Coucou !

Voici le chapitre numéro 1 ! Désolée pour le délai, je l'avais écrit il y a un moment mais de nouvelles idées de dernière minutes m'ont retardées. Donc voilà, le chapitre 1 revu et amélioré :)

Bonne lecture (et merci pour vos reviews, elle m'ont fait très plaisir ;) )


Le club des amateurs de tricot – Chapitre 1

Un oncle étrange

- « Bien, rendez-vous demain matin pour une nouvelle mission. Obito, fais un effort pour arriver à l'heure, d'accord ? »

L'enfant brun marmonna tout tirant sur l'élastique de ses lunettes pour le remettre en place. Aujourd'hui encore, il s'était fait ridiculiser par son rival, Kakashi. Celui-ci se détourna du groupe avec un « Hmpf ! » hautain, et s'en alla, bientôt suivi par Rin. Obito soupira, mais ne fis pas mine de partir.

- « Quelque chose ne va pas, Obito ? », demanda son professeur, qui n'était autre que Minato Namikaze, réputé pour être le meilleur jounin de Konoha.

Pour toute réponse, le jeune garçon soupira encore. Kakashi était déjà chuunin depuis un moment, c'était clairement un génie, et il le ridiculisait sans arrêt en le sauvant toujours durant les missions ou en pointant du doigt tous ses défauts. Et, pire que tout, il le faisait devant Rin. Il le dédaignait, reconnaissant à peine son existence alors qu'Obito faisait tellement d'effort pour s'améliorer ! C'était injuste.

Minato observa le trouble de son jeune élève, et s'accroupit face à lui avec un sourire indulgent.

- « Ne t'inquiète pas, tu as toutes les capacité pour égaler Kakashi un jour, et peut-être même le surpasser. N'abandonne pas tes efforts, tu continueras à t'améliorer. »

- « C'est vrai ? Vous le pensez vraiment, Minato-sensei ? »

Il lui ébouriffa gentiment les cheveux, et l'enfant lui rendit un sourire éclatant, avant de partir précipitamment pour s'entraîner, une expression déterminée sur le visage. Minato laissa échapper un petit rire, se rappelant comment il était à l'âge d'Obito, puis se redressa tranquillement. Il était temps pour lui d'aller au bureau des missions, pour connaître leur tâche du lendemain. Il fronça les sourcils en songeant que les missions devenaient de plus en plus dangereuses pour de simple genins qui avaient à peine dix ans. Les conflits empiraient, et la guerre semblait inévitable.

Perdu dans ses sombres pensées, il regarda d'un œil distrait la balle de tissu rouge élimé qui roula au sol et traversa son champs de vision à toute vitesse, avant d'entendre le bruit feutré de petits pieds courant derrière lui. Il s'arrêta, et se retourna pour voir une petite bombe en robe blanche en train de courir vers lui. La gamine ne réussit pas à ralentir à temps, et se cogna contre sa jambe avant de retomber durement sur les fesses.

Minato s'accroupit aussitôt, inquiet.

- « Regarde devant toi quand tu cours, petite, tu pourrais te faire mal ! Tu ne t'es pas blessée ? »

La fillette se redressa et s'épousseta. Minato ne l'avait encore jamais vue, et pourtant il lui semblait connaître la plupart des enfants qui traînaient dans le coin pour jouer. Elle était petite, très fine (si ce n'est maigre), et portait une simple robe blanche d'été tricotée en laine fine, un peu trop grande pour elle. Ses genoux et ses coudes étaient couverts d'égratignures, comme l'étaient souvent ceux des enfants un peu casse-cou, et elle avait de longs cheveux noirs et emmêlés. Ses grands yeux gris le fixaient avec étonnement, et sa bouche était entrouverte sur un « Oh ! » de surprise. Curieusement, elle avait l'air apeurée.

Vu que la gamine ne réagissait toujours pas et continuait de le fixer avec stupeur, Minato se gratta l'arrière de la tête, un peu gêné de se faire reluquer comme ça par une enfant qui ne devait pas avoir plus de huit ans.

- « Dis moi, quel est ton nom, jeune demoiselle ? » tenta-t-il.

La fillette s'anima, cligna des paupières, et baissa les yeux au sol en rougissant. Le jounin blond sourit en songeant qui si Kushina était dans les parages, elle se moquerait de lui en disant qu'il avait une nouvelle conquête.

- « Hime » souffla finalement la fillette en regardant obstinément les chaussures de Minato. « Je m'appelle... Hime. »

- « Hime ? C'est un joli prénom. Ça veut dire « princesse », tu sais ? Eh bien, petite princesse, je suis ravi de faire ta connaissance. Mon nom est Minato. »

Hime releva les yeux, et son regard se teinta de mélancolie.

