Hey guys !
Oui, je sais, je suis carrément et irrémédiablement impardonnable. Entre le manque de temps, d'inspiration, la flemme et les problèmes d'ordi... ouais, je sais, c'est bidon comme excuse. Enfin brefn voilà un petit chapitre pour vous faire patienter !
De nouveau merci pour vos reviews, mais je vous avouerais que beaucoup de personnes se sont « abonnées » à cette fiction sans poster de reviews. Pourquoi je veux des reviews ?
D'abord, parce que c'est très important pour moi de savoir : si vous avez aimé ce chapitre, et pourquoi ; si vous aimez la fiction en général, pourquoi ; ce que je devrais améliorer ; si la taille des chapitres est bien ; et aussi, j'adore savoir ce que vous pensez qui va arriver dans l'histoire, ce que vous aimeriez voir, etc... Donc s'il vous plaît, postez des reviews, c'est très important pour que j'avance !
Voici donc le quatrième chapitre, surtout fait de révélations, et de plein d'autres choses que je vous laisse découvrir par vous-mêmes ^^
Jeff-la-bleue : Sadique ? Mais nooon... Mwa ha ha t'as eu peur ? Tu sais pas ce qui t'attend ^^
kis38 : C'est gentil, je ne compte pas m'arrêter en si bon (ou pas) chemin =) J'ai plein plein plein d'idées pour la suite, le problème, c'est surtout de les mettre en forme =P
Petit rappel des personnages inventés :
- Chris : Serdaigle de 7e année qui sort avec Ginny
- Vanessa : Serdaigle de 7e année au caractère calme et sage. Elle est amie avec Matt et sait jouer son jeu de séduction pour s'amuser. Elle est allée au bal avec lui.
- Matt : De son vrai prénom Matthew. Serpentard de 6e année, c'est un éternel dragueur mais il se lasse vite de ses conquêtes. Il est un ami proche de Draco.
- Leïla et Amy : Poufsouffles de 6e année, toujours en train de rigoler et de se raconter les derniers potins (du genre Lavande Brown et Parvati Patil).
Disclaimer : seule l'intrigue et quelques personnages cités ci-dessus m'appartiennent. Le génie, c'est malheureusement J.K. Rowling ! :'(
Bonne lecture !
Chapitre IV – Révélations et serments
Plic
Sang dans le noir
Ploc
Expiration
Plic
Cape rouge s'affaisse
Ploc
Fin
...
Il s'attendait à toutes les réactions : crise de larmes, fureur, angoisse... mais ça, il ne s'y attendait pas.
Hermione afficha un visage impassible qui ne lui ressemblait pas. Elle ne prononça pas un mot, la bouche entrouverte, comme si on lui avait raconté une blague qu'elle n'avait pas comprise. Sauf qu'il ne s'agissait pas d'une blague.
Le silence s'installa, pesant. Seul le brouhaha lointain de la Grande Salle parvenait à leurs oreilles. Les secondes s'égrenèrent, tandis que l'acier rencontrait le feu dans leurs regards inexpressifs.
Draco lui laissa le temps de retrouver ses esprits, sondant les expressions de son visage. Au bout de quelques minutes de cet échange muet, Hermione prit la parole d'une voix faible :
- Explique-moi tout. S'il te plaît...
Le ton implorant de la jeune fille serra le cœur du Serpentard. Même si, au fond, il savait qu'il n'avait pas eu le choix. Le sorcier lui répondit du même ton posé qu'il avait eu en lui annonçant l'effroyable vérité :
- Savez-vous qui sont les Draeswyths ?
La Gryffondor secoua la tête en signe de négation.
- Ça ne m'étonne pas, poursuivit-il. Les Draeswyths forment une communauté secrète, une sorte de guilde entièrement masculine, qui agit pour la justice, aux quatre coins de la Grande-Bretagne.
Il marqua un temps, avant d'enchaîner, d'un ton grave :
- Nous possédons une...force particulière, dont je ne peux malheureusement pas vous parler.
- Quel objet as-tu montré à Dumbledore ?
- Je lui ai montré mon denvia, le symbole de notre communauté, répondit docilement le jeune homme. C'est une amulette, mais également un puissant artefact qui établit un lien entre nous tous. Nos denvias font notre unité et notre force.
- Qu'arriverait-il si tu le perdais ? s'enquit Hermione, dont la curiosité était piquée à vif chaque fois qu'on lui parlait d'un objet magique qui lui était inconnu.
- Je mourrais sans doute. J'ai appris, comme mes frères, à vivre avec ; c'est désormais une part importante de ma propre âme, dont je ne pourrais me séparer.
La jolie Gryffondor songea distraitement qu'elle avait enfin trouvé la faille de son adversaire. Enfin, un peu trop tard. Mais son réel problème refit surface dans son esprit.
- En quoi est-ce que ton appartenance à cette...communauté t'innocente ?
- Comme je vous l'ai dit, les Draeswyths œuvrent pour la paix et la justice, commença-t-il, semblant peser ses mots, comme s'il souhaitait ne pas tout lui dire. Par conséquent, nous avons officiellement la confiance du peuple, c'est pourquoi nous ne pouvons être accusés de vol ou autre délit; en somme, nous n'enfreignons pas les lois sans raisons.
- Mais...si votre communauté est secrète, comment les gens sont-ils au courant ? demanda la jeune sorcière en fronçant légèrement les sourcils, perplexe.
- Les hommes occupant de hautes fonctions comme le Professeur Dumbledore sont au courant de notre guilde, sans pour autant savoir qui en fait partie précisément. Quant aux autres, un seul regard à l'artefact leur fait comprendre qu'ils ne peuvent nous accuser, sans toutefois qu'ils en sachent plus sur notre véritable nature, et ce grâce à l'enchantement qui le protège.
