait pas fréquenté beaucoup de personnes, mis à part Ron et Hermione. Pourtant, comme tous, il avait appris à craindre cet homme si mystérieux, à la limite de la légende urbaine. Sa simple mention suffisait à rendre paranoïaque tous les camps, même l'Ordre dont il était pourtant partisan.

Cette silhouette vêtue entièrement de noir, gants de cuir et capuchon rabattu avait été sujet à cauchemars pour beaucoup. On disait de lui qu'il n'émettait pas un son en se déplaçant, ni froissement de tissus, ni bruit de pas, ni respiration. Plus silencieux qu'un détraqueur, plus effrayant pour beaucoup. Il apparaissait en général la nuit, dans des ruelles vides, mais il y avait toujours des gens pour l'apercevoir. Et avec horreur, les témoins voyaient son apparition entrainer celle d'espions innombrables, insaisissables.

Ils surgissaient de partout, des toits, des caves, des égouts, jaillissant des ténèbres là où il n'y avait rien la seconde d'avant, pour venir se frotter avec affection contre ses jambes ou se percher sur ses épaules. Ils ne miaulaient pas, comme des chats normaux, mais se contentaient de feuler doucement, en une menace continue, ne ronronnant que quand il passait ses doigts gantés de cuirs dans leur fourrure sombre.

A défaut de connaitre son identité, on utilisait son nom de résistant, toujours chuchoté, comme si l'on craignait d'attirer son attention sur soi en l'appelant trop fort. Celui dont la seule évocation entrainait immédiatement la dérangeante image de milliers d'yeux luisant dans le noir, de corps de velours aux crocs et griffes d'ivoire, guettant chaque fait et geste.

« …Shadow? » Termina Harry dans un souffle, stupéfait.

L'Ombre

« Il y a des noms qu'il vaut mieux ne plus prononcer Potter. Shadow est mort avec la guerre, oublie le » Lui répondit simplement le Serpentard avec un haussement d'épaule indifférent et un étrange petit sourire.

Ils se fixèrent longtemps, le brun visiblement hésitant alors que Draco soutenait son regard avec une assurance tranquille. Finalement Harry s'ébroua et se retourna vers Dumbledore, tentant de retrouver le cours de ses pensées initiales.

« Donc…Nous avons rendez vous avec un notaire en fin d'après midi c'est ça ? Il va venir à Poudlard ? » S'étonna Harry. Il plissa les yeux, suspicieux, devant l'air compatissant du directeur.

« Même si le notaire d'Arabella est un cracmol, après tout c'est un héritage sorcier, il est impossible de le faire déplacer jusqu'ici. Déjà qu'il a gentiment accepté de le faire jusque chez ton oncle et ta tante, pour 19 heures, je ne peux lui en demander plus » Refusa Dumbledore

« Hors de question » Se rebiffa le Gryffondor d'une voix polaire « Je prendrai une chambre dans un hôtel des environs, c'est tout »

« C'est impossible, tu le sais parfaitement. Dans le monde magique, les rumeurs se répandent plus vite que la poudre, et l'hôtel serait assailli, qu'il soit moldu ou pire, sorcier. Malheureusement, cet endroit est le seul où vous serez en sécurité, il est entouré de charmes de toutes sortes depuis seize ans » Expliqua patiemment le vieil homme.

« Nous ne pourrions pas rentrer dormir ce soir à Poudlard et repartir demain matin ? » Tenta quand même le brun, légèrement désespéré.

« Harry, nous ne sommes plus en temps de guerre. L'époque des portoloins créés dès que l'envie nous prenait est finie. Maintenant il faut remplir un nombre faramineux de documents avant de pouvoir en fabriquer un seul. Kingsley nous a permis de déroger exceptionnellement à la règle, nous ne pouvons pas lui demander en plus de le faire pour deux portoloins. Je n'ai à ma disposition qu'un portoloin programmé pour partir dès qu'on le touchera et vous ramener à Poudlard demain à dix huit heures précises. » Sa voix se radoucit, et il continua « Ce n'est que pour une nuit»

« Facile à dire » Grommela le survivant.

« Evidemment, si vous le souhaitez vous pouvez aussi ne pas assister à son enterrement et rester au château. Vous n'êtes en rien obligés de… » Précisa Dumbledore, mais il fut interrompu par Draco.

« Il est hors de question que je sois absent » Assena-t-il d'une voix sourde, apparemment scandalisé que l'idée ait même été évoquée.

