Salut !

Voici le chapitre 2 (tadaaaaaa !). Vu que j'ai eu plusieurs remarques sur les consonances "Bleachiennes" des noms des personnages, je vais me permettre de faire une petite remarque là-dessus, en espérant que vous ne me jetterez pas de cailloux... Et bien voilà, je n'ai jamais lu Bleach (il faudrait que je m'y mette un de ces jours, d'ailleurs), et il s'agit d'une simple coïncidence *s'enfuit à toute jambes en courant en zigzag pour éviter les pierres*.

Bonne lecture ;)


Le club des amateurs de tricot – Chapitre 2

Quand on enfreint les règles

Profitant du fait qu'il lui restait encore une heure avant de devoir rencontrer son équipe, Minato se posta dans l'arbre. Un léger jutsu de camouflage, associé à sa discrétion naturelle (après tout, s'il était encore en vie après des années de services en cette période troublée, c'est qu'il avait quelques compétences en la matière, tout de même !). Dissimulé parmi les feuilles sombres, il était indécelable.

Depuis un mois, il observait ainsi tous les matins l'entrée de l'Académie, Minato n'avait rien trouvé de suspect sur Hime et son oncle Shuhei. Tous les jours, il l'accompagnait jusqu'à la porte de l'Académie, et ce malgré les protestations véhémentes de l'enfant, qui affirmait à corps et à cri être tout à fait capable de se débrouiller seule. Puis l'oncle s'en allait, sans avoir manqué de lancer un bref regard attendri en direction de sa nièce.

En dépit de leur banalité apparente, Minato n'arrivait pas à se défaire de l'impression qu'ils cachaient tous les deux quelque chose, et poursuivait sa surveillance quand il le pouvait. Oh, bien sûr, Sandaime avait affecté un jeune ANBU en formation à la surveillance de la fillette, mais bon... Il ne pouvait s'empêcher de penser que l'Hokage n'avait pas prit cette affaire assez au sérieux.

Certes, Minato était en train de se montrer particulièrement paranoïaque selon toutes probabilités. Mais son instinct lui soufflait qu'il avait raison de se montrer si soupçonneux, et son instinct ne s'était jamais trompé jusqu'à présent.

Ce matin-là encore, il observa de loin la petite princesse arriver. L'enfant avait troqué sa robe de laine trop grande contre une tenue plus pratique, un peu similaire à celles de tous les aspirants : un tee-shirt sombre, un short, des chaussures ouvertes de ninja. Amusé, Minato la vit encore une fois reprocher à son oncle de trop la materner, et celui-ci ne put que lui rappeler sèchement qu'elle était sous sa responsabilité et qu'il n'avait aucune intention de la laisser courir tranquillement dans la nature.

Ce ne fut que lorsque les jeunes aspirants eurent disparu derrière les grandes portes de l'Académie que Minato se rendit compte de l'heure. Sans tarder, il défit son camouflage et se précipita à toute vitesse vers le point de rendez-vous avec son équipe. Misère, non seulement Obito allait profiter de son retard pour justifier tous les siens, mais en plus Kakashi allait se montrer complètement insupportable !

En un éclair, il se téléporta au point où l'attendaient son équipe. Déjà, les reproches fusaient de toutes part. La journée allait être longue...


- « Bien, aujourd'hui nous allons aborder le thème du jutsu de Henge, qui consiste basiquement à déployer une illusion pour changer son apparence. »

Hime soupira discrètement, mais ne manqua pas de prendre des notes alors que le professeur expliquait en détail la technique d'un Henge, et expliquait de manière très précise comment le faire, de manière à ce que les élèves aient bien compris la théorie de la technique lorsque viendrait le moment de commencer à la mettre en pratique.

Le professeur était un homme gentil et compréhensif, un chuunin d'une trentaine d'années, mais Hime aurait tellement préféré avoir Iruka comme professeur ! Elle avait beau se répéter que c'était strictement impossible (vu qu'il était actuellement plus jeune qu'elle de deux ans), elle ne pouvait s'empêcher de rêver d'assister à un cours du premier personnage de l'histoire à avoir montré un peu de cœur vis à vis de son personnage favori, Naruto. Bah, peut-être que d'ici quelques années, quand ils seraient collègues (et qu'elle l'éviterait soigneusement pour ne pas déroger à la Règle de Vie numéro deux), elle irait regarder discrètement un de ses cours. L'avantage, songea-t-elle, c'est que Shuhei ne pourra plus me surveiller aussi facilement quand je serais une vraie ninja et que je pourrais disparaître sous son nez en claquant des doigts.

