Je n'ai qu'un mot à dire… SURPRISE !!!

Bon ok… PARDON… Je vous livre ce chapitre en offrande et vous me pardonnez mon lambinage (bien sûr que non, ce mot n'existe pas), marché conclu ?… Regardez mon grand sourire contrit. Ohhh qu'il est grand ! Aller quoi, soyez sympas… Non ? Bon, eh bien… bonne lecture quand même !


Malaise

***

Lucius Malfoy ?

La première pensée d'Hermione fut de se demander comment il avait fait pour entrer au château. Puis, elle se souvint qu'il faisait partie du Conseil d'administration et qu'il avait ses droits d'entrée… Avec un étonnant pragmatisme, tandis qu'il lui lançait un Stupéfix jubilant, elle se dit qu'à la place de Dumbledore, elle aurait un peu plus insisté sur la sécurité de Poudlard. Certes, le grand homme faisait de son mieux mais elle n'appréciait vraiment pas qu'un horrible Mangemort comme Lucius Malfoy la fasse léviter de la sorte –surtout qu'il prenait visiblement un malin plaisir à ne pas faire attention aux angles pointus que le corps d'Hermione encaissait sans broncher, maléfice oblige– et qu'il la fasse passer… hein, quoi ? Voulait-il la tuer ? Il était en train de la faire passer au-dessus de la balustrade de la Tour d'Astronomie ! Oh non, non, non… Elle détestait le vide, et elle ne pouvait même pas crier. Oh non… Aïe ! Mais qu'est-ce que c'était que ça ? Voilà que… ouch, mais allait-il faire attention ? Il venait de la sangler tout à fait brutalement sur une… chose. C'était lisse, froid… Oh Seigneur, c'était vivant !

Les facultés mentales d'Hermione se remirent alors à fonctionner, et elle déduisit fort justement que ce qui allait lui servir de véhicule était un sombral. Voilà que Voldemort et ses sbires copiaient les méthodes de Dumbledore ! Ce n'était pas ça qui allait rendre leur popularité aux sombrals, tiens donc. Si Hagrid était là, il serait furieux. Malheureusement pour Hermione, que ce cher Hagrid volète à une telle altitude, dans la nuit noire, et ce juste à côté de la tour d'Astronomie –qui était la plus haute du château, évidemment–, ne semblait pas être prêt d'arriver.

Comme elle sentait que ses lèvres commençaient à fourmiller, signe que le maléfice s'estompait, elle reprit du poil de la bête et tâcha de parler d'un ton cinglant. Après deux ou trois gargouillis peu convaincants, elle réussit à émettre un son guttural qui attira l'attention de son bourreau.

- Oh, mais la petite Sang-de-Bourbe se réveille on dirait. Je n'ai guère envie de t'entendre parler cela dit : selon Drago, tu es assommante.

- Vous m'amenez voir Voldemort ? dit-elle d'une voix rauque mais pourtant pleine de défi.

- Question rhétorique, j'espère ? Sinon, j'aurai l'impression que ta réputation de Miss-Je-Sais-Tout était galvaudée. Bien sûr que je te conduis auprès de mon Maître, petite sotte ! Et maintenant, tais-toi.

- Je pourrais crier, rétorqua-t-elle. On m'entendra !

- Cela m'étonnerait fort ! Cependant je vais t'assommer un bon coup, mieux vaut prévenir que guérir.

Avant qu'Hermione eut pu faire quoi que ce soit, ce fut le trou noir.

Bonne nuit petite Hermione, quand tu te réveilleras le cauchemar n'aura fait que commencer…


Ron se réveilla le lendemain matin avec le sentiment qu'il vivrait une bonne journée. Un rayon de soleil filtrait à travers les lourds rideaux pourpres, et quand il tira ces derniers pour contempler le paysage, il eut l'impression d'être en plein mois d'août tant il faisait beau. Un temps idéal pour jouer au Quiddich, assurément ! Le ciel était d'un azur éclatant, à peine parsemé de quelques nuages effilés, et le soleil donnait aux arbres de la Forêt Interdite un relief et une beauté que Ron n'avait jamais remarqué auparavant. Il ouvrit les fenêtres et respira à plein poumons. On était samedi, il n'y avait pas cours et… quelque chose manquait. Il regarda autour de lui d'un air inquisiteur. Le lit à baldaquin de Neville avait les rideaux tirés et un paisible ronflement en sortait. Celui de Seamus était ouvert et les draps repoussés violemment jusqu'au pied du lit ; celui de Dean était dans le même état. Ah ! Celui d'Harry était fait et les rideaux étaient coquettement tirés sur les côtés : Harry n'avait pas dormi là, mais c'est parce qu'il avait passé la nuit avec Dumbledore à la recherche d'un Hor… Oh ! Ron sentit un filet de sueur lui couler le long de la colonne vertébrale. Il n'était pas rentré ? Mais peut-être était-il occupé à petit-déjeuner. Oui, c'était sans doute ça… Un peu remué, Ron se dépêcha de s'habiller et courut à la Grande Salle dans l'espoir d'y trouver Harry. Cependant, il n'y avait aucune trace de lui à la table des Gryffondors. Ni aucune trace d'Hermione d'ailleurs ! Où était-elle passée ? Vu l'heure qu'il était, elle aurait dû se trouver là. A moins qu'elle ne soit déjà à la bibliothèque ?

