Bonjour tout le monde !
Cette semaine, je poste le chapitre en avance (youpi !) histoire de me faire pardonner pour les deux semaines précédentes. Et vu que je me sens particulièrement inspirée pour ce week end, peut-être même qu'il y aura un chapitre supplémentaire dimanche soir, qu'en dites-vous ? (reviews ? :3)
Bonne lecture ;)
Le club des amateurs de tricot – Chapitre 14
Retour aux origines
Hime batailla durement contre ses paupières closes, qui semblaient s'être mises à peser une tonne. Quand elle réussit enfin à ouvrir les yeux, ce fut pour voir une branche d'arbre qui agitait nonchalamment ses feuilles au gré du vent, juste au dessus d'elle. Il y avait peu de lumière, et le ciel avait une teinte rosée, ce qui laissait deux options possibles : ou bien c'était l'aube, ou bien c'était le crépuscule.
Grâce à un énorme effort de volonté, elle parvint à tourner la tête sur les côté. Gauche : des herbes hautes et des fleurs sauvages. Droite : des herbes hautes, des fleurs sauvages, et Kakashi. Il semblait inconscient, et était maculé de sang. Oh, si ce n'était que... Maculé de sang ?!
Se redressant si vite qu'elle en eut le vertige, la jeune femme se précipita sur lui, palpant sa poitrine à la recherche de la moindre blessure grave. Mais non, il respirait normalement, et ce sang n'était manifestement pas à lui. Hime se rappela alors les derniers évènements, Mary-Sue, l'attaque de Kakashi. Oh, ce n'est pas son sang... C'est le mien.
Baissant les yeux sur sa propre poitrine, elle remarqua qu'elle était elle aussi couverte de sang, et qu'un trou ayant à peu près la taille d'un poing se découpait dans ses vêtements. Tout doucement, elle se palpa la poitrine, mais la blessure mortelle avait été entièrement guérie par Mary-Sue. Avec horreur, elle vit qu'il y avait aussi un trou dans le dos de sa veste de jounin. Eh ben, il ne m'a pas ratée !
Elle frissonna en se remémorant l'affreuse sensation, lorsqu'elle avait senti la main de Kakashi lui passer au travers. Le temps avait semblé ralentir, et elle avait eu mal, si mal... Elle se souvenait également de la surprise et la douleur qui avait traversé le regard dépareillé de son ami, avant qu'il ne la prenne dans ses bras.
Hime sourit, et essuya doucement les gouttelettes de sang qui avaient atterri sur le visage de son ami, faisant attention à ne pas le réveiller. Pourquoi étaient-ils encore en vie ? Ce n'était pas logique. C'était facile de comprendre pourquoi Mary-Sue l'avait soignée après que Kakashi l'ait presque tuée : elle avait encore voulu jouer avec elle, et ne s'en était pas privée. Hime grimaça au souvenir de l'atroce douleur qui avait parcouru tout son corps, et notamment sa cheville gauche.
Saisie d'un doute, elle retira précipitamment sa chaussure, et ce qu'elle vit confirma ses craintes : son sceau avait été retiré. Mais pourquoi faire ça ? C'était impensable ! Le sceau du club était ce qui retenait les pouvoirs latents de chacun des voyageurs, alors pourquoi Mary-Sue avait-elle voulu le retirer ? C'était comme de tendre un bâton pour se faire battre, cela n'avait aucun sens ! À moins ce qu'elle ne considère que même avec ses pouvoirs au complet, Hime ne serait pas de taille face à elle ?
Tout de même, quel étrange comportement ! D'abord elle soignait Hime, puis s'amusait à la faire souffrir, affirmait qu'elle allait la faire disparaître ainsi que Kakashi, puis finissait par les laisser tous les deux en vie. Aucun sens. Bon, en même temps, elle n'avait pas l'air très saine d'esprit non plus...
Au bout de quelques minutes, Hime commença à se sentir un peu mieux, même si elle avait toujours le sentiment que ses membres étaient lourds. Elle se sentait encore faible, mais c'était parce-qu'elle perdu une grande quantité de sang, après tout. Un autre problème se posait, autrement plus important que la faiblesse de son corps.
