Le temps avait passé si vite après tout cela… Harry parcourut encore quelques pages jaunies, sans vraiment prendre le temps de les déchiffrer, et tomba sur la conversation qu'il cherchait et que le Harry d'autrefois avait rapportée. Leur première vraie conversation… Celle qui, quand on y réfléchissait, songeait à présent le père de James, d'Albus et de Lily, avait tout changé. Celle sans quoi rien de tout cela ne serait sans doute arrivé. Harry venait alors d'être prévenu par Hagrid de la nature de sa première tâche : les dragons. Une véritable panique s'était ensuivie.

« Il avala avec difficulté ses œufs au lard (sa gorge était un peu serrée) et vit Cedric Diggory quitter la table de Poufsouffle tandis que lui-même et Hermione se levaient pour partir.

Cedric ne savait toujours rien des dragons… C'était le seul champion qui ignorait encore ce qui l'attendait, si toutefois Harry ne se trompait pas en pensant que Madame Maxime et Karkaroff avaient également averti Fleur et Krum…

- Hermione, je te retrouve à la serre, dit Harry qui venait de prendre sa décision en voyant Cedric sortir de la Grande Salle. Vas-y, je te rejoins.

- Harry, la cloche est sur le point de sonner…

- Je te rejoins d'accord ?

Lorsque Harry fut arrivé au pied de l'escalier de marbre, Cedric en avait déjà monté les marches, entouré d'un groupe d'amis de sixième année. Harry ne voulait pas lui parler devant eux. Ils faisaient en effet partie de ceux qui ne perdaient jamais une occasion de lui citer des passages de l'article de Rita Skeeter. Il suivit Cedric de loin et vit qu'il se dirigeait vers le couloir des Enchantements. Harry eut alors une idée. Il s'arrêta à bonne distance, sortit sa baguette magique et visa soigneusement.

- Cracbadabum ! murmura-t-il.

Aussitôt, le sac de Cedric se déchira en deux. Les rouleaux de parchemin, les plumes et les livres qu'il contenait se répandirent sur le sol et des bouteilles d'encre se brisèrent en tombant.

- Laissez, je m'en occupe, dit Cedric d'un ton exaspéré à ses amis qui se penchaient pour l'aider à ramasser ses affaires. Dites à Flitwick que j'arrive, allez-y…

C'était exactement ce que Harry avait espéré. Il remit sa baguette dans sa poche, attendit que les amis de Cedric aient disparu dans leur salle de classe et courut le long du couloir.

- Salut, dit Cedric en ramassant son Manuel de métamorphose avancée qui était à présent taché d'encre. Mon sac vient de se déchirer… Un sac tout neuf…

- Cedric, dit Harry, très vite pour ne pas se laisser le temps d'être troublé par les accents de sa voix grave. La première tâche, c'est d'affronter des dragons.

- Quoi ? dit Cedric en levant la tête.

- Des dragons, répéta Harry en parlant très vite au cas où le professeur Flitwick sortirait dans le couloir pour voir où était Cedric. Il y en a quatre, un pour chacun et il faut arriver à passer devant eux sans se faire brûler.

Cedric le regarda fixement et Harry, espérant que ses joues gardaient une couleur normale et non pas celle cerise qu'elles affectionnaient prendre en présence du Poufsouffle, vit briller dans ses yeux gris un peu de la panique qu'il avait lui-même ressentie depuis la nuit de samedi.

- Tu es sûr ? demanda Cedric à voix basse.

- Absolument certain, je les ai vus.

- Mais comment l'as-tu découvert ? Normalement, on ne doit pas savoir…

- Peu importe, dit précipitamment Harry.

Il savait que Hagrid aurait des ennuis s'il révélait la vérité.

- Mais je ne dois pas être le seul à savoir, poursuivit-il. Fleur et Krum doivent sûrement être au courant à l'heure qu'il est. Maxime et Karkaroff ont vu les dragons, eux aussi.

Cedric se releva, les mains pleines de plumes, de parchemins et de livres tachés d'encre, son sac déchiré pendant à son épaule. Il regarda Harry droit dans les yeux d'un air perplexe, presque soupçonneux.

