Bonjour tout le monde !

Encore une fois, je m'excuse pour le délai de parution, ainsi que pour mon manque de réponse aux reviews. Il faut dire que ce chapitre m'a donné du fil à retordre, croyez moi ;) Il est plus court que les chapitres habituels, mais plus chargé en émotions : ça compense :p

Hélas, nous voilà déjà presque à la fin : le prochain chapitre sera l'épilogue, qui clôturera les aventures d'Hime. Snif.

Bonne lecture, et merci à tous pour vos reviews et votre soutien :)


Le club des amateurs de tricot – Chapitre 23

Adieu

L'avantage, quant on est la personne la plus puissante du monde grâce à des pouvoirs de Mary-Sue et à une formation complète de combattante, c'est que la plupart des petits tracas de la vie quotidienne disparaissent comme par magie. Ainsi, les infirmières qui voulurent empêcher Hime de commettre la folie de sortir de son lit quelques heures à peine après s'être réveillée de son coma oublièrent instantanément que la kunoichi avait été alitée à l'hôpital. Ceux qui la croisèrent dans la rue, tenant à peine sur ses pieds et serrant sa fine tunique d'hôpital contre elle, l'oublièrent aussi.

Ainsi invisible, la jeune femme fit péniblement le trajet qui la séparait de l'appartement de Kakashi, murmurant des jurons entre ses dents à chaque fois qu'une de ses blessures à peine refermées l'élançait. Les jambes tremblantes, elle s'appuyait contre un mur dès qu'elle le pouvait, et continuait laborieusement de marcher.

Après le départ de Gin, elle avait passé un bon moment à pleurer à chaudes larmes, terrassée par l'affreuse de nouvelle de sa prochaine promotion. Incapable de réfléchir, elle s'était apitoyée longuement sur son sort et sur la fatalité qui semblait vouloir sans relâche s'abattre sur Kakashi et elle. Peut-être qu'ils n'étaient vraiment pas faits l'un pour l'autre, après tout, et que leur union était contre-nature : ne venaient-ils pas de deux mondes différents ? Pouvait-on vraiment espérer unir un chien avec un chat ?

Et puis elle s'était finalement calmée, au bout d'un long moment, et son cerveau s'était remit en route, de même que sa pugnacité naturelle. Elle avait encore une semaine avant d'être obligée d'effacer les souvenirs de son bien-aimé, et elle ne pouvait pas se permettre de gaspiller un temps précieux. Se décision était prise : jamais elle n'effacerait la mémoire de Kakashi. Rien que d'imaginer ce que ça pouvait être... Elle frissonna, et augmenta le rythme de sa marche forcée.

Finalement, au bout d'une éternité de marche épuisante, elle se retrouva devant la porte de l'appartement de meilleur ami, pantelante. Elle sentit sa présence à l'intérieur, et ne s'embêta à frapper, devinant parfaitement qu'il avait dû lui aussi la sentir venir. Elle poussa la porte (qu'il avait probablement laissée ouverte à son attention), et déboula dans son salon.


Kakashi leva les yeux, nullement surpris de voir son amie chez lui. Elle était pieds nus, uniquement vêtue de la légère tunique pâle que tous les patients avaient à l'hôpital, et ses cheveux emmêlés tombaient en cascades de chaque côté de son visage. Son cœur se serra quand songea que bientôt, il allait tout oublier d'elle. Comment pourrait-il vivre cette personne qu'il connaissait depuis des années, autour de qui sa vie s'était peu à peu centrée ? Sans elle dans sa vie et ses souvenirs, il serait vide, et ne le saurait même pas. Comment pourrait-il supporter cela ?

Ils se regardèrent longuement, gravement. Puis Hime prit une inspiration.

- « Je ne le ferais pas. » affirma-t-elle avec conviction.

- « Tu n'as pas le choix. » répliqua-t-il aussitôt. « Tu le sais aussi bien que moi. »

Hime ferma les yeux et serra les poings, en proie à un grand trouble intérieur, mais Kakashi ne laissa aucune émotion apparaître sur son visage. Il ne voulait pas l'accabler en lui montrant à quel point il était troublé, lui aussi.

