Majutsu
Disclamer : Rien ne m'appartient, les personnages sont à J.K.R et la trame à Orson Scott Card
Voilà un nouveau chapitre de Majutsu, je m'excuse de mon absence longue et non expliquée. Mais croyait moi j'avais de bonne raison et je vous prie de ne pas m'en tenir rigueur.
Oh et je n'est plus de bêta donc l'orthographe et plutôt nulle. Si quelque veut bien devenir ma/mon bêta...
Ceci est un slash (en général), il y a donc sentiments entre deux personnes de même sexe.
en italique; pensées
«entre»; paroles
en gras; mots en russe
La fosse
partie II:
Le semestre venait de s'achever et Pansy était passée à la maison. Dés le début, la fiancée de son fils avait déplus à Narcissa Malefoy. Elle n'aimait plus passer de temps avec depuis le jour où elle s'était rendu compte que son enfant ne devait surtout pas l'épouser.
Pourtant ce n'était pas la faute de cette jeune fille; c'était Dray qui était en cause : il lui arrivait une chose qu'il ne comprenait pas, il était lié, il n'avait plus la liberté de se marie, mais la jeune fille était là , avec sa bague au doigt et le droit d'entrer chez les Malefoy comme bon lui semblait, pour faire des remarques désobligeantes sur la correspondance en pointillés de Draco.
«Ma mère me dit s'en cesse ''il ne se conduit pas en jeune amoureux'', et je doit lui répéter qu'il effectue des recherches, qu'il à du travail par dessus la tête, qu'il passe ses journée à lire et écrire, et qu'il n'a aucune envie de recommencer une fois que les bibliothèques sont fermées.»
Pansy parlait d'un ton presque amusé, elle avait tenu se genre de discours assez de fois pour ne plus paraître fâchée: l'absence de courrier de la part de Dray ne la touchait pas.
Lucius souriait en hochant la tête de façon mécanique; des années d'expériences avait appris a Narcissa qu'il supportait difficilement les conversations sur la pluie et le beau temps, et, qu'en elles étaient répétitives comme ici, il devait se tenir à quatre pour ne pas quitter la pièce pour, enfin, utiliser son temps à quelque chose d'utile. Mais, pour Dray, il serrait les dents.
«Quand même, il doit bien vous écrire, Lucius, à propos de ses recherches.», dit Pansy.
Lucius! Quel prénom pour un juif! Naturellement il en avait un juif, choisi au moment de sa conversion, mais il avait établi sa réputation mondiale sous le nom de Lucius et il n'avait nullement l'intention de tout abandonner.
«Non, pas souvent, répondit Lucius. Mais il aura amplement le temps de m'en parler qu'en je lirai les brouillons de son mémoire.»
Et il eut un sourire mi-figue mi-raisin.
Pendant qu'ils discutaient du travail qu'il resterait à Dray en rentrant à la maison, Narcissa se déconnecta de la conversation et brancha ses pensées sur son fils, sur l'étrange impression qu'elle éprouvait à entendre la jeune femme, presque encore une enfant, l'évoquer en des termes si possessif, parler de son avenir comme si s'était le sien, à elle.
Quand je le tenais dans mes bras et lui murmurait son vrai nom à l'oreille, celui que seul Merlin et moi pouvions entendre et comprendre, ce n'était pas pour le donner, à peine vingt-ans plus tard, à cette petite américaine, à cette fille bourgeoise, cette enfant de l'argent et des imitations des country-club.
Dray avait de la majesté, ce mariage n'était qu'une banalité.
Suis-je bête! Se dit-elle soudain. Le mariage c'est la banalité; le but du mariage c'est de générer la banalité, de créer un environnement sûr et prévisible pour les enfants, les fondations de la vie, la source et la paix intérieure. Que voudrais-je donc pour lui? Une agitée? Une fauteuse de troubles? Une reine?
Elle faillit éclater de rire.
«J'ai dit quelque chose de drôle?», demanda Pansy avec une perplexité feinte.
