Titre : L'humanité crée l'espoir
Auteur : Sinelune
Rating : M
Genre : Romance.
Avertissement : Attention, cette fic comporte des relations sexuelles entre deux hommes, alors pour ceux que ça gène, ouste !
Pairing : Drarry !
Disclaimer : Les lieux et les personnages appartiennent à JK Rowling, à l'exception d'Ethan et Armand qui sont à moi.
AyaStrife, Fio, Boudibouh, Feeclochette, Gally-chan, Spicy Marmelade, Tif, Claire Gabrielle, Hermione Malfoy,
gally84, Serdra, Harrie Zabbs, Malicia-moony, The BomB, Larina Black, garla sama, Nadaye, yume-chan05, Sally Maley,
Goblin des Mines, Ano, macatou, lilian evans poter, Esther Wilden, Lightof Moon, aliennor, DLT, zaika,
Lyshan, Meri-Chan91, Yuki-Zan, Vert Emeraude, Leviathoune, Saelya, blueyeshot3, sahada, Lyzabeth, Atayla Malfoy, Florentine,
Samara XX, eternity, momo0211, LilyMalfoy2708, Lynseyth, Lanya, Trinitytagada, Vif d'or Grumeaupowaa,
bibimauri, lolodie, Dahud, Egwene Al'Vere, Orphée Potter, lyly, Elise, NEPHERIA, Artemis, Yuki-chan, Jully Reed,
Ewira, Jeremi Black, Alysa&Tsuki, MOJI, lise261, Flo ShadowSpirit, Jilian, Mitcha, Kaene Black, Dramyre Lovy,
Alexandra, Tsuda, Mily Black, Shuro2711, Ishtar205, mimicra (il faut encore attendre pour la fleur : )).
Merci énormément, vos mots m'ont beaucoup touchée !
Note de l'auteur :
C'est l'anniversaire de la fic ! Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire L'humanité crée l'espoir, joyeux anniversaireuh !
Sois heureuse petite fic, parce que c'est le seul anniversaire que tu auras, mwaha :p
Chapitre 17 : Si j'avais su.
Harry se releva et regarda Dumbledore droit dans les yeux. Le masque impassible de ce dernier semblait s'être fissuré depuis longtemps, et des larmes coulaient en silence le long de ses joues. Larmes de honte, larmes de tristesse ? Harry ne savait pas et s'en moquait.
-Je vais le rejoindre, je continuerai à m'entraîner là-bas. Hermione me préviendra de vos plans, et Ron me rejoindra s'il le souhaite. Mais, en ce qui me concerne, je ne reste pas ici plus longtemps.
Il se détourna, traversa la pièce dans le silence le plus absolu. Arrivé à la porte, il se tourna vers Draco, semblant vouloir lui dire quelque chose.
Le silence lourd et étouffant exacerbait étrangement les sens du Serpentard qui attendait avec une impatience presque malsaine les paroles que le Survivant s'apprêtait de toute évidence à prononcer.
Les yeux verts de l'Elu semblaient soudain plus profonds, plus sombres, et la rougeur venant du fait qu'il venait de pleurer ne les rendait que plus fascinants.
Comme dans un rêve, avec une lenteur presque insupportable, les lèvres de Harry s'entrouvrirent, et les yeux de l'Elu s'ancrèrent profondément dans ceux de Draco qui sentit son cœur se consumer en entendant :
-La vie que je te prendrai ne vaudra jamais ce que tu m'as fait subir.
oOo
Draco était nonchalamment installé dans un des fauteuils de sa salle commune, contre une fenêtre ouverte. Sa tête reposait sur son bras étendu sur le rebord de la fenêtre, et sa main recueillait les larmes du ciel que ce dernier s'échinait à faire couler depuis plus d'une heure.
Jamais la salle commune des Serpentards n'avait été si silencieuse, ce qui n'était pas peu dire. Une dizaine des camarades de Draco y travaillaient sans dire un mot. On aurait pu penser que c'était par peur des représailles qu'aurait lancées le blond si on l'avait dérangé, mais cela allait bien plus loin, ils respectaient Draco, son besoin de calme en cet instant précis.
Le dernier des Malfoy était, quant à lui, bien loin des préoccupations Poudlariennes de ses condisciples. Les yeux fixés sur la forêt interdite, près de l'unique fenêtre donnant sur le parc, à hauteur du sol, il attendait Harry. Il l'attendait si fort…
Il se demandait qui était cette personne que Harry aimait le plus au monde… Car à la façon dont il avait parlé d'elle, Draco était sûr qu'il ne s'agissait pas de lui. Et ça lui faisait mal, autant que cela le mettait en colère.