Où étaient-ils ? Elle ne reconnaissait pas ces arbres. Dans la forêt où elle avait traqué Mary-Sue, il y avait essentiellement des cèdres et des chênes. Ici, elle voyait des bouleaux, ainsi que de nombreuses autres variétés d'arbres. Ce n'était plus la même forêt. Peut-être que Mary-Sue les avait téléporté dans un pays lointain, pensant que d'ici à ce qu'il reviennent à Konoha, elle aurait déjà soumis tout le pays ?
Hime sourit : l'illustre cinglée ne savait pas qu'elle possédait un contrat d'invocation avec les aigles. Sur le dos de Byakuya, il leur serait facile de revenir rapidement au village. Malgré tout, cela lui sembla trop simple. Plutôt que de s'embêter à les envoyer dans un endroit d'où ils risquaient de revenir pour l'embêter, Mary-Sue aurait dû les tuer, c'était la meilleure option. Il devait il y avoir autre chose. Mary-Sue était une démente, oui, mais elle n'était pas bête.
Un mouvement attira son attention, la sortant de ses pensées. Kakashi était en train de se réveiller. Manifestement, il souffrait lui aussi du syndrome « paupières-de-plomb » qu'elle avait expérimenté quelques instants plus tôt. Amusée, elle attendit patiemment tandis qu'il luttait pour émerger.
Il réussi finalement à ouvrir l'œil droit, et cligna la paupière lentement, sans jamais ouvrir son œil gauche. Agenouillée près de lui, Hime retint sa respiration, ne faisant absolument plus aucun bruit. Elle commença à compter mentalement avec un petit sourire en coin.
3...
2...
1...
Kakashi se redressa brusquement en position assise, prêt à dégainer un kunai. Il balaya les alentours du regard, puis son regard s'arrêta sur Hime. Celle-ci lui sourit gentiment pour lui signaler qu'il n'y avait aucun danger à proximité et que non, elle ne lui en voulait pas d'avoir manqué la tuer.
Une fraction de seconde plus tard, il était face à elle et la serrait dans ses bras. Choquée, Hime se raidit et ne fit aucun mouvement.
- « J'ai eu si peur » avoua son ami, si bas qu'elle ne fut pas sûre d'avoir bien entendu. « J'ai cru que je t'avais perdue, toi aussi. »
Un peu maladroitement, Hime lui rendit son étreinte et lui tapota l'épaule. Elle se doutait bien que Kakashi avait eu peur de perdre encore une amie, après Obito et Rin. Serrant les lèvres, elle refusa de s'autoriser à espérer plus : une amitié avec lui était déjà bien plus que tout ce dont elle pouvait rêver, et de toute manière... Que pourrait-il bien trouver d'attirant chez elle ? Elle n'avait ni la douceur de Rin, ni les formes plantureuses d'Anko, ni la féminité de Kurenai...
- « Tout va bien » murmura-t-elle. « Je suis coriace, tu sais ? »
Ils restèrent ainsi quelques secondes supplémentaires, et s'éloignèrent un peu, chacun regardant soigneusement ailleurs. Le temps de reprendre contenance et faire comme si rien ne s'était passé. Ni l'un ni l'autre n'aimaient montrer leurs émotions.
- « Où sommes nous ? » demanda nonchalamment Kakashi en regardant autour de lui. « Et pourquoi sommes nous encore en vie ? »
- « Aucune idée, mais je pense que nous sommes sans doute très loin de Konoha. »
Kakashi se leva, et aida Hime à se mettre debout. Les jambes de cette dernière tremblèrent un peu, et la tête lui tourna légèrement, mais elle retrouva finalement son équilibre.
- « Allons explorer les environs » dit le jeune homme, de sa voix autoritaire de capitaine ANBU. « Nous devons trouver un village, pour qu'ils puissent nous indiquer où nous sommes. »
Hime hocha la tête, et fit quelques pas mal-assurés, jusqu'à ce que Kakashi la rattrape et la hisse sur son dos, avec un petit soupir contrarié. La jeune femme ne fit aucun commentaire, et en profita plutôt pour poser la tête sur son épaule et fermer les yeux. Rapidement, elle se détendit et commença à somnoler.
