Disclaimer : Ils sont tous à JKR, sauf les nouveaux arrivants de ce chapitre

Couple : HPDM (enfin :p), BZTN

Dédicace : A la grande, l'unique, la fantastique Sean \o/ Merci de prendre de ton temps pour corriger ces textes bourrés de fautes et en faire quelque chose de lisible. Et merci surtout de me supporter sans râler de ton réveil aux heures tardives de la nuit XD Jte nem 33

A un bébé chat pas comme les autres, sans qui Belette n'aurait jamais existé :)

Note du champi : Voici le chapitre 8 ^^ Je suis encore en retard, je suis navrée v___v mais en contrepartie, vous verrez enfin un vrai rapprochement entre les deux (abrutis :p) nemesis dans ce chapitre. J'espere de tout cœur qu'il vous plaira.

Merci milles fois pour vos petits mots à toutes (tous ?), je ne sais pas comment vous dire à quel point je suis touché que d'autre personnes aime cette fic Donc merci à tous, nouveaux lecteurs ou anciens qui me suivent depuis le début.

Chapitre 8

« Bien, où allons-nous ? » Demanda Draco, marchant en arrière pour pouvoir regarder Potter. Ce dernier le suivait, quelques pas plus loin, tapant dans des cailloux avec un faux air boudeur.

Malfoy avait catégoriquement refusé sa proposition d'une après midi au calme, à se reposer dans sa chambre. A la place, ce maudit blondinet avait insisté pour faire un tour. Dire que Harry espérait secrètement reprendre leur intéressante conversation du matin, surtout la partie où le Serpentard était bien parti pour poser sa tête sur ses genoux. Ses genoux à lui !

Bref, extérieurement il pestait contre ce soi disant sang pur haïssant les moldus mais qui préférait passer l'après midi à visiter la ville moldue la plus banale qui soit plutôt que de passer un peu de temps seul avec lui. Pour une fois qu'il n'y avait personne pour les embêter.

Mais en réalité, il était indécemment heureux de l'initiative de sa nemesis. En toute honnêteté, s'il avait su qu'une idée aussi simple lui permettrait de voir le vert et argent comme ça, il aurait été le premier à la proposer. Car voir Malfoy en vêtements moldus, superbes d'ailleurs, dans une attitude contenue à la façon Malfoy qui, transposée à quelqu'un de normal, correspondrait à sautiller sur place, était déjà une vision des plus étonnante. Mais voir ce même préfet constamment détaché s'enthousiasmer de tout, allant d'une borne à incendie à une boite aux lettres, et lui poser des questions qu'il voulait indifférentes mais avec des pétillements plein les yeux était une des choses les plus attendrissantes qu'il ait jamais vue.

« Eh bien, sans argent moldu, on ne va malheureusement pas pouvoir faire grand-chose Malfoy. Sauf peut-être un tour dans un parc » Répondit platement Harry.

Le blond lui fit un sourire narquois avant de plonger une main dans la poche de son pantalon et d'en sortir un porte-monnaie. Vu la coupe dudit pantalon, il était physiquement impossible que l'objet s'y soit trouvé auparavant sans avoir été dissimulé par magie.

« Ouah, un Malfoy avec de l'argent, il faut que je trouve un endroit où m'asseoir avant de défaillir » Ironisa le brun « Mais pour être franc, si tu donnes des gallions à des moldus, tu risques d'être surpris par leur réaction »

Il eut droit au fameux regard noir made in Draco Malfoy, mais seulement en coin car il semblait se concentrer sur son portefeuille.

« Sache Potter, que cet objet est très utile. Il est créé par les gobelins de Gringott, et il connait les taux de change entre toutes les monnaies du monde à la seconde près » Tout en parlant, il sortait du petit bout de cuir des dollars, des livres, des euros, et d'autres pièces et billets que le Gryffondor fut incapable d'identifier. « Je te repose donc la question : Où allons nous ? » Ricana Draco.

« D'abord, tu vas ranger tout ça, on dirait un jeune mafieux » Rit Harry en voyant Malfoy faire jouer l'argent entre ses doigts « Bon, eh bien…Que penserais tu de… d'aller au cinéma ? » Proposa-t-il.

« Bonne idée ! » S'enthousiasma le blond en accélérant le pas.

Harry le rattrapa en courant, un sourire de gamin collé aux lèvres. Puis, après un silence alors qu'ils marchaient tranquillement, il lâcha, amusé.

« Tu n'as strictement aucune idée de ce qu'est un 'cinéma' n'est-ce pas ? »

« Absolument pas » Confirma Draco, adressant au Gryffondor un petit sourire malicieux.

Quand ils arrivèrent près du cinéma de Little Whinging, au coin de la place des magnolias, le survivant avait abandonné toute idée de discrétion et il observait avec tendresse Malfoy qui, tout à sa découverte, ne s'apercevait même pas qu'il monologuait depuis plus de dix minutes.

« Par là » Désigna Harry en pointant du doigt la foule qui se pressait devant les deux guichets « Bon, tu veux voir quoi ? » Continua-t-il, levant les yeux sur les affiches.

« Etant donné que je ne sais toujours pas ce qu'est un 'cinéma' je ne vois pas quoi te répondre. »

« Oh, en effet…Un cinéma en fait, c'est une salle avec un immense écran où il faut payer pour voir un film. Un film, c'est comme une photo sorcière, mais qui dure beaucoup plus longtemps, qui raconte une histoire et qui est accompagné de sons » Expliqua maladroitement le brun.

« Comme une grande télé ? » Demanda Draco, les sourcils froncés sous la concentration.

« Heu, oui » Acquiesça Harry, surpris « Mais…Tu sais ce qu'est une télé toi ? »

« Blaise en a une dans son appartement et il passe son temps devant » Grogna le blond réprobateur.

« Décidemment, les Serpentards sont pleins de surprises » Rit Harry.

