Bonjour à tous !
Désolée, mon retard est encore plus grand que la semaine dernière, mais j'ai vraiment eu un week end chargé :p
Enfin bon, il est minuit moins cinq, donc on est encore dimanche, non ? (Ouf, je suis pas trop à la bourre ^^)
Bonne lecture ;)
Le club des amateurs de tricot – Chapitre 7
Révélations enfiévrées
Hime cligna plusieurs fois des paupières, cherchant à se concentrer. Elle baissa les yeux sur son bureau, et reprit son travail. Oh, comme elle détestait son boulot de couverture !
Puisque Hirondelle était son identité secrète d'ANBU, Hime avait reçu un poste à la tour de l'Hokage pour lui servir de couverture. Ainsi, elle s'était retrouvée collée à devoir s'occuper de trier et relire les rapports des autres ninjas. Mais le pire dans tout ça, c'était sans doute qu'elle devait travailler avec Izumo et Kotetsu. Autant dire que l'ambiance de travail n'était pas au beau fixe...
Est-ce qu'elle avait fait quelque chose pour s'attirer la rancune du Sandaime ? Est-ce qu'il ne l'aimait pas ? Sinon, pourquoi s'entêtait-il à la mettre en équipe avec des gens qu'elle voulait à tout prix éviter ? Non, c'est juste qu'il ignore que je ne dois pas les voir.
Tout de même, comment pouvait-il y avoir autant de coïncidences ? D'abord Kakashi, Rin, Genma et Anko, maintenant Kotetsu et Izumo. Même si Gin lui avait de ne pas s'inquiéter (elle lui avait fait part de son emploi avec Kotetsu et Izumo, pas des membres de son équipe : s'il aprenait ça, il serait capable de la forcer à quitter les rangs des ANBU), et qu'il s'agissait d'un malheureux hasard, Hime ne pouvait s'empêcher d'avoir un doute. Hiruzen Sarutobi se doutait de quelque chose, elle en mettrait sa main à couper.
Izumo la sortit de sa rêverie en déposant brutalement un grande pile de rapports et de dossiers sur son bureau, puis s'en alla s'en lui accorder un regard. La jeune fille posa un regard résigné sur l'énorme pile de paperasse, et saisit le premier rapport en priant pour que son affreux mal de crâne s'en aille bientôt.
Ça faisait maintenant trois mois qu'elle avait intégré l'équipe Loup, mais jamais auparavant elle n'avait eu de mission aussi éprouvante que celle d'il y a deux jours, au pays de l'Eau. On était en plein hiver, alors les environs étaient recouverts de neige et de glace, et Hime avait dû passer plusieurs heures à observer l'endroit où elle devait s'introduire, tout en restant immobile dans la neige immaculée. Le seul moyen qu'elle avait trouvé pour entrer discrètement avait été de nager sous la glace de la rivière qui traversait la ville.
Une expérience atroce. Durant les premières minutes, Hime avait eu l'impression que des milliers d'aiguilles de glace s'enfonçaient dans sa peau. À moitié tétanisée par le froid, elle avait tout de même réussi à trouver le courage de nager jusqu'à la ville. En y réfléchissant, c'était un miracle qu'elle soit passée inaperçue lorsqu'elle était sortie de l'eau : ses dents claquaient tellement qu'elle avait cru que sa mâchoire allait se décrocher.
Enfin bon, la mission était terminée et c'était le principal. Ils étaient rentrés le matin même, et Hime avait pu dormir deux heures avant de devoir aller travailler. Et maintenant, elle comptait les heures qui la séparaient du moment où elle pourrait enfin retourner chez Shuhei et dormir enfin.
Si l'on annonçait l'arrivée d'une Mary-Sue dans la soirée, Hime se promit de laisser Gin se débrouiller sans elle : avec ses pouvoirs à lui, il pouvait facilement neutraliser les voyageurs imprudents. La seule raison pour laquelle il envoyait toujours Hime à sa place était parce-qu'elle était plus rapide et mettait moins longtemps pour retrouver les Mary-Sue. Cette fois, il pourrait bien se débrouiller sans elle.
La kunoichi jeta un coup d'œil au rapport, le parcourant à peine du regard. Mouais, on va dire que ça va, songea-t-elle sans même le lire. Elle le posa sur la pile des rapports validés, et nota le nom du shinobi qui avait déposé le rapport.
