Titre : L'humanité crée l'espoir

Auteur : Sinelune

Rating : M

Genre : Romance.

Avertissement : Attention, cette fic comporte des relations sexuelles entre deux hommes, alors pour ceux que ça gène, ouste !

Pairing : Drarry !

Disclaimer : Les lieux et les personnages appartiennent à JK Rowling ! Un looong chapitre pour vous, aujourd'hui !

CDL : On s'en fout, il est nul.

Sinelune (vexée) : …


Ange-Jedusor, Vert Emeraude, Mily Black, Tchaye, Anonyme, chunchun

gally84, Vif d'or, Kimmy Lyn, Serdra, DTL, Angle, LOLIE, crystal d'avalon, Ewira

la shinegami, Nami, Tinn-Tamm, MaryKaly, Magical Girl Kiki, Kaene, moi

Booyaka87, Confiture de Tom, Flo, Ishtar, Light Of Moon, La Noix de Coco

Samaeltwigg, Bybytte, Harrie Zabbs, Artemis, Vega, tit'cerise, Jully Reed

MERCI beaucoup à vous tous !

Sinelune.


Chapitre 8 : Et si on essayait… De changer les choses ?


Nous étions samedi soir, Harry et ses amis attendaient dans une pièce désaffectée de Poudlard transformée en salle d'entraînement que leurs camarades et leur professeur arrivent.

Installés sur des sofas près du mur, face à la porte, ils patientaient.

L'ambiance n'était pas ce que l'on pouvait qualifier de détendue.

Mais elle n'était pas glaciale comme les derniers jours.

D'abord, il y avait Dean, qui tentait de faire rire Harry avec des blagues stupides et y réussissait de temps en temps, ce qui l'encourageait à continuer. Dean, qui avait toujours apprécié le Survivant, s'était bien rendu compte que ce dernier n'était pas dans son assiette ces derniers jours et lui remontait le moral comme il pouvait.

Hermione allait mieux depuis quelques jours, même si personne ne savait exactement pourquoi, mis à part la jeune sœur de Ron qui gardait jalousement le secret de son amie. Hermione riait parfois avec Harry et Dean, et cela faisait très plaisir à l'Elu de retrouver son amie en meilleure forme.

En réalité, seul Ron continuait d'aller vraiment mal. Depuis que sa petite amie l'avait quitté, ses notes chutaient fortement (non pas qu'elles eussent été très élevées jusqu'à présent) et il jouait de plus en plus mal au quidditch, à tel point que Harry commençait à envisager de le renvoyer de l'équipe jusqu'à ce qu'il aille mieux ; mais il savait que cela déprimerait encore plus son meilleur ami.

Evidemment, comme il s'agissait d'un entraînement, les élèves ne portaient pas leur uniforme. Ils étaient vêtus d'une tenue confortable dans laquelle ils pouvaient bouger sans se sentir gênés. Harry, depuis le jeu Courage ou Sincérité, continuait de porter ses nouveaux vêtements.

Depuis quelques jours, il avait reprit courage, se disant que si Draco et lui étaient âmes sœurs, il comprendrait.

Tout avait changé pour lui le jour où il avait appris qu'il survivrait à cette guerre. Un des facteurs pour lesquels il avait commencé à perdre espoir avait été que même si Draco et lui entamaient une relation, Harry n'était pas certain de survivre à cette guerre et il ne voulait pas abandonner son ême sœur de cette façon. Mais s'il restait en vie, cela changeait tout…

La porte s'ouvrit et les jumeaux Koller entrèrent en saluant gaiement les quatre amis et en s'asseyant à leurs côtés. Eliane était une jeune fille ouverte et simple qui inspirait la sympathie. Son frère, Keliah, était un garçon élégant, aux cheveux courts et ambrés, un peu mystérieux, au regard profond et compréhensif. Ces deux-là avaient tout de suite plu à Harry.

Peu de temps après, Thomas Dolls apparut. Agé d'un an de moins que les Gryffondors, le petit brun ne paraissait pas très à l'aise et leur fit un sourire gêné. Eliane lui proposa de les rejoindre et Thomas obéit timidement.

Plusieurs minutes s'écoulèrent encore avant que les Serpentards n'arrivent. La porte s'ouvrit brusquement et Draco fit son entrée. Il était vêtu d'une tenue noire, large et confortable qui n'entamait en rien son élégance naturelle. Il jeta un coup d'œil hautain aux personnes déjà présentes et s'appuya contre le mur d'un geste négligeant à côté de la porte avant de se mettre à observer ses ongles, l'air profondément ennuyé. Il était accompagné de Nott et Blaise qui hocha étrangement la tête vers eux, salut auquel tous répondirent excepté Ron.

Le professeur Snape arriva presque tout de suite après, en compagnie d'Armand Firefly, le professeur de défense contre les forces du mal.

Harry aimait beaucoup ce nouveau professeur. Il était sérieux, exigeant mais juste. Il avait une étrange lueur dans le regard qui donnait toujours l'impression à Harry que ce professeur savait des choses qu'il valait mieux ne pas tenter de connaître.

Il lui faisait un peu penser à Dumbledore dans le sens où il paraissait connaître beaucoup de choses, mais à la différence du directeur, il semblait agir pour lui-même et non pour les autres, en gardant malgré tout du respect pour le genre humain.

Il était grand, avait les cheveux noirs et la peau pâle. Décrit comme ça, on pouvait croire que lui et Snape se ressemblait mais ce n'était pas du tout le cas.

Là où Snape était sec, Firefly était élancé.

Là où Snape cassait, Firefly corrigeait.

Néanmoins, l'on ne pouvait nier que tous les deux possédaient un sang-froid et un esprit analytique à toute épreuve.

-Allez rejoindre les autres, ordonna le maître des potions aux Serpentards.

Ces derniers rejoignirent leurs camarades et Draco jeta un coup d'œil à Harry qui, pour la première fois depuis des semaines, le lui rendit. Le blond sembla surpris puis troublé et détourna finalement son regard.