« Et tu n'as encore rien vu… » Lui susurra Draco à l'oreille d'une voix sensuelle, ce qui eut pour effet immédiat de faire rougir le Gryffondor.

« Harry ?! » S'exclama une voix féminine et l'interpellé fit un bond sur le côté pour s'éloigner du reptile tentateur.

« Emily ! » La salua le survivant avec un petit sourire.

La jeune fille devait avoir leur âge. Les cheveux noirs et raides coupés en un carré court, ne dépassant pas le mètre soixante, elle semblait déborder d'énergie et de joie de vivre. Derrière elle, quatre personnes fixaient au contraire Harry d'un regard nettement moins ravi. En les apercevant, l'expression de surprise enjouée du brun s'assombrit.

Le reste du groupe les rejoignit, un sourire hypocrite aux lèvres. Un châtain, presque blond, aux yeux noirs, avec l'expression hautaine et sûr de lui des adolescents populaires. Pendue à son bras avec une mimique ennuyée, se tenait une grande blonde élancée, au physique avantageux mais visiblement aussi intelligente qu'un veracrasse. Juste derrière elle, une rousse, coulée dans le même moule, dévorait Harry des yeux. Ses cheveux lui retombaient en une lourde masse jusqu'au milieu du dos, dans une cascade brillante et ondulée parfaitement artificielle. Enfin, en retrait, un petit blond au regard fuyant tentait tant bien que mal de faire oublier sa présence.

« Bonjour » Les accueillit Harry d'un ton beaucoup plus crispé.

« Potter…Tu t'es enfui de ton lycée pour délinquants ? » Attaqua le grand blond avec un sourire mauvais. Le brun n'eut pas le temps de répondre, la brunette réglant le problème d'un violent coup de coude dans les côtes.

« Mike, tu es toujours aussi con » asséna-t-elle avec un mépris palpable.

« Tu me présentes ? » Murmura Draco à l'oreille de sa nemesis qui sursauta.

« Oh, oui bien sûr. Je vous présente Draco Malfoy, qui va aussi à… Saint Brutus » Il eut un rictus ironique en prononçant ce nom « Malfoy, voici des amis de primaire : Mike Stretton et Diana Withney, Jessie Abercrombie, John Emerson et enfin Emily Prescott. » Enuméra-t-il en désignant successivement l'abruti et sa blonde, la rousse, le fuyant et la petite brunette.

« Enchanté » Fit poliment le Serpentard, se rapprochant discrètement de Potter avec une expression possessive.

Aussitôt, il vit une lueur avide s'allumer dans le regard de deux des filles, qui vinrent se coller à lui.

« Tu vis loin d'ici ? » Minauda Jessie alors que Diana, qui s'était détachée de son ami pour l'occasion, battait des cils avec une moue qui se voulait séductrice.

Draco grimaça, tentant de défaire son bras de la prise de la rouquine, tout en essayant d'apercevoir par-dessus leurs têtes Potter que la brunette serrait dans ses bras avec affection. Mike lui, dardait de regards jaloux Malfoy, tout en insultant plus ou moins subtilement le brun qui l'ignorait royalement. Enfin, prudemment éloigné de la cohue, John faisait de son mieux pour devenir invisible.

Par-dessus les gloussements des deux groupies, le blond réussit à entendre ce dont parlaient Harry et son amie :

« Alors, vous allez voir quoi ? » Demandait le Gryffondor

« Oh, le nouveau film avec cet acteur allemand super mignon, dont je n'arrive pas à retenir le nom. On a réussi à y trainer les garçons, ils ont perdu à un pari et c'est eux qui payent le ciné ! » Se rengorgea Emily « Et vous ? »

« Pas ça » Trancha froidement Draco en se dégageant sèchement de l'emprise des deux moldues. Puis il se posta à côté de sa nemesis, les bras croisés sur le torse, l'air boudeur. Harry, qui avait observé stupéfait l'intervention du Serpentard, ne put se retenir et éclata d'un rire joyeux.

« On ne sait pas encore » Précisa-t-il à la brune qui les observait, étonnée. « Bon Malfoy, tu préfères le film d'action où le film d'horreur ? » Demanda le Gryffondor.

« C'est lequel celui avec l'acteur canon ? » Voulut savoir Draco, soupçonneux et grincheux.

« Le film à l'eau de rose » Se moqua Harry en jetant un coup d'œil à Mike qui grogna.

« Choisis alors, je m'en moque » Lâcha le blond en haussant les épaules.

« Bon ben on va aller voir le film d'action, je ne voudrais pas te terrifier, tu es tellement impressionnable… » Le railla le survivant avec insolence.

« On va voir le film d'horreur » Gronda aussitôt Malfoy, par pur esprit de contradiction.

Harry pencha la tête sur le côté et lui fit un doux sourire, tendre, qui déstabilisa totalement Draco. Puis d'un geste du menton, le brun lui désigna le guichet qui venait de se libérer. Les au revoir furent vite expédiés, Emily serrant une nouvelle fois Harry dans ses bras avant que Malfoy ne le lui arrache, agacé, prenant pour excuse de l'aider à commander les places. Pas vraiment une excuse d'ailleurs, car il n'avait aucune notion de ce qu'il devait faire pour aller voir ce 'film'.

Enfin seuls, le brun le força à acheter deux grands paquets de pop corn -apparemment une friandise moldue à base de maïs soufflé- et deux canettes de soda.

Ce ne fut qu'une fois installé dans un étrange fauteuil pliant en velours rouge, dans le noir, et que l'immense écran s'alluma, que Draco quitta enfin son expression boudeuse. Pour laisser place à une autre, clairement satisfaite, quand le Gryffondor posa négligemment sa tête contre son épaule.

-

« Monsieur Malfoy, veuillez signez en bas s'il vous plait. Vous aussi monsieur Potter »

Le notaire responsable du testament d'Arabella Figg, Mr Cromwell, était un cracmol au physique banal, plutôt agréable, et au visage doux. Il devait avoisiner les cinquante ans, son crâne commençait à se dégarnir, et il émanait de toute sa personne une compassion et une patience rare pour sa profession.