- Un traître dans votre guilde pourrait avoir accès à n'importe quel artefact sans problème ! s'exclama Hermione, qui semblait presque avoir oublié les événements qui venaient de se produire, et qui, en cet instant précis, voyait le Serpentard comme une source d'un savoir nouveau – et, qui plus est, secret.
- Il n'y a pas de traîtres, répondit Draco. Nous sommes soumis au Serment Inviolable dès notre entrée dans la guilde ; nous ne pouvons œuvrer que pour son bien.
- Mais si toute la communauté était corrompue, vous n'auriez plus de contraintes ; vous œuvreriez pour son bien, mais contre celui des autres ! réalisa la jolie brune, prenant conscience que des choses d'un extrême gravité s'étaient déroulées sans qu'elle en sache rien, depuis bien avant sa naissance.
- Vous avez malheureusement raison, mais c'est un risque à prendre, admit le Serpentard.
- Et qu'est-ce que j'ai à faire dans cette histoire ? demanda Hermione, de nouveau anxieuse.
- Quiconque accuse un Draeswyth d'un crime à tort doit lui jurer allégeance pour réparer sa faute.
Draco marqua un temps, avant d'ajouter :
- Ou mourir de la main de l'accusé.
- Pourquoi est-ce que tu ne me tues pas ? l'interrogea aussitôt la Gryffondor.
L'assurance sans faille et l'apparente résignation de la jolie sorcière avait de quoi surprendre.
Draco ne trouva pas ses mots au premier abord.
- Parce que...
Il la regarda un instant.
- Je ne veux pas vous tuer.
- Pourquoi ?
- Je n'en sais rien.
- Je préfère mourir de la main de mon ennemi que vivre comme son vassal.
- Pourquoi me haïssez-vous ainsi ?
- Tu m'as trahie. Tu n'as cessé de me mentir, depuis le début.
- Pas une seule fois je ne vous ai menti. Je vous le jure.
- Que vaut ta parole ?
- Beaucoup.
- Tu m'as dit que tu n'étais pas un voleur.
- Je suis bien innocent.
- Tu as dit que tu n'aurais pas besoin d'un artefact de puissance.
- En fait, non, j'ai demandé « pourquoi en aurais-je besoin », ce qui n'est pas la même chose. Tout le monde peut avoir besoin un jour ou l'autre de ce type d'objet magique. En ce qui me concerne, c'était pour la guilde, qui l'a récupéré.
- Ce n'est pas l'original. C'est une copie.
- Croyez-vous vraiment que nous l'ignorions ?
- Plus rien ne m'étonne... Mais tu m'as trahie.
- De quelle trahison parlez-vous ?
- Ne me prends pas pour une idiote. Tu voulais que je te dénonce.
Silence.
La jeune sorcière baissa les yeux, sentant les larmes sur le point de couler, puis les releva vers les prunelles grises du Serpentard.
- Tout était calculé. Le coffre dans ta chambre, et pas dans ta salle commune, pour que j'y voie une preuve. La tentative de baiser avant le déjeuner ; tu savais que j'y verrais une manipulation, et que je te dénoncerais. Quand tu m'as dit que tu me faisais confiance...
Sa voix se brisa.
- Je ne mens jamais. J'ai réellement confiance en vous. Mais vous avez raison, tout était calculé. Cependant, j'ai tenté de vous mettre en garde, et je vous ai laissé de nombreux indices. N'avez-vous pas remarqué comme j'avais accepté facilement le marché ? Je vous ai avoué que j'aurais su ouvrir le coffre lors de l'épreuve des Préfets-en-chef. J'ai remarqué que vous m'enregistriez, et je vous ai demandé d'arrêter, vous montrant ainsi mes capacités à voir dans vos poches. Je vous ai dit que ce que vous aviez vu dans mon coffre n'était pas ce à quoi vous pensiez. Je vous ai demandé de ne surtout pas me dénoncer. Jusqu'à la dernière minute.
- Pourquoi voulais-tu que je te dénonce ?
Un court silence bourdonna aux oreilles du Serpentard, pris au piège. Il avait toujours su qu'il devrait lui donner une explication, mais maintenant qu'il y était confronté, il ne savait comment l'exprimer. Son interlocutrice avait été plus perspicace qu'il ne l'avait prévu, elle le prenait de court.
- Pour ...vous protéger. Notre Guilde a des ennemis, et nous soupçonnons que certains demeurent au sein même du château. Je savais que, si vous me juriez allégeance, je pourrais ainsi assurer votre sécurité. De plus, cela me donnait une bonne raison de dévoiler mon identité au Professeur Dumbledore, qui pourra ainsi m'aider si des...problèmes venaient à surgir à Poudlard. Et puis, lorsqu'on me lance un défi, je le remporte.
- Qui sont vos ennemis ?
- Des renégats. Ils ont trahi la Guilde, formant une communauté plus puissante que la nôtre. Ils sont dangereux.
- Qui ça, « ils » ?
- Je suis navré, j'en ai déjà trop dit. Vous en savez plus sur la Guilde que la plupart des gens.
- J'en sais trop, justement. Je ne suis pas dangereuse, pour votre Guilde ? le défia Hermione.
- Pas si vous me jurez allégeance, répliqua le Serpentard, impassible.
- Combien de temps ai-je pour faire mon choix ?
- Vingt-quatre heures. A la fin de ce délai, vous serez tuée.
Draco, la fixant toujours, soupira silencieusement, avant de poursuivre :
- Croyez-moi, me jurer allégeance ne voudra en aucun cas dire que vous ne serez plus libre de vos actes. Cela vous empêchera simplement de me faire du mal, ou d'en faire à la Guilde, et en cas de gros problème, vous devrez suivre mes ordres. Ou plutôt, mes conseils. Faites le bon choix...