«Pardon, répondit Narcissa. Mes pensée se sont égarées un instant, je songeai à autre chose. De quoi parlions nous?
-Je ne sais plus, mais ce à quoi vous pensiez avait l'air nettement plus drôle; racontez-nous!
-Oui, s'il te plaît», renchérit Lucius d'un ton dont l'ironie à peine dissimulée signifiait; Je t'en prie épargne moi d'avoir encore à lui faire la conversation !
Cette gamine était-elle à ce point bête qu'elle ne sent rendit pas compte? Mais toi, Lucius, ne soit pas si persifleur avec elle; après tout cela était ton idée et nous allons devoir l'écouter parler pendant de longues années, s'il n'entre pas un grand vent de bon sens dans la tête de notre fils.
«J'ai parfois du mal à suivre l'anglais, dit Narcissa. Ça me demande beaucoup d'effort.
Je regrette parfois de ne pas mieux parler russe, fit Pansy.
Mais vous ne parlez pas russe, ou bien si? Intervint Lucius surpris.
Je sais dire palajusta.
Polajusta, la reprit Lucius. S'il vous plaît.»
Pansy éclata de rire. « Vous voyez ? Même ça, je ne sais pas le prononcer correctement. J'ai bien peur que nos enfant ne soient pas bilingues.»
Mais, à l'évocation des enfants, sont regard se fit lointain et ses yeux se portèrent au-delà du paysage du calme jardin Malefoy entrevu par la fenêtre.
Une alarme se déclencha au fond de Narcissa: il y avait un problème. Elle ne veut pas d'enfant.
C'est ainsi que Merlin ordonne toute chose; dans les vieux contes, quand un homme épouse une femme qui ne lui est pas destiné, leur union reste stérile; autrefois la femme ne pouvait pas concevoir ou porter un enfant. Évidemment, aujourd'hui, la femme peut choisir elle-même de sa propre stérilité, mais cela revient au même, non ?
Dray ne doit pas épouser cette fille. Si seulement il voulait bien écouter sa mère...
«Vu la façon dont les enfants parlent de nos jours, dit Lucius, vous aurez déjà de la chance s'ils connaissent une langue.»
Narcissa se pencha légèrement dans son fauteuil; aussitôt, l'attention de Pansy se porta sur elle.
Elle ne s'en rendait peut-être pas compte mais elle savait qu'elle s'était trahie et que Narcissa l'avait remarqué.
La communication se passe, parfois, ainsi entre femmes; peu d'entre elles le comprennent réellement, mais toutes en dépendent. La fameuse «intuition féminine», n'était nullement de l'intuition, mais une capacité supérieur d'observation, l'enregistrement inconscient d'indices subtils.
Pansy savait que sa future belle-mère était opposée a son mariage et qu'elle venait, sans savoir comment, d'apporter de l'eau a son moulin. Elle le savait, mais l'ignorait en même temps; elle se sentait simplement nerveuse, mal à l'aise, et davantage encore lorsqu'elle s'adressait à la femme blonde.
Narcissa, elle, n'avait pas besoin d'analyser la situation : elle savait parce qu'elle s'y était formée; c'était une école au moins aussi rigoureuse que l'université, mais sans diplôme à la clé, sans titre à placer derrière son nom. Elle savait, tout simplement, et, à la différence de la majorité des femmes, elle savait précisément pourquoi et comment.
«Pansy, vous n'avez pas l'intention d'avoir beaucoup d'enfants.», dit-elle, et elle adoucit aussitôt ce préambule par une remarque plus générale. «Aujourd'hui, les jeunes Américaines n'en désirent pas autant qu'autrefois.
Vous n'en avez eu qu'un vous-même» répliqua la brune sans cesser de sourire mais sur la défensive, comme l'attestait la réponse.
Narcissa laissa poindre l'ancien douleur, qui demeurait jusque là au plus profond d'elle, des larmes perlèrent à ses yeux.