Au bout de trois heures à trier des rapports, son mal de crâne ne s'était pas atténué, au contraire. Hime remarqua que sa vision se troublait légèrement, et reposa le rapport qu'elle était en train de lire. Elle tenta de se lever, mais fut saisie par des vertiges. Vaincue, la jeune fille se rassit et posa la tête sur le bois frais de son bureau, avant de fermer les yeux. Il était vraiment temps qu'elle dorme un peu.
Dommage pour elle, c'est à ce moment-là que la porte s'ouvrit. Quelqu'un entra dans la pièce, et Izumo et Kotetsu le saluèrent. Quand la personne répondit, Hime reconnut la voix de Kakashi. La poisse...Il faut toujours que je tombe sur lui, hein ?
Sans ouvrir les yeux, elle entendit les pas de Kakashi, qui traversait la pièce, et ne releva pas la tête lorsqu'il s'arrêta devant son bureau. Non, il se mettait le doigts dans l'œil s'il espérait lui poser des questions sur Obito : elle avait trop mal à la tête.
- « Aigowa ? »
La jeune fille ne bougea pas d'un cil. Non, je ne t'écoute pas et je suis en train de dormir. Va-t-en.
- « Aigowa, le Sandaime m'a ordonné de te remettre mon dernier rapport. »
Hime ne put retenir un froncement de sourcil agacé, cette fois. Va te faire voir, ce rapport a déjà trois semaines de retard. Je dors.
- « Inutile de jouer la comédie, je sais que tu ne dors pas. »
- « Même pas vrai... » fit Hime dans un souffle à peine audible.
Elle entendit un petit rire, puis deux mains se posèrent sur ses hanches. Avant même qu'elle n'ait pu réagir, elle se retrouva soulevée de sa chaise. Faisant un énorme effort pour ouvrir les yeux, elle envoya un regard menaçant à celui qui osait l'importuner.
- « Hatake, lâche-moi ou je t'embrasse. » grogna-t-elle.
- « Ça ne marchera pas, je ne me ferais pas avoir deux fois. » répondit-il en la posant au sol. « Maintenant que tu es bien réveillée, est-ce que... »
Mais Hime ne l'écouta pas, car elle était bien trop occupée à essayer de conserver son équilibre. Brusquement, ses genoux cédèrent et le sol se précipita à sa rencontre. Cependant, deux bras la saisirent à nouveau, empêchant le plancher de lui faire mal. Elle eut vaguement conscience d'une main qui se posait sur son front.
- « Tu es brûlante » constata la voix calme de Kakashi.
- « Même pas vrai... » souffla-t-elle, avant de basculer dans l'obscurité.
Kakashi hésita une seconde, tout en tenant la jeune fille inconsciente et fiévreuse dans ses bras. Il savait qu'elle habitait chez son oncle, mais celui-ci était probablement en train de travailler à cette heure-ci et ne pourrait pas s'occuper de sa nièce souffrante. De plus, il ne pouvait pas l'emmener à l'hôpital pour une simple fièvre.
Il soupira, laissa son rapport sur le bureau d'Hime, puis cala la kunoichi sur ses épaules de manière à pouvoir effectuer les sceaux librement. Quelques secondes plus tard, Hime et lui disparurent dans un nuage de fumée, puis ils se retrouvèrent dans son appartement.
Kakashi déposa la jeune fille sur son canapé, la recouvrit d'une couverture épaisse et déposa un linge humide sur son front brûlant. Puis il prit un chaise et s'installa à ses côtés. Il tenait là une occasion en or : la personne qui n'avait pas cessé de l'intriguer depuis des années, la personne qui détenait les réponses à ses questions était chez lui, allongée sur son canapé, et suffisamment affaiblie pour ne pas pouvoir s'enfuir.
Il se pencha sur elle, et la regarda attentivement, se remémorant la fillette éplorée qu'il avait aperçu devant la stèle, des années auparavant. Elle avait grandi, et son visage avait changé : ses trais était maintenant plus fins, et ses joues avaient perdus leur rondeur d'enfance. Une fine cicatrice barrait son sourcil gauche, une autre dessinait une petite ligne presque invisible sur le bas de son menton. Cela ne surprit pas Kakashi : les cicatrices de ce genre étaient communes chez les ninjas, surtout ceux ayant participé à la guerre. Il savait que s'il regardait sous ses vêtement, il trouverait d'autres cicatrices du genre. Pourquoi je pense à regarder sous ses vêtement, moi ?
Du bout de l'index, Kakashi retraça la cicatrice du sourcil d'Hime, se demandant si elle avait été faite par un kunai, ou bien un lame plus grande, comme un katana, peut-être. La jeune fille bougea dans son sommeil, et entrouvrit les lèvres.
