Et voilà le nouveau chapitre aujourd'hui, comme promis. Cela m'a fait très plaisir de voir que de nombreuses personnes lisaient ma fic, et qu'on me laissait des reviews. En parlant de ça, j'ai quelques petits messages pour certaines personnes... J'ai écrit ce chapitre en écoutant une de mes musiques de relaxation (allez savoir pourquoi), si ça vous intéresse, vous pouvez la mettre en fond sonore. C'est Source D'Amour de Michel Pepe. Musique uniquement instrumentale et que je trouve indéniablement belle.

Seamrag: Merci encore pour ta review! Oui Ron est un boulet, et moi aussi je ne l'aime pas du tout. Pour ce qui est du prénom de Will (héhé), petit indice dans ce chapitre, je n'en dis pas plus...

lyosha: Je vois qu'il y a ici une autre adepte de l'anti-Ron. Les grands esprits se rencontrent. Je ne pense pas qu'il ira dire quoi que se soit. Après tout, Snape l'a menacé de renvoie, et quand on sait à qu'elle point Molly Weasley n'est pas commode... Je pense que le fiston se tiendra à carreau. Merci en tout cas pour ta review.

ilai: Une nouvelle revieweuse!!! Cela fait toujours plaisir!!! Je suis contente que ça te plaise, merci d'avoir pris le temps de laisser un avis!

Essaidel: Juste quelques mots pour toi ma chère: "TOUCHE PAS MON SEVY!!!!" Bisous. (Hinhin)

Chapitre VI

Du besoin de se sentir vivre

Je regarde pour la énième fois le reflet que me renvoie le miroir de ma chambre. Je tiens ma robe plaquée contre moi mais ne me suis toujours pas décidée à la mettre. Je tourne la tête vers la porte derrière laquelle je parviens à entendre le bruit étouffé de la musique du bal qui se tient dans la Grande Salle. Ils ne doivent en être qu'au dîner encore, sinon la musique serait plus forte. Je reporte mon attention sur le miroir. Il faudrait peut-être te décider maintenant ma fille ! Je baisse la tête d'un air penaud, laissant tomber ma robe à terre. Je soupire, attrape un grimoire et m'assois sur mon lit.

Il y a une petite heure, je me serai bien vue participer à la fête. J'avais sorti une robe bien camouflée au fond de ma malle et que je n'avais encore jamais mise. Une robe qui avait appartenu à ma mère. Et, pendant que je la tenais contre moi, je m'imaginais descendre les escaliers jusqu'à la Grande Salle et en franchir la porte, vêtue de cette même robe. J'avais pensé que peut-être quelqu'un m'aurait invitée, que j'aurais alors pu danser avec cette personne, que j'aurais pu oublier pendant quelques instants que j'étais Will Murray et retrouver ma véritable identité. Juste le temps d'une danse. Juste pour quelques minutes. Et ensuite retourner dans ma chambre. Douce utopie. Cruelle torture. Il ne valait mieux pas tenter le diable. Quelqu'un m'aurait surement reconnue. Ou peut-être pas. Oh ! Je ne doute pas que Ron Weasley aurait fait le rapprochement, mais comme Snape lui avait interdit de dire quoi que se soit…

Et Snape justement, m'aurait-il reconnue ? Serait-il passé à côté de moi sans me voir ? Comment réagirait-il s'il me voyait vêtue de manière disons… plus féminine ? Se moquerait-il ? Essaierait-il de me griller aux yeux de tout le monde ? Comment me trouverait-il ? Holà ma fille, à quoi tu penses là ? Qu'est-ce que ça peut bien te faire ce qu'il pense de toi ? Je ne sais pas. Je crois juste que j'aime, non, ce mot est trop fort, j'apprécie ? Oui, c'est mieux. Je crois que j'apprécie l'idée que quelqu'un sache que je ne suis pas réellement l'élève coincé que tout le monde pense que je suis. J'apprécie qu'une personne me porte enfin de l'intérêt, même si c'est par pure curiosité et si ce n'est pas la personne idéale pour partager un secret, j'ai l'impression d'exister. Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas ressenti ça. L'ai-je au moins déjà ressenti ? D'aussi loin que je me souvienne, je crois que personne n'a jamais fait attention à moi. Il n'y a que le professeur de potions, par ses remarques, ses regards inquisiteurs, qui me prouve que j'existe. Et je crois bien que cela commence à devenir comme une drogue. Est-ce ça de se sentir humain ? Je crois que je trouve ça… beau. Je ne mets pas longtemps à me décider. J'envoie valser mon grimoire et me saisit de ma robe qui git à terre. Je me dirige d'un pas déterminé vers la salle-de-bain et m'y enferme. Va y avoir du boulot !