Et ces paroles… Le Serpentard sentit son cœur de glacer en se remémorant la dernière phrase de l'Elu.
La vie que je te prendrai ne vaudra jamais ce que tu m'as fait subir.
Qu'est-ce que cela signifiait ? Harry voudrait donc… Le tuer ? Non, jamais, se dit-il en se raidissant. Il était sûr que non. Ses paroles avaient certainement un sens différent… Et puis, il savait qu'il n'avait pas fait de mal à Harry, son petit copain n'était pas du genre à en vouloir aux autres parce qu'ils s'inquiétaient pour lui.
Mais il ne comprenait pas, et se sentait nauséeux depuis ce soir-là.
La seule note de couleur dans le tableau sombre et désolant que formait la vie de Draco (oula, elle rayonne pas de bonheur ma fic… Mwhaha ! Roooh c'est bon, je m'en vais, vous énervez pas :p ) était que le professeur Dumbledore avait parlé au premier ministre… Qui, après avoir ardemment marchandé il ne savait quelle contrepartie, avait accepté que Lucius soit temporairement libéré ; seul Draco pouvait avoir assez d'influence sur son père pour l'inciter à parler, et le directeur ne souhaitait pas que le jeune Serpentard entre dans Azkaban, ce lieu qui rendait fou en quelques jours. Draco avait hâte de voir son père : après tout, même s'il n'avait pas été un père exemplaire, le Serpentard n'avait jamais manqué de rien, et n'avait jamais subi de mauvais traitements.
Penser à son père lui rappela la dernière dispute qu'il avait eue avec Harry. Bien sûr, Draco savait que son père avait parfois été un gros connard, mais c'était son père, et il l'aimait, ce que Harry ne pouvait pas concevoir. Il refusait de comprendre qu'on pouvait aimer quelqu'un comme son père, même en ayant des liens de parenté étroits avec lui. Pourtant, si James Potter avait été un homme détestable, cruel et hautain, Harry l'aurait-il haï pour autant ?
Mais cette question purement rhétorique ne trouverait jamais sa réponse, et le plus important était que dans une semaine, Draco et le professeur Dumbledore se rendraient dans un des quartiers fermés du Ministère pour avoir une entrevue avec Lucius Malfoy.
Il soupira, observant toujours la sombre forêt qui lui paraissait douloureusement inaccessible. Il avait envie… Il avait vraiment envie de rejoindre Harry. Il avait envie de l'imiter, de leur dire à tous d'aller se faire foutre, de s'enfoncer leur guéguerre et leur entraînement bien profond et de quitter ce monde de fous en compagnie de Harry ; ils réussiraient bien à vivre quelques années de bonheur dans une île paradisiaque perdue et inintéressante avant que Voldemort ne les y retrouve.
Mais ce n'était pas le genre de Harry, de tout abandonner égoïstement, il préférait se détruire lui-même pour autrui, parce que même s'il refusait de combattre aux côtés de l'Ordre du Phoenix, il se battrait quand même.
Et puis Draco ne pouvait rien tenter tant qu'il ignorait ce qui avait abattu l'Elu à ce point. Dans une semaine. Dans une semaine, il connaîtrait le secret de Harry, lui parlerait de gré ou de force et ferait rentrer dans la tête de son imbécile d'amoureux qu'il l'aimait, quoi qu'il ait fait.
oOo
Haletant, Harry s'assit sur le gros rocher de la clairière, comme à son habitude, s'essuyant le front. Cela faisait des jours qu'il s'entraînait sans relâche en vue de son combat avec Voldemort, et il ne comprenait pas comment son frère avait fait pour survivre toutes ces années en subissant ce sort –car ce dernier lui avait lui-même avoué avoir supporté des entraînements pires encore pour être en mesure de le protéger le jour de la bataille finale.
Mais il fallait au moins ça à l'Elu pour oublier ce qu'il avait vu, ce soir-là, à la réunion...
-On va s'arrêter là, lui dit son frère en le rejoignant, s'asseyant à côté de lui, jetant un œil affectueux au soleil qui disparaissait peu à peu derrière les arbres qui entouraient la clairière.
Harry lui sourit tristement, et le regard d'Ethan s'assombrit.