- « Obito... » souffla-t-elle. « Non... Ne pars pas... »
Le jeune homme se figea, et observa attentivement la dormeuse. Elle continua a appeler Obito à mi-voix, le suppliant de revenir, de lui pardonner. Kakashi faisait souvent des cauchemar, lui aussi. À propos de son père, d'Obito, de Minato-sensei. Il savait ce qui causait ce genre de cauchemars. De quoi Hime se sentait-elle coupable ? Comment connaissait-elle Obito ?
Au bout d'une dizaine de minutes, Hime ouvrit les yeux. Ses yeux étaient embrumés par la fièvre, et elle regarda anxieusement autour d'elle.
- « Tu es chez moi, sur mon canapé. » lui indiqua Kakashi.
Les yeux gris de la malade s'agrandirent d'effroi, si bien qu'il se sentit un peu offensé. Malgré tout, Kakashi se leva et alla changer le linge qu'il avait posé sur le front d'Hime, et lui en remit un qui était imprégné d'eau fraîche. La jeune fille soupira d'aise, et lui adressa un sourire reconnaissant.
- « Merci. »
- « Il n'y a pas de quoi. Comment es-tu tombée malade ? »
- « Je... La dernière mission... » expliqua-t-elle laborieusement, d'une voix un peu pâteuse. « J'ai dû nager sous la glace, pour entrer... La neige... »
- « Je vois. Il n'y avait pas d'autre moyen d'entrer discrètement ? »
Elle secoua mollement la tête de manière négative.
- « Merci, vraiment » répéta-t-elle. « Si seulement je pouvais... Mais je n'ai pas le droit... »
Si Kakashi n'avait pas été un ninja entraîné à masquer soigneusement ses émotions, il se serait sans doute mis à trépigner d'excitation. Au lieu de ça, il s'appliqua à arborer une expression concernée.
- « Tu n'as pas le droit de quoi ? » demanda-t-il doucement.
- « De te parler... D'être ton amie... »
Interloqué, Kakashi lui lança un regard interrogatif. Mais Hime avait fermé les yeux.
- « Pourquoi ? » formula-t-il à haute voix.
Encore une fois, elle secoua la tête.
- « Tu n'as pas le droit de m'en parler ? »
Hime ouvrit les yeux, et lui fit un petit sourire désolé. Kakashi se sentit un peu coupable, de profiter ainsi d'un moment où elle était vulnérable et ne pouvait pas penser clairement à cause de sa forte fièvre.
- « Je... Je ne peux pas en parler... »
Avec difficulté, elle sortit sa jambe gauche du lit, et la tendit vers Kakashi. Voyant qu'il ne comprenait pas ses intentions, elle poussa un petit soupir impatient.
- « Ma chaussure » ajouta-t-elle.
Saisissant enfin ce qu'elle attendait de lui, Kakashi saisit la cheville tendue et défit les attaches de la chaussure une à une. Finalement, il fit glisser la chaussure au sol, et regarda avec curiosité le pied nu d'Hime. Fin et pâle, comme toute sa personne. Et ?
- « Regarde... Ma cheville. »
Tout en songeant que la situation devenait de plus en plus étrange, le jeune homme releva les bords du pantalon d'Hime. Sur sa cheville, un sceau compliqué était dessiné. Ayant été l'élève de Minato Namikaze, celui qui avait scellé le Kyuubi, Kakashi pouvait se targuer d'avoir une certaine connaissance en matière de sceaux. Pourtant, il n'avait jamais vu un sceau comme celui-ci, ni aussi compliqué. La personne qui avait placé cette marque sur Hime devait indéniablement être extrêmement puissante.
- « Qui t'a fait ça ? »
Pas de réponse. Non, évidemment, la question était trop directe, Hime ne pouvait pas y répondre.
- « Quand as-tu reçu cette marque ? »
Hime sourit faiblement.
- « J'avais huit ans. »
Kakashi voulu continuer à lui poser des questions, mais la jeune fille ferma les yeux et ne tarda pas à reprendre une respiration lourde et régulière : elle dormait profondément.
Que signifiait tout ceci ? Kakashi soupira. Il avait cru obtenir enfin la solution du mystère, et au lieu de ça l'énigme d'Hime s'était renforcée. Qui était-elle ? Et qui était la personne qui marquait ainsi des enfants ? De quoi n'avait-elle pas le droit de parler ?
