Me revoilà donc avec un nouveau chapitre, qui fait suite au fameux bal d'Halloween. Comme je sais pas trop quoi vous dire d'autre, je vous laisse à votre lecture.

ilai: Merci pour ta review! Calme ton esprit romantique, je le trouve un peu trop pressé. Une surprise t'attend à la fin de ce chapitre...

Seamrag: Mince alors, je suis encore tombée sur une addict de Snape. Mais quand donc comprendrez-vous que je suis la seule pour lui? Bref, ça serait trop facile s'ils étaient restés scotchés. Un peu de patience petite... Pour tes enceintes, va falloir que tu m'expliques comment elles ont pu atterrir dans un lavabo rempli d'eau... Le test de QI au rat c'est pas gagné. Je crois bien que ma petite boule de poils ne sera jamais un auteur de fic, et que sa contribution au chapitre précédent n'était qu'accidentelle. Je vois que tu t'es éclatée à trouver des prénoms. On s'ennuie en ce moment? En tout cas, je suis en train de me rendre compte que toute personne étrangère à l'histoire et qui lirait ma réponse à ta review se poserait des questions sur notre état mental (parler de test de QI sur des rats, se disputer la proprité de MON Sevy, des hauts parleurs qui atterrissent on ne sait comment dans l'eau,... c'est pas bon ça.)

lyosha: Bon alors, pour le jeu de mots, je préfère ne pas faire de commentaire... Huuummm... Et comme tu peux le voir, je ne suis pas en retard, pas la peine de me menacer.

Princess Yuu: Merci pour ta review! Je suis contente que ma fic t'es donnée envie de déroger à tes habitudes. J'espère que la suite te laira tout autant.

Chapitre VII

Où un semblant de confiance commence à s'installer

Le professeur et moi marchons lentement dans le parc obscur, seulement éclairé par un faible croissant de lune et la lumière tamisée qui s'échappe des fenêtres de la Grande Salle. Tout est silencieux, trop silencieux, je crois que j'occulte tous les sons autour de moi. Je me contente d'avancer, me tenant droite aux côtés du professeur, les yeux dans le vague. Cela fait une demi-heure que nous cheminons sans réel but, ou peut-être une heure en fait. Je n'en sais rien. J'essaie vainement de revenir peu à peu à la réalité. De reprendre le contrôle de mes sens. J'ordonne mentalement à mes yeux de se lever pour regarder le ciel, à ma peau de capter l'air frais de la nuit qui m'entoure, à mes oreilles de…

- … et 10 points en moins pour Serdaigle, Cooper. Parce que la couleur de votre robe ne vous va pas ! tonne une voix à mes côtés qui me sort définitivement de ma rêverie.
- Mais c'est injuste ! m'exclamais-je en me tournant vers le maître de potions.
- Vous daignez enfin descendre de votre nuage Murray, réplique le professeur en me regardant. Je tiens à souligner que depuis que nous marchons, j'ai enlevé pas loin de 70 points pour des raisons toutes aussi injustes pour vous faire réagir. Et il était temps, parce que je commençais à manquer d'arguments. J'espère que vous n'essayiez pas d'échapper à une discussion en faisant la sourde oreille ?
- Non. J'étais juste… ailleurs. Et ne m'appelez pas Murray. Je n'aimerai pas que quelqu'un passant par là vous entende et fasse le rapprochement entre Will Murray et une fille.
- Et je dois vous nommez comment ?
- Je pense que Mina, ça sera bien.
- Mina, répète-t-il doucement.

Je frissonne. C'est la première fois que j'entends quelqu'un prononcer ce qui se rapproche le plus de mon prénom féminin. Je suis pleinement consciente que je viens de fournir au professeur une arme, car jamais je ne me lasserai d'entendre ce prénom.

- Répondrez-vous à mes questions ce soir ? demande le professeur.
- Je ne l'ai pas vraiment fait jusque là, pourquoi cette nuit ?
- Parce que pendant quelques minutes je vous ai faite vous considérer comme les autres, répond-il en me fixant.

Je m'arrête de marcher et il en fait de même. Je le dévisage, plongeant une fois de plus mon regard dans le piège que sont ses yeux. Il sait qu'il a lu en moi mais reste quand même assez respectueux pour ne pas montrer sa supériorité.

J'ai soudain envie de pleurer, de me laisser aller. Lui dire que je ne veux plus de cette vie de mensonges, surtout après avoir goûté à la vraie existence. Je veux lui dire que je désire apprendre comment est le monde hors de cette mascarade à laquelle je m'adonne. Je sens les larmes arriver et détourne pudiquement les yeux.

- Par Merlin, reprenez-vous Miss ! m'ordonne le professeur. Sinon je crains de voir arriver le Directeur pour me demander ce qu'il m'a pris de faire pleurer je cite, « une si charmante cavalière ».
- Très drôle, répliquais-je.

