Sur le chemin du retour, je me garais sur le parking d'un air de jeux pour me calmer. Je me rappelai que j'avais des courses à faire vu que demain Renée et Phil rentraient à la maison. Sauf qu'à ce moment précis je ne me sentais pas capable de faire une telle chose. J'avais juste besoin de renter chez moi, m'enfermer sous ma couette et ne plus penser à rien. Je pensais alors à la seule chose que je faisais quand je me retrouvais dans cet état. Je pris mon portable et composais machinalement le numéro.

- Allo? Allo? Bella je sais que c'est toi. Réponds.

- Jacob. Dis je dans un murmure

- Bella! Où es tu? J'arrive tout de suite!

- Jacob... Jacob...

Au simple son de sa voix, je me sentis soulagée et des larmes se mirent à traverser leurs chemins habituelles sur mes joues. J'avais la gorge trop serrée et les poumons trop vides pour pouvoir respirer et parler à la fois. Les seuls mots qui arrivaient à franchir ma bouche étaient Jacob. Alors je les répétais inlassablement en y mettant toute ma volonté et mon soulagement de l'avoir à mes côtés.

- Bella, calme toi. Essayes de respirer. Calme toi d'abord. Après tu me diras où tu es. Allez ma puce tu peux le faire. Respire lentement, ne te concentres que sur ma voix et oublies tout le reste.

J'écoutais alors ses conseils et me focalisais uniquement sur ma respiration et sa voix. Peu à peu je sentais mes poumons se regonfler et s'abaisser signe que mon souffle revenait mais les larmes silencieuses continuaient toujours de se frayer un passage.

- Je suis sur le parking de l'air jeux de Middle City. Mais je dois aller à l'épicerie faire des courses alors je ne penses pas que...

- Ok. Attends moi là. Je ne suis pas loin je serais là dans 5minutes. Tu ne bouges surtout pas de là!

Il raccrocha immédiatement. Je n'eus même pas le temps de lui dire que sa ne servait à rien qu'il vienne vu que je me sentais déjà mieux et qu'il avait déjà beaucoup fait pour moi. Mais Jacob était ce qu'il était, s'inquiétant toujours trop pour les personnes qu'il aimait et leur offrant tout ce qu'il pouvait sans rien attendre en retour. Et moi j'en abusait. Je savais qu'en l'appelant, peu importe ce qu'il faisait, il laisserait tout tomber pour être à mes côtés et me réconforter mais je l'avais quand même fait. Comme toujours je l'appelais. Je l'utilisais pour arriver à mes fins. J'étais une égoïste perfide et sans cœur. Je jouais avec les sentiments de Jacob en appuyant sur les boutons sensibles. J'avais besoin de lui bien plus qu'il ne pouvais l'imaginer parce qu'il était plus qu'une simple bouée de sauvetage.

D'aussi longtemps que je m'en souviennes, il avait toujours fait partie de ma vie. Nos pères étant très proches, enfants il nous parût naturel d'être très bons amis. Sauf qu'au fil des années, cette amitié s'est transformée en dépendance l'un envers l'autre au point où l'on ne sache plus où se termine les liens de l'amitié et où commence ceux de l'amour. La relation qui me liait à Jacob était souvent incompréhensible mais nous n'avons jamais écouté les commérages et continuons à avancer de la manière que nous jugeons la mieux pour nous. C'est à dire que nos vies étaient entrelacées d'une manière très complexes et qu'ils nous étaient impossible de nous en défaire, surtout moi, même si parfois cette relation s'avère malsaine.

Je sentis des bras chauds m'encercler et ma tête quitta le volant où elle était adossée pour retrouver les épaules qu'elle connaissait parfaitement, dans les moindres courbes, vu le nombre incalculable de fois où elle s'y était retrouvée. Il était venu. Il était là, assis sur le siège passager me réconfortant et essuyant les larmes silencieuses qui continuaient leur flot incessant sur mon visage. Nous restions assis sans rien dire, lui me réconfortant et moi accrochée à son t shirt, humant ce parfum boisé si familier qui m'emplissait les narines et me relaxait. Au bout d'un temps, je ne saurais dire combien, je me sentis vidée et complètement asséchée quand je remarquai que mes larmes avaient cessé de couler.

- Sa va mieux? Me demanda t il.

J' hochais la tête en guise de oui avant de m'éclaircir la voix qui après ce torrent devrait être bien rauque. Je me relevai de son épaule afin de regagner ma place.

- Qu'est ce qui c'est passé?

- Rien d'important Jake. J'ai juste paniqué pour un rien.