Elle jeta un regard en coin à deux jeunes garçons qui se trouvaient quelques rangées devant elle. Pas de chance, elle s'était retrouvée dans la même promotion qu'Izumo et Kotetsu. Même s'ils ne faisaient pas franchement partie des personnages les plus importants, Gin lui avait donné la consigne formelle de les éviter à tout prix, au cas où.

Pour le coup, Hime s'était forcée à ne pas répondre si jamais l'un deux lui adressait la parole, et à les éviter comme la peste. Résultat : il n'avait pas fallu longtemps pour que ses camarades la prennent pour une pimbêche glaciale et empruntée. Même si ses relations avec les autres aspirants n'étaient pas hostiles, aucun d'entre eux ne désirait se lier d'amitié avec une fille qui traitait aussi injustement deux de ses camarades. Le pire dans l'histoire, c'est qu'Hime était d'accord avec eux. À chaque fois qu'elle détournait le regard, ou ne répondait pas à une phrase d'Izumo ou Kotetsu en les ignorant superbement, elle se faisait horreur.

Sentant son regard peser sur lui, Kotetsu se retourna et Hime eut juste le temps de baisser les yeux sur sa feuille. Néanmoins, elle sentit le regard brûlant de son camarade glisser sur elle comme un rayon laser. Pas de doute, il la détestait... Mais après tout, c'était le but recherché, non ? Elle avait prêté un serment, et s'y tiendrait.

Le travail était dur, surtout qu'elle avait beaucoup de retard à rattraper par rapport à ceux qui avait commencé l'année précédente. C'est pourquoi Hime travaillait d'arrache-pied, déterminée à avoir son diplôme malgré son année de retard. Enfin, Gin pensait qu'elle ferait bien de le rater une fois, histoire de passer une kunoichi banale, mais Hime avait refusé catégoriquement. Puis qu'il fallait qu'elle devienne une ninja, elle le ferait à sa manière.

Et Hime avait bien l'intention de ne jamais, jamais devenir une kunoichi « banale ».


Un an plus tard

Obito grimaça, tout en se laissant tomber au pied des buissons. Aujourd'hui encore, il avait essayé de battre Kakashi, en voulant à tout prix se montrer plus fort, plus rapide, plus audacieux. Et, comme d'habitude, il n'avait réussi qu'à compromettre la mission, et son rival avait récolté toute la gloire en le sauvant.

Il se massa doucement l'épaule, décontractant ses muscles noués. Il avait onze maintenant, et était genin depuis deux ans déjà. Minato lui avait affirmé qu'il avait progressé, et Rin l'avait soutenu, mais bon... À chaque fois qu'il voyait Kakashi en action, Obito avait l'impression d'avoir à peine quitté les banc de l'Académie. Il se sentait nul et inutile, surtout maintenant que la guerre avait été déclarée et que toutes les missions qu'ils recevaient pouvaient se révéler mortelles.

Soigneusement, il pansa les plus profondes de ses égratignure, et se mit en chemin vers le terrain d'entraînement numéro huit. Il fallait encore qu'il travaille son taijutsu, s'il voulait pouvoir un jour imiter les mouvements toujours sûrs et précis de son rival. Le jeune garçon serra les poings. Un jour, lorsqu'il aurait réussi à éveiller son pouvoir du Sharingan, il lui montrerait. Oui, il montrerait à son rival qu'il était capable de le surpasser.

Cependant, des bruits étouffés lui parvinrent de la forêt. Obito s'interrompit, mal à l'aise, et sorti un kunai de l'étui accroché à sa ceinture. Prudemment, il se fraya un chemin dans le bois, marchant silencieusement sans faire craquer la moindre brindille. Écoutant attentivement les bruits, il remonta lentement à leur source, sans cesser de se dissimuler.

La source des bruits qui l'avaient perturbé était une fille, qui semblait s'entraîner. Obito jugea qu'elle était un peu plus jeune que lui, et l'absence de bandeau frontal lui indiqua qu'elle faisait sans doute partie des aspirants. Elle lançait des shuriken sur un arbre, grimaçant à chaque fois qu'elle manquait sa cible.

Soulagé par l'absence de menace, Obito rangea son arme. Le kunai tomba dans son étui avec un cliquetis, et la fille se retourna brusquement, arme en main. Ses yeux gris observèrent Obito avec méfiance, puis s'agrandirent de peur. Elle fit mine de s'enfuir, mais le jeune garçon la rattrapa aussitôt par le bras, tenant à présenter ses excuses en bonne et due forme.

