Hey hey hey !

De nouveau, merci à tous pour vos reviews !

NOTE IMPORTANTE : je viens de me rendre compte que les reviews anonymes n'étaient pas autorisées ; j'ai changé ça, donc plus besoin d'être connectés pour me laisser votre avis ! Je compte bien sûr sur vous pour en user de façon constructive...

Réponse à vos ô combien charmants commentaires :

Layla : Oui j'essaye de pas en dévoiler trop mais j'en ai déjà trop dit à mon goût ^^ j'ai envie de tout lâcher d'un coup =P

prettygirl973 : Hé hé Harry et Ron sont toujours là au bon moment =P ça sert à ça les amis !

Jeff-La-Bleue : Bah voilà la suite ^^ Contente que Matt te plaise lol mais je peux déjà te dire qu'il ne jouera pas le romantique très longtemps mwahahaaaaa !

Mia Granger-Malfoy : Alors ça je vais pas te le dire ^^ pour le vouvoiement de Draco, je n'ai moi-même aucune idée de quand ça va se terminer. Donc pas de réponse non plus de ce côté-là !

Kis38 : lol c'est vrai que vous en avez appris beaucoup d'un coup sur Draco ! Mais pas tant que ça finalement hé hé... Quant à Matt, vous l'avez compris, ce n'est pas un gentil petit mouton, donc qui sait ce qui va se passer...? (oui, c'est bien une question, j'en ai aucune idée xD)

Que dire, à part bonne lecture ?

Chapitre V – Danger et Soumission

Tap, tap, tap, tap

Pas qui se rapprochent

Tap, tap, tap

Lumière dans l'obscurité

Tap, tap

Avada Kedavra !

...

Mercredi 13 Septembre

Cher journal,

J'ai encore du mal à y croire. Est-ce que tout cela est réel ? Est-ce seulement un cauchemar ? Comment est-ce possible ? Des Guildes secrètes, Matt amoureux de moi... je vais devenir folle...

Mais je suis une Gryffondor. Je vais y arriver. Tout affronter. Gagner. Même si je ne sais pas encore contre qui...

A plus tard,

Hermione

...

Hermione referma son journal. Elle devait quitter l'infirmerie maintenant. Sa cheville était en parfait état, et la bosse sur son crâne ne cessait de désenfler sous l'effet d'une lotion concoctée par Mme Pomfresh... Celle-ci refuserait de la garder plus longtemps, elle avait assez de malades sur les bras. A regrets, la jeune fille se tira de son lit, fit quelques pas pour tester sa cheville, et récupéra ses affaires avant de quitter la pièce. Tout ce qu'elle voulait à ce moment précis était prendre une bonne douche et se changer.

Les escaliers eurent l'amabilité de la laisser tranquille (après s'être faits sévèrement réprimander par le Professeur Dumbledore), et la Gryffondor put rejoindre sa tour tranquillement. Il lui restait une bonne demi-heure avant le début des cours, suffisamment de temps pour s'habiller sans se presser et prendre son petit-déjeuner. Elle fut accueillie par des gloussements de Lavande et Parvati, qui paraissaient particulièrement surexcitées. Elles avaient dû apprendre un nouveau scoop... Hermione leva les yeux au ciel et commença à monter vers le dortoir des filles lorsque Ginny alla à sa rencontre. Elle semblait elle aussi excitée.

- Qu'est-ce qu'il se passe ici ? demanda Hermione, étonnée de tout ce grabuge.

- Tu n'es pas au courant ? s'étonna la rousse.

- Au courant de quoi ? Je te rappelle que j'étais à l'infirmerie ! rétorqua la jeune fille, agacée.

- Ah oui, c'est vrai ! Ça va mieux ? l'interrogea distraitement son amie.

- Ginny, réponds-moi, ou je m'assurerai qu'on ne retrouve pas ton cadavre !

- Du calme ! Il paraît que cinq nouveaux élèves vont entrer à Poudlard ! Et le mieux dans tout ça, c'est que la répartition a lieu pendant le cours de potions de ce matin ! expliqua-t-elle d'une traite, un grand sourire aux lèvres.

- De nouveaux élèves ? demanda Hermione en fronçant les sourcils. Pourquoi est-ce qu'ils viennent aussi tardivement ? Ce sont tous des première année ?

- J'en sais rien, on nous a pas expliqué la raison de leur retard. Et non, ils n'ont pas onze ans, il y en a deux de septième année, deux de sixième année et un de cinquième année ! On ne sait pas encore si ce sont des garçons ou des filles.

- Mais... ils viennent de Durmstrang ou de Beauxbatons ?

- Ni l'un ni l'autre, ils commencent simplement la magie, à ce qu'il paraît !

La jolie brune se plongea dans ses réflexions. Tout cela lui semblait étrange. Ceci dit, après les révélations de l'avant-veille, et les événements de la veille, plus rien ne pouvait vraiment l'étonner...

La jeune fille n'eut même pas le temps de se doucher que Ginny la tira par le bras et courut jusqu'à la Grande Salle, pour petit-déjeuner. Lasse, Hermione la suivit sans broncher.

L'excitation générale était palpable. Chaque maison espérait se voir attribuer au moins un nouveau membre. Hermione finit par se laisser gagner par l'engouement de ses amis, et se lança à son tour dans des pronostics.