- Bella dis moi, s'il te plaît.

- Mais c'est bon maintenant, tout va bien, tu es venu je me suis calmée. On oublies pour aujourd'hui tu veux?

- Bella... dit il avant de poussé un soupir d'agacement.

Sa l'énervait que je ne lui dises pas pourquoi je l'avais fait se déplacer. Il devait surement penser que j'avais encore trop rapidement céder à la panique et que je ne savais toujours pas me gérer toute seule, ce qui était le cas.

- Je sais que tu vas penser que je ne sais pas encore me maitriser toute seule et que je n'arrive toujours pas à gérer certaine situations alors...

- Dis moi. C'est tout ce que je veux savoir. Et c'est à moi seul de dire ce que je penses. Pas à toi de t'en faire des idées complètement fausses!

- Mais pourquoi tu as besoin de savoir? Je t'ai dit de laisser tomber.

Encore un soupir d'agacement.

- Euh... en fait... c'est Carmen qui à promis à un mec de lui filer mon numéro. Et sur le coup sa m'a énervé. C'est tout. Tu vois rien de grave, juste Bella qui fait encore sa froussarde. Dis je en esquissant un sourire.

- Pourquoi est ce qu'elle a fait sa? Elle sait très bien que c'est encore dur pour toi! aarrghh! Elle commence sérieusement à me taper sur les nerfs. S'énerva t il.

- Jake arrête de dire n'importe quoi! Je pense que c'était sa façon à elle de m'aider. C'est tout.

- Ben elle aide vachement la gonzesse!

- EH! Je t'ai appelé pour m'aider à me calmer mais si c'est pour m'énerver encore plus en disant du mal de ma copine, sors de ma voiture. Je sais que tu ne le portes pas vraiment dans ton cœur mais fais un effort et soit plus compatissant avec elle. S'il te plaît?... Pour moi?

Jacob et Carmen ne s'étaient jamais bien entendu. Surtout à cause de Jacob, qui n'acceptait pas que je puisse passer autant de temps avec quelqu'un d'autre que lui. Mais je ne pouvais pas la laisser tomber juste pour lui, surtout qu'elle était devenu presque comme une sœur pour moi. Mais ça, il avait un peu de mal à le comprendre.

- Mouais. N'empêche qu'elle commence à me les casser, cette chichi pom pom.

- Jacob black surveille ton langage en ma présence!

Il me tira la langue en souriant.

- C'est quoi une chichi pom pom? Dis je en rigolant face aux expressions toujours tirées par les cheveux de Jacob.

- Une chichi pom pom. C'est une pom pom girl qui fait chier son son monde. Oh mon maquillage par là, oh mes habits comme si, oh mes ongles comme sa, dit il en caricaturant une voix de fille, une chichi pom pom quoi!

- N'importe quoi! Carmen n'est pas comme sa! C'est tout sauf une chichi pom pom crois moi!

- Si tu le dis. Bon qu'est ce qu'on fait maintenant?

- Toi tu rentres chez toi, ou je ne sais d'où tu viens, et moi je vais à l'épicier faire des courses. Il y a Renée et Phil qui rentres de leur vacance demain.

- Ok. On va faire des courses alors. Cool. J'ai deux, trois trucs à acheter, notre frigo est à sec.

- Euh... tu n'as pas entendu ce que je viens de dire ou quoi? Je vais bien Jake, je peux y aller toute seule comme une grande. J'aurais bientôt 20 ans tu sais? Dans 3 semaines ma maman elle a dit! Dis je en lui montrant 2 doigts, comme une petite fille toute excitée à l'idée de devenir grande.

- Ah bon? Ta maman elle a dit sa? Dit il avec ce ton condescendant que prenait les adultes pour parler aux tout petits comme s'ils étaient des idiots.

J' hochais la tête hâtivement pour lui répondre.

- Et bien j'ai la joie de t'annoncer que ta maman racontes des cracks ma petite.

- C'est quoi des cracks monsieur?

- Des cracks c'est quand la maman est dans les vapes parce qu'elle a un peu trop fumé la moquette, donc elle se met à délirer et à raconter n'importe quoi à la pauvre petite qu'elle a. Par exemple elle dit que le ciel est bleu ou que l'herbe est verte, ou que les clowns sont drôles

- Mais ils sont rigolos les clowns, pas vrai? Hein monsieur, que les clowns ils sont rigolos?

- Non les clowns sont des abominables chasseurs de jouets pour enfants, tout droit sortis des films d'horreurs les plus sordides, ils les amusent d'abord pour qu'ils puissent gagner leur confiance et ensuite... ensuite... ah ah ah, dit il avec une voix grave pleine se suspense

- Monsieur vous me faites peur. Dis je en m'agrippant à la portière.