«Ce n'était pas le désir qui me manquait.», fit-elle.
Son sentiment était tout à fait sincère; le laisser paraître à se moment là était en revanche parfaitement prémédité- et ce fut efficace.
«Naturellement, vous vouliez remplir votre rôle traditionnelle d'épouse et de mère, reprit Pansy. C'est la religion du dénuement: vous vous sentez obligée de faire des fils qui hériterons et des filles qui donneront naissance à d'autre fils aux générations suivantes.
Ah bon? Ça s'arrête là ? Demanda Narcissa.
Bien entendu, il y a aussi l'impératif biologique de la reproduction, répondit Pansy.
Que de grands mots.» murmura Narcissa.
Lucius n'était pas complètement inattentif : il capta l'ironie de la voix de sa blonde épouse et tendit l'oreille pour suivre l'exposé de Pansy.
Celle-ci partie sur de grande théorie, mêlant ;Adam et Éve, notion des deux Bibles , et plus encore.
«Quelle érudition ! Observa Lucius.
Je n'y suis pour rien : mon cours de judaïsme féminin de ce semestre m'a ouvert les yeux.
Ah! fit Lucius.
La valeur d'une femme ne tient pas au fait qu'elle porte des enfants ni à sa docilité; elle tient à sa capacité à prendre des décisions audacieuse, comme celle d'Éve et le fruit défendu; Adam n'a fait qu'imite. C'était elle la rebelle, lui s'est contenté de suivre; or pourtant on parle de la «chute d'Adam».
C'est du moins le terme qu'emploient les chrétiens», dit Lucius, manifestement de plus en plus effaré.
«Vous devez me prendre pour une radicale, une apostate ou je ne sais quoi» fit Pansy.
Non, songea Narcissa; je te prend seulement pour une femme dont la philosophie qu'elle s'est choisie ne lui permet pas de donner d'enfants à mon fils, auquel tu n'est pas destinée.
«Bien sûr que non, se récria Lucius.
Mais c'est ce que pense Narcissa.»
Et voilà, le gant avait été jeté.
«Le cours dont vous parlez était sûrement très intéressant, dit la blonde, mais vous savez le mal que j'ai a suivre les discussions en anglais.»
Un sourire, à peine teinté de moquerie, apparut sur les traits anguleux de Pansy.
«D'après Draco, vous comprenez parfaitement l'anglais sauf qu'en vous n'en avez pas envie.»
Tiens donc! Le petit était plus observateur qu'elle ne l'avait cru.
«C'est ce que dit Dray ? Demanda Narcissa d'un ton volontairement peu peiné. Ma foi il à peut être raison. Quand l'émotion me prend, j'ai davantage de difficultés à comprendre l'anglais.
J'ai donc bien dit quelque chose qui vous à bouleversée.
Ce qui me chagrine, c'est que mon fils manque de coeur au point de repousser le moment de retrouver sa fiancée. Quelle épreuve pour vous, ma pauvre enfant! Ne pas avoir votre amoureux prés de vous, voilà du vrai dénuement, nu?»
Dés lors, la conversations revient en terrains plus sûr et quelques minutes plus tard, Pansy annonça qu'elle devait passée voir ces parents.
«Comment? Vous êtes venue d'abord chez nous avant de rendre visite à votre propre mère? Fit Narcissa. C'est trop gentil!
Elle espérait un mot de notre fils, le non-épistolier», glissa Lucius.
Pansy éclata de rire, fit la bise à chacun et s'en fut.
«''Nu?'' fit alors Lucius. Tu te mets au yiddish, maintenant?
J'entends les femmes parler à la synagogue; je me mets au diapason», répondit Narcissa.
Cette Pansy !, soupira Lucius. À ton avis, elle croit vraiment à toutes ces bêtises ?
Elle y croit pour l'instant, dans tout les cas. Mais comme pour la plupart des féministes de classe, la théorie ne l'empêche pas de se marier.
