Nouveau chapitre!!! J'espère qu'il vous plaira tout autant.
Essaidel: Ah bah bravo!!!! On lit ma fic pendant les cours!!! Quel honneur!! Merci à toi encore pour ta review!
lyosha: Merci pour ta première review, ça fait plaisir. Et oui, mes chapitres sont courts, j'aime torturer les lecteurs!! Niark!
Seamrag: Bravo!! Tu n'as pas lu les reviews des autres avant!! Lol! Will, la mère de Voldemort, étais-tu sous l'emprise d'une drogue? Mdr! Merci à toi en tout cas pour ta review. Et OC c'est bien pour Other Character (t'en fais pas j'ai mis pas mal de temps à comprendre aussi).
Chapitre V
De l'aptitude à servir ses propres intérêts
Beaucoup d'eau avait passé sous les ponts depuis que Snape avait décidé de se servir de moi comme cobaye, histoire de voir s'il ne perdait pas la main en Legilimancie. Je m'en souviens pourtant comme si c'était hier. Je ressens toujours sa présence dans mon esprit comme si, au plus profond de mon subconscient, se trouvait encore une part de lui, prête à ressurgir à n'importe quel instant pour finir son introspection que j'ai réussi à interrompre de justesse. Je sais quel souvenir il a vu en moi. Je ne sais pas si je dois me sentir chanceuse qu'il n'est vu que celui là ou si au contraire, je dois m'inquiéter des conclusions qu'il pourra en tirer. Je suis comme dans un état second. Je ne sais plus quoi penser. J'ai l'impression qu'une entité supérieure a décidé de dérouler le fil de mon destin à ma place et il me semble que je vois défiler ma vie sans vraiment pouvoir l'arrêter. Tout m'échappe en ce moment.
Pourtant, le plus bizarre dans tout ça, c'est que le professeur de potions ne semble pas encore avoir réagi. Depuis ce fameux affrontement mental, j'ai même la sensation qu'il me laisse plutôt en paix. Je n'ai plus autant l'impression de le croiser partout, et même nos regards ne se sont plus retrouvés sur la même ligne de tension. Il faut dire aussi que je fais tout pour l'éviter. Cela serait du suicide de chercher à l'affronter après un coup pareil. Mais même lui ne me regarde plus. Enfin, c'est ce que j'en déduis puisque je ne sens plus la morsure de son regard sur moi. Craindrait-il que je m'adonne moi aussi à un viol mental pour lui rendre la monnaie de sa pièce ? Après tout, il n'a forcément pas pu manquer de constater que j'avais un certain niveau en Occlumancie. Je n'ai pourtant aucunement l'intention de me rabaisser à son niveau. Je souffre déjà de sacrées migraines depuis cette journée maudite et mon cerveau, déjà pas mal esquinté soit dit en passant, ne supportera jamais une autre bataille d'esprits de cette ampleur.
Je pense plutôt qu'il lui faut un certain temps pour réfléchir à tout ça. C'est sûr que trouver un souvenir pareil dans la tête d'une étudiante de 17 ans, ça doit quand même secouer et ce, même si c'est Snape (qui est pourtant réputé pour être aussi imperturbable que Ronald Weasley quand il est en train de manger). De plus, il doit avoir d'autres chats à fouetter en cette période. En effet, à l'approche du bal, le taux d'hormones produit par les élèves de Poudlard (tous sexes confondus) avait augmenté en flèche. Le fait est que les étudiants sont à ce jour plus concentrés à jeter des regards lourds de sous-entendus à leurs potentielles futures proies, qu'à rester calmes pendant les cours. Les professeurs devaient mettre en œuvre de vraies ruses de sioux pour arriver à les tenir à peu près à la limite de la décence. Et je ne vous parle même pas du nombre d'étudiants sur lesquels je suis tombée pendant que je faisais mes rondes préfectorales. Je ne peux malheureusement que maudire Dumbledore d'avoir eu une idée pareille et je soupçonne les professeurs d'en faire autant.