- En quoi cela t'importe-t-il ?
- Croyez-vous vraiment que j'aime voir des gens mourir par ma faute ?
- Justement, c'est ta faute, et tu aurais pu l'éviter !
- ASSEZ ! hurla-t-il.
Le silence retomba brusquement. Draco semblait lutter pour reprendre le contrôle de ses émotions. Hermione avait violemment sursauté ; jamais elle ne l'avait vu dans un état pareil. Le Serpentard était véritablement...effrayant. Un froid glacial s'installa, tandis qu'il tentait de se calmer.
- Vous ...ne comprenez ...pas, articula-t-il avec difficulté. Je vous dis que j'ai agi pour votre bien, et je ne mens pas ; vous m'avez lancé ce défi, je l'ai accepté ; j'en ai profité pour trouver le moyen de vous protéger. Vous ne savez rien du danger qui nous menace tous, à l'intérieur même du château. Je ne peux pas me permettre de laisser les meilleurs sorciers de Poudlard se faire tuer.
- Donc tu veux juste te servir de moi, s'écria la jeune fille, se sentant de nouveau manipulée.
- Vous savez très bien que c'est faux.
- Non je n'en sais rien ! cria Hermione. Tout ce que je sais, c'est que j'ai été victime d'une manipulation dont TU es le responsable ! Et de toute façon, tu voulais déjà que je te jure allégeance avant que je te lance ce défi !
- J'ai des devoirs envers ma guilde, et envers l'Angleterre. Je suis profondément navré de ne pouvoir vous en dire plus, mais jusque-là, je ne vous ai jamais menti, alors, une fois de plus, croyez-moi, je vous en prie...
Cette fois-ci, la courageuse Gryffondor ne put retenir ses larmes. Elle n'en pouvait plus, cette semaine avait été très éprouvante, et tout ça pour apprendre qu'elle faisait en fait partie d'une machination contre des ennemis invisibles et qu'elle devait se retrouver sous les ordres de Draco. Cela la révoltait, et pourtant, au fond d'elle, elle sentait qu'il ne lui mentait pas, et qu'il était honnête dans la cause qu'il servait. Il y avait tout simplement trop d'informations qui lui tombaient dessus d'un coup, elle se sentait minuscule et impuissante face à ces Guildes dont elle n'avait jamais entendu parler.
Brusquement, sans crier garde, elle sentit une violente brûlure au niveau de son cœur et à ses tempes.
Hermione s'évanouit.
...
La douleur refluait et affluait à ses tempes, indomptable, la faisant plisser le front. Hermione remua légèrement la tête, encore à demi inconsciente. Une violente brûlure la tira complètement de sa torpeur. Deux prunelles ambrées réapparurent bientôt, mais la jeune sorcière fut forcée de cligner des yeux, éblouie par la lumière pourtant tamisée de la pièce dans laquelle elle était. Elle ne vit pas les draps blancs qu'elle s'attendait à trouver. Elle n'était donc pas à l'infirmerie. La jolie brune était toutefois allongée, quelque chose de mou placé sous sa tête, et elle n'aurait pour rien au monde eut envie de se relever. Le silence était parfait, reposant. La sorcière respira profondément. Elle sentit alors une odeur familière. Draco ?
Ouvrant ses yeux en grand, la Gryffondor s'aperçut que le visage du Serpentard était au-dessus du sien, la fixant. Mais alors... Elle avait la tête posée sur la jambe de son ennemi ! Non mais pour qui il se prenait ?
Hermione commença à se relever, mais à son grand dam, n'y parvint pas. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais la voix grave de Draco l'en empêcha :
- Il vaut mieux que vous ne vous fatiguiez pas.
- Sinon ….je serais plus... assez...forte...pour t'aider, c'est ça ? dit Hermione avec difficulté, luttant pour garder les yeux ouverts.
- Je serais surtout bien embêté d'avoir un cadavre sur les bras. Vous avez besoin de sommeil.
- Où sommes-nous ? murmura Hermione, ignorant son conseil.
- Dans la salle sur Demande.
- La quoi ? (ndla : comme Dobby n'existe pas, Hermione ignore tout de la salle sur Demande)
- Je vous expliquerai tout cela plus tard.
- Quel heure est-il ?
- La lune est bien haut dans le ciel.
- J'ai été inconsciente tout ce temps ?
- J'en ai bien peur...
- Comment est-ce que tu m'as emmenée ici ?
- Peu importe. S'il vous plaît, reposez-vous.
Pour une fois, Hermione abdiqua. Elle se sentait littéralement épuisée. Elle ferma les yeux, et sombra bien rapidement dans les bras de Morphée. Mais juste avant, elle eut le temps de sentir une main lui caresser la joue.
...
Cette fois-ci, lorsqu'Hermione ouvrit les yeux, aucune souffrance ne vint perturber sa sérénité. La jeune fille s'aperçut qu'elle était toujours allongée sur Draco, et ne put empêcher ses joues de rougir. Son calme fut bref ; une multitude de questions envahit rapidement son esprit, et elle dut lutter pour les retenir.
- Bonjour... murmura la voix du Serpentard.
- Quelle heure est-il ? s'enquit la jeune fille distraitement.
- Bientôt midi...
- QUOI ? s'écria Hermione.
Elle tenta de se relever, mais retomba aussi sec. Si le Serpentard sentit le choc sur sa jambe, il eut la délicatesse de ne pas faire de commentaire.
- Du calme... le directeur a prévenu les professeurs que vous n'iriez pas en cours aujourd'hui.
L'adolescente dut bien s'avouer que cela l'arrangeait ; avec tous les événements de la veille, aller en cours lui semblait insurmontable.
