Merci à toutes les revieweuses (m'étonnerait que y'ait des gars), ça m'a fait très, très plaisir d'avoir vos reviews. Désolée (encore et toujours) d'être si lente à updater mais bon… disons que j'avance lentement et sûrement :D
Comme quelqu'un me l'a suggéré, je fais un bref résumé de tous les épisodes précédents :
Septième année à Poudlard, Malfoy et Hermione ne s'aiment pas, évidemment, et Dumby est vivant. Le poste de professeur de DCFM est toujours vacant. Nos chers préfets-en-chef (le célèbre duo Malfoy/Granger) se détestent cordialement jusqu'à ce qu'un jour un petit évènement brise la routine (cf précédent chapitre), un filet du diable (limite mutant, le filet), les attaque et Hermione sauve Malfoy, puis Malfoy sauve Hermione grâce à la marque des ténèbres qu'il fait apparaître, puis il re-sauve Hermione qui se prend les pieds dans un trou du parquet, mais là franchement je vous laisse relire le chapitre 9 parce qu'en fait je suis pas douée en résumé. Voilàààà, bonne lecture !
Chapitre 10 : Problème Malfoy.
Harry piochait mornement dans son ragoût, l'écrasant à moitié, pendant que Ron, les yeux écarquillés face à son verre de jus de citrouille, restait a bouche grande ouverte. Ginny haussa un sourcil :
- Ferme la bouche, lui lança-t-elle sans aménité. Tu ressembles à Goyle !
Il obéit sans broncher mais ne pipa mot. Ginny s'approcha davantage, intriguée :
- Hé ! Ron.
Elle secoua sa main devant les yeux de son frère mais il n'eut aucune réaction.
- Ron ! s'exclama-t-elle d'une voix forte. Harry ! que se passe-t-il à la fin ?
Celui ce déglutit et, secouant la tête avec lassitude, poussa un grommellement vague. Il n'avait pas envie de s'attarder sur l'épisode précédent, et encore moins de le raconter à qui que ce soit, même si tous les septièmes années de Gryffondor étaient au courant. Heureusement pour Ginny, Lavande et Parvati s'approchèrent avec une mine conspiratrice.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle à nouveau. Et où est passée Hermione ? J'étais à la bibliothèque jusqu'au dîner et elle n'était pas là. Et Ron est complètement ahuri ! McGonagall a fait cours en tutu rose ou quoi ?
Parvati et Lavande échangèrent un regard, un délicieux frisson leur parcourant le dos. Le genre de frisson qui vous prend lorsque vous allez apprendre un potin particulièrement croustillant à votre interlocuteur.
- Hermione est à l'infirmerie, dit Lavande d'un ton de comploteuse –elle prit un air désolé puis continua, de façon plus pressante :
- Il parait que Malfoy…
- Laisse moi le dire, laisse moi le dire ! harcela Parvati en lui agrippant le bras.
- Non, moi ! répliqua Lavande avec feu.
- Ce n'est pas juste, c'est moi qui te l'ai dit, s'écria son amie en se renfrognant.
- Peut-être, mais…
- Ça suffit ! coupa Ginny en les fusillant du regard. Hermione a l'infirmerie ? A cause de Malfoy ? Mais enfin, qu'on me mette au courant !
Elle se tourna vers son frère, toujours muet, et Harry, dont la mine sombre était aussi peu engageante que l'aspect de son ragoût.
- Mais secouez-vous ! hurla-t-elle.
Parvati et Lavande échangèrent un nouveau regard. Puis, d'un commun accord, elles respirèrent un grand coup et dirent en cœur :
- Malfoy a sauvé Hermione dans la serre.
Ginny resta les bras ballants, scotchée.
- Qu-qu-quoi ? bredouilla-t-elle finalement.
- C'est la vérité, dit alors Harry d'une voix éteinte, l'air aussi affligé que si on lui avait dit qu'il devait épouser Dudley sur le champ.
