Le club des amateurs de tricot – Chapitre 5
La véritable mission du club
- « Hime-chan, tu peux t'arrêter là. Le sol est bourré de creux, ce n'est pas bon pour les roues de mon fauteuil. »
La jeune fille obéit à son camarade, et arrêta le fauteuil roulant en plein milieu du chemin. Puis elle se plaça face à son ami, et glissa un bras sous ses genoux, l'autre sous ses aisselles, de manière à pouvoir le soulever plus facilement. Eichiro se débattit, embarrassé.
- « Non, non, non ! » grommela-t-il. « Nous n'avons qu'à faire notre pique-nique ici, tu n'as pas à me porter ! »
- « Eichiro, soit tu te laisse faire, soit je te traine de force en te tirant par la peau des fesses. À toi de choisir. »
L'adolescent hésita, mesurant le sérieux des paroles de son amie. Puis il se mordit les lèvres et détourna le regard, alors qu'une légère rougeur envahissait ses joues. Hime n'avait pas bougé, ses bras étant toujours autour de lui, et cette proximité inhabituelle le gênait un peu.
- « Je pèse plus qu'un panier à pique-nique, tu sais ? » capitula-t-il à contre-cœur, au bout d'une minute. « Si tu me soulève, tu vas te casser en deux. »
Hime gloussa, et resserra sa prise autour de lui, avant de le soulever aisément. Eichiro noua ses bras autour de son cou, hésita un moment, puis posa aussi la tête contre son épaule. Après tout, pourquoi ne pas profiter un peu de la situation ?
- « Il ne faut jamais se fier aux apparences, mon cher ! » rigola la jeune fille, tout en se baissant précautionneusement pour attraper le panier à pique-nique. « Ce n'est pas parce-que j'ai l'air d'une brindille que je n'ai aucune force ! »
Elle se mit tranquillement en route, marchant d'un pas assuré malgré la charge supplémentaire dans ses bras. Eichiro se maudit intérieurement, comme il le faisait à chaque fois que l'un de ses proches devait le porter, ou l'aider d'une manière ou d'une autre. Si seulement il avait fait plus attention ce jour-là, s'il était bien retombé sur ses pieds, alors il ne serait jamais devenu un poids mort...
Il se laissa porter durant une trentaine de mètres, jusqu'à ce qu'ils atteignent le haut de la colline, là où un grand saule pleureur surplombait la végétation environnante. Hime déposa alors son ami au pied de l'arbre, et s'affaira à étaler une grande nappe blanche au sol, avant d'y déposer deux bentos pleins à craquer.
- « Quel dommage qu'Hikaru soit en mission » soupira-t-elle tout en tendant un des deux bentos à Eichiro. « D'habitude, il ne rate jamais une occasion de s'empiffrer ! »
- « Au moins, il a la chance de pouvoir partir en mission et de se dégourdir les jambes ! » grinça l'adolescent.
Hime rougit et s'excusa, mais Eichiro secoua la tête pour lui signifier que ce n'était pas grave, c'était lui qui était de mauvais poil.
Depuis son accident, il faisait des efforts pour continuer à vivre comme avant, et pour se reconstruire un futur, même si celui-ci allait être différent de celui auquel il avait toujours aspiré jusqu'à présent. Il faisait des efforts pour accepter sa situation et pour sourire.
Mais bon... Cela faisait maintenant deux ans qu'il était cloué dans son fauteuil roulant, et il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'un jeune homme de son âge, tout juste quatorze ans, devrait passer son temps à remplir des missions et à briller aux yeux de la fille de ses rêve. Pas à se faire porter par la fille en question car il était incapable d'atteindre le lieu de leur pique-nique !
- « Alors, il paraît que tu as déposé ta candidature pour devenir jounin ? » fit-il, pour orienter la conversation vers un terrain moins miné. « Hikaru doit être vert de rage ! »
- « Héhé, pas du tout ! Lui aussi a déposé sa candidature. Mais raconte-moi plutôt comment ça se passe pour toi. J'ai entendu dire que tu faisais des miracles, au service de cryptographie... Toutes les filles doivent être folles de toi ! »
Eichiro haussa dédaigneusement les épaules, et se concentra sur le contenu de son bento.
