Désolée du retard… voir, navrée ! Navrée, navrée, vraiment navrée, vous pouvez dire merci à Neo Riku qui m'a poussé à l'écrire, ce satané chapitre ! Merci encore à tous pour les reviews, j'espère que ce chapitre vous plaira quand même.

Disclaimer : hum hum bip bip bref vous le devinez bien ! Tout à JKR, merci JKR, non JKR je touche pas d'argent sur ton dos, blah blah blah, bonne lecture (JKR ?) !


Envie de lui refaire le portrait…

***

Patrouillant dans les couloirs, la baguette aux aguets, Hermione scrutait les alentours à la recherche du moindre élève n'étant pas couché. Alors qu'elle tournait au coin de la statue d'Ulric le Follet, elle rentra en plein dans quelqu'un. Se frottant son nez douloureux dans lequel un front s'était encastré, elle regarda son agresseur.

- Luna ? Qu'est-ce tu fais là ? s'écria-t-elle. Tu as vu l'heure ?

- J'attends Neville, répondit cette dernière d'une voix chantante. Nous avons rendez-vous ici.

- Tu… quoi ? Luna ! L'heure du couvre-feu est largement passée ! Tu dois rester dans ton dortoir ! Enfin, quelle idée, avoir un rendez-vous avec… Neville, à minuit en plein milieu d'un couloir, ah ! c'est complètement irresponsable ! De plus, tu es préfète, Luna, je devrais te dénoncer ! Bien sûr je n'en ferais rien, mais je vais devoir t'enlever des points.

La jeune fille haussa les épaules et son collier en bouchons de bièraubeurre tinta gaiement. Cela semblait complètement lui être égal.

- Bien sûr, maintenant je peux attendre Neville ?

- Non ! répliqua Hermione d'une voix perçante.

A ce moment elle entendit un gros bruit derrière elle. Elle se retourna et découvrit Neville, empêtré dans sa cape qu'il avait mise par-dessus son pyjama.

- Oh ! Neville par pitié, rentre immédiatement dans la salle commune des Gryffondor ! s'énerva Hermione, ses yeux lançant des éclairs. Je ne peux pas tolérer ça ! Cinq points de moins pour Gryffondor et pour Serdaigle, et je me montre généreuse ! Malfoy vous en aurait enlevé pas loin de cinquante chacun !

Luna se saisit de la main de Neville en souriant à ce dernier, sans prêter vraiment attention à Hermione, et s'en fut d'un pas bondissant. Hermione poussa un soupir. Neville et Luna ayant un rendez-vous galant dès le premier soir. Et Neville qui y allait en pyjama

Elle croisa des cinquièmes années en train de tenter d'entrer dans les cuisines et les réprimanda sévèrement en leur faisant un long discours comme quoi les elfes de maison n'étaient pas là pour satisfaire les caprices des humains. Pour la peine, elle leur enleva dix points chacun.

Mis à part ces incidents –elle rencontra tout de même Peeves à un moment–, sa soirée fut très calme et elle prit le chemin de sa salle commune. Quand elle fut arrivée devant le tableau où le vieillard dormait à moitié, elle se rendit compte qu'elle n'avait toujours pas le mot de passe. « Satané Malfoy, grogna-t-elle intérieurement. Espèce de sale petit bonhomme imbu de sa personne. Il mériterait d'être lâché en pleine Forêt Interdite au milieu des centaures et de se faire tout bonnement piétiné… ». Elle se mit à faire des vas et viens au milieu du couloir, ronchonnant à qui mieux. Le vieux sorcier du tableau ouvrit un œil et la considéra d'un air dédaigneux. Cependant, étant très certainement épuisé, il ne pipa mot.

Au bout d'au moins une heure, Malfoy n'était toujours pas là. Folle de colère et de fatigue, Hermione fonça frapper à la porte du professeur McGonagall. Celle-ci vint ouvrir au bout de quelques minutes, enveloppée dans une robe de chambre à motifs écossais.