Cela réjouit Harry. Il avait décidé de ne pas laisser s'enfuir son unique chance d'être un jour heureux.

-Bien, commença le professeur Snape d'un ton sec. Vous êtes ici pour apprendre l'art du combat moldu. Jusqu'à présent nous nous sommes cantonnés aux habituels duels sorciers mais monsieur Dumbledore pense qu'il est sage de vous apprendre toutes les techniques qui pourraient vous servir à vous défendre. Je ne suis pas très connaisseur de ce genre de choses, ainsi je vais uniquement… assister le professeur Firefly, termina-t-il avec un rictus pincé.

Ce dernier s'avança et dit aux élèves :

-Vous pouvez m'appeler Armand lors de ces cours, je veux que vous fassiez la différence entre le professeur de Défense Contre les Forces du Mal que je suis habituellement et l'homme que je vais devoir devenir pour vous apprendre les arts du combat moldu. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je vais également vous appeler par votre prénom lors de ces séances, déclara-t-il en attendant une éventuelle objection.

N'en recevant pas, il reprit :

-Ces cours ne seront pas faciles, ils seront même éreintants. Je ne veux pas seulement que vous appreniez à vous défendre, je veux également que vous soyez dans votre meilleure forme physique, que vous soyez capable de courir longtemps, de sauter haut, d'être rapide et endurant. Je veux que vous fassiez travailler votre corps et preniez conscience que la connaissance des sortilèges, aussi puissants soient-ils, ne fait pas tout. Quelqu'un saurait-il me dire pourquoi ?

Hermione leva aussitôt la main.

-Oui, Hermione ?

-Les sorciers se reposent trop sur leur baguette magique, expliqua Hermione. S'ils la perdent, il sont plus fragiles qu'un moldu face au danger, parce qu'ils deviennent plus faibles psychologiquement. Un bon combattant sait utiliser les techniques sorcières et moldues pour se battre, c'est bien plus efficace.

-Très bien Hermione, c'est exactement ça, approuva Armand. Bien, à présent que vous avez tous compris mes motivations, nous allons commencer.

Il les disposa un peu partout dans la pièce et commença à les échauffer. Une fois cela fait, il les mit par deux en leur demandant de tenter quelques prises de lutte montrées auparavant avec le professeur Snape qui n'avait pas été très à l'aise.

Rassemblant son courage, le Survivant avait rejoint Draco qui n'avait fait aucune remarque, désagréable ou pas. Ils se mirent face à face, attendant que l'autre prenne l'initiative.

Harry ne détourna pas le regard cette fois non plus et se perdit un court instant dans les perles grises de son ancienne Némésis. Ces yeux qui devenaient presque noirs lorsqu'il était en colère, bleus lorsqu'il était triste et gris quand, comme maintenant, il était curieux ou décontenancé.

Il les connaissait par cœur.

Harry leva lentement le bras et posa doucement sa main sur l'épaule du blond qui sursauta légèrement, ayant l'impression d'avoir reçu une décharge électrique.

-Ne me touche pas, menaça-t-il.

-Et comment veux-tu que je fasse l'exercice demandé si je ne peux pas te toucher ? demanda le Survivant, ravi de constater l'effet qu'il faisait à son âme sœur.

Draco rosit et se laissa finalement faire, non sans une dernière menace :

-Si tu me fais mal, tu te retrouves à l'infirmerie pendant une semaine, morveux.

Le brun lui lança un regard noir et prit son courage à deux mains pour répondre :

-J'ai eu l'air de bien me débrouiller la dernière fois qu'on s'est retrouvés seuls, pour un morveux.

Le Serpentard écarquilla les yeux, hoquetant presque de surprise, perdant de sa superbe. Il jeta un rapide coup d'œil à ses deux amis pour vérifier qu'ils n'avaient rien entendu.

-Je ne m'en souviens pas, affirma-t-il tandis que Harry le faisait doucement tomber au sol.

-Ça ne m'étonne pas, répondit le brun en le lâchant brusquement, ce qui lui valut un regard meurtrier. Sinon tu n'aurais pas pu te passer de moi et tu n'aurais pas couché avec cette petite traînée de Serdaigle, continua-t-il entre ses dents serrées, la mâchoire contractée.

L'expression neutre du blond se fissura à nouveau et Draco, éberlué, parut légèrement honteux, à la plus grande joie de Harry.

-Vous n'êtes pas là pour palabrer, les reprit Armand. Continuez vos exercices.

Les deux garçons se relevèrent et cette fois ce fut Draco qui commença à infliger la prise à Harry. Le brun frissonna et souffla doucement en sentent les doigts de Draco à travers son haut en coton. Il les sentait avec une acuité étonnante, il avait l'impression de brûler sous ces doigts qui laisseraient forcément une peau rougie après leur passage. Pourtant, le Serpentard l'effleurait à peine. Il se laissa tomber et ne regarda pas son âme sœur, il savait que ses yeux reflétaient du désir et il ne voulait pas que Draco le voie.

Les prises s'enchaînèrent et le cours se termina deux heures après, au grand soulagement de Harry qui avait de plus en plus de mal à se contrôler. Les élèves étaient en sueur, absolument exténués. Armand leur donna congé et le Survivant vit son âme sœur se ruer littéralement vers la sortie sans attendre ses deux amis. Harry s'apprêtait à partir quand la voix de son professeur de DCFM l'arrêta.

-Mr Potter ? J'ai quelque chose à vous montrer, suivez-moi je vous prie.

Armand souhaita le bonsoir au professeur Snape qui lui répondit du bout des lèvres et sortit en entraînant le brun à sa suite.

Tous deux parcoururent les longs couloirs de l'école en silence. Harry s'éclaircit la gorge et finit par demander :

-Excusez-moi, professeur… Où allons-nous ?

-Dans mes appartements, répondit Armand. Attendez-vous à y passer la nuit. Bien sûr, vous pourrez y prendre une douche, je vais demander à ce que l'on vous porte des vêtements.

Harry regarda son professeur, étonné.