- Vous ne voulez pas savoir qui sont vraiment les clowns?

J' hochais la tête pour dire « non » et commençai à sucer mon pouce.

C'était ça qui était bien avec Jacob. Il faisait toujours en sorte que je retrouve le sourire en me changeant les idées comme il le pouvait. Parfois on pouvais passer des heures à délirer, et dans ces moments là, plus rien ne comptait en dehors de nous deux et de nos petits mondes.

- C'est dommage petite, tu ne sauras jamais le secret si bien garder de la véritable identité des clowns. Peut être la prochaine fois. Mais en attendant je dois aller faire des courses avec une autre petite qui se croît grande.

- Ok viens si tu veux. Dis je en haussant les épaules.

- Cool. Bon pousses toi je conduis.

- Hein? Qu'est ce que tu racontes tu ne vas pas laisser ta voiture ici!

- Si. je viendrais la chercher après.

- Mais... tu prends ta voiture et on se rejoins à l'épicerie pas loin de chez moi.

- Non. Je bougerais pas de cette voiture! Fit il en croisant les bras pour bouder.

- Jacob tu ne peux pas laisser ta voiture là, tu risques de te la faire voler.

- Je m'en fiche. Il se mit à siffloter comme pour ne pas m'entendre.

- Jake arrêtes sa. Jake fait pas l'enfant, JACOB!

- Ma maman m'as dis de ne pas parler aux inconnus.

- Oui ben ta maman elle raconte aussi des cracks!

Il continua à siffloter.

- Ok ok. Si c'est comme sa on ne bouges pas de là. Dis je, moi aussi en croisant les bras.

- Et si j'appelle Mike pour qu'il vienne chercher ma voiture ici?

- Sa dépend s'il est à l'appart. Mais je pense que c'est une meilleure idée que de la laisser là.

Mike, Jacob, Tyler et Ben partageaient tout les quatre un des appartement du campus, tandis que Lauren, Jessica et Angéla en partageaient un autre. Carmen quant à elle résidait seule dans une immense chambre de la nouvelle résidence.

- Allo Mike? C'est Jacob. Dis tu es toujours à l'appart?

...

- Parce qu'il y a ma voiture qui est garée au parking de l'air de jeux de middle city, tu peux venir la prendre pour la ramener à la maison s'il te plaît?

- Parce que là je ne retournes pas à la maison, je vais autre part mais sans ma caisse.

- Mais je t'en poses des questions moi.

- Oui oui je suis avec Bella, tu es content? Ramènes la moi, mec.

...

- En échange je ferais LE truc pour toi.

- Cool. Merci. J'ai un double des clés dans le premier tiroir de ma commode.

- Et la rayes pas ma caisse, sinon je te rayes aussi!

- Ok a plus bye.

Sur ce il raccrocha le téléphone le sourire au lèvres.

- Voilà c'est réglé. Ma voiture sera dans dans un garage bien au chaud.

- C'est quoi « LE truc » que tu as promis à Mike en échange?

- Je ne te dirais pas. C'est un truc entre mec.

- Allez quoi... dis moi... suppliais je en faisant la moue.

- Non! J'ai promis sur le code d'honneur des mecs que je ne dirais rien. Même lorsque je serais face à des tentatives de corruption!

- Mmmmméchant!

- Bon maintenant pousses toi je conduis.

- Je veux conduire ma voiture moi! Si tu voulais conduire tu n'avais qu'à prendre la tienne.

- Allez Bella ne m'oblige pas à utiliser la manière forte... écartes toi gentiment et je ne te ferais aucun mal.

- Ah oui ? Parce que tu crois que tu me fais peur?

- Ne m' obliges pas à me répéter. J'ai des armes contre toi.

- Mais moi aussi tu sais. Dis je en lui faisant un clin d'œil avec un regard coquin.

- Oui sauf que les miennes, elles ne blessent personne. Dit il avant de se lancer sur moi et de me faire des chatouilles.

- Aaahhh ahhhha Jac...JACOB... ARRËTES... JAC... JACOOOOB... AAAAHHH... JAKE... JAKE... ma jambe... ouille... ma jambe

- ta jambe? Il se releva et regarda plus bas. Qu'est ce qu'elle a ta jambe?

Je relevai ma robe et lui laissais admirer le massacre.

- sssss! merde! Oh ma pauvre Bella chérieeeee! Comment tu t'es fais sa?

