Bonjour à tous!! Comme vous le voyez, me voilà de retour pour un nouveau chapitre!! Et quel chapitre... Dans lequel une petite chose sera dévoilée... Je n'en dit pas plus... Je tiens aussi à remercier Essaidel et Seamrag pour leurs reviews, ça m'a fait très plaisir, et pour répondre à leurs questions:
Essaidel: Oui, Sevy a toujours la classe. Pour t'être demandée comment Will a pu passer inaperçu, je dirai qu'il est assez facile de ne pas attirer l'attention en respectant premièrement le règlement (pas de retenue, pas de point enlevé), ensuite en ayant des notes moyennes dans toutes les matières, cela n'attire pas vraiment le professeur (car l'élève se tient dans la moyenne, arrive donc à suivre, et ne possède pas de difficulté première), ensuite, pour les devoirs, si tout les professeurs font comme McGonagall et pensent que soit Will et nouveau, soit qu'il appartient à une autre maison, la chose est gérable. Voilà, j'espère t'avoir bien répondu.
Seamrag: Comme tu as du finir par le déduire, Will Murray a 17 ans. Le fait qu'il parle comme ayant l'air de sortir d'une université de litté, comme tu dis, viens sans doute du fait (comme le personnage le dira lui-même dans un prochain chapitre) qu'il a été obligé de grandir trop vite, pour apprendre rapidement à cacher son secret. Un esprit d'adulte dans un corps d'adolescent si tu veux.
Chapitre III
De la dangerosité de vouloir prendre une douche
Je n'ai pas dormi de la nuit. Étendu dans le noir sur mon lit, je repense à ce qui s'est passé hier. Sans cesse dans mon esprit repasse la même action : le moment où mon regard et celui de Snape se sont croisés. Il m'a vu. Pas comme les autres élèves ou professeurs me voient, pas seulement un regard qui glisse sur moi sans réellement prendre connaissance de ma présence. Non, cet homme m'a vraiment vu, j'ai senti son regard me brûler. Je suis inquiet. Pire, j'ai peur. Ce n'est pas le fait que le professeur m'ait remarqué qui m'inquiète mais plutôt ce qui pourrait advenir de ce constat.
À Poudlard, les avis sont partagés sur le professeur Severus Snape. Tout le monde sait qu'il est un ancien Mangemort. La question est : « Est-ce qu'il l'est vraiment ? ». Beaucoup d'élèves pensent (et sont même persuadés) qu'il n'a jamais cessé de l'être. Pour ma part, je ne sais pas trop quelle opinion donner là-dessus. En fait, je n'y ai jamais réellement réfléchi. Je crois que j'aurai dû. S'il était toujours un Mangemort ? S'il m'avait reconnu ? S'il avait le rapprochement entre moi et… ? S'il en parlait à Lord Voldemort ?
- Paska (1)! m'exclamais-je en me relevant brutalement sur mon lit.
Il faut que je réfléchisse, calmement. Dois-je partir de Poudlard, changer de collège, ou au contraire faire comme si rien ne s'était passé pour ne pas éveiller les soupçons ? Je pense opter pour la dernière solution. De plus, le professeur Snape a beaucoup de défauts mais on peut au moins lui accorder une chose : il est très intelligent. S'il décide de parler de moi à Voldemort, dans le cas où il est toujours de son côté, il s'assurera que cela vaut vraiment le coup et voudra être sûr de lui. Il ne peut pas se présenter devant le Lord Noir sans preuve, sinon il aurait affaire à de terribles représailles. Donc, si je ne lui donne pas le loisir de ce poser plus de question sur moi, il abandonnera. Si je m'enfuis, il saura en revanche qu'il y a quelque chose qui cloche.
Je regarde ma montre, 5h00 du matin. J'ai encore beaucoup de temps devant moi avant le petit-déjeuner et je compte bien en profiter. Je mets ma robe de chambre et prends mes vêtements. Une virée dans la Salle de Bain des Préfets m'aidera à me détendre. Je sors de ma chambre en vérifiant qu'il n'y a personne. Je sais qu'il est peu probable que je rencontre quelqu'un à cette heure mais je préfère me méfier. Je commence à remonter lentement le couloir, essayant en même temps de faire retomber ma tension en respirant profondément quand soudain, je l'entends. Cette voix dont j'avais espéré idiotement qu'elle ne prononcerait jamais mon nom.
- Murray !
Le professeur Snape s'était trouvé par hasard (si, si, je vous assure) dans le couloir réservé aux dortoirs des Préfets. Il se trouve qu'il devait passer par là pour ensuite rejoindre l'escalier descendant aux cachots. Et c'est justement là où il se rendait après avoir été convoqué à un rassemblement de Mangemorts. Il avait vu Will sortir de sa chambre et s'était aussitôt immobilisé. Il avait observé le garçon regarder si personne d'autre que lui n'était présent dans le couloir, tournant sa tête à droite, puis à gauche, faisant voler ses cheveux noirs défaits. Il avait un port de tête altier, une allure toute aristocratique qui n'aurait pas dépareillé dans une famille de Sang Pur. L'occasion était trop belle, il n'en aurait peut-être pas d'autre. Il l'avait interpelé. Le garçon s'était aussitôt figé.