Je ressors une bonne heure et demie plus tard. Je me place devant le miroir, les yeux fermés. J'ai un peu peur du résultat. C'est la première fois que je vais me voir en robe… et maquillée. Je lâche un petit rire nerveux et ouvre les yeux. Ce n'est rien de dire que j'ai un sacré choc. J'avance une main pour toucher la surface lisse du miroir, toute étonnée de voir mon reflet faire de même. Je tourne sur moi-même. La robe me va parfaitement. Une robe noire, tout ce qu'il y a de plus simple, laissant mes bras et mes épaules découverts et descendant jusqu'à mes pieds. Juste un trait de crayon noir et du mascara pour souligner mes yeux. Une touche de gloss sur mes lèvres. Inutile d'arriver maquillée comme une pintade, surtout pour une fille qui n'a pas l'habitude de l'être. Je reste encore un certain temps devant le miroir. J'entends alors la musique, telle une invitation, monter d'un cran. Le bal ne va pas tarder à commencer.

Je sors de ma chambre, faisant attention à ce que personne ne me remarque. Et tout aussi discrètement, je rejoins la Grande Salle. Sur le chemin, je me demande si le maître des potions sera toujours présent quand j'arriverai. Il n'a pas l'air d'aimer vraiment ce genre de manifestation et il pourrait être déjà parti. J'ai comme un pincement au cœur en pensant à ça. S'il n'est pas là, quel intérêt y a-t-il à ce que je reste à la fête puisque seul lui sait vraiment que je ne suis pas qui je prétends être. Je franchis (mmmjuuggrdsqqa. L'un de mes rats est passé à ce moment sur le clavier de mon ordi, je crois que c'est sa contribution à ma fic, alors j'ai décidé de laisser ici l'expression de son talent qui à mon avis restera incompris.) enfin les portes de la Grande Salle. Les lumières tamisées ne me permettent pas de vraiment voir la décoration de la pièce, mais je ne doute pas qu'elle soit magnifique, comme d'habitude. Le bal s'apprête en effet à commencer, mais personne ne semble pour l'instant vouloir danser. On dirait vraisemblablement qu'ils attendent tous quelque chose. Je tends le cou pour essayer de voir ce qu'il se passe. C'est alors que je le vois.

Le professeur Snape, vêtu de ses habituels pantalons et redingote noirs (notons qu'il a laissé sa cape au vestiaire pour une fois) se dirige droit vers les portes de la Grande Salle, et donc accessoirement vers moi. Je devine à son air agacé qu'il en a déjà assez de la fête et qu'il tente un repli stratégique vers les cachots. Il n'est plus qu'à cinq petits mètres de moi et je sens mon rythme cardiaque s'accélérer. Il passe à côté de moi, sans me voir, trop occupé qu'il est à ruminer. Une bouffée d'audace me saisit alors.

- Vous partez déjà professeur ?

Il s'arrête et se tourne lentement vers moi. Il hausse un sourcil interrogateur en me dévisageant.

Lorsqu'il avait entendu cette voix, le professeur s'était arrêté. Maintenant qu'il contemplait la jeune femme qui se trouvait devant lui, il se posait des questions. Jamais il ne l'avait vue auparavant et il n'était pas habitué à être apostrophé par d'aussi charmante personne il devait bien l'avouer. La jeune femme était habillée et maquillée sans prétention, pas comme les autres gamines glousseuses de la soirée, et avait des formes plus qu'avantageuses. Ajoutez à cela qu'elle avait vraiment des yeux magnif… Non !

- Murray ?! s'étrangla le professeur.
- Gagné, lui répondis-je simplement avec un léger sourire et en me tordant les mains.

Le professeur continua à me dévisager, comme s'il avait du mal à croire que la fille qui se tenait devant lui était bien l'élève qui lui posait tous ces problèmes depuis le début de l'année. Je ne peux que le comprendre.

- Bon, finis-je par m'impatienter, c'est si lamentable que ça pour que vous me dévisagiez de la sorte ?
- Non… non, lâche-t-il. C'est très bien. Enfin… je veux dire que c'est pas mal… Mais là n'est pas la question. Qu'est-ce que vous faites ici Murray ?
- Je ne sais pas, mentis-je.

Il me fixe droit dans les yeux. Après quelques instants, il se permet un rictus au coin des lèvres. Il sait que je lui ai menti. Je détourne le regard. Comment expliquer à un homme comme lui que j'avais juste besoin de me sentir comme les autres.

- Severus ! s'exclame alors une voix près de nous.

L'interpellé et moi tournons alors la tête au même moment pour voir arriver le professeur Dumbledore.

- Albus…, murmure Snape d'un ton désespéré.
- Et bien, et bien, vous ne m'aviez pas dit que vous aviez une cavalière Severus. Et charmante de surcroît. Ravi de vous rencontrez, Miss ?
- Mina, répondis-je alors que je sens le maître de potions se raidir à mes côtés en entendant ce prénom.
- Sachez Miss que je suis agréablement surpris que vous ayez réussi à faire sortir Severus de ses cachots pour la soirée. D'autant plus que ça m'arrange.
- Je peux savoir pourquoi ? demande mon prétendu cavalier sur un ton désormais méfiant.
- Parce que les professeurs ouvrent le bal, répond simplement Dumbledore. Si vous voulez bien me suivre.