- « Oh, je suis désolé de t'avoir fait peur » s'excusa-t-il, gêné. « Je passai par là, et j'ai entendu des bruits, alors je suis venu voir, c'est tout. »

- « Ce n'est pas grave », répondit précipitamment la fille en haussant les épaules. « Bon, je t'ai assez dérangé comme ça, je pense que je vais y aller. »

Se sentant coupable de la faire fuir ainsi, Obito la retint encore une fois.

- « Je m'appelle Uchiwa Obito », dit-il avec un grand sourire, pour ne pas effrayer la gamine. « Mais dis-moi, pourquoi est-ce que tu ne t'entraine pas dans un des terrains d'entraînement ? À cette heure-ci, la plupart sont libres ! »

La fillette pinça les lèvres et baissa les yeux au sol. Ses sourcils se froncèrent plusieurs fois, comme si elle était en proie à un grand débat intérieur, puis un petit sourire résigné finit par apparaître sur son petit minoi.

- « Je suis Aigowa Hime » dit-elle avec une lueur de défi surprenante dans la voix. « Et si je m'entraîne ici, c'est justement pour éviter d'être vue sur un terrain d'entraînement. Mon oncle n'aime pas que je parle à des inconnus, et il veut que je m'entraîne seule. »

- « C'est n'importe quoi ! » s'insurgea aussitôt Obito, arrachant un petit rire à Hime. « Comment veux-tu espérer t'améliorer si personne n'est là pour te regarder et te donner des conseils ?! Et les autres aspirants, ils ne t'aident pas un peu ? »

Hime se contenta de sourire avec douceur, mais Obito lut de la tristesse dans ses yeux gris. Il s'enflamma aussitôt. Si personne n'aidait jamais cette fillette en dehors de l'Académie, elle ne réussirait à s'améliorer que difficilement, et se retrouverait un jour dans la même situation que lui : collée dans une équipe où elle se retrouverait à être la cloche de service, tout ça parce-qu'un petit génie prétentieux et surentraîné n'aurait aucun scrupule à l'écraser.

Il n'était pas question, absolument pas question qu'il laisse ce genre de situation se produire, pas s'il pouvait l'empêcher.

- « Quel âge as-tu, Aigowa ? »

- « Neuf ans », répondit la fillette. « Ça fait un an que je suis à l'Académie. Mais tu peux m'appeler Hime, si tu veux. »

Obito n'en fut pas certain, mais il crut l'entendre murmurer un « Au point où j'en suis... » résigné. Néanmoins, il décida de ne pas y prêter attention.

- « Bien sûr ! » sourit-il. « Et tu peux m'appeler Obito, si tu le souhaite. »

La fillette rougit légèrement, sembla sur le point de s'enfuir à nouveau, puis se ravisa et hocha la tête.

- « Alors, Hime-chan. » reprit-il plus sérieusement. « En faisant tout n'importe comment, surtout toute seule dans ton coin, tu n'arriveras à rien. Mais puisque ton oncle refuse de te laisser accéder aux terrains d'entraînement, que dirais-tu que je t'aide à t'améliorer ? On pourrait se retrouver ici, et comme ça tu apprendras beaucoup mieux, sans que ton oncle soit au courant ! »

Avec grand plaisir, il vit les yeux d'Hime se mettre à briller de joie. Elle ouvrit la bouche, puis se ravisa en prenant une expression soucieuse. La fillette réfléchit intensément durant quelques instants, son visage changeant d'expression à une allure hallucinante, alternant joie, inquiétude, de nouveau joie, tristesse, inquiétude...

- « J'en serais honorée. » finit-elle par répondre prudemment, lorsqu'elle parut enfin avoir arrêté une décision. « Mais je te demande de me promettre quelque chose : ne mentionne jamais mon nom à qui que ce soit, comme si je n'avais jamais existé. Je serais ton secret, Obito. »

Le jeune garçon cilla, ne s'attendant certainement pas à ce genre de demande. Mais les grands yeux gris le fixaient avec sérieux, et il sut instinctivement que si jamais il refusait, Hime s'enfuirait et veillerait à ne plus jamais apparaître devant lui. Or, la fillette l'intriguait et il désirait la connaître un peu mieux.