- « Hé, ne t'endors pas sur moi ! » s'insurgea Kakashi.
- « J'suis fatiguée... » râla-t-elle dans un souffle. « J'ai perdu trop d'sang... »
Les épaule de sa monture se raidirent, et Hime sourit malicieusement. Voilà qui offrait de belles possibilités de chantage, s'il suffisait qu'elle lui rappelle qu'il avait failli la tuer pour qu'il devienne conciliant...
- « Justement, alors reste éveillée jusqu'à ce qu'on trouve de l'aide. » soupira le jeune homme.
- « J'vais parfait'ment bien. Mary-Sue m'a réparée, tu t'souviens ? »
- « À ce propos » dit-il aussitôt, saisissant la balle au bond, « qui était cette femme ? Pourquoi la suivais-tu ? »
Hime rouvrit les paupières, à nouveau pleinement réveillée, et se mordit les lèvres. Maintenant que Mary-Sue avait enlevé son sceau (allez savoir pourquoi), elle n'était plus tenue au secret et pouvait tout raconter à Kakashi, si ça lui chantait. Était-ce une bonne chose pour autant ?
- « Ahem... C'était... » hésita-t-elle, pesant ses mots. « Une ennemie ancienne et... Redoutable. Très redoutable. »
- « Et concernant ce qu'elle a dit ? »
- « Pardon ? » demanda-t-elle, feignant admirablement l'ignorance.
- « Tu sais très bien de quoi je parle. ''Héritière d'Akane'' ? ''Personnage principal'' ? »
- « Oh, ça... »
Kakashi se tut, attendant la réponse, et Hime ferma à nouveau les yeux. Elle avait un choix à faire. C'était maintenant ou jamais : tout lui dire ? Feindre d'avoir encore le sceau et se taire ?
- « Tu ne peux pas en parler à cause du sceau ? »
Que faire, que faire... Elle serra les dents. Le fait d'être obligée de faire des cachotteries à son ami le plus proche l'avait toujours mise mal à l'aise, et maintenant qu'elle avait enfin l'occasion de tout lui dire, voilà qu'elle ne trouvait pas le courage de le faire.
- « Non, ce n'est pas ça... »
Elle prit un profonde inspiration. De toute manière, elle n'avait jamais été une bonne membre du club, piétinant les règles depuis son plus jeune âge, et tombant am... Euh, se liant d'amitié avec l'un des personnages les plus importants de l'histoire.
- « Akane était la fondatrice de... Euh... L'organisation qui a placé un sceau sur moi. La première gardienne, on peut dire ça comme ça. C'est pour ça que je fais partie de ses héritiers. »
- « Et pour le personnage principal ? »
- « Euh... Je... C'est difficile à expliquer... »
Elle avala sa salive, tandis que Kakashi patientait. Il continuait à avancer à un bon rythme dans la forêt, sans avoir l'air de se fatiguer malgré la charge supplémentaire qu'il transportait.
- « Je t'ai déjà dit que nul homme ne pouvait connaître sa destinée, non ? »
Il ne répondit rien, faisant mine de ne pas avoir entendu, et attendit en silence. Hime hésita, et puis rendit finalement les armes.
- « Tu es quelqu'un d'important dans l'Histoire. » lâcha-t-elle dans un murmure à peine audible. « Et je ne t'en dirais pas plus là-dessus. »
- « Ça me suffit... Pour l'instant. » répondit-il après une courte réflexion. « Mais j'ignore qui est cette Mary-Sue. Quel nom étrange ! »
Hime émit une flopée de jurons portant essentiellement sur un certain jounin trop têtu, et Kakashi laissa échapper un petit rire amusé. Brusquement, elle se rappela un détail important.
- « Hé, une seconde... Peux-tu m'expliquer la raison pour laquelle tu me suivais ? »
- « Tu ne croyais quand même pas que j'allais sagement attendre d'être un papy gâteau, si ? » répliqua-t-il sans la moindre note de culpabilité dans la voix. « Alors, concernant cette ''Mary-Sue'' ? »
La jeune femme soupira bruyamment et leva les yeux au ciel.
