Bonjour à tous !

Désolée pour mon retard, j'ai eu un week end plus chargé que prévu... enfin bon, l'important, c'est que le chapitre soit là, n'est-ce pas ?

Bonne lecture :)


Le club des amateurs de tricot – Chapitre 12

Situation d'urgence

Martha ouvrit doucement les paupières. Il lui fallu plusieurs secondes pour se rendre compte qu'elle n'était plus dans son lit, mais allongée sur un sol dur et froid. Elle se redressa brusquement, paniquée, et poussa un cri de surprise en découvrant le décors autour d'elle : une immense forêt, comme elle n'en avait jamais vu, dont les arbres montaient haut dans le ciel. L'adolescente était assise sur un sol rocheux, et lorsqu'elle se retourna, elle vit qu'elle était au pied d'une grande falaise, et face à l'entrée d'une grotte.

Elle frissonna. Les derniers évènements lui revinrent graduellement en mémoire, et elle se rappela avoir eu la sensation de se faire attirer en arrière, juste avant de s'évanouir. Comment avait-elle pu atterrir dans cette forêt ?!

Martha se leva laborieusement, ayant encore les jambes flageolantes à cause de son évanouissement, et surtout du choc de réveiller dans un endroit inconnu. Qu'allait-elle faire, maintenant ?

L'adolescente regarda l'entrée sombre de la grotte. Cet endroit la mettait mal à l'aise, et lui donnait envie de s'enfuir à toute jambes. Il n'y avait aucune végétation devant l'entrée de la grotte, et aucun bruit d'animaux, ni même d'oiseau, comme si la nature elle-même craignait cet endroit. Le silence était écrasant, et Martha eut vraiment le sentiment que cette grotte avait quelque chose de malsain. Pourtant, elle se sentait inexplicablement attirée par l'obscurité qui y régnait.

Sa raison lui criait de partir et de chercher un moyen de rentrer chez elle, mais elle secoua la tête. Je parie que personne ne s'est rendu compte de ma disparition, pensa-t-elle avec amertume. Elle fit un pas vers la grotte.

- « Oui... Viens à moi...»

Martha se figea, sentant les poils de ses bras se hérisser. La voix était féminine et glaciale, et semblait sortir d'outre-tombe.

- « Qui... Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle prudemment.

La voix se fit caressante, mais non moins effrayante.

- « N'aie pas peur... Je suis enfermée ici, peux-tu venir m'aider ? Je voudrais tant revoir la lumière du jour... »

L'adolescente avala difficilement sa salive, mais décida qu'elle ne pouvait pas laisser cette personne enfermée dans un endroit aussi effrayant, aussi s'avança-t-elle prudemment dans la grotte.

Au début elle ne vit rien, mais ses yeux s'habituèrent à l'obscurité, et elle vit un mur en pierre, sur lequel était accroché un papier jauni portant une étrange inscription.

- « Enlève le papier, mon enfant, et je serais libérée... »

Martha hésita. La voix se fit pressante.

- « Qui êtes-vous ? » répéta-t-elle, avec plus de conviction.

- « Tu voulais partir, avoir une vie différente, et te voilà ici... Tu es dans un autre monde, un monde où tu pourras tout recommencer et vivre une vie bien meilleure... »

- « Quoi ?! »

- « Je suis comme toi... Avant, j'étais toujours ignorée et rabaissée, et puis je suis venue ici. Là, tout a changé, et j'ai enfin été reconnue pour ce que j'étais... Je suis devenue puissante et respectée, et les rois se prosternaient à mes pieds... »

Martha fronça les sourcils. Peut-être qu'il s'agissait d'une blague ? Une caméra cachée, sans doute. Bientôt, des gens allaient sortir de tous les coin, et la féliciter d'avoir vu qu'il s'agissait d'une mise en scène, tout en la filmant sous tous les angles.

- « Ce n'est pas une plaisanterie, Martha... Libère moi... »

- « Comment connaissez-vous mon nom ?! » s'écria l'adolescente.

- « Je l'ai lu dans ton esprit... Tu pense que ta mère ne te prête aucune attention, et que tous le monde te déteste... Tes camarades d'écoles passent leur temps à se moquer de toi et à parler derrière ton dos... Tu es comme moi. Tu désire la beauté, et la puissance, n'est-ce pas ? Je peux te les offrir sur un plateau...»

