Salut tout le monde ! Un grand merci pour vos reviews et votre soutien ! C'est reparti pour un troisième chapitre avec ces personnages tarés que vous aimez tant ^^ Je suis ultra désolée pour l'énorme retard, dû à de gros problèmes de connexion Internet. Du coup, voici un double ou triple chapitre =)

Réponse à vos reviews :

Jeff-La-Bleue : Merci beaucoup ! C'est vrai que y a peu de fics aussi tordues ^^ j'avais envie de changer un peu ! Lol et oui il existe des gentlemen sur cette planète ! Merci de suivre ma fiction !

Alexa192 : Mdr c'est vrai que notre Draco a une certaine classe =P Contente que ce début te plaise, j'espère que la suite ne te décevra pas ! En tout cas, plein de surprises en perspective !

Serinu-chan : lool merci ^^ Ca y est, une fan hystérique mdr. J'espère que ce chapitre te plaira, et désolée d'avoir mis autant de temps à poster, j'ai un emploi du temps de ministre =P lol c'est ça d'être une star hum hum

Hilaidora : Merci ! C'est vrai que j'ai énormément changé le caractère de notre Draco international, et j'avais un peu peur que les lecteurs ne saisissent pas bien à quel point il n'avait presque rien à voir avec l'original. Mais d'après vos reviews, le message est plutôt bien passé donc j'en suis heureuse !

Pigeon-Gnome : lol ça s'appelle le sadisme ^^ En tout cas merci de ta fidélité à toute épreuve ma gnome ;P

Petit rappel des personnages que j'ai inventés :

- Chris : Serdaigle de 7e année qui sort désormais avec Ginny

- Vanessa : Serdaigle de 7e année au caractère calme et sage. Elle est amie avec Matt et sait jouer son jeu de séduction pour s'amuser. Elle est allée au bal avec lui.

- Matt : De son vrai prénom Matthew. Serpentard de 6e année, c'est un éternel dragueur mais il se lasse vite de ses conquêtes. Il est un ami proche de Draco.

- Leïla et Amy : Poufsouffles de 6e année, toujours en train de rigoler et de se raconter les derniers potins (du genre Lavande Brown et Parvati Patil).

Disclaimer : comme d'hab, seule l'histoire m'appartient, les personnages cités ci-dessus et certains lieux peut-être. Sinon, tout est à J.K. Rowling !


Chapitre III – Deals et traques

Swish…

Ondulation de cape dans l'ombre…

Swish…

Course effrénée…

Swish…

Attraper de la fumée à mains nues…

Swish…

Fuite

Swish…

Victoire


Lundi 4 Septembre

Cher Journal,

Nouveau jour, nouvelles résolutions. La nuit porte conseil, et j'ai eu le temps d'analyser un peu la soirée d'hier durant mon insomnie. Je suis contente que Matt se soit rendu compte que la pseudo-relation qu'on avait ensemble était vide de sens et qu'elle ne mènerait nulle part. Je ne pensais pas qu'il oserait l'avouer à voix haute, mais je réalise à quel point il pourrait être un ami de confiance.

Quant à Lui… Il va payer. Il va perdre.

Phase 1 : Observation

A bientôt,

Hermione


Hermione passa un temps fou dans la salle de bain, ce matin-là. Elle commença par se laver les cheveux et bien sûr le reste du corps, utilisant un gel douche au parfum exotique et un shampoing aux arômes de fruits, qui donnèrent à sa peau une légère odeur suave et douce. La jeune fille démêla sa chevelure châtain avec soin avant de la sécher magiquement. Au lieu de la lisser, comme elle le faisait souvent, la Gryffondor les boucla à l'aide d'un sortilège très simple. Elle admira le résultat : de larges boucles soyeuses cascadaient sur ses épaules. La belle adolescente enfila une robe d'été et mit autour de son cou une fine chaîne d'argent dont elle régla la longueur de sorte que le gros pendentif soit dans son décolleté. Hermione se maquilla ensuite légèrement, allongeant ses cils grâce à un mascara noir et faisant ressortir ses lèvres à l'aide d'un gloss légèrement rosé. Cet été-là, elle s'était fait percer les oreilles, mais n'avait pas osé porter des boucles d'oreille à Poudlard. La jolie Gryffondor prit son courage à deux mains et mit des boucles d'argent en forme de longues spirales. Elle laissa ses cheveux détachés, rajusta les bretelles de sa robe, et, rassemblant toute sa détermination, Hermione sortit de la salle de bain.

La brune poussa un soupir de soulagement en voyant que toutes les filles de son dortoir reposaient encore entre les bras de Morphée. La jeune fille prit une paire de sandales plates à la va-vite et sortit de la pièce. Il était encore tôt, les cours ne commenceraient que dans une heure et demi. Mal à l'aise dans sa courte robe et son maquillage, la Gryffondor se félicita de ne pas avoir mis de chaussures à talon en plus. Déambulant dans les couloirs déserts, Hermione se récita ce qu'elle devait faire mentalement, vérifiant qu'elle n'omettrait aucun détail. Se forçant à respirer profondément, la jeune sorcière descendit les escaliers et pénétra dans la Grande Salle. Le réfectoire était très peu peuplé à cette heure-ci, les élèves profitant de leurs dernières heures de sommeil avant une longue journée de cours. Hermione, elle, avait très peu dormi, et elle appréciait ce calme et ce silence si peu communs dans le château, toujours animés par le bruit de ses centaines de sorciers et sorcières.

Lorsqu'elle entra dans la pièce, toutefois, certains élèves se retournèrent, étonnés de ce changement de look. Si certains regards s'attardèrent, la majorité des étudiants reprirent cependant leur activité et leurs conversations. Tendue, Hermione marcha le long de la table des Gryffondors, et un bref coup d'œil à côté lui indiqua ce qu'elle souhaitait savoir : Malfoy était en train de déjeuner. La jolie sorcière s'assit en face de lui, l'air de rien, afin de pouvoir étudier son comportement à son aise. Son manège ne passa pas inaperçu et il lui dédia un sourire amusé. La Gryffondor décida de l'ignorer superbement, malgré la rougeur de ses joues. Elle mangea assez rapidement, et lorsque le Serpentard quitta sa table, elle attendit un instant avant de sortir à son tour de la Grande Salle.

Le jeune homme blond avait traversé le Hall et était en train de descendre les escaliers menant aux cachots. Hermione le rattrapa et lança :

- Tu as une dette envers moi, Draco.