Quand enfin chaque élève eut fini de manger, la nourriture disparut, et le bruit des voix redoubla alors que tout le monde restait assis, attendant que les nouveaux entrent. Hermione, quant à elle, jetait des regards furtifs vers la table des Serpentards, où Matt tentait de croiser son regard. Trop occupée à éviter celui-ci, la jeune fille ne remarqua même pas l'inquiétude qui marquait le visage de Draco, d'ordinaire si impassible.

Enfin, le Professeur Dumbledore se leva et, après avoir amplifié magiquement le volume de sa voix, prit la parole :

- Comme vous le savez déjà, nous avons aujourd'hui la grande joie d'accueillir cinq nouveaux élèves parmi nous. Je vous prie de les aider à s'intégrer rapidement, et de leur réserver un accueil digne d'élèves de notre école ! Aaron, Nathaniel, Aileen, Faye, Tyler, entrez, je vous en prie !

Tout le monde se tut instantanément, et les regards convergèrent vers la Grande porte. Manque de chance, c'est par la même porte dérobée par laquelle Hermione était partie avec Draco l'avant-veille que le groupe d'élèves se décida à entrer. Un élève de Serdaigle s'en aperçut enfin et le cria aux autres, et, d'un même mouvement, les yeux se braquèrent sur les nouveaux arrivants.

Le premier mot qui vint à l'esprit d'Hermione était : impressionnants. Les cinq adolescents avaient rejoint le Professeur Dumbledore, et l'encerclaient presque. Droits, figés, un masque d'impassibilité protégeant leur visage, les nouveaux venus observaient calmement les élèves assis. Hermione croisa le regard de l'un d'entre eux, le plus grand, et eut une soudaine bouffée de chaleur, accompagnée d'une sensation de suffocation. Quelque chose de terrifiant se dégageait de ces yeux. De leurs yeux à tous. Qui étaient-ils ?

- Nous allons maintenant procéder à votre Répartition ! annonça gaiement le directeur, tirant brusquement Hermione de ses pensées. Aaron, veuillez vous asseoir sur ce tabouret, je vous prie.

Le concerné s'assit. C'était celui dont la jolie sorcière de Gryffondor avait croisé le regard. Grand, plutôt imposant de par son physique parfait – elle devait bien se l'avouer -, il possédait d'étranges cheveux blancs avec une unique mèche noire. Hermione était trop loin pour distinguer la couleur de ses yeux, mais ils semblaient très sombres. Le Professeur McGonagall posa le Choixpeau magique sur le sommet de sa tête, et celui-ci hurla aussitôt « Serpentard » !

Aileen fut ensuite appelée. Ses longs cheveux blonds et sa peau d'un blanc d'ivoire lui donnaient un aspect angélique. Elle fut répartie chez les Serdaigles. Nathaniel, cheveux bruns et peau sombre, rejoignit les Poufsouffle, tandis que Faye, dont les cheveux rouges attiraient inévitablement tous les regards, fut répartie chez les Serpentards. Tyler, enfin, grand brun aux yeux clairs, fut appelé chez les Gryffondors.

Chaque maison fut donc heureuse d'accueillir au moins un nouveau. Cependant, une drôle d'ambiance s'était installée. On ne pouvait pas dire que les « cinq » (comme tout le monde commençait à les appeler) paraissaient heureux de venir à Poudlard. Le Professeur Dumbledore demanda ensuite aux élèves d'aller en cours, et Hermione perdit les nouveaux arrivants de vue.

Pensive, la jolie sorcière prit un couloir désert pour se rendre en cours. Tant pis, cela lui faisait faire un détour, mais elle pourrait au moins éviter l'animation. Le bruit la rendait folle.

Lorsqu'elle rentra dans un élève, elle marmonna un « désolée » et pressa le pas, sans même lever les yeux.

Elle sursauta donc lorsque quelqu'un saisit son bras et la tira vers une petite pièce vide. Hermione se retourna vivement.

- Draco ? Tu m'as fait peur ! Ça va pas de me tirer comme ça par le bras ? lâcha-t-elle avec dédain, frustrée de s'être laissée surprendre.

- Ce n'est pas le moment de me faire une scène. Écoutez-moi plutôt.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Hermione d'un air exaspéré.

- Ils sont ici.

- Ils...tu veux dire... balbutia la Gryffondor, soudainement inquiète de ces propos.

- Les renégats, oui. Les cinq élèves qui viennent d'arriver sont des traîtres infiltrés. Nous les appelons « Incenditores », expliqua rapidement Draco.

- Ça vient du latin « incendium », l'incendie ? s'étonna Hermione.

- Exactement. Il est primordial que vous ne vous retrouviez jamais seule avec l'un d'entre eux.

- Je sais me défendre ! s'offusqua Hermione.

- Pour une fois, laissez votre orgueil dans votre poche et écoutez-moi. Les Incenditores maîtrisent le feu et la chaleur, sous toutes leurs formes...

- Toutes leurs formes ? Qu'est-ce que...

- Draco ? Hermione ? les interpella la voix de Matt.

Draco lâcha le bras d'Hermione, qu'il tenait toujours, et celle-ci rougit. Deux élèves de sexe opposé dans une petite pièce obscure durant les cours, c'était louche, surtout qu'elle avait les cheveux ébouriffés à force de s'être passé la main dedans, à cause du stress...

Le visage du Serpentard aux cheveux noirs se ferma, et il dit simplement :

- Désolé de vous avoir dérangés. Le Professeur Dumbledore m'a demandé de vous dire qu'en tant que Préfets, vous étiez chargés de faire visiter le château aux nouveaux pendant les cours de ce matin...

