Lundi 11 septembre

Titre : L'humanité crée l'espoir

Auteur : Sinelune

Rating : M

Genre : Romance.

Avertissement : Attention, cette fic comporte des relations sexuelles entre deux hommes, alors pour ceux que ça gène, ouste !

Pairing : Drarry !

Disclaimer : Coucou ! Les lieux et les personnages appartiennent à J.K. Rowling, sauf Armand, Ethan et les élèves du cours d'Armand avec Harry mais on s'en fout. Pour certains passages de ce chapitre, je me suis fortement inspirée de Angel Sanctuary, le reste est de moi mais on s'en fout. Et…

Sinelune : Hey ! Conscience de Lune, arrête de parler comme ça, on dirait que j'ai pas travaillé !

CDL : Pourquoi, c'est pas le cas ?

Sinelune : Non !

CDL : Non tu n'as pas travaillé ?

Sinelune : Mais non ! Heu, si oui ! Euh… Tu m'énerves, ouiiiinnnnn !


Trinitytagada, gally84, Vif d'or, nami, Lliana Analissa Lyn x12, musehic, mimicra, Ange-Jedusor, kaeneblack, Ishtar205,

Elika, DLT, maria, Harrie Zabbs, SamaraXX, Little.F, lilly.malefoy, malilite, Vert Emeraude, Orchideouxx, yepa x2, aubedaradia,

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zaika, Leviathoune, yume-chan05, LightifMoon,

Un grand merci, vos review m'ont beaucoup touchée et vous m'aidez énormément à écrire : )


Note de l'auteur : Coucou ! Pour cette fois je ne vais pas vous ennuyer trop longtemps, je vous demande simplement de lire attentivement ma note de fin de chapitre. J'espère que vous avez toutes passé un bon été et que votre rentrée s'est bien passée/se passera bien ! Merci beaucoup aux revieweuses qui m'ont laissé un petit mot !

Bonne lecture !

oOoOoOo

Ce chapitre est dédié à Nami: je te remercie de me soutenir et j'espère de tout coeur que ce chapitre te plaira miss, gros bisous!

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Chapitre 12 : Il existe une solution…


Le lendemain, quelques heures avant d'aller chercher ses deux amis, Harry regardait son frère s'entraîner.

-Ainsi, tu penses que tu devrais au moins l'informer de mon existence ? demanda Ethan en tirant en plein milieu d'une cible se trouvant à plus de deux cent mètres, au centre de la forêt interdite.

-Oui… Et non, répliqua Harry, songeur. En même temps…

Il ne termina pas sa phrase, gêné, mais ce n'est pas comme si Ethan avait besoin de cela pour savoir ce que voulait dire son frère.

-« En même temps », je suis ton secret, n'est-ce pas ?

L'Elu hocha la tête, honteux, sachant pertinemment que ce sentiment était égoïste.

-Je comprends, répondit posément Ethan. Mais…Tu ne dois pas risquer de le perdre, c'est important. Penses-y.

Il s'éloigna et revint avec un coffre identique à celui que Harry avait vu plus tôt dans l'après-midi et l'ouvrit. Du liquide comparable à du pétrole mouvant en sortit et l'Elu s'écria :

-Un Métasombrage !

-Armand vous en a déjà parlé ? Il vous prépare rapidement, fit remarquer Ethan en regardant la créature prendre lentement la forme du professeur. Ne t'étonne pas si tu es incapable de les tuer. Ils sont très dangereux.

Avant même que le Métasombrage ouvre la bouche, le jeune guerrier lui infligea un coup qui l'envoya rouler dans la poussière à plusieurs mètres de là.

Son ennemi se releva et Harry put s'apercevoir qu'entre-temps, il avait pris sa propre apparence.

-Ethan, ne fais pas ça, supplia sa réplique dans une expression suppliante et horrifiée à la foi. Par pitié, mon frère, s'il te plaît...

Ethan ne sembla pas faire attention à ses supplications et s'approcha de son adversaire de façon décidée, aucune expression ne se reflétant sur son visage. Une flaque se forma dans les airs, augmentant en masse. Un dragon, similaire à un serpent par sa longueur, se créa devant les yeux de Harry et fusa vers le Métasombrage qui pleurait à présent, en suppliant toujours.

Entourant son visage, le dragon se transforma en bulle d'eau et la créature commença à s'étouffer. Ethan décrocha un couteau stylisé qu'il portait à la ceinture avant de fuser vers son ennemi et Harry ferma les yeux en se bouchant les oreilles par réflexe.

Un cri déchirant atteignit néanmoins ses tympans, faisant naître en lui un long et profond frisson qui se mêla à la désagréable goutte de sueur dégoulinant le long de sa colonne vertébrale.

L'Elu, lentement, baissa les mains. Un bruit de succion étrange lui parvint, lui arrachant un nouveau frisson, de dégoût cette fois-ci. Lorsqu'il osa enfin ouvrir les yeux, il vit d'abord l'herbe verte, devant lui. Il eut l'étrange et réconfortante idée de rester là à fixer cette verdure fraîche jusqu'à oublier le monde extérieur.

Mais une petite voix au fond de lui le sermonna et il continua de relever les yeux, à contrecoeur. Sa vue n'aperçut d'abord rien d'autre que l'herbe légèrement humide, jusqu'à ce qu'elle se pose sur le si beau poignard ouvragé d'Ethan, planté dans le sol. Les yeux persévérèrent dans leur avancée, se stoppèrent un court instant sur une traînée de sang entre deux paires de pieds identiques, et permirent finalement à Harry de voir son frère, le bras enfoncé jusqu'au coude dans le cœur du Métasombrage qui n'avait pas bougé.