Parce que tu est spécialiste de la question?
J'entends les femmes parler de leurs filles à la synagogue.
Tu sais ce que j'ai pensé ? Pendant qu'elle s'échauffait sur ses stupides relectures anti-historiques de la Bible , je me suis dit soudain; Son professeur doit être un parfait crétin!, et puis, de fils en aiguille, je me suis aperçu que son exaltation à répéter mots pour mots les fadaises apprises à la faculté, était exactement la même que manifestent certains de mes étudiants; et il m'est apparu que ce que nous, professeurs, appelons un étudiants brillants, n'est rien d'autre qu'un élève enthousiaste converti aux idées que nous lui enseignons.
Se connaître soi-même est un processus douloureux , déclara Narcissa. Quelles affres de découvrir que ses meilleures étudiants ne sont en fait que de vulgaire perroquets !
Ah oui, mais les étudiants qui se farcissent la tête de mes idées et les recrachent à la demande disent au moins des choses intelligentes, même si elles viennent de moi.
Surtout si elles viennent de toi.
C'est ma mission sur terre.» Il embrassa Narcissa « Remplir des têtes vides.»
Pendant le repas, ils parlèrent de choses et d'autres, et, se turent parfois, savourant le silence détendu, né d'une longue amitié, d'une existence partagée.
C'est seulement en se levant de table que Narcissa aborda la question qui lui tourmentait l'esprit.
«À ton avis, le fait que Dray n'écrit pas à Pansy pourrait-il signifier qu'il ne veut plus l'épouser?
Non, répondit Lucius. À mon avis, il n'y pense pas c'est tout; il est obnubilée par son travail.
Et toi quand tu travail, tu ne m'aime plus?
Ce n'est pas pareil. Nous sommes mariés et tu est ici.
Mais si tu te trouvais en Russie, comme Dray, tu ne m'écrirais pas toi non plus?»
L'homme blond réfléchit une seconde. «Je ne serai pas parti sans toi, dit-il finalement.
Que voilà des termes soigneusement pesés !
Je ne partirais pas sans toi; sans toi, je ne serai pas.»
Elle l'embrassa tendrement, avant de l'entraîner dans leur chambre.
HpDmHpDmHpDmHpDmHpDm
Comme promis, le cousin Black avait envoyé quelqu'un le chercher, c'était un vieux majordome grisonnant et à l'air sympathique, qui répondait au nom de Dobby. Il était assis au volant de la voiture du domaine Black. «Tout le monde se réjoui de votre retour Monsieur Malefoy, dit-il. Vous avez drôlement grandi !» Un petit rire lui échappa. «Normalement, un savant, porte des lunettes et des livres sous le bras.
Pour ce qui est de porter des livres, j'en est largement fais ma part, de plus je n'y peut rien si mes yeux sont encore bon.
Je vous asticotais Monsieur à cause de vos larges épaules. Qui aurait cru cela lorsque vous étiez petit?»
C'était le saut à la perche, le disque, le javelot et le poids, qui lui avait donné des épaules larges et bien formées; ses cuisses musclées et ses fesses fermes, il les devaient à la course à pieds, et les kilomètre d'endurance lui garantissait souplesse et minceur.
La nuit était tombé lorsqu'ils arrivèrent au Manoir Black.
En l'honneur de Draco, Molly, la gouvernante du Manoir, avait préparée, de quoi mangé en quantité extraordinaire – crêpes fourrées au fromage maison et nappées de crème aux truffes, rouleaux de choux à la viande...
Rassemblant son courage, le jeune homme mangea à s'en éclater la panse ; il n'avait pas le choix si il voulait éviter de vexer ses hôtes dés le premier soir.
«Je ne mange jamais autant à la maison, expliqua-t-il. Ne me préparer plus de tel repas ou je vais mourir d'indigestion.
Ça n'a que la peau sur les os et ça se plaint de trop manger!» s'exclama la femme rousse, et elle voulut lui tâter le bras en s'attendant manifestement à le trouver aussi maigre que quand il était enfant, mais elle dût se servir de ses deux mains pour entourer son biceps.