Ce dernier s'immobilisa et, toujours de dos, répliqua d'une voix calme :

- Il ne me semble pas que c'était un marché, mais vous êtes apparemment une femme d'affaires. Je vous écoute.

La Gryffondor ne pensait pas qu'il l'écouterait si facilement. C'était trop simple. Étrange... Elle saisit donc l'occasion et poursuivit :

- Tu refuses toujours de parler de toi. Or je voudrais en savoir plus sur ton passé. Je vais te lancer un nouveau pari. Si j'arrive à prouver à tout le monde que c'est toi le voleur du château, tu devras absolument tout me dire sur toi.

- Tout vous dire ? Et comment sauriez-vous que je n'omettrai rien ?

- C'est mon problème. Alors, tu acceptes ?

- Pourquoi devrais-je accepter que vous fassiez une fausse accusation sur moi devant tout le monde ? demanda le Serpentard, toujours de dos, mais Hermione sentit l'ironie de son ton.

- Si tu n'as vraiment rien à te reprocher, que crains-tu ?

Le jeune homme se retourna, et la Gryffondor en profita pour essayer de lire dans ses yeux s'il était coupable ou non. Mais il affichait un regard inexpressif, excepté peut-être une pointe d'amusement.

- Vous avez raison. Mais puis-je au moins savoir pourquoi vous pensez que je suis un voleur ? la questionna le Serpentard, toujours amusé.

- Tu es rusé et vil, pour commencer.

- Je suis un Serpentard, répliqua-t-il.

- Ensuite, c'est toi qui as réussi à déjouer les secrets du mur hier…

- Mais pas ceux du coffre.

- Tu aurais su comment faire…

- Sans doute.

Victorieuse, Hermione poursuivit :

- Et, enfin, tu es prêt à tout pour arriver à tes fins.

- Je suis un Serpentard, répéta-t-il. Vous ne croyez tout de même pas que ce sont des preuves suffisantes ?

- Tu as peur ?

- On a tous peur de quelque chose.

- N'essaie pas d'éluder ma question.

- Posez une question plus précise, dans ce cas.

Exaspérée, Hermione posa donc une autre question :

- Tu as peur que je prouve que tu es le voleur ?

- Non.

- Pourquoi ?

- Parce que vous n'avez aucune chance de le prouver.

- Ah oui ?

- Oui.

- Tu risques d'être déçu.

- Quel délai avez-vous pour révéler ça à tout le monde ?

- Une semaine.

- Ça va être dur de créer des fausses preuves en seulement une semaine.

- Ce serait dur si j'avais à le faire, mais ce n'est pas le cas.

- Pourquoi est-ce que vous vous acharnez comme ça ? Ça ressemble bien aux Gryffondors d'agir sans réfléchir.

- Je suis une Gryffondor.

Ils se défièrent un moment du regard, et Hermione ne put s'empêcher de remarquer l'assurance sans faille de son adversaire. Il était fort possible qu'elle se trompe, mais elle voulait se venger à tout prix.

- Vous pouvez arrêter d'enregistrer notre échange, je ne dévoilerai rien de plus, affirma le Serpentard après un instant.

Rougissant, Hermione dut s'admettre qu'elle avait été démasquée. Elle éteignit le petit appareil enregistreur qu'elle avait caché dans sa poche et demanda, curieuse, et cherchant à en apprendre plus sur son concurrent :

- Comment as-tu deviné ?

- Comment aurais-je pu ne pas le deviner ?

- Tu réponds toujours aux questions par une question ?

- Je te retourne la question.

- Ha ha… dit la Gryffondor d'un ton sarcastique.

- Ce n'était pas censé être drôle. Et puis-je savoir à quoi était destinée cette tenue ?

- Rien qui te concerne.

- Vous mentez extrêmement mal.

- Mieux que toi en tout cas.

- J'en doute. Donc ?

- Plan B.

- Mmm… Bon, et bien, bonne traque, dans ce cas. Vivement qu'on soit dans une semaine !

- Je te le fais pas dire !

Avec un sourire en coin, le Serpentard inclina la tête en guise d'au revoir et s'éloigna dans l'obscurité du couloir.


Cet échange en avait appris beaucoup à Hermione, mais faisait vaciller dangereusement son hypothèse. Si le Serpentard avait vraiment été coupable, il aurait tenté d'éviter le pari et n'aurait pas dit, par exemple, qu'il aurait su ouvrir le coffre, la veille. Quelque chose n'était pas clair.

La discussion s'était déroulée très vite, chacun répondant du tac au tac à l'autre, et elle n'avait pas eu le temps de vraiment réfléchir.

Perplexe, Hermione resta dans le couloir, attendant que Matt pointe le bout de son nez. Elle l'avait vu prendre son petit-déjeuner, et savait qu'il rejoindrait ensuite sa salle commune. Lorsqu'il arriva enfin, la Gryffondor fut soulagée de voir qu'il était seul.

- Salut Hermione ! Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il, souriant.

- J'ai besoin de toi, répondit immédiatement la jeune fille.

- Comme beaucoup de gens, dit-il avec un sourire en coin.

- Je suis sérieuse. J'ai besoin que tu m'aides, répéta la brune en se penchant très légèrement pour mettre en valeur son décolleté.

- Et que puis-je faire pour toi ? questionna-t-il, un peu étonné.

- Dans les jours à venir, je risque d'avoir besoin de renseignements sur Draco.

- Tu me demandes de trahir un ami ? l'interrogea-t-il en fronçant les sourcils.

La Gryffondor se rapprocha un peu de lui, se mouvant avec grâce, et faisant très légèrement ressortir ses lèvres pulpeuses. Elle demanda :

- Et moi, je ne suis pas ton amie ?

- Je ne peux pas faire ça, Hermione.

- Que veux-tu en échange ?

- Il n'y a pas d'échange qui tienne, jolie demoiselle. C'est non.

- Je connais trop bien les Serpentards pour savoir qu'ils savent reconnaître un bon marché.

Elle prit un air séducteur et sensuel qu'elle ne se connaissait pas, tout en regardant intensément le Serpentard. Il semblait presque mal à l'aise, et si elle l'était tout autant que lui, cela la faisait quand même rire mentalement.

- Mmm….tu as raison. C'est d'accord. Je déciderai de ma…récompense plus tard.

Un sourire satisfait aux lèvres, la jolie sorcière reprit :

- Dans ce cas, est-ce que tu pourrais juste me rendre un tout petit service supplémentaire ?

- Ça dépend… hésita-t-il, sur ses gardes.

- Demande à ton copain d'arrêter de me vouvoyer.