- Que se passe-t-il Miss Granger ? Quelque chose de grave est arrivé ?

- Pas vraiment, professeur, c'est juste que…

La voix d'Hermione tremblait de rage.

- …Malfoy ne m'a pas donné le mot de passe de la salle commune des Préfets en chef et il n'est toujours pas rentré de sa ronde ! Cela fait une éternité que j'attends devant le tableau sans pouvoir entrer !

Mrs McGonagall haussa les sourcils jusqu'à leur pointe et se racla la gorge.

- Très bien Miss Granger, je vais vous reconduire à votre salle commune et vous donner le mot de passe. Ensuite j'irai prévenir le professeur Rogue que son élève est parti vagabonder on ne sait où dans l'école. Il en sera sûrement ravi.

Satisfaite et soulagée à l'idée d'aller enfin pouvoir se coucher, Hermione tourna les talons, accompagnée de la directrice adjointe. Mais elles n'avaient pas fait trois pas que Tonks surgit devant elle, complètement échevelée.

- Nymphadora ? Que se passe-t-il ? s'inquiéta McGonagall en resserrant les pans de sa robe de chambre.

- Oh, rien de grave, la rassura Tonks en respirant fortement. Je suis tombée dans les escaliers et j'ai dévalé au moins trois étages. Finalement je suis atterrie sur le chat de Rusard… Hum, j'ai préféré ne pas attendre qu'il arrive pour m'en aller immédiatement. Et vous, Minerva, que faites-vous là ? Et… Hermione ? reprit-elle en se rendant compte de la présence de cette dernière. Se serait-il passé…

- Non, la coupa McGonagall. J'allais raccompagner Miss Granger à sa salle commune. Apparemment le deuxième préfet en chef ne lui a pas donné le mot de passe et n'a pas daigné rentrer après sa ronde.

- Vous cherchez Malfoy ? Oh ! mais je sais où il est, déclara Tonks joyeusement. C'est le baron sanglant qui l'a dit à Nick Quasi Sans Tête qui l'a dit au Moine Gras qui l'a dit à Pomona qui me la dit il y a peine cinq minutes ! Elle est allée cueillir je ne sais quelles herbes, je n'ai pas trop regardé sur le coup, mais ça ne sentait pas très bon. Peut-être que c'était de l'…

- Où est-il, alors ? demanda sèchement McGonagall.

- A l'infirmerie. Je ne sais pas ce qu'il s'est reçu sur la tête mais ce n'est pas très beau en tous cas.

- Merci, Nymphadora. Miss Granger, venez avec moi.

Elles entrèrent dans l'infirmerie et Mrs Pomfresh les accueillit avec un bonnet de nuit sur la tête :

- Ah ! Minerva, j'allais justement aller faire chercher un professeur. Figurez-vous que cet élève –elle désigna Malfoy assis sur un lit– s'est présenté le visage en sang ! Au début je pensais qu'il avait pris une de ces bêtises pleines de sucre que vendent les jumeaux Weasley, un nougat Toutensang ou je ne sais comment on l'appelle qui fait saigner du nez, dans l'espoir de ne pas avoir à faire sa ronde mais en réalité il a une plaie sur le front. Mais que faites-vous là ? Il est arrivé quelque chose à Miss Granger ?

- Pas du tout, fit McGonagall pour la deuxième fois de la soirée. Mais Mr Malfoy n'a pas daigné donné le mot de passe de la salle commune des préfets à son homologue, et comme il ne rentrait pas nous avons du partir à sa recherche. Mr Malfoy, comment vous êtes-vous fait ceci ?

- J'étais dans la Tour d'Astronomie, répondit-il. C'est Peeves qui m'a fait tombé un lustre sur la tête.