- Pourquoi tu me dis ça ? demanda-t-il.

Harry le contempla d'un air incrédule, cherchant une réponse satisfaisante autre que le besoin qu'il avait de garder Cedric en sécurité. Il était convaincu que Cedric ne lui aurait pas posé cette question si lui-même avait vu les dragons. Harry n'aurait jamais laissé personne, même son pire ennemi, affronter ces monstres sans y être préparé… Sauf peut-être Rogue ou Malefoy… Mais en tout cas, pas Cedric.

- C'est simplement… plus juste, non ? dit-il. Maintenant, on sait tous ce qui nous attend… Nous sommes à égalité…

Cedric continuait à le regarder d'un air un peu méfiant lorsque Harry entendit derrière lui un claquement familier. De peur que Cedric ne l'ait percé à jour, il se retourna et vit Maugrey sortir d'une salle de classe.

- Viens avec moi, Potter, grogna-t-il. Toi, tu t'en vas, Diggory.

Harry regarda Maugrey avec appréhension, et jeta à Cedric qui s'en allait un regard de regret. Avait-il surpris leur conversation ?

- Heu… professeur, j'ai un cours de botanique… (…) »

Harry Potter et la Coupe de Feu, Chapitre 20 : La première tâche

Les lèvres de Harry s'étirèrent en un bref sourire et il ferma brièvement ses yeux, qui avaient de plus en plus de mal à déchiffrer, à la lueur de la baguette de houx, les lettres à demi-effacées du papier jauni. Au rez-de-chaussée, un claquement de porte lui indiqua que Ginny venait de sortir de la maison, et il devina que ses enfants, son neveu, sa nièce et son filleul, devaient tous les six dormir profondément dans leurs chambres. Il rouvrit les yeux, reportant son regard sur le journal. Il tourna quelques pages sur lesquelles il avait griffonné ce que donnaient les essais du sortilège d'Attraction et ce qu'il ressentait.

**J'ai l'impression que je n'y arriverai jamais. Tous semblent nerveux, mais j'ai l'étrange sensation que pour moi, le temps passe plus vite, comme si un imbécile avait utilisé un Retourneur de Temps à l'envers… Ron refuse toujours de me parler, et je passe mes nuits et mes jours avec Hermione pour tenter de maîtriser ce foutu sortilège d'Attraction…**

Et, au matin de la première tâche, McGonagall était venue pour l'emmener dans la tente où il devrait patienter, dans l'attente de son tête-à-tête avec le dragon.

« Le professeur MacGonagall le laissa devant la tente et Harry entra à l'intérieur.

Fleur Delacour était assise dans son coin, sur un tabouret de bois. Le front moite, elle avait perdu son air assuré et semblait plutôt pâle. Viktor Krum semblait plus renfrogné que jamais, ce qui devait être sa façon d'exprimer son appréhension, songea Harry. Cedric, lui, faisait les cent pas. Lorsque Harry entra, il lui adressa un petit sourire. Harry, que ce sourire spontané avait légèrement décrispé, sourit à son tour, mais il en ressentit une certaine raideur dans les muscles de son visage, comme s'ils n'étaient plus habitués à ce mouvement. (…) »

Harry Potter et la Coupe de Feu, Chapitre 20 : La première tâche

« Harry retourna vers la tente et vit Cedric qui en sortait, le teint plus verdâtre que jamais. Harry essaya de lui souhaiter bonne chance en le croisant, mais il était tellement inquiet pour lui qu'il ne parvint à émettre qu'une sorte de grognement rauque.