-Qu'est-ce que… Enfin, je ne comprends pas pourquoi…

-Nous y sommes, l'interrompit son professeur. Ne t'ouvres pas, dit-il au tableau qui gardait l'entrée et qui s'écarta pour leur laisser le passage.

-« Ne t'ouvres pas » ? répéta Harry, décontenancé mais amusé. C'est ça votre mot de passe ?

-Et bien, personne n'irait chercher quelque chose de ce genre, répondit Armand, un demi-sourire aux lèvres.

Ça, c'est certain, approuva Harry dans sa tête avant d'entrer à l'intérieur des appartements de son professeur. Il admira la décoration exotique des lieux, l'ambiance douce créée par de petites lampes disposées un peu partout dans le salon. Il fit quelques pas et se figea lorsqu'il aperçut une personne, à l'autre bout de la pièce, qui lui tournait le dos.

Ethan se retourna et pour la première fois, leurs yeux se rencontrèrent.

oOoOoOoOo

Draco, revenu du cours avec Armand, fracassa la porte de sa chambre contre le mur et s'affala sur son lit de manière fort peu élégante en poussant un grognement tout aussi inélégant.

Blaise et Nott entrèrent à sa suite et Blaise demanda :

-Qu'est-ce que tu as, Draco ?

-J'en ai simplement assez de vous entendre me demander ce que j'ai, rétorqua le blond d'un ton sec. Tirez-vous.

-Cette fois, ça suffit ! s'écria Pansy qui venait d'arriver avec Milicent avant que Blaise ne puisse répondre. Elle ferma la porte et s'avança vers Draco pour mieux l'invectiver.

-On en a marre de t'entendre te plaindre et râler depuis des jours ! Même si nous en donnons l'impression à l'école, nous ne sommes pas tes faire-valoir, Dray, et tu commences à sérieusement nous énerver !

-Dans ce cas, fichez-moi la paix, vous ne vous en porterez que mieux, répliqua le préfet en se redressant et en adressant un regard noir à la Serpentarde qui le toisait, nullement impressionnée.

-C'est hors de question, ça te ferait trop plaisir. Tu vas plutôt nous faire le plaisir de nous expliquer une bonne fois pour toutes ce qui te trouble au point que tu t'acharnes à nous pourrir la vie sans arrêt.

Draco endolorisa Pansy des yeux mais celle-ci ne sembla pas s'en émouvoir. Il devrait travailler sa technique.

-Elle a raison, Draco, fit Blaise en s'asseyant sur le lit, suivi des autres Serpentards.

Le Maître incontesté des Serpentard observa ses amis d'un air renfrogné. C'était vrai qu'il avait tendance à s'énerver légèrement plus vite que d'habitude, ce derniers temps, mais qu'est-ce que ça pouvait leur faire, à ces détraqués ?

-Allez Dray, le pressa Mily en l'endolorisant des yeux de manière beaucoup plus convaincante que Draco lui-même.

Mily n'était pas le genre de personne à se mettre à dos.

Il s'adossa contre ses coussins, les Serpentards assis autour de lui, et soupira d'un air excédé. Ses amis ne bougèrent pas d'un cil, devinant qu'il allait enfin parler.

Draco prit la parole, solennel, comme s'il annonçait qu'il avait décidé de se faire moine au Tibet et d'y vivre avec des lamas et un chien qu'il appellerait Milou.

-J'ai fait l'amour avec Harry.

S'ils n'avaient pas été assis, ses amis se seraient effondrés lamentablement sur le sol, les yeux et la bouche grands ouverts.

Théodore Nott fut le premier à réagir. Il regarda Draco d'un air désolé en demandant :

-C'était si mal que ça ?

Le blond pouffa.

Blaise et Mily, enfin revenus de leur surprise, sortirent leurs baguettes et menacèrent leur ami :

-Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de Draco Malfoy ?

Le Serpentard leva les yeux au ciel.

-Honnêtement, vous deux.

-Mais Drayyyy ! s'écria Pansy, encore sous le choc. Tu as entendu ce que tu as dit ? Tu as dit… Tu tu as dit…

-Tu as dit : « J'ai fait l'amour avec Harry », aida Mily, Pansy n'arrivant apparemment pas à répéter les paroles du blond.

-Oui ! reprit la jeune fille. Tu n'as pas dit une de tes nombreuses phrases répugnantes du genre « Je me le suis fait » ou « J'y suis entré » ou « Il était pas assez serré ». Tu as dit… Quelque chose de mille fois plus dégoûtant ! Et tu l'as appelé Harry !

-Chacun ses valeurs, je suppose, rétorqua le blond, un sourcil levé. Ecoutez, soupira-t-il. Je n'ai pas dit ça dans le but de vous choquer ou quoi que ce soit. Je l'ai dit parce que c'est vrai. Il n'y a aucune autre façon de décrire ce qu'il s'est passé avec lui ce jour-là. Enfin si, il y en a une, mais je doute que la phrase : « J'ai vécu l'instant le plus parfait et le plus doux de ma vie entre les bras de Harry Potter » vous aurait mieux convenu. Je n'ai pas cessé de me mentir durant ces derniers jours, mais je suis fatigué de le faire. J'ai fait l'amour avec Harry, et c'est comme ça.

-Mais, mais… Tu n'as pas envie de vomir en disant ça ? demanda Pansy désespérément.

-Non, répondit le blond d'un ton serein. En fait, continua-t-il, en grimaçant, ce qui me donne envie de vomir c'est la fille que je me suis faite le lendemain. J'ai failli ne pas pouvoir, vous savez, malgré tous les efforts que j'y mettais. Ce n'est que lorsque j'ai imaginé que c'était Ha… Potter, se reprit-il en voyant les moues dégoûtées des Serpentards, que j'ai réussi. Et encore, j'ai eu du mal, parce qu'elle vraiment était loin de l'égaler cette grognasse, comme si on pouvait la comparer à Har… Potter et ses lèvres douces, sa peau à l'odeur ensorcelante, son extraordinaire… (nda : pour Nami :p)

-C'est bon là, l'arrêta Mily, on a compris les grandes lignes, maugréa-t-elle pendant que Blaise riait en se tenant le ventre, trouvant la vision de son ami ayant un air niais hilarante.