- Un lustre, répéta McGonagall. Y a-t-il un risque pour sa santé mentale ? demanda-t-elle sans prêter attention au regard scandalisé que lui lança Malfoy.

- Non, pas du tout, répondit Mrs Pomfresh, il peut même rentrer dans sa chambre. Je lui ai appliqué un baume, je veux juste qu'il repasse demain à l'infirmerie pour que je l'examine.

- Très bien. Malfoy, Granger, vous pouvez rentrer dans votre salle commune. Ah ! et Mr Malfoy, ayez l'obligeance de donner le mot de passe à Miss Granger, je ne tolèrerai pas le moindre écart.

- Bien sûr, je ne le ferais plus, dit Malfoy avec obséquiosité.

McGonagall le regarda avec ironie et il grommela quelque chose avant de refermer la porte derrière Hermione et lui. Se frottant le front, il geignit :

- Je suis sûr que j'aurais dû rester à l'infirmerie, ça me fait affreusement mal ! En plus on n'a pas idée de me laisser seul avec toi, tu serais capable de profiter de la situation pour aggraver ma blessure.

- Arrête ton char avec moi, Malfoy, tu n'as rien ! Pas la moindre bosse.

- C'est toi qui dis ça, Granger, pourtant je souffre énormément. Je ne suis pas comme ton Potter qui vient pleurer dans les bras de Pomfresh à chaque match de Quidditch parce qu'il a un bobo !

- Harry est cent fois plus courageux que toi, répliqua Hermione sur un ton dédaigneux.

- Il ne s'est jamais pris de lustre sur la tête, lui !

- Non, il s'est pris un cognard, ce qui autrement plus douloureux !

- Qu'est-ce que tu en sais ? Tu es d'une nullité sans nom au Quidditch ! De toute manière c'est un sport réservé aux sorciers de pure souche, pas aux déchets comme toi !

- Va te faire voir, Malfoy ! fit Hermione, très vexée. De plus, Harry n'est pas un sorcier de pure souche, sa mère était une moldue, marmonna-t-elle.

- Potter ne sait pas bien voler, dit Malfoy d'une voix traînante.

- Tu dis des bêtises aussi grosses que toi, cingla Hermione. Maintenant, dis moi le mot de passe.

- Ça ne va pas la tête ?

- Ça va très bien, merci, mais tu dois me donner le mot de passe. Sinon je vais te dénoncer à McGonagall.

- Oh, la pauvre chouchoute ne peut pas se débrouiller seule peut-être ?

- Je ne lui dirais pas que tu as refusé de me donner le mot de passe, je lui avouerai simplement que ce n'est pas un lustre que tu t'es pris sur la tête.

Malfoy s'arrêta net et la fixa d'un air mauvais, mais néanmoins surpris.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- Je dis ça pour la simple et bonne raison que Peeves ne pouvait pas être dans la tour d'Astronomie vu que je l'ai croisé dans le couloir du troisième étage et qu'il a essayé de me renverser une armure sur la tête.

- Dommage qu'il n'ait pas réussi, cracha Malfoy. Très bien, le mot de passe c'est Quo Vadis. Maintenant tu me fiches la paix et tu ne poses plus de questions.

Hermione acquiesça, trop heureuse d'avoir le mot de passe pour discuter en quoi que ce soit. Elle fondit sur le vieillard et s'écria d'une voix enjouée : « QUO VADIS ! ». Le personnage du tableau sursauta et la fusilla du regard. « Espèce de petite brute sans éducation ». Le portrait coulissa et Hermione entra dans la salle commune, un sourire victorieux plaqué sur les lèvres.

Le lendemain, elle retrouva ses amis à la table des Gryffondor et leur raconta tout ce qui s'était passé la veille. Ron haussa les épaules.

- Et alors ? Ça ne prouve rien qu'il ait menti, si ? Il pouvait très bien avoir un rendez-vous et s'être fait giflé par la fille parce que ce n'est qu'un idiot comme tout le monde le sait.