Harry rejoignit Fleur et Krum sous la tente. Quelques secondes plus tard, ils entendirent les acclamations de la foule, ce qui signifiait que Cedric venait de pénétrer dans l'enclos et se trouvait face au dragon, qui n'avait plus rien d'une miniature, à présent…

C'était pire que tout ce que Harry avait pu imaginer. Assis-là, immobile, il entendait la foule crier… hurler… pousser des exclamations… retenir son souffle au spectacle des efforts de Cedric pour passer sans dommage devant le Suédois à museau court. On aurait dit que les spectateurs ne formaient plus qu'une seule et même entité aux têtes multiples qui réagissaient toutes d'une même voix. Krum continuait à regarder le sol. Fleur, elle aussi, s'était mise à faire les cent pas autour de la tente, sur les traces de Cedric. Et les commentaires de Verpey ne parvenaient qu'à rendre les choses plus terribles encore… D'horribles images se formèrent dans la tête de Harry lorsqu'il entendit : « Oh, là, là ! C'était tout juste, vraiment tout juste… On peut dire qu'il prend des risques, celui-là ! Très belle tentative, dommage qu'elle n'ait rien donné… ». Harry était tellement anxieux, à présent, qu'il lui semblait trembler de toutes parts. Une sueur froide coulait le long de son échine tandis qu'il se représentait dans son esprit Cedric lançant des étincelles rouges contre le Suédois à museau court… Cedric qui trébuchait contre une pierre de l'enclos et qui levait sa main dans l'espoir dérisoire de se protéger tandis que la créature arquait son cou tendu vers lui pour le dévorer vivant…

Enfin, un quart d'heure plus tard, Harry entendit le rugissement assourdissant de la foule qui ne pouvait signifier qu'une chose : Cedric avait réussi à passer devant le dragon et à s'emparer de l'œuf d'or. Harry se détendit légèrement, un profond soulagement secouant ses épaules tandis que Fleur se levait de son tabouret en chancelant. (…) »

Harry Potter et la Coupe de Feu, Chapitre 20 : La première tâche

Maintenant que Harry y resongeait, lui-même avait relativement apprécié le combat contre la dragonne, son vol sur l'Eclair de Feu. Bien sûr, ce qui s'était passé après avait quelque chose de beaucoup plus plaisant, sans aucun doute…

« Encore essoufflé, Harry sortit de l'enclos et vit Madame Pomfresh, l'air inquiet, à l'entrée d'une deuxième tente.

- Des dragons ! s'exclama-t-elle, d'un ton dégoûté en entraînant Harry à l'intérieur.

La tente avait été divisée en plusieurs espaces à l'aide de paravents de toile. Harry distingua avec un sursaut d'inquiétude la silhouette de Cedric à travers l'un d'eux, mais il ne semblait pas gravement blessé. Au moins, il était assis, pas couché. (…)

Ron lui proposa de l'attendre dehors et Harry retourna dans la tente qui lui paraissait à présent chaleureuse et accueillante. (…)

Fleur, Cedric et Krum entrèrent ensemble.

Tout un côté du visage de Cedric était couvert d'une épaisse pâte orange qui devait sans doute guérir les brûlures. Il eut un sourire en voyant Harry, et celui-ci sentit son cœur faire un léger bond.

- Bravo, dit-il.

- Et bravo à toi, répondit Harry en souriant à son tour. (…) »

Harry Potter et la Coupe de Feu, Chapitre 20 : La première tâche

Les choses s'étaient alors arrangées pour lui, du moins jusqu'à l'annonce de ce ridicule bal de Noël. Ca avait été quelque chose de pathétique, du moins de ce que Harry se rappelait. Un véritable enfer, le chemin de croix pour se trouver une cavalière.

« - Tu sais déjà à qui tu vas demander ?

Harry ne répondit pas. Il savait parfaitement à qui il aimerait demander, en dehors de Cedric – il fallait à tout prix qu'il s'ôte cette idée de la tête. Inviter Cedric au bal ? Et puis quoi encore ? Le choc avec le dragon lui avait-il retourné le cerveau au point qu'il oublie Cho ? Inviter la Serdaigle, certes, mais encore fallait-il en avoir le courage. Cho avait un an de plus que lui. Elle était très belle. C'était une excellente joueuse de Quidditch et tout le monde l'aimait beaucoup.

Ron semblait deviner ce qui se passait dans la tête de Harry.