Nous sommes aujourd'hui dimanche, le premier de ces vacances d'octobre. Tous les élèves ont eu droit à une sortie à Pré-au-Lard. Le bal est dans trois jours. Tout le monde est parti faire ses emplettes de dernière minute. Tout le monde ? Non. Un irréductible étudiant (et vlan, encore une référence plus que douteuse) s'approche lentement de moi. À la lumière du soleil passant par une fenêtre, j'avise une touffe de cheveux d'un roux flamboyant. Merlin ! Je suis maudite ! Weasley, Ron de son petit nom, s'avance en face de moi, l'air gêné, se tordant les mains et essayant tant bien que mal d'esquisser un faible sourire. Qu'est-ce qu'il va me sortir ? Mais qu'est-ce qu'il va me sortir ? Il s'arrête à un bon mètre de moi et me regarde d'un air idiot. Il ouvre la bouche et… la referme aussitôt.
- Ah bah bravo ! je ne peux m'empêcher de m'exclamer avec ironie. Quelle éloquence !
Ron se met à rougir violemment.
- Bon écoute, continuais-je sur ma lancée, il se trouve que j'ai présentement mieux à faire que de t'aider à gober les mouches, donc soit tu me dis ce que tu veux, soit tu me laisses passer.
- Tveuvniraubalvecmoi ? déblatère-t-il à toute allure en rendant la moitié des mots inaudibles à toutes paires d'oreilles normales.
Je crois que je préfère encore quand ce garçon reste muet.
- Je suppose que même toi tu pourras convenir du fait que je ne risquais pas comprendre grand chose à ça ?
- Tu veux venir au bal avec moi ? redemande-t-il de manière tout aussi rapide mais plus compréhensible.
Pendant un instant je frôle l'arrêt cardiaque. Est-ce que j'ai bien entendu ce que je crois avoir entendu ?
- Bon, euh… Ron, faut que je t'explique un truc là. Tu sais, en général, les bals, c'est fait pour inviter un partenaire du sexe opposé au sien. Je ne sais pas si tu as bien remarqué mais moi je suis un garçon (et Hermione est une fille je manque de rajouter).
Il me regarde d'un air ahuri (pour changer).
- Je trouve ça très bien que tu te sentes à l'aise avec ton homosexualité. Je n'ai aucun préjugés la dessus. Le truc c'est que je ne suis pas… (enfin si, j'aime les garçons, comme la plupart des filles), je ne suis pas comme toi donc, ça va pas être possible. Je suis désolée.
Je reprends alors ma route, me permettant de serrer son épaule avec ma main en passant à côté de lui, murmurant à nouveau un sincère « désolé ».
Au moment où cette même main quitte son épaule, il me saisit violemment le bras. Si je ne devais pas passer pour un garçon, la fille que je suis aurait crié de douleur. Ron tourne ses yeux vers moi, et ce n'est plus de la timidité ou de la gêne que je peux y lire. Je vois de l'humiliation, et de la colère, beaucoup de colère.
- Qu'est ce qui te pr… commençais-je.
- Je ne suis pas gay, me coupe-t-il en serrant les dents.
Alors là, je ne comprends plus rien, je n'ai pourtant pas rêvé. Il m'a bien demandé de l'accompagner au bal il y a même pas cinq minutes ?!
- Je sais que tu es une fille.
Damned ! C'est le premier mot qui me vient à l'esprit sur le moment. Je tente tant bien que mal de rester stoïque. Cela n'a pas l'air de terriblement bien marcher parce que Ron enchaîne :
- Un matin dans le dortoir, tu t'es levée plus tôt que nous pour aller dans la salle de bains. On était en cinquième année je crois. Sauf que je ne dormais pas non plus, alors j'ai décidé d'aller prendre une douche aussi. Et je t'ai vue te… enfin… je ne voulais pas jouer les voyeurs, je te jure… mais tu t'es déshabillée et… enfin, tu vois quoi.
J'essaie tant bien que mal de rester calme.