Sirius se mit à rire, d'un rire bien particulier qui aurait pu s'apparenter à celui d'un chien. « Eh il n'est pas si maigre que ça!» fit-il.
Il lui avait préparer la même chambre que lorsqu'il était petit, c'était une grande chambre dans les tons bleu-vert. Une immense fenêtre prenant la plus grande partie du mur, faisant face au lit baldaquin, offrait une magnifique vue sur le jardin du manoir et la rodina.
Mais, ce soir là, il dormit mal: il avait du mal à trouver le sommeil dans un lit trop grand et dans se Manoir qui lui semblait inconnu, et c'était peut-être là le problème; il avait vécu autrefois dans une époque de tension. Bref, quelle qu'en fût la raison il ne cessait de se réveiller.
Pour finir, à l'heure où l'aube pointait, il fus pris d'une envie de voir le soleil commencé sa course. Il ne pouvait rester dans son lit; les paupières lourdes, courbatu de s'être tourné et retourné tout au long de la nuit, il enfila quelques vêtement en grimaçant: dans ces collines, le printemps n'était guère en avance et il allait faire frisquet dans les jardins du domaine.
Cependant, l'envie fut plus forte. Une fois dehors, les bras serrés sur la poitrine pour se tenir chaud, il scruta les environs à travers la brume de sa propre haleine, dans la vague lumière du point du jour, il vit les arbres peut à peu être éclairés, les premiers rayons solaire caressant leurs feuilles. Il entreprit de faire le tour du jardin, appréciant la vue du jardin au réveil. Au bout de son circuit, il pensa à rentrer à l'intérieur, légèrement tremblant.
D'après les bruits que faisait Molly dans la cuisine, le petit déjeuner menaçait d'être aussi copieux que le dîner de la veille.
Draco ne pouvait pas continuer à s'empiffrer ainsi; aussi, avant son footing matinal, fit-il une halte pour embrasser la gouvernante et lui déclarer: «J'ai pris la décision de rester ici seulement le temps d'avaler deux fois mon poids en nourriture ; vu les quantités que tu cuisine, je devrai partir d'ici demain après-midi.»
Elle éclata de rire comme si cela était une plaisanterie.
«Molly, je vous en supplie!», il fit signe de tomber à genoux. «Je suis un sportif, je fais de la course à pied, je ne peux pas manger autant!
Mange ce qui te convient, répondit-elle. Personne ne t'oblige à trop te nourrir.
Mais j'ai peur de te voir froncer les sourcils si je prend de trop petites parts ; j'ai peur de vexer la meilleure cuisinière de toute l'Ukraine.
Qu'elle se vexe si ça lui change, rétorqua-t-elle. Moi, tu ne me vexeras pas, parce que je ne tire pas de fierté de ma cuisine ; je sais quelle est simple et que tu dois bien mieux manger en Amérique.»
Draco éclata de rire et l'embrassa, mais il se savait coincé : s'il ne voulait pas entendre de nouveau Molly dire que la cuisine américaine était bien supérieur à la misérable chère ukrainienne qu'elle préparait si bien, il devait se servir copieusement de tout. Il avait donc intérêt à commencer dés aujourd'hui par un solide jogging.
Il gagna la route au petit trot en s'étirant pour éliminer la raideur de ses articulations et le froid du matin, puis prit un rythme à longues foulées qu'il savait capable de tenir la moitié de la journée, voire davantage.
S'il voulait survivre aux repas de Molly, il lui faudrait une bonne course par jour, peut être même deux.
Les routes était en meilleur état, mais guère car les dernières années n'avaient pas été faciles pour l'union soviétiques et l'argent manquait pour les dépenses d'équipement et l'entretien des infrastructures.
