Après le précédent chapitre, riche en explications, où nous avons enfin compris le pourquoi du comment, et où Snape a, par une ruse tout à fait serpentarde, prévenu Dumbledore, voilà ce nouveau chapitre... Où ça va barder... Je n'en dis pas plus...
Essaidel: Ravie de voir que tu es encore là, et j'espère que tu t'es bien rétablie. Comme tu dis, commençons par l'essentiel: Sevy est à moi. Je te signale que tu lui as refilé tes microbes et que j'ai du le soigner. Tu ne peux même pas imaginer comme il m'est reconnaissant. Pour les "explications de la mort qui tue" (comment pourrait-il en être autrement?) je tiens à dire qu'il était environ 2 ou 3 heures du mat' quand j'ai réfléchi sérieusement à ce chapitre, donc mon cerveau était encore en mode veille. Contente que tu trouves le prénom à ton goût. Quant à ce qui est de l'amour... Qui vivra verra...
ilai: Petite explication donc... Il se trouve que comme cette histoire se passe en temps de guerre, je pensais que cela ne paraîtrait pas trop bizarre que Snape et Dumbledore soient en train de parler assez tardivement par la cheminée (à propos du rôle d'espion de Snape, des projets de Voldy,...), et comme tu l'as fas si judicieusement remarquer, le château est grand. Le fait est que Will est arrivée à ce moment, et que Snape, dans une tentative réelle (nous l'apprendrons plus tard) de l'aider, a sauté sur l'occasion pour mettre Dumbledore au courant. Cela étant, je conçois le fait que j'aurais dû plus développer cette partie. Le problème étant que j'ai publié cette fic sur un autre site avant de le mettre sur celui-ci, et que la taille des chapitres était limitée, j'ai donc du faire quelques concessions. En tout cas, contente de voir que tu as apprécié quand même.
lyosha: En effet, ça va barder, pour preuve: ce chapitre... Et c'est MON SEVY!!!! Il aimerait d'ailleurs que tu arrêtes de le harceler en réclamant sa propriété! Merci pour ta review en tout cas!
Chapitre XI
De la douleur qu'on ressent à être trahie
Les vacances étaient désormais terminées. Les cours avaient repris tranquillement, me faisant retrouver la monotonie de la vie de Will Murray. Mais peu m'importait. J'avais maintenant quelqu'un avec qui partager mon secret. Bon, le professeur Snape continuait bien sûr de faire comme si de rien n'était, m'enlevant point sur point pendant ses cours sous des prétextes quelconques, ou me remettant « aimablement » à ma place avec l'un de ses sarcasmes bien senti. Je m'en fichais éperdument. Cela me prouvait que j'existais toujours pour lui, malgré le passé de certains membres de ma famille, malgré ce que j'étais. Rien ne me plaisait davantage.
Je me surprenais à l'observer de plus en plus souvent à la dérobée. Je crois que c'était foutu. Mon cerveau de femme avait définitivement adopté l'idée que le maître de potions m'attirait beaucoup plus qu'il ne l'aurait dû. J'aimais la prestance qu'il avait lorsqu'il se déplaçait, sa démarche assurée et étrangement impressionnante. Je me déconnectais tout à fait de la réalité quand j'entendais sa voix doucereuse, avec ses si subtiles intonations suaves. J'adorais me plonger dans ses yeux couleur de ténèbres liquides qui me rassuraient. Je fondais littéralement lorsque mon regard se portait sur le pli dur que formaient ses lèvres. J'imaginais ses mains ailleurs qu'occupées à préparer des potions. Je rougissais à chaque fois qu'il se tournait vers moi alors qu'il me prenait en flagrant délit de matage intensif (je faisais plus attention à ne pas baver sur mon bureau dans ces moments là qu'à être réellement discrète). Il m'achevait carrément lorsqu'il haussait alors un sourcil perplexe, se demandant sans doute ce qui me prenait. Je vous laisse imaginer la difficulté pour une fille devant se faire passer pour un garçon de cacher qu'elle est amoureuse. Amoureuse… Je suis sûre que mes parents ne l'avaient pas prévu dans leur plan.
J'en étais là de mes fantasmes quand un grimoire s'abattit violemment sur ma table, me faisant sursauter. Le ténébreux maître des potions me foudroyait du regard.
- Je vous suggère de vous concentrer sur votre devoir Murray si vous tenez à décrocher une note acceptable à vos ASPICS. 15 points en moins pour Gryffondor.
Bon sang ! J'adorais quand il se mettait en colère. Ses yeux étaient les flammes de l'Enfer et il me brûlait de son regard. Je soutins cependant le brasier de ses iris. Il détourna son regard le premier, regagnant son bureau. Je me replongeais alors dans mon devoir. Il avait raison, je ne devais pas me laisser distraire, même par lui.