- Draco te vouvoie ? s'écria le jeune homme, visiblement très surpris.

- Bah, oui…j'imagine qu'il vouvoie pas mal de filles.

- Détrompe-toi ! Il tutoie même certains professeurs. Quand il se considère l'égal de quelqu'un, il ne voit pas de raison de le vouvoyer, donc il ne le fait pas. En fait, il ne vouvoie que les personnes qu'il respecte profondément. Apparemment, tu en fais partie.

- A moins que ce ne soit qu'une ruse pour me manipuler, répliqua la brune, fronçant les sourcils.

- Non, certainement pas. Je ne sais pas ce que tu as fait pour, mais il semblerait bien que Draco t'accorde déjà un semblant de confiance. C'est assez…inattendu.

- Ça, tu peux le dire ! Bon, c'est tout ce dont j'avais besoin aujourd'hui, merci Matt, dit-elle avant de déposer un baiser sur sa joue. Je te revaudrai ça… ajouta-t-elle, énigmatique.

Avant même qu'il ait eut le temps de dire « ouf », elle s'éclipsa.


Hermione n'en revenait pas. Elle avait réussi ses deux missions du jour ! Heureuse, bien qu'un peu incertaine quant à la suite des événements, la jeune sorcière se dirigea vers la bibliothèque afin d'établir une stratégie avant d'aller en cours.

Les deux heures de métamorphose en commun avec les Poufsouffles lui parurent les plus longues de sa vie. En effet, elle devait travailler avec Amy, laquelle passait son temps à la questionner sur sa relation avec Matt et Draco, et à rapporter toutes ses réponses à Leïla. Fatiguée, ce fut avec un soulagement non dissimulé qu'elle sortit de la pièce à la fin du cours. Elle regarda son emploi du temps : elle avait une heure de Potions avec les Serpentards. Une bonne occasion d'espionner Draco. C'était la première fois qu'elle était si heureuse d'aller en cours de potions, sauf peut-être à son premier cours en 1ère année, durant lequel elle avait finalement été très déçue (Rogue y était pour quelque chose...). La brune s'installa au dernier rang afin d'avoir vue sur toute la classe, et Neville s'installa à côté d'elle. Elle devrait être très vigilante durant la préparation de la potion, avec Neville à côté… Enfin, c'était son ami et elle devait l'aider. Mais cela risquait de contrarier ses plans, elle qui voulait que son partenaire de potions se débrouille un peu tout seul pour qu'elle puisse espionner à sa guise…

Le Professeur Rogue arriva et le silence s'imposa de lui-même dans la pièce. Il donna les instructions, et les groupes se mirent en action.

« Un élixir de mort vivante ! C'est bien ma veine ! » soupira Hermione. Elle devrait être particulièrement concentrée et attentive aux moindres détails.

Le cours passa à toute vitesse, et elle n'eut pas le temps de regarder ce que faisait Draco. La seule fois où elle le fit, Neville en profita pour mettre des écorces dans la mixture, et il fut extrêmement difficile de les enlever. La potion finale n'avait pas la bonne couleur, et était tout juste bonne à flétrir une feuille déjà morte. Dépitée, Hermione tendit sa fiole au professeur Rogue sans même le regarder et partit au plus vite.

Plusieurs jours passèrent durant lesquels Hermione prenait des notes sur les différents comportements de Draco. Malheureusement, même les indications que lui rapporta Matt ne lui furent d'aucune utilité. En effet, le Serpentard était rusé : il ne faisait jamais deux fois la même chose. Il ne mangeait jamais la même chose, ne parlait pas aux mêmes personnes, avait des horaires différents, et même des vêtements différents tous les jours. Jamais elle n'arriverait à le piéger.

Il était tant d'enclencher la phase 2 du plan.


Jeudi 7 Septembre

Cher Journal,

Draco est insaisissable. Je crois bien que Matt avait raison, quand il disait qu'il maîtrisait tout. S'il veut m'empêcher d'atteindre mon but, il le fera. Enfin, ce n'est pas le moment de baisser les bras.

Phase 2 : Prêcher le faux pour savoir le vrai

Je vais tenter d'en apprendre plus sur lui. Je vais essayer toutes les techniques possibles et imaginables pour lui faire cracher le morceau. On verra bien.

A plus tard,

Hermione


C'est avec une détermination dure comme fer qu'Hermione descendit prendre son petit-déjeuner ce Jeudi 7 Septembre. Le temps passait bien trop vite à son goût, et la Gryffondor craignait de perdre son pari. Tout allait s'accélérer désormais. Malfoy devait gaffer, et cracher le morceau. Elle devait savoir ce qu'il faisait la nuit, où il avait cacher les objets volés et, surtout, comment il s'y était pris. La jeune fille n'avait pas entendu parler de vols ces deux derniers jours, et elle prenait ça pour un élément en sa faveur : Malfoy avait compris qu'il était en danger, et préférait de pas prendre de risques. Une fois arrivée dans la Grande Salle, dans laquelle seule une poignée d'élèves mangeait, Hermione s'assit à sa table en jetant un coup d'œil furtif à la table des Verts et Argent ; Malfoy n'y était pas. Anxieuse, la brune ne put rien avaler. Ce jour-là, elle devait lancer plusieurs offensives contre son ennemi. Elle devait le piéger. Et ce ne serait pas un jeu d'enfant. Voyant le Professeur Dumbledore assis à la table des professeurs, Hermione se dirigea vers lui et lui dit d'une voix innocente :

- Bonjour Professeur !

- Bonjour Miss Granger ! Que puis-je pour toi ?

- J'aurais aimé savoir quels types d'objets ont été volés...pour pouvoir mieux les protéger, vous comprenez....

Le vieux sorcier n'était pas dupe, et comprit qu'il y avait anguille sous roche, mais il lui répondit, avec un sourire cordial :

- Toutes sortes de choses, telles que des bijoux, des lames diverses et variées, quelques ingrédients de la réserve du Professeur Rogue, des fioles de médicaments à l'infirmerie, des parchemins et chaudrons, et surtout, dit-il en se penchant vers elle, un artefact de puissance. Du moins, c'est ce que le voleur croit, ce n'est en fait qu'une copie de l'original... Nous pensons qu'il s'agit de voleurs ou de groupes de voleurs indépendants, car nous ne saisissons pas le lien entre ces différents butins...

- Oh, d'accord...Merci, Professeur !

- Passe une bonne journée !

Hermione tourna les talons, déçue et frustrée d'être elle aussi dans l'impossibilité de comprendre à quoi pouvait bien servir tout cela... Mais elle ne pouvait pas renoncer maintenant, ni jamais d'ailleurs. La phase 2 était enclenchée. Et la Gryffondor comptait bien la réussir.