Sur ces mots, il tourna les talons.

- Attends, Matt ! Ce n'est pas ce que... commença-t-elle alors qu'elle s'élançait à la suite du Serpentard.

La main de Draco sur son bras la stoppa, et elle se tourna vers lui, furieuse :

- Lâche-moi ! Il faut que je lui explique ! hurla-t-elle en tentant de se dégager, mais la poigne de son interlocuteur était ferme.

- Laissez-le partir. Faites-moi confiance. Il n'est pas en état de vous écouter.

Hermione se débattit encore, refusant d'entendre raison. Il n'était pas question que Matt parte avec des idées fausses en tête. Elle et Draco ? Et puis quoi encore !

Draco finit par la lâcher, mais le regard inquiet qu'il lui lança ne l'empêcha pas de partir en courant.

Rattraper Matt ne fut pas très difficile. Hermione se planta devant lui et mit ses mains sur les épaules du jeune homme pour le retenir.

- Matt, écoute-moi, ce n'est pas ce que tu cr...

- Peu importe, Hermione. Je m'en fiche. Royalement. Tout ce que je te demandais était une réponse, positive ou négative... mais tu es hypocrite, tu t'es empressée d'aller le voir, lui. Tu ne sais pas ce que ça m'a coûté de t'ouvrir mon cœur. Tu sais qui je suis ; je ne m'attache jamais. Avec toi, c'était différent. Mais peu importe. Tu n'es apparemment pas digne de mon estime. Ni de mon respect d'ailleurs.

Le jeune homme commença à partir, mais Hermione le retint par le bras. La réaction ne se fit pas attendre. La main du Serpentard se leva brusquement, et s'immobilisa à seulement quelques millimètres de la joue d'Hermione. Tétanisée, celle-ci ne bougea pas d'un pouce.

Matt l'observa un instant, puis baissa la main, et dit :

- La prochaine fois, ma main ne s'arrêtera pas. Au revoir, Hermione.

Cette fois, la sorcière ne le retint pas.

...

Hermione revint machinalement sur ses pas, le front plissé, repensant à ce qui venait de se produire. La haine qu'elle avait lu dans les yeux du Serpentard l'avait effrayée. Il n'aurait pas hésité à la frapper si elle avait dit un seul mot de plus. Elle dut bien admettre que Draco avait eu raison ; elle aurait mieux fait de le laisser et d'attendre que sa colère retombe.

La jeune fille retrouva le blond, qui n'avait pas bougé. Il sembla presque soulagé de la revoir ; ben quoi, Matt ne l'aurait pas tuée non plus ! …...

…...si ?

Il eut la délicatesse de ne pas la questionner, et l'enjoignit simplement à le suivre pour qu'ils retrouvent les nouveaux afin de leur faire visiter le château. De nombreuses questions à leur propos revinrent à l'esprit d'Hermione, mais Draco semblait tellement concentré dans ses réflexions qu'elle préféra garder le silence.

Lorsqu'ils arrivèrent dans le Hall, ce qui marqua Hermione fut le silence. Total. Imposant. Écrasant.

Mal à l'aise, la Gryffondor évita de croiser le regard des Incenditores. Hormis Aaron, tous possédaient des yeux d'une clarté étonnante. Hermione resongea à ce que Draco lui avait dit « Ils maîtrisent le feu et la chaleur, sous toutes leurs formes... » Qu'est-ce que cela voulait dire ? Ils étaient tous pyromanes ?

- Suivez-moi, je vous en prie, dit simplement Draco en commençant à monter les escaliers.

Hermione resta derrière, et vit très bien les regards furtifs que s'échangèrent les Incenditores. Apparemment, ils avaient une petite idée de la véritable nature de Draco. Il faudrait qu'elle soit prudente dans ce qu'elle dirait. Quant à lui, elle ne s'inquiétait pas, il saurait gérer la situation.

La Gryffondor prit son courage à deux mains et entama la conversation :

- J'ai entendu dire que vous ne veniez ni de Durmstrang, ni de Beauxbatons !

- Il ne faut pas se fier aux rumeurs, répondit froidement Aileen.

Beauté de glace. Sous ses airs d'ange se cachait une personnalité mordante. Hermione saurait s'en souvenir.

- Le château est très grand, donc si vous avez un quelconque problème, n'hésitez pas à venir voir un préfet. Au pire, vous trouverez toujours un élève dans les couloirs pour vous aider, tenta Hermione, ignorant la réplique cinglante d'Aileen.

Cette phrase fut suivie d'un long silence.

- Et sachez que...

- Tu sais, les mots ont parfois moins de valeur que le silence, lui lança Faye.

La Gryffondor ravala sa répartie et préféra se taire. Draco, lui, ne pipait mot, mais il n'affichait aucune froideur. Il ne fallait pas que ses ennemis découvrent à quel point il les haïssait, sinon il se trahirait.

La suite de la visite se fit donc dans le plus pur silence, seulement troublé par le bruit cadencé de leurs pas et, de temps à autres, la voix d'un professeur venant d'une salle de cours, ou les bruits précipités d'un élève en retard.