Le Gryffondor déglutit, soudain pris d'une violente nausée et porta la main à sa bouche. Si un Métasombrage prenait sa propre apparence, serait-il capable de l'éliminer aussi aisément ? Tuer quelqu'un à l'apparence de ses amis, c'était déjà presque inimaginable, mais faire de même avec la réplique de lui-même, cela démontrait une acceptation totale de sa propre mort. Une acceptation complète… et résignée.

Ethan regardait droit devant lui, plongé dans les yeux du Métasombrage qui avait pris sa propre apparence. Il commença à retirer son bras et la créature cracha un peu de sang avant de tenter de le stopper de ses deux mains. Le jeune guerrier se détacha alors brutalement, faisant tomber la créature à ses pieds, inanimée… Eteinte.

Harry, sans même comprendre pourquoi, étouffa un sanglot. Son frère, surpris, tourna la tête vers lui mais l'Elu ne s'en aperçut pas, une autre vision le frappant de plein fouet.

A la place de son frère, il vit Voldemort, et toute l'action précédente se déroula devant ses yeux comme si c'était le mage noir qui éliminait son frère. Avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, la même scène se répéta mais cette fois c'était lui qui avait pris la place de Voldemort. Il se vit plonger sa main dans le cœur de son frère, déchirant sa cage thoracique, s'éclaboussant de sang. Manquant de vomir, il porta la main à ses yeux et poussa un hurlement de détresse, un vide se créant en lui et le faisant souffrir plus cruellement qu'un Doloris.

Il rouvrit les yeux mais ne rencontra que le noir. Battant désespérément des mains pour chercher quelque chose à quoi se raccrocher, il allait complètement paniquer lorsque deux bras l'enlacèrent avec douceur et maladresse.

Reconnaissant son frère, il le serra de toutes ses forces, se battant contre un torrent d'émotions qui menaçait de l'ensevelir s'il n'y faisait pas assez attention. Tremblant, il osa enfin ouvrir à nouveau les yeux et rencontra des prunelles identiques aux siennes. Il eut un hoquet de soulagement et prit une longue inspiration, retrouvant enfin son souffle, ne lâchant pas des yeux les orbes émeraudes d'Ethan, ce regard si fort, si calme, tellement réconfortant.

L'Elu réalisa enfin ce qui lui était arrivé.

Une vision de Voldemort, encore une autre…

-Elles sont de plus en plus nombreuses, soupira-t-il découragé, son corps toujours pris de légères convulsions de terreur.

-Nous sommes là, répondit Ethan, souriant et caressant doucement ses cheveux. Tu le vois bien, la vision a disparu dès que je t'ai touché.

-Mais si tu n'avais pas été là ? Hier…

-Hier, Armand a pris soin de toi et la simple présence de ton âme sœur te rend plus puissant. De toute façon, tu es largement assez fort pour t'en sortir seul, mon frère, le coupa Ethan, annonçant cela comme si c'était une évidence. Nous ne te protégeons pas parce que tu es faible, mais parce que nous tenons à ce que tu affrontes Voldemort en pleine possession de tes moyens. Tous, nous faisons de notre mieux pour que toi, l'Elu, puisse accomplir ton destin sans ennui ou sans préoccupation secondaire. Même des préoccupations du style « Vais-je gagner ? » ne doivent pas t'inquiéter, ajouta-t-il avec un doux sourire, faisant référence à son futur sacrifice.

Harry eut une moue réprobatrice et frappa son frère à la tête.

-Ce n'est pas drôle, lança-t-il.

-L'humour est subjectif, répliqua Ethan, malicieux.

-Arrête de parler comme un centaure…

oOoOo

Quelques heures plus tard, lorsque Ethan raccompagna son frère à l'orée de la forêt, il le remercia en lui serrant le poignet maladroitement, le contact d'un peau étrangère le troublant toujours.

-Merci ? Mais pourquoi ? demanda Harry, surpris.

-Pour avoir été là, répondit simplement Ethan. Je n'ai jamais pu attaquer un Métasombrage ayant ton apparence avant aujourd'hui. Mais parce que tu étais à mes côtés, j'en ai été capable.

Harry, ne sachant que répondre, resta silencieux un moment puis s'éloigna après avoir salué son frère. Plongé dans ses pensées, il s'avança machinalement vers le château. Ethan n'avait jamais réussi à combattre un Métasombrage à l'apparence de son frère mais n'avait aucun mal à attaquer sa propre apparence, ce qui confirmait ce que l'Elu avait pensé un peu plus tôt. Ethan avait complètement accepté sa mort prochaine…

Harry serra les poings et la ligne de sa mâchoire se contracta.

Peut-être qu'Ethan avait accepté sa mort, mais pas lui. Et il ne l'accepterait jamais. Ethan n'avait jamais vraiment vécu, c'était trop facile pour lui de quitter ce monde en pensant qu'il ne sacrifiait pas grand-chose. Harry devait lui montrer… lui montrer que la vie pouvait être remplie d'aventures merveilleuses, que la sienne était importante, autant pour lui-même que pour son jumeau.

Il n'ignorait pas que Dumbledore, avec l'aide des centaures, l'avaient conditionné depuis sa plus tendre enfance et que changer ce point de vue aurait de lourdes conséquences pour Ethan et nécessiterait un sérieux retour sur lui-même.

Mais Harry était prêt à faire tous les efforts possibles pour que ceci se réalise. Ethan avait déjà perdu bien trop d'années de sa vie. Se battre, tuer… Un enfant ne devrait pas être habitué à toutes ces choses.