La jeune fille attendit Draco à la sortie de la salle de métamorphose où elle savait qu'il avait cours. Il fut le premier à sortir de la classe, et ne sembla pas étonné le moins du monde de la trouver ici, comme s'il avait déjà senti sa présence avant de la voir.

- Hermione ! Quelle surprise ! s'exclama-t-il avec ironie.

- J'ai besoin de te parler. En privé.

Sous son regard insistant, le Serpentard la suivit à l'écart.

- J'espère que vous savez que vous n'obtiendrez aucun faux aveu de ma part, remarqua-t-il avec un sourire en coin.

- Arrête ton petit jeu, Malfoy, j'ai déjà amassé des preuves sur ton cas, affirma Hermione.

« Ça y est, on est partis... Mais il n'est pas dupe, il faut que je sois crédible. » pensa-t-elle.

- Vraiment ? Je suis impressionné. Je ne pensais pas que créer de fausses preuves vous prendrait si peu de temps, répondit-il avec un calme imposant.

- C'est marrant, au moment des vols, tu n'étais pas avec d'autres élèves.

- On ne sait pas à quel heure ont eu lieu les vols.

- J'ai eu accès à ces informations.

- Personne ne sait quand ils ont eu lieu. Vous bluffez, Hermione. Plutôt mal, d'ailleurs.

- Ah oui ? Dans ce cas, peux-tu m'expliquer qui, plus qu'un Serpentard sournois comme toi, volerait un artefact de puissance ?

- Il y a sans doute d'autres Serpentards aussi sournois que moi.

- Arrête d'éluder.

- Il n'y a, malheureusement pour vous, rien à éluder. Pourquoi diable aurais-je besoin d'un artefact de puissance ?

- C'est ce que tu vas me dire.

- Je veux bien baratiner, mais je ne vois pas l'intérêt, répliqua le Serpentard avec un air ennuyé.

- Et comment expliques-tu le fait que le voleur ait pris des parchemins et des chaudrons ?

- Il doit aimer écrire et cuisiner.

- Tu n'es pas drôle, s'énerva Hermione, même si elle devait s'avouer qu'elle aurait dit la même chose à sa place.

- Ce n'est pas le but, et je dois avouer que j'ai autre chose à faire que répondre à des questions sans queue ni tête. Vous permettez …? demanda-t-il en faisant mine de partir.

- Non ! Il y a eu un témoin, Draco. Pendant un de tes vols. Tu pensais vraiment que ça passerait inaperçu ?

- J'aimerais comprendre de quoi vous parlez, mais ça devient difficile à suivre, là. Votre bluff ne sert de toute façon à rien. Et qu'est-ce que c'est cette manie de m'enregistrer à chaque fois qu'on parle ?

Hermione haussa les épaules, avant de répondre :

- Je prouverai que tu es coupable, Draco. Et tu paieras.

- Répondre à toutes ces questions idiotes comble largement ma pseudo-dette. A plus tard, Hermione.

La Gryffondor se retrouva toute seule dans le couloir. La phase 2 avait raté. Elle en avait encore quelques-unes en réserve, mais il semblait qu'elle ne pourrait jamais rien prouver. Elle était à présent à 80% sûre de se tromper, et se rendait compte à quel point Matt avait raison : Draco contrôlait tout.

Il était grand temps d'enclencher la phase 3.


Vendredi 8 Septembre

Cher Journal,

Je ne renoncerai pas, même si je n'ai absolument rien trouvé pour le moment. Impossible de tirer quoi que ce soit de ce mur de glace. Mais je vais trouver. Je l'espère.

Phase 3 : attaque par derrière

Ça va saigner. J'ai plus d'un tour dans mon sac, Malfoy.

A plus tard,

Hermione


La jeune brune que nous connaissons bien se rendit tôt dans la Grande Salle ce matin-là. Elle trouva aussitôt Amy et Leïla, les deux Poufsouffles se levant toujours de bonne heure afin d'apprendre les derniers potins dès que possible. En la voyant arriver, les deux jeunes filles se précipitèrent à sa rencontre.

- Alors, comment ça se passe avec Draco ? s'enquit Amy, toute excitée.

Le duo de choc était en effet persuadé qu'Hermione et Draco sortaient secrètement ensemble.

- Bonjour à vous aussi ! Vous avez bien dormi ?

- Oui, oui......alors ?

- Vous savez garder un secret ? demanda la Gryffondor en se penchant légèrement vers elle et en baissant la voix.

Sa question eut l'effet attendu. Faisant mine d'être très concentrées et sincères, les deux pipelettes acquiescèrent en chœur. Hermione préférait de pas savoir à quoi elles pensaient.

La jolie brune fit semblant de regarder à gauche et à droite pour voir si quelqu'un risquait de les entendre, puis prit la parole :

- Draco est..........gay.

- Quoi ?! s'exclama Amy, un grand sourire trahissant sa joie à l'idée du succès qu'aurait son ragot.

Leïla, elle, avait l'air plus dépitée. Ça faisait un beau gosse de plus qui passait dans « l'autre camp ».

Hermione jubilait. Son plan marchait à merveille, et en moins d'une heure, toute l'école serait au courant. Une pointe de culpabilité serrait son cœur, mais elle la laissa de côté et savoura sa victoire en insistant encore un peu :

- Mais ne le dites surtout à personne ! Ça fait déjà un moment qu'il le cache, il serait furieux que ce soit révélé au grand jour...

- Compte sur nous, Hermione ! répondit Leïla d'un ton solennel.

Puis les Or et Noir partirent en pouffant.

Ce n'était plus qu'une question de temps.


Une heure plus tard, montre en main, le tout Poudlard était au courant – et Hermione surprit même des professeurs évoquer le « cas Malfoy ». A croire que c'était une catastrophe. La plupart des filles affichaient un air déçu, et Matt s'efforçait tant bien que mal de les consoler. D'ailleurs, Hermione tentait désespérément de l'éviter. Elle imaginait dans quelle fureur il devait être. Draco était son meilleur ami, et ces fausses rumeurs le mettaient sûrement hors de lui. Malheureusement, la Gryffondor avait un cours de potions en commun avec les Serpentards juste après.

Elle fit un large détour pour ne pas tomber sur Matt, et réalisa qu'elle était en retard. Elle arriva en courant devant la porte du cachot, lorsqu'elle s'aperçut qu'elle n'était pas seule. Son visage prit une belle teinte cramoisie. La jeune sorcière tenta de retrouver une contenance.