Hermione se demanda pourquoi les autres Préfets n'étaient pas avec eux. Elle se remémora alors ce qu'avait dit Matt : « Le Professeur Dumbledore m'a demandé de vous dire qu'en tant que Préfets, vous étiez chargés de faire visiter le château aux nouveaux pendant les cours de ce matin » ; le Professeur Dumbledore était visiblement au courant de la véritable nature des Incenditores, sinon ils ne seraient pas seulement tous les deux. Alors pourquoi envoyait-il les plus vulnérables ? Cela lui échappait.

Derrière le petit groupe, Hermione détailla les nouveaux du regard ; Aaron l'intriguait particulièrement, avec ses cheveux blancs et cet étrange air calme. Visiblement, il s'en aperçut, car il ralentit pour se mettre à sa hauteur.

- Puis-je te demander ton nom, ravissante demoiselle ? dit-il avec un sourire charmeur qui rappelait un peu trop Matt à la jeune fille.

- Hermione.

- Enchanté de faire ta connaissance, Hermione, susurra-t-il.

Mais ce à quoi elle ne s'était pas attendue, c'était à ce qu'il lui fasse un baise-main. La jeune fille frissonna lorsqu'il posa ses lèvres sur sa peau ; elles étaient littéralement brûlantes. Elle commençait déjà un peu mieux à cerner pourquoi ils se nommaient Incenditores.

Quant à Draco, il parlait de temps à autre pour dire des banalités, qui, Hermione devait bien l'avouer, le faisaient passer pour un sombre crétin. Il commentait les tapisseries, faisait des jeux de mots douteux, bref, il cassait complètement son image d'aristocrate ayant reçu une haute éducation. La jeune fille mit un moment à comprendre pourquoi il faisait cela ; oui, c'était vrai, il fallait qu'il dissimule son identité profonde...

Cela eut l'air de marcher, car les Incenditores se désintéressèrent complètement de lui.

Quand ils eurent enfin fait le tour du château, Draco annonça :

- Voilà, vous avez vu le principal. Je vous laisserai découvrir le parc par vous-même après les cours, ce soir ! En plus, il fait encore chaud aujourd'hui ! Profitez-en, il paraît qu'il va pleuvoir demain !

« Le mythe s'effondre » songea Hermione en réprimant un sourire amusé. Non, décidément, elle préférait le Draco silencieux, avec sa sagesse élégante, plutôt que le bavard exaspérant. Elle réalisa alors à quel point elle-même devait être parfois agaçante, à parler de tout et de rien.

Les Incenditores adressèrent un sourire faux au Serpentard, puis se séparèrent pour rejoindre leurs salles communes respectives.

Draco rejoignit Hermione, et, lorsque les autres furent à une distance raisonnable, il lui dit :

- Ils m'ont démasqué.

...

Hermione ne comprenait pas ce qui lui permettait de faire une telle affirmation. Elle avait plutôt eut l'impression (sans mauvais jeu de mot) qu'ils n'y avaient vu que du feu. Le Serpentard poursuivit :

- Aaron, en tout cas. Il m'a l'air très perspicace. Rappelez-vous : vous ne devez surtout pas vous retrouver seule avec l'un d'entre eux. Jamais.

A ces mots, le Serpentard s'en alla.

...

Hermione se rendit à son dortoir, et s'allongea sur son lit. Elle réfléchit intensément : si Draco était démasqué, il faudrait redoubler de prudence. Et la seule solution qu'elle voyait était d'éviter de le voir trop souvent. S'ils découvraient qu'elle connaissait l'existence des Draeswyths et, par conséquent, des Incenditores, elle serait elle aussi en danger – très peu pour elle. Tout ceci concernait Draco, pas elle. Enfin, tant qu'il ne lui donnait pas d'ordre... à cause de son Serment Inviolable, elle serait obligée de lui obéir.

« Dès cet après-midi, je ferai tout pour éviter Draco et les Incenditores. Et Matt, bien sûr... » se jura-t-elle.

...

Les semaines qui suivirent se déroulèrent plutôt bien ; Hermione et Draco ne se voyaient que très rarement, et Matt ignorait superbement Hermione, si bien qu'elle avait presque fini par oublier les événements de Septembre. Quant aux Incenditores... pour l'instant, ils restaient ensemble, et ne cherchaient de noises à personne. Si les garçons bavaient devant Aileen et Faye, et les filles devant Aaron, Nathaniel et Tyler, ceux-ci ne changeaient pas d'attitude, et restaient réservés. Inutile de préciser le nombre de déçus.

Le mois d'Octobre se déroula tranquillement. Et un peu trop rapidement.

En effet, le bal d'Halloween fut bientôt annoncé. Et, de nouveau, il était interdit aux sorciers d'être accompagnés d'un élève de leur maison. « Le début de la galère », pensa Hermione, dépitée. Elle ne supporterait pas de passer encore la soirée toute seule. Surtout que cette fois-là, il n'y aurait même pas Matt pour danser avec elle.

Alors que, ensommeillée, Hermione prenait son petit-déjeuner ce matin-là, Ginny la réveilla brusquement en parlant avec excitation :

- Aaron n'arrête pas de te regarder !

La brune sourit :

- Tu commences à ressembler à Lavande, à inventer des couples partout, toi !

- Un couple, pas encore, mais je te jure, il ne mange même plus !

Intriguée, Hermione finit par jeter un regard furtif à la table des Serpentards. Son amie ne mentait pas ; le jeune homme aux cheveux blancs la fixait bien. La Gryffondor rougit et détourna les yeux.