- A-a-affreux, ânonna Ron en tordant ses traits d'une manière significative.
Ginny, bouche bée, les regarda l'un après l'autre.
- Mais pourquoi Malfoy a-t-il eu besoin de… de… mon dieu, de sauver Hermione ? gémit-elle au bout d'un moment.
Ron tourna vers elle un regard vide. Harry retourna dans la contemplation de son ragoût peu ragoûtant.
- Expliquez-moi, enfin ! s'écria-t-elle.
Parvati et Lavande paraissaient réjouies au possible. Comme si Dumbledore avait accepté d'organiser un bal chaque samedi soir, c'était dire ! Ginny tapait du pied, les nerfs exacerbés. Au moment où elle empoignait la tignasse rousse de son frère pour lui hurler dans l'oreille qu'elle requérait immédiatement la suite de l'histoire, Hermione, un pansement sur la tempe, fit son apparition.
- Hermione ! s'écrièrent-ils tous en même temps.
Ginny bondit sur elle.
- Que s'est-il passé ?
Hermione, l'air épuisée, hocha la tête avant de soupirer :
- Ce n'est rien. Je vais très bien, tout ce que je souhaite c'est d'aller me coucher, mais Mrs Pomfresh a tenu à ce que j'aille dîner.
Ginny la conduisit jusqu'au banc des Gryffondor où elle la fit s'asseoir. Ron, apparemment désormais très réveillé, se décala du plus vite possible pour lui laisser une place –…tellement rapidement que Neville en tomba par terre.
- Oh, Neville ! s'exclama-t-il, les oreilles écarlates. Désolé, vieux.
Ginny et Hermione levèrent les yeux au ciel tandis qu'Harry se décidait à rire derrière son ragoût. Ron aida Neville à se relever et se racla la gorge, adoptant un ton dégagé :
- Alors, Hermione… Ça va ?
- Oui, Ron, fit cette dernière –elle bailla. Je vais juste manger un peu de… eurk, est-ce que le ragoût a partout la même tête que dans l'assiette d'Harry ?
Ce dernier, surpris, baissa les yeux vers son assiette, ayant soudain l'air de se demander pourquoi son ragoût s'était transformé en bouillie infâme.
- Prends donc de la boubiabaisse, Hermione, fit Ron, empressé. Depuis que Fl…, qu'il y a eu le tournoi des Trois Sorciers, on ne peut pas prendre un repas sans qu'il y en ait, constata-t-il d'un air très digne.
- De la bouillabaisse, Ron, s'agaça Hermione.
- Vais-je savoir le fin mot de l'histoire ? s'impatienta Ginny, les poings sur les hanches.
Il y eut un léger silence. Hermione prit des pommes de terre d'un air presque coupable.
- C'est…, commença-t-elle.
Un grand bruit retentit et Ginny poussa un juron.
- Est-ce qu'un jour je pourrais être mise au courant, non mais sans blague ! s'énerva-t-elle avec mauvaise humeur.
Elle s'assit, se coinçant entre Hermione et un Ron soudain maussade. Dumbledore venait de prendre la parole :
- Chers élèves, fit-il. Vous pouvez oublier vos inquiétudes concernant la nomination du professeur de défense contre les forces du mal… En effet, dès demain, vous pourrez assister aux cours de notre nouvel enseignant… qui n'est pas inconnu à la plupart d'entre vous.
- Qui ça va bien pouvoir être ? murmura Parvati avec avidité.
- Je mise sur Fol Œil, répondit Ron.
- Je mise sur quelqu'un du ministère, rétorqua sombrement Hermione.
- Regardez la table des Serpentard, dit Harry à voix basse.
Ils se tournèrent tous d'un bloc vers la direction indiquée.
- Eh bien, quoi ? demanda Ginny.
- Malfoy, fit Harry –Ron sursauta et Hermione prit une couleur bizarre, une sorte de verdâtre peu appétissant. Il n'est pas là.