- « Je pourrais faire semblant d'effacer tes souvenirs, et tu feras comme si tu ne me connaissais plus ! » lança-t-elle avec espoir.

- « Gin n'est pas un imbécile. Cette supercherie ne tiendra pas deux secondes. »

La jeune femme grommela à mi-voix, et se remit à réfléchir plus sérieusement.

- « Je pourrais trouver un moyen de te ré-implanter tes souvenirs un peu après, personne ne le saurait jamais... »

- « Sauf que Gin finirait par s'en rendre compte aussi. Il savait depuis longtemps, pour nous. »

C'était déplaisant, mais il devait la ramener sur terre : il n'y avait pas d'échappatoire possible. Après que Gin lui ait raconté son histoire et le sort qui l'attendait, Kakashi avait passé des heures à chercher un plan réalisable pour éviter ça, mais il n'avait rien trouvé. Lui, le ninja prodige, celui qui se sortait toujours de toutes les situations, n'avait rien trouvé. Mais en voyant Hime devant lui, tremblante et paniquée, sa résolution de se résigner à son sort se mettait à vaciller de plus en plus.

- « Et si... » souffla-t-elle. « Et si nous partions ensembles ? »

L'idée était tentante, merveilleusement et si cruellement tentante. Hime et lui, libérés de tous leurs devoirs, ensembles quelque part pour le reste de leurs existences. Plus de danger, plus de violence ni de missions, juste eux deux. Loin de tout, ils pourraient recommencer à zéro et se construire une nouvelle vie. C'était une si belle chimère...

Hime ferma les yeux et une larme solitaire roula sur sa joue. Elle était sans doute parvenue à la même conclusion : c'était irréalisable. L'un comme l'autre, ils étaient trop attachés à leurs devoirs pour oser envisager sérieusement de trahir tout ce en quoi ils croyaient. La jeune femme rouvrit les yeux, et le regarda d'un air suppliant.

- « Kakashi... » murmura-t-elle tout bas.

Avant même de s'en rendre compte, il s'était levé et avait refermé ses bras autour d'elle. Dieux, qu'elle était fine et fragile ! Kakashi respira le parfum de ses cheveux, alors qu'elle fondait en larmes dans ses bras. C'était injuste, tellement injuste. Après tout ce qu'ils avaient traversé ensemble, ils allaient devoir être séparés pour toujours. Pourquoi diable était-il un personnage important de l'histoire ? Le Sandaime n'aurait-il pas pu choisir quelqu'un d'autre pour enseigner la voie de ninja à Naruto ? Non ? Pourquoi cela devait-il être lui ? Pourquoi ?

Quand il s'embrassèrent, leurs baisers eurent un goût à la fois amer et salé. Ils ne se lâchèrent pas, et restèrent enlacés comme si leur plus cher désir était de se fondre en une seule et même personne. Quand ils firent l'amour, ce soir là, ce fut avec passion et désespoir.

Comme s'il n'y aurait pas de lendemain.


Une semaine, c'est court.

Comparé à une vie toute entière, ce n'est rien. Un grain de poussière, un battement de cœur. Cette semaine-là était passée comme un clin d'œil, si vite, si vite... Trop vite.

Hime serra la main de Kakashi, pour y puiser force et réconfort. Ce dernier lui fit un clin d'œil complice, et ils entrèrent ensemble dans le quartier général du club. La jeune femme plaqua un sourire confiant sur ses lèvres, et attendit que Gin se manifeste, ce qui n'allait pas tarder.

Elle avait décidé de refuser. Jamais elle n'effacerait la mémoire de son amant, ce n'était pas possible. Préparée à tout, et surtout au pire, elle s'était résolue à tenter d'argumenter, de trouver une solution. Qu'importe comment, elle trouverait le moyen de marchander avec Gin pour changer sa punition. Il devait y avoir quelque chose, un moyen... La chance lui avait toujours sourit, jusqu'à présent : elle avait survécu à son entraînement ninja, à la guerre, au Kyuubi, à ses mission ANBU, à Mary-Sue. Elle l'avait vaincue. Qu'avait-elle à craindre ?