- C'est fou ce que tu débordes de finesse, s'impatienta Hermione. Harry a compris, lui, pas vrai ?

- Ça paraît louche, c'est vrai, déclara-t-il.

- Tu penses encore que Malfoy, à l'âge de dix-sept ans, va se faire engager comme Mangemort par Tu-sais-qui ? (1)

- Oui, fit Harry d'une voix forte.

Ron leva les yeux au ciel et grogna quelque chose que personne ne comprit. Harry prit une bouchée de porridge en fixant son gobelet de jus de citrouille d'un air buté. L'atmosphère étant un peu tendue, Hermione sortit un livre (Autobiographie d'un vampire). Ron jeta un coup d'œil au titre et lança d'un air sérieux :

- Vous ne pensez pas que Rogue puisse en être un ?

- Pardon ? fit Harry.

Ron désigna la couverture du livre d'Hermione où un vampire à l'air morne se contentait de montrer ses dents pointues de temps en temps.

- Aucune idée… Hermione, est-ce qu'il y a un chapitre qui parle des cheveux des vampires ?

- Pourquoi ça ?

- On pourra savoir si c'est une caractéristique répandue que d'avoir les cheveux gras, fit Dean en se joignant à la conversation.

Hermione fit une grimace agacée et replongea dans sa lecture tandis que Ron s'étranglait de rire dans son gobelet.

Une semaine passa sans évènements notoires. Arriva ainsi le jour de la sélection de Quidditch. Tous les Gryffondor allèrent se masser dans les gradins. Katie Bell étant parti, ils espéraient trouver une poursuiveuse d'aussi grand talent qu'elle. Demelza et Ginny, elles, n'étaient pas enchantées d'avoir une nouvelle équipière.

- Franchement, il n'y a que des imbéciles à partir de la quatrième année, clamait Ginny haut et fort en empoignant son balai dans les vestiaires. Il y a un groupe de deuxième année qui sont aussi bêtes que des trolls. Ils m'ont traité de ronflak cornu !

- Il faudrait que je demande à Luna à quoi ils ressemblent réellement, murmura Ron à Harry. Ça pourrait être une insulte utile.

Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire et Ginny tourna la tête vers lui, vexée.

- Parce que tu trouves ça drôle ?

- N-non, bégaya Harry.

Puis il se racla la gorge.

- Ce n'était pas ça qui me faisait rire. Aller, tous dehors. Et… Ginny. Sois aimable avec les candidats.

Ron s'essuya le coin de l'œil en se mordant la lèvre.

- Je n'ai pas vu… euh… les batteurs, là. Je ne me souviens jamais de leur nom.

- Ils ont une retenue avec Rogue, grommela Harry. Evidemment, il faut qu'il les ait collé tous les deux.

- Est-ce que…

Les oreilles de Ron rougirent.

- … tu crois qu'Hermione sera là ?

- Je ne vois pas pourquoi elle assisterait aux sélections, fit pensivement Harry. Hier soir elle m'a dit qu'elle avait un nouveau livre pour l'étude de Runes à lire. Sérieusement, tu ne crois pas qu'elle est en train de l'apprendre par cœur ?

Ron poussa un grommellement déçu.

- Ce n'est pas comme si tu passais les sélections, le consola son ami. Sinon, euh… elle serait venue.

- Tu ne crois pas que l'année dernière elle était venue pour McLaggen ? Après tout, elle en a eu après lui à un moment…

- Hum, oui. Euh, non. Non, je crois qu'elle était venue pour toi, je veux dire, bredouilla Harry.

Ron parut encore plus désespéré.

- Aller, allons y.

- Que je sois là ou pas, de toute manière quelle différence ? demanda Ron d'un ton grincheux. Je suis médiocre et aucun de mes amis n'est dans les gradins.

- Il y a juste Hermione qui va peut-être ne pas être là, rectifia Harry. Les autres sont là. Aller, sors de ces vestiaires !

