Chapitre 4, peut-être un de ceux que je préfère. Où notre cher Snape va encore pouvoir cogiter un petit peu... et où il emploie des manières pas très conventionnelles... Toujours un grand merci à Essaidel (oui, je confirme, Snape est un Dieu, LE MIEN! Je pensais que Dumby portait plus des caleçons avec des petits phénix dessus...) et à Seamrag (la curiosité et un vilain défaut petite, mdr), pour leurs reviews et compliments.
Chapitre IV
Ou l'art de mener une guerre psychologique
Dire que ma vie devint un enfer après le fameux soir où le professeur Snape découvrit que j'étais une fille, était un euphémisme. Il n'avait pas aimé perdre, et ça se voyait. J'en subissais tout les jours les conséquences. Son but était simple. Il voulait tout simplement que je craque. Il devait s'attendre à ce que je vienne le supplier à genoux d'arrêter cette torture mentale, lui racontant tout ce qu'il voulait savoir. C'était du harcèlement, rien de plus, rien de moins. À chaque détour de couloir, j'avais l'impression qu'il était là, partout où j'allais, il me semblait qu'il me suivait. Même pendant les cours je n'étais pas épargnée.
Deux jours après sa fameuse découverte, le professeur de potions m'obligea à m'installer au premier rang, me rendant ainsi bien visible aux regards de tous les autres élèves.
- Murray, avait-il commencé de sa voix mielleuse, il est fort dommage que vous ne fassiez pas profiter vos camarades de vos talents en potions. Venez donc vous installer au premier rang.
J'avais obéit et avait rejoint le premier bureau, sous les regards surpris des Serpentards qui se demandaient d'où je sortais. Il m'avait fixé pendant tout le cours, attendant probablement une réaction de ma part. Je ne lui avais pas fais ce plaisir.
Une semaine plus tard, il fit accidentellement exprès de faire un lapsus qui aurait pu être révélateur pour ma personnalité. L'on se trouvait encore en cours et il venait de passer derrière moi pendant qu'il vérifiait les chaudrons. J'étais sûre qu'il allait faire un coup bas. J'ai paniqué, ma main a glissé et je me suis coupée le doigt au lieu d'inciser les chenilles Papilionidae qui servaient dans la potion. Snape m'avait dévisagé avec dédain et ironie.
- Et bien, s'était-il moqué, il va vous falloir apprendre à devenir moins maladroit Mi… Mr Murray. 10 points en moins pour Gryffondor.
Il était ensuite retourné à son bureau, non sans m'avoir accordé un dernier rictus mauvais. Jour après jour, je subissais en silence ses sarcasmes, ses sous-entendus,… Je comprenais enfin ce qu'avait pu ressentir Harry pendant toutes ces années avant de pouvoir arrêter les cours de potions. Mais il était hors de question pour moi de stopper les cours. J'avais déjà voué 17 ans de ma vie à un secret qui était comme une épée de Damoclès au-dessus de ma tête, et tout le reste de ma vie s'apprêtait à être voué à ce même secret. J'ai tout sacrifié pour une chose qui n'est pas de ma faute, pour des erreurs que je n'ai pas commises. Ça ne sera certainement pas lui qui fichera tout en l'air.
C'est dans cet état d'esprit que je rentre dans la salle de potions, fière, la tête haute. Comme dit un proverbe : « Qu'importe que le vent souffle, la montagne jamais ne ploie devant lui » (référence plus que douteuse à Mulan). Le professeur me dévisage quand je m'installe au premier rang sans broncher. Il doit se demander d'où me vient ce soudain regain d'assurance. Je le transperce du regard. Snape détourne le sien. Je vois que Monsieur n'apprécie pas quand on lui tient tête.