Hermione tourna cette fois à un vert véritable. Ron la regarda avec inquiétude.
- Hermione, c'est la bouillabiaisse ? Je savais bien que la cuisine française n'augurait rien de bon ! tu…
- Bouillabaisse ! eut la force de répliquer Hermione malgré son évidente envie de vomir.
- Je vais chercher la carte du maraudeur, je veux savoir où il est, lança Harry.
- Harry, non ! s'exclama Hermione, le cœur nauséeux. Pas pendant un discours de Dumbledore !
- Vous me raconterez, répliqua-t-il avec détermination. Je dois savoir ce qu'il mijote. Cette histoire de sauvetage n'est pas claire. Il est en train de préparer quelque chose, c'est évident !
- Harry, dit patiemment Ron, Malfoy n'est qu'une saleté de petit gamin prétentieux. Il n'est pas dangereux. Il doit être à l'infirmerie en train de hurler à tout va à Mrs Pomfresh qu'il a un mal de chien et qu'on doit enlever des points à Gryffondor parce que c'est la faute d'Hermione.
- Il était là il n'y a pas cinq minutes, dit sèchement Harry. Laissez-moi, je veux y aller.
Hermione haussa les épaules et ferma brièvement les yeux. Aucun d'eux n'avaient écouté ce que Dumbledore avait dit.
Harry quitta la table le plus discrètement possible alors qu'Hermione se forçait à boire une gorgée de jus de citrouille. Ce fut comme une décharge. Elle se plia en deux dans son assiette de pommes de terre.
- Je vais vomir, je vais vomir ! dit-elle, affolée.
- A l'infirmerie, Ron ! lança Ginny avec énergie.
Dans un remue-ménage incroyable, alors que Dumbledore continuait de parler, Ron attrapa Hermione par le bras et la traîna vers la sortie.
- Ça va, ça va ? répétait-il à tout bout de champ.
- J'en ai l'air, peut-être ? grinça-t-elle en tenant sa main crispée sur son estomac.
Ce n'était pas possible que la seule mention de Malfoy lui ait fait cet effet là, réfléchissait-elle confusément. Les séquelles, le choc de l'après-midi passé ? Les pommes de terre ? Elle ne savait pas, mais sentait son estomac danser la gigue.
- Ça va ? demandait Ron pour la millième fois.
Elle allait répondre avec colère lorsqu'une ombre noire les arrêta. Une voix doucereuse les cueillit.
- Eh bien, eh bien. Weasley et Granger, en tête à tête dans le couloir alors que Mr le directeur fait un discours d'une importance capitale… vingt points en moins chacun pour Gryffondor.
- Professeur Rogue, balbutia Ron. Nous…, je… enfin, Hermione…
- Je n'ai que faire des élucubrations farfelues d'un adolescent dont l'esprit n'est qu'un gouffre d'ébullition hormonale, dit Rogue d'un ton glacial.
- La… c'est à cause de la bou… ah ! euh, enfin vous savez, l-la boubou…, bredouilla Ron.
- Bouillabaisse, marmonna Hermione avant de vomir sur les chaussures noires du professeur Rogue.
Horriblement gênés, Ron et elle reculèrent d'un pas gigantesque, attendant avec panique une réaction qui ne tarda pas :
- Miss Granger ! s'exclama Rogue d'un ton dégoûté. Que… Quarante points de moins pour Gryffondor, dit-il, les lèvres retroussées sur ses dents jaunes. Et vous viendrez en retenue vendredi soir pour récurer ma salle de classe… à défaut de récurer ma robe et mes chaussures…
- Elle est malade, professeur ! s'insurgea Ron.
- Qu'à cela ne tienne, vous viendrez aussi, Weasley. Maintenant, dégagez. Vous avez intérêt à rejoindre la Grande Salle ou vos dortoirs…
- Mais Hermione est malade ! répéta Ron en secouant nerveusement les épaules d'Hermione qui avait le teint décomposé.