- « Bien, je jure sur mon honneur de ne jamais parler de toi à personne, et de faire comme si tu n'existais pas, en dehors de nos entraînements ensemble. » dit-il d'un ton formel. « Ça ira ? »

Hime hocha la tête, et lui renvoya un sourire lumineux. Les deux enfants décidèrent d'un lieu sûr de rendez-vous, et se promirent de se retrouver au moins deux ou trois fois par semaine, le soir. Puis Hime décréta qu'il fallait qu'elle rentre chez elle, et Obito se rappela qu'il devait lui aussi rentrer pour terminer de soigner convenablement ses égratignures.

Ils se séparèrent en souriant, chacun ayant la certitude qu'il venait de se faire un ami précieux.


Minato retint son souffle durant encore quelques secondes, et quitta lui aussi la forêt une fois qu'ils fut sûr que les deux enfants étaient déjà loin. Marchant tranquillement, il se dirigea pensivement vers le bureau des missions : après tout, il avait encore un rapport à rendre sur la dernière mission de son équipe. Le jounin grimaça. Il détestait les rapport, et il lui semblait qu'il avait passé dans sa vie beaucoup plus de temps à rédiger des rapports qu'à effectuer des missions utiles.

Cette année, il avait progressivement relâché sa surveillance sur Hime et son oncle en voyant que rien, toujours rien d'anormal ne se passait. Au final, il avait fini par cesser de venir la surveiller discrètement, s'étant dit qu'il avait peut-être vraiment été trop paranoïaque. De même, l'Hokage avait fait arrêter la surveillance de l'oncle Aigowa et de sa nièce, jugeant que l'ANBU mandaté pour cette mission serait bien plus utiles ailleurs. Et avec la guerre qui s'était déclarée, ils avaient finis par oublier jusqu'à l'existence de la fillette.

Et puis voilà qu'aujourd'hui, alors qu'il avait suivi son élève Obito pour lui parler de la mission, et tenter de le raisonner sur son comportement absurde (ce n'était certainement pas en jouant les bravaches et en partant tête la première vers le danger qu'il allait passer pour shinobi méritant aux yeux de ses camarades. Quand comprendraient-ils donc qu'ils devaient travailler en équipe pour réussir ?!), son élève était tombé sur la petite Hime en train de s'entraîner.

Les vieilles habitudes ayant la peau dure, Minato n'avait pas pu s'empêcher d'écouter le dialogue des deux enfants. Il avait sourit avec fierté quand Obito avait proposé à la fillette de l'aider personnellement dans son entraînement. Puis tous ses doutes sur la petite famille Aigowa étaient revenus à la charge quand il avait entendu l'étrange promesse qu'Hime avait demandé au jeune garçon.

Fallait-il pour autant qu'il en parle de nouveau au Sandaime ? Non... Hiruzen avait d'autres soucis en tête, avec la guerre qui faisait rage. Minato lui-même se morigéna intérieurement : sa principale préoccupation était de mettre fin à la guerre, pas de harceler une fillette un peu bizarre.

Minato arriva enfin au bureau des missions, et attrapa à la volée le formulaire de remise de rapport. Tout en remplissant rêveusement la feuille, il songea que ce n'était pas une mauvaise chose pour Obito, de s'être fait une amie. Malgré son ascendance Uchiwa, il avait toujours été le vilain petit canard de l'équipe, et même Rin parvenait difficilement à détacher ses yeux assez longtemps de Kakashi pour pouvoir regarder un tant soit peu son autre coéquipier.

En s'occupant de la petite Hime, Obito gagnerait la confiance en lui qui lui manquait tant pour pouvoir réussir à s'améliorer pour de vrai. Pour elle, il serait un ami et un professeur important, et le fait de devoir expliquer les techniques à une enfant plus jeune l'obligerait lui aussi à les comprendre mieux, et à s'améliorer. Peut-être qu'ainsi, il parviendrait mieux à s'intégrer dans l'équipe...

Une fois qu'il eut finit de gribouiller un vague compte-rendu sur le formulaire de rapport (non, Minato n'était franchement pas versé dans la paperasse), le jounin remit son rapport au chuunin responsable, et se dirigea tranquillement vers la sortie.

Repensant au mystère de la fillette aux yeux gris, il songea qu'il avait rarement vu Obito se départir de son air découragé pour arborer un vrai sourire. Si le fait de partager un secret avec sa nouvelle amie pouvait lui redonner le sourire et lui permettre de cesser de se morfondre durant les missions, alors Minato pouvait bien fermer les yeux pour cette fois.

Il serait toujours temps de se pencher sur le mystère de la famille Aigowa un peu plus tard, après tout.