Ils étaient tous les trois rassemblés autour du bureau de Harry, protégés par un sort des oreilles indiscrètes des Dursley.

« Parfait »

Il reprit les papiers qu'il rangea dans son attaché case, avant de se diriger à nouveau vers l'étrange carton qu'il avait apporté avec lui. Les deux adolescents ne cessaient d'y jeter des coups d'œil curieux.

« Je dois vous avouer que depuis le temps que je fais ce métier, j'ai rarement vu d'héritages aussi fantaisistes. D'ailleurs, s'il s'était agi de quelqu'un d'autre qu'Arabella, je ne suis pas sûr que j'aurais accepté sa demande. Enfin bon… Monsieur Potter, ceci est pour vous »

Il sortit de la boite un épais livre à la couverture de cuir, entouré dans un plastique à bulles.

« Et ceci est pour vous » Continua-t-il en donnant le carton à Malfoy, qui l'attrapa maladroitement « Elle m'a aussi confié ces deux lettres, une pour chacun d'entre vous. Sur ce, je ne vais pas vous déranger plus longtemps et vous laisser découvrir tout ça en paix. Ce fut un honneur de vous rencontrer messieurs, ma fille est une de vos plus grande fan » Il eut un petit sourire que les deux garçons lui renvoyèrent.

Harry posa délicatement le livre sur son lit avant de raccompagner le notaire dehors. Draco décida de l'attendre et il posa son carton par terre, s'assit à côté et resta ainsi à le fixer, des centaines de suppositions se mettant à tourner dans sa tête. Mais quand Potter revint, il n'avait toujours pas trouvé le courage de l'ouvrir

« Toi d'abord » Chuchota-t-il

Harry hocha la tête et déballa avec précaution le livre usé. Interceptant avec amusement le regard avide du blond au sol, il lui fit signe de le rejoindre sur le lit, ce qu'il fit avec empressement.

Il l'ouvrit avec révérence, pour tomber sur un petit mot écrit à l'encre noire sur le papier jauni et craquant. Il reconnut l'écriture serrée, irrégulière de Mrs Figg

« A Harry Potter,

Un enfant magique, tout simplement

Arabella Figg »

Le brun eut un petit sourire ému, qui s'effaça lentement quand il eut tourné la page.

Là, face à lui, sur une photo aux couleurs passées, l'image figée d'un Harry d'à peine deux ans riait aux éclats en câlinant un chat à l'expression blasée. Juste en dessous, une autre le représentait profondément endormi sur le vieux canapé, roulé en boule sous une couverture en patchwork.

Le regard brouillé, il continua à tourner les pages. Devant ses yeux, il vit défiler des centaines de photos, plus ou moins nettes, plus ou moins bien cadrées. Faisant semblant de lire un énorme livre de cuisine aux environs de cinq ans, grignotant un sablé d'un air béat à six, ou jetant un regard noir à l'album photo des chats de Mrs Figg abandonné sur la table basse à huit ans. D'autres semblaient avoir été prises en cachette, et on le voyait essayer avec sérieux d'apprivoiser un écureuil dédaigneux en lui tendant un bout de biscuit ou revenir de l'école avec un cartable presque aussi grand que lui. Il reconnut même des photos très récentes, comme une de quatrième année où il dormait paisiblement sous la fenêtre du salon, camouflé par un buisson, après une heure à attendre en vain des nouvelles de la réapparition de Voldemort.

Les mains de Harry tremblaient quand elles effleuraient le papier glacé, ce trésor qu'il n'aurait jamais pensé recevoir un jour. Il avait fini par abandonner la possibilité d'avoir des photos de lui enfant. A part une petite poignée que lui avait offerte Hagrid, toutes celles prises par ses parents avaient brûlé dans la destruction de leur maison à Godric's Hollow. Et les Dursley n'avait même jamais pris la peine d'en faire. Mais là, devant ses yeux, il pouvait se voir grandir.

Oh, la majorité des photos n'étaient pas aussi joyeuses que celles du début. On y voyait un enfant malingre, à l'expression timide qui effleurait constamment la peur. Sur beaucoup, on le voyait en train d'observer son cousin avec envie et il jouait toujours seul. Une enfance triste et solitaire.

Mais c'était la sienne. Et pour cette simple raison, chacun des clichés lui semblait merveilleux. Même ceux si flous qu'on apercevait seulement une chevelure en pétard ou un bout de lunettes rondes.

Assis à ses côtés, Malfoy observait en silence les photos. Il était conscient que quand Potter l'avait invité à le rejoindre, il ne songeait surement pas que ce qu'il allait découvrir serait aussi intime, et il apprécierait certainement que le Serpentard le laisse les découvrir seul. Pourtant, il était physiquement incapable de détourner les yeux tant que le Gryffondor ne le forçait pas à le faire.

Il était absolument fasciné par le changement du personnage principal des photos. Il voyait évoluer en accéléré l'enfant heureux, inconscient du monde extérieur, avec une épaisse touffe de cheveux et d'immenses yeux verts, brillants de malice. Petit à petit, il l'observait grandir sans presque prendre de poids, lui conférant une silhouette de coton tige dont la maigreur lui serra le cœur. Le regard émeraude se ternissait progressivement au fil des pages alors que le sourire, même toujours présent, se hantait. Puis, alors que sa nemesis devait avoir aux environs de douze ans, il s'illuminait de nouveau.

Poudlard…

Il finit par se détourner, quand Harry referma l'album. Car si l'unique larme qui roula sur la joue du Gryffondor était belle, la façon dont il caressait le cuir de la couverture le bouleversait.

Il y eut un bruit ténu et Harry releva la tête, se séchant les yeux du revers de sa manche

« Malfoy…Ton carton a bougé » Commenta-t-il avec un petit rire éraillé.