Harry observa un instant la silhouette raide d'indignation du Serpentard et baissa les épaules, vaincu.

« C'est d'accord… » Soupira-t-il

« Bien ! » S'exclama le directeur apparemment satisfait « Dobby? » Appela-t-il.

Aussitôt l'elfe apparut dans un « pouf » sonore.

« Monsieur Dumbledore a appelé Dobby? » Se renseigna ce dernier, fixant le vieux sorcier avec admiration.

« Oui » Lui répondit ce dernier avec bienveillance « Pourrais tu je te prie demander à Blaise Zabini et Ronald Weasley de te donner des vêtements moldus et des tenues noires pour messieurs Potter et Malfoy ? C'est assez pressé, je compte sur toi pour faire au plus vite. »

L'elfe manqua de s'évanouir de bonheur à ces mots, mais se reprit et leur assura de sa voix nasillarde qu'il se dépêcherait. Il disparut de nouveau dans un bruit sourd.

Durant un quart d'heure, Harry garda un silence renfrogné, son regard noir oscillant entre le directeur manipulateur et Malfoy. Malfoy qui n'était autre que Shadow… Le brun avait beaucoup de mal à se faire à cette idée perturbante.

Pourtant, maintenant qu'il était au courant, il imaginait très bien la silhouette élancée du préfet, ses mèches d'or dissimulées par un lourd capuchon et ses longs doigts recouverts de cuir. Tout comme la vision de centaines de chats aux fantastiques capacités magiques le vénérant ne le surprenait en réalité pas plus que ça.

Quand l'elfe revint, tanguant sous le poids de deux sacs aussi grands que lui, l'un rouge et noir et l'autre vert émeraude, Harry s'était franchement déridé et n'observait plus le blond qu'avec curiosité. Il s'assombrit cependant un peu quand, passant la bretelle du sac sur son épaule, il vit Dumbledore leur désigner un livre sur les mœurs des Occamy, et dont la couverture s'ornait du dessin à demi effacé d'un serpent ailé, recouvert de plumes et possédant deux pattes semblables à celles d'un flamant rose. L'ouvrage luisait d'une légère lueur bleutée qui dénonçait le portoloin.

« Au moindre problème, envoyez-moi un patronus » Leur conseilla Dumbledore alors que les adolescents s'apprêtaient à poser la main sur le livre « Bon voyage messieurs »

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« Je hais les portoloins »

Ce fut le seul commentaire que lâcha Harry, tentant tant bien que mal de se dépêtrer du buisson -épineux- dans lequel il avait atterri, sous l'œil goguenard de Draco. Lequel était tranquillement appuyé contre la porte grillagée du petit parc où ils avaient pu apparaitre loin de tout regard moldu. Enfin, en théorie, car les jurons du brun étaient tout sauf discrets et finiraient bien par rameuter les curieux.

Exaspéré, Draco l'attrapa par le bras et tira un coup sec, le dégageant aussitôt du végétal un peu trop affectueux tout en y laissant quelques lambeaux de la robe du Gryffondor.

« Eeeh! » S'outra immédiatement le survivant « Ma robe! »

« Oh je t'en prie Potter, tu es sorcier! » S'agaça le Serpentard. Il sortit sa baguette, l'agita en marmonnant un « reparo » et le vêtement retrouva son aspect initial « Voila. On peut y aller maintenant? »

Boudeur, Harry acquiesça et sortit le premier du petit jardin. Draco prit le temps de lever les yeux au ciel avant de le rattraper.

« C'est la prochaine rue à droite » L'informa le brun en lui pointant la direction du doigt. Draco hocha la tête, avant de lâcher à contre cœur.

« Dis moi, il y a des choses à ne pas faire pour éviter de me les mettre à dos ? Pas que l'avis de moldus m'intéresse en réalité, mais autant passer ces deux jours dans l'ambiance la plus agréable possible »

Il avait grimacé tout le long de sa tirade, comme si la seule idée de rencontrer des moldus le révulsait. La réplique amusée du brun le prit cependant au dépourvu.

« Oh, ne t'en fais surtout pas pour ça, ils vont te détester »

« Et pourquoi ça Potter? » Demanda Draco, guindé.

« Parce que tu arrives avec moi.. »Répondit Harry avec un petit sourire mystérieux.

Il ne rajouta rien, à la grande frustration du Serpentard, et s'engagea sur l'allée de gravier du 4 Privet Drive.