- « C'était la sœur d'Akane. Et une des personnes contre lesquelles nous protégeons ce... Ce pays. »
- « Que t'a-t-elle fait, ensuite ? Tu hurlais tellement... Mais tu n'as pas l'air blessée. »
Évidemment, il faut toujours qu'il pose les questions qui posent problème. Hime hésita, sachant très bien que si elle répondait à cette question, Kakashi ne la lâcherait plus jusqu'à ce qu'elle lui ai tout détaillé du club des amateurs de tricot.
Avant qu'elle n'ait pu décider de lui révéler ou non l'absence toute récente de son sceau, Kakashi s'arrêta brusquement.
- « Qu'est-ce que c'est que cette route ? » murmura-t-il. « Je n'en ai jamais vu de pareil. »
Hime releva la tête, et regarda dans la direction où il regardait.
Elle pâlit, et resserra son emprise autour des épaules de Kakashi, pour s'empêcher de basculer en arrière.
À quelques mètres de là, il y avait des barrières. Et derrière ces barrières, une route en bitume sombre, marquée de longues lignes blanches. Une route comme elle n'en avait plus jamais vu depuis des années.
Une route de son monde natal.
Shuhei se rendit au quartier général du club d'un pas pressé, s'arrêtant à peine pour vérifier qu'il n'était pas suivi. Il était trop inquiet pour faire attention : Gin venait de le faire appeler, personnellement.
Il poussa la porte, et salua Harue d'un signe de tête qu'elle ne vit pas, avant de s'empresser de filer vers le bureau du président, slalomant entre les nombreuses personnes qui traînaient dans le bâtiment, puisque le SIAT (Séminaire International Annuel du Tricot) était encore en pleine effervescence.
- « Excusez-moi, excusez-moi », psalmodiait-il tout en essayant de se frayer un passage parmi tous les membres du club. « Excusez-moi, je voudrais passer. Excusez-moi... »
Finalement, il arriva enfin en vue du bureau de Gin, gardé par Atsuro, l'âme damnée du président. En apercevant Shuhei, il ajusta ses lunettes sur son nez, et inclina la tête en guise de bonjour. Avec un petit sourire triste empli de compassion, il s'écarta pour le laisser passer.
Shuhei haussa un sourcil, surprit par l'attitude d'Atsuro. Pourquoi tant d'amabilité, et pourquoi ce regard plein de pitié ? Il commença à se sentir mal, sans vraiment pouvoir dire pourquoi.
Il entra dans la pièce, un peu intimidé, comme à chaque fois qu'il pénétrait dans l'antre du président du club. Gin était assis sur son bureau, un coude posé sur l'accoudoir et le menton posé pensivement sur sa main. Il regardait par la fenêtre, le visage fermé. Shuhei se racla doucement la gorge, pour lui signifier sa présence.
- « Vous vouliez me voir ? »
Le président tourna la tête vers lui au bout de quelques secondes, et posa sur lui un regard sombre.
- « Assieds-toi, Shuhei. »
Un peu décontenancé, Shuhei obéit et posa nerveusement une fesse sur le sofa qui se trouvait à côté de la porte. Que se passait-il ?
Gin soupira, et se passa une main devant les yeux, comme s'il n'osait pas regarder Shuhei en face. Celui-ci attendit, de plus en plus intrigué.
- « Gin ? » demanda-t-il avec prudence.
- « Tu sais qu'Hime est partie en mission depuis quelques jours, sur les traces de Mary-Sue. » commença le président.
Shuhei serra les poings. Oh oui, il le savait, et il était contre ! Aussi jounin soit-elle, Hime n'était pas de taille face à Mary-Sue, et mettait sa vie en grand danger en se tenant à moins de quinze kilomètre d'elle !
- « C'est à propos d'Hime ? » demanda-t-il d'un ton sec. « Elle est revenue de sa mission ? »
Gin détourna le regard, et Shuhei sentit que tout son sang quittait son visage. Son cœur se mit à battre à grand coups douloureux, emplis d'appréhension.
