Titre : Manquement aux préceptes.
Auteur : Bostaf
Rating : G
Genre : Romance, Drama
Disclaimer : l'univers ne m'appartient pas et les paroles traduites sont extraites de la chanson 殺手 (Assassin) de JJ Lin.
Note : désolée, j'ai récidivé, une autre songfic x) J'ai traduit les paroles, alors j'ai très bien pu faire une erreur ou trop m'éloigner du texte. Désolée pour ça aussi x) J'espère que vous aimerez.
Manquement aux préceptes
Alors viens, viens,
[Il s'agit] d'une vraie et belle tragédie d'amour
C'est de l'amour, ça ne peut être que de l'amour
[Et] le monde entier ne le comprend pas
Au fond, elle savait que personne ne le comprendrait. Ses collègues, ses coéquipiers, ses amis… Ils avaient beau être shinobi, ils ne pouvaient pas. Comment auraient-ils pu ? A moins de se trouver dans la même situation, ce qui c'était le cas… Alors plutôt que d'essayer de trouver les mots pour raconter l'indicible, plutôt que d'essayer d'expliquer ce qu'on ne comprendre qu'en le ressentait dans sa chair, elle avait choisi de se taire. Par souci d'économie.
Et puis, qu'aurait-elle pu dire ? Oui, elle avait fait une énorme bêtise. Ils le savaient tous les deux dès le début - tomber amoureux alors que les tentions entre Kiri et Konoha s'accroissaient, il n'y avait pas plus grosse foutaise pour deux shinobi – mais ça ne les avait pas pour autant empêchés de s'y jeter à cors perdu. Et malgré tout ce que les gens avaient pu dire sur eux, elle l'avait vraiment aimé. Oh pas d'un amour passionné et sans retenue. Etre ninja vous enlève rapidement ce genre de sentiment. Mais elle l'avait aimé. Autant qu'on puisse tout en ayant peur de se blesser. Et lui aussi, à sa manière. C'était une de ces certitudes en laquelle rien ne saurait vous faire douter : ils s'étaient aimés.
Bien sûr, les deux mois de séparation après le déclenchement de la guerre n'y avaient strictement rien changé. Les civils ont beau dire, les shinobi n'en restent pas moins des Hommes. Ils n'oublient pas si facilement, même en essayant. Et c'est justement parce qu'elle l'avait aimé qu'elle avait fait ça.
A chaque fois que son esprit n'avait plus été suffisamment occupé, à chaque fois que ses pensées revenaient à lui, elle s'était posé la question, demandé ce qu'elle ferait, sans parvenir à trancher entre ce qu'elle devrait et ce qu'elle voulait faire. Il y avait bien l'idée que le village, que Konoha passait avant tout, mais en fin de compte, en face de lui, tout s'était juste évaporé. Les discours de morale, les préceptes du ninja… ça n'avait juste eu plus aucun sens. En fin de compte, elle avait juste dégainé et lui aussi.
Elle aurait pu ne pas le faire. Vraiment. Le laisser à un de ses coéquipiers et régler le compte d'un autre – ça leur aurait épargné d'avoir à la surveiller en plus de devoir se battre. Elle aurait pu. Solution de lâche. Ou même tout simplement refuser. Il ne l'aurait pas tuée sans qu'elle ne dégaine. Quelles auraient été les conséquences alors ? Un blâme ? Une visite chez Morino et la suspicion ? Ils auraient eu besoin d'elle dans l'effort de guerre – on ne se sépare pas comme ça d'un ninja supérieur. Au final, elle s'en serait sortie. Mais lui ? Peut-être pas. Qui sait ce qu'on faisait en cas de mutinerie à Kiri ? Mais à vrai dire, elle n'avait même pas pensé à ça.
A ce moment-là, il n'y avait plus eu qu'eux deux dans la clairière. Le restait n'avait plus eu aucune importance. Elle avait juste foncé la tête baissée et laissé les réflexes prendre le dessus.
Frapper de toutes ses forces, sans retenue. Chercher à l'atteindre là où ça fait mal. Profiter des failles – la fracture de la cheville gauche qui ne s'était jamais vraiment remise, le déséquilibre momentané… - même celles découvertes grâce à leur histoire – sa faiblesse dans le revers, malgré le dosage parfait du chakra. Se donner à fond. Tout ça pour lui dire qu'elle le respectait et qu'elle ne l'avait jamais sous-estimé. Et quelque part pour lui éviter d'avoir à réfléchir, à regretter. Ne pas lui laisser d'autre choix que de se battre pour survivre. Une preuve d'amour comme une autre.
Lui aussi avait fait ça pour elle. Presque aussi bien qu'elle, en témoignent ses nombreuses blessures à elle. Il avait vraiment tout donné et elle ne pouvait qu'en être honorée, heureuse. Les coups avaient peut-être remplacé les étreintes mais ne dit-on pas que les ninja de haute volée peuvent lire dans l'esprit de leur adversaire dès l'échange des premiers coups ? Ils s'étaient aimés, quoi qu'en pensent les autres.
Et puis finalement, presque simultanément, son kunai à lui avait transpercé son flanc, tandis que son katana à elle avait glissé sur sa gorge, sectionnant proprement la carotide, aussi facilement que s'il avait été un autre.
Il avait souri une dernière fois, d'un sourire un peu niais, tout entaché de sang, faible et vacillant, parce qu'il comprenait, avant de s'éteindre. Et pour une fois, sur le champ de bataille, elle s'était autorisée à sourire, à pleurer un peu – au diable les préceptes – avant de lui fermer les yeux. Rester un peu avec lui, prier pour son âme et le toucher une dernière fois, sans même penser à aller aider ses coéquipiers parce que vraiment, il n'y avait jamais eu qu'eux deux dans la clairière. Se montrer humaine et faible juste un court instant. Parce qu'elle l'aimait.
Alors viens, viens,
[Il s'agit] d'une vraie et belle tragédie d'amour
C'est de l'amour, ça ne peut être que de l'amour
[Et] il n'y a que toi qui comprennes.
Une petite review ?