Draco jeta un regard curieux à la maison, mais il fut déçu de voir que rien ne distinguait l'endroit où avait vécu le héros du monde sorcier du reste du quartier. Harry appuya sur la sonnette, et un son agressif déchira l'air.

Au bout de quelques secondes, des pas lourds se firent entendre derrière la porte, qui s'ouvrit sur un homme rougeaud, obèse, visiblement dépourvu de cou, une énorme moustache lui dévorant la lèvre supérieure et au regard porcin. Le moldu les dévisagea une seconde avant de purement et simplement leur claquer la porte au nez, si fort que cette dernière failli en jaillir de ses gonds.

« Toujours aussi agréable » Soupira Harry en remontant ses lunettes sur son nez. Draco, lui, se contentait de loucher sur le panneau de bois blanc sans comprendre. Stupéfait, il vit le brun se mettre à frapper contre la porte à grands coups.

« Soit vous nous ouvrez, » Commença Harry d'une voix forte « Soit je fais éclater la porte » Joignant le geste à la parole, il dégaina fluidement sa baguette.

Le préfet, un peu dépassé par les événements, eut le temps de voir une silhouette émaciée se découper dans l'angle de la fenêtre avant que la porte ne s'ouvre à nouveau et qu'ils ne soient happés dans la maison.

Vacillant, Draco observa ce nouveau décor. Ils étaient dans l'entrée, juste au pied d'un escalier qui devait mener aux chambres. Seules de rares photos de famille sagement encadrées et une marine venaient briser la blancheur des murs. Etrangement, il ne retrouva la silhouette ébouriffée de sa Némésis sur aucune. Sous les escaliers, se dessinait une petite porte de bois noir, surement celle d'un placard ou d'un débarras. Et juste là, se tenaient deux autres personnes. Une femme, aussi grande que l'homme mais d'une maigreur osseuse, au long cou. Il émanait d'elle une nervosité dérangeante, et son regard ne cessait de faire des allers retours entre les deux sorciers et la fenêtre dont les rideaux venaient d'être tirés.

Derrière elle, un sourire mauvais aux lèvres, se tenait un adolescent d'environ leur âge. Grand, au moins une tête de plus que Draco, il n'avait rien à envier en carrure à Crabbe ou Goyle. Il avait hérité du cou inexistant de son père et de ses yeux enfoncés dans leurs orbites et de sa mère une certaine nervosité à fleur de peau flirtant avec la violence. Le Serpentard sentit immédiatement que le cousin de Potter et lui ne seraient pas les meilleurs amis du monde, ne serait ce qu'à l'expression cruelle qui se peignait sur le visage du grand costaud alors qu'il le détaillait des pieds à la tête.

Les vociférations de l'oncle du Gryffondor détournèrent son attention des nouveaux venus. Etonné, il observa l'homme hurler, son visage atteignant des nuances de rouge qu'il n'aurait jamais cru humainement possible. En face de lui, Potter, plus petit de vingt bons centimètres et pesant le tiers de son poids affrontait sa colère avec impassibilité.

« COMMENT OSES-TU!?! » hurlait l'homme, et à la grimace de sa Némésis, Draco devina qu'il ne crachait pas ces mots qu'au sens figuré. « Sortir ton… truc alors que n'importe qui aurait pu te voir ! ET EN PLUS, TU VIENS HABILLE D'UNE ROBE !! IL EST HORS DE QUESTION QUE… » Il jeta un coup d'œil angoissé dans son dos et baissa la voix, comme s'il craignait que quelqu'un ne l'entende « Il est hors de question que quelqu'un pense que nous avons un quelconque lien avec des…déviants dans ton genre ».

« Vous n'aviez qu'à ne pas tenter de me laisser sur le palier. Vous pensiez quoi, que j'allais gentiment faire demi-tour ? Croyez moi, si je viens ici c'est vraiment parce que je n'ai pas d'autre choix. D'ailleurs je pensais que Dumbledore vous avait prévenus ? » Répliqua calmement Harry sans se démonter.

« Dumbledore… » L'homme sifflait ce nom avec une haine et un dégout palpable « Ah oui, le directeur de ton école de tordus… Cet imbécile nous a envoyé un mot, transporté par une chouette ! Une chouette, ici à Privet Drive, à dix heures du matin ! » Gronda-t-il.

« Il pensait bien faire » Répondit platement le brun en haussant les épaules.