La Gryffondor s'aperçut qu'elle était couverte d'un grand manteau noir. Elle le repoussa, réalisant qu'il appartenait à Draco,
Embarrassée, Hermione demanda :
- Est-ce que tu pourrais m'aider à m'asseoir, s'il te plaît ?
Le Serpentard demeura silencieux, mais l'aida à se redresser. Encore un peu endormie, la Gryffondor passa une main dans ses cheveux ébouriffés (elle préféra ne pas songer à l'état dans lequel ils pouvaient bien être), lorsqu'une question de plus lui traversa l'esprit :
- Mais... tu n'as pas dormi de la nuit ?
Le Serpentard s'autorisa un sourire.
- Ne vous en faites pas pour moi. J'espère que j'étais un oreiller confortable...
Gênée, Hermione hocha la tête avec un sourire timide. L'idée qu'elle venait de passer la nuit seule avec son ennemi juré était assez...déconcertante.
Mais après tout, était-il vraiment son ennemi ? Hermione n'en savait rien. A l'écouter, il avait juste souhaité la protéger. Pouvait-elle le croire ? La rancœur restait tenace ; il s'était servi d'elle, et, en plus de cela, avait fait en sorte qu'elle se brouille avec ses amis.
La Gryffondor préféra ne pas réfléchir à tout cela pour le moment.
- Comment... comment est-ce que je me suis évanouie ? demanda-t-elle, perturbée.
- J'allais justement vous poser la question. Qu'est-ce que vous avez ressenti avant de perdre connaissance ?
- Je ne sais pas... une sorte de brûlure aux tempes et au cœur...
Le visage du Serpentard, déjà fermé, s'assombrit.
- Qu'est-ce que c'était ? l'interrogea Hermione en fronçant les sourcils.
- Je n'en suis pas sûr... mais il semblerait que j'aie sous-estimé les...problèmes de cette école...
Hermione resta silencieuse, assimilant ces informations, tentant également de mettre un peu d'ordre dans ses pensées.
- Je... je suis désolé de devoir vous rappeler cela... mais vous avez très peu de temps pour...faire votre choix, dit le Serpentard.
La Gryffondor leva les yeux vers ceux de Draco. En effet, elle l'avait dénoncé après le déjeuner, la veille, et elle n'avait que vingt-quatre heures pour faire son choix. La jolie brune considéra les deux options dans sa tête. Elle ne voulait pas mourir. Elle avait une famille, des amis qu'elle aimait, un avenir qu'elle attendait avec impatience... Elle ne pouvait donc que jurer allégeance au Serpentard. La façon dont Draco s'était occupé d'elle cette nuit, si ce n'était pas une nouvelle manipulation, lui prouvait qu'il ne lui voulait aucun mal. Et puis, après tout, ce n'était qu'un serment ; elle pourrait très bien s'en débarrasser.
- Qu'est-ce que je dois faire ? demanda-t-elle simplement.
Le Serpentard l'observa un bref instant, comme pour s'assurer de la véracité de son choix, puis répondit :
- Donnez-moi votre main.
- Pardon ? s'étrangla Hermione.
- Votre main droite. Passez-la moi, s'il vous plaît, précisa-t-il avec un discret sourire en coin.
Hermione, écarlate, lui tendit sa main droite. Elle s'était rarement sentie aussi bête qu'en ce moment-là.
« Duuu calme, Hermione », se répéta-t-elle mentalement.
Sa technique d'auto-relaxation ne porta pas ses fruits.
Draco prit délicatement la main d'Hermione dans la sienne, et, avec sa baguette dans la main gauche, dit :
- Vous engagez-vous à me suivre et m'offrir une loyauté sans faille ?
Hermione, les yeux écarquillés, réalisa la portée de ce qu'elle s'apprêtait à faire ; ce Serment Inviolable la tuerait si elle trahissait Draco.
Reconsidérant le problème, Hermione se dit que dans deux ans, elle serait de toute façon débarrassée du Serpentard.
Elle articula :
- Je m'y engage.
Draco envoya une langue de feu rougeâtre avec sa baguette, qui s'enroula autour de leurs mains.
- Vous engagez-vous à suivre mes ordres, quoi qu'il advienne ?
- Je m'y engage.
- Vous engagez-vous à offrir jusqu'à votre vie même pour me protéger ?
D'une voix faible, Hermione dit :
- Je m'y engage.
Une dernière flamme scella le pacte.
Draco lui lâcha la main, et, contrairement à ce qu'elle aurait pu penser, il ne semblait absolument pas ravi ou triomphant. L'expression de son visage demeurait indéchiffrable. Mais une seule chose était sûre ; leurs deux destins étaient désormais liés.
...
Hermione se leva. Son air anxieux n'échappa pas au Serpentard.
- Quelque chose ne va pas ?
La jeune sorcière hésita à lui parler. Avec lui, elle ne savait jamais si les informations qu'elle donnait pouvaient être utilisées contre elle d'une manière ou d'une autre. Elle finit par répondre quand même :
- Mes amis... j'imagine que je ne peux pas leur parler des Draeswyths...
- Je ne suis navré, mais c'est en effet impossible.
- Je ne sais pas comment je vais pouvoir me réconcilier avec Ginny... constata Hermione, dépitée.
Elle avait en effet prévu de lui raconter toute sa « traque », mais il s'avérait que tout Poudlard était persuadé qu'elle avait accusé Draco à tort ; elle était mal partie pour se faire pardonner.
- Je peux vous aider, si vous le souhaitez.
- Tu détestes mentir, fit remarquer Hermione.
- Qui a parlé de mentir ? Faites-moi confiance.
Hermione haussa les épaules, peu convaincue.
- D'accord, fais comme tu veux.
Elle ne risquait pas grand-chose, et puis, elle devait bien s'avouer n'avoir absolument aucune idée de la façon dont elle pourrait s'en sortir avec sa meilleure amie.