Le cours débute, dans la même quiétude que d'habitude. Pendant une heure, je me contente de faire ce pourquoi je suis ici. Je lacère, j'incise, je pèle, je broie avant de jeter mes ingrédients dans le chaudron bouillonnant. Je réduis le feu, l'augmente, tourne dans un sens, puis dans l'autre. Je sens le regard du professeur épier le moindre de mes gestes. Pas une seule fois il ne m'a lâchée. D'habitude, il se lasse avant, voyant que je ne réagis pas. Qu'est-ce qu'il lui prend aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'il attend de moi ?
Une nouvelle demi-heure passe. Cette tension me frustre. Ma main tremble en découpant les racines sur le plan de travail. Je lâche le couteau, serre le poing, puis rouvre la main. Il me teste, veut savoir si j'oserai encore une fois le défier. La réponse est oui. Je lève la tête dans un élan de vanité pour lui prouver que je ne le crains pas et, sans le savoir, je fais alors la chose la plus stupide qui soit. Car c'est exactement ce qu'il voulait, il n'attendait que ça, plonger ses yeux dans les miens. Il voulait tout simplement croiser mon regard. Il savait que j'allais tomber dans son piège depuis le début, il savait que ma fierté m'amènerait droit dans ses filets. Il n'était pas un Serpentard pour rien. Il ne faudra pas que j'oublie ça à l'avenir.
À peine nos regards se croisent, que je ressens une violente douleur à la tête. Il ne me faut pas cinq secondes pour comprendre ce qu'il essaie de faire. Legilimancie. C'est ce qui s'appelle prendre le taureau par les cornes. Je me souviens pourtant m'être dite à moi-même que cet homme ne connaissait que la loi du plus fort. Et pour lui, la loi du plus fort passait manifestement par des méthodes pas très réglementaires. Malheureusement pour lui, il m'a sous-estimée. Cher professeur, je suis allée jusqu'à masquer ma vraie nature pour protéger ce que vous cherchez à connaître, vous ne croyez tout de même pas que c'est pour l'abandonner au premier qui décidera de faire une excursion dans mon esprit ?
Vous allez apprendre une deuxième petite chose sur moi professeur. Je pratique l'Occlumancie. S'engage alors un féroce combat mental entre Snape et moi où chacun de nous essaie d'imposer la puissance de son esprit à l'autre. Je peux percevoir les chocs de ses attaques qui tentent de détruire les barrières que j'érige devant mes pensées. Je sens les ondes de son subconscient essayer de briser la résistance du mien. Je me perds dans ses yeux, il se perd dans les miens. Tout devient flou autour de nous. Nous n'avons plus aucune perception du monde qui nous entoure. Notre univers se résume au regard de l'autre, nous attirant tout en nous repoussant. Plus rien ne compte que ce regard que nous échangeons maintenant.
Soudain, je ressens une présence à mes côtés. Un contact. Une main se pose sur mon épaule et me secoue. Non, pas maintenant ! J'essaie de rester concentrée mais la secousse se fait de plus en plus violente et présente. Je me sens lâcher prise. Je perçois l'esprit de Snape gagner du terrain sur le mien et l'envelopper de ses attaques. Je panique, ça l'aide à affirmer sa prise sur mon subconscient. Une brèche se forme dans mes défenses. Il s'infiltre aussitôt à l'intérieur.
Si le professeur n'avait pas été si concentré sur sa tache, il aurait exulté. Cette maudite Gryffondor ne pensait tout de même pas qu'il allait abandonner si facilement, sur une défaite qui plus est ? Il avait été néanmoins surpris d'être au premier abord repoussé de la sorte. Ainsi donc, Will Murray avait des connaissances en Occlumancie. Et des connaissances assez impressionnantes chez quelqu'un de si jeune. Si elle n'avait pas été déconcentrée, elle l'aurait repoussé sans difficulté. Mais c'était trop tard. Il était dans son esprit, à deux doigts d'accéder à ses souvenirs, et surtout à la raison de tout ce mystère. Son subconscient était dans le sien, il voyait comme s'il avait des yeux dans sa tête. Une image se profila dans l'esprit de Will. Le professeur tendit le sien pour qu'il aille à sa rencontre. Ils entrèrent en contact.
