Chapitre 16: L'attente.
« On a le choix de ses plaisirs, pas celui de ses souffrances. On dirait plutôt que les souffrances nous choisissent, elles connaissent nos faiblesses et le terrain de jeu de nos illusions. »
La maison fut aussitôt en alertes. James nous attendait en bas en tapant des pieds et en soupirant comme un buffle. Nous serions arrivé une seconde plus tard et ses yeux nous auraient tuer.
« C'est pas trop tôt » dit-il, ne daignant même pas m'adresser un regard. Il ouvrit la porte nerveusement et partie aussitôt dans le jardin.
« On fait comment pour se rendre à Ste Mangouste, demanda Jane en courant à moiter derrière James.
-On transplane, bien sûr ! Répondis James, énervé.
-Aucun de nous n'a le permis, il me semble.
-Et alors ? Tu crois que je vais attendre qu'on nous envoie son corps ! »
Personne ne dit un mot. Nous savions que lui parler de sa tante ou ne serait-ce que de lui parler tout court l'agacerait au plus au point.
« Bien, lança Sirius. Je suppose que vous ne savez pas transplaner. James et moi oui. Jane tu viens avec moi.
Jane s'approcha de son petit ami en lui lançant des regards apeurés. Il nous regarda, l'oeil grave et aussitôt ils disparurent.
« Evans tu compte attendre combien de temps ? Demanda-t-il, d'une voix dure. »
Je m'approchais au pas de course, le regardant droit dans les yeux. Rien à faire, il fuyait mon regard. Son corps était raide, son expression impassible. Je m'accrochais à son bras, et c'est là que je le sentie frissonner. Aussitôt, nous transplanâmes.
Deux secondes plus tard, nous étions dans une ruelle sombre d'où l'on pouvait entendre le bruit des voitures et des camions. Une odeur de choux de Bruxelles empestait la ruelle. James se remit aussitôt en route, au pas de course. Je le suivis tant bien que mal, en tachant de chercher Jane et Sirius des yeux. Nous aboutîmes devant une place où une sorte de magasin délabré avait pris place. James s'avança en grognant. Il s'adressa à une sorte de mannequin, qui lui... hocha la tête en réponse. Décidément, la magie me surprendrait toujours. Il m'ordonna, d'un regard, d'approcher. Aussitôt une porte s'ouvrit et il me prit violemment le poignet et m'entraîna avec lui.
Des bourdonnement assaillirent mes oreilles alors que j'aperçus enfin les couloirs de Ste-Mangouste. Les murs étaient d'un blancs immaculé tout comme le sol et la tenue des infirmiers. James se dirigea alors vers une silhouette qui nous faisait de grand signes de main. Jane.
« Elle est en salle d'opération, on ne pourra pas la voir.
-Très bien, moi j'attends. Vous n'avez qu'a rentrer. Dit-il.
-Moi je reste. Dis-je aussitôt. » Il me regarda avec mépris.
« Pas la peine de rester pour me remonter le moral Evans !
-Je reste car je m'inquiète pour Amèlia. Mon monde ne tourne pas autour de toi Potter ! »
Autant rentrer dans son jeu. S'il tenait absolument à me pourrir la vie, autant lui pourrir la sienne. Comme on dit: oeil pour oeil, dents pour dents !
La femme de l'accueil nous indiqua une salle d'attente proche de la salle d'opération, mais les sièges étaient déjà tous occupés. Il y avait eu, disait-on, une embuscade au ministère de la magie. Des sorciers sous ordre de Voldemort, appelés maintenant Mangemorts, avaient réussient à s'infiltrer dans le ministère de la magie. Bien entendue personne ne savait pourquoi et encore moins comment cela avait pu se produire. Le silence était pesant, insoutenable. James était partis faire un tour dehors, dans le jardin « interne ». Et moi, j'avais prétexté une subite envie de boire. Je me faufilais entre les couloirs, mon verre d'eau à la main, en tachant de trouver un plan de l'étage. Je devais absolument retrouver James. C'est alors que je le trouvai, par hasard. Il marchait de long en large, une cigarette à la bouche. Tiens, je ne savais pas qu'il fumait. Je le vis s'asseoir brutalement sur un banc, en écrasant son mégaux. Il prit sa tête entre ses mains en fermant les yeux.
Je savais qu'il souffrait, je le comprenais plus que quiconque. Amèlia était le seul membre de sa famille encore vivant. C'était la seule personne qui lui rappelé sa mère et le reste de sa famille. La solitude lui faisait peur. C'était ce que j'avais ressentie et ce que, lui aussi, avait ressentie quelques années auparavant, à la mort de ses parents.