Bouche bée, Martha ne pu qu'acquiescer. Ça ne pouvait pas être une caméra cachée, si ?

- « Libère moi, et tu auras tous ce dont tu as toujours rêvé... Martha, libère moi ! »

Martha hésita, puis un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres. Beauté et puissance, hein ? Oh oui, elle le voulait. Elle leva la main, et arracha vigoureusement le papier.

La terre trembla, et le mur disparut, tombant en poussière. L'adolescente toussa, puis la poussière se dissipa et elle put contempler l'intérieur de la grotte. Elle distingua une forme humaine, puis ses yeux en distinguèrent les détails et elle hurla, de toutes ses forces.

- « Shhhh... », susurra la voix.« N'aie pas peur, Martha, n'aie pas peur... »

Mais elle continua à hurler, les yeux fixés sur le squelette avachi contre le mur, quelques lambeaux de vêtements pourris encore accrochés aux os. Une sorte de brume sombre flottait dans la grotte, et cette brume se mit à tournoyer sur elle-même. Martha cessa de hurler, trop apeurée pour pouvoir bouger ou encore émettre un son : la brume venait de prendre une vague forme humaine.

- « Ceci était mon corps, il y a longtemps... J'ai été scellée dans cette grotte, emmurée vivante, mais mon âme a survécu grâce à mes pouvoirs et surtout à cause de la malédiction qui me retenait. Je t'attendais, Martha, depuis des années j'attendais quelqu'un comme toi. Quelqu'un qui soit comme moi, qui désire la puissance quel qu'en soit le prix... »

- « Q-Qui... Qui êtes vous ? » murmura l'adolescente d'une toute petite voix, trop pétrifiée pour oser bouger.

- « Tu désire être puissante et belle ? Je vais exaucer ton souhait, mais je ne te demande qu'une chose en échange, une toute petite faveur... »

Martha avala sa salive, et trouva le courage de parler. Peut-être qu'il s'agissait là de la chance de sa vie, après tout ?

- « C'est d'accord. Que voulez-vous ? »

La forme humaine se brouilla, et la brume se mit à tournoyer avec excitation autour de la jeune fille terrifiée.

- « Ce que je veux ? C'est simple... Donne moi... Martha, je veux... Ton corps ! »

Avant que l'adolescente ne puisse hurler, la brume s'enfonça dans sa poitrine, et elle s'affaissa. Son esprit se troubla, et elle entendit la voix de la brume, juste avant de basculer dans l'obscurité :

- « Oh, et pour répondre à ta question... Mon nom est Mary-Sue.»


- « Euh... Erm... Salut... »

Hime se tortilla d'un pied sur l'autre, puis s'agenouilla et déposa précautionneusement le bouquet de fleur au pied de la stèle. Elle leva un doigt hésitant, et caressa doucement la gravure du nom de son défunt meilleur ami.

- « Ça faisait longtemps, n'est-ce pas ? J'ai passé des années à éviter cet endroit pour ne pas y croiser Kakashi, mais maintenant qu'il est à peu près dans la confidence... J'ai réalisé que je pouvais venir à nouveau. Je t'ai manqué ? »

Elle soupira, et ferma les yeux, se remémorant les jours anciens, quand Obito était encore vivant et qu'il l'aidait à s'entrainer. Quand ils regardaient les nuages ensembles, allongés côtes à côtes dans l'herbe épaisse. Même aujourd'hui, des années après, elle pouvait encore voir distinctement son visage souriant, et ses yeux sombres pétillants de joie de vivre.

- « Tu étais mon premier ami et mon premier amour, tu sais ? Je n'avais pas le droit de te voir, mais tu as été la toute première personne pour laquelle je n'ai pas hésité à mettre ma vie en jeu. Bon, bien sûr, j'étais encore une enfant qui ne comprenait toute l'implication de ses actions, mais tout de même... Et maintenant, me voici déjà une adulte, et je continue à faire n'importe quoi. »

Elle rit doucement, et s'allongea dans l'herbe, juste devant la stèle. Laissant son regard se perdre dans l'immensité du ciel, elle pouvait presque s'imaginer qu'Obito était allongé juste à côté d'elle, et qu'il allait d'un moment à l'autre pointer un nuage du doigt en s'exclamant « Une tortue ! » ou autre chose du genre.