Le Serpentard inclina légèrement la tête en signe d'acquiescement, et ramassa son manteau.
- Tu ne m'as toujours pas expliqué ce qu'était la Salle sur Demande.
- La salle sur Demande est une pièce magique, qui fait apparaître à peu près tout ce que vous souhaitez ; il suffit de passer trois fois devant le mur extérieur en songeant très fort à ce que vous désirez. Une porte apparaît, il suffit de rentrer.
- Mais...comment est-ce que tu m'as emmenée jusqu'ici ?
- Vous êtes têtue, je vois ! Et bien, je vous ai portée, comment aurais-je pu faire autrement ?
- Portée ? Devant tout le monde ?
- A vrai dire, je n'ai croisé personne dans les couloirs. Quelle importance ?
- Pourquoi est-ce que tu m'as amenée ici ?
- Justement pour que vous soyez à l'abri des regards, et que vous recouvriez vos forces.
Hermione ne répondit rien à cela. Il avait bien fait.
Le Serpentard lui indiqua la sortie, et lui ouvrit galamment la porte. Là, Hermione resta figée.
- Que se passe-t-il ?
- Je... je n'ai pas envie de sortir...pas maintenant...tout le monde sera là au déjeuner..., expliqua-t-elle, mal à l'aise.
En guise de réponse, Draco referma la porte et tendit une confortable chaise à Hermione.
Soulagée et reconnaissante, Hermione s'assit. Elle n'avait pas le courage d'affronter les autres élèves.
- Si vous le souhaitez, il y a toute une bibliothèque remplie de livres au fond de la salle. J'ai pensé que vous en auriez peut-être besoin...
- Est-ce qu'on peut considérer que j'ai gagné mon pari ? demanda Hermione, ignorant sa suggestion.
- Je dirais que non.
- J'ai quand même fait beaucoup d'efforts ! J'ai bien le droit à une récompense, s'irrita la Gryffondor.
- Je n'aurais jamais accepté ce pari si j'avais su que vous pouviez prouver ma culpabilité.
- Pourquoi est-ce que tu t'accroches tant à garder plein de secrets ?
- Je trouve que je vous en ai dit beaucoup. Peu de monde sait autant d'informations à mon sujet que vous. Estimez-vous heureuse.
Son ton n'était pas froid ou agressif, et son visage ne trahissait pas la moindre émotion, mais la jeune sorcière sentait qu'elle ne devait pas insister. Pour le moment...
Hermione se plongea dans un silence pensif, et un peu boudeur. Elle tenta d'ordonner ses pensées. Premièrement, elle venait de jurer allégeance à Draco. Qu'est-ce que ça impliquait pour elle ? De toute façon, elle quittait Poudlard à la fin de l'année suivante ; comment pourrait-elle désobéir au Serpentard, s'il n'était pas près d'elle pour lui donner des ordres ?
Deuxièmement, il faudrait bientôt qu'elle sorte de cette pièce, et qu'elle affronte une foule de curieux sarcastiques et des amis qui se sentaient trahis. A cette pensée, la belle sorcière sentit son courage l'abandonner.
Décidant de repousser ces réflexions à plus tard, la Gryffondor releva les yeux vers Draco, qui l'observait en silence. Rougissant de ne pas s'être aperçu qu'il la regardait, Hermione tenta de masquer son trouble en le questionnant :
- Le soir du bal... tu te souviens, quand Ron a voulu frapper Matt ?
- Oui ? répondit-il, méfiant.
- Matt a levé sa baguette vers lui... et... et là tu l'as regardé, et il s'est calmé tout de suite en disant « je sais ». Qu'est-ce qu'il voulait dire ?
Draco demeura silencieux un instant. Sa question l'avait visiblement perturbé. Et avec son dégoût pour le mensonge, le jeune homme ne devait pas être dans une situation évidente.
- Matt a...comment dire... un tempérament de...
- Feu ? tenta Hermione, voyant qu'il ne trouvait pas ses mots.
- Exactement. On pourrait dire, en quelque sorte, qu'il a des « antécédents », si tu vois ce que je veux dire...
Hermione ne voyait pas du tout. Est-ce qu'il avait eu des problèmes avec la justice ? Des problèmes de violence ?
- Et...? demanda-t-elle, pour avoir de plus amples informations.
- Et certains événements dans le passé l'ont mené loin. Je veille à ce que cela ne se reproduise plus.
Voyant qu'elle ne tirerait rien de plus de lui à ce propos, la Gryffondor changea de sujet :
- Au bal, de nouveau, on a dansé ensemble. Je t'ai dit que tu dansais bien, et tu as prétexté que cela était dû à ton milieu social. Quelle est la vraie raison ?
Draco ne sembla même pas surpris qu'elle ait vu clair dans son jeu. Il n'avait pas menti, disons qu'il avait omis quelques éléments.
Résigné, le jeune homme répondit :
- Les Draeswyths sont en majorité des aristocrates. Ils sont justement recrutés pour leurs bonnes manières... disons que des qualités de...gentlemen peuvent parfois nous être utiles.
- Je vois, vous vous infiltrez dans des bals, des trucs comme ça ?
Draco esquissa un sourire amusé.
- Je pense que vous regardez un peu trop de films moldus. Mais vous n'avez pas tout à fait tort. Nos ennemis étant pour la plupart d'anciens Draeswyths, ils fréquentent des gens aisés ; c'est dans des réceptions mondaines que nous pouvons les repérer.
- Et... pourquoi est-ce que le jour de la rentrée, tu as dit que ton plus grand remords était d'être entré à Poudlard ?
- Votre mémoire est impressionnante. Je suis navré, mais cela me regarde.
- Mais...
- Cela suffit, l'interrompit Draco. Vous devenez vraiment indiscrète.