Personne… ne devrait être habitué à cela.

oOoOoOoOoOo

A 22heures moins 10minutes, Harry attendait ses amis devant le bureau de Dumbledore qui avait été prévenu du fait que les trois amis passeraient une partie de la nuit chez les centaures et leur fournissait le portoloin pour accéder à leur territoire.

Harry attendit cinq minutes avant de voir Ron apparaître au début d'un couloir, suivit de Hermione. Ces deux-là s'étaient visiblement croisés en chemin et avaient fait le chemin ensemble, mais tout portait à croire, en voyant leur visage fermé, qu'ils ne s'étaient pas adressés un seul mot. Harry soupira.

-Cessez la cruelle chasse aux chocogrenouilles, dit Harry à la gargouille qui s'écarta, laissant entrer les trois étudiants.

Ils gravirent les marches en silence et Harry frappa à la porte avant d'entrer sans attendre la réponse de Dumbledore, comme à son habitude. De toute façon, il se trouvait déjà bien assez bon de prendre la peine de frapper avant d'entrer.

Le vieux directeur se tourna vers eux et leur sourit :

-Bonsoir miss Granger, monsieur Weasley.

-Bonsoir professeur Dumbledore, répondirent les deux amis de Harry, visiblement intrigués, ne sachant comment interpréter leur présence dans le bureau de leur directeur à une heure si tardive.

-Je pense que de nombreuses questions vous brûlent les lèvres, mes enfants, mais je ne suis pas le mieux placé pour vous répondre, déclara le vieux magicien. Harry, toi et tes amis pouvez y aller.

Harry traversa la pièce et prit le sablier qui lui servait de portoloin avant de rejoindre ses deux amis et de le leur tendre.

-Touchez-le, c'est un portoloin. Je vous emmène dans la forêt interdite, ajouta-t-il en voyant leur mine interrogatrice. Vous ne craignez rien ! rit-il lorsque les deux Gryffondors grimacèrent.

Sans hésitation, ayant visiblement une confiance absolue envers leur ami, Ron et Hermione touchèrent alors le portoloin. Le voyage jusqu'à la forêt fut toujours aussi désagréable et quelques secondes plus tard, ils atterrirent à l'endroit voulu. Harry se sentit tomber, mais cette fois ce furent les bras de Sikey qui les retinrent Ron et lui, tandis que Hermione avait réussi à ne pas tomber.

-Sikey ? fit Harry, surpris. Où est Ethan ? ajouta-t-il, immédiatement inquiet.

-Il va bien, Humain qui vit pour accomplir le sacrifice. Il s'est blessé au poignet en s'entraînant un peu plus tôt et Torel l'a forcé à vous attendre dans sa chambre.

Le cœur de Harry fit un bond dans sa poitrine. Il n'avait jamais vu l'endroit où vivait son frère, étant donné que ce dernier vivait au cœur du territoire des centaures. Il hocha la tête et se mit à suivre Sikey, accompagné par ses deux amis.

-Harry, mon pote, pourquoi est-ce que tu parles à ce centaures comme si vous étiez amis ? Je signale quand même que la dernière fois qu'on les a vus, ils ne semblaient pas nous porter dans leur cœur, fit-il remarquer en référence à l'épisode de Ombrage et du Ministère.

-Qui est Ethan ? renchérit Hermione, toujours prompte à poser les bonnes questions, ayant immédiatement remarqué la grande inquiétude de Harry pour ce « Ethan », lorsqu'il ne l'avait pas vu en arrivant.

-C'est la personne que j'aimerais vous faire rencontrer, expliqua le Survivant. Ethan vit avec les centaures depuis longtemps mais c'est un être humain. J'ai fait sa connaissance il y a quelques semaines grâce à Dumbledore.

-Taisez-vous, s'il vous plaît, leur intima Sikey. Nous approchons du cœur de notre territoire, et beaucoup de centaures vous tolèrent uniquement parce que Torel nous l'a ordonné. Ne vous faites pas remarquer.

Comme si c'était possible de se faire plus remarquer, songea Harry en voyant tous les centaures qui croisaient leur chemin s'arrêter pour les regarder fixement.

La forêt devenait de moins en moins dense au fur et à mesure qu'ils marchaient, et bientôt ils aperçurent une lumière bleue à quelques dizaines de mètres devant eux.

Avançant de plus en plus, ils finirent par atteindre le cœur du territoire des centaures. Il s'agissait d'un immense cratère recouvert de verdure et d'arbres noueux immenses, différents de ceux qui peuplaient la forêt, entourés d'épaisses lianes bleutée ; c'étaient d'ailleurs elles qui diffusaient cette lumière hypnotique et apaisante. Les habitats des centaures n'étaient que de petites plates formes surélevées, faites de fleurs et de branchages, ayant chacune pour toit un de ces arbres si étranges et beaux.

Les trois amis, émerveillés, suivirent Sikey jusqu'au centre du cratère, un peu mal à l'aise, toutefois, à cause des regards des centaures posés sur eux, parfois bienveillants, d'autres fois indifférents ou franchement colériques.

Ils arrivèrent devant quatre des arbres noueux aux feuilles et aux fleurs blanches. Ils étaient disposés en carré, et à leurs branches était attaché du tissu blanc également qui formait une sorte de toit, le tout ressemblant à une tente artisanale.

Cette tente était aussi surélevée : on y accédait par quatre marches faites de branchages qui ployaient sous leurs pas.