« Ah oui, en effet…Je ne savais pas qu'elle possédait des objets sorciers » S'étonna Draco, la gorge sèche.

« Tu l'ouvres ? » Demanda Harry, impatient. Draco lui sourit, se leva pour aller s'asseoir en tailleur sur le sol. Comme Potter continuait à le fixer avec de grands yeux du haut de son lit, il lui fit un petit signe de tête. Ce dernier se précipita vers lui, presque à quatre pattes, avant de s'agenouiller à ses côtés. Quand Draco repoussa les battants du carton, le brun vint poser délicatement sa tête sur son épaule, incapable de réfréner plus longtemps sa curiosité.

Dans le coin du carton, à l'intérieur d'un petit panier en tissu au motif écossais, une petite boule de poils ramassée sur elle-même venait de redresser la tête sous le flot de lumière. Elle avait une queue en panache enroulée autour de son corps, ce qui la faisait ressembler à un écureuil, et de grandes oreilles surmontées d'un petit toupet de poils. Elle posait son museau taché de blanc sur d'énormes pattes pataudes, qui semblaient disproportionnées avec son corps souple, et les dévisageait posément de ses deux yeux immenses, d'un bleu pur. Un regard trop intelligent pour être un regard animal, et en même temps radicalement différent de celui d'un humain. Sa fourrure était courte, d'un roux étrange, surnaturel, une nuance oscillant entre le cuivre et le rouge métallisé. Quand il aperçut Draco, le félin se leva d'un bond et piaula.

« C'est adorable ! » S'extasia Harry « C'est un chaton ? »

« Non, un fléreur… » Répondit le préfet dans un souffle, alors qu'il attrapait délicatement le petit animal par la peau du cou.

Ce dernier ne protesta pas, se laissant faire avec un regard de pure adoration et de confiance absolu pour le Serpentard. Draco le posa au sol, et aussitôt le félin miniature se mit en tête d'escalader ses jambes croisées. Les deux humains observèrent sa progression chaotique avec amusement, alors que le fléreur s'acharnait et finissait par culbuter et se retrouver la tête en bas. Finalement, il réussit à se redresser et posa ses pattes avant sur le torse du blond, tendant son cou à l'extrême. Il eut un petit miaulement frustré et Draco sourit avant de se baisser légèrement. Il sentit une petite langue râpeuse lui lécher le menton avant que le fléreur ne se laisse retomber au sol avec satisfaction.

« Je peux le caresser ? » Murmura Harry, comme s'il craignait d'effrayer l'animal.

« Je t'en prie » Répondit distraitement Draco, occupé à ouvrir la lettre que lui avait remis le notaire.

Le fléreur se leva et, en un bond gracieux, il sauta sur les genoux du Gryffondor. Sa réception fut plus délicate, et Harry le rattrapa en riant. La petite boule de poils se lova dans sa paume en ronronnant et le brun enfouit son nez dans la fourrure rousse.

« Je crois que c'est la chose la plus mignonne que j'ai jamais vue » Souffla le survivant, fasciné.

« C'est le dernier chaton de Jelly et Isidore. Il est né mercredi dernier» Fit Draco d'une voix distraite. « D'après sa lettre, elle se doutait qu'elle ne vivrait plus longtemps car elle voyait ses fléreurs vieillir. Elle m'avait écrit cette lettre au cas où elle ne pourrait pas me l'offrir en main propre. Décidemment, jusqu'à la fin cette vieille folle n'aura jamais accepté le fait que je ne souhaite garder aucune de ses bestiole à mes côtés »

Draco replia le parchemin avec précaution, tendresse, et se tourna vers le petit fléreur. Ce dernier, captant immédiatement le regard de son humain, se tortilla dans la prise d'Harry, pour sauter directement dans les bras de son maître avec un miaulement ravi. Malfoy le gratta derrière ses immenses oreilles et le félin émit un ronronnement presque extatique. Harry observait le Serpentard, et ne put retenir un sourire attendri devant l'air grave du blond, un sérieux presque enfantin dans ses yeux gris alors qu'il fixait la petite boule de poils roux.

« Comment tu vas l'appeler ? » Demanda Harry, étrangement ému par la façon dont les doigts blancs passaient dans la fourrure cuivre, avec une sorte de vénération craintive.

« Oh. Et bien, poil de carotte, yeux bleus et aussi adroit qu'un veracrasse atteint de myopie, je pense que 'Belette' s'impose » Plaisanta Draco, la voix un peu trop rauque. Le fléreur releva la tête, les yeux brillants. Il poussa un petit miaulement joyeux avant de couler sa tête en ronronnant dans la main de son maître.

« Très drôle » Ironisa Harry.

« Sérieusement. Belette il restera jusqu'à ce que je lui trouve un nom approprié. C'est un surnom tout à fait adéquat je trouve » Affirma le blond.

« Belette ? » Rit Harry « Toi en train de câliner Ron…Vive l'image mentale »

Draco eut une grimace exagérée, écarquillant légèrement les yeux, mais il se reprit vite.

« Oui, bon finalement, non, belette est une trèèèès mauvaise idée. Je vais plutôt l'appeler Gabriel en attendant de lui trouver un nom définitif »

« Gabriel, un nom d'ange, rien que ça… »

Il se leva, s'étira avec un petit gémissement de bien être, attirant aussitôt sur lui le regard avide du Serpentard. Puis il alla s'asseoir en tailleur sur le lit, faisant jouer ses épaules pour en détendre ses muscles crispés.

« Gabriel ! » Appela-t-il alors avec un petit claquement de langue. Le fléreur leva paresseusement la tête, le fixa un instant de ses yeux trop bleus avant de les détourner dédaigneusement. « On dirait qu'il n'aime pas beaucoup son nouveau nom… » Commenta Harry, amusé par l'air snob qu'affectait soudain la petite boule de poil.