Soudain, il prit conscience de l'endroit où il se trouvait: au nord en coupant à travers les bois, puis en virant légèrement au nord-ouest,il arriverait au milieu de haut arbres massifs aux frondaisons si denses que rien ne poussait à leurs pied ; là, il verrait une clairière, en son milieu un fosse remplie de feuilles sous lesquelles une créature rodait.
La peur qu'il éprouvait lui restait incompréhensible mais elle existait bel et bien. Il s'attendait à demi à voir une bête énorme, gardienne de la fosse, jaillir des feuilles et lui arracher la tête d'un coup de patte, comme pour le punir de son intrusion des années plus tôt.
C'est irrationnel, se dit-il, c'est pure sottise. Il ne c'est jamais rien produit, tout n'était qu'un cauchemar né de mes peurs et de ma colère de l'époque; il n'y a pas de fosse, pas même de clairière et surtout pas de créature en train de se mouvoir sous les feuilles.
Draco éclata de rire en secouant la tête, mais sa voix lui parut trop sonore et forcée dans l'éclatante lumière du soleil. Siffler dans le noir, n'était-ce pas là l'expression?
Il continua de courir sur la route pendant deux ou trois kilomètres en essayant de se persuader qu'il ne pensait plus à son cauchemar d'enfant, qu'il ne revoyait pas le visage à demi dissimulé d'une femme étendue sur un piédestal, au milieu de menace inconnues.
Étant donné que Draco tendait à penser que la trame des contes de fées convergeait parce qu'ils répondaient à des désirs psychologiques innés, il ne pouvait que se demander quel mythe personnel il s'était bâti par ce rêve.
Quel désirs l'avaient mû, enfant, pour inventer un tel décor, une femme si belle, un péril si ineffable et onirique?
Était-il le héros arraché à son foyer et qui avait désormais besoin d'un but à sa quête? Ou bien quelque monstre caché dans l'abysse de feuilles l'attendait-il pour livrer combat? Et l'ensemble était-il conçu pour donner un sens à la décision absurde de ses parents de le dépouiller, non seulement de son foyer,mais aussi de son nom, de son identité, de sa langue natale et de ses amis? À moins que ce ne fût un moyen de concrétiser la peur indicible que suscitait en lui tout ces changements. Dans ce cas, le rêve avait rempli son rôle ; il avait pu entreposer toutes ses craintes sous l'amoncellement de feuilles au coeur de la forêt et les laisser derrière lui en quittant la Russie. Enfin, il était en sécurité, avec le monstre bloqué sous le lit de feuilles, au loin.
Or, à présent qu'il était adulte, heureux et bien adapté, le besoin de cette histoire n'aurait plus dû se faire sentir; pourtant, il n'arrivait pas à s'empêcher de penser à la femme, à la fosse, au gardien qui soulevait les feuilles sur son passage. Il y avait donc autre chose, un désir toujours inassouvi. Mais oui! Ce n'était pas seulement le monstre qui l'obsédait: c'était la femme allongée sur l'îlot central.
Il s'était trouvé l'âge idéal pour créer son mythe personnel : les hormones de la puberté commençaient à circuler dans son organisme mais aucune modifications physique ne s'était encore produite en lui, si bien qu'il était la proie de toute sorte de désir tout en ignorant quel en était l'objet.
Une chaste princesse prisonnière d'une île en pleine forêt !
Des feuilles mortes au lieu d'eau dans la douve, la princesse sur un piédestal, recouverte de débris végétaux qui s'écartent sous les pas dès que l'on tente de franchir la prairie-fosse pour se porter à son secours!
Aujourd'hui adulte, il pouvait rire de ses propres fantasmes, faire semblant de s'amuser de sa personnalité d'enfant-mais s'abuser lui-même n'était pas son fort, de façon volontaire en tout cas : il avait toujours peur, peut-être même plus que jamais.
Au retour de son jogging, il dut repasser à l'endroit fatidique et, malgré sa fatigue, il piqua un sprint.