-C'est l'endroit où dort l'humain qui vit dans le seul but de s'éteindre, indiqua Sikey. Il l'a fabriqué ceci lui-même, ce qui est incompréhensible pour nous : à quoi bon s'enfermer dans notre territoire, puisqu'il y est parfaitement en sécurité ?

-Peut-être parce que cela l'aide à se sentir bien ? L'intimité, vous connaissez ? hasarda Harry.

-Il nous a dit la même chose, mais je ne comprends toujours pas ; ce doit être une des caractéristiques de votre race.

-C'est à cause de la pluie si vos constructions sont surélevées ? demanda Hermione, toujours avide d'apprendre.

Sikey hocha la tête :

-Nous vivons dans un cratère, nous n'avons pas le choix. L'humain qui vit dans le seul but de s'éteindre vous attend, il est seul, Torel est parti surveiller notre territoire. Je vous attendrai à l'extérieur pour vous raccompagner chez vous, puisque le portoloin ne fonctionne pas au retour.

Harry hocha la tête et s'approcha de la tente, suivit par ces amis. Il gravit les marches qui s'affaissèrent légèrement sous son poids et s'adressa à ses deux amis avant d'entrer :

-Préparez vous à être surpris.

Harry pénétra le premier dans la « chambre » de son frère et se figea devant l'apparition qui s'offrit à lui.

La lumière diffusée par les lianes des quatre arbres n'était plus bleue mais dorée, pour une raison qu'il ignorait. Cette douce lueur réchauffait le corps aussi tendrement que si des bras aimants l'enserraient. De minuscules sphères blanches parcouraient la pièce, certaines fusant de part et d'autre, les autres presque immobiles. Le sol était recouvert de branchages et de fleurs, mais il y avait aussi de lourd tissus que Harry reconnut comme appartenant aux lits de leur maison ; Dumbledore les lui avait probablement offerts. Son frère était assis au fond de la chambre de taille moyenne et l'accueillit par un sourire éclatant :

-Bonsoir, mon frère.

Ron et Hermione, qui étaient restés en pamoison devant le décor et l'atmosphère incroyablement sécurisante, sursautèrent en entendant ces mots. Ils baissèrent le regard et aperçurent Ethan, ses long cheveux détachés (c'était d'ailleurs la première fois que Harry le voyait ainsi), sa peau presque blanche à cause de la lumière et son habituelle tenue noire, pull à col roulé sans manches, pantalon fait de matière épaisse et ses bandages, la seule différence étant que son bras gauche était tenu en écharpe.

En voyant ceci, le Survivant se précipita vers son jumeau et posa la main sur son épaule, faisant ainsi sursauter ce dernier :

-Ethan, est-ce que tu vas bien ?

-Harry, qu'est-ce que…

A ce moment-là, Harry se retourna et ils fixèrent tous deux ses amis. Placés ainsi l'un à côté de l'autre, il était impossible de nier leur flagrante ressemblance et le roux s'écria fort peu élégamment :

-Putain de merde !

Contre toute attente, Harry éclata de rire, faisant sourire son frère, puis se leva et alla à la rencontre des deux étudiants éberlués ; Hermione gardait sa main devant sa bouche, visiblement sur le point de faire une crise d'apoplexie et le Survivant tenta de raisonner le roux avant qu'il ne s'évanouisse.

-Ron, calme-toi, et venez plutôt vous asseoir, que je vous explique la situation.

-M… Mais il y a… balbutia son ami. Je crois qu'il y a quelqu'un de bizarre derrière toi, chuchota-t-il brusquement comme s'il énonçait un secret particulièrement important et dangereux.

-Je suis au courant, Ron, répondit Harry de la même manière, sur le ton de la confidence. Viens maintenant.

Les trois Gryffondors rejoignirent Ethan et s'assirent sur les tissus de velours rouge. Hermione et son ex-petit ami fixaient le jumeau de l'Elu sans vergogne, le dévorant presque du regard et n'osant cligner des yeux, comme s'ils avaient peur qu'il disparaisse s'il disparaissait de leur champ de vision.

Harry prit une grande inspiration et puisa sa force dans le regard parfaitement confiant de Ethan avant de commencer son récit.

oOoOoOoOoOo

POV Draco

Epuisé, c'est à peine si je réponds au souhait de bonne nuit des autres préfets. La réunion a duré trois heures. Trois longues, très longues, trop longues heures.

Sincèrement, je trouve cette année épuisante, et mes interrogations concernant Harry n'arrangent rien. Je commence même à me demander sérieusement si je ne devrais pas prendre les choses en main au lieu d'attendre quelque chose qui ne se produira peut-être jamais. Sans doute devrais-je avoir très rapidement une sérieuse conversation avec lui.

Après tout, je fais tout pour me montrer patient, mais je suis certain qu'il a menti en disant qu'il faisait de son mieux pour que tout aille bien entre nous. Je refuse de passer pour un imbécile et j'ai la désagréable impression que c'est ce qui est en train de se produire.

Je me dirige vers ma chambre avant d'étouffer un juron ; j'avais oublié que c'est à moi de faire la ronde du château, étant donné que Mademoiselle Je-sais-tout est à l'infirmerie. Apparemment, elle a eu un ennui avec je ne sais quel livre dangereux de la réserve ce matin. Mwaha. Haha. Mais bien sûr, cela n'a pas empêché Harry d'aller la voir avec le belette ce soir.

Harry… Il faut réellement que je lui parle. Peut-être pas ce soir, mais… Demain. Oui, demain.

J'ai un demi-sourire en passant devant la porte du professeur Firefly. J'ai d'ailleurs oublié de demander à Harry ce qu'il faisait devant ses appartements…

-Bonsoir Draco.