- Ca ne devrait pas être trop difficile pour toi. Tu fais partie des champions et tu viens de te battre contre un dragon. Elles vont faire la queue pour t'accompagner. (…)

En fait, au grand étonnement de Harry, la suite prouva qu'il avait raison. (…)

Les paroles d'Hermione au sujet de Krum lui revenaient sans cesse en mémoire. « Elles l'aiment simplement parce qu'il est célèbre ! » Harry doutait fort que les filles qui lui avaient demandé de l'accompagner auraient eu la même idée s'il n'avait pas été l'un des champions. Ressentirait-il la même gêne si c'était Cho qui le lui demandait ? Au moment où il avait cette pensée, il tâcha d'empêcher ses pensées de dériver vers Cedric, ainsi qu'il s'était promis de le faire dès la sortie de la première tâche. Mais ce n'était pas facile, bien sûr.

Dans l'ensemble, Harry devait admettre que, en dépit de la perspective peu réjouissante d'avoir à ouvrir le bal, sa vie s'était considérablement améliorée depuis qu'il avait accompli la première tâche. Il s'attirait beaucoup moins de réflexion désagréables lorsqu'il marchait dans les couloirs et, à son avis, – à moins qu'il ne prît ses désirs pour des réalités – Cedric n'y était pas étranger. Il n'aurait pas été étonné que Diggory ait dit à ses camarades de Poufsouffle de le laisser tranquille, pour le remercier de l'avoir prévenu au sujet du dragon. A cette hypothèse, Harry se sentait si léger qu'il aurait pu flotter au dessus du sol de quelques centimètres, et, à ces instants, il avait du mal à reconcentrer ses pensées sur Cho.

(…)

- Heu… Cho ? Est-ce que je pourrais te dire un mot ?

En voyant glousser les filles qui l'entouraient, Harry pensa avec fureur que les gloussements devraient être interdits par la loi et punis de fortes amendes. Heureusement, Cho, elle, ne gloussait pas.

- D'accord, dit-elle en le suivant un peu plus loin, là où ses amies ne pouvaient les entendre.

Harry se tourna vers elle et sentit une étrange contraction dans son estomac, comme s'il avait raté une marche en descendant l'escalier. Mais que faisait-il ici ? Quel besoin avait-il de parler à Cho quand c'était Cedric que Harry avait le plus envie d'inviter ?

- Heu…, dit-il.

Il n'arrivait pas à poser la question. C'était impossible. Il ne pouvait pas trahir Cedric. Pourtant, il le fallait. Cho restait immobile devant lui en le regardant d'un air perplexe.

Les mots s'échappèrent de ses lèvres avant qu'il ait eu le temps de les articuler clairement.

- Teuvniaubalecmoi ?

- Pardon ? dit Cho.

- Tu… Tu veux venir au bal avec moi ? répéta-t-il plus intelligiblement.

Pourquoi fallait-il qu'il rougisse en cet instant ? Pourquoi ? Pourquoi fallait-il qu'il pense avec récurrence à cette même scène, mais avec un interlocuteur différent – très différent, et qui porterait le nom de Cedric Diggory ?

- Oh ! dit Cho qui rougit à son tour. Oh, Harry, je suis vraiment désolée – et elle semblait sincère. J'ai déjà accepté d'y aller avec quelqu'un d'autre.

- Ah bon, dit Harry.

C'était étrange. Un instant auparavant, il avait senti ses entrailles se tortiller comme des serpents, et soudain, il avait l'impression de ne plus avoir d'entrailles du tout.

- Ca ne fait rien, dit-il.

- Je suis vraiment désolée, répéta Harry.

Ils restèrent là à se regarder un moment.

- Bon, ben… dit enfin Cho.

- Oui, dit Harry.

- Alors au revoir, dit Cho, les joues toujours très rouges.

Et elle s'éloigna.

Avant d'avoir pu faire l'effort de s'en empêcher, Harry lança :

- Tu y vas avec qui ?

- Oh, heu… avec Cedric, répondit Cho. Cedric Diggory.

- Ah, d'accord, dit Harry.

Ses entrailles avaient fait leur retour. Mais il lui semblait qu'elles s'étaient remplies de plomb pendant leur absence.