Pourvu qu'aucune créature ne jaillisse des arbres, ou alors qu'elle me trouve déjà loin, en train de filer comme le vent!
Très bientôt, il fut rentré, en nage et affamé, pour se joindre à Sirius à la table du petit déjeuner-mais celui-ci ne s'y trouvait pas.
«Il est toujours dans le jardin? Demanda Draco.
Oh non: il avait des affaires à traiter en ville , répondit Molly. Il compte déjeuner là-bas avec un de ces amis.»
Draco jeta un coup d'oeil à la table où trônaient des miches de pain, un saladier d'endives aux noix, des sandwiches,des petit pois, du fromage et de la saucisse en profusion.
«C'est pour nous deux ce petit déjeuner?»
Elle éclata de
rire. «Oh non! Je ne prend plus de petit déjeuner! Je me contente de thé et d'une tartine.
C'est pour moi tout ça!
Seulement ce qui te plaît. Je sais que tu mange bien mieux chez toi, de bons hamburger, des milkshakes, mais...
Ne me parle pas de cette répugnante cuisine américaine quand un tel festin m'attend!»
Et, avec un appétit feint, il se mit à table et entreprit de dévorer.
Oui c'était maintenant certain : il fallait que Sirius l'emmène en ville dés demain. Il prétexterait de quelconques recherches à faire; un autre repas comme celui-ci lui serait fatal.
Après manger, Draco voulut prêter main au tâches ménagères mais Molly lui opposa un refus obstiné: il n'était pas question qu'un noble fasse le travail d'une gouvernante: c'était contre nature.
Et c'est ainsi que Draco se retrouva à aider Arthur, l'époux de cette chére Molly, dans la taille des rosiers, ainsi que tout autres sortes d'arbustes de l'immense jardin Black.
Il se retrouva, sa tâche achevée, dégoulinant de sueur et ne supportant plus de se sentir crasseux et couvert de démangeaison.
Pourtant, à la porte de service du Manoir, Molly lui refusa l'entrée.
«Tu veut me mettre de la terre de partout? Fit-elle en le toisant. Déshabille-toi et vas déposer tes vêtements à la buanderie. Je vais te faire couler un bain. Déjà tout petit tu revenais crotté de la tête au pieds!». Mais tout cela dit sur un ton si enjoué que Draco ne put que sourire et se plier au ordres.
Ainsi que l'on lui avait prédit, le travail effectué avait consumé le petit déjeuner ; Draco n'avait pas un appétit féroce pour le dîner, mais au moins le repas du matin ne lui gonflait plus le ventre. Et lorsqu'il se surprit à s'assoupir pendant le repas, il comprit qu'il avait gagné le droit de refuser de manger sans vexer personne.
«Mon pauvre petit,dit Molly. Va te coucher avant de piquer du nez dans ton assiette.»
Comme la veille, il se réveilla à l'aube, encore plus courbaturé que la veille. Le maniement de la tenaille lui avait laissé le dos douloureux et les mains à vif malgré les gants qu'il avait portés.
Sa première envie fut de retourner dans son lit pour se rendormir, mais cela ne l'aurait mené nulle part, il le savait; il devait se lever et faire de l'exercice pour faire passer ses courbatures.
Il envisagea de changer de direction, de se tourner vers le village proche du Manoir, au lieu de faire son footing dans la forêt ; mais au village il serait obligé de discuter avec les uns et les autres-ce n'était pas Kiev ou l'on ne prêtait pas attention aux inconnus.
Or, à cette heure de la journée, il préférait la solitude.
Et puis allait-il permettre à ses délires personnel de l'empêcher de profiter du plus beau paysage de la région?
À petites foulées, il se rendit donc à l'embranchement où le sentier s'enfonçait dans les bois et passa devant sans y jeter un coup d'oeil; au retour, il ne pressa pas non plus le pas. Le site avait perdu sont emprise sur lui.
Du moins le croyait-il: cette nuit-là, malgré une journée enrichissante en ville, il ne cessa de se réveiller et de retomber dans un rêve, toujours le même, celui qu'il avait toujours fait.