Une pensée insidieuse lui traversa l'esprit, et il tâcha de la refouler. Harry était peut-être rentré, et Hermione, inquiète… Non, non, ils seraient venus le réveiller. Mais si jamais ils… ?

- Dean ! Seamus ! s'écria-t-il. Avez-vous vu Hermione ?

- Non, marmonna Dean qui remarquait surtout l'absence éclatante de Ginny, son ancienne petite-amie.

Ron marmonna quelque chose dans sa barbe et s'éclipsa pour aller à la bibliothèque. Il ne remarqua pas l'air crispé qu'arborait Malfoy à la table des Serpentards. Il y était seul, en train de manger son porridge avec une extrême lenteur, comme s'il réfléchissait entre chaque bouchée pour savoir s'il convenait de continuer à manger.


Hermione se réveilla dans un nid de douleur. Des courbatures lui élançaient les côtes et sa tête pesait lourd. Deux gros yeux globuleux la regardaient fixement.

- Mademoiselle est réveillée ? couina-t-on.

- Oui…, marmonna-t-elle, la bouche pâteuse.

Un craquement sec déchira l'air et les deux yeux disparurent, abandonnant Hermione à la solitude d'un cachot crasseux. Cependant, quelques minutes plus tard, des pas se firent entendre et la grille qui faisait office de porte grinça dans ses gonds.

- Miss Granger ! fit aimablement Lucius Malfoy. J'espère que vous trouvez votre nouveau logement digne de vous ?

Hermione ne broncha pas et tâcha de se redresser. Elle réalisa qu'elle se trouvait à-même le sol, adossée à un mur de pierre froid et humide.

- Vous n'êtes pas très original, remarqua-t-elle avec aplomb. Je m'attendais à être retenue prisonnière à côté de Voldemort, et qu'il me lance ses restes en guise de nourriture !

- Cela ne saurait tarder, répliqua Lucius Malfoy en regardant ses ongles d'un air d'ennui exquis. Mon Maître est en déplacement, mais dès qu'il sera de retour de voyage, nous irons le saluer comme il se doit.

Hermione le considéra avec un mépris teinté de peur. Elle se remémorait lentement tout ce qui s'était produit la veille.

- C'est vous qui avez pris notre mot-de-passe, chuchota-t-elle amèrement.

- Moi ? Pourquoi aurais-je pris la peine de me salir les mains ? C'est Drago qui a tout manigancé, pas moi. Nous lui avions demandé de faire en sorte de piéger un ami de Potter. Vu que votre situation de préfet-en-chef facilitait les choses, il s'est débrouillé pour vous entraîner à la Tour d'Astronomie. Tout cela était prévu depuis une bonne semaine, ma petite. Il m'a juste demandé de me tenir prêt.

Il émit un petit rire désagréable et Hermione eut envie de fondre en larmes, car la gravité des évènements prenaient tout son sens en elle. Cependant, elle garda la tête haute et contint sa peur. Elle refusait d'analyser plus en profondeur ce qui s'agitait en elle, mais si elle avait fait décanter ses émotions comme les phases d'une potion, elle y'aurait sans doute trouvé quelques gouttes de déception. Par rapport à Malfoy fils. Bien évidemment, elle avait trouvé son comportement très étrange, et abominablement angoissant car elle n'avait aucune envie d'hériter d'un Malfoy amoureux, mais tout de même… Il l'avait manipulée de bout en bout ! Et dire qu'elle lui avait sauvé la vie !… Et que lui aussi avait sauvé la sienne. Quel monstre ! Il aurait mieux fait de la laisser mourir, au moins elle aurait eu une fin digne. Enfin presque. Idéalement, Hermione aurait voulu mourir au combat : ça aurait été une mort rapide, qui fauche sans état d'âme. A présent, elle était bonne pour se faire torturer… Oh, pourvu qu'elle ne dise rien, pourvu qu'elle réussisse à résister pour sauver Harry !