-Je ne vois pas pourquoi tu es d'aussi bonne humeur, Blaise, déclara Draco d'un ton glacial, après tout, j'aurais pensé que tu serais le premier à crier à la trahison.

-Oh, et bien, répondit le noir après s'être calmé, il se trouve que… Je n'ai pas tout dit moi non plus.

Ses yeux pétillaient de malice et il souriait d'une oreille à l'autre comme un gosse.

-Allez Blaise, ne te fais pas prier, le pressa Pansy.

-Et si je veux me faire prier ? rétorqua Blaise d'un ton supérieur et une moue faussement hautaine.

-Nous ne nous abaisserons pas à…

-Nous t'en prions, Blaise dis-nous ce que tu caches s'il te plaît, l'interrompit Théo de sa voix douce.

Le noir éclata de rire et prit le petit Serpentard dans ses bras dans une étreinte protectrice lorsqu'il aperçut le regard revanchard de Pansy.

-Comme vous vous en doutez certainement, ce n'était pas du veritasserum qu'il y avait dans la fiole de la belette.

L'intérêt des Serpentards s'accrut. Blaise savoura son petit effet et déclara :

-C'était du liesserum.

-Du liesserum ? répéta Mily, surprise. Mais pourquoi as-tu fait ça ?

Le liesserum était la potion dont les effets étaient inverses au veritasserum. En clair, elle faisait dire à la personne qui en buvait exactement le contraire de ce qu'elle pensait.

-Et bien, moi aussi, j'ai finalement flashé sur une personne de Gryffondor. Or, si je voulais me l'approprier, il fallait que j'écarte les gêneurs. Alors tu vois Draco, je suis plutôt mal placé pour te faire une leçon de morale.

-Oh, Blaise ! fit Pansy en se jetant au cou de ce dernier. Tu es un Serpentard tordu comme je les aime !

-Je suis flatté, répondit le noir en échangeant un regard complice avec ses amis. C'est pour cette raison que j'ai abandonné le jeu juste après, j'ai déjà commencé ma tentative d'approche envers Hermione. Théo s'est assuré que la belette ne nous retrouverait pas avec quelques sortilèges discrets.

-Tout le monde, une minute de silence pour leur plan qui fait honneur à notre maison, annonça Draco.

Les Serpentards baissèrent la tête d'un air pénétré, quasi religieux, et se turent.

oOoOoOoOo

Ethan tremblait.

Pour la première fois de sa vie, la toute première, il avait peur.

Du coin de l'œil, il aperçut Armand qui retournait silencieusement dans sa chambre.

C'était un chouette type, Armand. Le meilleur professeur qu'il ait jamais eu, le seul humain qu'il aie vraiment connu, l'autre humain qu'il aie fréquenté étant Dumbledore qui passait la journée de son anniversaire avec lui chaque année.

Ethan marcha lentement vers le tapis posé sur les lattes de bois clair, jonché de coussins au milieu de la pièce et s'assit calmement, lentement.

Après un temps qui lui parut infini, Harry le rejoignit et s'assit en face de lui, si près qu'il leur suffisait de tendre la main pour se toucher.

Le Survivant était bouleversé. Il ne pouvait détacher ses yeux de la copie de lui-même qui se trouvaient en face de lui. Il n'étaient pas exactement identiques : Ethan était plus musclé, sa peau était légèrement plus pâle ; il avait beau avoir passé sa vie dans les bois, la forêt interdite était dense. Ses cheveux étaient très longs, il les attachait en une espèce de chignon tenant avec des baguettes qui n'enlevait en rien de sa masculinité, au contraire, sa coiffure s'accordait parfaitement avec sa tenue : un pantalon en matière épaisse rentré dans des bottes tenues par des sangles en argent et pull roulé sans manches. Des bandages entouraient ses épaules et ses poignets, mais Harry pensait que c'était plus une protection que des soins qu'on lui aurait donné.

Leur regard de la même couleur émeraude ne se lâchaient pas, étincelants.

-Bonsoir, mon frère, murmura Ethan d'une voix douce, comme s'il avait peur de l'effrayer.

Et il avait raison. Malgré la douceur et la tendresse palpable de son frère, Harry sursauta.

-Bon… Bonsoir, Ethan.

-Je suis très heureux de te rencontrer… Enfin, dit Ethan avec un sourire indéfinissable. J'aurais voulu venir te voir, mais…

-Tu n'en avait pas le droit, termina Harry d'une voix froide, en songeant au comportement révoltant de Dumbledore.

-Exactement, répondit son frère, comprenant tout de suite pourquoi Harry était contrarié. Je lui en veux moi aussi, de ne pas m'avoir permis de te parler. Tu étais si proche, tellement proche, et pourtant tu ne savais même pas que j'existais. C'est étrange de vivre pour quelqu'un qui n'est même pas conscient de votre existence. Et si je n'avais pas fait pression, je ne serais pas en face de toi aujourd'hui. Au départ, ton directeur d'école désirait que je me déguise et que je me fasse passer pour un membre de l'ordre qui t'aurait sauvé de justesse.

-Il… QUOI ! s'écria Harry, indigné.

-On a toujours de bonnes raisons de prendre des décisions, simplement parfois, ces raisons ne sont pas assez bonnes, fit Ethan en haussant les épaules.

Harry avait eu l'intention de retrouver son directeur pour se déchaîner sur lui une bonne fois pour toutes mais il oublia sa colère en voyant l'indifférence de son frère.

-Et… C'est tout ce que ça te fait ?

Ethan le regarda et le cœur de Harry manqua un battement. Tant de choses passaient à travers ce regard.

Bien sûr, Dumbledore avait eu tort.

Bien sûr, il lui en voulait.

Mais il avait réussi à réparer un peu cette erreur, et tout ce qui comptait étaient qu'ils soient ensemble, en cet instant précis, juste ensemble, juste maintenant.

