Chapitre 7 : Souffrance
« La pensée de la mort est une chose, mais son acceptation en est une autre, infiniment plus grave et déchirante. Il ne faut pas toujours tourner la page, il faut parfois la déchirer. »
L'air entrait à nouveau dans mes poumons, ma gorge me tiraillait et des centaines de lames glacées transperçaient mon corps. J'entendis tout près de moi une respiration saccadée.
« Cette fille est complètement tarée »
C'était donc cet idiot qui m'avait sortie de là ? Pourquoi fallait-il que James Potter se mette à chaque fois en travers de mon chemin ?
J'ouvris les paupières en grelottant. Il était assis face à moi, me contemplant avec les yeux grands ouverts, un main posée sur mon coeur. Sa chemise blanche faisait ressortir son torse et le spectacle était très attrayant, son jean collait ses jambes. Son visage mouillée et ses cheveux dégoulinant, faisaient ressortir ses magnifiques yeux chocolats. Je ne sais pas si c'était le fait de mettre presque noyée ou le fait que je sois totalement perdue qui fit, qu'a cet instant précis, j'avais une folle envie de l'embrasser.
« Evans »
Je fermais les yeux, pourquoi m'appelait-il toujours par mon nom de famille ?
« Oh ! Evans, reviens »
Quoi il croyait que j'allais succomber avant de lui avoir fait subir son châtiment ? Il m'aida à m'asseoir plus convenablement et avant que je n'ai pût entreprendre quoi que ce soit, il commença à crier.
« Putin Evans ! Tu es tarée ou quoi ? Qu'est-ce-que tu fous ? Tu voulais te noyer ? Attends chérie. On va remettre les choses au claires. »
Il se leva et je sue qu'il avait perdu patience.
« Pourquoi tu nous fais ça maintenant ? Tes parents sont morts et alors ? Tu vas continué longtemps à jouer à ce petit jeu ? La vie continue. Tu ne parle plus c'est un fait, mais tu n'as pas le droit de jouer avec ta vie comme ça. Tu ne mange plus et maintenant tu essaie de te suicider ! Hurle, Pleure, Gifle moi ! Mais ne reste pas aussi passive, on dirait que toi aussi tu es morte. Qu'est-ce-qu'il faut que je fasse pour te revoir aussi vive qu'avant ? Tu veux que je t'embrasse de force, tu veux que je jette un sort à ta poitrine ? Dis le moi, je ferais n'importe quoi pour revoir la vrai Lily Evans »
Il m'attrapa presque violemment par les poignet et rapprocha son visage du miens.
« Je t'en pris fait quelque chose, Lily. »
Je levais la tête, les larmes aux yeux. Il m'avait appelé Lily. Ces paroles m'avaient transpercé le coeur, la douleur était revenue plus vive que jamais.
« Ils sont morts, accepte le ! Aujourd'hui, tu n'y peux rien et la vie continue malgrès ça. Te souviens-tu ? Il y a presque six ans, lorsque c'était toi qui m'avait réconforter, lorsque j'ai été à ta place. Je sais ce que ça fait. L'impression de se trouver abandonné, seul au monde... La sensation que tout ton monde s'écroule, que tu ne vas plus pouvoir avancer... Les images du passée qui resurgissent, celles qui te font regretter ces bons moments... Je l'ai vécus, moi aussi et c'est grâce à toi que je m'en suis sortie. »
J'aurais tout donné pour qu'il se taise, ces paroles devenaient un cauchemar, une torture... Il disait vrai, j'avais ressentie toutes ces choses. Alors, les sanglots explosèrent en un torrent de larmes, celles que je n'avais jamais versé au bon moment. Ma tête tapa contre son torse et dans une attitude désespérée je m'affalais sur lui en exprimant ma souffrance comme jamais. Il m'étreignit, en me disant de laisser sortir. C'était si violent, toutes ces peurs, ces tortures, ces maux... je m'accrochais à sa pauvre chemise presque avec hystérie et il me serra davantage. Il attendit patiemment que je me calme et avec douceur et délicatesse il caressa mes cheveux et mon dos. Il faisait à présent complètement nuit, un hiboux s'envola. Je ne sais pourquoi mais je n'éprouvais aucune gênes à être dans ses bras, j'y étais bien, apaisée pour la première fois depuis des jours. Peu à peu, mes sanglots se transformèrent en soupirs et bientôt le silence revint. Le rythme de son coeur et sa respiration, me bercèrent et je faillis m'endormir. Il exerça une légere pression contre mon dos. Je sentis son souffle contre mon oreille.