- « Bah, qu'est-ce qu'elle pourrait trouver à un pauvre intello en fauteuil roulant, quand le village est bourré de shinobis beaux, courageux et entièrement valides ? En revanche, je parie que tout le monde te court après, toi. »
Cette fois-ci, ce fut au tour d'Hime de hausser les épaules et de détourner le regard.
- « Eh bien... Je doute que ma vie amoureuse soit aussi trépidante que tu ne l'imagine. » finit-elle par murmurer après quelques instant. « Mon... Premier amour est mort durant la guerre, et après ça, je n'ai pas vraiment... Enfin si, il y a bien eu cette fois... Mais non, ça ne compte pas. »
L'adolescent releva un sourcil, alors qu'une pointe de jalousie lui tiraillait douloureusement les entrailles.
- « Comment ça, ça ne compte pas ? Raconte ! »
- « Tu ne me croirais pas. »
- « Essaye toujours. »
Hime hésita, prit une inspiration, et se lança.
- « Eh bien... Il y avait ce garçon qui voulait absolument que... Euh... Enfin... Comment dire...Qui voulait que je réponde à une question intime, et qui m'avait immobilisée contre un mur... Une fille est arrivé, et à sa tête j'ai compris qu'il y avait sans doute quelque chose entre eux, alors j'ai embrassé le garçon. Comme je l'avais prévu, ça l'a tellement choqué qu'il a relâché son étreinte, et j'ai pu m'enfuir. C'est tout. »
Eichiro serra les poings, mais ne fit aucun commentaire et continua à manger. Peu à peu, la conversation s'orienta vers un sujet moins épineux, et les deux amis continuèrent à papoter de tout et de rien durant des heures, jusqu'à ce que le soleil disparaisse à l'horizon. C'est là qu'Hime bondit sur ses pieds, regarda sa montre et poussa un glapissement horrifié.
- « Oh non ! Je dois me rendre au... Hum, je dois retrouver mon oncle, mais je suis en retard ! »
Avec une rapidité digne d'une kunoichi, elle rangea la nappe et les bentos vides, avant de soulever rapidement son ancien coéquipier et de l'emmener à toute vitesse vers l'endroit où ils avaient laissé son fauteuil roulant.
En dépit de son retard et de son anxiété évidente, Hime insista pour raccompagner Eichiro jusque chez lui, et celui-ci se laissa faire. Il savait que la jeune fille se sentait coupable de n'avoir pas pu le protéger durant l'attaque du démon-renard, et que c'était une des principales raisons pour lesquelles elle se montrait aussi dévouée à son égard. Malgré tout, il préférait s'imaginer que c'était parce-qu'elle ressentait plus que de l'amitié à son égard. Ben quoi, il avait bien le droit de rêver, non ?
La jeune fille courut à toute vitesse dans les rues et sur les toits du village, faisant de son mieux pour se déplacer dans la discrétion malgré sa grande précipitation. Au cours de ces deux dernières années, elle avait fait de son mieux pour éviter Kakashi, mais elle avait remarqué à plusieurs reprises qu'il l'avait parfois suivie, et son regard la perçait dès qu'ils avaient le malheur de se croiser, dans la salle des missions.
Heureusement, il n'avait plus tenté de l'approcher quand ils se croisaient, car Rin était toujours à ses côtés, le couvant d'un regard qui donnait envie de vomir à Hime (et empêchant son coéquipier de l'agresser, pour l'occasion). Hime ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle s'était mise à détester cette fille à l'air doux et énamouré. Elle avait beau se répéter que c'était ridicule, elle ne pouvait pas s'empêcher de se demander si le baiser qu'elle avait volé au futur sensei de Naruto avait... Signifié quelque chose pour lui. Est-ce que ça l'avait marqué ? Énervé ? Est-ce qu'il s'en rappelait, au moins ?
Ce qui était risible, c'était qu'elle se souciait du jeune Hatake alors même qu'elle était censée l'éviter à tout prix et veiller à ne jamais apparaître dans son champ de vision.
Ce qui était absurde, c'était qu'elle se sentait malgré tout attirée comme un aimant par l'aura de solitude et de froideur qu'il émettait. Comme si, quelque part, très loin au fond d'elle même, elle n'avait envie que d'une chose : le prendre dans ses bras et le réconforter.