Je fais volte-face élégamment et croise le regard sombre d'Armand. C'est incroyable, je n'ai même pas entendu la porte s'ouvrir, alors qu'elles font toutes un bruit d'enfer dans ce château croulant. Cet homme n'est vraiment pas net…

-Bonsoir professeur.

-Que fais-tu ici ? Ne devrais-tu pas être avec ton petit ami ?

Je soupire. Ce n'est pas parce que nous sortons ensemble que je suis censé être collé à lui 24h sur 24 ! Même si j'aimerais bien, hum. J'explique obligeamment :

-Je dois faire ma ronde, monsieur Firefly.

-Oh, je vois. Je suppose que tu les rejoins après ?

Je sens que la réponse ne va pas me plaire.

-« Les », professeur ?

-Oui, Harry est dans le bureau du professeur Dumbledore en compagnie de ses deux amis, non ? Je les ai entendu en parler cet après-midi. Apparemment, ce rendez-vous était prévu depuis déjà quelques temps, me répond Armand, visiblement surpris de constater que je ne sois pas au courant.

Je réponds fort inutilement :

-Et bien… Je l'ignorais. Je savais qu'il était avec ses amis mais pas avec Dumbledore.

-Il a certainement oublié de t'en parler, tente de me rassurer Armand avec un petit sourire. Il te suffira de lui poser la question lorsque tu le reverras. En attendant, acceptes-tu de boire un thé ?

-Euh… Oui, merci professeur, j'acquiesce, étonné.

C'est étrange, quelque chose en moi me chuchote qu'Armand n'est pas comme d'habitude ce soir, et j'avoue me méfier un peu de lui. J'ignore pourquoi, mais c'est comme si tout mon corps rejetait sa présence…

Enfin. Ce n'est pas pour un stupide et probable illusoire sixième sens que je vais refuser l'invitation d'un professeur.

oOoOoOoOoOo

Les deux meilleurs amis du Survivant se taisaient, assimilant tout ce qui leur avait été dit : la révélation de Dumbledore sur l'existence de son frère, sa Destinée, l'entraînement secret de l'Elu…

Il leur faudrait du temps pour tout comprendre… Et accepter.

Hermione finit par lever les yeux vers Ethan et Harry le sentit se raidir, comme s'il était anxieux. Il dissimula un sourire amusé ; il avait une totale confiance en Hermione.

-Je suis ravie de te rencontrer, Ethan, déclara-t-elle en lui tendant la main.

Le jeune guerrier parut un instant indécis, puis finit par prendre la main de Hermione dans la sienne avant de la secouer avec douceur.

-Moi aussi, jeune demoiselle, hum, Hermione.

Puis ils se tournèrent tous vers Ron qui ne put que répéter :

-Putain de merde.

Harry leva les yeux au ciel d'un air désespéré et le roux reprit avec difficulté :

-Je veux dire, je suis content de te rencontrer Ethan, et… Euh, moi aussi je souhaite protéger Harry, alors ça me fait plaisir que tu sois là.

Ethan sourit et pencha légèrement la tête sur le côté.

-Même si nos méthodes diffèrent, notre objectif est le même, Ron, et je suis moi aussi heureux de l'amitié que tu portes à mon frère.

Les quatre adolescents se sourirent.

Les fondations étaient créées. Elles allaient peut-être supporter une relation tendue, torturée… Ou bien solide envers et contre tout, dispensant force et courage.

Personne ne le savait encore, mais…

Les fondations étaient créées.

oOoOoOoOoOo

Harry prononça le mot de passe de Draco et pénétra dans la chambre, le cœur en fête. Il salua le Serpentard allongé sur le lit d'un long et langoureux baiser auquel son petit ami répondit à contrecoeur. Ce denier s'en voulait de n'être même pas capable de le repousser mais il ne pouvait pas, Harry était trop envoûtant. Il lui suffisait d'un baiser pour tout oublier. Il joua avec sa langue en s'en voulant de plus en plus et lorsque l'Elu s'éloigna, il remarqua :

-Tu as l'air heureux. Ta soirée s'est si bien passée ?

-C'était génial, fantastique ! s'écria le brun, enthousiaste, en se mettant pieds nus. Je reviens, je vais prendre une douche.

Il passa quelques minutes dans la salle de bain et les poings de Draco se serrèrent tandis qu'il l'entendait chantonner.

Lorsque le Survivant refit son apparition vêtu de son pyjama, le blond reprit la parole.

- Ça alors… Je n'aurai jamais imaginé que les soirées au chevet d'un ami blessé soient si trépidantes, commenta-t-il d'une voix froide que Harry ne remarqua pas tout de suite, tant il était grisé par sa magnifique soirée. Vous avez dû faire des choses passionnantes, pour que tu sois dans cet état extatique.

-Oh, rien de bien intéressant, on a simplement parlé pendant que Pomfresh était dans son bureau, répliqua Harry d'un ton léger, se glissant sous les couvertures et s'approchant de son âme sœur.

Ses émeraudes croisèrent les yeux presque noirs de Draco. Visiblement, ce dernier était furieux. Le cœur du brun se serra et se mit à cogner contre sa cage thoracique. Son petit ami ne l'avait encore jamais regardé de cette façon depuis qu'ils sortaient ensembles. Il ne l'avait jamais regardé ainsi tout court. Il était furieux, mais pas haineux. Profondément blessé étaient les mots justes.

Harry leva la main jusqu'à effleurer la joue du blond qui parut vouloir se dégager mais finit par contracter la mâchoire en penchant la tête pour savourer la caresse.