Le reste n'était plus important, la fin serait toujours la même.

Leur fin.

Harry ne pouvait y croire, croire qu'en fece de lui se trouvait une personne qui ne recherchait que son bonheur sans se préoccuper du sien propre, il n'y arrivait pas mais Dieu sait qu'il voulait y croire, qu'il en avait besoin. Rejetant ses dernières barrières, il leva la main et la posa sur la nuque de son frère, tentant de passer toutes ses émotions au travers de son seul regard.

Dès que leurs épidermes se touchèrent, une soudaine lumière bleue, éblouissante, les entoura et un tremblement convulsif les anima.

Et Harry vécu. Il vécut les entraînements au combat avec Armand, la lecture des étoiles avec les centaures, les rires avec Sikey, les anniversaires avec Dumbledore, les pleurs parfois par face à la mort certaine, les supplications pour que Harry aille bien, qu'il ne lui en veuille pas…

Et Ethan vécut. Il vécut ces dix années enfermées dans un placard, les combats contre Voldemort, cette nuit avec Lucius, celle-ci avec Draco, les pleurs souvent par peur de mourir, les supplications pour avoir quelqu'un qui prenne soin de lui par pur désintéressement, juste une fois…

La lumière bleue pénétra à l'intérieur de leur corps, passant au travers de la moindre de leur cellule…

Leurs yeux se révulsèrent et ils virent l'avenir.

Ils se retrouvèrent dans une espèce de champ noyé dans le sang sous un ciel déchiré d'éclairs et une pluie battante.

Ils virent Voldemort, ils virent un autre Harry combattre, l'épée de Godric Gryffondor à la main. La tempête faisait rage et on n'apercevait pas grand-chose alentour.

Voldemort cria quelque chose d'intelligible à Harry avant d'éclater d'un rire dément et de se ruer sur Harry qui se protégea instinctivement les yeux.

Ethan apparut à leurs côtés sans qu'aucun des deux ne s'en rende compte et stoppa les bras de Voldemort, l'immobilisant. Ils virent Harry ne pas s'apercevoir de ce qu'il se passait et tendre aveuglément l'épée devant lui.

Ils virent Ethan mourir.

Ils virent Voldemort rire malgré tout, alors qu'il était affaibli et que c'était fini pour lui.

Ils se dirent qu'ils devaient le modifier, cet avenir.

oOoOoOoOo

Le lendemain matin, Harry traversait d'un pas décidé les couloirs de son école. Son expression était dure et coléreuse, ses traits contractés. On pouvait même sentir des étincelles de magie crépiter autour de lui. Les autres élèves s'écartaient de son passage avec déférence et empressement, plaignant l'inconscient qui avait réussi à mettre le Survivant dans cet état et qui allait maintenant subir ses foudres.

Harry était connu pour son esprit facile, et ledit inconscient avait dû être vraiment très… Inconscient.

Ce que tout le monde ignorait, c'est que l'inconscient était…

Albus Dumbledore, directeur de l'école Poudlard.

L'aura de colère qui entourait l'Elu s'accroissait au fur et à mesure qu'il se rapprochait de son but. Il s'arrêta devant la gargouille qui s'ouvrit devant Harry sans que ce dernier n'ait besoin de prononcer le mot de passe. La porte s'ouvrit devant lui avec une telle force qu'elle faillit en sortir de ses gonds, et c'est un Harry flamboyant de rage qui fit son apparition dans le bureau de Dumbledore.

Le brun parcourut la pièce du regard. Vide, mis à part Fumseck qui semblait lui jeter des regards d'excuse.

-Où est ton maître ? aboya-t-il en direction de l'oiseau qui poussa une note exprimant l'appréhension.

Harry s'approcha et prit la tête du phénix assez violemment, l'empêchant de bouger. Il se douta que Fumseck était parfaitement capable de se dégager et acceptait volontairement de se laisser traiter ainsi, mais cela ne le dérangea pas et il répéta sa question d'une voix froide, en hachant chaque mot :

-Où est-il ?

-Je suis ici, Harry.

Le Survivant lâcha l'oiseau et se retourna. Dumbledore venait d'entrer en compagnie du professeur Snape et du professeur Mac Gonagall qui le regardaient d'un air horrifié.

Ceci décontenança légèrement Harry ; ses deux professeurs devaient le prendre pour un fou furieux. Malgré cela, il sentit sa colère revenir en se rappelant qu'il avait de très bonnes raisons d'être fou furieux.

-Dois-je le dire devant vos toutous, ou préférez-vous que notre conversation reste privée ? demanda-t-il d'un ton polaire en fixant son directeur sans ciller.

Le professeur de métamorphose poussa une exclamation indignée et le maître des potions prit la parole :

-Monsieur Potter, je sais que votre esprit n'est qu'un condensé de toute la bêtise de tous les élèves de Poudlard, mais je n'aurais jamais imaginé que vous seriez stupide au point d'insulter le directeur de votre école dans son propre bureau. Cinquante points en moins pour…

-Je vous remercie, Severus, mais ce sera suffisant. Laissez-nous seuls, je vous prie.

-Albus, intervint le professeur Mac Gonagall, je ne pense pas que Harry soit dans son état…

-S'il vous plaît, Minerva, obéissez.

Les deux enseignants finirent pas sortir, avec grande réticence. Snape jetait des regards méprisants à l'Elu et ceux de Mac Gonagall étaient plutôt inquiets, mais Harry ne s'en rendit même pas compte. A peine avaient-il refermé la porte derrière eux qu'il s'écria :

-Vous n'êtes qu'un sale menteur !

Il se retourna et prit une fiole fragile sur le bureau de son directeur avant de la briser de toutes ses forces contre le mur, manquant de justesse un des portraits qui s'écria :

-Hey ! Faites attention, jeune homme !

La scène ressemblait avec une précision étonnante à celle de l'an dernier, lorsque Sirius était mort. Dumbledore ne sembla d'ailleurs pas s'émouvoir et dit doucement au Survivant furieux :

-Harry, s'il te plaît, assieds-toi.