Le professeur se retrouva dans une pièce étrange où régnait une chaleur étouffante. En face de lui se trouvait une immense vitrine de verre et derrière l'on pouvait distinguer la reproduction d'une sorte de jungle miniature. Il se rapprocha, sentit une tentative vaine de Will pour le bloquer mais il la repoussa. La vitrine semblait vide. Il s'apprêtait à sortir de ce souvenir pour aller en chercher un autre plus digne d'intérêt quand il perçut du mouvement sur l'une des lianes. Il vit alors le serpent le plus immense qui est jamais existé glisser le long de cette liane pour atterrir en douceur au sol et se mouvoir à terre. Ce serpent n'était pas sans lui en rappeler un autre.
- C'est impossible, pensa le professeur. Nagini ?
La rage m'envahit. Il faut que je fasse sortir Snape de cette vision, maintenant. Par chance, il est tellement surpris de sa découverte qu'il ne prête plus la moindre attention à moi, et j'en profite pour l'extirper de mon esprit.
Nous revenons tout les deux à la réalité, à bout de souffle. Ses mains sont crispées sur son bureau. Je suis en sueur, droite comme un « i » derrière mon plan de travail. Je prends conscience de la main qui me secoue. C'est Hermione. Elle me regarde d'un air apeuré. Je tente de reprendre bien vite mes esprits.
- Ce n'est rien, la rassurais-je. Juste une migraine passagère.
- Will, ton chaudron, me répond-elle.
- Quoi mon chaudron ?
L'objet en question se met alors à produire un dangereux sifflement. Pendant mon combat contre l'esprit de Snape, j'avais complètement oublié où je me trouvais. La potion avait continué à chauffer et menaçait de s'échapper de son récipient. J'éteins rapidement le feu, attrape un linge qui traîne et sors le chaudron des flammes avant qu'il n'explose. Ce n'est pas aujourd'hui que j'aurai un Optimal.
- Murray ! tonne la voix du professeur. 30 points en moins pour Gryffondor pour avoir essayé de créer un attentat sur ma personne avec votre chaudron.
Je secoue légèrement la tête. Lui au moins, il ne perd pas le nord.
Le professeur n'en revenait toujours pas de ce qu'il avait vu dans l'esprit de la jeune femme. Comment en était-elle rendue à se retrouver avec un souvenir du serpent du Seigneur des Ténèbres dans la tête ? Avait-elle déjà vu Nagini ? Ou pire, aurait-elle rencontré Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom en personne ? Comment cela pourrait-il être possible ? Lui-même ne l'avait jamais vue dans l'entourage du Maître. Une fille qui se fait passer pour un garçon, une étrange et puissante maîtrise de l'Occlumancie (là encore qui avait bien pu lui apprendre à pratiquer cette branche obscure de la magie ?) et, des souvenirs portant sur le serpent du Seigneur des Ténèbres. Le professeur en venait de plus en plus à se demander si cette fille n'était pas plongée dans la Magie Noire et si elle n'était pas une menace pour Poudlard.
- Ce que vous cachez me semble bien dangereux jeune fille, pensa Severus Snape en observant Will. Et vous êtes en train de jouer à un jeu bien audacieux avec des adversaires plus puissants que vous. Seriez-vous une proche du Seigneur des Ténèbres ma chère ? Je remporte cette partie.
Et Will, toute occupée qu'elle était à tenter de récupérer sa potion, ne vit pas le sourire prédateur qu'esquissait le professeur.
Fin de ce nouveau chapitre. Alors, je me pends ou je continue? Des idées? Oui, je sais, je suis peut-être cruelle de vous livrer les informations au compte goutte... Mais j'aime faire durer le plaisir...