Le cours s'acheva normalement et j'étais extrêmement satisfaite de mes réponses au devoir. Je remontais lentement le couloir des Enchantements quand une silhouette émergea d'un recoin sombre situé derrière une armure. L'apparition, assez soudaine en soit, me fit presque lâcher un cri de terreur. Je me retins in-extremis quand je vis qu'il s'agissait en fait du professeur Dumbledore. Il me regarda des pieds à la tête de ses yeux bleus pâles qui auraient presque pu rivaliser avec les miens. Cela me mit mal à l'aise.
- Mr Murray, j'aimerai m'entretenir avec vous. Rien de grave rassurez-vous.
Je le suivis silencieusement jusqu'à son bureau. Il s'arrêta devant une gargouille, prononça un mot de passe que je n'entendis même pas tellement je pensais à ce que pouvait bien vouloir le Directeur, et s'effaça pour me laisser entrer. C'était la première fois que je venais dans cette pièce. Bien sûr, j'avais entendu Harry la décrire. Les tableaux des anciens directeurs, des objets divers et étranges qui reposaient ça et là sur des tables,… Mais ce qui me tardait le plus de voir, c'était Fumseck, le phénix du Directeur. Animal mythique, tout comme Nagini et Najar. L'oiseau était magnifique dans son plumage rouge et or.
- Un bonbon au citron ? me proposa le sorcier (ah ben oui, je ne pouvais pas la laisser passer celle-là).
- Non merci.
- Je n'irai pas par quatre chemins. Je sais que vous êtes en danger et extrêmement convoitée par Voldemort. Votre don est grand. Vous avez eu raison de ne rien dire jusque là, sauf que maintenant vous êtes plus que jamais exposée. Je sais que vous ne souhaitez pas une garde rapprochée. Il est vrai que cela éveillerait les soupçons. Mais nous ne pouvons pas prendre le risque que vous soyez blessée non plus, car nous savons tous les deux ce qui se passerait si l'ennemi entrait en possession de votre sang. Après y avoir longuement réfléchit, je pense qu'il ne reste plus qu'une solution. Avez-vous entendu parler de l'Ordre du Phénix ? Nous pourrions vous amener et vous garder au quartier général pour que vous y soyez en sécurité. Du moins, le temps que l'on trouve une solution à long terme. J'en ai parlé au professeur McGonagall et elle approuve l'idée. Qu'en pensez-vous Mina ? La situation devient trop dangereuse et trop urgente pour que vous gériez ça seule.
Je me contente de garder mes yeux fixés sur lui, choquée, interdite,… et je ne sais quoi d'autre encore. Il sait tout. Et il expose même les arguments que j'ai donnés au professeur Snape lorsqu'il m'a demandée pourquoi je n'avais pas prévenu le Directeur. Snape… il n'aurait quand même pas osé ? Non. Il sait que c'est important pour moi. Il ne m'aurait pas trahie. Dumbledore avait dû écouter aux portes. Aux portes ? J'ai soudain comme un flash back et je retourne à la soirée où j'ai tout révélé au maître des potions. Je le revoie fixer intensément un point dans les flammes de la cheminée. C'est après ça qu'il m'a posée la question sur Dumbledore. Se pourrait-il que… ?
Je sens une main qui se veut bienveillante se poser sur mon épaule. Je croise le regard presque paternel du mage.
- Ses intentions étaient louables. Il croyait bien faire.
À ces mots, je sors en trombe du bureau. Il m'a menti depuis le début. Depuis le commencement il n'a fait que jouer un rôle pour se rapprocher de moi, pour obtenir les informations qu'il voulait. Il a fait semblant de me comprendre. Il a usé de son charme pour me mettre en confiance. Des larmes coulent sur mes joues, des larmes de rage, des larmes d'humiliation. Il a réussi à briser tout ce pourquoi j'ai vécu pendant 17 ans. Il a balayé d'un revers de la main tous les sacrifices que j'ai faits. Il m'a fait croire que j'étais quelqu'un. Tout ça n'était qu'une comédie, il se fichait éperdument de ce que je pouvais penser et ressentir.
Je cours en enchaînant couloirs et escaliers. Je veux le voir. Il va connaître la colère d'une finlandaise, la colère d'une Nevalainen. Maudit soit-il ! Je sens mon cœur qui me fait défaut. Mon cœur faible de femme qui s'est stupidement entiché d'un homme qui le fait à présent souffrir. Il souffrira autant que moi. J'arrive au niveau des cachots. C'est l'heure du déjeuner, personne dans les couloirs mais je sais qu'il est encore dans son bureau. Je sors vivement ma baguette de la poche.