-Ne me donnez pas d'ordres ! hurla Harry, choqué que ce soit tout ce que Dumbledore ait à dire, étant donné les circonstances. Je n'ai aucune envie de m'asseoir et encore moins de vous obéir !

Le directeur ne répondit pas, s'avança vers Harry, le dépassa, alla donner une caresse à Fumseck qui roucoula doucement et s'installa derrière son bureau. Ce ne fut qu'une fois tout cela fait qu'il reprit :

-Harry, si tu acceptes de t'asseoir, je te promets de te répondre à toutes les questions que tu te poses.

Des larmes de rage menaçaient de couler sur les joues du brun lorsqu'il murmura, indigné :

-C'est ce que vous aviez dit, la dernière fois… Et c'était un mensonge…

Dumbledore soupira.

-Je sais, Harry. C'était une erreur. Je me rends compte… Que je fais souvent des mauvais choix en ce moment. L'ennui est que la plupart te concernent.

Les jambes de Harry menaçaient de céder, mais il se tenait bon malgré tout.

-Pourquoi ? demanda-t-il.

-C'est ce que je pensais être la meilleure solution pour gagner la guerre, Harry. On me reproche souvent de trop appliquer le principe « la fin justifie les moyens », mais si je ne le faisais pas, Harry, personne ne le ferait, et Voldemort nous aurait vaincus depuis déjà bien longtemps.

Il appuya ses coudes sur le bureau et son menton sur ses deux mains liées, plongeant son regard, le regard d'un homme qui a trop vu et trop vécu, dans les prunelles de Harry, celles d'un garçon qui a beaucoup trop vu, dans une vie trop courte.

-Harry… Si c'était à refaire, je ferais probablement d'autres choix, des choix qui rendraient ta vie plus simple. Malheureusement, je ne peux défaire le mal que je vous ai fait à toi et à ton frère, il m'est impossible de retourner en arrière. La seule chose que je puisse faire pour vous est de vous permettre de passer le plus de temps possible ensembles. Vous vous entraînerez tous les deux, et l'emploi du temps de tes cours sera allégé : plus de cours d'Histoire de la Magie et de Soin Aux Créatures Magiques. Je pense sincèrement qu'au lieu de ruminer sur ce qui aurait pu être, tu devrais profiter de ce que tu peux avoir.

Harry, toujours debout, ferma les yeux un court instant et les rouvrit en posant la question qui lui brûlait les lèvres :

-Pourquoi… Sirius ne m'a jamais rien dit ?

-Oh…

Le directeur s'adossa à son fauteuil.

-Il ne pouvait pas. Il a subit le sortilège du Serment Inviolable, et c'est Severus Snape qui a appliqué le sortilège sur ton parrain et moi. J'admets que j'ai beaucoup contribué à attiser leur haine en agissant de cette façon, mais seule Minerva est également au courant, et elle n'était pas en état de lancer le sortilège à cette époque.

-Je vois, dit Harry en se disant que décidément, il détestait Snape. Et… Pour quelle raison…

-Harry… répéta le vieux magicien. En réalité, je pensais que tu finirais par découvrir la vérité de toi-même. Je m'étonne que Miss Granger n'aie pas réalisé qu'une prophétie prédisant l'avenir, elle ne pouvait pas simplement nous apprendre que les forces du bien et celles du mal se combattraient au travers de toi et Voldemort. Elle devait également forcément annoncer quelle force gagnerait. Toi et ton frère… avez été sacrifié par le Destin bien avant votre naissance. Vous ne pouvez rien y changer.

Ces paroles ne trouvèrent aucun écho dans le cœur du brun.

Dumbledore lui avait déjà tellement menti.

Qu'est-ce qui l'empêchait de le refaire ?

Même s'il lui faudrait mettre en péril l'issue de la bataille, il sauverait son frère.

Et il récupèrerait Draco.

Il avait déjà trop perdu de choses dans sa vie… Pour accepter qu'on le dépouille à nouveau de ce qui lui était précieux.

Si c'était ça sa vie, il la jetterait et en prendrait une autre qui soit à lui, rien qu'à lui.

oOoOoOoOo

Allongé sur mon lit, les yeux dans le vague, Draco réfléchissait.

Du bout des pieds à la racine des cheveux, ils ressentirent une intense sensation de chaleur. Chaque centimètre carré de leur peau frémissait, des larmes coulaient de leurs yeux.

POV Draco

J'en rêve toutes les nuits, ça me hante le jour.

Harry me hante.

Depuis cette nuit-là…

Sans que j'en comprenne la raison, quelque chose me pousse vers le Survivant, me force à rechercher sa présence.

Pourquoi ? Merlin, qu'a-t-il de si spécial, ce binoclard ?

Pour quelle raison est-ce que tout en moi réagit en sa présence, pourquoi ai-je envie de l'appeler quand il s'éloigne, de le consoler lorsqu'il paraît triste, pourquoi suis-je fou de jalousie lorsqu'il rit, parce que ce n'est pas moi qui l'ai fait rire ?

Et ces sensation lorsqu'il me touche, ou ne fait même que m'effleurer, comme si je devenais enfin complet…

J'en ai assez de détourner le regard à cause du sentiment de honte qui m'étreint lorsque je le vois souffrir en silence.

Je n'aurais jamais dû me laisser entraîner, Harry aurait dû rester ce qu'il était, un fantasme.

Un désir.

Un rêve ?

Un espoir.

Mais s'il n'y a vraiment… que lui, pour me libérer de cette mélancolie qui émeut mes sens, il ne me reste qu'une seule chose à faire.

Le retrouver et lui demander… d'essayer.

Je me lève et me poste près de ma fenêtre, observant les élèves de l'école se promenant dans le parc.

Lui demander d'essayer quoi, au juste ?

Je ne suis pas fait pour la fidélité, et certainement pas avec le balafré.

L'envie de coucher avec quelqu'un d'autre reviendra sûrement.

Elle reviendra.