- Oui, professeur ? demandais-je d'une voix calme, le plus poliment possible, tournant toujours le dos au professeur en question que je sentais approcher derrière moi.
Le professeur tiqua en entendant cette voix. Elle était sensuelle mais ne semblait pas naturelle. Le garçon essayait de masquer tant bien que mal un accent, il avait tendance cependant à rouler les « r ».
- Puis-je savoir ce que vous faites hors de votre chambre, à une heure pareille Murray ? questionna Snape.
- Ma foi professeur, je me dirigeais simplement vers la Salle de Bain, répondis-je.
- Murray, j'apprécierai que vous me regardiez quand je vous parle. Je retire 15 points à Gryffondor pour irrespect envers un professeur. Maintenant, retournez vous !
Je m'exécute, lentement, la peur au ventre. Lentement, je fais face au professeur. Lentement, je lève mes yeux vers lui.
Le professeur dévisagea ouvertement Will. Il fut surpris de voir le garçon si paniqué alors que la veille, celui-ci faisait tout pour paraître indifférent au monde qui l'entourait. Le jeune homme qu'il avait devant lui reflétait la peur à tous ses niveaux. Son souffle était irrégulier, ses lèvres tremblaient légèrement et sa poitrine se soulevait rapidement au rythme de sa respiration saccadée. Une minute… comment ça, sa poitrine ? Le professeur y regarda à deux fois mais dû bien constater qu'il ne s'était pas trompé. Le jeune homme possédait bien des attributs dont il n'aurait pas dû être pourvu. Snape revint sur le visage du garçon. À bien y réfléchir, maintenant qu'il l'observait de plus près, ses traits paraissaient plus que féminins. Ses yeux descendirent jusqu'à sa gorge où il put constater que la pomme d'Adam de Will était moins prononcée que chez tout homme normal. La vérité lui sauta soudain aux yeux.
- Murray, lâcha le professeur abasourdi dans un murmure, vous êtes… une fille ?!
Dans une autre circonstance, j'aurais pu trouver cette tirade drôle car elle n'était pas sans me rappeler ce que Ron avait dit à Hermione lors de notre quatrième année lorsqu'il avait voulu l'inviter au bal. Mais à ce moment-là, j'avais plutôt envie de pleurer que de rire. J'avais vu le visage du professeur passer de la colère à la surprise mais avais continué à espérer que ce n'était pas pour ce que je croyais. Je me trompais. Cela arrivait souvent en ce moment.
Quoiqu'il en soit, maintenant, je suis vraiment dans la merde. Il faut absolument que je trouve quelque chose pour me sortir de là. Dans cette situation, il n'est malheureusement plus la peine de nier. Certains détails de mon anatomie m'empêchent de contrarier le professeur. Oui, je suis une fille. Qu'est-ce que je dois faire ? En appeler à sa pitié pour le supplier de ne répéter ça à personne ? Non, ce n'est pas du tout le genre d'homme à être clément. Avec lui, c'est plutôt la loi du plus fort qui prime. Je dois être plus fort, je veux dire plus forte, que lui.
- Je vous déconseille de répéter à quiconque ce que vous avez vu ce soir, dis-je avec l'air le plus menaçant que je pus.
Je n'aurai même pas convaincu un Veracrasse avec ma voix tremblotante. Ma voix. Instinctivement, je porte ma main à ma gorge. Cela me fait bizarre de m'entendre m'exprimer de nouveau, après tant d'années, avec ma vraie voix. Le professeur est tout aussi surpris d'entendre une voix hautement plus féminine et avec un accent nettement plus prononcé sortir d'entre les lèvres de la personne qu'il croyait être un garçon il y a encore cinq minutes. Il reprend cependant vite ses esprits en se rendant compte de ce que vient de lui dire l'ex jeune homme et désormais jeune femme.
- Rassurez-moi Miss (il accentua fortement sur ce mot) Murray, vous ne seriez pas en train de me menacer par hasard ? demanda-t-il d'une voix doucereuse.
- Ce n'est rien de moins qu'un conseil professeur. Il vaut ce qu'il vaut, mais je vous serez gré de le suivre, lui répondis-je.
- Vous n'êtes pas en position de me dicter ma conduite Murray. Maintenant, j'aimerai connaître les raisons de ce… travestissement si j'ose dire. Je doute que cela soit seulement pour vous rincer l'œil sans éveiller les soupçons quand vous êtes dans le dortoir des garçons, ajoute le professeur avec un rictus mauvais.
- Vous semblez bien au courant de ce genre de pratique professeur.