« Je veux que tu me promette une chose, ce soir »
Je fermis les yeux.
« Promet-moi juste de ne plus jamais te faire de mal »
Il y eut un silence, je rapprochais ma bouche de son oreille.
« Je veux bien te promettre ça puisque je me sens mieux grâce à toi » Ma voix était rauque, dure étant donnée que je n'avais pas parlé depuis plusieurs jours. Je sentie un nouveaux poids disparaître.
Je mordillais légèrement la lobe de son oreille, comme pour lui prouver que j'avais retrouvée ma bonne humeur, enfin presque.
Je n'avais pas envie que nous nous séparions, j'avais peur que l'apaisement qu'il m'avait procurer parte en même temps que lui. Pourquoi étais-ce lui qui m'avait remis les pieds sur terre ? Pourtant, j'étais bien plus proche de Jane et de Ben, et je ne m'étais jamais autant libéré avec eux. Peut-être étais-ce le fait que nous avions nous aussi étais proche, il y avait longtemps déjà et qu'il avait vécu, comme il me l'avait dis, une situation pareille à la mienne. L'ennuie, c'est qu'il existait une autre raison et que j'en étais consciente, mais je n'arrivais pas à découvrir laquelle. Je ressentais quelque chose de fort, là maintenant, quand il me tenait comme ça, aussi proche de lui. Cela semblait physique ou chimique, une chose électrique qui chambouler mon équilibre et qui me faisait colmater. Comme un trop pleins d'émotions, une multitude de contractions dans mon ventre, une chaleur dévastatrice dans ma poitrine, des papillonnements qui perturber mon rythme cardiaque. C'était presque idiot de ressentir tous cela en même temps, douleur et souffrance mais en même temps bien être et apaisement. Comment James Potter arrivait-il à me faire ressentir autant d'émotions ?
Je commençais à avoir froid, jusque là son étreinte m'avait réchauffé mais la nuit était bien avancée et l'air devenait humide. Nous n'avions pas bougé d'un centimetre, je ne savais pas comment il allait réagir maintenant face à moi. Allait-il se relever et m'envoyer une de ces vannes nulles ou au contraire allait-il restait doue et affectueux comme maintenant ? Finalement, il prit ma main dans la sienne et me tira pour que je me relève. Nous marchâmes sans un mot à travers les herbes hautes et il m'ouvrit la porte du salon pour que j'entre, en parfait gentleman. Il m'accompagna jusqu'à ma chambre et lorsque je me tournai vers lui, il me regarda, légèrement gêné. Je ne savais pas trop comment réagir. Lui dire Bonne nuit ? L'embrasser ? Ce que j'avais follement envie de faire. Il s'approcha, me fit la bise et marmonna un bonne nuit. Je rentrais dans ma chambre, très déçue. Je m'assis sur mon lit en contemplant ma nouvelle chambre éclairée par quelque bougie, le sol était de parquet et les murs étaient peint en vanille. Il y avait beaucoup de miroir, sans doutes pour agrandir la pièce, mais certains d'entre eux avaient l'air spécial. Lorsque je m'en approchais...
« Ce n'est pas une heure pour rester debout ! » Il me cria presque dessus, affolée, je fis un bon sur mon matelas. J'enlevais mon tee-shirt et mon pantalon avec une flegme exagérée et me dirigeais vers la sale de bains, une brosse à dent dans une main et le dentifrice dans l'autre. Au moment où j'ouvris la porte, j'entendis un jet d'eau allumé qui s'éteint un quart de seconde plus tard. Une main sortit de la cabine pour attrapé une serviette et lorsque cette main sortit accompagné d'un corps, je hurlais au désespoir. Il me tournait le dos, ce même dos qui était couvert d'ecchymoses. Il sursauta et fit tomber un vase posé sur un guéridon. Il me regarda, une main sur le coeur.
« Lily, tu ne dors pas ? »
Sirius Black venait en effet de comprendre une chose facilement déductible par le premier crétin venu.
« Non, Black je ne dors pas. Ca se voit non ? »
Sa bouche forma un O parfait.
« Tu... tu reparles ?
-Oui.
-Depuis quand ?
-Une heure ou deux.