- Bien, murmura Rogue d'une voix suave. Filez à l'infirmerie, Miss Granger. Quant à vous, Weasley, retournez immédiatement dans la Grande Salle.
L'air rageur, Ron obéit et laissa Hermione en plan en plein milieu du couloir, lui lançant un regard désolé. Elle eut un faible sourire et se traîna jusqu'à l'infirmerie.
- Miss Granger, vous revoilà déjà ? dit Mrs Pomfresh, une fiole bleuâtre à la main.
- Je suis… je suis malade, marmonna Hermione (non, ce n'est pas Serge Lama mdr! Pardons, ça c'est mon humour débile… hihi).
- Ah oui ? Mais… avez-vous bu quelque chose ?
Saisie d'un élan anaphorique, Hermione faillit répondre « de la bouillabaisse », mais se reprit à temps. L'infirmière n'aurait pas hésité à l'envoyer à St Mangouste pour trouble mental.
- Du jus de citrouille, dit-elle au bout d'un moment.
Mrs Pomfresh fronça les sourcils.
- Cela créé une réaction très néfaste avec le sirop que je vous ai donné. Je vous avais bien dit de ne rien boire de sucré !… non ?
- Non, bredouilla Hermione.
- Oh. Eh bien, vous ne deviez rien boire de sucré… Asseyez-vous sur ce lit, je vais vous chercher une décoction rapide qui vous soulagera l'estomac.
Hermione gargouilla un merci et passa un regard vitreux autour d'elle. C'est à ce moment là que Malfoy entra en trombe dans l'infirmerie. Elle poussa un grommellement désespéré. Elle l'avait pourtant assez vu, celui là !
- Granger ? fit-il en écartant les narines comme s'il percevait une odeur particulièrement désagréable.
- Epargne moi tes simagrées, marmonna-t-elle, la main sur l'estomac, alors qu'un frisson glacial lui parcourait le dos.
Mangemort. Il était Mangemort. Ses entrailles se tordirent davantage et elle jeta un coup d'œil sur sa droite pour voir si Mrs Pomfresh arrivait.
Quant à lui, il la considérait avec une sorte de mépris dégoûté. Ses yeux froids balayaient sa silhouette. Ses cheveux épars qui pendaient de toutes parts, son teint décomposé, ses yeux fixés dans une direction dont il se moquait éperdument, et ses lèvres tremblantes.
« Pitoyable », eut-il envie de siffler. Mais il ne le fit pas. Quelque chose le retint. Elle lui avait sauvé la vie, et lui lui avait rendu la pareille.
- Nous, hm, nous sommes quittes, Granger, n'est-ce pas ? demanda-t-il finalement.
- De quoi ?
- De toute à l'heure, grinça-t-il. Tu sais, avec la…
- Tais-toi, fit-elle d'une voix sourde. Oui, nous sommes quittes, et je ne veux plus en entendre parler.
- Pourquoi donc ?
Il s'approcha, l'air presque menaçant et murmura de telle sorte qu'elle seule pouvait l'entendre :
- Parce que tu as été sauvée par un Mangemort ?
Elle pâlit, et planta ses yeux dans les siens.
- Tu n'as fait que rembourser la dette que tu avais contractée envers moi, répliqua-t-elle. Tu n'as pas fait ça par bonté d'âme, que je saches.
- Et toi, si tu avais su quel élève était coincé, là-bas, aurais-tu pris le risque de venir à la rescousse ? jeta-t-il.
Elle ne répondit pas.
- Tu vois, lequel est le plus à blâmer, dans cette histoire ? fit Malfoy.
- Toi, tu m'as sauvé seulement parce que ton idiote petite morale te dictait d'aller sauver un pauvre innocent. Mais moi, je t'ai… peuh, je t'ai sorti de là en bafouant mes principes.
- Tu n'as pas de principes, Malfoy, rétorqua Hermione.
- Si, celui de ne pas m'occuper des petites sang-de-bourbe, dit-il dans un grondement.