Profitant d'une accalmie, Draco se rapprocha du Gryffondor et tendit une main décidée en direction de l'homme qui soufflait comme un taureau furieux. Parfois il se découvrait un courage dont il était le premier étonné.

« Je suis Draco Malfoy, un camarade de Potter. Enchanté de vous rencontrer » Il poussa même ses efforts jusqu'à leur faire un petit sourire crispé.

Avec surprise, il vit le moldu reculer d'un pas en fixant sa main tendue comme si cette dernière menaçait de se changer en vipère à tout moment. Puis, comme s'il commençait tout juste à appréhender sa présence, il se gonfla -littéralement- d'indignation.

« Et en plus, tu te permets de ramener un inconnu ? Ma maison n'est pas un hôtel !! Si tu penses que nous allons payer pour… » Commença-t-il.

« Je peux vous dédommager bien évidement » Tenta Draco, haussant un sourcil étonné. Un sourire en coin vint percer la carapace placide du Gryffondor devant cette mimique purement malfoyenne d'incrédulité.

« Vu sa façon de s'habiller, je suppose que c'est aussi un… Qu'il est comme toi ? » Grogna Vernon, que la mention de l'argent avait légèrement calmé.

« Oui, il est aussi sorcier, si c'est de ça que tu parles. Etant donné qu'il va aussi à Poudlard, cela me parait relativement logique » S'agaça Harry.

« ..! » Martela l'homme en scrutant les environs avec paranoïa.

« Au cas où quelqu'un viendrait coller son oreille contre la fenêtre c'est cela ? » Se moqua le brun.

« Monte dans ta chambre, et emmène ton ami avec toi » Ordonna l'homme, une veine palpitant sur sa tempe.

« Pas avant d'avoir terminé les présentations dans les règles » Refusa Harry « nous ne voudrions pas qu'un invité ait une mauvaise image de notre famille » Le dernier mot suintait d'une ironie mordante « Malfoy, je te présente mon oncle Vernon, ma tante Petunia et mon cousin Dudley. Bien, ceci fait, nous allons monter nos affaires. Vous déjeunez toujours à midi vingt je suppose? Je descendrai dans dix minutes mettre la table, je ne voudrais pas changer les bonnes vieilles habitudes» Se moqua t'il.

Puis, sans même attendre leur confirmation, il jeta son sac sur son épaule avant de monter les escaliers. Après un petit temps de réaction Draco l'imita.

Il retrouva le brun installé sur son lit, et il ferma la porte derrière lui. Il ne fit aucun commentaire sur la décoration austère de la chambre, ou plutôt la non décoration. Dans la petite pièce aux murs bleutés, on ne trouvait qu'un simple bureau, une armoire et le lit aux draps blancs sur lequel était assis Potter, lequel l'observait d'un air absent.

« Ils sont toujours aussi accueillants ? » Se moqua Draco pour briser le lourd silence qui s'installait.

« Seulement avec les sorciers » Sourit Harry

« Pourquoi ça ? Ils ont pourtant élevé un enfant sorcier, et pas n'importe lequel en plus » S'étonna le préfet.

« Oulah non. Ils ont supporté l'enfant anormal de parents décédés par peur du qu'en dira t'on. Me laisser mourir à l'âge de un an sur le pas de leur porte ne leur aurait pas posé de problème réel, si ce n'était celui d'une mauvaise réputation dans le voisinage. Mais en ce qui concerne la magie…Si Hagrid n'avait pas défoncé notre porte, je n'aurais jamais su que j'étais sorcier » Lui expliqua le brun.

Le silence s'installa, le Serpentard ne sachant trop quoi répondre à cela. Il se contenta de s'asseoir par terre, se servant du lit comme dossier. Puis, avec naturel, il posa sa tête contre les jambes du Gryffondor. Voyant que Potter ne réagissait absolument pas, il laissa sa tête basculer en arrière sur le matelas, la joue toujours appuyée contre le genou du brun. Il leva les yeux pour les poser sur le visage du survivant et lui fit un sourire en coin. Harry eut un petit rire et le sourire de Draco s'étira paresseusement. Pour le remercier, le Gryffondor passa délicatement sa main dans la chevelure pâle. Sentir les mèches si agréables et semblables à des fils de soie qui glissaient entre ses doigts, et ce malgré la formidable quantité de gel dont elles étaient imbibées, le fascinait.

« Tu as de beaux cheveux » Souffla justement le brun « Dommage que tu te sentes obligé de les noyer sous le gel » Ricana t'il.