-Quelque chose ne va pas, Draco ? demanda l'Elu d'un voix douce.

-Non, tout va bien, amour, pourquoi est-ce que ça n'irait pas ? Tu es là, rétorqua le Serpentard, moqueur.

Harry, décontenancé, mit quelques secondes à se reprendre et Draco en profita pour prendre la main du brun dans la sienne et la serrer avec force. A cet instant, il paraissait presque inquiétant et l'image de L… se superposa à la réalité, faisant sursauter le Survivant qui se sentit immédiatement en danger.

-Tu sais, lorsque je t'ai fait cette promesse sous la première neige de l'année… La seule neige, d'ailleurs, ajouta-t-il comme dans un souci de précision. J'étais sincère, et je le suis toujours. Mais je suis fatigué, Harry. Si l'amour signifie la confiance, alors ne me dis pas que tu m'aimes.

-Je… Mais qu'est-ce que tu as, Draco ? s'inquiéta l'Elu, de plus en plus nerveux à cause des images de son petit ami et de L… superposées l'une sur l'autre.

-Ce que j'ai ! s'énerva le blond en se redressant. J'ai que j'en ai assez, Harry, assez de tous tes mensonges ! Je sais très bien que tu étais chez Dumbledore, ce soir ! Qu'est-ce que vous avez fait, toi et tes deux toutous ?

-Ne les appelle pas comme ça, répliqua le Survivant, affolé, détournant vaguement le sujet pour se donner le temps de réfléchir. Ecoute… Cela n'a pas d'importance, nous n'avons rien fait qui puisse…

-Cela n'a pas d'importance ? le coupa Draco, hors de lui. Ce n'est pas important que tu me mentes ? Harry, je fais tout ce que je peux pour patienter et attendre que tu sois prêt, mais prouve-moi que ça en vaut la peine ! Si tu…

Harry n'y arrivait plus, ne le supportait plus. Par-dessus la voix du blond, il entendait L… lui parler :

« Par Merlin, Potter, tu es si étroit… »

-Je suis sérieux Harry ! S'il te plait, parle-moi… Je ne pourrai rien faire si tu refuses de…

« Tu n'as jamais pleuré la nuit en espérant qu'il existait quelqu'un, quelque part, capable de te faire oublier toutes tes peines ? Et bien cette personne, c'est mon fils… Seulement il m'appartient, et il ne te choisira jamais… »

-Je t'ai fait une promesse, cela ne compte donc-t-il pas pour toi ?

« L'unique personne capable de t'apporter joie et amour te hait, Potter, n'oublie jamais ça… »

N'oublie jamais, jamais ça…

-Non, non non…

Harry porta la main à sa tête, perdu.

« Seulement il m'appartient, et il ne te choisira jamais… »

-Harry, JE TE PARLE ! finit par hurler Draco, au bord de la crise de nerf.

N'oublie jamais, jamais ça…

Un rire s'ajouta à cette voix qui commençait lentement à le rendre fou. Un rire froid, démoniaque et… amusé. Parce que tout ceci n'était pour lui qu'un jeu.

Que ressentiriez-vous si vous saviez que tout ce que vous endurez, toutes les horreurs qu'on vous inflige, sont faites simplement parce que quelqu'un trouve cela… amusant ?

Que ressentiriez-vous ?

-Aaaaaahh ! cria Harry, se mettant à se griffer comme s'il voulait s'ouvrir lui-même la tête pour faire partir ces voix.

-Harry ! Harry, qu'est-ce que tu as !

La voix de son âme sœur lui arriva de plein fouet, dans un éclair de lucidité.

Draco était là, avec lui, pas avec son père, merde !

Le brun le coupa en jetant à son cou pour l'embrasser furieusement, insérant sa langue à l'intérieur de la bouche de son âme sœur, forçant le barrage de ses lèvres. Draco, par automatisme, commença à lui répondre mais tenta finalement de le repousser ; ce n'était clairement pas le moment de faire ce genre de chose.

-Harry, arrête de fuir la réalité et dis-moi ce que tu as !

L'Elu plongea ses yeux terrorisés et emplis de larmes dans le regard choqué de Draco. A nouveau, L… lui apparut et un sanglot lui échappa.

Mais pourquoi est-ce que je m'inquiète, pourquoi ?

Ethan a dit… Que je devais rester fort, à tout prix !

Harry sentit son âme sœur le prendre dans ses bras dans une tendre étreinte mais ne réagit pas, amorphe.

Il avait envie d'y croire. Il devait y croire, parce que sinon, c'est tout son monde qui s'écroulerait, le faisant tomber lui.

Rien ne pouvait les séparer Draco et lui, ils étaient âmes sœurs, âmes sœurs !

Alors il n'avait pas à s'inquiéter de Voldemort, L… ou autres, n'est-ce pas ?

Dans ce cas pourquoi n'arrivait-il même pas à prononcer son nom ?

Il sentit Draco déposer de petits baisers rassurants sur son cou et frissonna. Il n'avait rien à craindre. Il n'avait RIEN à craindre, merde !

D'un geste presque désespéré, il releva le visage du blond et se jeta sur sa bouche. D'un simple mouvement de la main, il ôta leurs vêtements.

Sans romantisme, sans fioriture, il avait simplement besoin de Draco en lui, juste en lui.

Le blond voulait le repousser mais c'était comme si son corps ne l'écoutait plus, répondant aux caresses brutales de Harry. Son sexe était déjà dur et il s'en voulut pour ça.

-Draco, Draco, Draco… murmurait son amant sans relâche, comme une incessante litanie.