- Ma vieille, t'as une touche ! lui lança Ginny avec un grand sourire.

- Arrête de m'appeler comme ça ! Au fait, comment ça va, avec Chris ? demanda-t-elle pour changer de sujet.

- Belle diversion, 'Mione ! Bah... en fait, je sais pas trop... il regarde un peu trop Aileen à mon goût, en fait..., avoua la jolie rousse, son enthousiasme disparu.

- Aileen ? L'Inc... la nouvelle ? se rattrapa Hermione, surprise.

- Oui, cette espèce de blondasse prétentieuse ! Qu'est-ce qu'elle m'énerve, avec ses airs de reine inaccessible !

- Laisse tomber, Chris est bien trop intelligent pour ça ! De toute façon, il est ton cavalier pour le bal d'Halloween, non ?

- Bah... on n'en a pas parlé...vu qu'on sort ensemble, ça me semblait évident que oui, mais après tout, rien n'est moins sûr ! dit-elle amèrement.

- Et bien, demande-lui d'être ton cavalier, au moins, les choses seront claires entre vous ! suggéra Hermione.

- Mmm... tu as raison, j'imagine... oui, je vais l'inviter, je vais jouer de mes immenses charmes et il ne pourra pas me résister ! répondit finalement la rousse avec un sourire malicieux.

...

Encore endormie, Hermione marchait d'un pas lent dans le couloir. Par réflexe, elle se dirigeait vers la bibliothèque. Lorsqu'elle s'en aperçut, elle se traita mentalement d'idiote et se retourna pour aller dans sa Salle Commune afin de récupérer ses affaires de cours. Elle sursauta violemment quand elle se retrouva nez à nez avec Aaron.

L'avertissement de Draco lui revint à l'esprit : « Vous ne devez surtout pas vous retrouver seule avec l'un d'entre eux. Jamais. » Hermione lui offrit un demi-sourire avec un petit « Désolée » et poursuivit son chemin en pressant le pas. Elle n'alla pas bien loin, car il lui attrapa la main.

- Puis-je te parler un instant, s'il te plaît ?

Dans sa façon de parler, on voyait qu'il était issu tout droit de l'aristocratie anglaise. Hermione, terrifiée, ne sut quoi répondre, et resta bêtement plantée là.

- Je ne veux pas te mettre mal à l'aise, dit-il avec un sourire. Enfin, si tu es vraiment pressée, on pourra toujours parler plus tard...

Ces deux phrases mirent Hermione à l'aise. Le jeune homme avait l'art de mettre tout de suite les gens en confiance, son attitude était chaleureuse et invitait à la conversation. Puisqu'il ne la forçait pas à rester, Hermione se sentit libre de le faire.

- Non, pas de problème, j'ai un peu de temps !

Elle ne savait pas s'il le faisait exprès ou non, mais Aaron avait plein de mimiques craquantes ; il passait sa main dans ses cheveux, faisait de discrets sourires en coin... son charme était indéniable. Il était même carrément « hot ».

Hermione rougit à ses propres pensées.

- Je sais qu'on se connaît à peine, et même pas du tout, mais j'aurais aimé t'inviter au bal d'Halloween, lui dit-il sans hésiter.

Hermione retint une exclamation de surprise. Alors là, si elle s'y était attendue ! Un des garçons les plus convoités de Poudlard lui demandait d'être sa cavalière !

Elle allait répondre « oui » lorsqu'un mot revint à son esprit : « Incenditor ». Il était dangereux.

Le Serpentard remarqua ce changement d'attitude en lisant les expressions du visage de la jeune fille, et s'exclama tout à coup :

- C'est fou ce qu'il fait chaud ici !

En effet, en quelques minutes, la température avait grimpé de plusieurs degrés. Pas gêné, le jeune homme enleva sa chemise. Mal à l'aise, Hermione ouvrit la bouche pour parler, mais elle commençait à suffoquer. La chaleur devenait insupportable.

- Est-ce que ça va ? demanda Aaron en la voyant asphyxier. Enlève ton pull, tu vas t'étouffer !

Hermione ne se le fit pas dire deux fois, et s'empressa d'enlever son pull. La température baissa un peu, et elle se sentit de nouveau normale.

Cette fois-ci, il fallait qu'elle dise à son interlocuteur qu'elle ne voulait pas de lui pour le bal. Elle commença :

- C'est vrai, Aaron, que nous ne nous connaissons que depuis quelques semaines...

Lorsque ses yeux croisèrent les prunelles noires du Serpentard, son cœur fit un bond. Une douce chaleur s'insinua en elle, dans tous ses membres.

- Tu as l'air très sympa, poursuivit-elle, mais...

La paix intérieure que ressentait Hermione ressemblait au sommeil : une sensation chaude, agréable, de sécurité. Mais... pourquoi est-ce qu'elle refusait d'être sa cavalière, déjà ?

- Mais...mais... balbutia-t-elle, alors qu'Aaron la fixait encore plus intensément en s'avançant imperceptiblement vers elle.

- Mais ? souffla-t-il, son visage à seulement quelques centimètres de celui de la jeune fille.

- Mais tu as intérêt à porter un nœud papillon ! lâcha-t-elle enfin.

« Un nœud papillon ? Gné ? » pensa-t-elle en réalisant l'absurdité de ce qu'elle venait de dire. C'était tout ce qui lui était passé par la tête...

Le Serpentard éclata de rire, et répondit :

- J'en serais ravi ! Et bien, à demain dans ce cas !