Lorsqu'elle avait parlé à Kakashi de son plan de convaincre Gin de changer sa punition, la veille, il lui avait sourit et lui avait affirmé que c'était une excellente idée et qu'il y avait une chance pour que ça marche. Rassurée, elle avait passé la journée à se préparer un argumentaire convaincant, avec l'aide de son amant, et elle se sentait aujourd'hui remontée à bloc : si Kakashi pensait que ça pouvait marcher, alors rien ne pourrait l'arrêter.

Des bruits de pas se firent entendre, et Gin fit finalement son apparition, aussi resplendissant qu'à son habitude. Hime se raidit, et se concentra pour ne pas laisser sa détermination fondre : elle allait se battre, et elle allait gagner. Point final.

- « Bienvenue. Vous êtes prêts, tous les deux ? » demanda Gin.

Hime ouvrit la bouche pour commencer son bel argumentaire bien construit, mais les mots se bloquèrent dans sa gorge lorsque Kakashi lâcha sa main pour s'avancer vers le président du club. Il inclina respectueusement la tête en guise de salut.

- « Je suis prêt. Finissons-en, je vous prie. »

Hein ?

- « Kakashi ? M-mais que... Je ne... Q-quoi ? » balbutia Hime, trop choquée pour parler correctement.

Le jeune homme se retourna vers elle et abaissa son masque, peu soucieux du fait que Gin pouvait à présent voir son visage. Il lui sourit tendrement, et elle oublia de respirer.

- « Hime, tu sais parfaitement que nous n'avons pas le choix. » expliqua-t-il d'une voix douce. « Comment veux-tu que je me comporte comme il faut si je connais déjà les évènements futurs ? Je dois suivre l'histoire, être le sensei de Naruto, et l'aider de mon mieux : je le dois à Minato. »

- « Mais... »

- « Je ne peux pas accomplir mon devoir tel que je suis maintenant, et tu le sais très bien. »

- « Non, je ne le sais pas ! » s'emporta brusquement Hime. « Pourquoi m'as-tu laissé espérer ? Pourquoi m'as-tu dis qu'il y avait encore une chance ? POURQUOI ? »

Le jeune homme aux cheveux argentés posa délicatement une main sur sa joue et elle se laissa faire, malgré sa colère. Hime tenta de s'empêcher de pleurer, mais sans succès. Pourquoi n'y arrivait-elle pas ? C'était si facile, avant, de cacher ses émotions...

- « Parce-que je voulais te voir sourire, une dernière fois. » souffla Kakashi en essuyant ses larmes du bout des doigts.

Hime se laissa aller et sanglota bruyamment, pour la première fois depuis des années. Cependant, Gin lui posa une main sur l'épaule et la secoua gentiment pour la ramener à la raison.

- « Il est temps. » annonça-t-il d'une voix autoritaire. « Hime, pose une main sur ses yeux. Je vais te guider. »

Kakashi retira son bandeau et révéla son Sharingan. Tremblante, Hime avança lentement sa main droite vers ses yeux, priant pour que quelque chose, quelqu'un les interrompe. Cela n'arriva pas. Cependant, juste avant que ses doigts ne touchent les paupières closes de son amant, il intercepta sa main et rouvrit les yeux.

- « Je te retrouverais, Hime. » fit-il. Sa voix se brisa. « Même si je t'oublie maintenant et dans les années qui viennent, je te promet que je te retrouverais un jour, lorsque mon rôle sera terminé. Je te retrouverais, et je me souviendrais à nouveau de toi. »

- « Je t'attendrais. » murmura-t-elle.

Il sourit, et ferma les yeux. Elle effleura ses paupière closes.

- « Je t'aime. » dit-il finalement.

- « Moi aussi. Adieu. »

Guidée par Gin, Hime relâcha sa puissance. Le jutsu fut rapide, et Kakashi s'écroula doucement au sol, sans connaissance. La kunoichi s'agenouilla lentement, et remit délicatement son masque en place, puis caressa gentiment ses cheveux fins. Elle eut à peine conscience que Gin avait posé une main compatissante sur son épaule.

- « Ça ira mieux, avec le temps. » mentit-il.

Hime hocha la tête, faisant semblant de croire ses paroles, et se releva lentement.