-Et si tu me disais ce qu'il s'est passé, ce soir-là ? demanda-t-il finalement à l'Elu.
Le Survivant secoua la tête :
-Ce n'est pas une bonne idée. Tu m'en veux déjà pour le rituel.
-Mon frère, je ne t'en veux pas, soupira Ethan, d'un air faussement réprobateur. Pourquoi te jugerais-je ? Je ne suis pas à ta place, je ne suis pas toi. Je me demande simplement… Pourquoi.
Harry le regarda, éberlué, d'un air assez stupide.
-… Tu te demandes pourquoi ? Ce n'est pas évident ? réussit-il à demander au bout de plusieurs secondes.
-Non, mon frère. Ou alors, peut-être n'est-ce que moi qui suis incapable de compren…
-Ne raconte pas n'importe quoi, le coupa gentiment l'Elu.
Il se pencha vers son frère et expliqua, fixant les yeux de son frère d'un vert aussi intense que les siens :
-Depuis que je suis enfant, j'ai désiré une vraie famille de tout mon cœur… J'ai tenté de la remplacer par celle de Ron, que j'aime beaucoup… Mais toi, tu es ma vraie famille. Ma seule famille. Et je ne voulais pas te perdre… Parce qu'il n'y aurait plus eu que moi, après.
Harry s'allongea sur la pierre, les mains sur le ventre, les genoux légèrement pliés, et son jumeau s'étendit à ses côtés, le fixant gentiment.
Les minutes s'égrenèrent paisiblement dans le silence de la nuit, autour des jumeaux en sécurité au cœur du territoire des centaures. Le ciel s'était déjà considérablement assombri lorsque Harry se décida :
-Ce soir-là, je me suis énervé contre tout le monde… Je leur ai dit que c'était à moi de décider comment et avec qui je voulais combattre, et que je ne voulais pas le faire avec eux. Mais… J'ai aussi compris quel est le sortilège qu'Elexiel m'a lancé.
Ethan ne réagit pas, ses yeux plongés sans son vis-à-vis, mais Harry savait qu'il l'écoutait avec la plus grande attention.
-Tu dois savoir, continua l'Elu en changeant brusquement de conversation, que je sens Elexiel s'emparer de moi, petit à petit… Comme une présence dépourvue de la moindre agressivité qui se coulerait doucement, partout, dans mon corps et dans ma tête. Que se passera-t-il le jour où Elexiel sera en droit de me voler mon corps ?
-Ce sera tout de suite après que tu aies vaincu Voldemort, répondit Ethan. Je pense que ton corps se désintègrera doucement, et qu'il rejoindra le lieu de non-être où vit Elexiel. Ton âme, ton cœur et ton esprits seront disséminés un peu partout, dans le néant, car tu seras devenu un non-être, toi aussi, parce qu'il te manquera une partie de toi ; ton corps. Et sans cela, tu ne pourras pas te réincarner. Il te faut donner ton corps pour en récupérer un autre, et si tu ne l'as plus, on te refusera une nouvelle vie.
Harry hocha doucement la tête avec un petit sourire ironique.
-Cela ne me fait plus peur, maintenant. Ethan…
Le Survivant leva la main pour la poser sur la joue de son frère, et termina d'une voix douce :
-De toute ma vie, une seule personne réussit à me terrifier au-delà du possible. C'est lui, Lucius. Jamais je ne pourrai m'approcher de lui, le combattre, il me fait trop peur, bien trop peur… Et maintenant…
Harry soupira.
-Lorsque je regarde Draco, c'est son père que je voie.
oOo
Une semaine plus tard, Draco attendait patiemment dans le hall de son école. Nous étions dimanche, et il était exactement dix heures du matin. Vêtu d'un ensemble noir et d'un manteau blanc, le blond se tenait droit, immobile, alors même qu'il sentait une excitation assez désagréable parcourait son corps. Il avait envie de trépigner en faisant des va-et-vient dans le hall, mais un Malfoy ne trépigne pas… Rappelons tout de même qu'un Snape ne rougit pas non plus et nous avons tous vu la roseur qui a envahi son visage quelques chapitres auparavant… Alors bon, Draco peut tout de même se permettre de trépigner un peu. Vas-y Draco, trépigne, on te couvre.