- « Je sais. » murmura-t-elle tout bas.

Une ombre passa dans le regard gris de l'enfant, et Minato eu soudain l'impression qu'elle était plus âgée que ce qu'elle paraissait. Cependant, avant qu'il n'ait pu lui demander comment elle le connaissait, une voix inquiète retentit dans le rue.

- « Hiiiiiime !! »

Un homme brun d'une quarantaine d'années arriva en courant, essoufflé, et ses yeux s'agrandirent d'horreur en voyant Minato. Il resta bouche bée pendant une seconde, pétrifié par la peur, dans une attitude étrangement similaire à celle d'Hime quand elle l'avait vu pour la première fois. Puis son expression changea radicalement, et un sourire aussi large que faux s'étala sur son visage.

- « Pardonnez ma nièce, Namikaze-sama » dit-il en s'inclinant si bas que son nez toucha presque le sol. « Elle est un peu retardée, et a échappé à ma surveillance. Nous vous inquiétez pas, elle ne vous importunera plus. »

Minato fronça les sourcil. Namikaze-sama ? Depuis quand l'appelait-on ainsi ? Et surtout, depuis quand les civils étaient-ils si terrifiés en le voyant ?!

L'homme attrapa vivement le bras mince de la fillette, souhaita une bonne journée à Minato, et s'en alla précipitamment en trainant à moitié l'enfant derrière lui. Hime conserva une expression neutre et imperturbable, et lui adressa un petit geste de la main pour lui dire au revoir. Le jounin blond lui répondit avec un signe similaire, encore surpris par l'étrange comportement de l'homme et de sa nièce.

Puis ils se rappela qu'il était en retard pour aller au bureau des mission, et se hâta vers sa destination première. Ce qui ne l'empêcha pas de capter un fragment de la conversation entre l'homme et sa nièce qui s'éloignaient, et le croyaient hors de portée de leurs voix.

- « Je te l'ai déjà dit, tu ne dois absolument pas entrer en contact avec l'un d'eux ! » gronda l'homme.

- « Mais qu'est-ce que je pouvais y faire ? Ce n'est pas ma faute s'il passait par là ! » répliqua Hime, avec un ton et un niveau de langage qui ne pouvaient pas appartenir à une fillette retardée. « Je jouais, et tout d'un coup il était là, au milieu du chemin. Que voulais-tu que je fasse, que je m'enfuie en hurlant ? »

- « Tu dois être plus prudente. N'oublies pas, il ne faut surtout pas qu'ils soupçonnent notre existence ! »

Puis les voix s'éloignèrent et devinrent inintelligibles. Étrange, songea Minato. Qu'ont-ils donc à cacher ? Cette fillette n'est pas retardée, j'en mettrais ma main à couper. Il reprit son chemin vers le bâtiment principal, continuant à s'interroger sur Hime et son étrange oncle. Oui, il fallait définitivement qu'il en touche un mot au Sandaime, ces deux personnes n'étaient pas nettes du tout.


Shuhei était un homme sec, la quarantaine, dont les cheveux courts étaient bruns mais grisonnants. Ses yeux, d'habitude toujours joyeux et marqués de fines rides qui se marquaient à chaque fois qu'il souriait, étaient emplis de fureur alors qu'il trainait Hime dans la rue.

- « Mais enfin » ronchonna l'enfant. « Tout va bien, vu qu'il ne s'est douté de rien ! »

Sans plus répondre, il l'entraînait dans les ruelles de Konoha, jusqu'à une bâtisse discrète de plusieurs étages, dont la porte était ornée d'un petit écriteau en bois sur lequel on pouvait lire « club des amateurs de tricot ». Shuhei ouvrit violemment la porte et poussa sa « nièce » à l'intérieur. La pièce était plongée dans une semi-pénombre inquiétante, à cause des volets cassés qu'on ne pouvait plus ouvrir.

- « Non, tout ne va pas bien ! » explosa-t-il. « Te souviens-tu des Quatre Règles de Vie, petite insolente ?! Que dis la Règle numéro deux ? »

- « N'entrez jamais en contact avec les personnages importants de l'histoire. » marmonna Hime en rivant son regard au sol.

- « Et tu n'as peut-être pas jugé que Minato Namikaze faisait partie des personnages importants, peut-être ? »

Hime s'apprêta à répliquer, mais le bruit d'une porte grinçante l'en empêcha.

- « Eh bien, qu'est-ce qu'il se passe ici ? » demanda une voix fluette.