Soudain, il se rendit compte qu'il était toujours assis sur sa chaise près du canapé, le pied nu d'Hime posé sur ses genoux. Il suivit du doigts les courbes sombres du sceau, mémorisant attentivement le tatouage pour ses recherches futures. Puis il se leva, et replaça délicatement la jambe d'Hime sous les couvertures. La jeune fille s'agita, et soupira.
- « Kakashi... » murmura-t-elle dans son sommeil.
Fasciné, le jeune homme se rapprocha d'elle. Rêvait-elle de lui ? De nouveau, il s'installa sur sa chaise et contempla la dormeuse. À plusieurs reprise, elle continua de prononcer son nom, ou bien des phrases sans queue ni tête, des histoires de pelotes de laine et de tricot.
Qui était donc Hime Aigowa ?
Hime ouvrit les yeux, et il ne lui fallu pas longtemps pour remarquer deux choses : un, elle n'était plus dans la tour de l'Hokage, et deux, son mal de crâne avait disparu. Elle cligna les paupières, décontenancée, puis se redressa doucement.
Quelque chose de tiède et d'humide tomba de son front, et elle identifia un petit carré de tissu imbibé d'eau. Regardant autour d'elle, elle vit qu'elle était dans un salon qu'elle ne connaissait pas. Puis elle regarda par terre, vit que sa chaussure gauche trainait par terre, et tout lui revint.
Elle pâlit. Non, cela ne pouvait être qu'un rêve. Avait-elle vraiment montré son sceau à Kakashi ? Non, pas possible... Et pourtant, la chaussure abandonnée prouvait le contraire. Paniquée, Hime se mordilla fortement les lèvres. Qu'allait-elle faire ? Est-ce que Kakashi allait deviner sa véritable identité ?
Non, non... Il n'avait vu qu'une marque sur sa cheville, c'était un indice insuffisant pour le mener au club de tricot. Argh, si Gin apprend ça, il va m'assassiner !
- « Ah, tu es réveillée. »
Hime tourna la tête, pour voir Kakashi, qui venait d'entrer dans la pièce. Méfiante, elle se recroquevilla sur elle-même. Est-ce qu'il allait encore l'agresser, tenter de lui arracher des réponses ?
- « Je me suis déjà excusé pour mon comportement d'avant » soupira-t-il. « Je ne le referais plus, tu as ma parole. »
Sans cesser de se tenir sur ses gardes, Hime se détendit et s'assit normalement. Elle prit le linge humide, et le déposa sur la table basse.
- « Euh... Merci de t'être occupé de moi. » dit-elle d'une petite voix.
Kakashi hocha la tête, acceptant le remerciement, et s'installa nonchalamment dans un fauteuil. Hime le regarda dans les yeux, et n'y vit pas la fureur qu'il avait eu lorsqu'il lui avait posé des questions, auparavant. Cependant, elle se doutait qu'il devait être dévoré par la curiosité, même s'il ne l'avouerait jamais.
- « Concernant ce que je t'ai dit, et ce que je t'ai montré... Je n'aurais pas dû faire ça en temps normal, alors n'en parle à personne, je t'en prie. »
- « Bien. Mais en échange, j'aimerais que tu réponde à quelques questions. »
Hime soupira, et acquiesça. Après tout, Kakashi avait prit soin d'elle, et après lui avoir montré son sceau, elle s'était de toute manière mise dans le pétrin. Quelques questions de plus ou de moins n'y changeraient rien, et elle lui devait bien ça.
- « Dans la mesure du possible, je tâcherais d'y répondre » dit-elle prudemment.
Elle pouvait presque voir le sourire satisfait de Kakashi, derrière le masque de tissu.
- « Tu connaissais Obito... » commença-t-il.
- « Ce n'est pas une question, mais une affirmation » plaisanta-t-elle. « Oui, je le connaissais. Il était mon meilleur ami. »
- « Depuis quand le connaissais-tu ? »
- « Je l'ai rencontré complètement par hasard, deux ans avant sa mort. Je m'entrainais toute seule dans la forêt, et il m'a proposé de m'aider dans mes entrainements. Je me suis énormément améliorée grâce à lui. »
Elle sourit rêveusement, se remémorant cette époque de sa vie. Lorsqu'elle n'était qu'une aspirante naïve, et qu'il n'y avait pas encore de sang sur ses mains.
- « Nous nous retrouvions dès que possible, après les missions. C'était vraiment quelqu'un de formidable... »
Kakashi haussa un sourcil.
- « Il y avait-il plus que de l'amitié, entre vous ? »
Hime rougit, et faillit ne pas répondre. Mais dans le regard de Kakashi, il n'y avait qu'une sincère curiosité, et le désir d'en apprendre plus sur la vie de son défunt meilleur ami, aussi se décida-t-elle à répondre, bien qu'à moitié.