Et, quand enfin le matin arriva, il savait ce qu'il n'avait jamais compris jusque-là.
Lorsque sa mère, à la suite d'un rêve qu'elle avait fait, lui avait dit qu'il ne devait pas épouser Pansy, il n'avait vu que fadaise de sa part. Mais maintenant, il se posait des questions; sa mère le connaissait mieux que quiconque; peut-être était elle au courant d'un fait impossible à exprimer, qu'elle ne comprenait pas vraiment.
Peut-être sentait-elle ce qui rendait ce lieu imaginaire très important pour Draco.
Peut-être devait-il surmonter sa peur avant d'épouser Pansy?
Peut-être était-ce la raison pour laquelle il avait inventé un désir impulsif de revoir le Manoir du cousin Sirius: parce qu'il ne pouvait pas devenir l'époux de Pansy tant que le monstre rôdait dans la fosse autour de l'inaccessible endormie.
Mais si tout le problème était psychologique comment allait-il le résoudre?
Avant tout, il fallait peut-être se rendre sur place pour se convaincre que tout était une invention.
Certes, il est possible que la clairière existe, mais elle ne serait pas parfaitement circulaire, une femme ne serait pas étendue en son milieu et les feuilles joncheraient sur le sol parfaitement normal au lieu de combler une fosse.
Peut-être lui fallait-il constater l'irréalité de ses souvenirs avant d'entamer la guérison de cet accroc à sa psyché.
Aussi, ce matin-là, dirigea-t-il sa course vers le sentier de la forêt, et, sans hésiter, il pénétra hardiment sous les arbres.
Le chemin était difficile à distinguer et le souvenir que Draco gardait du trajet fort vague.
Si la clairière n'existait pas comment saurait-il qu'il avait découvert l'endroit où elle ne se trouvait pas afin de démontrer à son inconscient que le monstre n'avait aucune réalité, la prisonnière non plus, et qu'elle n'avait par conséquence nullement besoin de son secours?
Mais ses inquiétudes étaient vaines. Au bout d'une longue course, le sous-bois s'éclaircit. Le blondinet comprit qu'il s'approchait du but.
La vaste forêt aux fûts massifs, l'absence de taillis, tout cela était bien réel, de sorte qu'il avait l'impression de courir dans un Parthénon sans fin dont les immenses colonnes se perdaient dans une voûte vert pâle d'une immensité inimaginable.
Il approchait...
Et puis il arriva.
La clairière, parfaitement circulaire, couverte de feuilles, exactement telle qu'il la voyait depuis des années dans ses rêves et ses souvenirs.
Elle était réelle.
Naturellement la clairière était réelle, mais nulle femme n'apparaissait au milieu, rien qu'un petit monticule. Nulle fosse non plus, car quand il avança les feuilles ne s'écartèrent pas en tourbillonnant pour laisser voir...
Les feuilles s'écartèrent en tourbillonnant.
Il se tenait aux bords d'une profonde fosse. Exactement tel qu'il se le rappelait. Elle n'avait rien d'imaginaire.
Et, à l'extrémité diamétralement opposée, quelque chose se mit à se déplacer en agitant les feuilles, comme une taupe qui creuse sous une pelouse, mais beaucoup plus vite, et dans sa direction.
La première fois, ce mouvement l'avait précipité dans une fuite éperdue ; mais il était aujourd'hui plus âgé, plus sur de ses capacités.
Si, enfant, il avait échappé à la créature, il était sûrement en mesure d'en faire autant adulte. Et puis peut-être n'était-il pas nécessaire de se sauver : la bête était peut-être prisonnière de la fosse, incapable d'en sortir.
Il l'attendit de pied ferme.
Voilà voilà...alors quand pensez-vous dois-je continuer les aventures de notre petit Draco?
Prochain chapitre: Le Baiser
Je vais essayée de me dépécher pour me faire pardonner...