- « J'aurais dû apprendre ma leçon, quand j'ai été obligée de te laisser mourir, mais il semblerait que ça n'ait pas suffit. Parce-que tu vois, j'ai de nouveau trouvé une personne plus importante que ma vie. Au début, je le détestais vraiment, je dois dire. Il était exactement comme tu le décrivais : prétentieux, hautain, agaçant... Mais j'ai appris à le connaître mieux. Et maintenant... »

Hime ne termina pas sa phrase, et ferma les yeux. Elle avait l'impression d'être revenue des années en arrière, et qu'il lui suffirait de tendre le bras pour sentir celui, chaud et vivant, d'Obito. Pour ne pas briser cette agréable illusion, elle ne bougea pas et savoura l'instant présent. Cela lui arrivait si rarement, ces derniers temps, de pouvoir se poser ainsi et respirer. Entre sa vie de ninja, le club, et sa protection invisible de Naruto, elle avait rarement du temps à elle.

Après quelques minutes de silence nostalgique, elle entendit des pas feutrés dans l'herbe, et sentit une présence familière. Elle sourit, et leva paresseusement un main en guise de bonjour, quand le visiteur se fut arrêté à sa hauteur. Elle savait que Kakashi venait tous les jours à la stèle, aussi s'était-elle attendue à le croiser.

- « C'est rare de te voir par ici, Hime » constata-t-il.

- « Allonge-toi près de moi » répondit-elle sans ouvrir les yeux.

Le jounin obtempéra après une brève hésitation, et prit place à côté d'elle.

- « Je n'étais pas venue depuis des années... C'était le jour de notre première rencontre, non ? Tu m'avais carrément agressée ! »

Kakashi laissa échapper un léger rire, et Hime sourit : c'était la première fois qu'elle l'entendait rire depuis l'enterrement de Rin, trois semaines plus tôt. Elle ouvrit les yeux et tourna la tête vers lui, fronçant le nez à cause d'un brin d'herbe qui la chatouillait. Kakashi lui rendit son regard.

- « Tu n'es plus jamais revenue après ça, c'était pour m'éviter ? »

Elle lui tira la langue, choisissant de ne pas répondre, et s'absorba dans la contemplation du petit morceau de son visage qui était visible, vu que le reste était caché par son bandeau et son masque.

- « Je suis heureuse de voir que tu vas mieux » murmura-t-elle.

Kakashi détourna le regard, et contempla le ciel. Hime en fit de même, et un long moment passa. Ces dernières semaines, le jeune homme avait changé, se rapprochant de plus en plus de celui qu'il serait dans le futur. Hime retint un soupir attristé : la mort de Rin lui pesait, elle le savait, mais que pouvait-elle faire ?

- « Est-ce qu'un jour, tu vas aussi me laisser mourir ? » demanda Kakashi d'une voix distraite, comme s'il lui demandait la météo du jour. « Est-ce que tu viendras pleurer sur ma tombe, en me disant que tu n'y pouvait rien ? »

Hime cessa de respirer, puis tourna lentement la tête vers lui. Que dire ? Elle se mordit les lèvres, et se releva sur un coude pour pouvoir mieux le regarder. Il lui rendit son regard, le visage inexpressif. La jeune femme sourit tendrement, prit son courage à deux mains, et posa une main sur la joue de son ami.

- « Je ne te laisserais pas mourir comme ça, Kakashi Hatake. Et je ne t'en dirais pas plus là-dessus, car nul homme ne peut connaître sa destinée. Tu en sais déjà beaucoup trop, je devrais m'enfuir en courant. »

L'expression du jeune homme s'adoucit légèrement. Puis il s'empara de la main qu'Hime avait posée sur son visage, et la regarda attentivement, notamment la coupure sur sa paume, qui avait presque fini de cicatriser.

- « C'est une promesse stupide » murmura-t-il, comme s'il se parlait à lui-même. « Jamais je n'aurais dû te demander quelque chose comme ça. »

Hime sourit, et ne fit absolument aucun effort pour récupérer sa main.

- « Ne t'inquiète pas, je n'ai pas l'intention de mourir de sitôt ! » plaisanta-t-elle, tentant maladroitement d'alléger l'ambiance. « Ne m'enterre pas trop vite, je suis encore jeune ! »

Insensible à sa tentative d'humour, Kakashi passa le pouce sur la cicatrice de la main d'Hime et appuya doucement, comme s'il cherchait à l'effacer.