- Destruo ! criais-je.
La porte en bois vole littéralement en éclats, projetant une multitude d'échardes de tous côtés.
Le professeur Snape, même s'il était habitué à des situations extrêmes du fait de sa condition d'espion, ne prit pas à la légère l'expression de haine de la jeune femme qui s'avançait vers lui, baguette en main, au milieu d'un nuage de poussière. Il porta même la main à sa propre baguette en prévoyance. Il évalua rapidement la situation. Avec le temps, il avait appris à ne pas sous-estimer ses adversaires. La jeune femme était peut-être une élève mais il se doutait qu'elle était assez énervée pour faire de sacrés dégâts. Il n'y avait qu'à voir ce qui restait de la porte. Il choisit de se taire, devinant que s'il parlait il ne ferait qu'aggraver les choses, et la colère de l'adolescente. Pourvu qu'elle ne soit pas en période de menstruations en plus, sinon son irritation serait à son maximum, pensa le maître des cachots.
J'observe avec attention la réaction du professeur. Malgré le fait indéniable que j'ai dû le surprendre, il garde sur son visage son masque froid et inexpressif. J'ai cependant noté qu'il s'était saisi de sa baguette, la gardant toutefois dans un pli de sa cape. J'en déduis qu'il a compris que je ne viens pas pour prendre le thé, et qu'il se méfie de moi.
- Alors ? Vous n'avez rien à me dire ? demandais-je de l'air le plus menaçant que je pouvais.
- Vous me devez une porte Murray.
Je pointe ma baguette en direction de son cou. Je me demande encore quel sort je vais pouvoir lui jeter en premier. Malheureusement, le professeur Dumbledore arrive à ce moment. Au vu de la vitesse à laquelle je suis partie de son bureau, il a dû trouver plus sage de me suivre.
- Miss, abaissez cette baguette, ça ne sert plus à rien, ce qui est fait est fait, dit-il calmement. Le professeur Snape a pensé que me prévenir était la meilleure des solutions, pour vous aider, vous protéger, et protéger les autres élèves. Nous allons vous amenez dans un endroit où personne ne pourra vous trouver. Lorsque la guerre sera terminée, vous n'aurez plus rien à craindre et vous pourrez reprendre une vie normale.
- Ma vie n'a jamais était normale, lui rétorquais-je en abaissant ma baguette. Mais au moins, j'étais libre, je pouvais aller où je voulais sous l'identité de Will Murray. Je ne vous laisserai pas me prendre ça, me laisser m'enfermer. Ma liberté c'est tout ce qui me reste.
Je reporte mon attention sur Snape. Alors même que je suis toujours furieuse contre lui, j'éprouve encore le besoin qu'il me prenne dans ses bras pour me rassurer, me dire que tout va s'arranger. Et cette sensation a le don de m'énerver encore plus.
- Comment avez-vous pu ? Vous êtes… Je…, balbutiais-je sous l'effet de la colère.
- Sujet, verbe, complément Murray, se moque-t-il.
Là s'en est trop. Ma main part toute seule. Le professeur se retient de justesse à son bureau. Il se retourne vers moi en portant une main à son nez. Je ne pense pas l'avoir cassé, mais un filet de sang s'en échappe. J'ai été élevée comme un garçon, je n'allais quand même pas me contenter de le gifler, un peu trop mélodramatique je trouve. Non, un coup de poing c'est mieux.
- Paskiainen ! Petturi ! Valheellinen ! Luotin teidän ! Te inhoa minua ! En halua nädhä teitä ja ei puolestaan yli puheen vuoro (1) ! lui jetais-je à la face.
Je fis ensuite volte face et sortis de la pièce, la tête haute, sans accorder le moindre regard au professeur Dumbledore. Une attitude qui aurait fait fureur dans une tragédie grecque.
Le professeur Snape était resté muet face à la colère de son élève. Il bénit le fait de ne pas connaître un seul mot de finnois car quelque chose lui disait que ce que Mina venait de dire n'était pas des compliments. Et il espérait ne jamais en avoir la signification.
- Et bien Severus, vous auriez pu vous intéresser à une élève ayant un caractère plus agréable, vous croyez que je n'ai déjà pas assez à faire avec le votre ? Mais je trouve qu'elle l'a plutôt bien pris.
Cette remarque valut un regard assassin à Dumbledore.
(1) Les insultes de Mina envers Snape (heureusement qu'il ne comprend rien au finnois), en voici la traduction: Salaud! Traître! Menteur! Je vous faisais confiance! Vous me dégoûtez! Je ne veux plus vous voir et ne m'adressez plus la parole!
Quelle délicatesse franchement... Pensez-vous que ça va s'arranger? Ou pas? Une petite review pour me dire tout ça??