Harry n'en pouvait plus, il essayait de se convaincre que c'était bien son âme sœur qui était près de lui, que cette âme sœur l'aimait, qu'elle lui appartenait… Tout comme lui était à elle.

Il renversa Draco sur le dos et avant même que ce dernier le repousse, ayant compris ce que le brun allait faire, il s'empala sur sa verge brûlante, criant sous l'effet de la douleur.

Il attendit un instant puis commença à balancer son bassin d'avant en arrière, d'abord doucement puis de plus en plus rapidement. Des larmes glissèrent sur ses joues et c'est cette vision qui ramena Draco à la réalité ; le pouvoir que son âme sœur avait sur lui lui ôtait son pouvoir de décision, particulièrement lorsqu'ils faisaient l'amour. N'étant pas au courant, il ne pouvait que s'en vouloir à mort et se traiter de tordu.

Il se redressa et serra Harry dans ses bras, cessant leur activité, avant de demander la voix cassée, l'âme fatiguée, le cœur désespéré :

-Qu'est-ce que tu as, Harry ?

-R… Rien, continue.

Mais le Serpentard n'obéit pas et tendit la main vers les larmes de Harry qui la repoussa violemment en s'écriant :

-Draco, merde, continue !

J'ai trop mal, fais-moi oublier s'il te plaît, continue.

Il bougea lui-même son bassin, les faisant gémir. Draco tenta de l'empêcher de bouger mais le Survivant s'empara de ses mains et le força à s'allonger sur le dos, menant le rythme. Draco sentait qu'ils ne devaient pas, il ne savait pas pourquoi mais il savait que quelque chose allait se casser, ils ne devaient pas…

Parce que ça allait tout détruire, le peu qu'ils avaient construit, parce que leur feu deviendrait cendres et qu'on ne ravivait pas des cendres.

Parce que si c'était détruit, il ne saurait plus pour qui exister.

Parce qu'on ne change pas le passé, parce que les larmes versées sont irrémédiables, parce qu'elles ont coulé et séché depuis trop longtemps déjà. Et parce que s'ils continuaient ainsi, rien ne pourrait empêcher leurs futures larmes de couler.

Et Draco connut la peur. Ses yeux s'ouvrirent démesurément. Il sentit la peur, la peur qui vous paralyse pour mieux vous briser de l'intérieur. Et il hurlait sa détresse, et aucun son ne sortait.

Finalement, il avait envie de dire que ce n'était pas grave, que Harry pouvait lui mentir autant qu'il le voulait, qu'il se contenterait de tous les mensonges du monde…

Et malgré cela, le plaisir montait, la jouissance s'approchait, et il se dégoûtait…

Très loin de tout ça, Harry continuait, encore et toujours, toujours plus loin, mais jamais assez. Et au moment où la jouissance les emporta, le quelque chose, se cassa.

Harry, sous l'effet de l'orgasme, ouvrit les yeux qu'il avait gardé clos et vit non pas Draco en face de lui, mais son père.

Et durant une infinie seconde, il se retrouva deux ans en arrière, dans ce cimetière sombre, terrifié et suppliant.

Il redevint l'enfant de quatorze ans qui se faisait violer, parce qu'à quatorze ans on est toujours un enfant, quoi qu'on puisse en dire.

Parce que quatorze ans, c'est bien trop tôt pour apprendre qu'on n'a pas d'avenir.

Il poussa un pur cri de terreur et se leva, sortant du lit le plus vite possible pour s'enfermer dans la salle de bain.

Là, les sanglots s'emparèrent de lui et pour une fois, il ne tenta pas de les réprimer.

Merde, même si ce n'était qu'une illusion, on n'avait pas le droit de faire ce genre de chose.

Merde, putain… Mais qu'est-ce qu'il avait fait, qu'est-ce qu'il avait fait pour mériter tout ça ?

-Harry, tu vas me dire ce que tu as ? fit la voix de son âme sœur à travers la porte.

-Je… Ça va, laisse-moi, répondit le brun.

Mais Draco en avait assez. Il était fatigué, lassé, bien trop épuisé. Pourquoi Harry refusait-il d'être aidé ? Pourquoi ?

-POURQUOI ! hurla-t-il finalement, abandonné contre la porte, la main sur le cœur, son cœur qui se serrait, son cœur qui l'étouffait… Harry, ouvre la porte.

-Non, lui parvint la voix étouffée de son amant.

-Il faudra bien que tu sortes d'ici à un moment où à un autre, tu sais, fit Draco d'une voix trop douce, parce qu'il n'avait plus la force d'essayer d'aider.

-Je sortirai quand je le voudrai, et ce n'est pas maintenant. Laisse-moi.

-Harry, je sais que quelque chose te fait peur, mais comment veux-tu que je t'aide si…

-Je ne veux pas que tu m'aides ! Tu n'étais pas là quand tu aurais pu m'aider, maintenant c'est trop tard alors va-t-en !

Et Draco perdit son sang-froid, sentant finalement la rage l'envahir, la rage de ne pas savoir et de ne pouvoir rien faire. Ah c'était comme ça ? Il en avait plus qu'assez de se démener pour savoir ce qui n'allait pas, et de se faire sans cesse rejeter comme un déchet insignifiant. Il était un Malfoy, merde, et il refusait de se laisser davantage marcher sur les pieds. Et puis il ne savait même pas de quoi parlait Harry !

-Harry, arrête de faire l'imbécile et ouvre cette porte ! Ce n'est pas en fuyant tes responsabilités que…

La porte s'ouvrit brusquement et il se retrouva face au Survivant. Il avait les joues striées de larmes, le corps en sueur, la cicatrice rouge et un regard, un regard… Qui transperça Draco jusqu'au plus profond de son âme.