Et l'envie de faire l'amour ?

Mais merde ! Qu'est-ce qu'il a fait ? Est-ce que c'est un sort qu'il m'a lancé ?

Je suis fatigué de chercher son regard pour ensuite l'éviter, de dormir en imaginant sa présence à mes côtés, et parfois de ne vouloir faire que dormir avec lui.

Ça suffit.

oOoOoOoOo

Harry parcourait le couloir d'un air morne, dans un état d'esprit bien différent de celui qui l'avait poussé à défouler sa colère sur son directeur.

Il avait l'intention de se rendre à la bibliothèque pour se renseigner sur les probabilités de réalisation des prophéties, espérant en savoir plus sur ce qui était prédestiné.

Ses pas résonnaient à travers les couloirs vides ; la majorité des élèves étaient sortis pour profiter de ces heures de libertés.

Malgré la froideur de l'hiver qui approchait à grand pas, ils ne tenaient pas à rester davantage dans ce château qui les obligeait à rester enfermés un jour de plus à cause des cours de Défense Absolue contre le Mal Absolu imposés par un Directeur Absolument Fou, aussi DAMADAF, comme ils les appelaient ironiquement.

Harry cessa de marcher lorsqu'il aperçut Draco apparaître à l'autre bout du couloir.

Ils étaient encore loin l'un de l'autre, mais ils sentaient parfaitement ce lien qui les poussait à se rapprocher, à s'étreindre, et à s'aimer.

Lentement, concentrés sur le fait de mettre un pied devant l'autre pour ne pas courir afin de s'enlacer et s'embrasser désespérément, ils se rejoignirent, s'observèrent.

Harry lâcha petit un soupir, et Draco se retint de se pencher pour recueillir se souffle qui s'échappait des lèvres du brun.

-Harry.

Les pupilles de ce dernier se dilatèrent légèrement, seule preuve de sa stupéfaction.

Draco approcha son visage de son âme sœur, et seuls se répercutaient les battements effrénés de leur cœur sur la pierre grise et glacée du château.

Il approcha son visage…

Lentement, presque sensuellement.

Les yeux de l'Elu se fermèrent à demi, tout comme ceux de Draco.

Ils ne se touchaient pas, ne s'effleuraient même pas, se contentant de mélanger de façon quasi-voluptueuse leur respiration, et pourtant ils ne s'étaient jamais sentis aussi proches qu'en cet instant, d'infinies possibilités s'ouvrant devant eux, merveilleuses ou tragiques.

-Harry, répéta à nouveau le blond, de façon presque suppliante.

Ne pars pas.

-Reste avec moi.

« Reste avec moi. »

Ces paroles firent lentement leur chemin à travers l'esprit de Harry. Il sentit les lèvres de Draco combler les quelques millimètres qui les séparaient… Et il prit peur.

Peur de décevoir, de rater quelque chose, de se tromper…

De son père.

Et il fit quelque chose de très, très stupide.

Il s'enfuit.

oOoOoOo

Harry avait évité Draco toute la journée. Cela n'avait pas été une mince affaire, car le blond semblait connaître tous les refuges du Survivant qui n'avait jamais autant couru de sa vie.

Il ne savait même pas pourquoi il courait.

Et ça, c'était le pire du pire. Du pire.

Tout ce qu'il savait, c'est que si Draco le rattrapait, il ne pourrait plus jamais revenir en arrière.

Il devrait sans doute, un jour… Tout avouer.

Et il était certain que Draco le détesterait, que ce jour-là, il le perdrait définitivement

Il savait que ce bonheur, s'il l'acceptait, serait de courte durée, comme tous les autres espoirs qu'il avait formés jusqu'à présent.

-Harry, tu viens ? demanda Ron. J'ai faim, moi.

Harry leva les yeux vers son meilleur ami. Ils se trouvaient dans le dortoir des garçons –au moins ici, Draco ne pourrait pas le rejoindre– avec Dean et Seamus.

Neville n'était pas avec eux, apparemment il avait été « réquisitionné » par Pansy Parkinson pour la journée.

Le pauvre.

Ses amis lui avaient assuré de leur éternelle amitié au cas où il ne survivrait pas à l'épreuve, et lui avaient même donné un kit de survie composé de pralines longue-langue, de bombabouses et de masques à oxygène qui lui avaient probablement été confisqué dès qu'il avait rencontré les Serpentards.

Peut-être même qu'il en avait fait les frais…

L'enfer est pavé de bonnes intentions.

Le pauvre.

Harry se leva pour descendre en compagnie de ses amis jusqu'à la salle commune. Ils croisèrent Hermione qui leur dit qu'elle les rejoindrait après avoir terminé son devoir d'arithmancie ; pas question que Nott la batte à nouveau, même si elle devait pour cela ne plus dormir jusqu'à la prochaine interrogation et voire ! délaisser légèrement les autres matières.

Harry lui avait dit que c'était stupide, puisqu'elle prenait le risque que Nott la batte dans les autres cours, mais elle ne l'avait pas écouté.

Ils parcoururent les couloirs et atteignirent la Grande Salle. La bande habituelle de Draco et Draco lui-même n'étaient pas encore arrivés ; Harry en fut extrêmement soulagé.

Il s'installa à table et commença à dévorer méticuleusement tout ce qui se trouvait à sa portée ; il fallait dire qu'éviter un Draco Malfoy bien décidé à vous attraper vous fait dépenser beaucoup d'énergie, et Harry était parfaitement conscient du fait qu'il lui fallait sûrement reprendre des forces pour… Plus tard.

Il savait pertinemment qu'il ne pourrait pas éviter Draco bien longtemps. Il avait juste besoin de… Réfléchir, à propos de L…

Ainsi, c'est en se jetant à la manière d'un homme des cavernes (ou à la manière de Ron, au choix) sur son assiette qu'il reporta sa carence affective sur la nourriture.

Ses amis, qui l'avaient vu courir comme un dératé toute la journée, se dirent qu'ils n'allaient pas tenter le diable et ne posèrent aucune question, le Survivant étant d'humeur assez lunatique ces derniers temps.