Quelle idée stupide, songea-t-elle tout en slalomant entre les passants d'une rue animée. Je le hais ! Il est brutal, et les seules fois où il m'a adressé la paroles, c'était pour me harceler de questions impossibles ! Oui, mais il avait représenté beaucoup aux yeux d'Obito, aussi se devait-elle de veiller au bien-être du meilleur ami de son éphémère premier amour. Oui, c'était uniquement pour ça qu'elle se sentait intriguée par le jeune prodige. Un point c'est tout.
Hime interrompit le cours de ses pensées lorsque la rue où se situait le quartier général du club des amateurs de tricots apparut dans son champ de vision. Piquant un dernier sprint, elle survola les derniers mètres qui la séparait de la maison délabrée, et entra précipitamment à l'intérieur.
- « Tu es en retard » l'accueillit la voix calme d'Atsuro.
Le trésorier du club replaça ses lunettes sur son nez, et lança un regard exaspéré en direction de la jeune kunoichi, qui tenta en vain de l'amadouer en battant élégamment des cils. Hélas pour elle, Atsuro était un homme très sérieux (Hime ne se rappelait pas l'avoir vu sourire une seule fois), et sa seule réaction aux minauderies de l'adolescente fut un haussement de sourcil las.
- « Hime-chan » la salua Gin, éclatant dans son beau kimono de soie blanche. « Nous avons failli attendre ! »
- « Désolée... » marmonna l'adolescente. « Alors, pourquoi suis-je convoquée ici en réunion spéciale-ultra-secrète-machin-truc ? »
Hime repéra quelques personnes qu'elle connaissait de vue, pour les avoir croisés dans divers endroits de la ville. Elle ne les connaissait pas vraiment, ayant toujours été jugée trop jeune pour assister à toutes les réunion du club. Enfin,jusqu'à maintenant. Et, pour sa première réunion, voilà qu'elle arrivait en retard !
C'était mal parti...
Hana, une jeune femme qui servait d'espionne au sein du gouvernement du pays du Feu (l'influence du club s'étendait sur quasiment tout le continent, et il était ridiculement facile pour Gin de placer des espions au sein de tous les postes-clé) échangea un regard amusé avec Harue. Les deux femmes gloussèrent, avant qu'un raclement de gorge agacé de la part d'Atsuro ne les rappelle à l'ordre. D'autres membre du clubs étaient présents, et l'ambiance avait l'air solennelle.
Gin, quant à lui, se contenta de replacer une longue mèche blonde derrière son oreille, et d'adresser à Hime un sourire de sphinx. En voyant son sourire, la jeune fille ne put s'empêcher de songer que la plupart de la clientèle du président du club (il tenait un restaurant très fréquenté, notamment par l'Hokage en personne et les membres du conseil) était sans doute féminine, et ne venait uniquement que pour admirer le sublime gérant. Il faut dire que comme toujours, Gin était radieux.
- « Eh bien, tout d'abord, il faut que tu sache que tous les membres du clubs apprennent ce que je vais t'annoncer dès leur adhésion. Seulement, une exception a été faite dans ton cas car tu étais trop jeune pour qu'une telle information te soit confiée. »
Perplexe, Hime hocha la tête et attendit la suite.
- « En théorie, je ne devrais pas t'en parler avant que tu ne sois majeure, mais la guerre et l'entraînement de ninja t'ont fait grandir vite, n'est-ce pas ? De toute manière, tu ne t'es jamais comportée comme une enfant, alors... »
- « Oui, et ? » insista la jeune fille, qui commençait à perdre patience.
- « Et aujourd'hui », reprit le président, « j'ai décidé que tu étais en mesure d'apprendre quelle est la véritable mission du club. »
- « Tout d'abord, il nous faut remonter aux origines du clubs. Regarde... »
Hime regarda le tableau que Gin lui présentait, sans vraiment comprendre en quoi c'était important. Ils étaient dans la salle fortifiée où étaient gardés les volumes de l'histoire, ainsi qu'un coffre fort, que le président avait ouvert grâce à une petite clef qu'il gardait autour du cou.
Le tableau qu'il lui faisait voir représentait deux jeunes femmes souriantes, toutes deux habillées dans des tenues de ninjas assez extravagantes (et très sexy, d'ailleurs). La ressemblance entre elles étaient forte, et elles se tenaient par la main.
