Mes souvenirs proches revinrent et une boule se coinça dans ma gorge.

« Merde » ronchonais-je en me dirigeant vers la porte d'entrée. Avec tous ces chamboulements, j'en avais oublié mon rendez-vous avec Alex. Je pris la poignée en main et soufflais un grand coup.

« Alex » dis-je, avec un sourire faux.

Il me regarda, en souriant, un lys à la main. Je rougis instinctivement.
« Je me suis permis d'entrer » dit-il

« Je suis désolée, j'avais complètement oublier notre rendez-vous »

Je sentis Jane approcher, la devinant sourire à pleines dents.

« C'est ce que j'ai remarqué.

-Je suis vraiment désolé. Amèlia a eu un accident, nous arrivons à l'instant de l'hospital »

Jane essaya de me pousser pour apercevoir le visage d'Alex. Je fermais légèrement la porte en lui adressant un coup de coude dans les côtes.

« Amelia a eu un accident ? Demanda-t-il, son sourire charmeur tombant aussitôt

-Oui. Les mangemorts.

-Comment va-t-elle ?

-Pas très bien. Elle reste dans un état stationaire. On ne sait pas quand elle se reveillera. Nous n'avons pas plus d'infos » murmurais-je.

Il regarda mes yeux s'humidifier et me pris la main. Ce geste tendre me toucha, jurant atrocement avec l'attitude de James tout à l'heure. Je relevai les yeux, génée. Il tousseta et me tendit le Lys.

« J'ai pensé que... ca te ferait plaisir. »

Je l'acceptai, la bouche tordue de plaisir. Je n'étais pas habitué à ce qu'on m'offre quoi que se soit.

« Merci. Le Lys, c'est ma fleur préférait.

-Pas étonnement, pour quelqu'un qui porte un aussi beau nom que le tiens. Lily. »

Même si la technique de séduction était vraiment lourde, le geste me toucha. Jane redoublait d'effort à présent.

« Lily, laisse-moi le voir ! » murmurait-elle.

Elle me poussa et ouvrit la porte en grand.

« Tiens ! Voici, le fameux Alex. » dit-elle avec un sourire dégoulinant. Elle tendit la main et la lui serra.

« Je suis Jane, la meilleure amie de Lily...

-Occasionnelement, ma mère. Ronchonais-je.

-Voyons Lily !

-Heureux de faire ta connaissance ! Tu es charmante. »

Elle rougis en secouant la main, d'un air de dire « voyons je suis prise ». Je contemplai l'échange, qui se poursuivé sans que j'y prenne part. Si Jane n'était pas casé avec Sirius, elle l'aurait surement dragué.

Je toussotais afin que l'on me remarque. Les deux adolescants se tournèrent vers moi, légèrement supris que je sois encore là.

« Lily, allons te préparer » claironna soudain, Jane.

Je tentais de me dégager de son étreinte, je n'avais nul besoin de me changer. Elle m'entraîna le long des marches pour me jeter sans ménagement sur lit, alors qu'elle choisissait ma propre tenue.

A vrai dire, je n'avais ni l'envie ni le courage d'affronter un rendez-vous galant. Mon esprit, ailleurs, semblait incapable de penser à autre chose que James et Amèlia. Mes mains se crispèrent, alors que je tentais en vain de retenir les larmes qui prenaient source au fond des mes entrailles. Une boule enflamée semblait naître dans ma gorge, grandissant quand je pensais à James. Je m'imaginais parfaitement, lui et Sirius, assient dans un couloir immaculé de blanc, le regard vide et l'esprit las d'attendre. Comment une aussi grosse soufrance, telle que l'attente pouvait leur être infligé ?

J'imaginais avec une multitude de détails, Amèlia, couchait sur le dos, les paupières close avec un appareil lui servant à respirer. Je voyais ses mains froides et dénués de rides. Elle était beaucoup trop jeune. Trop jeune et trop généreuse pour endurer tout cela. Quel âge avait-elle au juste ? Trente-cinq ans ? Peut-être quarante. Je remuais la tête. La vie est tellement pathétique.

Alors, dans un élan de lucidité, je la voyais sous toute les coutures. Une femme seule, se rattachant à l'amour qu'elle portait pour son neuveux, l'unique membre restant de sa famille. Oui, Amèlia était une femme seule, avec un trop plein de générosité. Elle avait acceuillis James, comme son propre fils puis Sirius et enfin moi. Qu'avait-elle a y gagné ? Rien. Elle l'avait fait parce qu'elle avait besoin d'aimer, de deverser son trop plein d'amour. Se tuant au travail pour offrir ce qu'il y avait de mieux à son neveux. Comment pouvais-je soudain être aussi lucide ? Rien ne semblait pouvoir m'expliquer pourquoi, mais j'avais accepté depuis mes onze ans, alors que je découvrais le monde de la magie, que certaines choses ne s'expliquaient pas. Comment pouvais-je m'être autant attaché à Amélia ? Là aussi, je n'avais aucune réponse. Je m'étais toujours très vite attaché aux gens, sensible à chaque traits de leurs personnalité. Cherchant à tout prit à comprendre ses émotions, ses sentiments et ses agissements. Oui, apprendre à connaître les personnes qui nous entoure pour mieux comprendre l'être humain.

Jane agita soudain sa main devant mes yeux, sans doutes pour me détacher de ma réverie.

« Lily, ça va ? »

Je secouai affirmativement la tête. Il ne fallait pas se laisser abbatre, et surtout avoir confiance. Je tachais d'y croire dur comme fer.