Mais avant que le jeune Serpentard n'ait pu esquisser un mouvement, Dumbledore le salua du haut des marches menant à la grande salle :
-Bonjour, Monsieur Malfoy… Comment vous sentez-vous ? demanda-t-il en le rejoignant.
-Ça va… se contenta de répondre le blond en haussant les épaules.
En réalité, il était terrifié, mais ne l'aurait avoué pour rien au monde, et certainement pas au directeur de Poudlard. Ne jamais montrer ses faiblesses ; son père le lui avait appris, et plus que jamais, aujourd'hui il devait lui rendre honneur.
Le professeur Dumbledore et lui sortirent de l'enceinte de Poudlard en silence et prirent une calèche conduite par des sombrals qui les attendaient à l'entrée du parc. Draco s'assit à l'intérieur, tentant de se calmer pour faire disparaître ce mélange de nervosité et d'excitation qui ne le quittait pas, mettant peu à peu ses nerfs à fleur de peau.
Après tout, c'était compréhensible ; Draco n'avait pas vu son père depuis que ce dernier avait été enfermé à Azkaban. Et il avait beau être un meurtrier, un mangemort, tout ce qu'on voulait… C'était son père, celui qui l'avait élevé, nourri, qui avait assuré sa sécurité et qui l'avait protégé jusqu'à maintenant
Jamais Lucius n'avait discuté avec son fils de la possibilité qu'il devienne mangemort… C'était Draco qui l'avait voulu, qui avait eu l'intention de suivre les pas de son père sans comprendre les enjeux réels d'une telle décision. Ça n'avait été qu'à l'emprisonnement de son père que Draco avait réalisé qu'il ne devait pas jurer fidélité à Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom. En réalité, après la disparition du mage noir, quinze en plus tôt, Lucius n'avait, à aucun moment, ne serait-ce qu'envisagé le ramener. Il n'avait fait que se ranger à ses côtés à son retour, ne désirant pas les foudres de son ancien maître.
Continuellement, il avait protégé Draco. Peut-être pas toujours comme il le fallait, le blond en convenait… Mais les intentions étaient sincères.
Une fois éloignés de l'enceinte de Poudlard, Dumbledore attira l'attention du jeune Serpentard :
-Monsieur Malfoy, vous devez savoir qu'il m'a été très difficile de convaincre le ministère de la Magie de libérer votre père, même pour quelques heures. J'ai dû user de toute ma persuasion pour qu'il accède à ma demande, non sans avoir demandé une compensation conséquente, par ailleurs. Quoi qu'il en soit, nous ne serons pas les bienvenus au Ministère.
Draco haussa de nouveau les épaules.
-J'ai rarement été le bienvenu où que ce soit, de toute façon.
Sans répondre, le vieux magicien fouilla dans sa poche et en sortit une sucette au citron avant de la tendre à Draco. D'abord perplexe, celui-ci leva les yeux au ciel et manqua de souffler insolemment lorsque le vieux magicien précisa en souriant :
-L'avantage, avec ce genre de Portoloin, c'est qu'on peut le manger ensuite.
Après avoir réprimé à grand-peine une réplique acerbe due surtout à son intense état d'anxiété, Draco effleura le Portoloin sans rien dire et disparut, la désagréable et habituelle sensation au nombril l'étreignant.
oOo
Le blond atterrit violemment sur un dallage de pierres blanches, trébuchant mais se rattrapant élégamment, de justesse, contrairement à son directeur qui s'était parfaitement rétabli dès son arrivée (NDA : non, il n'est pas tombé, désolée de vous décevoir… faites-lui un croche pied la prochaine fois :p)
Draco regarda autour de lui et réalisa qu'ils se trouvaient dans le bureau du Premier Ministre, Rufus Scrimgeour.
Ce dernier les observait impassiblement, ne faisant aucun geste pour les saluer. Raide, les yeux froids, il ressemblait à un vieux lion avec sa lourde crinière grise, et Draco pensa qu'il ressemblait un peu à Maugrey.
-Monsieur le premier Ministre, bonjour, dit alors le professeur Dumbledore avec un petit sourire.
Son interlocuteur hocha sèchement la tête.
-Monsieur Dumbledore. Suivez-moi, je vous prie ; nous n'avons pas beaucoup de temps.
Sans accorder un regard au jeune élève, il leur tourna le dos et se dirigea vers une porte, à l'autre bout de son immense bureau. Draco, qui avait été prévenu du comportement qu'aurait le Ministre à son égard, ne s'en offusqua pas et suivit les deux hommes.