Elle avait touché une corde sensible. Bon à savoir... Enfin, le résultat était que sa curiosité était encore plus sollicitée. Hermione casa cette information dans un coin de sa mémoire, et se promit d'enquêter dessus.
L'estomac de la jeune fille grogna alors avec sa discrétion habituelle. La Gryffondor rougit et dit :
- Je crois que je vais sortir.. sinon, mon estomac va me manger !
Draco eut un rire bref, et se leva.
- Ne prenons pas ce risque ! Après vous, dit-il en ouvrant la porte.
Hermione prit une grande inspiration, et passa la porte, suivie du Serpentard. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est qu'il la suive jusqu'à la Grande Salle. Enfin, cela montrerait au moins aux curieux qu'il ne lui en voulait pas.
Lorsqu'elle pénétra dans le réfectoire, la belle sorcière eut l'impression que le bruit des conversations s'intensifiait. Discrètement, Draco mit une main réconfortante sur son dos et la poussa légèrement pour qu'elle avance. C'est ce qu'elle fit. Tête haute, ayant retrouvé sa témérité si propre à sa maison, Hermione avança vers la table des Rouges et Or et s'installa. Juste à droite de Ginny. Comme par hasard.
- Ginny, je voulais te...
- Dégage, Hermione, répliqua-t-elle d'un ton glacial, sans lever le nez de son assiette.
La froideur de cette répartie surprit la concernée.
- Je t'avais promis de tout t'expliquer, et c'est ce que je vais faire.
- Pardon ? s'écria la rousse en se tournant brusquement vers elle, les joues déjà rouges de colère. Tu avais dit que tu t'expliquerais après le déjeuner d'hier ! Ensuite tu as lancé une fausse accusation, et tu as disparu, jusqu'à maintenant ! Pour qui est-ce que tu te prends, hein ? Tu me caches d'abord que tu sors avec Draco, ensuite tu te venges de je ne sais quoi en l'accusant d'un vol dont il n'est pas coupable, et ce devant TOUT le monde, et maintenant tu fais ta sainte-nitouche « je vais tout t'expliquer Ginny », comme si ça m'INTERESSAIT !
La gifle partit toute seule. Hermione écarquilla les yeux au vu de ce qu'elle venait de faire. Mais Ginny l'avait vraiment poussée à bout. Elle ne put retenir le flot de paroles qui devait sortir :
- Ginevra Molly Weasley, tu vas m'ECOUTER maintenant ! Je ne suis JAMAIS sortie avec Malfoy, c'est lui qui m'a manipulée du début à la fin, et vous avec ! C'est lui qui a fait semblant d'être coupable pour que je l'accuse et que je m'humilie devant tout le monde !
- Tu fais pitié, Hermione.
Sur ce, Ginny se leva et quitta la pièce.
...
Mardi 12 Septembre
Cher journal,
Ce fut la journée la plus éprouvante de ma vie. Je ne t'en dirai pas trop, de peur que certains secrets importants soient découverts si quelqu'un venait te trouver.
Je suis perdue. Qui est Draco ? Est-ce qu'il est de mon côté », ou non ? J'ai le sentiment d'avoir été manipulée, mais ses arguments tiennent la route... Je suis épuisée. Et pourquoi est-ce que je me suis évanouie hier ? J'ai ressenti une intense brûlure à mes tempes et mon cœur... c'est étrange...
A plus tard,
Hermione
...
Hermione regarda sa montre ; elle allait être en retard à son cours de métamorphose ! La jeune fille grimpa les escaliers à toute vitesse. Son cours était au quatrième étage, et elle n'était qu'au rez-de-chaussée. C'était sans compter la mauvaise volonté des escaliers... Joueurs, ils s'amusèrent à changer son itinéraire. Elle se retrouva bientôt au septième étage, avant de revenir au premier. Excédée, sa rage s'ajoutant au stress d'arriver en retard, la Gryffondor donna un violent coup de pied dans la rampe. L'escalier, vexé (ndla : ne me demandez pas comme c'est possible), quitta aussitôt sa position. Ne s'attendant pas à un si brusque mouvement, la jeune fille s'étala littéralement dans les marches, sans oublier de se tordre la cheville au passage, et de se cogner la tête.
Sonnée, elle tenta de se relever, tant bien que mal, lorsqu'elle entendit une voix familière.
- Hermione ? Est-ce que ça va ?
Des bruits de pas précipités se firent plus fort à ses oreilles, et, alors que l'escalier se décidait enfin à s'immobiliser au cinquième étage, la belle sorcière distingua Matt qui s'approchait en courant.
« Oh non, pas lui... » songea Hermione.
Depuis qu'ils s'étaient embrouillés au sujet de Draco, la jeune fille l'avait fui comme la peste. Elle était suffisamment énervée comme ça, la dernière chose qu'elle voulait était une nouvelle altercation. Ceci dit, elle était en assez mauvaise posture. Elle sentait presque la bosse grandir sur son crâne, et sa cheville enflait à une vitesse hallucinante.
- Hermione ! Tu m'entends ?
La Gryffondor, passablement agacée, répliqua :
- Je suis pas sourde, que je sache...
Le Serpentard ne s'offusqua pas de cette réplique cinglante, et Hermione dut bien admettre qu'il avait l'air réellement inquiet.
- Je vais t'emmener à l'infirmerie, dit-il simplement.
- Ah oui, et comment ? demanda la Gryffondor, sarcastique.
- A ton avis ?
A ces mots, le jeune homme mit un bras sous les genoux d'Hermione, un autre dans son dos, et souleva son interlocutrice.
- Hééééé qu'est-ce que tu fais ? s'écria la jeune fille, à la fois surprise et gênée d'être portée comme une gamine.
- Le choc a vraiment dû t'enlever des neurones. Au cas où tu l'aurais déjà oublié, je t'emmène à l'infirmerie. Tu sais, la salle toute blanche, avec des lits partout et une sale odeur de détergent ?