- « Voici la fondatrice du club des amateurs de tricot, avec sa petite sœur. » expliqua Gin. « En fondant le club, elle a changé de nom pour s'appeler Akane, et nous ignorons quel était son premier nom. En revanche, sa petite sœur a toujours conservé son ancien nom, souvenir de son monde d'origine : Mary-Sue. »
Gin désigna la plus petite des deux femmes, une superbe brune dans les joue étaient couvertes de tâches de rousseur. Le dégoût évident dans sa voix lorsqu'il avait prononcé son nom intrigua Hime.
- « Akane-sama et Mary-Sue furent les première à accomplir un voyage dans ce monde. Il est une chose que tu dois savoir, Hime : ce monde est malléable. C'est la raison pour laquelle nous sommes là, car la moindre perturbation a le pouvoir de tout changer et de conduire à la catastrophe. Nous autres voyageurs, étrangers à ce monde si fragile, avons le pouvoir d'en modifier les règles. Pas toutes, évidemment, mais suffisamment pour bouleverser les choses. »
- « Comment ça ? »
- « Chaque voyageur possède un immense pouvoir. Ainsi, Akane-sama et Mary-Sue devinrent des combattantes de génie, dont la puissance était inégalable, car elles désiraient inconsciemment devenir fortes et respectées. Elles furent les deux personnes les plus puissantes à avoir jamais foulé le sol de ce monde, et profitèrent de leurs pouvoirs sans limites. Jusqu'à ce qu'un jour, Akane-sama se rende compte que leurs actions perturbaient le cours naturel des choses. »
- « Je ne comprends pas » intervint Hime. « Je n'ai jamais eu de super-pouvoirs, et pourtant je suis moi aussi une voyageuse ! »
- « J'y viens, patience. Donc, je disais... Ah, oui. Lorsqu'Akane-sama réalisa le danger que sa sœur et elle représentaient, elle voulut convaincre Mary-Sue de cesser d'employer ses pouvoirs et de laisser l'histoire suivre son cours. Une violente dispute éclata alors entre les deux sœurs, car Mary-Sue avait trop apprécié le goût de la puissance, et refusait de cesser ses activités. La dispute dégénéra en combat mortel. Cependant, les deux sœur étaient de force égale, et l'affrontement dura des jours entiers, durant lesquels de tels pouvoirs furent déchaînés que la terre en resta marquée pour l'éternité. Finalement, Akane-sama remporta le combat. Mais quand vint le moment d'achever sa sœur, elle ne put s'y résoudre et scella son âme dans un endroit inconnu. Le cœur brisé, elle décida qu'elle ne laisserait jamais ce genre de tragédie se reproduire. Aussi, quand d'autres voyageurs apparurent, elle utilisa ses pouvoirs pour sceller les leurs, ou bien les renvoyer dans leur monde si jamais ils refusaient. C'est ainsi qu'elle fonda le club des amateurs de tricot. »
Hime plissa les yeux, réfléchissant à toute allure. Brusquement, le sceau du serment sur sa cheville prenait une tout autre signification à ses yeux.
- « Alors, ça veut dire que... »
- « Oui, la véritable mission du club est non seulement de préserver l'histoire, mais surtout d'intercepter tous les voyageurs et de les empêcher de nuire. Nous les appelons les ''Mary-Sue'', en mémoire à la toute première à avoir mis ce monde en péril. Avant qu'il n'aient pu utiliser leurs pouvoirs, nous leur proposons un choix : soit ils nous rejoignent et reçoivent le sceau du club, soit sous effaçons leur mémoire et nous les renvoyons chez eux. »
- « Mais, Akane-sama est morte depuis des décennies ! Comment fais-tu pour sceller les nouveaux arrivants, et pour les renvoyer ? »
En guise de réponse, Gin souleva un coin de son kimono, révélant ses chevilles. Qui étaient vierges de tout tatouage. Alors ça voulait dire que Gin était une Mary-Sue ?!
- « Lorsqu'Akane-sama fut vieille » expliqua le président, « elle désigna son successeur, et retira son sceau. Puis elle lui transmit tous ses pouvoirs, et c'est ainsi que s'effectue la succession depuis plusieurs générations. »
Hime se massa les tempes quelques instants, essayant d'assimiler les informations nouvelles.