Harue, la secrétaire du club, entra dans la pièce et s'installa confortablement dans un des fauteuils de l'entrée. Cela faisait maintenant de nombreuses années qu'elle était arrivée dans ce monde, et elle était une vieille dame. Tranquillement, elle étira ses doigts noueux, et s'empara de son ouvrage, une écharpe aux couleurs bigarrées.

- « Il se passe que cette incurable imprudente a trouvé moyen de lier connaissance avec le futur Yondaime ! » écuma Shuhei, dont la couleur du visage virait progressivement au violet sous le coup de la colère. Hime se demanda s'il n'était pas en train d'avoir une rupture d'anévrisme.

- « Qu'est-ce que j'entends-là ? » demanda une voix trainante et grave.

Cette fois-ci, Hime se ratatina sur place. Émergeant de l'ombre avec la fluidité d'un fantôme, Gin s'avança vers elle. Cet homme était le président du club, celui dont la parole faisait loi dans la petite communauté. Il était jeune (à peine vingt-cinq ans), l'ancien président ne lui ayant transmis le flambeau que récemment, mais son attitude transpirait l'autorité. S'il pouvait se montrer très agréable lorsqu'il était de bonne humeur, il avait tendance à devenir terrifiant lorsqu'il était en colère. Même Harue se raidit sur son siège, et rata un maille de son ouvrage.

Gin secoua ses longs cheveux blonds et plissa les lèvres. Shuhei venait de raconter leur rencontre avec le futur Quatrième Hokage, et Hime vit au regard sombre du président qu'elle allait sans doute passer un salle quart d'heure.

- « Eh bien, ma petite, alors comme ça tu t'amuse à mettre le club en danger ? »

- « Hé, est-ce que c'est ma faute si Namikaze était en train de rêvasser au milieu du chemin ? D'ailleurs, je me suis comportée comme une petite fille normale ! Si Shuhei n'était pas arrivé en hurlant, je suis sûre que... »

- « Oh, pas de ça avec moi ! » s'exclama l'intéressé. « Si tu n'étais pas allé jouer à la balle trop loin, tu ne l'aurais pas croisé ! »

- « Mais si tu ne t'étais pas conduit aussi bizarrement avec lui, il ne se serait douté de rien et m'aurait laissé repartir jouer ! Franchement, avec la manière dont tu lui as parlé, tu aurais aussi bien pu porter une étiquette « Personne bizarre » sur le front ! »

- « C'est toi qui aurais dû... »

- « SILENCE ! » cria Gin d'une voix impérieuse.

Hime et Shuhei se turent, mais continuèrent de se fusiller du regard.

- « Ces deux-là... » soupira Harue en continuant à tricoter inlassablement. « De vrais gosses, l'un comme l'autre... »

Mais un regard réfrigérant de Gin la fit taire. Elle replongea aussitôt le nez dans son écharpe et ne pipa mot.

- « Hime-chan, tu seras privée de sortie pendant quelques mois. Puisque tu es une enfant, je veux bien passer l'éponge pour cette fois. Mais si tu t'avise d'enfreindre une des Quatre Règles encore une fois, je ne serais pas aussi clément avec toi. Shuhei, prend garde à bien la surveiller. N'oublie pas qu'elle est officiellement ta nièce, alors évite de la laisser courir librement dans la nature. »

Les deux fautifs hochèrent la tête, sans pour autant cesser de s'envoyer des regards assassins. Gin soupira.

- « Maintenant que l'affaire est réglée, allez vous-en. Vous me fatiguez, tous les deux. »


Dès que Shuhei et elle furent rentrés chez eux (officiellement, Hime était orpheline depuis peu et était venue habiter chez son oncle à la mort de ses parents), la fillette se précipita dans sa chambre sans accorder un mot à son « oncle ».

Hime se jeta sur son lit et enfonça son visage dans les oreillers. Argh, quelle humiliation ! Non seulement Shuhei l'avait fait passer pour une retardée aux yeux du futur Yondaime, mais en plus Gin l'avait privée de sortie ! Cela faisait à peine trois mois qu'elle était là, et elle était déjà punie, quelle poisse !

L'enfant se redressa et s'assit au bord du petit lit, laissant pendre ses jambe dans le vide. Sur sa cheville gauche, on pouvait voir le dessin compliqué d'un sceau. C'était la marque d'appartenance au club des amateurs de tricot, qui scellait le serment qu'elle avait prêté le jour de son arrivée dans le monde de Naruto. Ce n'était pas n'importe quel tatouage !