Hermione allait répondre froidement lorsqu'elle vit le sourire chaleureux du Serpentard. Bon, il se moquait un peu d'elle, mais au fond, ce n'était pas méchant. La jeune fille ravala donc sa répartie, et se laissa porter.
Au bout de quelques minutes de marche en silence, la Gryffondor demanda à Matt de s'arrêter.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il, le front plissé d'anxiété.
- Détends-toi, je vais pas mourir ! répondit-elle un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.
La jolie brune se mordilla la lèvre inférieure, gênée de s'être montrée aussi agressive, et ajouta :
- Ça fait déjà cinq minutes que tu me portes, alors même si je ne doute pas de tes muscles, je vais essayer de marcher un peu.
Elle écarquilla les yeux lorsqu'elle sentit le souffle chaud de son camarade à quelques centimètres de son oreille.
- Tu viens d'avouer que j'étais musclé ? murmura-t-il d'une voix séductrice.
- Tu as dû mal entendre, répondit-elle avec un sourire en coin.
- Oh, j'en doute, déesse...
Sur ce, il s'écarta de plusieurs pas, rompant brusquement ce petit jeu de séduction – presque trop brusquement.
L'air presque mal à l'aise, passant une main dans ses cheveux noirs, le jeune homme reprit :
- Bon, comment est-ce que tu comptes marcher ? Tu m'as bien l'air d'avoir une entorse à la cheville, si ce n'est une fracture !
- Je peux marcher ! s'offusqua Hermione.
Joignant le geste à la parole, la Gryffondor tenta de faire un pas, mais ne put retenir un gémissement de douleur.
- Oui, c'est flagrant, répliqua le Serpentard, l'observant les bras croisés, et affichant un air amusé. Je dirais même que tu peux danser le tango.
- Arrête un peu, abruti ! s'énerva-t-elle. Pourquoi est-ce qu'il faut que tu te paies la tête de tout le monde ?
- Ah, pas de tout le monde, c'est un traitement de faveur, chérie !
La Gryffondor ne répondit rien. Elle avait mieux à faire que de répondre à cet imbécile. Comme s'asseoir, par exemple.
Une fois assise sur le sol de pierre froid, Hermione contempla l'ampleur des dégâts ; sa cheville avait pris une belle teinte violette, et avait doublé de volume. Elle avait beau la regarder sous toutes ses coutures, tout lui disait qu'elle s'était au moins fait une belle entorse. Comment allait-elle faire ?
Un main se posa alors sur son mollet, comme pour lui bloquer la jambe, mais avec douceur, tendit que Matt prit sa baguette de son autre main.
- Ne bouge pas...
Le Serpentard lança un « Ferula ». Aussitôt, des bandages et une attelle s'enroulèrent autour de la cheville de la blessée. La douleur ne refluait toujours pas, et venait par vagues, devenant insupportable.
Matt s'occupa ensuite de sa blessure à la tête. Hermione, qui luttait désespérément contre la douleur, le laissa faire. Elle le regarda distraitement arracher un pan de sa robe de sorcier, y lancer un Aguamenti et tenter d'essuyer le sang séché qui maculait son crâne.
- Il faut vraiment aller à l'infirmerie maintenant, Hermione...
- Non... il faut que j'aille en cours de Métamorphose... je suis déjà en retard... s'écria la jeune fille, prise de panique. D'ailleurs, ou est mon sac ? Oh nooon, il a dû tomber pendant que les escaliers bougeaient, il peut être n'importe où, sur d'autres escaliers, ou au rez-de-chaussée... Si ça se trouve, quelqu'un l'a déjà ramassé, et comment je vais faire moi, pour ma dissertation de potions, que je dois rendre dans une heure ? Je suis vraiment trop bête, il a fallu que je...
Hermione s'arrêta net dans son élan en sentant la main de Matt sur sa joue. Reportant son regard sur le Serpentard, elle fut troublée par ces deux grands yeux noirs qui la regardaient calmement.
- Qu'est-ce que...
Matt l'embrassa.
...
Elle s'était attendu à tout sauf à ça. Car ce n'était pas un de ces baisers volés, parfois furtifs, ou carrément fougueux que Matt avait l'habitude de distribuer à la ronde. C'était un baiser tendre, sincère. Effrayant.
Hermione demeura tétanisée, immobile. Le Serpentard se détacha finalement d'elle, comme à regrets, et murmura un « désolé ».
Est-ce que le château entier entendait ses battements de cœur effrénés à ce moment-là ? Elle aurait juré que oui.
Qu'est-ce qu'il faisait, par Merlin ? Comment devait-elle réagir ? Agacée contre elle-même, la jeune fille entreprit de se lever. Elle repoussa Matt lorsqu'il esquissa un geste pour l'aider. Elle lui offrit tout de même un demi-sourire reconnaissant quoi que gêné.
Le silence se fit lourd, alors que la jeune fille avançait lentement dans le couloir, aux côtés du Serpentard. La douleur était trop forte pour qu'elle puisse réfléchir convenablement. Pour l'instant, elle devait se concentrer sur le chemin à prendre pour aller à l'infirmerie. Lorsqu'elle arriva enfin devant, elle dit à mi-voix :
- Merci, Matt. Ça va aller, maintenant... tu devrais retourner en cours.
- Hermione, je...
- A plus tard.
Elle entra dans l'infirmerie. Elle avait parlé sans animosité, d'un ton placide, inexpressif. Elle ne savait pas où elle en était. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'un bon oreiller pour poser sa tête lui ferait le plus grand bien.
La jeune sorcière fut immédiatement prise en charge par Mme Pomfresh, et sombra dans un sommeil sans rêves.
...