Il était en train d'essayer de boire du jus de citrouille et d'avaler sa bouchée de viande en même temps quand les portes de la Grande Salle s'ouvrirent à la volée et Draco Malfoy apparut à la tête des Serpentards de sixième année et de Neville déguisé en poulet avec une pancarte sur le torse où il était inscrit : « Mangez-moi, j'ai été nourri de produits issus de l'agriculture bio ». Immédiatement, il tourna un regard empli de fureur et d'hostilité vers Harry qui tenta de se faire tout petit et rougit comme une pivoine lorsque les yeux des centaines d'élèves de l'école suivirent ceux du blond pour se poser sur lui.

De toute évidence, quelque chose se tramait entre les deux princes de Poudlard et tout le monde voulait savoir quoi.

Le blond fixa le Survivant durant encore quelques secondes et se détourna vivement pour s'asseoir à sa table. Il s'installa et commença à manger en le regardant à nouveau, et cette fois ne détourna pas son regard froid, métallique, qui disait : « Tu as commis une erreur digne d'un Gryffondor en osant venir ici. Je t'ai trouvé, tu es perdu. » Phrase à laquelle Harry rajoutait mentalement « Fais ta prière ».

Et il priait tout en essayant désespérément de reprendre des forces en finissant sa troisième assiette ; Draco lui avait coupé l'appétit, ou plutôt le regard de Draco.

Harry mangeait lentement, doucement, espérant que, peut-être, son âme sœur se lasserait et finirait par partir. Mais le Serpentard était tenace… Tout comme les autres élèves de l'école qui ne bougeaient pas, attendant un éventuel « spectacle ». En désespoir de cause, le Survivant demanda silencieusement de l'aide à son directeur qui se contenta d'élargir son sourire, ce que le brun n'aurait pas cru possible.

Enfin, l'heure de la fin du repas arriva. Harry s'était servi deux fois du dessert et ne pouvait plus faire semblant d'avoir encore faim, de toute façon personne ne l'aurait cru.

Peu à peu, toutes les tentatives de faire comme si c'était un soir normal en continuant de converser avec ses voisins s'éteignirent, et les étudiants se mirent à fixer sans vergogne les deux garçons.

Harry regarda sa table d'un air suppliant mais aucun ne semblait vouloir lui venir en aide ; après tout, Draco était sa Némésis, c'était à lui de régler le problème.

Harry se leva.

Draco fit de même.

Harry commença à marcher lentement jusqu'à la sortie, mais accélérera lorsqu'il se rendit compte que le blond le rattrapait et finit par se ruer vers la sortie pour, une fois dehors, se mettre à courir comme s'il avait le diable à ses trousses.

Sauf que ce n'était pas le diable, c'était Draco Malfoy.

Et c'était pire.

Harry traversa les couloirs à la vitesse de l'éclair, mais le blond ne semblait pas vouloir le lâcher. Son souffle devenait court et le sang pulsait à ses tempes. Avisant un passage secret qui se trouvait sous une tapisserie représentant une bergère qui se faisait draguer par un troll lui tendant un os en guise de présent, il pénétra à l'intérieur et reprit son chemin un peu plus silencieusement, en espérant que Draco ne connaissait pas ce passage.

Apparemment, ce n'était pas le cas, car Harry ne fut pas dérangé et atterrit dans la salle des trophées. Il sortit, et marcha la tête basse, les yeux fixés sur le sol, en ignorant les élèves qui venaient de sortir de la Grande Salle et qui discutaient de ce qu'ils avaient vu, certains l'interpellant.

Il avait l'intention de se rendre jusqu'à son dortoir mais cessa tout mouvement quand il se rendit compte que, s'il avait été Draco Malfoy, c'est certainement là qu'il se serait rendu après avoir perdu sa trace.

Soupirant, il se résigna à attendre le milieu de la nuit pour rentrer à son dortoir, en espérant que le blond se serait lassé. S'il avait eu l'intelligence de prendre sa carte du Maraudeur, il aurait certainement eu moins de problèmes.

Il sortit à l'extérieur du château, marchant seul dans le parc plongé dans la nuit. Son idée première fut de se rendre près du lac, mais il faisait trop froid pour ça maintenant. Il se dirigea donc vers la serre n°5, celle des plantes hybrides.

La porte était fermée mais il l'ouvrit sans difficulté d'un sort et pénétra à l'intérieur, la porte grinçant légèrement.

Harry parcourut la serre du regard. Partout, il y avait d'immenses fleurs multicolores, très grandes, ainsi que de l'herbe qui lui arrivait aux genoux. L'atmosphère était douce, paisible, il entendait même les fleurs respirer.

Harry se frictionna les bras. Ici aussi, il faisait froid.

Il se dirigea vers un côté de la serre et s'assit, l'herbe le dissimulant, le protégeant presque. Il appuya son front contre la vitre et soupira d'un air las, son souffle faisant de la buée près de sa bouche, sur le verre. Fatigué, il ferma les yeux.

Au bout d'une dizaine de minutes, il fronça les sourcils. Quelque chose avait changé. Il rouvrit les yeux et les écarquilla lorsqu'il vit de la neige tomber à dix centimètres de son visage. Il colla ses mains et sa figure contre la vitre, ne perdant pas une miette du spectacle.

La neige tombait silencieusement, en gros flocons, et semblait bien décidé à recouvrir d'un profond manteau blanc le parc de Poudlard.

Après tant d'inquiétude, de colère et de peine, cette vision pure et douce le relaxa.

Les flocons tombaient.

Doucement, tendrement.

Rêveur, il ne tressaillit même pas lorsqu'il entendit une voix dire :

-C'est la première neige de l'année.

Le brun souffla à nouveau contre la vitre.

-Oui, répondit-il.


Dans le prochain chapitre, Et si je recommençais à croire ?, et bien… Vous verrez bien, hihi. En gros, Harry se demande s'il peut recommencer à croire :p

A dans deux semaines,

bises,

Sinelune.