Ils allèrent enfin dehors. Ginny fusillait du regard un candidat enthousiaste qui prenait la pose avec son balai devant Dennis Crivey qui le mitraillait en photo.

- Mais, où est Colin ? s'étonna Harry.

- C'est lui qui est en train de faire le singe devant son frère, grogna Ginny.

- Oh, je vois que Dean est là aussi, marmonna Ron en la regardant d'un air accusateur.

- Oui, répondit sa sœur avec agacement. Et je me fiche de ce que tu penses, j'ai le droit d'avoir un petit ami !

- Dites, on commence, mettez-vous en place, interrompit Harry d'un ton bourru.

Il n'aimait qu'on parle de Dean trop souvent. Même, il n'aimait pas qu'on en parle du tout. Surtout quand Ginny était là.

- Il y a aussi des Serpentard, murmura Demelza.

En effet, Pansy Parkinson, Crabbe, Goyle et d'autres élèves de sixième année étaient massés dans un coin.

- Oui, mais pas Malfoy, fit Harry l'air songeur.

- Tant mieux, répliqua Ron avec force.

Finalement, les sélections commencèrent enfin. Colin Crivey n'arriva même pas à tenir sur son balai plus de dix minutes et tomba dans les orties sous le regard émerveillé de son frère qui le prit en photo de nombreuses fois avec entrain. Dean réussit très bien les essais, au grand courroux de Harry, mais fut dépassé en performances par un Seamus rayonnant.

- Ce n'est pas pour rien que je joue au Quidditch depuis que je sais tenir debout, déclarait-il fièrement en donnant des bourrades à Harry pour le remercier de l'avoir sélectionné.

A côté, Ron boudait dans son coin. Hermione était nulle part.

Ils allèrent fêter la nomination de Seamus dans le dortoir des Gryffondor et les frères Crivey ramenèrent de nombreuses victuailles, ce qui dérida un peu Ron. Finalement, quand Hermione se glissa dans la salle commune, il bondit sur ses pieds et l'assomma de questions.

- Pourquoi tu n'étais pas là tout à l'heure ? demanda-t-il à brûle-pourpoint.

Elle fronça les sourcils.

- Je lisais un livre, c'est beaucoup plus important pour mon avenir que regarder des sélections de Quidditch. De toute façon je n'y connais rien.

Elle rosit en repensant à ce que Malfoy avait dit quant à ses compétences sportives.

- Enfin, presque rien.

Ron ne parut pas remarquer son trouble et la força à s'asseoir.

- Enfin, protesta-t-elle, je suis venue pour vous dire d'arrêter immédiatement cette fête stupide ! Vous faites tellement de bruit qu'on doit vous entendre dans le bureau de Dumbledore !

- Mais non, ne t'en fais pas ! Tiens, prends cette bièraubeurre. Et, ah ! Euh, toi, le nain avec les cheveux blonds là. Oui, toi ! Donne moi les petits-fours. Sers-toi, Hermione, je te jure, ils sont délicieux !

- Ce ne sont pas ces fameux petits-fours pour lesquels tu as accompagné Harry il y a quelques jours ?

- Si ! répondit Ron, l'air ému qu'elle s'en souvienne.

- Eh bien ce sont les elfes de maison qui les ont fait, alors il n'en est pas question !

- Oh, fit Ron, déçu.

Pour la peine il en engloutit quatre à la fois. Hermione émit un bruit dégoûté.

- Où est Harry ?

- Che chais pas, postillonna-t-il. En train de parler avec Neville che crois. Paufre Neville, il ch'est encore fait avoir avec les crèmes canaris de Fred et Chorge. Oh ! Chais fait tomber une amande par terre.

Hermione leva les yeux au ciel.