Quand Hermione ouvrit enfin les yeux, quelle ne fut pas sa surprise de voir Ginny assise à son chevet ! Se redressant péniblement, elle murmura, ensommeillée :
- Ginny ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Matt m'a dit que tu étais ici. Et puis, il m'a semblé qu'on devait parler, toutes les deux...
La brune acquiesça d'un hochement de tête. Elle n'arrivait pas à saisir comment son amie avait pu changer d'avis aussi vite.
Il y eut un temps de silence, puis la rousse prit la parole :
- Draco m'a tout expliqué.
- Hein ? s'étrangla Hermione.
- Oui, il m'a dit qu'il t'avait en effet manipulée, et que vous n'étiez jamais sortis ensemble.
- Ah, heu, oui... marmonna Hermione, confuse.
- Pourquoi, il y a autre chose que je devrais savoir ? demanda son amie, pas complètement dupe.
- Bah, non, pas spécialement... mentit-elle d'un ton détaché.
- Si tu le dis... répondit Ginny, même s'il était évident qu'elle n'était pas convaincue. Je... je voudrais te demander de m'excuser. J'ai vraiment agi comme une gamine, je ne t'ai même pas écoutée. Je suis désolée.
- Et moi je suis désolée de t'avoir giflée... admit Hermione, même si ce n'était pas tout à fait le cas.
Mais connaissant la fierté de son amie, elle savait comme il avait dû être dur pour elle de lui demander pardon, aussi fit-elle un effort.
- Sans rancunes ? demanda Ginny.
- Sans rancunes ! dit Hermione en riant.
Bon, c'était déjà une bonne chose de faite, et surtout, un problème de moins à régler. Ginny et elles papotèrent un moment, puis la porte s'ouvrit, pour faire place à Matt.
Un silence tendu s'installa.
Ginny dit avec un enthousiasme feint :
- Bon, je vais y aller, Chris m'attend ! A plus Hermione !
Cette dernière lui adressa un sourire, puis reporta son attention sur ce qui lui tomba sous la main, à savoir... ses draps. C'est fou ce qu'ils étaient soyeux, et blancs. D'un blanc éblouissant. Et doux, aussi. Très doux.
- Hermione... commença Matt, qui s'était assis au bout de son lit.
Et tellement grands ! Elle pouvait s'y emmitoufler tout entière. Ils devaient bien faire 2 mètres de larges, sur... combien de long ? Mmm...
- Je suis un parfait abruti. On commençait tout juste à être amis, et j'ai tout gâché. Je ne sais pas ce qui m'a pris... pardonne-moi, s'il te plaît...
Et puis tous les mêmes. C'est vrai, tous les lits avaient exactement les mêmes draps, et elle les avait toujours connus, depuis plus de cinq longues années. A croire qu'ils ne changeaient jamais la literie ! D'ailleurs, ce n'était pas la seule cho...
- Hermione, tu m'écoutes ? demanda finalement le Serpentard, passablement énervé.
Cette fois-ci, elle ne pouvait plus se dérober. La jeune sorcière leva enfin ses yeux ambrés vers le jeune homme.
- Je t'écoute, Matt.
- Non, tu ne m'écoutes pas. Ou, si tu le fais vraiment, réponds-moi.
S'ensuivit un temps de silence.
- Mais réagis, bon sang ! s'écria Matt.
Il se prit la tête dans les mains, et dit entre ses dents :
- Tu me rends complètement fou, Hermione. Dans tous les sens du terme, d'ailleurs.
Il releva les yeux, et la jeune fille se perdit dans ses yeux noirs, troublée.
- Déjà, le jour de la rentrée, tu avais cette sorte de timidité si attachante. Et puis tu m'as prouvé que se cachait en toi une véritable lionne de Gryffondor, au bal. Tu n'es pas comme les autres... tu es...vraie. Tu ne fais pas semblant d'être quelqu'un d'autre. Je n'en peux plus, Hermione. Il faut que tu me donnes une réponse. Je comprendrais que tu ne veuilles pas de moi. Je connais ma réputation, et je ne la nie pas. Mais toi...je...je tiens vraiment à toi. Réponds-moi, par Merlin !
La porte s'ouvrit de nouveau, et Harry et Ron entrèrent précipitamment.
- Ça va, 'Mione ? s'enquit le brun, anxieux.
« Sauvée par le gong ! » pensa Hermione, soulagée.
- Oui, oui, ça va mieux... ma tête me fait moins mal, et je peux bouger ma cheville sans douleur.
Ron, qui se tenait un peu en retrait, semblait très mal à l'aise (à en juger par la rougeur de ses oreilles). Hermione l'ignora tout simplement. Harry sembla alors remarquer la présence du Serpentard.
- Matthew, c'est ça ? demanda-t-il.
- Matt. Et tu es Harry, si je ne me trompe pas ?
Cet échange de politesses était plus une manière de combler le silence qu'autre chose. Hermione savait parfaitement bien qu'Harry avait du mal à supporter les garçons « coureurs de jupons ». Et il mourait apparemment d'envie de demander « qu'est-ce qu'il fout là, lui ? ». Il eut la délicatesse de ne pas le faire, et Matt jugea le moment opportun pour annoncer sa sortie.
- Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Au revoir, Hermione. A très bientôt j'espère...
La jolie sorcière comprit très bien où il voulait en venir. Il fallait qu'elle se décide, et vite.
Je sais, ce chapitre est assez nul, et la fin manque cruellement de suspense (pas sadique cette fois ^^). Bon j'improvise vraiment l'histoire au fur et à mesure, et je vous avouerais que la déclaration de Matt devait venir bien après. Enfin c'était juste pour vous faire patienter un peu avant le prochain chapitre, qui, je l'espère, arrivera très vite ! (étant presque en vacances, ça devrait pas prendre trop de temps)
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