-Ah. »
Je contemplais son torse, lui aussi était bien fait et bien bâtit, il ressemblait beaucoup à James en y pensant. Il toussa et je levais le regard rougissante.
« Qu'est-ce-que tu fiche ici ? questionnais-je.
-J'habite là, Miss.
-Non, je veux dire à prendre une douche en plein milieux de la nuit ?
-J'ai eu des... complications avec certaines personnes.
-Ce sont eux qui t'ont fait ces marques ? »
Il n'eut pas le temps de réponde, James était entré, un peu en retard. Il regarda Sirius et fronça les sourcils.
« Ce sont eux ? Demanda-t-il.
Sirius acquiesça et baissa le regard. Je me doutais qu'il se tramait quelque chose, que apparemment ils voulaient me cacher. Il était dans un sale état, un oeil au beurre noir et de nombreux hématomes aux niveaux des épaules et des côtes.
« Bon c'est pas tout mais moi je vais me coucher, hein. » Il s'en alla dans le couloir, je me tournais vivement vers James, exigeant des explications.
« Hey, ne me regarde pas comme cela. Je ne te dirais rien s'il ne m'a pas dit de te le dire. Au fait c'est très jolie ça. » Il me contempla de haut en bas et réalisant soudain que j'étais en sous-vêtements, je devins aussi rouge qu'une pivoine.
Il s'approcha de moi, hésita, puis finalement déposa un baiser sur ma joue. Je finie ce que j'avais entreprit et me brosser les dents.
Lorsque je revins dans ma chambre pour me coucher, j'entendis bien malgrès moi des cris provenant de la chambre d'à côté. Incapable de me retenir, je me levais et marchait à taton vers la chambre d'où provenais les cris. James et Sirius semblaient se disputer, ce qui étais rare.
«... pas le droit de me dire ce que je dois faire. Disais Sirius
-Tu as vue dans quel état tu reviens, bon sang. Laisse moi au moins en parler à Amèlia.
-Et tu crois qu'elle va faire quoi ... Arrivée avec un régiment d'aurors ? J'ai quitté la maison de mon propre grès, je suis en tort, étant donné que je ne suis pas majeurs et puis les sang purs dans le genre de mes parents sont encore bien trop respecté par le ministère !
-Sirius, il y a une différence ...
-Je suis tout seul ! Laisse tomber. Regulus va finir par les rejoindre. Je ne vais pas tenir longtemps... Je n'avais même pas remarqué que j'étais suivie... Ils m'ont encerclé, ils étaient au moins une quinzaine.
-Tu penses vraiment ce que tu dis ? « Je ne vais pas tenir longtemps ». Qu'est-ce-que tu fiches Patmol, je t'ai connue bien plus courageux. Et je te rappelle que tu n'est pas seul, Peter, Remus et moi, sommes là.
-Je sais, mais je n'ai pas envie de vous embarquer dans se plan foireux. Ta tante et toi, êtes bien assez embêter... Ce n'est pas que je n'ai plus de courage, non, je n'ai plus d'espoir et je n'ai pas envie d'être un fardeau pour vous. Vous en avez déjà assez fait pour moi.
-Putain Sirius ! Ouvre les yeux merde. Tu realises ce que tu es entrain de dire ! Tu veux les rejoindre ? Ce sont eux qui sont responsables de tous ces meurtres, ils le suivent à lui.
-Ce n'est pas que j'en ai envie ! Je n'ai pas le choix.
Il eut un moment de silence et j'écoutais l'oreille en alerte. Finalement ce fut James qui eut le dernier mot.
-Tu n'es pas Sirius. Le Sirius que je connais n'aurais jamais dit une chose pareille, lui, ne baisse jamais les bras, quelque soit la situation. »
J'entendis des pas s'approcher de ma porte, je repartis en quatrième vitesse dans ma chambre et sauter sous mes draps, des milliers de questions en tête. Parlaient-ils de Voldemort et de son organisation ? Je savais que Sirius appartenait à la très célèbre et ancienne famille Black, soucieuse de leur sang. Tous des sang-purs, jusqu'à la racine. Tous les membres de cette famille devaient être d'accord avec les actes de ce Voldemort, et d'après ce que j'avais compris les parents de Sirius l'avait encouragée à entrer dans ses rangs. Sirius avait donc refusé et subissait une sorte de torture pour l'obliger à en faire parti ? Comment pouvait-on être aussi cruel ?
Je m'endormis quelques secondes plus tard, l'esprit brumeux.