Lorsqu'elle était arrivée, Gin avait décrété qu'il la trouvait « mignonne comme une princesse », et l'avait nommée Hime. Après avoir reçu ce sceau, son ancien nom avait disparu de sa mémoire, tout comme le nom de l'endroit d'où elle venait. Gin l'avait aussi mise à garde : elle était désormais liée à ce monde, et ne retournerait jamais dans son monde d'origine. De plus, si jamais elle essayait de parler de parler du club (autrement qu'en donnant la version officielle), le sceau s'activerait et elle regretterait d'être née.

Hime n'avait pas vraiment compris ce que ça signifiait, mais elle se doutait bien que c'était quelque chose à éviter à tout prix. De toute manière, elle avait eu l'intention de rester dans le monde de Naruto dès le départ, quand elle avait compris où elle se trouvait. Il n'y avait rien eu pour la retenir dans son monde d'origine...

Secouant la tête, elle chassa ses mauvais souvenirs et bondit de son lit pour aller prendre Mia, la poupée en laine que Shuhei lui avait offerte quand elle avait emménagé chez lui.

- « Désolée Mia, mais demain je ne jouerais pas avec toi ! Ce sera mon premier jour à l'Académie. Quoi, qu'est-ce que tu raconte ? Mais si, je t'en ai déjà parlé ! Allez, ne fais pas ta mauvaise tête... »

La poupée de laine, imperturbable, continua à lui adresser le même sourire figé. Hime jeta un coup d'œil au petit sac que Shuhei lui avait acheté, qu'elle avait passé son temps à refaire et re-refaire ces dernières semaines, rangeant toutes les affaires dans tous les sens. Demain, c'était la rentrée à l'Académie des ninjas, et Hime allait en faire partie !

C'était une idée d'Atsuro, le trésorier du club. En effet, parmi les personnes qui échouaient par hasard dans le monde de Naruto, les enfants étaient extrêmement rares, aussi avait-il vu une opportunité en or pour infiltrer le système des ninjas de Konoha. Hime n'avait pas vraiment eu le choix, mais vu que de toute manière cette perspective l'enchantait, cela ne lui posa pas de problème. Shuhei, en revanche, avait nettement moins bien réagi.

- « Héhé, tu te souviens de la tête qu'il a faite quand Gin lui annoncé ça ? » chuchota Hime à sa poupée, tout la berçant contre sa poitrine. « Il n'arrêtait de dire que c'était beaucoup trop dangereux, et patati et patata... Pfff, Naruto y arrive bien, lui, pourquoi je pourrais pas ? Ah oui, c'est vrai qu'il est pas encore né. Quand je pense que je serais une adulte quand il sera enfin là ! T'imagine, Mia ? Je serais une grande personne ! Tu crois que je pourrais quand même devenir son amie ? »

Hime soupira, et interrogea son amie du regard. La poupée ne répondit rien, mais la fillette s'imagina le pli réprobateur qui tordait sa petite bouche de laine.

- « Oui, tu as raison. J'aurais pas le droit de lui parler... Mais au moins, je pourrais le regarder de loin ! En vrai ! »

Vu que la poupée ne répondait toujours rien, Hime songea qu'elle n'avait peut-être pas envie d'être dérangée, et la reposa confortablement sur son lit. C'est à ce moment-là que Shuhei ouvrit la porte de sa chambre, et entra prudemment dans l'antre de sa petite pensionnaire.

- « Ça va Hime-chan ? » demanda-t-il, alors que de fines ride d'inquiétudes se dessinaient sur son front. « Tu es prête pour demain, pas trop stressée ? »

Malgré la colère qu'elle éprouvait encore à son encontre, Hime ne put s'empêcher de lui adresser un grand sourire rassurant. Le plus stressé des deux, c'était sans aucun doute Shuhei.

- « Ne t'inquiète pas, tonton, tout va bien. Je pète la forme ! » répondit-elle gaiement en agitant les bras au-dessus de sa tête pour imager ses propos. Elle savait que Shuhei serait rassuré si elle se comportait comme une fillette normale.

Shuhei soupira, et se passa une main dans les cheveux. Il n'arrivait toujours pas à accepter l'idée que Gin ait fait prêter serment à une enfant. Une enfant ! Comme si une môme de huit ans pouvait comprendre quelque chose à l'importance d'un serment de cet ampleur ! Enfin bon, le mal était fait, de toute manière, et Hime ne s'était jamais plainte. Elle se comportait toujours comme une enfant plus âgée, et avait semblait assimiler rapidement la situation.