Le cœur battant, le blond tremblait d'anticipation. Son père… Il allait revoir son père. Pas que ce dernier lui ait cruellement manqué, mais il avait toujours eu un respect certain ainsi qu'un profonde admiration à son égard. Avec vraisemblablement un peu d'affection, aussi…
Mais surtout, il allait peut-être découvrir ce que Harry lui cachait avec autant de détermination.
En silence, ils parcoururent la grande salle qui menait aux ascenseurs. Des dizaines de sorciers la parcouraient en tout sens, à l'image de centaines de feuilles de papiers pliées en formes diverses et variées qui fusaient à toute vitesse en direction de leur destinataire.
Le Ministre, le professeur Dumbledore et Draco montèrent dans un ascenseur que les employés ne prirent pas, par respect pour leur patron. Les étages défilèrent lentement et Draco se sentait de plus en plus troublé, mordillant sa lèvre inférieure sans s'en rendre compte –ce qui avait l'art d'exaspérer son père, lorsque le blond était plus jeune.
Enfin l'ascenseur s'arrêta et les portes s'ouvrirent, laissant apparaître un très long couloir, très sombre, très… dérangeant. Les trois hommes s'y engagèrent, passant devant des portes fermées, parfois surveillé par un aurors. Au bout de l'immense couloir, deux gardes les attendaient visiblement et ouvrirent une porte noire à l'aide de plusieurs sorts complexes.
Avant d'entrer, Rufus Scrimgeour s'adressa à Draco :
-Vous devez savoir qu'il n'est plus ce qu'il était, votre père n'existe plus. Pour tout vous dire, je serais même très étonné s'il répondait à vos questions.
Sans attendre la réaction du jeune homme, il pénétra dans la pièce sans hésitation, suivi du professeur Dumbledore.
Draco entra à son tour, nerveux. Il fit quelques pas dans la salle sombre, faite d'une matière étrange et dérangeante, comme du béton noir… Mat, lisse, terne… Déprimant. Dans la pièce hexagonale, un homme blond se tenait assis, la tête basse, dans un costume gris, informe, mais propre. Ses mains étaient sagement croisées sur la table noire qui formait comme une barrière, une séparation entre le prisonnier et ses visiteurs.
-Père ? appela Draco, hésitant, les murs absorbant sa voix d'une façon qui le mit mal à l'aise.
Ce dernier ne répondit pas, ses cheveux recouvrant son visage, renforçant son côté inquiétant. Le Serpentard déglutit difficilement en réalisant la portée des paroles du Ministre.
Il n'est plus ce qu'il était, votre père n'existe plus.
Draco s'avança vaillamment vers la silhouette de son père, ses pas ne résonnant pas non plus sur le sol noir. Le temps qu'il mit pour rejoindre Lucius parut lui durer des heures et pourtant, ces heures passèrent trop vite à son goût. Lorsqu'ils ne furent plus séparés que par la table, il avança lentement sa main et son père se leva brusquement pour le saisir au col.
-Où est-il ? hurla-t-il d'un façon démentielle, n'accordant aucune attention au cri de frayeur de Draco, rends-le moi, je le veux !
Rufus Scrimgeour, qui était prêt à intervenir à tout instant, s'interposa en lançant un sort au prisonnier qui fut projeté au sol.
Draco contourna la table et courut vers son père pour l'aider à se relever :
-Père, allez-vous bien ?
-Je veux qu'on me le rende… murmura celui-ci avec un air de petit garçon perdu, s'agrippant à la robe du Serpentard qui en eut le cœur serré.
-Que voulez-vous que l'on vous rende, père ?
-Mon fils ! Je veux qu'on me rende mon fils ! Où l'ont-ils caché, ces traîtres ?
Draco hoqueta, surpris et blessé. Il balbutia, décontenancé :
-Mais, père, je suis là… C'est moi, votre fils…
Lucius le regarda un court instant avant d'éclater d'un rire démentiel, et Draco eut les larmes aux yeux lorsqu'il comprit que son père était devenu définitivement fou.
-Mon… Fils ! balbutia Lucius, les larmes aux yeux d'avoir trop ri.
Il prit soudain une expression plus sérieuse, comme s'il venait de comprendre quelque chose d'important.
-C'est Narcissa qui l'a… murmura-t-il, les yeux écarquillés plongés dans le regard bouleversé de Draco. Elle l'a dans son ventre et elle ne veut pas me le donner… Je dois le lui reprendre !