Mais sa tirade a néanmoins le mérite de me faire sourire. Des fois, je pense que le professeur Snape est un comique qui s'ignore. C'est sûr qu'il a un humour assez subtil, sarcastique et qu'il n'est pas donné à tout le monde de le supporter, mais je crois que moi j'aime bien.

- Venez, allons nous asseoir.
- Ah oui ? Et où ? Je n'ai pas envie de revenir dans la Grande Salle.
- Laissez moi chercher, me répondit-il en faisant semblant de réfléchir.

Il sort alors sa baguette qu'il pointe vivement vers des buissons, auxquels il jette un sort pour les écarter. Les arbustes révèlent ainsi un couple étroitement enlacé qui, à ne pas en douter, devait s'apprêter à commettre l'irréparable. Snape soupire.

- Stebbins… Faucett… il va falloir vraiment apprendre à vous contrôler. J'espère que 20 points en moins chacun vous y aiderons. Sinon, je crains qu'il ne vous faille consulter.

Les deux adolescents partent en courant sans demander leur reste tout en essayant vainement de se réajuster au passage. Je regarde le professeur d'un air de reproche.

- Je les ai déjà surpris en quatrième année lors du Tournoi des Trois Sorcier, se justifie-t-il. Manifestement, ils n'ont pas retenu la leçon.

Il s'assoit sur le banc de pierre laissé vacant par le jeune couple et m'invite, d'un signe agacé de la main, à en faire de même. Sachant que je n'y échapperai pas, j'obtempère. Nous restons silencieux un moment. Je trouve mes mains soudainement très intéressantes et les contemple fixement. Un bruissement d'étoffe me fait savoir que le professeur s'est tourné vers moi. Par Merlin, on dirait deux adolescents à leur premier rendez-vous et qui ne savent pas comment dire ce qu'ils ressentent à l'autre. Je me sens rougir à cette comparaison. Réaction typiquement féminine à laquelle je ne suis pas habituée.

- Vous aviez des questions à me poser il me semble, tentais-je après avoir pris une grande inspiration.
- Voulez-vous vraiment y répondre ?
- Pas trop…, répondis-je en haussant les épaules. Mais il est vrai que je vous dois quelque chose pour ce soir.
- Vous n'aurez qu'à répondre par oui ou non.
- D'accord.
- Bien. Vos parents savent que vous vous complaisez à jouer les travestis ? commence-t-il par me demander.
- Oui… et non.
- Ça commence bien…, marmonne-t-il.
- De là où ils sont vous savez, ils ne peuvent pas connaître grand-chose de ma vie actuelle. Ils sont morts.

Le professeur se retourne brusquement vers moi, sans doute surpris par le ton désinvolte sur lequel j'ai dit ça.

- Je ne les ai pas connus, lui expliquais-je. Et puis, c'est un peu à cause d'eux que je me cache aujourd'hui.
- Vous leur en voulez ? s'enquit Snape.
- Je ne sais pas. Pas vraiment je crois. On fait tous des erreurs, la leur était peut-être plus importante. Je ne pense pas avoir à les juger sur ça. Après tout, comme je vous l'ai dit, je ne les ai pas connus et il m'est difficile de les blâmer sans savoir pourquoi ils en ont été rendus à faire ce qu'ils ont fait. De plus, ils m'ont quand même protégée.
- Qu'ont-ils fait pour que vous en soyez rendu à vous cacher sous une fausse identité ?

Je grimace. Je n'ai pas vraiment envie de raconter ça, surtout tant que je ne suis pas sûre que… Je me lance.

- Professeur, je peux vous poser une question… indiscrète ?
- Posez-la toujours, je me réserve le droit d'y répondre.
- Est-ce que vous êtes toujours un Mangemort, ou bien êtes-vous vraiment passé du côté de Dumbledore ?

Il ne devait pas s'attendre à cette question. Sa mâchoire se crispe et il se met soudain à fixer un point droit devant lui.

- Pourquoi cette question ?
- Pour savoir si je peux vous faire confiance.
- Je pourrai vous mentir.
- J'en doute. Mais au cas où l'envie vous prendrez, rappelez-vous que je connais l'Occlumancie et la Legilimancie.
- Je ne suis plus un Mangemort depuis longtemps Mina. Cependant, il se trouve que le professeur Dumbledore aime se tenir au courant des dernières idées du Seigneur des Ténèbres. Aussi, j'évolue toujours dans ce milieu, en tant qu'espion. Me croyez-vous ?

Je ne saurai dire pourquoi mais oui, je le croyais. Peut-être le fait qu'il m'ait appelé Mina d'une manière sincère et naturelle.

- Oui.
- Vous êtes bien la première, se moque-t-il. Je ne sais pas si je dois vous considérez comme quelqu'un de naïf ou de courageux de croire un homme sur ses simples déclarations.
- Considérez-moi alors comme quelqu'un qui a juste besoin de parler.

L'air se fait soudain plus frais. Un vent léger se lève faisant se balancer les arbres et murmurer les feuilles.