« Ou alors, c'est toi qu'il n'aime pas » Le railla Draco, retenant un éclat de rire quand il vit du coin de l'œil Harry lui tirer la langue, boudeur. « Gabriel » Fit il doucement. Le petit félin resta obstinément roulé en boule, seul le frémissement de ses immenses oreilles indiquant qu'il l'avait entendu. « Belette ? » Souffla le blond avec résignation. Aussitôt le fléreur sauta sur ses pattes, frémissant des moustaches et fixant Draco avec ferveur.

« Oh putain… » Jura le Serpentard à mi-voix. Harry eut un éclat de rire clair, allègre, avant d'appeler à son tour le fléreur d'une voix joyeuse. Le petit félin se tourna vers lui, l'air interrogateur, avant de sauter dans ses bras d'un seul bond, impressionnant malgré sa maladresse.

« Eh ben Malfoy, tu ne vas pas t'ennuyer avec lui ! Il a du caractère et il sait parfaitement faire respecter ses choix »

Draco pesta, grogna, avant de finir par se calmer. Son expression bougonne s'adoucit encore alors qu'il observait Harry jouer avec le fléreur qui, allongé de tout son long sur le dos, se laissait flatter le ventre en ronronnant comme un moteur et en lui donnant de temps en temps des petits coups de patte paresseux. Il s'approcha discrètement du duo avant d'appuyer doucement son épaule contre celle de Potter. Ce dernier se tourna vers lui, lui sourit calmement avant de revenir au petit félin qui piaulait, outré de se voir négligé ne serait-ce qu'une seconde.

Malfoy tendit à son tour la main, allant flatter le duvet doux et blanc du ventre du félin, s'amusant autant à ébouriffer la fourrure cuivrée qu'à effleurer les doigts de Potter.

« Il va falloir le cacher, sinon mes moldus vont piquer une crise » Lâcha simplement Harry.

« Hum » Approuva Draco.

Ils restèrent donc ainsi, en silence, assez longtemps pour que la pendule spartiate accrochée au mur disparaisse dans l'ombre.

Et quand la voix âcre de Pétunia Dursley se fit entendre de la cuisine, les appelants avec son amabilité habituelle pour le dîner, elle s'échoua sur les silhouettes de deux adolescents endormis, face à face, leurs doigts enlacés reposant sur l'échine d'un petit fléreur lové entre eux, ronronnant de satisfaction.

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C'est un bruit de chute, étouffé par la distance, qui tira Draco de ses réflexions.

Potter avait quitté la pièce cinq minutes plus tôt pour une expédition en cuisine. Ils s'étaient endormis et les moldus de Potter n'avaient pas insisté beaucoup pour les voir descendre manger. Résultat, il était une heure du matin et Draco mourrait de faim. Harry était donc parti en mission sauvetage. Il avait été affecté à la garde de Belette, le Gryffondor assurant que sa non connaissance du monde moldu pourrait les trahir.

Cependant, ce bruit étrange, qui ressemblait à s'y méprendre à Potter jurant à voix basse, était un prétexte parfait pour aller jeter un œil. Il poussa le petit félin sur le côté, lequel lui jeta un regard blessé avant de patouiller le matelas d'un air boudeur, d'enfouir son museau entre ses pattes et d'observer sa sortie d'un œil accusateur. Draco s'engagea dans les escaliers, grimaçant quand l'une des marches grinça sous son poids. Localisant enfin les chuchotements, il se pencha prudemment par-dessus la rambarde, veillant à bien rester dans l'ombre.

En effet, Potter était bien là. A ses pieds, les ombres éparpillées et biscornues de la nourriture qu'il était allé chercher s'étalaient aux quatre coins du hall.

Et, devant Potter, l'obligeant à se plaquer contre la porte du placard de l'escalier pour ne pas le toucher, se tenait Dudley Dursley. Dans la pénombre, sa silhouette semblait encore plus malgracieuse, plus massive. La lueur vacillante qui filtrait par la fenêtre de l'entrée éclairait de biais son visage ingrat, conférant à son sourire mauvais, dangereux, et son regard porcin l'apparence d'un masque difforme et cireux.

Pour entendre leur conversation, Draco dut se pencher un peu plus en tendant l'oreille.

« …dernière fois que je te le dis : Dégage ! » Grondait Potter entre ses dents.

« Non. Dis moi plutôt, depuis quand tu te tapes des blondinets ? Je ne te savais pas pédé cousin. Décidemment, tu accumules les tares… » Susurra doucereusement le moldu.

Harry essaya de se dégager d'un violent coup d'épaule qui ne fit même pas trembler la montagne humaine. Au contraire, ce dernier s'avança d'un pas et vint l'écraser contre la porte.

« Tsss, tu es bien remuant… Pour une fois que nous pouvons avoir une conversation entre cousins. Moi qui suis si gentil, je n'ai même pas prévenu mes parents que tu pillais notre frigo en plein milieu de la nuit ».

« Si tu savais à quel point je m'en fous » Cracha Harry sans se démonter à seulement quelques centimètres de son visage.

« Décidemment, cette école pour anormaux te fait enfler la tête. Je me souviens d'une époque où tu étais beaucoup plus docile… » Ses doigts épais vinrent agripper sa hanche droite, s'infiltrant sous son tee shirt sous les yeux horrifiés de Malfoy.

« Je vois que tu portes toujours ma marque. Je suis…flatté » Ricana Dudley.

« Si tu me touches encore, je te tue » Se contenta de lui répondre Harry, la voix si glaciale que Malfoy vit la silhouette épaisse du moldu reculer légèrement.

« Pourquoi ? C'est réservé à la tapette blonde qui t'attend dans ton lit ? Tu es un jouet fidèle à son maitre c'est ça ? » Se moqua Dudley, s'avançant de nouveau. Il attrapa au vol le poing qui allait s'écraser sur le coin de sa mâchoire, dans un réflexe impressionnant vu sa stature. Cette fois, il l'écrasa franchement contre la porte, les poumons de Harry se vidant avec un « ouff » audible.