Oubliant complètement d'aller dîner, il retourna à pas lourd dans la tour de Gryffondor, la voix de Cho résonnant dans sa tête à chaque marche qu'il montait : « Cedric – Cedric Diggory. » Il avait commencé à trouver Cedric sympathique (et même plus que sympathique, souffla une petite voix dans sa tête) – il aurait même été prêt à oublier le fait qu'un jour il l'avait battu au Quidditch, prêt aussi à lui pardonner d'être si séduisant, aimé de tous et le champion préféré d'à peu près tout le monde. Mais à présent, Cedric lui apparaissait comme un bellâtre sans intérêt qui n'avait même pas assez de cervelle pour remplir un coquetier.

- Guirlande, dit-il d'un air sombre à la grosse dame – le mot de passe avait changé la veille.

Ainsi, Cedric, non content d'aller au bal sans lui, invitait en plus celle que Harry souhaitait comme cavalière ? Harry sentit la jalousie brûler comme un feu dans ses veines, mais pas, comme on aurait pu le croire, à l'égard de Cedric, non. Pour être franc avec lui-même, il devait s'avouer qu'il était jaloux de Cho, qui avait eu la chance d'attirer le regard du Poufsouffle et aurait le privilège d'être sa cavalière au bal de Noël. (…) »

Harry Potter et la Coupe de Feu, Chapitre 22 : La tâche inattendue

Alors, le soir du Bal était arrivé. Harry y était allé en compagnie de Parvati Patil, les images apparaissaient très clairement dans sa tête. De peur de ne pas arriver à contrôler sa fureur en compagnie de Cho et de Cédric, il les avait délibérément – bien qu'à contre-cœur, surtout vis-à-vis de Cedric – évités, bien que celui-ci l'ait effleuré tandis qu'ils valsaient sur la musique des Bizarr'Sisters. Puis le bal s'était achevé, avec les révélations de Hagrid à Madame Maxime rapport à ses origines, la dispute de Ron et de Hermione au sujet de Krum. Diggory l'avait alors appelé…

« Ron et Harry passèrent le reste de la soirée à parler des géants dans leur coin. Ni l'un ni l'autre n'avait envie de danser. Harry essayait de ne pas regarder Cho et Cedric : les voir ensemble lui inspirait une furieuse envie de donner des coups de pied dans quelque chose, ou à quelqu'un. (…)

- Hé ! Harry !

C'était Cedric Diggory. Cho l'attendait un peu plus loin, dans le hall d'entrée.

- Oui ? dit Harry froidement.

Cedric le rejoignit dans l'escalier mais, apparemment, il voulait lui parler seul à seul – le rythme cardiaque de Harry s'affola malgré lui à cette pensée. Ron haussa les épaules avec mauvaise humeur et continua de monter les marches.

- Ecoute…

Cedric baissa la voix tandis que Ron disparaissait en haut de l'escalier.

- J'ai une dette envers toi pour m'avoir parlé du dragon. Alors, je voulais te dire, au sujet de l'œuf d'or… Est-ce que le tien se met à hurler quand tu l'ouvres ?

- Oui, dit Harry.

- Tu n'as qu'à prendre un bain, d'accord ?

- Quoi ?

- Prends un bain… heu… avec l'œuf et… réfléchis. L'eau chaude t'aidera… Fais-moi confiance.

Harry le regarda. Une rougeur montait à présent sur ses joues, il en sentait la chaleur, mais il ne savait si elle était due à la colère vis-à-vis de Cedric ou plutôt à l'excitation que lui procurait sa proximité.

- Un conseil, poursuivit Cedric. Va dans la salle de bains des préfets. La quatrième porte à droite, après la statue de Boris le Hagard, au cinquième étage. Le mot de passe, c'est « Fraîcheur des Pins ». Bon, je te quitte, il faut que j'aille dire bonne nuit…

Il sourit à nouveau et redescendit les marches pour aller retrouver Cho.

Harry retourna seul à la tour de Gryffondor. Le conseil que lui avait donné Cedric lui semblait très étrange. Comment se pouvait-il qu'un bain l'aide à comprendre ce que signifiaient les hurlements de cet œuf ? Cedric s'était-il moqué de lui ? Son cœur se serra à cette pensée, mais… Essayait-il de rendre Harry ridicule pour paraître encore plus brillant aux yeux de Cho ? (…) »

Harry Potter et la Coupe de Feu, Chapitre 23 : Le bal de Noël