Harry. Où était-il à présent ? Avait-il détruit l'Horcruxe ? Et Ron ! Il allait s'inquiéter. Elle le connaissait suffisamment pour savoir que l'angoisse le mettait dans un état épouvantable ; elle était sûre qu'il se mettrait à proférer des imbécillités, et qu'il mettrait au point un plan lamentable pour la libérer. Harry s'en accommoderait, lui qui était si influençable ! Elle les imagina tous les deux, sous la cape d'invisibilité, la baguette serrée par une main moite. Peut-être que Ginny serait avec eux, aussi. Et Neville. Et Dean, et Seamus. Ou pas ! Peut-être qu'ils se rangeraient tous à l'avis de Dumbledore, qui déciderait de ne rien risquer. Ou peut-être que Dumbledore voudrait risquer quelque chose, et qu'il mettrait en péril l'Ordre du Phénix ! Oh, tout ça parce qu'elle s'était montrée si stupide ! Elle aurait voulu se gifler.

- Vous avez bien formé votre fils, dit-elle d'une voix plus tremblante qu'elle ne l'aurait voulu.

- Oui, c'est bien ce que je pense, fit lentement Lucius Malfoy.

Hermione ignora son air pensif, et ferma les yeux. Elle espérait qu'il n'allait pas la torturer dès à présent. De toute façon, elle ne dirait rien. Elle mourrait avant cela, il le fallait.


- Maître ! fit Narcissa Malfoy en regardant d'un air un peu inquiet la ribambelle de Mangemorts qui encombraient sons salon.

- Où est la fille ? demanda Lord Voldemort d'une voix sifflante.

- Au sous-sol. Mon mari est avec elle.

- Un siège. Macnair, apporte-moi un siège.

Macnair s'exécuta, un peu balourd dans les gestes, mais ses mains hérissées de poils étaient si puissantes qu'on pouvait bien lui pardonner ce petit défaut.

Voldemort se glissa dans son siège et s'y enfonça avec ce qui semblait être du délice –c'était particulièrement dérangeant de devoir le regarder esquisser ce rictus satisfait, et il faisait proprement peur à voir, mais tous les Mangemorts le regardaient avec une sorte de fascination morbide. Ils y étaient un peu contraints.

- J'ai soif, dit-il.

Bellatrix, qui connaissait bien la maison, appela un elfe de maison d'une voix éraillée. Narcissa la laissa faire sans mot dire.

- Que voulez-vous boire, ô mon Maître ? demanda sa sœur dans un murmure presque passionné.

Elle lui lança un regard ébloui sous ses lourdes paupières semi-ouvertes, mais il l'ignora et fit signe à Narcissa d'avancer.

- Je veux que le fils Malfoy quitte Poudlard, déclara-t-il, un peu nasillard. J'ai besoin de lui ici à présent.

- Mais… Maître ! s'exclama Bellatrix en se redressant. Nous avons encore besoin d'un agent-double !

- Rogue suffit à cette tâche. Je veux que le fils Malfoy quitte Poudlard dès que possible ! Les vacances scolaires sont dans une semaine… il ne retournera pas à l'école et restera avec nous. J'ai une mission à lui fournir.

- Maître ! fit Narcissa, dont la poitrine soudain haletante contrastait un peu trop avec son visage sans expression –elle tâcha de se reprendre et continua d'une voix doucement modulée : Maître. Ce serait dangereux pour lui de…

- Peu importe ! J'ai une mission à lui fournir, j'ai dit.

- Mais… quel genre de mission ?

- Cissy ! grommela Bellatrix d'un air outré. On ne demande pas au Seigneur des Ténèbres ce qu'il a prévu…

- J'ai bien le droit demander, puisqu'il s'agit de mon fils unique ! rétorqua Narcissa en pinçant ses jolies lèvres.

- Non !

- Cela suffit, taisez-vous ! grogna Voldemort, que ces chamailleries féminines agaçaient au plus haut point. Qu'on fasse venir Lucius, c'est à lui que je veux parler, pas à une femelle dont l'affection hormonale est absolument insupportable.

Bellatrix donna un coup de pied dans les jambes de l'elfe de maison qu'elle avait fait venir, en lui ordonnant de ramener Lucius des cachots. Narcissa, pâle et droite, baissa le visage et écouta son cœur battre à tout rompre. Elle n'aimait pas ça du tout.


Malfoy reçut sans attendre une lettre de son père, qui lui ordonnait d'effacer toute trace pouvant les associer à la disparition de Granger. Ainsi, alors que Ron parcourait le château à la recherche de sa pathétique bien-aimée, lui s'occupa tout à fait autrement : tout d'abord, il se rendit devant la porte qui menait aux appartements des préfets-en-chefs et tâcha de faire taire à jamais les portraits qui auraient pu être témoin de sa dernière altercation avec Granger. Il avait amené avec lui Crabbe et Goyle, leur ayant savamment expliqué ce qu'ils devraient faire. Ils avaient tous droits bu du Polynectar et avaient l'apparence de trois filles de Poufsouffle qui avaient eu la malchance de se faire bousculer par eux dans les couloirs. Ils arrivèrent dans le couloir, l'air dégagé, et alors que les personnages à moitié endormis se vautraient contre la bordure de leur cadre, ils dégainèrent leur baguette et tailladèrent les toiles. Toute fuite fut impossible, et tout à fait contents d'eux, ils s'enfuirent jusqu'aux toilettes du sixième étage, attendant de reprendre leur aspect initial.