Il observa sa « nièce » avec attention, n'observant toujours aucun trace d'anxiété dans ses grands yeux gris, et soupira encore une fois. Hime lui avait confié que dans son monde, elle avait passé beaucoup de temps à regarder le dessin animé Naruto, ainsi que les livres, même si elle n'avait alors pas tout compris à l'histoire. Mais qu'est-ce qui avait pu pousser un fillette si jeune à vouloir quitter son monde natal à ce point-là ? Par expérience, Shuhei savait qu'il fallait vraiment qu'une personne le veuille à tout prix (consciemment ou inconsciemment), pour qu'un voyage se fasse.

Mais Hime n'avait jamais voulu lui parler de sa vie d'avant, préférant profiter à fond de la nouvelle existence qui s'offrait à elle. Et bien sûr, Shuhei n'avait jamais osé lui en demander plus, ni la forcer à lui répondre. Pas besoin d'ajouter un poids supplémentaire sur les petites épaules de sa nièce de fortune.

- « Bon... » capitula-t-il, voyant que la fillette ne semblait vraiment pas s'inquiéter outre mesure. « J'ai préparé ton plat préféré pour le diner, histoire de fêter ton premier jour à l'Académie. Tu viens manger ? »

- « Ok ! »


Sarutobi Hiruzen, alias Sandaime, réfléchit un moment, tira une grande bouffée de sa pipe, et recracha un petit nuage de fumée pâle d'un air préoccupé. Minato se tenait debout de l'autre côté du bureau, ayant juste terminé son rapport sur la mission du jour avec sa nouvelle équipe. Ce n'était pas une équipe facile qui lui avait été attribuée : non seulement il y avait un représentant du clan Uchiwa à former, mais en plus le fils unique du défunt Croc Blanc de Konoha, Sakumo Hatake. Mais Sandaime avait confiance en Minato, il saurait sûrement s'en tirer au mieux.

Non, ce qui le préoccupait, c'était le second rapport du jounin, concernant les deux civils qu'il avait croisé par hasard sur le chemin. Et notamment sur ce qu'il avait pu lui rapporter de leur discussion.

- « Étrange, c'est certain... » songea-t-il à voix haute.

Depuis longtemps, les civils de Konoha adoptaient toujours la même attitude face aux shinobis : du respect pour ceux qui les protégeaient, un peu de méfiance par moment chez certains, mais sans plus. Or, il y avait un oncle et sa nièce qui avaient manifestement quelque chose d'important à cacher, assez pour que la vision d'un jounin les fassent pâlir d'inquiétude. Et puis cette phrase : « Il ne fait surtout pas qu'il soupçonnent notre existence »...

- « Tu as bien dit que la fillette s'appelait Hime, n'est-ce pas ? » demanda Hiruzen.

Minato acquiesça gravement.

Hiruzen chercha dans ses montagnes de dossiers qui emplissaient les étagères de son bureau, et trouva celui des inscription à l'Académie pour cette année. Tout en cherchant parmi les dossier des futurs aspirants ninjas, il se félicita intérieurement d'avoir une aussi bonne mémoire visuelle.

- « Ah, la voilà ! »

Il sorti un dossier, et le tendit à Minato. Celui-ci reconnu aussitôt la figure calme de la gamine en robe blanche du matin. Il s'agissait bien de la même.

- « Aigowa Hime » lut-il à voix haute. « A été acceptée à l'Académie malgré le fait qu'elle soit âgée d'un an de trop par rapport à l'âge normal des aspirants. Orpheline, adoptée par son oncle Aigowa Shuhei il y a trois mois, a fait sa demande d'inscription à l'Académie il y a deux mois. »

- « Comme pour tous les candidats n'appartenant pas à un clan connu du village », intervint Sandaime, « nous avons fait quelques recherches préalables sur sa famille. Son oncle est installé à Konoha depuis dix ans, il tient une petite boutique de laine à tricoter. Il n'y a rien de remarquable à son sujet. »

- « Mais les personnes ayant des choses importantes à cacher sont souvent des gens normaux, et se fondant facilement dans la masse. » observa Minato.

Hiruzen hocha la tête, et tira une nouvelle bouffée de sa pipe.

- « Ne nous emballons pas là-dessus, tout de même. Il ne s'agit que de fragments de conversation. Nous manquons de preuve pour affirmer qu'il y a réellement anguille sous roche. Demain, la petite fera son entrée à l'Académie, et je la ferais placer sous surveillance. »

Minato hocha la tête, s'inclina légèrement et quitta la pièce. Demain, il ne manquerait pas d'aller observer discrètement la fillette et son oncle.

Ces deux-là cachaient définitivement quelque chose.