Minato regarda l'heure, et sourit rêveusement en allant vers le magasin de fleurs le plus proche. Il avait tout juste le temps d'aller acheter un bouquet des fleurs de Kushina, avant que ça ne soit l'heure de leur rendez-vous.


Hime ne rentra pas tout de suite chez Shuhei. Trop perturbée par ce qu'il venait juste de se passer, elle déambula en ville un moment. Ce n'est qu'en se résignant finalement à rentrer chez son oncle qu'elle prit la réelle mesure de ce qui c'était passé.

Elle venait de rencontrer un des personnages importants de l'histoire. Uchiwa Obito, censé mourir dans deux ans pour que Kakashi ait par la suite son Sharingan. Elle venait de lui promettre de le rencontrer régulièrement en secret.

Elle venait de piétiner allègrement la Deuxième Règle de Vie.

La fillette frissonna, se rappelant que Gin lui avait promit un terrible châtiment si elle enfreignait à nouveau une des règles, puis osa entrer dans la maison de son oncle.

- « Je suis rentrée... » dit-elle machinalement.

- « Ah, Hime-chan ! » l'accueillit la voix joyeuse de Shuhei. « Bienvenue à la maison ! »

Il était dans le salon, en train de tricoter un joli bonnet noir et gris, trop petit pour aller à un adulte. Le cœur d'Hime se serra, et elle se précipita dans les bras de son oncle.

- « Eh bien » s'étonna-t-il. « Te voilà bien affective, aujourd'hui ! Quelque chose est arrivé ? »

Mais la fillette n'eut pas le courage de répondre, alors que des larmes roulaient doucement sur ses joues. Elle n'avait pas envie de mentir à cet homme qui avait si généreusement accepté de l'adopter comme sa nièce (même s'il avait sagit d'un ordre de Gin), mais la sanction sévère qui l'attendrait si elle révélait son aventure du jour la terrifiait.

Remarquant les larmes de sa nièce, Shuhei soupira et lui caressa maladroitement les cheveux. Il avait toujours été mal-à-l'aise lorsqu'il s'agissait de la câliner, mais Hime ne s'en était jamais formalisée.

- « Raconte moi, petite princesse... Ce sont tes camarades de classes, ils ont encore été méchants avec toi ? »

Hime hésita encore quelques secondes, puis finit par hocher misérablement la tête. Elle tenait trop à l'amitié d'Obito pour révéler ce qu'il s'était passé, et prendre ainsi le risque de ne plus jamais le revoir.

- « Mais tu sais », sanglota-t-elle, poursuivant son mensonge en racontant une part de vérité (technique élémentaire apprise en cours d'infiltration), « c'est de ma faute. Parce-que... Parce-que je n'ai pas le droit de... De parler à Kotetsu et Izumo et... Et que je dois les ignorer, ils croient que je suis méchante. C'est normal, c'est pas de leur faute. »

Shuhei soupira, et continua à caresser les cheveux de sa nièce. Au bout de quelques minutes, il l'écarta doucement, l'incitant à se redresser et à le regarder dans les yeux.

- « Hime, je ne suis pas un shinobi, mais je sais que les ninjas n'affichent jamais leurs émotions. Tu ne dois pas leur montrer à quel point leur attitude te blesse, car tu es une petite fille très forte, n'est-ce pas ? Tu deviendras une grande kunoichi, la première à faire partie du club, et tu les protègeras tous. »

Hime renifla. Si à la base, elle n'était pas venue pour se plaindre de l'attitude des autres aspirants, le fait d'en parler la touchait.

- « Mais ils ne sauront jamais que je les protège, et ils continueront à me détester ! » couina-t-elle.

- « Les vrais héros n'ont pas besoin de reconnaissance, juste de savoir qu'ils ont accompli une cause juste. Pourquoi crois-tu que nous nous cachons tous ? Depuis des années, nous avons tout mis en place, et parfois pris de gros risques, pour que l'histoire se déroule comme elle est écrite. Personne ne le saura jamais, mais l'important est que leur vie soient sauvées, tu ne crois pas ? »

Shuhei sourit, un sourire doux et compréhensif. Il replaça doucement une mèche de cheveux de la fillette, et lui ordonna d'une voix faussement sévère d'aller se doucher avant de venir manger. Malgré le sentiment cuisant de culpabilité qui l'étreignait à cause de sa rencontre avec Obito, Hime songea que son oncle disait vrai : même si les autres enfants en l'aimaient pas, elle continuerait à protéger ce monde selon les intérêts du club (enfin, quand elle en aurait l'âge).