« Excuse-moi ? » S'offusqua aussitôt le blond « Je te signale que ce « gel » me coute 37 gallions le pot ! Et sache que c'est le seul produit sur le marché qui me permette de ne pas ressembler à un épouvantard, ou pire, à toi, sans avoir pour autant la sensation que j'ai plongé dans un seau de colle »

« J'apprécie, merci » Se vexa Harry en fronçant le nez. Devant l'air sardonique du blond qui le fixait à l'envers, il lui tira la langue avant de reprendre d'un ton obstiné « Ca n'empêche pas que tu serais bien mieux sans. Honnêtement, on dirait que tu as un casque sur la tête. »

« Ma coiffure t'emmerde Potter » Répondit simplement Draco.

« Je m'en doutais un peu… » Sourit le Gryffondor « Bien, et si nous allions nous changer ? » Reprit il en se levant immédiatement, bousculant le Serpentard qui grogna.

« Je vais dans la salle de bain » Continua le rouge et or « Tu peux rester ici »

Et il sortit, son sac sur l'épaule. Grommelant toujours, le blond sortit de son sac la tenue que son meilleur ami avait choisit. Il grimaça, soudain encore plus conscient qu'il allait devoir passer deux jours avec des moldus, et enfila les vêtements en vitesse. Pantalon noir bien coupé et chemise émeraude, Blaise avait au moins le mérite d'avoir du goût. Il hésita une seconde, puis, avec un haussement d'épaule blasé, sortit sa baguette et jeta un sort. Le gryffy n'allait pas cesser de se moquer de lui, il s'en doutait parfaitement, pourtant il savait aussi que s'il ne tentait pas il aurait des regrets.

L'entrée de Potter, après avoir frappé, eut le mérite de le sortir de son débat intérieur. Apparemment, Weasley avait plus de goût que ce qu'il ne laissait voir. Il avait choisi un tee shirt bleu nuit, à manches mi longues et ornées de symboles celtes, et une horreur moldue noire nommée ''jean'' qui devenait soudain beaucoup plus intéressante, esthétiquement parlant, sur le corps du Gryffon.

« Tu portes bien le moldu » Reconnut à contrecœur Draco.

« Merci. Mais ces vêtements ne sont pas à moi. Sûrement un autre emprunt fait à l'armoire de ce pauvre Theo » Rit doucement le brun « Cela te va très bien aussi. Mais j'avais raison, tu es beaucoup plus beau les cheveux libres » Affirma t'il en dévorant du regard les cheveux mi longs, presque blancs, qui balayaient le visage pointu et se mouraient à mi-cou.

« Ca me gêne » S'agaça Draco en soufflant sur une mèche qui venait dissimuler ses yeux gris. Il eut un sourire carnassier en voyant Potter déglutir et sa nouvelle coiffure lui plut soudain nettement plus.

« Bref, je dois descendre mettre la table. Tu m'accompagnes ? » Demanda-t-il en se raclant la gorge.

Le blond opina et le suivit dans l'escalier. Ce faisant il put détailler Potter de dos, ce qui ne fit qu'accroitre sa reconnaissance envers Weasley et son jean.

-

Appuyé contre le mur, Draco observait Potter qui mettait le couvert avec une efficacité née de l'habitude. De temps à autre, il nommait pour le Serpentard les différents appareils moldus disséminés dans la pièce, lequel eut pour une fois l'amabilité de ne pas lui avouer à quel point il s'en fichait. Rien qu'à le voir sortir distraitement les assiettes du 'lave-vaisselle', babillant à propos de la nouvelle coupe du monde de quidditch, il ne pouvait empêcher une petite bulle de bonheur absurde de danser dans son ventre. Le fait de partager -oui bon, d'assister à- cet échantillon de la routine de Potter le réjouissait plus qu'il ne le pensait possible.

Grand seigneur, il accepta de remplir le pot d'eau pendant que le Gryffondor posait les verres.

Quand tout fut prêt, Harry alla chercher sa famille adoptive alors que le Serpentard s'installait déjà sans plus de manières. Amusé, il vit que si le brun s'asseyait à côté de lui, les moldus semblaient se tasser le plus loin possible d'eux. Draco attaqua la nourriture avec bonne humeur, sans se soucier du silence pesant qui régnait. Cependant, alors qu'ils en arrivaient à la fin du plat principal et que cela faisait donc dix-sept bonnes minutes que personne n'avait osé décrocher un mot, il se décida à engager la conversation. Il ne serait pas dit qu'un Malfoy n'était pas un invité courtois, même avec des moldus mal dégrossis.