« Lâ..che moi ! T'es malade ! » Haleta Harry en grimaçant.

« Il parait que tu es assez connu alors ? Mes parents n'ont parlé que de ça au dîner, et de l'argent que tu nous cachais. C'est quoi la vérité ? Tu te tapes le petit bourgeois et en échange il te couvre d'or ? Tu fais la pute de luxe maintenant cousin ? Ca ne m'étonne pas de ta part… Etant donné que je suis de la famille, j'ai droit à une démonstration gratuite non ? » Son sourire se fit encore plus malsain et il s'approcha encore. Draco eut juste le temps d'écarquiller les yeux, révulsé, avant de voir les lèvres du moldu effleurer celles de Potter.

Juste une seconde avant que Potter, d'un violent coup de hanche, ne le repousse assez loin pour pouvoir lui placer un coup de genoux bien placé. Dudley recula en jurant, et il s'apprêtait visiblement à frapper son cousin quand il stoppa net.

Il loucha sur la baguette enfoncée dans son cou et il recula prudemment, soudain terrifié. La silhouette de Draco se tenait là, menaçante, dans un silence encore plus effrayant. Il tenait si fort sa baguette que celle-ci vibrait légèrement, quelques ondulations d'énergie magique courant parfois le long du bois noir.

« Tu bluffes, vous n'avez pas le droit d'utiliser la magie devant des personnes sans magie ! » Couina Dudley à toute vitesse.

Quand Draco prit la parole, sa voix était d'un froid avoisinant le zéro absolu. Harry lui-même lui jeta un regard inquiet, reculant d'un pas devant le Serpentard étouffé par une rage glacée qu'il ne lui connaissait pas.

« Voila ce qu'on va faire. Plus jamais tu n'adresses la parole à Potter, tu ne l'approches pas non plus. Si jamais je te revois en train de le harceler, ou si la moindre rumeur me parvient, je te jure sur la tombe de mon père que je te castre et que je ferais de ta vie un enfer. Sauf si tu m'énerves vraiment, là je me contenterais de te tuer. Et ne t'avise pas d'imaginer, ne serait-ce qu'une seconde, que je bluffe. Crois moi, je n'hésiterais pas à t'abattre. Et en temps d'après guerre, ça serait tellement facile de faire passer ça pour le meurtre d'un de nos ennemis restants… » Il y avait tellement d'assurance, d'envie de meurtre dans les mots du sang pur que le moldu ouvrit de grands yeux. Il recula d'un pas, trébucha, et s'enfuit dans les étages à toute vitesse.

Malfoy abaissa sa baguette et il observa Harry, lequel se frottait les poignets avec une grimace douloureuse. Le brun releva la tête, posant sur lui un regard à la fois honteux et soulagé. Il s'avança un peu, s'approchant du Serpentard toujours tétanisé, tremblant de fureur contenue.

Draco sentait le bois de sa baguette gémir alors qu'il la serrait si fort que ses jointures blanchissaient. Il était dans un tel état de rage qu'il était incapable de se décider sur la conduite à tenir. Il voulait hurler, rattraper le moldu et le tuer, frapper Potter, pleurer, prendre Potter dans ses bras, tous ses désirs se mélangeant dans un tourbillon furieux qui le paralysait.

« Merci » Souffla Harry avec gratitude.

Il y eut un grognement d'animal blessé, le bruit sec d'une baguette chutant au sol, et la seconde d'après le brun se retrouvait de nouveau projeté contre la porte du placard, bloqué par le corps de Malfoy. Ce dernier tenait ses poignets d'une main de fer au dessus de sa tête et s'emparait de ses lèvres avec dureté.

Draco ne savait plus ce qu'il faisait. A cet instant, il avait haï Potter plus qu'il n'avait jamais détesté personne. Parce qu'il aurait pu se débarrasser avant de cet immonde pervers mais qu'il ne l'avait pas fait, parce qu'il ne semblait pas plus traumatisé que ça, parce qu'il le fixait avec affection mais que pourtant il ne lui appartenait pas. Alors il l'avait embrassé, parce qu'il tenait beaucoup trop à lui pour pouvoir faire autre chose.

C'était un premier baiser qui était très loin de l'idée qu'il avait pu s'en faire. Apre, violent, amer, un concentré brut de jalousie et de possessivité. Il mordait plus qu'il n'embrassait, ses dents meurtrissant les lèvres fines alors que sa langue avait forcé le passage pour dominer complètement sa jumelle. Il se pressait désespérément contre le Gryffondor, l'écrasant sans délicatesse contre le placard, furieux de s'apercevoir que malgré tous ses efforts ils continuaient à être deux personnes distinctes. Il ne voulait plus jamais perdre le contact de ce corps dur abandonné contre le sien, de ces lèvres douces qui recevaient sa fureur avec une résignation passive.

Un baiser au gout métallique. Un baiser au goût de Potter. La sensation la plus affolante, enivrante, qu'il n'ait jamais connue.

Mais après de longues minutes, sa rage finit par refluer, aussi brutalement qu'elle était arrivée. Il abandonna les lèvres meurtries et laissa tomber son front sur l'épaule du Gryffondor, le souffle court.

Horrifié, il s'aperçut qu'il venait de se comporter exactement comme l'abruti de cousin moldu. Il avait embrassé Potter de force…Il ferma les yeux, soudain terrifié à l'idée de croiser le regard émeraude. A cause d'une jalousie aussi stupide qu'injustifiée, il avait blessé Potter et brisé définitivement le rapprochement fragile qu'ils partageaient depuis quelques temps. Perdu dans ses pensées moroses, il ne s'aperçut même pas qu'il avait relâché les poignets fins, ni qu'il tremblait d'angoisse.

« Malfoy ? » Murmura Harry, d'une voix enrouée.

Le blond eut un gémissement douloureux et enfouit plus profondément son nez dans son cou, refusant obstinément d'affronter Potter. Il se tendit brutalement quand une main douce vint se poser sur son menton. Il releva la tête, les yeux toujours clos alors que la main du Gryffondor remontait pour venir se lover sur sa joue en un frôlement aérien.