Il avança sa main vers son fils qui ne réagit pas, la respiration coupée lorsque les doigts de son père caressèrent ses cheveux.
-De si beaux cheveux blonds… Ils sont magnifiques, Narcissa… marmonna-t-il avant de descendre plus bas, posant sa main sur le vente de Draco. Rends-moi MON fils ! hurla-t-il violemment.
-Mais c'est MOI votre fils ! cria Draco à son tour, incapable de supporter ce qu'était devenu son père.
-Ça suffit, intervint le professeur Dumbledore en éloignant Draco. Monsieur Malfoy, nous aimerions que vous nous racontiez ce qu'il s'est passé le jour où Voldemort est revenu.
Lucius Malfoy, l'homme qui, à peine quelques mois auparavant, incarnait la grâce, la maîtrise de soi et la condescendance parfaites, se contenta de regarder le directeur de Poudlard d'un œil vide, et le spectacle de la déchéance de son père donna des haut-le-cœur à Draco.
-Je sais… Un secret, vous le… prenez…
Lucius s'interrompit, secoua la tête, et reprit :
-Je sais de quoi vous parlez… Mais je ne me souviens plus. C'était un secret ; prenez-le…
Le professeur Dumbledore hocha la tête, apparemment surpris que ce soit aussi facile… Mais l'esprit se brise facilement en compagnie de Détraqueurs.
Le directeur de Poudlard fit apparaître une pense, puis pointa sa baguette vers Lucius qui ne réagit pas, avant de marmonner un sortilège complexe. Des filaments argentés s'échappèrent de la tête du prisonnier pour aller tourbillonner dans la pensine.
Draco ignorait que l'on pouvait obtenir n'importe quel souvenir d'une personne sans que celle-ci y pense, du moment qu'elle était d'accord, et il s'approcha de la pensine, fasciné.
Dumbledore se pencha vers la pensine avant de jeter un dernier coup d'œil vers le père de Draco. Puis, il s'adressa au Ministre :
-Voudriez-vous sortir quelques instants, s'il vous plait ? Nous sortirons de la pièce dès que nous aurons terminé.
Rufus Scrimgeour, qui n'avait pas bougé depuis qu'il avait lancé le sortilège au père de Draco, les considéra quelques instant avant de partir sans un mot. Draco, lui, tremblait légèrement, de choc, après avoir vu son père ainsi et s'être fait agresser par lui.
Dumbledore se tourna vers le Serpentard.
-Tu es libre de tes décisions. A toi de choisir si tu veux entrer dans la pensine.
Le blond regarda son père qui fixait le plafond en chantonnant un berceuse qu'il n'avait jamais entendu –son père n'avait jamais été le genre à venir le border le soir.
Violer les pensées de son propre père, Draco trouvait cela répugnant… Mais… Il avait besoin de savoir.
Résolument, il se dirigea vers la pensine, prit une grande inspiration, et s'y plongea sans plus attendre.
oOo
Draco atterrit lourdement sur un sol dur et poussiéreux. Se redressant, il cligna des paupières pour habituer ses yeux à l'obscurité environnante et regarda autour de lui. Il frissonna en se rendant compte qu'il avait atterri dans un cimetière, manqua de sursauter lorsque le Directeur de Poudlard apparut à ses côtés.
Entendant des rires, il se releva et resta sans voix devant le spectacle qui se déroulait devant lui. Devant eux se trouvait un cercle de Mangemorts, hurlant presque de rire devant un spectacle qui les amusait visiblement au plus au point.
Parmi eux, Draco repéra Voldemort et un frémissement glacé parcourut son échine. Le Mage Noir observait ce qui se déroulait devant lui avec une évidente jouissance, malsaine et perverse, ses yeux rougeoyants emplis du sang de ses victimes brillant d'un plaisir sadique. Sa peau cadavérique et son visage inhumain donnèrent des haut-le-cœur à Draco qui ne pouvait s'empêcher d'avoir peur de lui, malgré le fait qu'il était dans un souvenir et ne risquait rien.
Lord Voldemort dégageait une telle puissance, une telle force…
Soudain, il entendit des cris et son sang se glaça dans ses veines lorsqu'il reconnut la voix de Harry.