- « Mais si ces personnes, ces Mary-Sue, sont si puissantes... Comment arrives-tu à les retrouver à temps et à les sceller avant qu'elles ne se défendent ? »
- « Pour ce qui est de les retrouver, rien de plus simple. Le club a des espions partout dans le pays, et des bureaux dans chacun des villages cachés. Notre réseau est immense, suffisamment pour repérer le moindre mouvement suspect sur la toile. Ensuite... Eh bien, la plupart des voyageurs ne prennent conscience de leurs pouvoirs qu'au bout d'un temps variable, allant d'une journée à plusieurs mois. Il s'agit donc d'agir vite, pour les intercepter avant qu'ils ne découvrent leurs capacités. Tu vas nous être très utile pour cela, Hime-chan, avec tes talents de kunoichi. »
- « Euh... Il en arrive souvent, des Mary-Sue? »
- « Pas tant que ça, mais je pense qu'il va y en avoir de plus en plus, au fur et à mesure que l'on se rapprochera de l'histoire principale du livre. Elles sont très dangereuses, car non seulement elles peuvent avoir des pouvoirs terribles, mais elles peuvent aussi influencer les personnages de l'histoire. »
- « Hein ? »
- « Imagine qu'une jeune fille soit arrivée, il y a quelques années, et que ses pouvoirs se soient développés. Maintenant, imagine qu'elle se soit amourachée du Yondaime. Il aurait suffit qu'elle le désire suffisamment, et il aurait irrésistiblement été attiré vers elle, et n'aurait plus jamais adressé un regard à Kushina. Et alors là, plus de Naruto. Tu vois le désastre ? »
- « Oh. Ah, oui, effectivement, un sacré désastre pour l'histoire. »
Secouée, Hime contempla longuement les deux femmes sur le tableau. Comment ces deux sœurs, qui avaient l'air si unies, avaient-elles pu s'entre-tuer ? Ces deux femmes, ces légendes inconnues de ce monde, avaient l'air de sortir d'un conte. Deux sœurs, la gentille et la méchante, une bataille. Et après, des générations de voyageurs perpétuant la mémoire de la gentille. Quelle histoire !
- « Tu y crois, toi, Mia ? »
Sans attendre de réponse, Hime se glissa dans ses couvertures, calant fermement la poupée contre elle. Ces dernières années, elle avait cessé de jouer à la poupée, ce qui ne l'empêchait pas de parler à Mia ou de dormir avec elle lorsqu'elle se sentait triste ou troublée.
La jeune fille sortit sa jambe gauche des couverture et regarda pensivement le sceau sombre et compliqué sur sa cheville.
- « Tu y crois, toi ? Que tous le monde, Shuhei, Harue, Hana, Atsuro et les autres, que tous ont des super-pouvoirs scellés ? Que moi aussi, je pourrais être une Mary-Sue ? »
Hime replaça sa jambe sous les couvertures, et regarda pensivement le plafond.
C'était sûr, elle était surprise. Très, très surprise, même. Mais en y réfléchissant, les paroles de Gin prenaient du sens. Si ce monde se laissait envahir ainsi par des voyageurs inter-dimensionnels, c'était forcément parce-qu'il était fragile. Et ces voyageurs, venant de mondes nettement mois malléables, étaient forcément plus forts. Eux aussi, en y mettant un minimum d'effort, pouvaient intervenir sur ce monde.
Ils étaient dangereux.
- « Non, je ne pense pas que ça soit une mauvaise chose. Si j'avais eu des super-pouvoirs, je n'aurais pas pu m'empêcher de sauver Obito, le Quatrième, et tous les autres. C'est parce-que je suis humaine, une simple humaine, que j'ai pu les laisser mourir. »
Hime enfonça son visage dans les oreillers, et serra Mia contre elle.
- « Mais si j'avais eu des super-pouvoirs, j'aurais pu rendre ses jambes à Eichiro. » souffla-t-elle, si bas qu'elle s'entendit à peine.
Une idée la frappa soudain : Gin avait des supers pouvoirs, lui ! Et si elle lui demandait de guérir la colonne vertébrale d'Eichiro ??
Non... Comme si le président du club des amateurs de tricot allait accepter de révéler son identité et ses pouvoirs, juste pour guérir un personnage insignifiant dans l'histoire ! Pfffft... Et si jamais il faisait une telle chose, ce serait pour une raison valable, certainement pas pour les beaux yeux d'Hime.
- « Dommage... »
Dorénavant, sa vie risquait de devenir plus compliquée, si elle devenait jounin, avec en plus des Mary-Sue en cavale à intercepter !
Bah... Au moins, je ne risquerais pas de m'ennuyer.