- Rentrons, propose le professeur. Vous allez geler sur place.
- Non, je ne crains pas le froid, dis-je en fermant les yeux. Ça me rappelle mon pays, la seule chose de vraie chez moi, la seule chose sur laquelle je ne peux pas mentir, qui se traduit par mon accent.
- D'où venez-vous ?
- Finlande, répondis-je, gardant mes yeux fermés, me complaisant à sentir le vent froid qui caresse mon visage. Si vous avez l'occasion, allez-y, vous ne serez pas déçu… professeur Kalkaros.
- Pardon ?
- C'est la traduction de votre patronyme en finnois, expliquais-je en rouvrant les yeux et en me tournant vers lui. J'aime bien.

Il se renfrogna. De toute évidence, nous n'avions pas les mêmes goûts sur ce point. Il croise résolument les bras sur son torse. Son attitude me fait penser à celle d'un enfant boudeur. J'éclate de rire à la pensée d'un petit Snape énervé, tapant du pied et piquant un caprice.

Le professeur ne s'attendait pas à ce que la jeune femme à ses côtés soit prise d'un fou rire. Il la dévisage, muet et interdit. Il la trouve magnifique, riant ainsi de manière tellement libérée, comme si elle avait oublié qu'elle n'était pas vraiment qui elle semblait être. Il éprouve une étrange satisfaction à savoir que c'est lui qui a provoqué ce rire. Cette sensation le trouble, et il déteste être troublé.

- Est-ce que vous êtes une menace pour Poudlard ? demande-t-il brusquement, d'une voix un peu plus dure qu'il n'aurait voulu, faisant taire le rire de la jeune femme.
- Si vous me demandez si j'ai des envies de meurtres et si j'ai l'intention de me jeter à la gorge du premier venu pour le trucider, la réponse est non.
- Ce que je veux savoir c'est si la révélation de votre secret pourrait nuire à Poudlard.
- Oui, répondis-je dans un souffle.
- Dumbledore pourrait vous aider.
- Non. Il y a des choses qu'il vaut mieux taire, parce qu'elles sont trop dures à regarder en face, parce qu'on en a peur, parce qu'on en a honte…
- Vous n'avez pas à avoir honte pour les erreurs de vos parents.
- Nous sommes deux écorchés par la vie professeur, lui répondis-je en me levant. Vous portez le poids de vos choix passés, je porte celui de mes parents.
- Ne faites pas comme si vous me compreniez.
- Je n'aurai pas cette prétention. Mais vous ne pouvez pas nier que je suis celle qui se rapproche le plus de votre condition. Un secret, pour vous c'est votre rôle d'espion. Une fausse identité, vous devant Voldemort qui croit que vous êtes toujours de son côté. La peur d'être découvert. L'envie de ne plus penser à tout ça. Ne vous est-il jamais arrivé d'avoir envie de vous endormir et de ne plus vous réveiller ? De laisser les autres se débrouiller avec ces problèmes ? D'agir en égoïste ? Je crois que se serait humain de penser ça.

Le professeur se lève à son tour, il me regarde mais ne me répond pas. Il me tend la main.

- Je vous raccompagne à l'intérieur.
- C'est inutile, je préfère rentrer seule, dis-je en repoussant doucement son bras de ma main.
- Comme vous voulez.

J'ai l'impression qu'il est un peu déçu de mon refus. Idée que je réfute aussitôt.

- Un jour, peut-être, je vous raconterai tout. Mais pas maintenant.

Je le quitte. À regret, je dois bien avouer. Demain, Will Murray sera de retour. Envolée la jeune femme qui le temps d'un soir avait goûté aux plaisirs de se sentir vivante. Une impulsion me saisit soudain et je me retourne vers le professeur Snape qui ne m'avait pas quittée des yeux.

- Au fait, puisque vous tenez tant à le savoir, mon prénom c'est Wilhelmina.

Et je fis volte face pour rentrer au château.

Le professeur garda son regard rivé sur la silhouette qui s'effaçait peu à peu dans l'obscurité. Wilhelmina. Un diminutif masculin et un autre féminin. Merlin comme il aimait ce prénom ! Wilhelmina. Une sonorité forte dans la première partie, ensuite atténuée par la douceur de la seconde. Il lui allait tellement bien. Deux notions si différentes réunies. Deux faces d'elle.

- Merci, murmura-t-il dans ce vent glacial qu'elle aimait tant.


Tout d'abord, félicitations à ilai qui avait deviné le prénom. 20 points en plus pour la maison de ton choix! Mais je pensais plutôt à Wilhelmina Murray, dite Mina, la fiancée de Dracula, pas à Ugly Betty (même s'il m'est arrivé de regarder quelques fois). En tout cas bravo!

J'offre aussi 10 points à Seamrag. Elle n'a pas trouvé le prénom mais a fait l'effort de chercher.

Bon, arrêtons les idioties maintenant. Le prochain chapitre sera demain, comme d'habitude, et il est strictement interdit de menacer ou de soudoyer l'auteur pour qu'elle le poste plus vite. Non mais! Bisous à tous!!