Il lui fit un baise-main, les lèvres toujours aussi brûlantes que dans son souvenir, et s'en alla.

...

L'agréable torpeur qu'elle ressentait ne s'estompa pas tout de suite. Hermione se sentait bien, l'esprit engourdi, comme prise dans les bras d'un Morphée bienveillant. Puis, au bout d'environ une heure, en plein cours de métamorphose dans lequel le rat qu'elle devait transformer en chandelier prenait successivement la forme d'un verre, d'une loupe ou d'une tabatière, la sensation disparut lentement.

Le rat émit un dernier petit « couic » avant de devenir un objet mi-taille-crayon mi-cravate à cause du sursaut de la Gryffondor. Sortie de son hébétude, elle venait en effet de réaliser l'erreur qu'elle avait commise. Un froid glacial se déversa dans ses veines. Qu'est-ce qui lui avait pris d'accepter d'être la cavalière d'un Incenditor ?

Soudainement prise de panique, la jolie brune prétexta se sentir mal et sortit. Elle n'avait pas eu besoin de jouer la comédie, ayant littéralement blêmi, son visage livide trahissant une nausée proche.

Quand elle fut dehors, Hermione, au lieu de se diriger vers l'infirmerie, décida de prendre un peu l'air pour se revigorer. Une fois dans le parc, elle s'assit au pied d'un arbre, et commença à réfléchir à ce qu'elle venait de faire lorsqu'elle entendit des bruits de pas rapprochés. Levant ses yeux ambrés, la jeune fille reconnut Chris, le petit-ami de Ginny. Le Serdaigle s'assit à côté d'elle.

- Est-ce que ça va, Hermione ? Tu n'as pas l'air bien...

- Mmmm ? Oh... si, je vais bien... je suis juste un peu fatiguée... et toi, ça va ?

- Et bien... à vrai dire, pas vraiment... je suis un peu inquiet au sujet de ma relation avec Ginny en fait...

- Ah ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Ce que j'aimais chez Ginny, c'était son petit grain de folie, son extravagance, commença Chris ; elle n'avait peur de rien, elle faisait ce qui lui plaisait quand elle le voulait, et elle avait une sacrée répartie ! Mais maintenant... cela fait près de deux mois que nous sortons ensembles, et elle est devenue comme les autres : romantique, possessive, collante... ne le prends pas mal, hein, je l'apprécie beaucoup mais...

- Mais il n'y a plus l'étincelle du début... termina Hermione.

- Exactement... tu es sa meilleure amie, alors j'aurais aimé savoir... hésita le Serdaigle.

- La meilleure façon de rompre, devina la jeune fille.

- Exactement ! s'exclama Chris, visiblement soulagé. Je pensais que tu allais t'énerver, et tenter de me persuader de rester avec elle !

- A quoi bon rester ensemble si vous ne vous aimez pas ? répondit simplement Hermione, l'esprit ailleurs.

- Tu as raison... alors, qu'est-ce que tu me conseilles ?

- Heu... déjà, d'éviter de regarder Aileen jusqu'à ce que tu rompes, et même un peu après. Tu peux larguer Ginny, mais pas pour une autre ; les filles ne supportent pas ça.

- Aileen ? Mais de quoi est-ce que tu parles ? l'interrogea le Serdaigle, les sourcils froncés.

- Je ne sais pas, Ginny trouvait que tu te rapprochais vraiment d'elle ces derniers temps... dit Hermione en haussant les épaules.

- C'est bien ce que je te disais, elle devient jalouse et...aigrie.

- Chris, c'est de ma meilleure amie que tu parles, là ! lui rappela la jolie sorcière en fronçant les sourcils.

- Désolé... s'excusa-t-il.

- Par contre...

- Oui ?

- Ginny comptait te demander d'être son cavalier pour le bal... dès ce soir en fait...alors si tu veux rompre, dépêche-toi ! lui conseilla Hermione, « omettant » de préciser que c'était elle qui l'avait poussée à faire cela.

- Ah, heu... d'accord...ça va pas être évident...

S'ensuivit un silence durant lequel Hermione enfouit sa tête dans ses bras, tentant désespérément de lutter contre ses souvenirs proches.

La main de Chris se posa doucement sur son épaule.

- Tu veux en parler ?

Hermione secoua la tête, incapable de prononcer un mot, le visage toujours dissimulé dans ses bras. Chris entoura ses épaules d'un bras, et attendit qu'elle aille mieux.

Elle avait au moins trouvé un frère.

...

Mardi 31 Octobre

Cher journal,

Je n'ai pas de souvenir précis du moment où j'ai accepté l'invitation d'Aaron. Je n'ai qu'une vague réminiscence d'une sensation agréable, et c'est tout. Je crois que j'avais de la fièvre, je devais être ailleurs.

Pas question de me dérober maintenant ; je vais bien aller au bal avec Aaron, mais je passerai la soirée avec mes amis, sans me préoccuper de lui. En plus, Ginny sera bientôt célibataire, alors j'aurai quelqu'un à qui parler !

A plus tard,

Hermione

...

La journée passa vite, bien trop vite. En tant que Préfète, Hermione était chargée de s'occuper de l'organisation du bal pendant tout l'après-midi : elle supervisait la décoration, la musique, les boissons... A une heure du bal, tout n'était pas encore prêt, et les Préfets commençaient à paniquer – sauf Draco bien sûr, qui n'en avait d'ailleurs pas grand-chose à faire.