Elle allait répliquer, le gifler, peut-être, mais Harry entra d'un seul coup dans l'infirmerie :
- Hermione, il ne t'a rien f-…
Il resta raide sur le seuil. Malfoy était tout près –trop près– d'Hermione, et… Ce dernier se recula d'un geste nonchalant.
- Ne prends pas cet air là, Potter, je ne vais pas violer quelqu'un comme elle, lança-t-il d'une voix traînante.
Il alla rejoindre Mrs Pomfresh, laissant Harry et Hermione seuls.
- Tu… vous…, bredouilla Harry.
- Quoi ?
L'air troublé, Harry sortit de l'infirmerie sans plus de cérémonie. Hermione haussa un sourcil et faillit le poursuivre mais Mrs Pomfresh arrivait, avec une tasse remplie d'un liquide rouge fumant qui ne lui disait rien qui vaille.
« Génial », pensa-t-elle.
- Ron, je crois qu'il y a quelque chose entre Hermione et… Malfoy.
- Hein ?
Ron faillit en tomber de son fauteuil. Son visage devint rouge vif.
- Quoi ? s'écria-t-il.
- Je… pourquoi est-ce qu'il l'aurait sauvé, alors, hein ?
- Mais, mais… mais ! non ! Ah, çà, non ! certainement pas, je… Harry, s'il te plaît, retire ce que tu as dit, je vais un cauchemar !
Harry ne dit rien.
- Ce… ce n'est pas très drôle, comme blague, fit Ron au bout d'un moment.
- Pourtant je rigole éperdument, ha, ha, répondit Harry d'un air sombre.
- Eh, vieux, on parle d'Hermione, là… Pas de… Pansy Parkinson ! Quand elle va apprendre que tu as osé l'injurier de la sorte…
- Ron, je les ai surpris à l'infirmerie, ils étaient nez à nez !
- Hein ?
Harry bouillait intérieurement. Malfoy, non mais, c'était impossible, Ron avait raison, hein ? Hermione ne serait pas tombée dans le panneau ? Il poussa un soupir et s'écrasa sur son propre fauteuil.
- J'ai suivi la carte, Malfoy traînait dans je ne sais pas quel couloir, et puis d'un seul coup, il est parti à l'infirmerie. Et puis… et puis Hermione a tourné de l'œil au moment même où j'ai dit que Malfoy n'était pas à sa table.
- Elle était vraiment malade, protesta Ron. Elle a même vomi sur Rogue !
- Qu-quoi ? s'ahurit Harry avant d'éclater d'un rire incontrôlable. Elle a… –hoquet– vomi sur… –hoquet–, ROGUE ?
- Oui, assura fièrement Ron, comme le père d'un enfant prodigue.
Harry se calma au bout d'un moment.
- Elle avait peut-être pris un truc de Fred et George…
Ron roula des yeux :
- Arrête un peu ! Il n'y a rien entre Hermione et Malfoy et leur rencontre à l'infirmerie était due au hasard !
- Mais elle le défend souvent, se buta Harry. Quand je sous-entends qu'il doit être Mangemort, elle refuse de l'admettre et…
- Parfaitement, et moi aussi ! Pourtant je… eurk Harry, ta théorie de cause à effet implique que moi aussi j'ai des sentiments pour Malfoy !
- Hein ?
- Oui ! et c'est faux, par pitié, ne me fait pas croire que tu penses ça de moi. Beurk ! je crois que je vais vomir moi aussi…
- Mais je ne comprends ri…
- Hermione ne défend pas Malfoy, et moi non plus, dit sentencieusement Ron. C'est tout simplement absurde qu'il soit Mangemort. Alors, oublie ça, s'il te plaît.
Harry fit la moue et ne répondit pas, persuadé en son fort intérieur que quelque chose se tramait dans l'ombre.
Dans la salle commune des Préfets-en-Chef :
- On n'en parle plus, Granger.