- « J'ai senti sa marque disparaître tout à l'heure. » avoua Gin, se décidant enfin à affronter de nouveau son regard. « Elle est morte. »
Shuhei ne réagit pas. Hime, morte ? Ces deux mots mis côte à côte n'avaient aucun sens. Hime revenait toujours vivante, toujours. Non, non, elle ne pouvait pas mourir. N'est-ce pas ?
Les mots de Gin firent leur chemin dans son esprit, et il eut l'impression que son cœur s'arrêtait. Non, ça ne pouvait pas être vrai ! Pas Hime, pas sa petite princesse !
- « Tu mens ! » cria-t-il soudain. « Tu dis des bêtises, c'est n'importe quoi ! Hime n'est pas morte ! »
Mais le regard de Gin était sérieux, et il ne s'amuserait jamais à faire ce genre de blagues. Cette réalisation heurta Shuhei de plein fouet. Il se laissa tomber en arrière sur le sofa, plaquant une main sur sa bouche pour s'empêcher de hurler. Il se rendit à peine compte qu'il pleurait.
Non, non, pas Hime... Pas elle ! Il pouvait encore parfaitement voir son visage, confiant et calme, juste avant qu'elle ne s'en aille à la poursuite de Mary-Sue. Non, non ! Impossible !
- « Shuhei, je suis vraiment navré, mais nous allons devoir continuer avec le plan, même si... »
Mais Shuhei n'entendit pas la fin de la phrase. Immobile, il fixait le sol sans le voir, alors que des larmes continuaient de couler sur ses joues. Ses mains avaient cessé de trembler, et il se sentait vide à l'intérieur, si vide...
Hime, ma petite princesse... Ma fille...
- « Nous devons partir d'ici. » fit Hime d'une voix blanche.
Elle regarda rapidement à gauche et à droite, mais il n'y avait aucune voiture, pour l'instant.
- « Je suis tout à fait d'accord » répondit Kakashi avec flegme. « Mais d'abord, nous devons savoir où nous sommes. »
La jeune femme secoua frénétiquement la tête, paniquée.
- « Je sais où nous sommes ! Maintenant retournons vite à la forêt, nous ne pouvons pas être vus comme ça, avec tout ce sang ! »
Ses souvenirs de son monde d'origine étaient flous, mais elle savait qu'il ne faisait pas bon se balader tranquillement avec des vêtements couverts de sang. Hime se rendit à peine compte que Kakashi faisait rapidement demi-tour, trop choquée par ce qu'elle venait de découvrir.
Maintenant, elle prenait pleinement ma mesure de la cruauté de Mary-Sue. Pourquoi la tuer, en effet, si elle pouvait la renvoyer à son monde d'origine pour qu'elle y vive en se sachant responsable de ce qui allait arriver, et en ayant conscience que l'histoire était fichue et qu'elle ne pouvait rien y faire ?
Voilà ce qu'elle avait voulu dire, quand elle avait dit qu'elle allait faire disparaître Kakashi. Ils ne trouveraient même pas son corps, vu qu'il n'y en aurait pas. Mary-Sue allait prendre le contrôle du pays, du monde entier, et Naruto, Sasuke et Sakura n'auraient jamais de professeur. Quelle horreur !
Soudain, elle sentit que Kakashi la décrochait de son dos et la posait au sol. Ses genoux cédèrent, elle tomba sur les fesses, trop choquée pour penser à se rattraper à quelque chose.
- « Qu'est-ce qui se passe ? »
C'était pour ça que Mary-Sue lui avait retiré son sceau ! Le sceau du club était ce qui la maintenait attachée au monde de Naruto, alors elle l'avait enlevé pour pouvoir la renvoyer dans son monde d'origine.
Les souvenirs flous de son enfance dans ce monde, qu'elle avait soigneusement enterrés au fil des ans, commencèrent à refaire surface dans son esprit. Maintenant que le sceau avait été retiré et qu'elle se savait de retour dans ce monde, elle se souvint de son ancien nom et eut envie de vomir.
Elle ne réalisa qu'elle tremblait violemment que lorsque Kakashi la saisit par les épaules et la serra contre lui en une étreinte rassurante.