« Elle ira mieux » murmura Jane, avec conviction. Elle me serra dans ses bras.

« Promis. Il suffit juste d'y croire. Je sais que cela ta touché et je pense que ça ne sert à rien d'attendre, en ne faisant rien. Je pense qu'Alex arrivera à te changer les idées. Je te jure, qu'à la seconde où j'ai des nouvelles d'Amèlia, je te préviens. »

Elle redoubla son étreinte en carressant tendrement mon dos. C'est ce que j'aimais chez elle, sa personnalité très contradictoire. Sa fougue et en même tend son calme. D'un temperement électrique pour défendre son opinion et ses idées, son courage exceptionnel qui lui avait valus d'atterir chez les Gryffondors, son calme olympiens quand il s'agissait de redonner confiance à ses amis. Jane était quelqu'un d'exceptionnel, capable de passer outre les souffrances pour avancer toujours plus loin. Même à la mort de ses parents, elle n'avait pas sombrer dans une souffrance insurmontable, elle avait pleurer certes, mais était passer au-dessus, en affirmant, que personne n'est éternel. « Mes parents ont eu une belle vie. Si le destin à choisit qu'elle devait se terminer maintenant, alors, c'est qu'ils avaient accomplis ce qu'il devait accomplir. Je ne veux pas me souvenir de la souffrance que j'ai éprouvé quand ils sont morts, non. Je veux juste me rappeler d'eux quand ils étaient vivants. Tu sais Lily, mes parents étaient exceptionnels ! Je ne veux pas qu'on parle d'eux au passé. Pour moi, il continue de vivre, même si ce n'est que dans mes souvenirs. » Pour le coup, je m'étais effondrée. Jane était forte, mais aussi sensible. Je l'avais rencontré dans le train d'une façon peut conventionnelle. Nos premières paroles échangés furent violentes, pour des gamines de onze ans. Avec mon temperement et le siens, l'une autant borné que l'autre, pas étonnement que la situation ait tourné à l'explosion. Nous nous étions disputés un compartiment. Pas n'importe quel compartiment, celui où le beau Sirius Black et son séduisant ami James Potter étaient en personne assis. Et le comble c'est qu'il ne restait qu'une place. Après une quinzaine de minutes à nous pousser, tirer les cheveux, juste pour avaoir le plaisir de remporter la bataille, James avait finalement sortie la phrase qu'il ne fallait pas.

« Du calme MesDemoiselles ! Nous deciderons nous même laquelle de vous aurra l'immense honneur de s'asseoir dans notre compartiment. »

Nous nous étions regardé derechef.

« L'immense honneur ? Répéta Jane, avec un sourire narquois. En quoi serait-ce un si grand honneur de s'asseoir à côté d'une tête aussi grosse que la tienne, Potter ?

-Pas la peine de faire l'innocente. Répondit-il, en s'ébourrifant les cheveux. Geste que je detestais à la seconde où il le fit.

-Voyons, Jane. Biensûr, quel immense honneur serait-ce que de s'asseoir à côté du beau, du grand James Potter ?

-Bien. Je vois que certaine ont de très bons goûts ! »

Et c'est à ce moment là que, d'un regard entendu, Potter avait reçu deux belles baffes sur chacunes de ses joues. La porte du compartiment avait claqué et Potter nous avait regardé à travers le carreaux, l'oeil ahuris.

Ce souvenir me fit sourire.

« Bien, dit finalement Jane. Il est temps de d'ameliorer la bombe que tu es déjà. Dit-elle avec un clin d'oeil. »

Elle me tira par le bras afin de me relever.

« Mademoiselle Evans, pour cette soirée, je vous propose comme plat du jour, une magnifique robe bleu nuit, accompagné par quelque bijoux qui feront scintiller vos yeux, en déssert de magnifique ballerine noir et en entrée une veste noire. N'oublions pas les sauces, un magnidique sautoir en argent et des boucle d'oreille en faux diamants bleux. Cela vous satisfait-il ? Demanda-t-elle, endossant à merveille le rôle de serveur.

-Tu n'as pas dit les plats dans le bon ordre ! Mais cela me convient à merveille ! Répondis-je, hilare. »

Elle me regarda en faisant mine d'être vexé.

« Très bien, je vous pris d'aller essayer votre tenue. Ce beau jeune homme n'attandra pas éternellement. »

J'enfilai ma tenue dans la salle de bain. L'effet aurait pu être meilleur, mais je n'étais pas mannequin. J'enfilai mes ballerines, me maquiller en cinq minutes chronos et revint dans ma chambre.

« Lily ! T'es vraiment canon ! Si j'étais lesbienne, je suis sûre que je t'aurais déjà sauter dessus ! Ta tenue est parfaite, ni trop chic, ni trop habituelle. Aller on descend. »

Nous descendîmes rejoindre Alex, dans la cuisine. Il se leva quand nous entrâmes. Il ecarquilla les yeux, puis souris finalement.

« Lily, tu es radieuse ! Dit-il. On y vas ? »

J'acquiessais et nous sortîmes sous le regard tout émoustillé de Jane.

Nos pas dérangèrent les gravillons du chemin, alors que nous avancions à tatons vers le portail du jardin.

« Où as-tu prévue de m'amener ? Demandais-je.

-Dans un petit restaurant. Je pense que cela te plaira. Dit-il mysterieux, en me fixant, droit dans les yeux. Prend ma main. »

Je la pris. Il frissona et aussitôt nous transplanâmes.