- « Je connaissais ses sentiment pour Rin » éluda-t-elle. « Il me parlait beaucoup d'elle, et de toi aussi. Il disait que tu n'étais qu'un petit génie prétentieux, mais il rêvait de pouvoir un jour t'égaler. »
Kakashi laissa échapper un rire, puis reprit contenance. Il afficha un sérieux mortel pour sa question suivante.
- « Savais-tu qu'il allait mourir ? »
Hime hésita, et se mordit les lèvres. Évidemment, puisqu'il l'avait entendu dire qu'Obito devait mourir, il avait logiquement déduit qu'elle avait été au courant de sa mort bien avant qu'il parte en mission.
- « Oui. »
- « Pourquoi ne l'as-tu pas empêché ? »
La voix de Kakashi était devenu dure, maintenant. Hime se tassa sur elle-même, alors qu'une vague de culpabilité la submergeait.
- « Je... Je n'ai pas eu le choix. »
- « Pourquoi ?! » s'écria-t-il aussitôt.
Hime ferma les yeux, et montra sa cheville marquée.
- « Je ne peux pas le dire. » soupira-t-elle. « Mais sache que ça a été comme m'arracher le cœur. Le jour de la mission... J'étais la cause de son retard. Je l'ai retenu, pour le voir une dernière fois, l'accompagner. Je lui ai repris l'écharpe que je lui avait offerte, pour garder un souvenir de lui. En échange, je lui ai demandé une promesse qu'il n'a pas pu tenir : il m'a promit de revenir chercher son écharpe, si j'en prenais soin. »
Elle rouvrit les yeux, pour voir que Kakashi se massait doucement les tempes. Allait-il la détester, maintenant ?
Au bout de quelques minutes d'un silence pesant, le jounin reprit la parole.
- « Savait-il, pour ta marque ? »
- « Non. Tu es la seule personne à savoir, mis à part... »
Elle pinça les lèvres. Kakashi comprit et n'insista pas.
- « Existe-t-il un moyen pour moi de percer ton mystère, même si tu ne peux pas m'en parler ? » soupira le jeune homme d'une voix lasse.
Oui, en changeant de dimension puis en revenant en tant que voyageur, songea la jeune fille. Kakashi en Mary-Sue, ça serait vraiment explosif.
- « Oui... En réussissant à deviner par toi-même. Mais, sans vouloir de vexer, je doute que ça soit possible. »
- « J'aime les défis. » sourit Kakashi.
- « Où étais-tu passée ?! » hurla Shuhei.
Hime leva les yeux au ciel, et croisa les bras sur sa poitrine.
- « Shu, j'ai dix-huit ans maintenant. Je suis une jeune femme mûre qui peut sortir le soir et voir ses amies, non ? »
- « Et tu n'as pas pensé que je pourrais m'inquiéter ?! Avec tout ces trucs de ninjas, ces missions, je ne sais jamais si je te reverrais vivante ! Préviens-moi quand tu sors, non d'un chien ! »
En temps normal, Hime aurait grogné quelque chose, et Shuhei et elle aurait finit par se disputer à grands cris. Mais ce soir, elle était d'excellente humeur : non seulement Kakashi ne la détestait pas, mais en plus il désirait apprendre à mieux la connaître. Même s'il n'agissait probablement ainsi que pour essayer de deviner son secret, la jeune fille ne pouvait s'empêcher de se sentir euphorique, comme si elle était sur un petit nuage.
Aussi, au lieu de se mettre à hurler, elle enlaça Shuhei et posa la tête sur son épaule.
- « Désolée, je ferais plus attention à l'avenir. »
Stupéfié, Shuhei lui rendit maladroitement son étreinte. En règle générale, ni lui ni sa nièce n'était très câlins, n'étant pas le genre de personnes à rechercher les contacts physique à outrance, et encore moins lorsqu'il lui faisait la morale.
Hime lui sourit, et sautilla gaiement vers sa chambre. Shuhei ne put s'empêcher de sourire : c'était si rare de voir la petite se comporter comme une jeune fille de son âge ! Depuis qu'elle était devenue ninja, et qu'elle avait dû participer à la guerre, elle était devenue une adulte bien trop vite.
Qu'est-ce qui avait pu déclencher ce changement de comportement ? Il plissa les yeux, tandis que son instinct paternel et protecteur s'activait. Pas de doute, il y avait à présent un garçon dans le cœur d'Hime.
Mais qui ?