Alors que le Directeur se dirige sur la piste, invitant au passage le professeur McGonagall, je ne peux m'empêcher de jeter un coup d'œil à Snape. Certes, j'avais espéré danser, mais je n'avais pas pensé que ce serait avec lui. Alors, à ma plus grande surprise, mon désormais partenaire m'offre son bras, sans pour autant me regarder. Je le saisis timidement et nous nous dirigeons ensemble vers la piste. J'entends des murmures autour de moi et intercepte des regards lancés à la dérobée. Nous sommes maintenant au milieu de la piste, entourés par les autres couples de professeurs. Je sens pourtant que le regard des élèves est braqué sur le couple que je forme avec Snape. Ce dernier daigne enfin poser ses yeux sur moi. Il saisit ma main droite de sa main gauche et pose l'autre dans mon dos, au creux de mes reins. Je sens un nœud se former au niveau de mon ventre quand je place ma main gauche sur son épaule, juste à la base de son cou. Il se penche légèrement en avant et murmure :

- Mina, c'est votre vrai prénom ?
- Oui et non, lui répondis-je sur le même ton.

Et la musique commença à s'élever. Une valse. Nous commençons à nous mouvoir, lentement. Je laisse les commandes au professeur qui à ma grande surprise ne se débrouille pas mal du tout. Les lumières faiblissent encore. Je ne distingue plus les personnes qui se tiennent debout autour de la piste. Je les cherche pourtant du regard, essayant de voir dans leurs yeux s'ils m'ont reconnue ou pas. J'angoisse. Une main effectuant une légère pression sur la mienne me ramène à la réalité. Snape me dévisage. Mes yeux capturent aussitôt son regard, comme si c'était un chemin naturel pour eux. Et le professeur me rend mon regard. Je retrouve enfin la raison pour laquelle je suis venue jusqu'ici.

Je veux exister. Et pendant que l'on danse, je prends conscience de sa main dans mon dos, de celle qui enserre la mienne, de son regard dans le mien, de son souffle sur mon visage. Et je sens enfin que quelqu'un me voit comme je suis. Je sais que je peux enfin agir comme la personne que je suis vraiment. Que m'importe à ce moment que les autres me reconnaissent ? Que m'importe que l'homme avec qui je danse soit peut-être un Mangemort ? Je veux juste pouvoir vivre pour la première fois. Me sentir moi. Et si cela implique que je doive tomber dans un piège et bien soit. C'était la première fois que je me sentais remplie d'autre chose que de la peur et pour la première fois, j'osais enfin avouer que j'étais bien. Je me fichais éperdument de savoir que c'était sans doute la première et dernière fois que je ressentais un tel sentiment. Je me fichais de savoir que demain, je redeviendrai Will Murray, l'élève dont personne ne se préoccupe, la personne qui passera toute sa vie dans un mensonge. Ce soir, juste pour une danse, j'oublie tout ça. Je me perds dans les yeux couleur de ténèbres liquides du professeur et le voit me regarder comme je suis vraiment. Une fille qui découvre pour la première fois que la vie c'est autre chose que des mensonges et de la peine. Autre chose que de la peur et de l'inexistence.

Je sens une larme rouler sur ma joue alors que j'intensifie ma prise sur l'épaule du professeur, comme si j'avais peur que tout cela ne soit qu'un rêve. Qu'il parte et me laisse seule avec un goût d'inachevé. Me laisse seule avec un rêve brisé. Je ne veux pas que l'on me reprenne cet espoir que l'on est en train de me donner. Les gens ne comprennent pas la chance qu'ils ont de pouvoir vivre sans se cacher. Comment des choses aussi simples qu'une danse peuvent me paraître tellement extraordinaires. Lentement, j'entends la musique décroître. Je me crispe. Je ne veux pas que cela s'arrête. Je me sentais vivante. Tellement vivante. La musique s'arrête. Le professeur aussi. Il garde néanmoins ma main dans la sienne, comme s'il avait deviné que rompre brusquement le contact me fera craquer. Il attend patiemment que je revienne à la réalité alors que plusieurs couples envahissent la piste.

- Venez, me dit-il doucement. Nous allons prendre l'air. Et puis, je crois que nous avons des choses à nous dire.

J'acquiesce lentement et me laisse guider hors de la Grande Salle pour me retrouver dans l'air frais de la nuit.


Alors? Des prévisions sur ce qui va se passer ensuite? Des idées sur le vrai prénom de Will? (Cette question est surtout pour une personne qui se reconnaîtra). Prochain chapitre demain.... Si vous pouvez attendre jusque là...;)