Une main se posa sur son épaule et il se tourna vers Dumbledore, à sa droite. Le vieuw magicien, quant à lui, semblait touché, triste…
-Partons, lui dit-il, tu n'as pas besoin de voir…
Perplexe, Draco le regarda, interrogateur. Harry s'en été sorti ce jour-là, il ne risquait pas de le voir mourir…
Le hurlement de Harry lacéra la nuit.
Non…
Le Serpentard se dégagea violemment et courut vers l'attroupement de Mangemorts, se glissant entre deux d'entre eux pour voir ce que l'on infligeait à Harry.
Du sang…
Des cris, de la peur, une peur animale…
Des sanglots, et…
Harry.
Devant l'atrocité de la scène, le temps s'arrêta pour Draco, et il lui sembla que son cœur s'arrêta de battre pour saigner autant que Harry, devant lui.
Harry, plaqué au sol, sur le ventre, à moitié nu, juste devant le cadavre de Diggory qui le fixait, ses yeux vides grands ouverts.
Harry, le corps couvert de griffures et de crachats, Harry.
Et son père…
Son père…
Lucius Malfoy en train de le gifler, le frapper, le violer.
Le cri que poussa Harry déchira les tympans de Draco en même temps que son âme.
-Non ! Non, je vous en sup…
C'était un souvenir et pourtant il sentait l'odeur de la peur, de la haine, de la douleur, instense, brûlante, assassine…
Harry était terrifié… Et il se brisait.
Tremblant comme une feuille, incapable de bouger ni même de fermer les yeux, Draco ne pouvait que contempler l'acte immonde que son propre père commettait.
-Potter, tu es vraiment foutu comme une catin, tu sais ? De ce point de vue-là, mon fils a de la chance.
Le Serpentard ne comprit pas les paroles de son père, mais s'en moquait.
Tout ce qu'il savait, c'est qu'il pardonnait tout à Harry. Tout.
Ses réactions agressives, ses secrets, sa peur, son éloignement, il pardonnait tout, tout, tout…
Et Draco pleurait, sa vision rendue floue par les larmes, ce qui ne rendait pas le spectacle moins ignoble, au contraire.
Les rires gras des Mangemorts, le sourire victorieux de Voldemort, les ricanements malsains de son père, cela lui écorchait les yeux et les oreilles. Les crachats de ces meurtriers sur le visage de Harry, le sang qui s'écoulait de ses cuisses, les gémissements de son père…
On avait sali Harry. Pour sa première fois…
Pourquoi ? Pourquoi son père…
-Pourquoi ? sanglota Harry, comme en réponse aux pensées de Draco. Pourquoi…
-Parce que tu es l'âme sœur de mon fils, Potter, et que je ne te laisserai pas le souiller, souffla Lucius entre deux gémissements.
Draco eut un hoquet de stupeur, reculant soudain, ne voulant plus rien voir, de voulant plus rien entendre.
Il tomba à genoux, hurlant sa détresse et sa rage… Ne sentant même pas que quelqu'un le sortait de la pensine.
oOo
Lorsque Draco émergea, il se retrouva allongé de tout son long sur le sol, respirant difficilement, la tête envahie des images qu'il venait de voir.
Ouvrant les yeux, il avisa son directeur à côté de lui, un air froid et meurtrier sur le visage. Une aura puissante s'échappait de lui, et le blond déglutit, reculant inconsciemment, comprenant pour la première fois pourquoi le vieux magicien avait la réputation d'être aussi fort que le Seigneur des Ténèbres. Il fixait quelque chose à l'autre bout de la pièce et Draco tourna la tête, découvrant son père qui se retenait de rire difficilement, et laissa finalement échapper un ricanement avant de demander :
-Ça vous a plu ?
Il marqua un temps d'arrêt, semblant réfléchir.
-Euh… Vous avez vu quoi, déjà ?
Lucius Malfoy était fou.
Draco serra les poings.
La folie s'était emparée de son père avant la vengeance… Et il était, en un sens, déjà mort. Mais il ne l'était pas assez.
Le Serpentard s'approcha de lui, tremblant, mais ses jambes cédèrent et ses genoux se cognèrent violemment contre le sol. Des flashes de ce qu'il venait de voir lui revinrent, un goût écoeurant de bile remonta dans sa gorge et il vomit tout ce qu'il avait dans l'estomac, les larmes aux yeux. Il renifla et sursauta en sentant la main froide de son père caresser doucement sa joue. Relevant la tête, Draco croisa le regard de son père, son père, un meurtrier, un violeur… Son propre père.