- Je vais me coucher, lança-t-elle. Je n'ai pas envie de boire de la bièraubeurre jusqu'à une heure impossible. Estimez-vous heureux que je ne vous enlève pas de points ! Si c'était McGonagall elle n'hésiterait pas.

- Oh. Bonne nuit, alors, dit Ron avec déception, un petit-four dans chaque main.

Lavande gloussa en le voyant seul et lui sauta dessus, agrippant son poignet, ce qui fit chuter la pâtisserie sur le sol.

- Non ! Lavande, regarde ce que tu as fait !

- Désolée, bredouilla-t-elle.

- Ah ! je… Hermione ! Hermione, s'il te plaît !

- Evanesco, lança cette dernière avant de lui faire un signe pour lui dire au revoir.

Elle sortit d'un pas rapide, ne désirant pas s'attarder. Malheureusement, elle croisa Malfoy au détour d'un couloir. Il avait l'air furieux et lui jeta un regard mauvais.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Les pommes de terre de ce soir n'étaient pas assez cuites à ton goût ? se moqua-t-elle.

- Il y a que je hais les Gryffondor ! Tous. Et je hais encore plus ton satané Weasley !

Elle haussa un sourcil avant de répliquer :

- Et pourquoi ce soir plus spécialement que d'habitude ?

- Eh bien parce que je reviens des cuisines et qu'il n'y avait pas ce que je voulais, voilà, dit-il d'un ton sec. Et tout ça à cause de votre petite fête idiote de ce soir !

- D'un, je trouve ça pitoyable que tu considères ce qui se trouve dans les cuisines comme ta propriété privée, fit férocement Hermione. De deux, je te signale que les Gryffondor ne sont pas les seuls à faire des fêtes ! Les Serpentard en font tout autant ! Et de trois, je suis bien contente que tu n'ais rien trouvé à manger ! Et de quatre, aussi, tu ne devrais pas essayer d'exploiter les elfes de maison.

- Exploiter ? Des elfes de maison ?

- Oui ! Tu ne rêves que de te faire servir !

- Parfaitement, et j'en suis fier, Granger.

- C'est complètement ridicule de vouloir se faire servir. Tout comme de penser qu'avoir un certain sang vous confère une autorité que vous n'avez de toute façon pas.

- Mais qu'est-ce que ça me fait de connaître ton opinion ? Granger, pour moi tu es une Sang de Bourbe, alors n'essaie pas de vouloir me contaminer avec tes doctrines à deux noises.

- C'est bien ça le problème avec les garçons, s'impatienta Hermione. Ce ne sont que des bêtes brutes restant campés sur leurs positions !

- Content que tu traites Weasley de bête brute, ironisa-t-il. Je lui dirais, d'ailleurs, il sera flatté je crois. Généralement on doit plutôt le traiter de derrière de niffleur ! C'est qu'il ne sent pas bon le pauvre, il n'a pas assez de moyens pour se laver tous les jours chez lui. A croire qu'il a pris l'habitude d'économiser l'eau.

- Ron et Harry sont différents de toi, Malfoy ! Et quoi que tu en dises, tu es beaucoup plus ignoble qu'eux ! Ce n'est pas ton parfum écoeurant qui peut te conférer du charme !

- Qu'est-ce qu'une Sang de Bourbe connaît au charme ? Tu n'es qu'une fille vulgaire qui devrait se cacher au lieu de polluer le paysage ! D'ailleurs, va-t-en, tu me gâches la vue !

- C'est toi qui me gâches la vue, s'exclama Hermione, ulcérée. Tu es tellement répugnant avec tes cheveux filasses, ta voix nasillarde et ton menton pointu !

- Parce que tu t'es vue, peut-être ? Tes cheveux qui ressemblent à du foin, tes dents de castor et ton obsession pour le travail ?

- Mes dents sont parfaitement normales ! se récria Hermione.

- Ah ! oui, c'est vrai ! Et grâce à moi en plus !