- On n'en fait même jamais mention, gronda Hermione.
- Pourtant, avança Malfoy, en fait je t'ai sauvé deux fois la vie, et toi une fois seulement.
- Quoi ?
- Oui, la première fois avec la plante, et la deuxième fois avec le parquet…, déclara Malfoy, un sourire narquois s'étirant sur les lèvres pâles.
- Ce n'est vraiment pas drôle, murmura Hermione, songeant avec panique à la marque des ténèbres flottant au dessus d'eux.
- Si. Tu as une dette envers moi.
- Ne raconte pas de bêtises ! s'agaça-t-elle. Je ne te dois rien, strictement rien ! Et tu as dit toi-même qu'on n'en parlait plus !
- Très bien, très bien…
Il s'en fut dans sa chambre, et elle resta, haletant dans la salle commune. Pourtant, il passa sa tête par l'embrasure de la porte :
- Et n'oublie pas, Granger. Un mot sur… ça –il montra son bras– et je te tue. Je n'hésiterai pas.
« C'est déjà un meurtrier », pensa Hermione, l'estomac tordu de terreur.
- Je montre cette clémence seulement parce que tu m'as… aidé une fois, continua la voix menaçante de Malfoy. Sinon, je t'aurais déjà fait oublier cet épisode…
Elle se tourna vers lui, blême.
- Je ne t'aurais pas laissé faire.
- Ah tiens ?
- Je suis plus forte que toi, répliqua-t-elle, le cœur au bord des lèvres.
- Ne crois pas que la magie blanche est plus forte que la noire, murmura Malfoy, les yeux réduits en deux fentes inquiétantes.
Malgré son inquiétude, elle releva :
- Eh bien, c'est ce qu'on verra dès que j'aurais une nouvelle baguette…
Il sortit d'un bond de sa chambre, encore une fois trop près d'elle :
- Je pourrais te montrer tout de suite des choses qui te hérisseraient ce qui te sert de cheveux sur la tête.
- Mais tu ne le feras pas, n'est-ce pas ? marmonna-t-elle dans un état second.
- Et pourquoi donc ? répliqua-t-il.
- Parce que… parce que… je ne sais pas, bredouilla-t-elle finalement. Parce que je vais immédiatement me coucher, par exemple.
Et elle fila dans sa chambre sans lui laisser le temps de faire un geste, se barricadant du mieux qu'elle put.
- Mon Dieu, murmura-t-elle.
La voix de Malfoy coula à travers la cloison :
- C'est un conseil que je te donne, Granger. N'essaye pas de jouer avec les Mangemorts… Laisse ce travail à Potter et Weasley.
Saisie, elle déverrouilla tout et ouvrit brutalement la porte.
Mais il n'était déjà plus là. Elle ne put retenir un frisson.
Lorsque le lendemain matin, elle l'entendit sortir de leurs appartements, elle ne put s'en empêcher. Elle alla dans sa chambre. Doucement, tout doucement. La chambre était impersonnelle. Tout était trop propre, trop parfait, même si le lit était encore défait. Aucun vêtement de dépassait de l'armoire, aucune affaire ne traînait sur le sol.
Tout était parfaitement rangé, à part une chose.
Cette lettre, posée sur le bureau.
- Ça va mieux depuis hier, Hermione ? demanda anxieusement Neville durant le petit-déjeuner.
- Oui, oui, dit-elle en sentant le double de la lettre la brûler à travers sa poche.
- Tu vas pouvoir m'aider en sortilèges, alors ? s'inquiéta-t-il, sa face lunaire luisant de détresse.
- Bien sûr ! s'exclama-t-elle avec une bonne humeur tout à fait artificielle.
Elle n'avait pas eu le temps de la lire, cette lettre. Elle n'avait pas eu le temps, car à peine avait-elle dédoublée celle-ci que le tableau de leur salle commune s'était à nouveau ouvert, et elle avait entendu Malfoy revenir en trombe vers sa chambre. Paniquée, elle avait foncé dans la salle de bain et, après s'être réfugiée dans sa propre chambre, s'était tapie là et avait attendu, attendu, qu'il parte, sans savoir pourquoi elle se cachait.