« Ce repas est délicieux, vraiment » Voyant que les moldus refusaient obstinément de lui répondre, il insista.

« Potter ne m'a pas dit dans quoi vous travailliez. Pour avoir une aussi jolie maison vous devez être quelqu'un d'important » Les flatta-t-il d'une voix mielleuse. Observant les regards de son oncle et sa tante se radoucir, tout en restant suspicieux, Harry leva les yeux au ciel

« Je suis le directeur de Grunnings, une firme de vente de perceuses » Annonça fièrement Vernon. Draco hocha pieusement la tête, bien que n'ayant strictement aucune idée de la fonction exacte d'une « perceuse ». Le mot lui semblait plutôt angoissant en réalité. « Et que font les vôtres ? » Demanda agressivement l'homme à la moustache, ne pouvant visiblement pas s'empêcher un reste de politesse obséquieuse.

« Eh bien, père travaillait au ministère. Ma mère se contente de gérer les finances du manoir et d'assister à différentes réceptions mondaines » Répondit partiellement le Serpentard, ne souhaitant pas s'étendre sur l'épineux sujet paternel.

« Si c'est pas difficile de naitre noble et riche de nos jours» Ironisa Harry, en dédiant une œillade pétillante à Draco qui doucha chez lui toute trace de colère.

« C'est très dur, en effet » Répliqua le blond, pince sans rire, en accentuant le côté trainant de sa voix. Il sourit en voyant Potter camoufler un éclat de rire en toussant. Il eut la surprise, en se retournant vers la famille du survivant, de les trouver soudain beaucoup moins hostiles même si toujours méfiants. Voyant sa némésis lever à nouveau les yeux au ciel, il retint un rictus narquois. Vénaux en plus de tout, décidemment…

« C'est la première fois que je visite une maison moldue, c'est charmant » Réussit à mentir Draco sans grimacer. Petunia semblait ravie, mais son mari le dévisageait en fronçant les sourcils. Ce fut Harry qui résolut le problème.

« Moldu, une personne ne possédant pas de pouvoir magique » Lâcha-t-il distraitement. L'oncle se renfrogna immédiatement, tout en jetant un coup d'œil accusateur à son neveu.

« Vous savez, vous pourriez vous faire une fortune en mettant en vente des photos de chez vous ou quelques babioles. Des objets touchés par Harry Potter, tous ses fans se battraient pour les acquérir, même à des sommes folles » Ricana Malfoy. Il vit ledit Potter secouer la tête, l'air affolé, mais il était trop tard.

« De quoi tu parles ? » Se moqua Dudley, le dévisageant comme s'il était fou. Décidemment, la tête de ce porc humanisé ne revenait pas du tout au Serpentard. Il jeta un regard au Gryffondor, qui haussa les épaules en un « fais ce que tu veux, je m'en fous » silencieux et résigné.

« Vous devez être au courant que Potter est relativement connu dans notre monde non ? » S'enquérit Draco, poliment incrédule. Comme les moldus continuaient de le fixer d'un regard bovin, il se tourna vers le brun, l'air choqué « Potter, ils ne savent pas qui tu es ? »

« Ils ne m'auraient jamais cru de toute façon…Et puis ce n'est pas comme si c'était réellement important » S'agaça Harry avec un petit geste de la main.

« Dire que toutes les familles sorcières seraient prêtes à se trancher les veines pour t'avoir adopté des années plus tôt et que eux ne sont même pas au courant… » Souffla le Serpentard, stupéfait.

« Tu nous as caché de l'argent mon garçon ? » Gronda soudain Vernon, semblant se dilater de plusieurs centimètres sous la colère « Alors que tu sais parfaitement à quel point nous avons du nous saigner pour pouvoir payer ton éducation, tes frais et… »

« Je n'ai pas d'argent » Trancha Harry d'une voix polaire « Malfoy pourra vous le témoigner »

« Tout à fait » Mentit Draco avec aplomb, bien que déstabilisé par toute cette histoire.

Le repas se termina dans un silence pesant seulement brisé par le bruit des couverts.

A suivre

Note du champi : Voila voila rendez vous la semaine prochaine pour la suite de nos deux sorciers dans le monde moldu :p En ésperant que ce chapitre vous ait plu ^^

Encore merci à ceux qui m'ont laissé un petit mot 3

Temis