- Salut Draco.

- Hermione... la salua-t-il en s'inclinant légèrement, mais sans la quitter des yeux.

Il savait. C'était évident. La Gryffondor sentit son courage l'abandonner. Il savait tout.

Le silence se fit pesant. Hermione avait l'impression que tout Poudlard pouvait entendre les battements effrénés de son cœur à ce moment-là. Puis lentement, très lentement, il se pencha vers elle, et lui murmura à l'oreille :

- Bien tenté, Hermione. Mais à trop jouer avec le feu, on se brûle...

Et il poussa la porte de la salle de classe.

Si, pendant le cours, on pouvait entendre une mouche voler, lorsqu'il pénétra dans la pièce, même les mouches semblèrent respecter le silence.

- Veuillez excuser mon retard, Professeur. J'ai eu un...empêchement, dit-il, impassible.

Le concerné lui lança un regard dégoûté.

- Nous verrons cela à la fin du cours. Veuillez vous asseoir en vitesse.

Hermione en profita pour gagner rapidement sa place, sans se faire remarquer. Les Serpentards chuchotaient tous en même temps, et il n'y avait aucun doute possible quant à leur sujet de discussion.

Draco leur lança un sourire sarcastique avant de s'asseoir. Le cours reprit, et Hermione eut beaucoup de mal à se concentrer sur sa potion. Sa note fut de nouveau catastrophique, mais c'est à peine si elle s'en rendit compte. Son attention était focalisée sur Matt, qui parlait à Draco sans obtenir de réponse de sa part. Le blond, en effet, préparait son élixir sans prêter attention au tumulte général, que le professeur Rogue ne tenta même pas d'arrêter.

La jolie brune de Gryffondor fut la première à quitter la classe à la fin du cours. Elle se sentait atrocement mal, écrasée par la poids de la culpabilité, mais que pouvait-elle faire maintenant ? Son pari semblait ne plus avoir de sens. Mais elle se devait de le gagner.

Elle espérait que Draco craquerait sous la pression des rumeurs, en voyant à quel point Hermione était prête à tout, et avouerait ses vols. Mais était-il vraiment le voleur ?

En fait, la jolie sorcière craignait des représailles. Les phrases de Matt martelaient ses tempes « Il maîtrise tout, contrôle tout ». Et elle ne maîtrisait plus rien.


Elle resta cloîtrée dans la bibliothèque toute la soirée. Lorsqu'elle rejoignit la tour des Gryffondors, elle aperçut une seconde ombre sur le mur. Elle se retourna, et vit Matt, ; mais il avait un masque froid et impénétrable qui la fit tressaillir. S'il avait pu tuer d'un regard, elle serait sûrement déjà morte et enterrée.

Hermione feignit une agréable surprise.

- Matt ! Je ne m'attendais pas à te voir ici ! Qu'est-ce que tu fai...

- Ça suffit, Hermione, la coupa-t-il. Arrête de me prendre pour un imbécile. Tu as intérêt à avoir une bonne raison de lui avoir fait ça.

- Qu'est-ce qui te fait dire que c'est moi qui l'ai fait ? tenta Hermione, figée.

- Tu as compris de quoi je parlais. Ça confirme donc mes doutes. Maintenant explique-toi, si tu ne veux pas finir carbonisée.

La Gryffondor ne doutait pas une seule seconde qu'il le ferait. Il était droit, glacial, la surplombant de toute sa hauteur, et elle se sentait brusquement comme une souris face à un chat. Un chat affamé.

- Je.... je ne peux pas t'en dire plus, Matt. Ça ne te concerne pas.

Elle commença à partir, mais il lui prit brusquement le bras et la força à se retourner.

- Ça me concerne. Il est mon meilleur ami, et toi...et bien, j'aurais aimé qu'une amitié puisse aussi exister entre nous. Alors réponds-moi.

- Tu me fais mal, Matt.

- Ce n'est rien à côté de ce que je te ferai si tu ne me réponds pas. Parle. Maintenant, ordonna-t-il sèchement.

Hermione tressaillit. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son n'en sortit. Au lieu de cela, des larmes embuèrent ses yeux et coulèrent lentement sur ses joues.

Elle tenta bien de les arrêter, mais maintenant que les vannes étaient ouvertes, elle ne pouvait plus rien y faire. Le masque de fer de Matt s'effondra. Il lui lâcha le bras, fit un pas vers elle, mais elle recula d'autant. Impuissant, et incertain quant à ce qu'il devait faire, il attendit qu'elle se calme. Lorsque les sanglots de la Gryffondor s'apaisèrent, il prit la parole :

- Tu sais qu'il va se venger, Hermione. Pas parce qu'il t'en veut, mais parce qu'il ne supporte pas le mensonge, et notamment le fait que les autres pensent un mensonge sur lui. Je suis désolé. Mais je n'excuse pas ta conduite pour autant. Bon sang, qu'est-ce qu'il se passe entre vous deux, à la fin ?

La jeune sorcière leva ses yeux ambrés vers le Serpentard, et parvint à esquisser un bref sourire :

- Un peu trop de choses à mon goût, en fait. Au revoir, Matt.

Elle se retourna et parcourut quelques mètres, avant de s'arrêter, en disant :

- Et...merci.

Puis elle tourna à l'angle du couloir.

- Désolé, Hermione... murmura le jeune homme.

Il partit à son tour.


Samedi 9 Septembre

Cher Journal,

J'ai maintenant peur des représailles ; Matt a confirmé mes craintes. Et je sais que Draco est rusé. Je vais tout faire pour l'éviter, mais je crains bien ne pas pouvoir échapper à sa vengeance. J'ai peur de lui ; c'est dingue, non ? Tout ça à cause d'un pari débile. Et qu'est-ce qu'il m'a pris de le provoquer comme ça ? Si tu pouvais parler, je suis sûre que tu me traiterais d'imbécile. Enfin, « advienne que pourra ».

A plus tard,

Hermione


C'est confuse et incertaine que la jolie Gryffondor se leva le lendemain matin. Elle se tira à regret de la douche et enfila un vieux pull ainsi qu'un jean troué, avant de descendre les escaliers de son dortoir. Elle prit une grande inspiration, mobilisa tout le courage que lui conférait sa maison, et poussa la porte de sa salle commune. Bien, personne dans les parages. La jeune fille descendit lentement les escaliers jusqu'au Hall, puis rentra dans la Grande Salle, anxieuse. Elle soupira de soulagement en remarquant l'absence du blond qui hantait son esprit à la table des Verts et Argent. L'adolescente s'assit donc à côté de Ginny, et discuta de choses et d'autres, la tête ailleurs.