- « Qu'est-ce que tu crois », continua-t-elle d'une voix exagérément outragée, « que je vais tout te dire le mois prochain ? Oh, ça non ! Je ne te dirais rien, pas avant des années, quand tu seras un vieux papy gâteau ! »

- « Un papy gâteau ?! » hoqueta le jeune homme.

- « Oui, lorsque tu seras un vieux pépé rabougri bourré de rhumatismes, et entouré d'au moins quinze petits-enfants. Vu ? »

Le jounin laissa échapper un bref éclat de rire, ayant sans doute du mal à s'imaginer ainsi. Rares étaient les shinobis qui vivaient assez longtemps pour voir leurs petits-enfants.

- « Dans ce cas, je n'y vois pas d'objection. »

Ils passèrent encore un long moment ainsi, allongé l'un à côté de l'autre, en silence. Hime ferma les yeux et frissonna doucement. Durant quelques instants, elle eut l'impression que c'était la dernière fois qu'elle se sentait en paix et en sécurité. D'où venait donc cet étrange pressentiment ?


Gin se figea, et la plume qu'il tenait à la main tomba sur la table avec un bruit sourd, avant de rouler sur le papier, répandant de l'encre sur la lettre qu'il avait commencé à rédiger quelques instants plus tôt. Atsuro releva le nez de son livre de compte, curieux, et pâlit en voyant l'expression de son ami de toujours : la bouche entrouverte, le regard vide, les pupilles dilatées.

- « Qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-il aussitôt, se levant précipitamment pour se placer aux côtés du président du club. « Gin, ça va ? »

Mais il ne répondit pas d'un cil, pétrifié. Affolé, Atsuro le prit par l'épaule et le secoua gentiment. Gin parut enfin reprendre un peu vie, car il baissa la tête et se posa une main tremblante sur la bouche, comme pour s'empêcher de hurler. Atsuro ne voyait pas ce qui pouvait mettre l'inébranlable Gin dans un tel état, mais il comprit une chose : la situation était grave.

- « Le sceau » souffla finalement le président, encore secoué. « Le sceau a été retiré ! »

Il se leva brusquement et se mit à faire les cents pas, sous les yeux perplexes d'Atsuro. Le sceau ? Quel sceau ? Est-ce qu'un membre du club avait réussi à retirer son sceau ? Dans ce cas là, il parierait sur Hime.

Gin s'arrêta, et se ponça l'arrête du nez, tentant de calmer l'agitation intense qui l'animait.

- « Je n'ai pas le choix, c'est une urgence absolue ! » s'exclama-t-il.

- « Mais vas-tu m'expliquer ce qui se passe, oui ?! » s'énerva Atsuro, qui commençait à être affecté par l'agitation du président.

L'homme blond ne répondit pas, et croisa les mains. Il se concentra, et une légère lumière paru un instant se dégager de son corps. Atsuro sentit brusquement que la marque de sa cheville avait commencé à chauffer, devenant brûlante comme si elle était chauffée à blanc. Il grimaça.

- « Réunion d'urgence » expliqua Gin, lorsqu'il eut fini de convoquer tous les membres du club dans le monde. « J'expliquerais lorsque tout le monde sera là. »


Hime se releva brusquement, poussant un cri de surprise, et retira précipitamment sa chaussure gauche, regardant son sceau avec attention. Au lieu de sa couleur habituelle, le dessin compliqué était rouge, et elle avait l'impression de sentir une sorte de pulsation.

- « Qu'est-ce que ça signifie ? » demanda Kakashi.

La jeune femme pinça les lèvre, remit sa chaussure et se leva.

- « Des ennuis. »

C'était le signal d'alarme, mais il n'était jamais utilisé, même lorsqu'une Mary-Sue apparaissait ! Qu'est-ce qui avait bien pu se produire ? Bon, elle devait aller en urgence au club pour savoir ce qui se passait, c'est la seule chose à faire pour le moment.

Elle fit rapidement quelques signes de main, et un aigle de taille normal apparut près d'elle. Le rapace se posa sur son épaule, et elle lui demanda d'aller laisser un message à l'Hokage, pour lui dire qu'elle était indisposée et ne pourrait pas remplir sa prochaine mission. Elle allait sans doute de faire taper sur les doigts plus tard, mais là il y avait urgence.