- Hermione ! grogna Ron. Tu as pris tout le reste du lait.
- Désolée, mentit-elle en plantant devant elle son nouveau livre de chevet, « Les malédictions, mythe moldu et réalité sorcière ».
Le cœur battant, elle n'arrivait pas à détacher ses pensées de cette lettre. Elle n'en avait vu que l'en-tête.
Mon cher fils…
Lettre de… Lucius Malfoy ou de Narcissa ? Elle ne pouvait s'empêcher de se poser la question. Elle aurait voulu en parler, mais quelque chose l'en empêchait, elle ne savait pas quoi. Pourtant, il fallait absolument qu'elle mette Harry et Ron au courant, n'est-ce pas ? Oui, mais, elle avait promis à Malfoy de ne pas mentionner la marque des ténèbres et les Mangemorts… Sa conscience lui hurlant qu'elle avait tort, elle jetait des regards fréquents vers la place vide de Dumbledore –parti sans doute encore une fois en voyage, avait dit Ginny.
Le midi, n'y tenant plus, Hermione fonça dans les toilettes des filles, priant pour que Mimi ne s'y trouve pas. S'enfermant à double tours dans une cabine, elle avait sorti cette fichue lettre de son sac.
Mon cher fils,
Surtout, prends garde à toi. Ton père ne voudrait pas que tu risques ta vie pour la cause… Et je refuse de te perdre à son profit.
Sois bien prudent, tais bien ton identité, même devant les Serpentard. Qui sait s'ils ne risquent pas d'échapper quelques informations devant des personnes peu recommandées…
Brûle cette lettre après l'avoir lue, surtout. Et souviens toi que la réception au Manoir aura lieu le 23 mai et que je tiens à ta présence.
Bien à toi,
Ta mère qui t'aime.
Hermione fut curieusement déçue, bien qu'elle ait la confirmation –en avait-elle seulement besoin ? elle avait vu la marque des ténèbres flotter dans les airs…– du fait que Malfoy était bien un Mangemort… Il y avait quelque chose de sous-jacent. De caché, forcément. Forcément ! Elle tenta de décrypter le sens de cette missive lorsqu'elle entendit Mimi débarquer dans les toilettes dans un hurlement furieux. Un bruit de plongeon indiqua qu'elle s'était jetée dans une des cuvettes des toilettes. L'eau qui arriva tremper les pieds d'Hermione précisa que ladite cuvette avait bel et bien débordé.
Prudemment, elle sortit de sa cabine.
- Est-ce que c'est toi ? s'écria Mimi de sa voix aiguë.
Mais quand elle reconnut Hermione, elle devint encore plus boudeuse que d'ordinaire et tripota un de ses boutons avec agacement.
- Euh, bonjour Mimi, fit Hermione. Tu… euh, tu voudrais voir Harry ?
- Noooooon, gémit le fantôme en secouant la tête. Lui est trop égoïste ! Non, je veux voir ce siiii gentil garçon qui venait siiii souvent me voir l'année précédente… Il m'a dit qu'il avait besoin d'aide !
- Ah, euh… ah.
Soudain, Hermione se glaça. Bien sûr, ces mots trouvaient un écho particulier dans sa mémoire. Elle revoyait Harry, Mimi l'accusant de meurtre, les toilettes éclaboussées de sang et…
- Mince, jura-t-elle. Encore Malfoy.
Fini pour aujourd'hui ! Même si j'ai la désagréable impression que c'est un peu plat, des petites reviews seraient les bienvenues, mais bon, y'en a qui auront peut-être pas le temps pour ça et préfèrerons suivre le deuxième tour des présidentielles minute par minute lol.
Bisous, et à la prochaine :
Ladyalienor.