- Il ne m'est jamais arrivé quoi que ce soit de bien grâce à toi, Malfoy ! Tu es trop minable pour être capable de faire autre chose que de te moquer des autres. Tu n'es qu'un faible garçon pleurnichard et baveur à qui on doit moucher le nez sans quoi tu te mets à geindre comme le chien de Hagrid !

Ils étaient arrivés devant le portrait et s'injuriaient désormais le plus fort possible.

- Ne me traite pas de chien !

- Ce n'est que la vérité, comme toute ta famille n'est qu'une bande de…

- N'insulte pas ma famille ! vociféra-t-il en lui attrapant le bras.

Le portrait s'égosilla à son tour.

- Allez vous arrêter ? Je ne tolère pas que les Préfets en Chef soient aussi mal élevés ! C'est une aberration ! Qu'on appelle le Directeur, quelqu'un ! Giselle, ma tendre enfant, ne voulez-vous point aller quérir Monsieur ?

Une petite bergère aux boucles blondes ayant une capeline rose esquissa un geste hors de son cadre mais Malfoy l'apostropha rudement :

- Laissez-nous régler ce conflit nous-même ! Nous n'avons pas besoin d'un garde chiourme pour encadrer notre relation ! Granger et moi, c'est une affaire personnelle, d'accord ? Alors je vous interdis d'aller voir Dumbledore !

- Jeune homme, on ne parle pas ainsi aux nobles et vénérables hôtes des tableaux que nous sommes, gronda une grosse femme noire au boubou africain.

- Je n'en ai rien à faire ! s'écria Malfoy en levant les yeux au ciel.

- Arrête donc de les vexer, idiot, siffla Hermione dont le bras était toujours emprisonné par la main de son ennemi.

- Tu veux peut-être que je les laisse me marcher sur les pieds ? C'est bonshommes sont juste des faces peintes sur une vieille toile, on vaut mieux que ça, non ? renifla Malfoy dédaigneusement.

- Tu te crois peut-être supérieur, s'insurgea Hermione, mais ce n'est pas mon cas ! Ton ignoble orgueil de Sang Pur te pousse à mépriser tout ce qui t'entoure, rien ne trouve grâce à tes yeux excepté ta famille et Voldemort !

Malfoy rougit puis pâlit alors que les tableaux poussaient des cris terrifiés.

- Ne prononce pas ton nom avec ta sale langue de Sang de Bourbe, réussit-il à dire.

- C'est drôle, ta chère tante Bellatrix a ordonné la même chose à Harry il y a deux ans ! Sauf que lui c'est un Sang Mêlé. Apparemment vous n'avez pas beaucoup d'imagination, vous répétez toujours la même chose. Vous gardez les mêmes stéréotypes, les mêmes phrases préconçues, vous n'avez aucun talent !

- Tais-toi ! s'exclama violemment Malfoy.

Il agrippa son autre bras et la secoua comme un prunier.

- Ne-répète-jamais-ce-que-tu-viens-de-dire !

- Lâchez là, voyons, elle va dégobiller, s'ulcéra une vieille dame poudrée. Alfred, ne pouvez-vous pas faire quelque chose pour les faire cesser ? Cela devient insupportablement bruyant et désagréable.

- Je suis désolé Gertrude, fit le portrait qui gardait l'entrée de la salle commune, je n'ai malheureusement aucune autorité sur eux. Crois-tu que Giselle devrait aller quérir le professeur Dumbledore ?

- Bordel, taisez-vous les antiquités ! hurla Malfoy en giflant Hermione à la volée.

- Ne me touche pas toi non plus ! cria-t-elle en tentant de lui donner des coups de poings sans grand succès car il lui immobilisait les bras.

Alfred renifla dédaigneusement et se tourna vers Gertrude :

- Je crains que ces manières ne répondent d'elles-mêmes à ma question. Giselle ?

Mais au moment où la petite bergère allait s'en aller Malfoy s'exclama :

- C'est bon, je la lâche ! Regardez, on est calme !