- Harry ! s'exclama Ron en voyant son ami entrer péniblement dans la salle commune des Gryffondors. Tu es là !

- Enfin, ce n'est pas trop tôt, commenta Seamus en haussant les sourcils. Il nous tanne depuis ce matin parce qu'il n'arrive pas à trouver Hermione, et tu n'étais pas là pour entendre ses geignements. Surtout garde-le, on te refile le bébé !

Harry était trop exténué pour comprendre d'emblée ce que ces mots impliquaient, et il considéra Ron d'un œil impavide.

- Harry ! Harry ! Viens, il faut qu'on parle… Pousse-toi de là, toi, dit-il en attrapant une première année par le bras. Ah mais non, ne te mets pas à pleurer !

- Mais enfin Ron, tu vois bien que tu lui as fait peur, intervint Parvati d'un air de reproche. Cette pauvre Alison McNally se fait sans cesse martyriser par les Serpentards, et toi…

- Oh, c'est bon, ça va… Mais regardez-la, on dirait Neville ! Va-t-en, et laisse-nous tranquille.

Harry contemplait la scène avec perplexité. Enfin, il s'assit et Ron se mit à lui exposer la situation avec force de gestes, une fois qu'il eut lancé l'Assurdiato pour être sûr de ne pas être écouté.

- On n'a qu'à regarder sur la carte du Maraudeur, fit Harry. Viens, montons au dortoir.

Il se mit à fouiller dans sa valise mais ne la trouva pas. Et pour cause ! Il l'avait prêtée à Hermione. S'en rappelant soudainement, il poussa un juron si grossier que les oreilles de Ron en rougirent presque.

- Bon… Je vais essayer de l'appeler…, marmonna-t-il. Accio Carte du Maraudeur !

Ils attendirent un moment, aux aguets, mais rien ne vint.

- Elle n'est plus au château ! réalisa Ron, tout à fait paniqué. Vite, il faut qu'on aille prévenir quelqu'un ! Dumbledore est là ?

- Il est parti tout de suite après m'avoir ramené, fit Harry, dépité. Je ne sais pas où, il n'a pas voulu me le dire. Allons voir McGonagall !

Ils coururent jusqu'à son bureau, mais elle n'y était pas.

- La salle des professeurs ? fit Ron.

- Oui, fit sombrement Harry, mais reste à espérer que ce ne sera pas Rogue qui nous ouvrira la porte…

Heureusement pour eux, ce fut Hagrid qu'ils virent s'encadrer dans le chambranle de la porte. Il tenait un énorme oiseau jaune vif par les pattes, et l'agitait malgré lui lorsqu'il parlait, jonchant ses vêtements de grosses plumes couleur tournesol. Harry en aurait ri si la situation n'était pas si inquiétante.

- Hagrid ! Hermione a disparu, fit-il. Il faut qu'on voit le professeur McGonagall !

- Elle n'est pas là, elle s'est rendu au congrès des Animagi, fit Hagrid, l'air secoué. Depuis quand Hermione a-t-elle disparu ? Je l'ai aperçue hier !

- Ce matin, elle n'était nulle part, expliqua Ron. J'ai fouillé toute la bibliothèque ! Il y'a quelque chose qui cloche !

- Et moi je lui ai prêté… quelque chose…, fit Harry qui ne voulait pas trahir le secret des Maraudeurs, même devant Hagrid. Et quand j'ai essayé de récupérer ce quelque chose avec un accio, il ne s'est rien passé.

- Je n'ai rien compris ! dit Hagrid.

- Harry, marmonna Ron. Je crois qu'il va falloir qu'on se débrouille nous-mêmes…

A ce même moment, dans les toilettes de Mimi Geignarde, un garçon solitaire se tenait la tête entre les mains, la panique au cœur… et un peu de remord dans l'âme.


Voilà… Un chapitre qui n'est guère intéressant. Le prochain sera mieux. Il contiendra entre autre une entrevue pas très joyeuse entre Drago et Hermione… Est-il écrit ? Non, évidemment… où serait le fun ?… Ahem. Je vous dis à dans deux ans ? ^^ Eh non, ne tirez pas je plaisantais ! En tout cas je m'excuse par avance du délais qui sera inévitablement long…