En attendant, elle pouvait bien outrepasser quelques règles, tant que ça restait un secret, non ? Après tout, elle n'était qu'une enfant...


Le jour suivant, après les cours à l'Académie, Hime attendit avec impatience au point de rendez-vous, se forçant à conserver son calme. Obito était toujours en retard, elle le savait. Lors de son premier mois dans le monde de Naruto, Gin lui avait fait lire et relire tous les volumes disponibles (qu'il gardait dans un coffre fort ultra-protégé au club) et lui avait fait mémoriser les caractéristiques et les biographies des personnages les plus importants. Aussi s'attendait-elle à le voir arriver d'un instant à l'autre, s'excusant parce-qu'il avait aidé une grand-mère, ou d'autre choses du genre.

Quelques minutes après, d'ailleurs, le jeune Uchiwa déboula dans la clairière, une expression affolée sur le visage. Dans sa précipitation, il s'emmêla les pieds et s'étala au sol de tout son long.

- « Hime-chan ! » cria-t-il en levant les yeux vers son amie. « Je ne suis pas trop en retard ? Désolé, il fallait que j'aide un vieux monsieur à porter ses courses, et... »

Hime rit légèrement, et tendit une main à Obito en lui disant que ce n'était pas grave. Le jeune garçon hésita un instant, rougissant très légèrement, puis saisit la main tendue et se releva avec un sourire reconnaissant. Pour une fois qu'on lui tendait la main au lieu de l'engueuler copieusement pour son retard, ça lui changeait !

Après quelques instants gênés, où chacun demanda poliment comment allait la santé de l'autre, Obito prit les choses en main et demanda à la fillette de lui montrer comment elle lançait les shuriken. Il lui désigna une cible, puis observa attentivement ses mouvements, comme le faisait toujours Minato-sensei quand il le regardait travailler.

- « Attention au mouvement de tes hanches », remarqua-t-il. « Si tu les bloque en plein mouvement, ton lancer perd en puissance. »

Élève docile et appliquée, Hime acceptait toutes les remarques et faisait de son mieux pour se corriger. Durant une heure, Obito et elle travaillèrent le lancer d'arme tranchantes, puis il décida de tester son niveau de taijutsu. Le fillette ne manquait pas de souplesse ni de vivacité, mais manquait un peu de concentration, et de force.

Après trois heures à s'entraîner ensembles, les deux enfants s'allongèrent au sol et observèrent le ciel. Hime avait encore un souffle heurté après tant d'efforts, mais elle fit de son mieux pour le cacher.

- « Une chaussure ! » s'exclama soudain Obito.

Hime sursauta, et se releva sur un coude pour scruter le visage de son nouvel ami. Était-il en train de divaguer ? Mais le garçon se contenta de lui sourire et de lui désigner le ciel, et un nuage en particulier qui ressemblait tout particulièrement à... Une chaussure, effectivement.

- « Celui-là, c'est une tortue ! » s'écria-t-elle quelques instants plus tard, tendant le doigt au-dessus de sa tête.

- « Et celui-là, tu ne trouve qu'on dirait un chien ? »

- « Mhm, j'aurais plutôt dit un loup... Mais l'autre, là, on dirait vraiment une pelote de laine ! »

Et ils continuèrent ainsi, jusqu'à ce que les nuages se teintent d'une jolie couleur rose-orangée, sous les rayons du soleil couchant. Puis ils se séparèrent à regret, se promettant de se retrouver dans deux jours.

Obito s'en alla le premier, et disparu dans le bois en agitant la main, un immense sourire sur le visage. Hime attendit quelques instants, puis se laissa tomber au sol en soupirant. Elle considérait Obito comme un ami, son seul et très cher ami. Mais le garçon n'avait plus que deux ans à vivre.

Oh, bien sûr, Hime avait songé plus d'une fois à le mettre en garde contre le destin funeste qui l'attendait, mais elle savait qu'elle ne le pouvait pas, qu'elle ne le devait pas. Elle avait prêté serment, et juré de protéger l'histoire de ce monde. Et si Kakashi Hatake n'avait pas de Sharingan, l'histoire serait tout autre.

Obito devait mourir, pour que survive ce monde.

Et Hime désirait plus que tout être amie avec lui, durant les deux ans qu'il lui restait encore. Au diable les Règles de Vie : c'était déjà trop tard, de toute façon.