- Allez vous préparer, Hermione, et relaxez-vous, ce n'est qu'un bal ! lui lança-t-il avec un sourire amusé, en la voyant si stressée.

- Tu es sûr ?

- Allez-vous-en !

La Gryffondor lui adressa un sourire reconnaissant, et partit en courant. Sa mère lui avait envoyé une robe, mais elle n'avait même pas pu l'essayer, tant elle avait été occupée. Une fois dans son dortoir, essoufflée, Hermione ouvrit la grosse boîte posée sur son lit. Elle soupira de soulagement en voyant que la robe était noire – donc dans le thème. Sa mère était parfois un peu excentrique, et la jeune fille avait eu peur de se retrouver avec une tenue bariolée.

L'heure tourna, et enfin vint le moment d'aller vers la Grande Salle.

...

Lorsqu'Hermione sortit de sa Salle Commune, mal à l'aise comme à chaque fois qu'elle portait une tenue élégante et des chaussures à talon, elle vit Aaron qui l'attendait. Ce dernier lui adressa un sourire à faire fondre du sucre (nda : c'est mignon comme expression, non ?) et la jeune fille parvint à se détendre un peu. Un tout petit peu.

Aaron lui fit un baise-main (ça devenait légèrement rétro, à la longue), lui brûla de nouveau le dessus de la main, et lui dit d'une voix suave :

- Tu es sublime, Hermione...

- Heu...merci, répondit-elle rapidement, gênée par ce compliment, et toute la mise en scène qui allait avec.

Aaron lui tendit un bras, qu'elle saisit – un peu à regrets – et ils se rendirent ensemble à la Grande Salle. Sur le chemin, le Serpentard fut fort aimable, discutant de tout et de rien – comme n'importe qui l'aurait fait. Ce n'est donc que devant la porte de la Grande Salle qu'Hermione recommença à paniquer. Personne n'était au courant qu'Aaron était son cavalier. Elle ferait des jalouses, et surtout, elle ne l'avait pas dit à Ginny, qui lui en voudrait sans doute. D'ailleurs, comment allait-elle ? Chris avait dû rompre peu de temps avant... Hermione s'en voulut de ne pas s'en être préoccupée. Mais ce n'était pas le moment, car Aaron la poussa doucement dans la pièce.

La décoration était digne d'Halloween : dans les tons noirs et oranges principalement, avec une fausse brume, des squelettes dissimulés un peu partout, et des hologrammes de chauve-souris qui fondaient parfois en piqué sur des élèves. Quant à la musique, elle était relativement sobre, avec quand même, de temps en temps, une mélodie glauque ou une chanson gothique. Oui, Hermione avait de quoi être fière de son travail.

Lorsqu'elle pénétra dans la Grande Salle, Hermione eut l'impression désagréable que tous les regards convergeaient vers eux deux. Aaron ne sembla pas s'en préoccuper outre mesure, et l'emmena sur la piste de danse, où ils entamèrent la première valse, avec seulement quelques autres couples. La Gryffondor aurait aimé attendre qu'il y ait plus de monde, c'était comme si elle se retrouvait au milieu d'un ring...

Pour se donner une contenance, elle décida de parler :

- Je vois que tu n'as pas oublié le nœud papillon !

Son cavalier éclata de rire, et répondit :

- En effet... et je n'ai surtout pas oublié de trouver la plus belle cavalière qui soit...

Hermione rougit, et ne sut pas quoi répondre – surtout lorsque le jeune homme se rapprocha un peu plus d'elle. Voyant à quel point elle était embarrassée, il lui demanda à mi-voix :

- De quoi as-tu peur ?

Hermione releva les yeux vers les prunelles d'un noir de jais d'Aaron.

- On ne se connait pas, Aaron...

- Vraiment ? Ce n'est pas l'impression que tu m'as donnée, hier...

« Hier ? Qu'est-ce qu'il s'est passé hier ? » s'affola Hermione.

- Hi...hier ? Balbutia-t-elle.

- Laisse-moi te rendre la mémoire...

Sur ce, il l'embrassa. Ses lèvres étaient brûlantes, et de nouveau, une sensation de chaleur envahit la jeune fille. Elle avait l'impression que du feu s'insinuait dans ses veines, et son esprit s'embruma.

Hermione fut tirée de sa torpeur par un violent bruit de verre brisé, juste à côté d'elle. Aaron se détacha d'elle, et ils constatèrent qu'un lustre venait de s'écraser sur la piste de danse. Le Professeur Flitwick accourut pour calmer les élèves, et reconstitua le lustre d'un coup de baguette magique, avant de vérifier la solidité de chaque lampe.

C'est alors que la Gryffondor croisa le regard de Draco. Ses yeux s'écarquillèrent, alors qu'elle réalisait ce qu'elle venait de faire. L'emprise qu'exerçait l'Incenditor sur elle était terrifiante, elle ne pouvait pas lutter contre lui. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle comprit ce que Draco avait voulu dire plus tôt « Les Incenditores maîtrisent le feu et la chaleur, sous toutes leurs formes... »... Aaron avait réussi à la consumer de l'intérieur, en lui donnant cette sensation de bien-être qui l'empêchait de réfléchir...

Hermione décida de reprendre le contrôle sur elle-même, et mentit :

- Je crois que je me suis pris un éclat de verre dans l'œil... je vais voir aux toilettes...