-Tu ne te sens pas bien ? demanda Lucius d'une voix douce, ne remarquant pas la rage assassine qui brûlait dans les yeux de son fils. Narcissa est sans doute dans le salon, va la rejoindre, elle demandera à un elfe de maison de t'apporter du thé…
Il avait à peine terminé sa phrase que Draco se jeta sur lui avec toute la force de son désespoir, hurlant, sanglotant, haïssant.
-Je te hais ! hurla-t-il, griffant, frappant son père allongé sous lui qui tentait vainement de se protéger en poussant de petits cris plaintifs, ne comprenant pas ce qui lui arrivait. Je vais te tuer, je vais te tuer, je vais te tuer !
Enfermé dans sa folie meurtrière, Draco ne s'était pourtant, étrangement, jamais senti aussi vivant. Tous les pores de son corps hurlaient de dégoût, de fureur, de rancœur, et c'était tellement étouffant et éreintant que le blond était incapable de faire autre chose que frapper, blesser, tuer celui qui était responsable de tout ça.
Son père…
Un cri de détresse absolue s'échappa de ses lèvres et il frappa plus fort, ne se rendant même pas compte de la substance poisseuse qui recouvrait peu à peu ses mains.
Soudain, deux bras le tirèrent en arrière avec force. Draco se débattit et ne s'arrêta que lorsqu'il sentit la douleur d'une gifle bruyante sur sa joue. Hébété, il cligna des yeux et rencontra le regard de son directeur.
-Je pense que ça suffit, Draco, murmura ce dernier avec une expression étrange.
Le Serpentard ne comprit pas tout de suite, mais finit par se reculer, regardant autour de lui d'un air perdu. C'est alors qu'à ses pieds, il aperçut son père, le visage et les bras ensanglantés, pleurnichant pathétiquement. Des médicomages apparurent dans son champ de vision, suivis du Ministre de la Magie, dont le visage était déformé par la rage.
-Mais enfin… Que lui avez-vous fait ? rugit-il à l'intention d'Albus Dumbledore.
-Rien de plus que ce que vous lui auriez fait si vous connaissiez la vérité, du moins… Je l'espère, ajouta le vieux magicien d'une voix sévère. Vous pouvez le laisser partir, nous n'avons plus besoin de lui.
-Evidemment, je ne le laisserai pas une minute de plus en votre compagnie…
Un éclat de rire dément les interrompit brusquement et la voix de Lucius résonna :
-Il m'a frappé ! s'exclama-t-il, apparemment aux anges. Pourquoi tu m'as frappé, Draco ? Tu n'es pas content ? Tu as vu quoi dans la bassine d'eau ?
Draco étouffa. Pourquoi... Pourquoi son père était-il devenu ainsi ?
Il ne regrettait rien …
-J'ai vu… Ce que tu as fait à Harry… siffla-t-il, un profond dégoût de son père se lisant sur son visage.
Lucius parut surpris.
-Tu as vu ? Oui, c'était amusant, hein ? Ahah, tu voudras peut-être participer, la prochaine fois ? On invitera Narcissa… Au mariage, ajouta-t-il tandis que ses yeux se voilaient et qu'il repartait au cœur de sa folie.
Lucius ne se souvenait plus vraiment, il ne vivait plus vraiment. Et ses crimes resteraient impunis à jamais.
Draco s'avança de nouveau vers son père, mais Dumbledore l'en empêcha. Il se tourna vers lui, s'apprêtant à se dégager violemment, mais cessa tout mouvement en croisant le regard de son directeur qui reflétait un mélange insupportable de souffrance et de culpabilité.
Au bout de quelques secondes, Draco murmura d'une voix cassée :
-Mais il ne regrette même pas…
Le vieux magicien hocha la tête.
-Je sais, Draco.
Et voilà... Maintenant que Draco connaît la vérité, c'est une page qui se tourne...
Je suis toute mélancolique...
J'espère que ça vous a plu : )
J'ai updaté un OS de Noël et je vous le dis une dernière fois avant qu'il ne tombe dans l'oubli le plus total (la courte espérance de vie d'un OS me fait de la peine, lol)
Et non, Conscience De Lune n'est pas là, elle est punie pour un temps.
Je vous souhaite à toutes et à tous une année très remplie, avec pas trop de stress, de l'enthousiasme, de l'amour, une bonne santé et tout nitou !
Bisous tout le monde !
Sinelune.