Non mais quelle conne ! Qu'est-ce qui m'a pris de dire un truc pareil ? S'il y a deux secondes je pouvais encore espérer convaincre Snape de ne rien répéter, maintenant c'était mort. Il me lance un regard assassin. S'il avait des baguettes magiques à la place des yeux, je me serai faite avadakédavraisée (je n'aimerai pas le conjuguer au passé simple ce verbe) sur place. Il sait que j'ai peur de lui en ce moment. Il sait qu'il est supérieur à moi, et ça le rend encore plus désagréable et arrogant que d'habitude.
- Encore 15 points en moins pour Gryffondor Murray, se contente-t-il de dire d'une voix remarquablement calme. Maintenant, vous allez me suivre.
- Où ? lui répliquais-je sur la défensive.
- Chez le Directeur Murray. Je suis sûr qu'il sera plus qu'intéressé par vos… activités.
Oh non ! Pas chez Dumbledore. Il n'aura aucun mal à me faire parler. En un sens, je crois bien qu'à ce jeu là, il est pire que Snape. Je réfléchis à toute allure. Il faut que je trouve au moins un moyen de ne pas me retrouver en face de Dumbledore, on verra après pour le professeur de potions. Qu'est-ce que je peux bien raconter comme mensonge au Directeur qui soit assez vraisemblable pour qu'il me croit et me laisse en paix ? Que je suis une travestie ? C'est un peu excessif. Même s'il a un grand respect pour les gens, cela sera peut-être un peu dur de lui faire avaler ça.
Soudain, c'est l'illumination. Je suis touchée par la grâce, bénie des dieux, envahie par la sagesse, transcendée par l'intelligence… Enfin, tout ça pour dire que j'ai soudainement une idée lumineuse (chose très rare). Je relève la tête vers le professeur Snape qui me regarde d'un air impatient parce que je ne semble pas disposée à le suivre. Je m'avance alors vers lui, conquérante, je sais que ce que je vais lui dire va faire mouche.
- Si ce n'est pas trop vous demander Murray, j'aimerai autant que vous vous dépêchiez. Je n'ai pas toute la journée.
- Mais je ne vous ai rien demandé, lui rétorquais-je dans un élan de farouche bravoure (ou de stupidité suicidaire).
Le professeur cligne des yeux, interloqué. A-t-il bien entendu ce que la jeune femme venait de lui dire? Le rictus qu'il affiche depuis tout à l'heure se transforme en sourire carnassier.
- Qu'avez-vous osé dire Miss Murray ? demanda le professeur, en savourant à l'avance les points qu'il allait pouvoir enlever à l'élève.
- J'ai dit, que je ne vous avez rien demandé, lui répondis-je sans me démonter et en exagérant l'articulation de chaque mot.
Le professeur voit alors Will s'avancer fièrement vers lui. Plus aucune crainte n'est visible sur son visage, seulement de l'assurance, renforcée par sa démarche souveraine et son regard de prédateur.
- Nous n'irons pas voir le Directeur professeur. Et vous ne direz rien. À personne.
- Et qu'est-ce qui vous rend si sûre de ça ?
Ils ne se quittent maintenant plus des yeux, chacun essayant de dominer l'autre par un regard. La noirceur de celui de Snape contre la pureté de celui de Will. Les ténèbres contre la glace. Deux personnages froids et distants tentant de s'imposer.
- Je sais que vous mourez d'envie de savoir pourquoi je fais ça, n'est-ce pas professeur ?
- Chose que je vais bientôt connaître, puisque je vous amène chez le Directeur, répondit Snape.
- Vous ne saurez rien, pour la simple raison que le professeur Dumbledore a plus de respect pour les gens que vous n'en avez. Si je lui dis que je préfère que la raison de mon déguisement reste secrète, il respectera mon choix. Certes, je serai obligée de lui en parler à lui, mais vous, vous ne saurez rien, car il vous fera sortir de son bureau pour que notre entretien reste confidentiel.
Le professeur resta interdit. Cette gamine était machiavélique, un esprit de manipulation et de réflexion digne d'un Serpentard. Elle avait raison. Dumbledore sera trop clément avec cette fille et lui accordera ce qu'elle veut et lui, il demeurera dans l'ignorance. Cette satanée Gryffondor était trop prudente, son secret devait valoir le coup.
- Je vous cède cette partie Miss Murray, concéda le professeur dans un souffle avec un léger hochement de tête. Mais ne criez pas victoire trop rapidement, je n'en ai pas fini avec vous.
Sur ce, il se détourna, sa cape noire volant derrière lui et je ne peux m'empêcher de soupirer de soulagement.
(1) Paska est toujours du finnois, et signifie simplement merde!
Alors, alors, alors, alors?? Qu'est-ce que vous avez pensé de ça? Cela vous donne-t-il des indices pour la suite? Je veux entendre vos cerveaux bouillonner d'hypothèses, et voir mon compte exploser sous vos reviews!!! Bises à tous.