Ses yeux brillaient dans l'obscurité de la pièce, brûlants de reproche et de désespoir.

-Fuir mes responsabilités ? répéta Harry d'une voix hachée, avec une incrédulité mêlée de rage. Moi, je fuis mes responsabilités ! Mais je me bats tous les jours pour les affronter, mes responsabilités ! Et toi, tu ne fais rien, tu ne vois rien !

-C'est toi qui ne me dit rien !

-Parce que je n'ai rien à te dire ! Parce que ça n'aurait pas dû se produire et que je ne devrais rien avoir à te dire ! Et maintenant, tout ça, c'est de ta faute, parce que tu n'étais pas là !

Draco, totalement perdu et paniqué, s'apprêta à répondre mais Harry l'interrompit en criant :

-Je te déteste !

Le blond devint livide et ne répondit pas. Harry porta la main à sa bouche, se rendant brusquement compte de ses paroles. Avisant le regard choqué et presque suppliant de son âme sœur, il murmura :

-Draco…

Mais il n'y avait rien à dire. Parce que les paroles sont comme les larmes, irrémédiables.

Baissant la tête, il se détourna, s'habilla d'un pantalon et s'empara du reste des ses vêtements avant de s'enfuir le la chambre, contournant le Serpentard qui était resté immobile.

oOoOoOoOoOo

Harry, la vue floue à cause des larmes qui l'aveuglaient à demi, descendait les escaliers du château, vers le parc, vers l'air libre, vers son frère. Il était dans le hall, s'approchant de la sortie quand :

-Harry ?

L'Elu se tourna vers la provenance de la voix.

-Armand ?

Son professeur hocha la tête.

-J'aimerais te parler.

-C'est que… Je suis désolé mais je n'ai pas le temps…

-Il existe une solution.

Harry ne répliqua pas tout de suite, incertain.

-Une solution pour quoi ? demanda-t-il finalement avec un petit rire amer. C'est que j'ai beaucoup de problèmes…

-Une solution pour sauver ton frère, et ne plus souffrir, répondit simplement Armand. Harry…

Il s'approcha doucement du Survivant, l'écho de ses pas résonnant presque religieusement dans le silence du château endormi.

-Je prends soin d'Ethan depuis sa plus tendre enfance, et je tiens énormément à lui. Si quelqu'un m'entendait, il dirait que je suis probablement égoïste de te demander cela, mais…

Il se baissa, posant une urne d'ébène à terre, qui brillait d'un halo magique.

-A l'intérieur se trouve un démon qui se nomme Elexiel. Il peut t'aider… C'est aussi pour toi que je le fais, Harry. Si tu continues à te déchirer, tu vas finir par sombrer dans la folie, Harry. Tu dois faire un choix …

Le Survivant ne répondit rien, le souffle court, comme s'il avait trop couru. Son cœur battait de façon désordonnée et une partie de lui avait envie de s'enfuir pour ne pas entendre ce que disait son professeur, peut-être pour, justement, ne pas avoir de choix… Pour se dire qu'il n'y était pour rien s'il arrivait un malheur, ce n'était pas lui qui avait pris telle ou telle décision.

Mais il n'y arrivait pas, restant immobile, patientant, tremblant.

-Le sacrifice… souffla finalement Armand. Le sacrifice d'une vie pour une autre. Le sacrifice d'une personne que tu aimes pour une autre que tu aimes autant. Le sacrifice de Draco… Pour Ethan.

Harry sentit clairement son cœur manquer un battement et faillit tomber à genoux rien qu'à imaginer Draco mort devant lui. Il savait bien qu'on avait beau vouloir, de toutes ses forces, être là pour quelqu'un, on ne pouvait pas toujours. Mais de là à ôter la vie à une personne irremplaçable… Non… Draco mort, jamais… Sa main froide repliée sur elle-même, ses yeux qui ne croiseront plus jamais les siens, ses lèvres qui ne souriraient plus jamais… Inenvisageable…

Et après un petit rire amer, la voix d'Armand lui parvint atténuée, devenant presque chuchotement :

-Si on m'entendait, on dirait que je suis égoïste… Et c'est probablement vrai… Après tout, je fais tout pour sauver Ethan pour qu'il reste à mes côtés, parce que je veux le voir en vie et savourer sa présence. Je l'empêche de faire ce qu'il désire vraiment, je le forcerais à vivre si tu acceptais. Oui, je suis égoïste, comprit Armand, sa voix se durcissant. Mais, Harry…

L'Elu étouffa un sanglot.

Armand termina :

-Je suis humain.


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Bon publicité pour moi cette fois, j'avoue :p

Leviathoune et moi avons publié un OS intitulé J'irai cracher sur ta tombe, avec l'importante collaboration de Serdra, Vert Emeuraude, Kimmy Lin, Ambre et Mary Kaly, je vous invite à y jeter un coup d'oeil : )

La suite dans 4 semaines, parce quand dans deux semaines je publierai un chapitre de ma nouvelle fic : La mutation, un slash HP/DM !

Et voilà… Surprises par cette fin ? Dans le prochain chapitre, Observez tous, charognards du monde sorcier ! vous verrez Harry prendre sa décision.

Laquelle sera-t-elle, à votre avis ?

J'en profite pour rendre officielle ma décision officieuse : chaque centième revieweuse gagne un petit cadeau...

Review ? Pitié pitié pitié !

CDL : Effectivement, tu fais pitié.

Bises,

Sinelune.