- Pas de problèmes, lui répondit Aaron, reprenant un sourire engageant.

La Gryffondor ne se le fit pas dire deux fois, et s'éclipsa.

A peine sortie de la Grande Salle, elle tomba sur Draco.

« Quelle coïncidence » songea-t-elle, sarcastique. Non, elle n'était vraiment pas d'humeur à se faire faire la morale. Hermione lui lança un regard incendiaire et le dépassa. Le Serpentard ne la poursuivit pas, mais lui lança juste « Je ne serai pas toujours là pour éviter les dégâts ». Cela raviva la colère de la jeune fille, qui partit d'un pas rageur. Et le pire dans tout cela, c'est qu'elle savait qu'il avait raison.

...

Lorsqu'elle fit le chemin inverse, Draco n'avait pas bougé. Il la regarda passer sans lui adresser la parole, mais c'est elle qui le fit.

- Et ta cavalière, tu pourrais pas aller l'embêter, elle ?

- Ma cavalière est bourrée, elle est en train de vomir aux toilettes, répondit le Serpentard d'un ton impassible, presque ennuyé.

- Ah, c'est très élégant ça, de saouler sa cavalière !

- Et d'embrasser un Incenditor, c'est classe ? rétorqua-t-il.

Heureusement, il n'y avait personne autour.

Hermione voyait enfin le jeune homme s'énerver, quitter son masque impénétrable. Depuis le temps qu'elle attendait ça...

- Tu veux vraiment le savoir ? Je suis sûre qu'Aileen ou Faye s'y prêterait volontiers avec toi ! Voire même Aaron, qui sait ?

- Tu ne te rends même pas compte du danger ! Tu es plus inconsciente qu'une enfant !

- Ah, tu me tutoies maintenant ? Bonne nouvelle, tu es revenu au XXIe siècle ! persifla-t-elle.

- Ce qui est certain, c'est que tu ne mérites pas d'être vouvoyée... et je ne pensais pas que le respect te dérangeais !

- Et bah ça me dérange ! Ça, tes énigmes, tes semi-explications et tes stupides sourires sarcastiques !

- Si je suis sarcastique, c'est que quelque chose prête au sarcasme ! Et je suis navré de te dire que dans tes actions, il y a vraiment de quoi rire ! cracha le Serpentard.

- Ah oui ? Et quoi, par exemple ?

- Ça t'intéresse, maintenant ?

- Oui, ça m'intéresse ! Vas-y, déballe, amuse-toi !

- Comme si ça m'amusait...

- Bon, t'attends que je te supplie à genoux ?

- J'attends que tu me dises, les yeux dans les yeux, que tu ne t'es jamais retrouvée seule avec Aaron de ton plein gré !

Le silence qui vint alors parut irréel tant leur discussion s'était enflammée. Hermione tenta de contourner l'obstacle.

- Pourquoi, t'es jaloux ?

- Tu n'as pas répondu.

- Et je ne compte pas le faire ! Je ne te dois rien !

- A part la VIE ! hurla Draco. Tu es TOTALEMENT et IRREMEDIABLEMENT INCONSCIENTE ! Une minute de plus, et Aaron t'emmenait hors de la Grande Salle. Quelques minutes de plus, et tu te retrouvais dans un placard avec lui, inutile de te préciser pour quoi faire ! Et encore quelques minutes, et il te faisait avouer tout ce que tu savais, avant de te tuer !

- Qu'est-ce que tu en sais, hein ? Il n'est peut-être pas comme les autres !

- Ils sont TOUS pareils, Hermione ! Reviens sur Terre, par Merlin !

- Jusqu'au mois dernier, je ne savais même pas qui étaient les Incenditores, alors qui me dit que tu ne me racontes pas n'importe quoi ?

- Tu veux vraiment savoir comment je sais tout ça ? Tu veux VRAIMENT le savoir ?

- Oui, je veux le savoir !

- Je le sais parce que ma propre sœur a été leur victime ! Parce qu'un Incenditor l'a kidnappée, l'a violée, et l'a tuée ! Et tu sais pourquoi ? Parce qu'elle était ma SOEUR ! Parce qu'ils ont peur des Draeswyths ! Parce que la justice les dérange ! Tout ce qu'ils veulent, c'est faire ce qui leur plaît, quand ils le veulent, et avec qui ils veulent ! Tu n'as pas le droit de remettre mon intégrité en question !

Le silence revint brusquement. Trop brusquement. Hermione n'eut même pas le temps d'assimiler tout ce que le Serpentard venait de lui dire qu'il dit, d'un ton glacial :

- Passe une bonne soirée. C'est peut-être ta dernière à vivre.

Sur ce, il partit.


Tadaaaaa ! Si si, je vous jure, ils vont finir ensemble ^^ après tout, c'est une histoire DM/HG ! Bon je vous l'accorde je me suis un peu défoulée sur la fin =P

La suite du bal sera décrite dans le prochain chapitre, peut-être sous forme de flash-backs – je vous en dis pas plus !

Alors, comme d'habitude, je vous invite à me laisser des reviews !

Selon vous, qu'est-ce qu'il va se passer ? Comment va se dérouler la fin du bal ? Comment va évoluer la relation d'Hermione avec Aaron ? Et avec Draco et Matt ? Et Ginny et Chris, est-ce qu'ils ont rompu finalement ? Comment va Ginny ?

Bref, les pronostics sont ouverts ^^