- « Que se passe-t-il ? »

Hime adressa un clin d'œil à Kakashi.

- « Tu as peut-être les cheveux gris, mais tu n'es pas encore un pépé rabougri, que je sache ! » dit-elle joyeusement, même si elle se doutait que ses lèvres étaient crispées et que sa voix sonnait faux. « Je t'expliquerais plus tard, promis. »

Sans plus attendre, elle se téléporta dans le quartier général du club, où elle trouva un Gin en proie à une grande agitation, entouré de plusieurs autres membres du club. Atsuro avait l'air énervé, et Shuhei était tremblant d'appréhension. D'autres membres arrivaient en courant, au fur et à mesure qu'ils arrivaient à se libérer.

Gin refusant de répondre aux question tant que tous les membres du club ne seraient pas là, Hime choisit la patience et s'installa confortablement aux côté d'Harue. La vieille dame était maintenant presque aveugle, et lui fit un sourire absent en reconnaissant sa voix.

- « J'ai convoqué les membres des autres clubs, partout dans le continent. Ils arriveront dans les prochains jours, j'espère. » dit finalement Gin, quand il vit que la majorité des membres du club de Konoha étaient arrivés.

- « Qu'est-ce qui se passe ? » grommela une femme d'une trentaine d'année, qui se massait encore la cheville. « Pourquoi cette alarme ? Si c'est une blague, elle n'est pas drôle du tout ! »

Gin lui envoya un regard glacial, et elle se pétrifia sur place, ne pipant plus mot.

- « Il se passe » dit-il finalement, après avoir recouvré un semblant de calme, « que le sceau qui retenait prisonnière l'âme de Mary-Sue, la toute première, a été brisé. »

Il y eut des exclamation surprise, et un murmure inquiet se répandit dans la salle. Hime fronça les sourcils.

- « N'est-elle pas sensée être morte, à l'heure qu'il est ? » intervint Hana. « Son âme a été scellée durant des siècles ! »

- « Non » répondit le président, en secouant sa belle chevelure. « Quand Akane-sama a choisit de ne pas tuer sa sœur, elle a employé un jutsu très dangereux, et qui est oublié de nos jours, pour emprisonner son âme et son corps dans un endroit lointain. Le corps de Mary-Sue est mort il y a des années, mais son âme est restée prisonnière, en punition pour ses crimes passés. Akane-sama avait placé un système d'alarme, pour que le président du club le sache si le sceau venait à être brisé. »

Hime frissonna. Ce genre de jutsu était en théorie impossible, mais pour quelqu'un comme Akane, une Mary-Sue maîtrisant pleinement ses pouvoirs, c'était réalisable. Elle se sentait horrifiée à l'idée de la longue agonie qu'avait dû subir Mary-Sue, toute seule dans sa prison, et ne pouvait même pas imaginer l'horreur que ça avait dû être de ne pas pouvoir mourir, et de passer des siècles enfermée à côté de son propre cadavre pourrissant. Quelle horreur ! Akane avait vraiment été cruelle avec sa petite sœur...

- « Maintenant qu'elle est libre, elle va chercher à se venger, non ? » intervint-elle.

Gin acquiesça.

- « La première chose qu'elle va faire sera de se trouver un nouveau corps, mais c'est sans doute déjà fait : elle aura probablement pris la personne qui a retiré le sceau de sa prison. Ensuite, et bien... Mary-Sue aimait se sentir puissante, et dominer les autres. Et depuis le temps, elle doit avoir une rancune tenace contre le club. »

- « Donc, j'en déduis qu'elle va bientôt tenter quelque chose pour faire parler d'elle » fit Atsuro. « Nous n'auront pas d'autre choix que de tenter de l'arrêter, et elle en profitera pour accomplir sa vengeance sur nous, les héritiers de sa sœur. »

Il y eut un long silence, entrecoupé de murmures horrifiés.

- « Quel est le plan ? » demanda Hime, devinant déjà qu'elle allait être mise en contribution, étant la seule possédant une infime chance de rivaliser avec l'ennemie.

Gin ferma les yeux, et se massa longuement les tempes, sous les regards plein d'espoir de tous les membres du club. En cet instant, Hime vit vraiment quelle responsabilité pesait sur ses épaules : les vies de tous les membres du club étaient entre ses mains.