Mais ce n'était pas pareil, ou du moins, il ne réagissait pas comme avant. Ce choc l'avait rendu plus dur, plus rude. La douleur forge les coeurs à la froideur. Il s'était, semblait-il, constitué une sorte de carapace capable de le protéger contre la douleur. Il releva la tête et regarda droit devant. Son regard était devenu vide, morne. Ses mains se joignirent et il laissa ses yeux clos, tachant sans doutes de contrôler le mal qui le rongeait, tachant de se rassurer. Une brise légère vint déplacer quel qu'unes de ses mèches. Il enleva ses lunettes et les posa à côté de lui. Ses yeux marrons scintillèrent un moment, avant de se refermer. Je m'approchai, fasciné et nerveuse à la fois. J'ouvris la porte, le plus doucement possible et vint me placer juste devant lui, écrasant la cigarette morte. Il leva la tête en ouvrant les yeux. Son regard me désarçonna. Tout en son attitude me mit mal à l'aise, une sorte de chaleur enveloppa mon corps et mes yeux n'humidifièrent. Je reniflai.
« Qu'est-ce-que tu fais là ? » demanda-t-il, d'un ton détaché.
Il m'interrogea du regard. Je mis une main sur son épaule. Il ne me repoussa pas, ce qui fut un immense soulagement.
Je m'assis à côté de lui, le regard fixé sur mes chaussures.
« Tu sais, je n'ai pas besoin de pitié.» dit-il d'un ton sarcastique.
Cette réplique aurait dû me mettre en rogne, mais au lieu de cela elle me blessa. Je fermai les yeux, pour ne pas montrer mon malaise. Je n'avais pas envie de répondre. Et puis qu'aurais-je pu dire ? Il m'en voulait de toute évidence et, en ajoutant à cela l'état de sa tante, il ne pouvait que m'envoyer sur les roses. Impuissante, j'attendis. J'attendis qu'il me parle, ou qu'il me regarde. Mais il n'en fit rien. Quinze minutes plus tard, il se leva et franchit la porte, me laissant seule sur mon banc;
La dispute allait durer un peu plus de temps que d'habitude. Au fond de moi, je savais très bien qu'elle n'avait rien à voir avec celles que nous avions avant. Désormais, une autre choses était en jeu. Mais je n'osais pas me l'avouer, consciente que je souffrirai si tel était le cas.
« Lily»
Une main hésitante me secouait doucement l'épaule. Je sursautai, j'étais couché sur du béton très froid, mes jambes plaqués contre ma poitrine. Je m'étais endormie. Jane et Sirius main dans la main me faisait face.
« Comment va Amèlia ? demandais-je aussitôt»
Ils me regardèrent.
« Elle est dans un état stationnaire. Maintenant, il faut attendre. » me dit Sirius.
Je baissais les yeux en grellotant.
« Tu es gellé, Lily. Murmura Jane pour cacher son malaise.» Elle me tendit aussitôt la veste que Sirius lui avait passée.
« Nous rentrons, continua-t-elle.
-Je reste, dis-je aussitôt.
-Lily, ça ne sert à rien. Il faut attendre.
-Mais James...
-Il préfère être seul»
Je me levais en tournant la tête dans tout les sens, le cherchant.
« Il est à l'intérieur. Répondit Jane. Viens »
Elle me tira par le bras. Je me laissais faire, incapable de protester. James m'avait rejeter, il préférait être seul. Tout cela me blessait intérieurement, mais je ne laissais rien paraître.
Je ne me rendis pas compte que nous avions transplané. A peine rentré, je m'assis sur une chaise. Sirius re-transplanna aussitôt.
« Il est repartie ? » M'exclamais-je, outrée.
« Lily, James est comme son frère. Tu comprends bien qu'il refuse de le laisser seul. Reste calme et repose-toi.
-Comment veux-tu que je me repose ? Je vais finir par devenir hystérique ! Mon cerveau marche déjà à l'envers, imagine comment il fonctionne à cet instant précis ?»
Je pris une banane, dans la coupelle de fruits et me mit immédiatement à la peler.
« Écoute Lily, tout ira bien
-Elle est dans un état stable ! On ne sait pas quand elle se réveillera, demain, dans dix jours, dans dix ans ? Imagine la tristesse de James ! »
Je crispai tellement mes mains que la banane explosa. Sa consistence coula sur mes mains.
« Je déteste la banane en plus. Dis-je, dégouttée.
-Calme-toi Lily, je t'en supplie » me demanda-t-elle en se massant les tempes.
Je ne l'écoutai guerre, m'agitant dans la cuisine pour essuyer ma main. Je réfléchissait de même à la réaction de James. Tournant et retournant le déroulement de notre dernière entrevue. Non, décidément, je ne comprenait pas cette froideur. Il aurait dû être triste. Non froid. Ca suffit. « N'y pense plus m'ordonais-je »
Je m'assis sur une chaise qui trainait.
« Tu sais Lily je... »
Mais à ce moment là, on toca à la porte.