Hermione réalisa qu'elle devait rendre un livre à un Serdaigle, aussi se leva-t-elle pour aller jusqu'à sa table. Elle le lui rendit, et s'apprêtait à faire demi-tour, lorsqu'elle eut un frisson dans le dos. La sorcière n'eut pas besoin de se retourner pour sentir la présence de Draco.

Mais elle ne sentit pas que sa présence. Des lèvres chaudes se posèrent en effet sur son cou, la faisant tressaillir. Pétrifiée, elle se demanda ce qui lui prenait. La jeune fille trouva la force de faire volte-face, mais n'eut pas le temps de dire un mot que Draco l'embrassait.

Stooop ! Arrêt sur image : il l'embrassait ?! Mais qu'est-ce qu'il se passait ?

Un déclic un peu tardif lui fit comprendre qu'il montrait juste qu'il n'était pas gay. Mais......pourquoi elle ? S'il voulait l'humilier, il y avait pire quand même !

Mais ce n'était pas le moment de réfléchir. Hermione recula brusquement, et se retrouva accolée au mur. Elle prit conscience des chuchotements qui parcouraient les différentes tables. Écarlate, elle fronça les sourcils en regardant Draco, qui affichait un air impassible, même si son regard trahissait un certain amusement.

- A quoi tu joues, Draco ? chuchota-t-elle furieusement.

Matt avait parlé de vengeance, pas de baiser !

- Tu avais peur que les autres sachent qu'on sort ensemble, c'est pour ça que tu as inventé cette histoire d'homosexualité, mon cœur ? dit-il bien fort, de sorte que tous les Serdaigles l'entendent.

- Mais de quoi est-ce que tu parles ?

- Ne t'en fais pas, je te pardonne.

Sur ce, il l'embrassa de nouveau. Quelques sifflements provenant de différentes tables bourdonnèrent dans les oreilles de la Gryffondor, incapable de réaliser ce qu'il se passait. Lorsqu'elle prit conscience qu'il l'embrassait - encore, et même si elle devait bien s'avouer qu'il embrassait comme un Dieu, elle s'écarta.

- Arrê...

Mais le Serpentard la prit par la taille et en quelques secondes, ils étaient dans le Hall.


A peine la porte de la Grande Salle franchie, le jeune homme s'écarta et reprit son impassibilité habituelle.

- Mais qu'est-ce qui t'a pris ? hurla-t-elle.

La Grande Salle était bien insonorisée, personne ne pouvait les entendre.

- Vous ne m'avez pas laissé le choix.

Ah oui, c'est vrai, il la vouvoyait...

- Et je peux savoir à quoi ça servait exactement ?

- Réfléchis deux secondes, et donne-moi ton hypothèse.

- Je déteste les devinettes, Malfoy.

- Ne confondez pas réflexion et devinettes...

- La réponse est évidente, tu voulais casser la rumeur, répondit la jeune fille, exaspérée.

- Peu importe la rumeur. Ce qui vient de se passer vous causera du tort, Hermione. Vous le découvrirez par vous-même, et bien assez vite. Passez une bonne journée.

Perplexe, la Gryffondor le regarda s'éloigner, perdue dans des pensées confuses.

Ce fut Ginny qui l'en tira.

- Et moi qui pensais qu'on se disait tout.... tu aurais pu me dire que vous sortiez ensemble, quand même ! S'écria cette dernière, offusquée.

- Quoi ? Mais, Ginny, c'est complètement faux...

- Assez, Hermione, la coupa-t-elle. J'en ai marre de tes mensonges. Tu sais aussi bien que moi que Draco n'embrasse pas n'importe qui. Grandis un peu, enfin ! Il n'y avait rien de honteux dans votre relation ! Des dizaines de filles tueraient pour être à ta place, et toi tu joues la fille timide ! Prends-toi un peu en main !

Sur ce, la rousse de Gryffondor s'en alla d'un pas rageur.

Hermione commençait à avoir des vertiges. Qui serait le prochain sur la liste ?

Ce fut Matt qui sortit du réfectoire en second. Il s'arrêta en la voyant, la regarda un long moment, puis s'en alla silencieusement. Qu'est-ce que c'était censé vouloir dire ? Qu'est-ce qu'elle avait encore fait ? Ce n'était quand même pas sa faute si ce psychopathe menait tout le monde en bateau ! Plusieurs élèves sortirent à leur tour, les filles affichant une jalousie évidente, et pressèrent le pas.

Harry la rejoignit rapidement, et lui dit avec un demi-sourire :

- Si j'avais su que ma meilleure amie était une tombeuse comme ça, j'aurais essayé de prendre un peu d'avance !

- Harry, tu ne comprends pas... tenta d'expliquer Hermione.

- Mais de quoi as-tu peur, 'Mione ? Tout le monde est content pour toi, tu sais ! Il n'y a pas de honte à avoir !

Il l'embrassa sur le front et s'en alla avec un sourire, suivit de Ron, silencieux, mais dont la rougeur des oreilles trahissait la colère.

Amy et Leïla vinrent la voir, rouges de colère elles aussi :

- Tu nous as dit n'importe quoi ! Plus personne ne nous croit, maintenant !

- Je vous avais dit de ne rien répéter ! C'est votre faute si vous ne savez pas garder un secret ! s'énerva la Gryffondor.

Que les deux Poufsouffles perdent toute crédibilité la satisfaisait assez, en fait.

- Il y a des secrets qui sont faits pour être révélés, déclara Amy, amère. Et dire qu'on te faisait confiance...

Elles partirent vers leur dortoir.

Chris, lui, partit à la recherche de Ginny, mais Vanessa eut une parole réconfortante pour la jeune sorcière :

- Quoi qu'il se passe, tu ferais mieux d'arranger ça au plus vite, Hermione. Mais ça va passer, ne t'en fais pas.

Elle lui serra l'épaule d'une main avec un sourire chaleureux, puis la laissa seule elle aussi.

Se sentant profondément trahie et délaissée, la jeune Gryffondor partit en courant à son dortoir, incapable de retenir ses larmes plus longtemps. Il était grand temps d'enclencher la phase 4 du plan.


Dimanche 10 Septembre

Cher journal,

Draco a eu sa revanche. Il est très fort pour ruiner la vie des autres, apparemment. Maintenant, en plus de le traquer, il va falloir que je règle mes problèmes avec mes amis. Je suis fatiguée. Mais pas encore assez pour renoncer.