- « Oui, ça s'arrangera. » fit-elle dans une couinement à peine audible. « Un jour. »


Au cours des années qui suivirent, l'existence d'Hime Aigowa s'effaça peu à peu, des mémoires comme des registres. Tous les écrits ayant pu mentionner ce nom furent mystérieusement perdus, ou détruits. Toutes les personnes l'ayant connue furent d'abord perplexes et inquiets de son étrange disparition, puis finirent par se réveiller un matin sans aucun souvenir d'elle. Elle se volatilisa définitivement.

Le célèbre Gin Nigata, gérant du plus grand restaurant de la ville, annonça son départ en retraite et fut remplacé par une femme non moins captivante, Tastuki Hikuro, dont les long cheveux noirs et les yeux gris firent rêver la gent masculine de Konoha. Tatsuki était aussi la présidente du club des amateurs de tricot de Konoha, moins connu, et s'employa à organiser chaque année le Séminaire International Annuel du Tricot, qui remporta à chaque fois un franc succès. De nombreux habitant de la ville s'essayèrent au tricot en ces occasions-là.

Tatsuki devint une femme très occupée, et partit souvent en voyage d'affaire à la recherche de nouvelles recettes (disait-elle), laissant son précieux restaurant à son assistant Atsuro, l'éternel second. On la vit notamment au pays de l'Herbe, pour rendre hommage à des fabriquant de soie qu'on soupçonnait de faire partie de sa famille, puisqu'ils avaient le même nom de famille. Elle parlait longuement avec une jeune femme nommée Noriko, avec qui elle semblait s'être liée d'amitié. Après quelques jours, elle ne manquait pas d'acheter quelques rouleaux de soie à la famille dont elle portait le nom et continuait ses voyages.

Curieusement, plus elle voyageait aux quatre coins du monde, moins les gens se rappelaient l'étrange guerre qui avait eu lieu des années auparavant et qui avait secoué tout le continent. Devenu un personnage relativement célèbre, la voyageuse étaient bien accueillie dans toutes les auberges où elle s'arrêtait, et était toujours d'agréable compagnie envers les gens qu'elle rencontrait. Par la suite, le restaurant « À la croisée des mondes » connut un franc succès.

Au bout de quelques années, toutes les traces de la brève guerre de toutes les Nations furent enfin effacées. Toutes les pertes qu'il y avait eu avait été modifiées dans les mémoires, et l'année où la guerre avait eu lieu devint une année record en matière d'accidents domestiques. Tatsuki cessa de partir tout le temps en voyage, et passa plus de temps à s'occuper de son restaurant ainsi qu'à diriger le club des amateurs de tricot d'une main de fer.

Véritable éminence grise, elle se retira de plus en plus de la vie publique, sauf quand il s'agissait d'apparaître dans son restaurant ou lors de grands évènements. De nombreux prétendants lui firent la cours, dépensant des fortunes pour diner tous les soirs dans son grand restaurant, mais jamais on ne la vit au bras de quiconque. L'emprise du temps ne semblait avoir que peu d'emprise sur elle, car elle conservait toujours la fraîcheur de ses vingt ans, malgré le fait qu'elle approchait la trentaine. Cela renforçait l'aura de mystère qui l'entourait, et faisait son succès.

Le Sandaime mourut lors d'une attaque d'Orochimaru et de ses sbires, et il ne tarda pas à être remplacé par Tsunade. Un banquet fut organisé en son honneur dans le restaurant de Tatsuki, avec tous les ninjas d'élite et le conseil, mais elle ne fit aucune apparition ce soir-là, au grand dam de certains. Seul Atsuro su que c'était à cause de la présence d'un certain jounin aux cheveux argenté, tout juste remis d'un coma après l'intrusion dans le village du renégat Itachi Uchiwa.

Naruto partit en apprentissage avec le sannin Jiraiya, et revint deux ans plus tard. Le village devint de plus en plus en émoi avec la menace de l'Akatsuki, mais la vie continuait et le restaurant faisait son service. Tatsuki était encore et toujours seule, et, si l'on était chanceux, on pouvait parfois la croiser alors qu'elle marchait seule le soir, silencieuse et triste comme une ombre. Seule.

Tatsuki attendait.