- « Nous décideront dans une semaine, lorsque les membres des autres clubs seront là. En attendant, Hime va partir vers l'endroit où était scellée Mary-Sue, et tenter de la traquer, pour avoir une idée de l'endroit où elle attaquera. Il lui faudra sans doute un peu de temps pour s'habituer à son nouveau corps, donc elle n'aura pas encore son agilité de ninja, ni tous ses pouvoirs. »

- « Pourquoi ne pas l'attaquer à ce moment-là, alors ? » répliqua aussitôt la kunoichi. « Si elle n'a pas encore retrouvé toutes ses capacités, je pourrais en profiter pour la neutraliser. »

- « Non, c'est trop dangereux » affirma Gin. « Imagine un instant qu'elle ne soit pas encore entièrement fixée à son nouveau corps, et qu'elle envahisse le tien ? Ou que les pouvoirs qu'elle ait récupérés soient déjà énormes ? Je ne veux pas prendre ce risque, tu es trop précieuse pour le club. »

Hime haussa un sourcil. C'était bien la première fois qu'on lui disait quelque chose comme ça.

- « Tu vas te rendre discrètement à l'endroit d'où est parti le signal d'alarme, et traquer Mary-Sue. Mais attention, surtout ne t'approche pas d'elle, elle ne doit pas sentir ta présence ! Tu dois juste la trouver, et la surveiller. Si jamais elle a le moindre doute, ne réfléchis pas et fuis ! C'est bien compris ? »

Elle hocha la tête, et invoqua un de ses aigles. L'oiseau apparut sur son épaule, déclenchant des « Ooooh » et des « Aaaaaah » d'admiration dans l'assistance. Hime le décrocha doucement de son épaule, et lui murmura quelques mots à l'oreille. Il battit des ailes et s'envola, fit une ou deux fois le tour de la pièce, avant de se poser sur le fauteuil préféré de Gin.

- « Voici Kan », expliqua Hime. « Si vous voulez me contacter, donnez-lui le message et il me retrouvera, où que je sois. »

Gin lui donna encore quelques détails sur Mary-Sue, lui expliquant par exemple qu'elle allait probablement modifier son corps, et qu'il fallait qu'elle recherche une jeune femme belle à en couper le souffle. Aussi, il lui parla d'autres détails qu'ils avait entendu de la bouche de son prédécesseur, et qui pourraient peut-être lui être utiles.

Hime lui fit promettre de faire en sorte qu'elle ne soit pas classée parmi les ninja déserteur durant son absence, et parti à son appartement pour se préparer. Traquer non pas une, mais la Mary-Sue, cela risquait d'être la mission la plus difficile qu'elle ai jamais reçu. Effectivement, la situation était vraiment urgente.

À la nuit tombée, elle se prépara à quitter le village. Envisageant d'abord d'invoquer Byakuya pour qu'il la dépose à l'endroit que lui avait indiqué Gin, mais préférant finalement la discrétion : impossible de savoir à quelle distance Mary-Sue pourrait détecter sa présence, aussi allait-elle devoir se montrer extrêmement prudente.

Elle s'arrêta un instant, à l'endroit précis où Sasuke assommerait Sakura avant de quitter le village, dans quelques années. Hime respira un grand coup, et tenta vainement de se persuader que partir à la poursuite d'une femme folle de rage et au moins cinquante fois plus puissante qu'elle n'était pas si terrible.

Elle se remémora l'après-midi tranquille qu'elle avait passé avec Kakashi, allongés main dans la main devant la stèle, et du mauvais pressentiment qu'elle avait eu à ce moment là. Maudite intuition féminine !

Hime ferma les yeux, s'accrochant à ce souvenir tout récent et agréable. Si elle laissait Mary-Sue agir, alors elle risquait d'interférer dans l'histoire et de s'attaquer à certains des personnages principaux. Et il n'était pas question qu'elle la laisse toucher à un cheveux de Kakashi, Naruto, ou aucun des habitants de la ville.

Elle rouvrit les paupières, déterminée, et s'enfonça dans la nuit.

Sans remarquer la silhouette qui la suivait avec discrétion, cheveux argentés reflétant les reflets de lune, d'un homme trop curieux pour attendre d'être grand-père...