Il repoussa violemment Hermione qui alla atterrir dans le nez d'Alfred.

- Espèce de petite furie ! s'offusqua ce dernier.

- Tu vas me le payer, Malfoy, grogna Hermione en se relevant difficilement.

- Vous devriez vous excuser, observa Gertrude.

- M'excuser ? fit Hermione, ébahie. Je n'ai rien fait, c'est lui qui m'a sauté dessus !

- Je ne vous parlais pas à vous, jeune fille, dit la vieille femme. Je m'adressai à votre misérable compagnon. De mon temps, au moins nous étions galants les uns envers les autres, n'est-il pas vrai, Alfred ?

- Evidemment, très chère.

- Vous voulez que moi, Drago Malfoy –j'imagine que vous connaissez la réputation de ce nom–, m'…

- Oui, votre arrière-grand-oncle Aldebert a fait sa scolarité à Poudlard en même temps que moi. Je connais la réputation des Malfoy.

- Vous… ? Vous étiez à Serpentard ?

- J'étais à Serdaigle, répondit raidement Gertrude, et ça n'a aucune importance quant à ce que je vous conseille de faire.

- Si, marmonna Malfoy –mais seule Hermione l'entendit en fronçant les sourcils.

Il se racla la gorge et reprit :

- Donc, vous voulez que moi, je m'excuse ? Que je fasse des excuses à cette… cette…

- Charmante jeune fille, termina Gertrude, oui c'est ce que je vous conseille de faire. Mieux, je vous l'ordonne.

- Sinon quoi ?

- Giselle pourrait aller prévenir Dumbledore, bien sûr, dit elle. Mais je crois que j'ai mieux. Alfred, très cher ?

- Oui, gente Gertrude ? (nda : essayez de répéter ça plusieurs fois très, très vite ! C'est pas facile !)

- Tant que ce jeune homme ne se sera pas excusé, je désire que vous l'empêchiez d'entrer !

Malfoy resta coi.

- C'est impossible, bredouilla-t-il au bout de quelques secondes durant lesquelles Hermione savourait sa déconfiture.

- Que ne ferais-je pour satisfaire ma tendre amie ? déclara Alfred.

Malfoy devint rouge brique et crispa ses poings. Il était visible qu'il rêvait de mettre Hermione et les tableaux en pièces.

- Sinon, Dumbledore sera prévenu.

- C'est bien parce que je suis fatigué, grommela Malfoy.

Il y eut un silence.

- Granger, écoute bien ça, c'est la seule et unique fois que ça t'arrivera : je m'excuse.

- On dit « voulez-vous bien m'excuser ? », corrigea Gertrude.

- Très bien, veux-tu bien m'excuser ? singea-t-il.

- Parfait ! fit la vieille femme l'air satisfait. Et maintenant, une dernière chose pour sceller votre nouvelle entente ! Prenez lui la main.

Malfoy et Hermione prirent un air horrifié à l'idée de débuter une relation amicale.

- Quoi ? osa demander le jeune homme en attrapant sans aucune galanterie la paume de son homologue.

- Un baiser, répondit Gertrude comme si cela semblait évident.


(1) Oui bon, j'arrange les évènements là… Dumbledore n'a pas été tué par Rogue et Malfoy ne l'a pas menacé avant. On sait juste que les Mangemorts sont entré par effraction à Poudlard mais l'Ordre s'est débrouillé pour éviter la cata, c'est tout. Et Bill n'a pas été défiguré.


Donc voilà, fini pour maintenant ! Je sais pas quand je vous posterai la suite (qui n'est pas encore écrite, non non), mais je pars en vacances mi-juillet et je ne sais pas quand je reviens, si j'aurais internet, bref, je ne vous reverrai peut-être qu'à la… rentrée ! (ouais, c'est pas très encourageant…)

A bientôt !