- Lâche-moi maintenant Ron, dis-je le plus doucement possible.
- Attends, vu que je sais pour toi, tu peux m'accompagner maintenant.
- Tu ne comprends pas. Lâche-moi, tout de suite.
Et au lieu de m'obéir, il raffermit sa prise sur mon poignet, à tel point que je dois serrer les dents pour ne pas laisser échapper un gémissement de douleur. Je comprends qu'il ne me lâchera pas tant que je ne lui aurai pas dit « oui ».
- Weasley ! Murray ! tonne une voix qui m'est devenue depuis peu très familière.
Le professeur Snape dans toute sa splendeur s'avance vers nous et s'arrête à quelques pas. Sa présence à l'effet escompté sur Ron qui me libère le poignet.
- Weasley, si vous avez un compte à régler avec Murray parce qu'il vous a pris votre cavalière, ou vice-versa, allez faire ça dehors.
- Attendez professeur, ce n'est pas ce que vous croyez. C'est une fille !
Snape me regarde en haussant un sourcil d'un air perplexe, puis il se tourne de nouveau vers Ron.
- Weasley, votre stupidité n'a décidément aucune limite. Je me demande si vous n'arriveriez pas à battre Londubat sur ce terrain là. Bien sûr que Murray est une fille, tous les professeurs sont au courant. Vous croyez vraiment que le Directeur aurait laissé une fille passer presque toute sa scolarité dans le dortoir des garçons s'il n'avait pas eu connaissance de ce détail ? Et avant que vous me le demandiez, non, vous ne saurez pas pourquoi le professeur Dumbledore a laissé faire ça. Maintenant retournez dans votre salle commune, en silence. Et je vous déconseille vivement de parler de ça à quiconque si vous ne voulez pas être renvoyé. Et 20 points en moins pour Gryffondor.
Alors là, je suis épatée. Snape vient de mentir pour me couvrir ! Ron file en quatrième vitesse sans demander son reste, me laissant seule avec mon bien curieux sauveur. Nous nous mesurons un instant du regard avant que je ne me décide à briser le silence.
- Et bien professeur, dis-je de ma voix féminine (il est désormais inutile que je la masque avec lui), je crois que des remerciements s'imposent. Donc, merci.
- Il me semble que je suis arrivé à temps pour vous sauver la mise Murray.
- Ce n'est rien de le dire.
Nouveau silence, que je brise encore une fois.
- Bon ben, je crois que je vais y aller. Merci encore.
- Je pense que vous pouvez m'accorder plus que des remerciements Murray. Je pense à des réponses par exemple.
C'est donc là qu'il voulait en venir. Bien sûr, je ne pouvais tout de même pas penser qu'il avait simplement fait ça pour m'aider. La satisfaction de sa curiosité avant tout. Il n'avait fait ça que parce que cela pouvait jouer en sa faveur. Je soupire. Il ne partira pas tant qu'il n'aura pas eu ce qu'il veut.
- Une question. Une seule. Et je vous réponds en toute franchise.
Il me regarde d'un air sceptique.
- C'est promis, assurais-je.
- Bien. Alors… réfléchit-il, à quoi correspond ce souvenir de Nagini ?
- Je ne peux pas répondre à cette question.
- Vous aviez promis Murray, commence à s'énerver le professeur.
- Je ne peux pas y répondre parce que vous me posez une question sur le serpent de Voldemort, et que ce n'est pas lui que vous avez vu dans mon esprit. Ce n'était pas Nagini.
Là, je crois que j'ai achevé le maître des potions, parce qu'il n'essaie même pas de me retenir quand je passe près de lui pour partir. Quand j'arrive au bout du couloir et que je me retourne, je le vois dans la même position où je l'ai laissé, et je peux presque entendre son cerveau fonctionner à plein régime.
Et voilà la fin de ce cinquième chapitre, j'espère que ça vous as fait plaisir de le lire. Prochain chapitre pas avant dimanche soir ou lundi. Désolée. NE ME TUEZ PAS!!!!!