Phase 4 : jouer sur son propre terrain

Ça va marcher. Ça doit marcher. Car aujourd'hui est le dernier jour. Ma dernière chance.

A plus tard,

Hermione


La sorcière des Rouges et Or marchait d'un pas rapide dans les couloirs froids du château. Quelques rayons de lune filtraient à travers les hautes fenêtres, la forçant à marcher dans l'ombre. Elle dévala plusieurs volées de marches, jusqu'à arriver aux cachots. La jeune fille avait auparavant placé un micro moldu dans un coin ; elle le récupéra, et écouta l'enregistrement ; elle connaissait désormais le mot de passe. Pas très rusés, les Serpentards...

- Démoniaque ! chuchota-t-elle.

Le tableau pivota.


Troublée. Confuse. Surprise.

Hermione entra dans la Grande Salle, les yeux dans le vague.

Elle avait........... gagné ? Comment était-ce possible ?

A la table des Serpentards, deux prunelles d'acier croisèrent les siennes. Draco inclina imperceptiblement la tête. Comme s'il se rendait.

Elle avait gagné.

........FLASH BACK........

Elle entre dans la pièce, silencieusement. Elle lance un sort d'insonorisation sur la pièce. Quelques braises luisent faiblement dans l'âtre de marbre de la cheminée, et seul un très faible Lumos au bout de sa baguette permet de distinguer des formes dans l'obscurité. Elle sait que chaque Serpentard a un coffre cadenassé dans leur salle commune. Elle cherche celui de Draco. Ne le trouve pas.

Elle se résout à descendre vers les dortoirs des garçons, accessibles même aux filles, alors que l'inverse est interdit, comme chez les Gryffondors. Le silence n'est troublé que par le bruit des respirations. Elle voit tout de suite le coffre, s'en approche, s'agenouille, regarde la serrure, identique à celle des autres coffres ; lance un Alohomora informulé, la première partie de la serrure s'ouvre ; puis lance un sort de froid cumulé à un sort de chaleur ; la serrure explose mais un sort absorbe le bruit. Elle ouvre le coffre. Elle voit des parchemins. Un objet étrange. Artefact. Elle referme le coffre, remet une serrure magique à l' aide d'un nouveau sort, ramasse les débris de l'autre, et sort. Quitte les cachots. Victoire.

........FIN du FLASH BACK........

En sortant de la Grande Salle, Hermione se sentait victorieuse. Ses efforts avaient fini par payer. Elle tomba nez-à-nez avec son adversaire.

- Draco.

- Hermione... la salua-t-il avec son habituelle inclination de la tête.

- J'ai gagné, triompha-t-elle.

- Je ne crois pas, non, répliqua-t-il.

- J'ai une preuve irréfutable.

Une expression de détresse passa sur le visage du Serpentard.

- Ce que vous avez vu n'est pas ce à quoi vous pensez...

- Bien sûr... dit-elle en levant les yeux au ciel.

- S'il vous plaît, croyez-moi...

- Pourquoi devrais-je te faire confiance ?

Il y eut un bref silence. Puis Draco leva lentement la main vers elle et caressa sa joue d'un doigt.

Surprise, Hermione ne broncha pas.

Lorsqu'il se pencha un peu trop vers elle à son goût, et que ses yeux gris, qui la fixaient, ne furent plus qu'à quelques centimètres des siens, la jeune fille recula brusquement.

- Tu essaies encore de me manipuler ! s'écria-t-elle. Mais cette fois, ça ne marchera pas, Draco. Je vais te dénoncer, et peu importe ce qu'il t'arrivera, je n'en ai strictement rien à faire !

- Je ne suis pas un voleur ! Vous allez commettre la plus grosse erreur de votre vie !

- Je veux juste que tu dégages de la mienne !

Sur ce, la Gryffondor partit.


Lundi 11 Septembre

Cher journal,

Ça y est, aujourd'hui est le jour de la révélation. Il va payer pour toutes les manipulations qu'il a faites. Plus rien ne peut se mettre en travers de mon chemin désormais.

J'ai les preuves, et je n'aurai aucun remord, j'en suis sûre.

A plus tard,

Hermione


La jolie Gryffondor entra dans le réfectoire, s'attendant presque à des applaudissements tant elle était heureuse et fière d'elle. La sorcière se dirigea jusqu'à la table des Gryffondors, et eut enfin le courage de reparler à Ginny. Depuis l'avant-veille, la rousse l'avait soigneusement évitée, et Hermione avait malheureusement d'autres choses à faire que de lui courir après. Mais elle était bien décidée à se réconcilier avec elle.

- Hey, Ginny, lança-t-elle.

Elle n'obtint pas de réponse.

- Je te jure que ce midi, à la fin du déjeuner, tu comprendras pourquoi j'ai fait tout ça. Crois-moi, s'il te plaît.

Silence.

Hermione soupira, et mangea en silence.

« Elle comprendra. Je pourrai tout lui expliquer. », se dit-elle.

Lorsqu'elle sortit de la Grande Salle, elle tomba sur Draco. Décidément, c'était une manie de la coincer dans le Hall !

- Je ne peux pas vous laisser faire ça, Hermione.

- Il fallait y penser avant. C'est ton problème.

- Je ne parlais pas de moi, en fait.

Il recommençait, avec ses énigmes... C'était assez agaçant.

- Je ne vois pas de quoi tu parles. Assume un peu tes actes.

- En l'occurrence, il n'y a rien à assumer ; et encore une fois, je me fiche royalement de ça. Vous allez faire une grosse erreur.

- Si tu veux vraiment que je ne te dénonce pas, donne-moi une seule bonne raison de ne pas le faire.

- Parce que j'ai confiance en vous.

Ces quelques mots lui transpercèrent le cœur.

Les paroles de Matt revinrent à l'esprit de la jeune fille :

« Sa confiance est très difficile à gagner. Il se méfie de tout le monde. Ce n'est pas de la paranoïa mais de la prudence. Si tu connaissais un tant soit peu son passé, tu comprendrais... ». Alors pourquoi lui disait-il cela ?

La réponse était évidente : il tentait pour la énième fois de la manipuler, afin qu'elle ne le dénonce pas.

- Laisse tomber, lâcha-t-elle.

Son interlocuteur ferma les yeux une seconde, puis les rouvrit avant de dire :

- Dans ce cas fais ce qu'il te plaît. Mais tu vas le regretter, et je ne serai pas là pour rattraper les dégâts.