« Eh, Malfoy… » Chuchota doucement Harry, avec inquiétude.

Alors seulement il décrispa les paupières. Il eut le temps d'apercevoir durant une fraction de seconde le regard émeraude, brillant d'affection, avant que Potter ne pose doucement ses lèvres contre les siennes. Les doigts du brun quittèrent sa joue pour se poser sur sa nuque, jouant calmement avec les mèches claires. Le baiser était chaste, aussi tendre que le premier était violent, trop pour le Serpentard qui eut un sanglot étranglé.

« Je suis désolé » Souffla Draco, alors qu'il se séparait de Potter pour poser son front contre le sien.

« Pourquoi ? Il n'y a pas de raison » Sourit Harry, picorant à nouveau ses lèvres avec malice.

Soulagé, Malfoy se laissa faire en riant, stupidement heureux. Ses mains allèrent s'ancrer sur les hanches du Gryffondor avec une douce possessivité. Devant son sourire fier, Harry eut à son tour un éclat de rire et lui tira la langue avec espièglerie. Narquois, Draco l'attrapa délicatement entre ses dents, avant d'approfondir le baiser et de le plaquer à nouveau contre la porte du placard, mais avec nettement plus de douceur. Il sentit Potter se couler littéralement contre lui et il referma ses bras autour de la taille fine alors que ceux du Gryffondor s'enroulaient autour de son cou.

Aucun des deux ne put dire combien de temps ils restèrent ainsi, mais un petit miaulement désespéré provenant de l'étage finit par les sortir de leur transe. Contrarié, Draco vit Potter se dégager de leur étreinte avec un petit sourire contrit alors que lui-même répugnait à s'écarter du corps chaud et des lèvres trop douces du Gryffondor. Il observa Harry ramasser sans un mot la nourriture au sol, puis monter les escaliers en silence.

Draco l'imita, et quand il ouvrit la porte de la chambre il s'arrêta sur le seuil.

Assis par terre, Harry était en train d'organiser les différents aliments avec enthousiasme, semblant ravi de ce petit pique nique nocturne. Assis à côté de lui, Belette déchiquetait une tranche de jambon avec ses petites dents ivoires que Draco savait assez tranchantes pour percer du métal.

Soudain, l'atmosphère intime de la petite chambre le prit à la gorge, l'étouffant. Il se demandait ce qu'il faisait là, ce qu'il faisait avec Potter. Ce qui lui aurait parut naturel quelques jours plus tard lui paraissait soudain angoissant, terrifiant, anormal. Ce qu'il se passait avec Potter était complètement fou, c'était beaucoup trop rapide. Incompatible avec leurs natures respectives. Potter et Malfoy avaient toujours étés faits pour se haïr, pas pour se…

Suffoquant, il recula d'un pas, ses mains se crispant sur le chambranle de la porte.

Le bruit alerta Harry qui releva la tête, le regard interrogateur. En l'apercevant, il s'adoucit et il lui sourit doucement, tendrement.

Alors, les choses se remirent en place naturellement dans l'esprit de Draco. Ses questions s'évaporèrent, sa peur aussi, ne laissant place qu'à un bien être aussi inédit qu'agréable. Il se laissa tomber sur le parquet en essayant au maximum de conserver sa dignité. Tâche difficile quand on mangeait des aliments divers et variés avec les doigts, assis à même le sol.

Puis le brun essaya de lui faire gouter des choses étranges ou des choses non identifiées. Au début, Malfoy se récria beaucoup, refusant tout net. Puis le Gryffondor se fit enjôleur, usant d'arguments très convainquant.

Ils finirent leur soirée à se câliner paresseusement, Draco profitant honteusement de chaque point faible qu'il parvenait à découvrir chez le brun pour lui tirer une palette de sons tout à fait fascinante. Pour l'instant, il avait recensé les côtes, qui tiraient une sorte de ronronnement lascif de Potter à chaque fois qu'il les effleurait, la gorge, juste au niveau de la jugulaire, qu'il aimait beaucoup mordiller et la peau fine sous l'oreille gauche qui le faisait soupirer. Mais pour l'instant sa trouvaille préférée restait sans conteste le creux des reins qui faisait gémir doucement Harry chaque fois qu'il les caressait. Draco en avait tellement abusé que le brun ne rougissait presque plus de sa réaction. Presque.

Le tout sous le regard blasé et vexé d'un petit fléreur, consigné depuis la fin du repas dans un coin de la pièce après qu'il eut voulu jouer avec eux. Il grignotait avec morosité un bout de viande froide, jetant sur les deux humains des regards accusateurs qui ne culpabilisaient en rien son maitre indigne.

Ce fut quand le réveil que Ron, prévoyant, avait glissé dans son sac annonça aimablement à Harry qu'il était exactement trois heures vingt sept que le brun se releva d'un coup, horrifié en calculant qu'il devrait partir pour l'enterrement dans exactement cinq heures trente. Le Serpentard au sol roula sur lui-même, grondant de frustration, et fusilla des yeux l'objet magique que ce foutu rouquin s'était senti forcé de refiler à Potter rien que pour gâcher son plaisir. Il se tourna sur le dos, les yeux perdus dans le plafond blanc, fixant une lézarde dans le plâtre avec désespoir quand la voix de la seconde source de son malheur lui rappela qu'il devrait se dépêcher de se changer.

Draco fit dévier son regard songeur sur la silhouette délicieusement débraillée de Potter, ses lèvres rougies, ses cheveux encore plus en bataille que d'habitude et son jean déboutonné, exploit dont il n'était pas peu fier et qui devenait encore plus fantastique maintenant que son propriétaire en position verticale ne se rendait absolument pas compte de la façon affolante dont il tombait sur ses hanches, dévoilant un peu plus de peau à chaque pas.