- « Calme-toi. Respire, Hime, respire. »
Peu à peu, un semblant de calme lui revint. Elle lutta de toute ses forces contre une forte envie de pleurer, le visage plaqué contre la poitrine de son ami. Finalement, elle cessa de trembler, et Kakashi attendit encore un peu avant de lâcher, sans doute pour être sûr qu'elle n'allait pas se remettre à craquer.
- « Où sommes nous ? » demanda-t-il calmement.
Hime baissa les yeux, ne sachant pas trop comment lui annoncer qu'il se trouvait dans une dimension parallèle dans laquelle il n'était qu'un personnage fictif d'une histoire. Elle regarda ses vêtements troués, boueux et barbouillés de sang, et songea aussitôt qu'ils allaient avoir besoin de se déguiser, pour passer inaperçu. Le temps de trouver un moyen de rentrer dans le monde de Naruto. Après tout, elle avait déjà fait le voyage une fois, qu'est-ce qui l'empêchait de recommencer ?
- « Nous sommes... Dans un autre monde, ou une autre dimension, si tu préfère. »
L'œil visible de Kakashi s'écarquilla.
- « Tu plaisante ?! » souffla-t-il après quelques minutes de silence choqué.
- « J'aimerais bien... »
- « Comment sais-tu que nous sommes dans une autre dimension ? »
- « C'est ici que je suis née. »
Le laissant digérer l'information, Hime fouilla dans les étuis à parchemins de sa veste, et trouva le rouleau d'invocation qu'elle cherchait : celui qui contenait sa précieuse mallette de maquillage et de déguisements.
- « Nous allons devoir nous déguiser, le temps de trouver un moyen de rentrer. » marmonna-t-elle entre ses dents, tout en étalant le parchemin au sol, posant ses mains dessus. Elle tenta de malaxer son chakra pour invoquer sa mallette. La jeune femme fronça les sourcils.
- « Kakashi, essaye de malaxer ton chakra, s'il te plaît ? »
Celui-ci obéit. Il fronça lui aussi les sourcils, quelques secondes plus tard.
- « Je n'y arrive pas. Qu'est-ce que ça signifie ? »
Hime soupira. Si les habitants de son monde natal ignorait tout du chakra, c'était parce-qu'ils étaient incapable de l'utiliser. Elle avait toujours pensé que c'était juste un pouvoir dormant en eux, mais il semblerait que ça soit la dimension elle-même qui bloque toute émission de chakra.
Un doute la saisit, et elle se précipita sur son ami, levant la main vers son bandeau frontal et son Sharingan dissimulé. Kakashi eut un léger mouvement de recul, mais elle lui ordonna de ne pas bouger tandis qu'elle enlevait son bandeau.
- « Ouvre l'œil gauche. »
Les deux jeunes gens sursautèrent en même temps : lui parce-qu'il ne sentait plus le pouvoir du Sharingan, ni l'énergie que cela drainait en lui à chaque fois qu'il l'utilisait. Elle parce-que l'œil gauche de son ami était noir, et vu qu'il avait à la base les yeux aussi sombres que ceux d'Obito, il avait maintenant de nouveau les deux yeux de la même couleur. Hime en resta bouche bée, et lui tendis un petit miroir de poche qu'elle transportait sur elle, de une parce-qu'elle était une femme, et de deux parce-que c'était utile de pouvoir vérifier régulièrement si son déguisement n'avait aucun souci de maquillage, durant les missions d'espionnage.
Kakashi écarquilla ses yeux nouvellement assortis, et se palpa précautionneusement la paupière gauche, comme si cela allait faire revenir sa pupille écarlate.
- « Dans ce monde, le chakra n'existe pas » expliqua Hime. « C'est pourquoi le Sharingan ne fonctionne plus. »
- « Explique moi. Tu es née ici ?! »
La jeune femme soupira, et se gratta pensivement l'arrière du crâne.
- « Nous allons suivre la route, cela nous conduira forcément à une ville. Là-bas, nous volerons des vêtements ainsi qu'un peu d'argent, et nous essaierons de déterminer dans quel pays nous sommes. Je t'expliquerais deux trois trucs en cours de route... »