Il la tutoyait. C'était plutôt mauvais signe. Hermione se ressaisit : c'était elle qui était en position de force ! Qu'avait-elle à craindre ?

- A plus tard, Draco.


Les cours de la matinée passèrent très lentement. Quand vint l'heure du déjeuner, Hermione sentit le stress l'envahir. Elle n'aimait pas dénoncer les autres. Ça ne lui ressemblait pas. Mais elle n'avait pas le choix, surtout si elle voulait récupérer Ginny – et c'était le cas.

Elle se rendit au réfectoire avec Harry, qui vit son anxiété.

- Qu'est-ce qu'il se passe, 'Mione ? Tu as l'air angoissé !

- Non, tout va bien... Enfin....Harry.... promets-moi que quoi que je fasse, tu tenteras de me comprendre avant ….de me juger.

Devant son air suppliant, Harry fronça les sourcils. Dans quel pétrin s'était-elle encore fourrée ?

- Bien sûr Hermione, tu sais très bien que je ne t'ai jamais jugée. Mais j'espère que tu sais ce que tu fais, quoi que ce soit.

- Merci Harry. Ne t'en fais pas pour moi.

Les deux amis se rendirent au réfectoire pour déjeuner. Le blond qu'Hermione redoutait tant était assis, impassible. Il lui lança un regard qui disait « ne fais pas ça ». Ceci ne fit que renforcer la résolution de la jeune fille. Elle lui lança un regard de défi, puis s'assit, juste en face de lui, à une table de différence bien sûr. Elle mangea très peu, l'estomac noué, et elle dut bien s'avouer qu'avoir Draco en face d'elle ne l'aidait pas, surtout qu'il la fixait avec insistance. La jeune sorcière se convainquit qu'elle devait, de toute façon, aider ceux qui s'étaient faits voler. Elle avait fait le bon choix. Lorsqu'elle eut fini son dessert (une demi-pomme suffisait), Hermione, rassemblant son courage, quitta sa chaise et avança dans l'allée, les jambes tremblantes, refusant de jeter un dernier coup d'œil à Draco. L'adolescente alla voir le professeur Dumbledore, qui trônait au milieu de la table des profs. La jeune sorcière prit la parole :

- Professeur, je sais qui est le voleur du château. Et je tiens à le dénoncer publiquement.

Le directeur se tut un long moment, en la regardant dans les yeux, avant de répondre :

- Es-tu bien sûre de toi ?

- Ou....

- Ne l'écoutez pas ! cria une voix.

Hermione sursauta. La salle se tut brusquement, et tous les regards convergèrent vers les deux élèves.

Draco, qui les avait rejoints, se mit en face d'Hermione et lui saisit les épaules de ses mains en disant :

- Je ne peux pas te laisser faire ça, Hermione. S'il te plaît, crois-moi, tu dois te taire. Ce n'est pas dans mon intérêt personnel, crois-moi !

- Lâche-moi, Draco. Et arrête de mentir, cracha-t-elle.

Le jeune homme serra les mâchoires, et elle se sentit soudain toute petite à côté du Serpentard, glacial.

- Je ne mens pas. Je ne te demande pas de me faire confiance, mais.......

Devant la détermination à toute épreuve de la Gryffondor, il se tut. Abdiqua.

- Tu le regretteras. Je te jure que tu le regretteras. Ce que tu fais n'a rien de courageux ; c'est stupide et irréfléchi. Si tu savais seulement ce que tu faisais...

Hermione faillit fléchir. Pour la première fois, elle vit une réelle émotion dans ses yeux gris ouragan : de la peur. Elle ouvrit la bouche pour parler. Hésita. La referma. La rouvrit.

- C'est Draco Malfoy le voleur de Poudlard, articula-t-elle. Le butin est dans le coffre de sa chambre.

Les professeurs se levèrent d'un même mouvement et braquèrent leur baguette sur lui.

Hermione détourna le regard de celui de Draco, et recula. Un brouhaha envahit la Grande Salle, que le Professeur Dumbledore eut du mal à faire cesser.

- Monsieur Malfoy, j'attends vos explications.

Le Serpentard détacha ses yeux gris d'Hermione, et reporta son regard sur le directeur. Il soupira, puis, le visage impénétrable, sortit quelque chose de sa poche. Les professeurs se tinrent prêts à tirer.

Ils n'en eurent pas l'occasion. Lorsque le Professeur Dumbledore vit ce qu'était l'objet en question, il écarquilla les yeux.

- Baissez vos baguettes ! ordonna-t-il. Monsieur Malfoy est innocent.

Le tumulte réapparut dans la salle ; que se passait-il ?

Puis, plus bas, de sorte que seul Draco et Hermione puisse l'entendre, il ajouta :

- Rangez ceci, Monsieur Malfoy. Précieusement. Je compte sur vous pour tout expliquer à Mademoiselle Granger ici présente.

- Bien entendu, Professeur.

Hermione fronçait les sourcils, plongée dans l'incompréhension la plus totale. Elle avait des preuves, par Merlin ! Qu'est-ce que c'était que cet objet qui lui ôtait toute culpabilité ? Pourquoi est-ce que personne ne réagissait ?

La jeune fille s'aperçut alors qu'elle était en train de marcher vers une petite porte discrète de la Grande Salle, et que c'était Draco qui la guidait. Reprenant ses esprits la jeune sorcière se retrouva dans un couloir sombre et désert. Le Serpentard s'arrêta. Il la regarda longuement, et soupira silencieusement, avant de prendre la parole :

- Hermione, tu ne réalises pas l'erreur que tu as commise.

- J'aimerais bien pourtant ! Explique-moi ce qui ne tourne pas rond chez tout le monde ! s'exclama cette dernière, furieuse.

Il l'observa un moment, comme s'il tentait de décrypter ses pensées, mais plus aucune froideur ne défigurait son visage. Puis, d'une voix posée, et à regrets, il dit :

- Tu dois me prêter allégeance. En tant que Draeswyth. Ton destin est désormais lié au mien.


Et voilà le travail ^^ Petite précision : à la base, « l'enquête » d'Hermione devait faire un bon paquet de chapitres. J'avais plein d'autres idées de « phases » en réserve. Mais je me suis dit que si tous ces chapitres attendaient un dénouement qui ne venait pas, ça vous ennuierait très vite =P Et puis je pouvais pas attendre la révélation ! Il vous manque encore plein d'infos, mais au prochain chapitre, vous apprendrez ce qu'est un Draeswyth, pourquoi Hermione doit lui prêter allégeance, et plein d'autres choses encore !!!

Lâchez vos revieewws !!!