Finalement, il y avait du bon à cette soirée concéda Draco en sautant presque sur ses pieds, les yeux rivés avec avidité sur Potter qui, torse nu, se battait pour faire passer sa tête dans le col de son tee shirt.

Draco eut un rire de gorge, tendre et chaleureux, et Harry même aveuglé se tourna vers lui pour en comprendre la raison. Le blond s'approcha et, avec délicatesse, l'aida à se dépêtrer de l'encombrant bout de tissu. Puis, le tirant à lui par l'avant de son pantalon, il l'embrassa à nouveau, lentement, profondément, le mettant au défi de l'abandonner encore pour une insignifiante question d'heure.

Mais Potter répondit au contraire au baiser, venant enfouir ses mains dans ses cheveux avec douceur. Draco, satisfait, finit par s'éloigner du brun, juste assez pour pouvoir lui parler mais assez peu pour pouvoir laisser courir ses mains sur les abdominaux séduisants qu'on avait naïvement promené sous son nez.

« Maintenant, la seule question importante Potter c'est : je dors où ? » Demanda Draco en le fixant avec sérieux.

Evidemment, lui savait parfaitement où il aimerait passer la nuit. Mais il n'avait pas envie de forcer le Gryffondor et il accepterait sans broncher de dormir sur le canapé ou un matelas. Mais apparemment une idée pareille n'avait même jamais effleuré le Gryffondor qui lui répondit d'une voix interloquée.

« Avec moi bien sûr. Où d'autre ? » Demanda-t-il, perplexe.

« Je ne sais pas… » Esquiva Draco, ne souhaitant pas pousser sa générosité jusqu'à donner de mauvaises idées au brun « Allez, change toi maintenant, où tu risques de me faire honte demain en t'endormant à l'église »

Harry se remit immédiatement à fouiller son sac. Le blond observa encore un instant l'alléchante image d'un Potter à demi nu et penché en avant, enregistrant dans un coin de sa mémoire les hanches dénudées, le creux des reins si tentant, les cicatrices qui le fascinaient tant et le petit magyar qui semblait lui faire de l'œil du haut de son omoplate, là où il savait la peau si lisse et douce. Puis, secouant la tête, il se résolut à se changer aussi.

Il se déshabilla avec efficacité, enfilant rapidement l'ensemble de soie noire qu'il portait les rares fois où il était obligé de porter un pyjama. Il se retourna pour tomber sur un Potter en caleçon et tee shirt trop large de la teinte exacte de ses yeux qui le fixait d'un air gourmand. Il lui tira la langue, gêné, et Harry éclata de rire.

« Allez, au lit, je vais éteindre la lumière » Lui ordonna le brun avec un sourire en coin, se dirigeant vers la porte avec assurance. Assis en tailleur sur la couette blanche, Draco fixa d'un air rêveur les longues jambes musclées jusqu'à ce qu'une obscurité soudaine l'en empêche.

Alors il se glissa sous les draps, sentant presque immédiatement un poids le rejoindre. Il se renfrogna en remarquant que Potter semblait vouloir lui laisser un maximum de place, se collant contre le mur. Sans un mot, il l'attrapa par la taille et le tira à lui, l'enfermant dans une étreinte possessive.

« Heu…On risque d'avoir un peu chaud comme ça… »Fit remarquer Harry. Draco le relâcha, s'éloignant légèrement, mais aussitôt le brun referma farouchement ses bras autour de lui « On ouvrira la fenêtre. Ou, au pire, on retirera des fringues » Termina Harry.

« Je préfère de beaucoup cet état d'esprit Potter » Susurra Draco.

Il y eut un silence paisible, seulement entrecoupé du froissement des draps alors que Harry cherchait une position agréable. Il ne fut satisfait qu'une fois leurs jambes entremêlées, sa tête blottie dans le cou de Malfoy et sa main posée sur sa hanche gauche.

« Dis-moi Potter… » Commença Malfoy d'une voix sérieuse qui inquiéta soudain Harry « …Cet acteur allemand là, dont te parlait la moldue, il était vraiment mignon ? Je veux dire…plus que moi ? »

De nouveau le silence s'étira durant quelques secondes, le temps que Harry comprenne ce que lui demandait le blond sublime allongé à coté de lui. Il se mit à rire, incapable de s'arrêter, jusqu'à ce que Draco lui pince la taille, vexé.

« Ce n'est pas drôle »

« Oh, si crois moi, c'est à mourir de rire » Hoqueta Harry.

Puis il se tut, s'amusant à sentir la frustration de Malfoy augmenter de seconde en seconde.

« Alors ? » Lâcha sèchement le blond.

« Il est très mignon » Concéda Harry.

Le brun entendit Draco grommeler quelque chose qui ne devait pas être très élogieux pour ce pauvre acteur dont il ne parvenait même pas à se rappeler le visage.

« Mais tu es mille fois mieux » Souffla Harry, cajoleur, juste au creux de l'oreille de son Serpentard susceptible.

Ce dernier se détendit instantanément, soulagé de cette question idiote qui l'avait harcelé toute la journée. Il resserra sa prise sur la taille fine du Gryffondor, simplement heureux de le sentir sourire doucement contre son cou.

« Bonne nuit Potter » Murmura-t-il finalement en l'embrassant sur le front, enfouissant son nez dans ses cheveux à l'odeur de menthe piquante qu'il aimait tant.

« 'nuit » Répondit vaguement Harry, déjà pratiquement endormi.

Draco eut juste le temps de voir une petite silhouette sauter sur le lit, malaxer un moment l'édredon et se rouler en boule à son pied et de l'entendre ronronner de bonheur avant de s'endormir à son tour.

A suivre

Note du champi : Voila voila ^^ Il ne reste plus qu'un court chapitre, et, peut être, un autre avec lemon (si j'arrive à l'écrire XD).

Merci de toutes vos reviews (déjà 81….Vous êtes fous oO), et j'espère que cette fic vous plait toujours .

Temis