Je me mis à sourire. Exactement la réaction que j'avais prévu de sa part.

- Bah … tu me connais, je suis tombé une énième fois sauf que là apparemment le médecin à jugé que c'était grave.

- Mais sa fait combien de temps que tu me le caches?

- Je ne l'ai que depuis hier. J'ai même les béquilles qui vont avec, dis je en lui désignant d'un signe de tête les béquilles situées en dessous des sièges arrières.

- Et tu veux conduire avec sa? Allez pousse toi. Je vais te soulager. Sinon je recommence ma torture.

- Non. Non. C'est bon. Pas besoin. Tout sauf sa.

Il savait que je craignais les chatouilles et que c'était l'arme ultime à utiliser contre moi.

Il descendit de la voiture pour faire le tour pendant que je me glissais du côté passager.

- Allez quoi, accélères! Mais c'est qui cette mamie devant? Elle l'a eu où son permis? Au marché noir! Klaxonnes là Jacob! Elle m'énerve!

- Eh! C'est moi qui conduit ou c'est toi?

- Oui mais tu es trop lent! En plus l'autre devant, elle le fait exprès ou quoi? Doubles là je te dis!

- Bella c'est dangereux.

- Et alors, c'est elle le danger public. Avec une lenteur pareil ça incites à l'accident. Donc techniquement ce n'est pas de notre faute.

- Oui mais si c'est nous qui crevons...

- Ben on crèves c'est tout. Je ne sais pas toi, mais moi je n'ai pas envie de pourrir sur Terre.

- C'est sa, fait ta maligne mais quand madame fossoyeuse arrivera tu seras la première à déguerpir.

- Qu'elle vienne cette madame fossoyeuse, elle ne me fait pas peur. En plus sa faux ne fait pas le poids face à mes béquilles héhéhé. En attendant, cette vieille dame devant me tape sur les nerfs.

- C'est bon, c'est bon, elle a tourné. Je tourne à gauche c'est sa?

- Jake! M'offensais je. Tu viens pratiquement tout les jours chez moi, et tu ne connais même pas le chemin, je suis outré. Et tu dis être mon meilleur ami? Pfff des clous. Au moins Carmen, elle, connaît le chemin les yeux fermés.

- Je plaisante Bella... juste envie de te faire râler, Bella la chouineuse. Dit il en m'ébouriffant les les cheveux.

Je lui tira la langue en rigolant.

- Et ne me compare pas à cette fille, s'indigna t il.

- Oh en parlant de Carmen, continuais je sans prêter attention à ses remarques, tu savais qu'elle avait un nouveau petit ami?

- Et en quoi est ce que ça me concerne? Ce n'est pas nouveau de toute façon.

- Je sais, c'est juste que ce mec est différent des autres, et entre eux sa m'a l'air plus sérieux.

- Ben c'est leur problème.

- Jacob! Je te dis qu'il est vraiment bien. On a déjeuné avec lui aujourd'hui et on a plutôt sympathisé. Jusqu'à ce que je pète mes plombs.

Je vis sa mâchoire se tendre et ses doigts serrer le volant à en faire blanchir ses jointures.

- Et il a dit quoi quand tu... tu sais... quand tu as fais ta crise?

- J'en sais rien, je suis parti sans demander mon reste. Mais du calme ce n'est pas grave. D'ailleurs je crois que je ne lui ais même pas dit au revoir. Il doit me prendre pour une malpolie.

- Bella... Bella... Bella. Tu piques une crise de colère pour une banalité d'usage devant un mec que tu connais à peine, et tout ce qui te tracasse c'est que tu ne lui ais pas dis au revoir? Parfois j'ai du mal à te suivre tu sais.

- Ben quoi, j'aurais pu au moins alléger les charges retenues contre moi.

- Si tu le dis.

- J'ai une idée! Et si on organisait un barbecue avec tout le monde, ce samedi chez moi? D'un, sa permettra de voir tout le monde avant les débuts des cours, et de deux, vous pourriez faire connaissance avec Edward. En plus je pourrais lui dire mon au revoir, et même un bonjour.

- S'il vient!

- Mais bien sûr qu'il viendra! Qui dit non à un barbecue entre potes?

- Peut être un mec à qui se ne sont pas ses potes!

- Dans le monde de belly belle, tout le monde est pote. Gares toi sur le bas côté, comme sa demain, sa sera plus facile pour moi pour ressortir quand j'irais les chercher à l'aéroport.

- Ok chef Swan.

J'écrivis dans la voiture, un texto que j'enverrais à tout le monde, sauf à Carmen, avec l'information du barbecue chez moi pour le samedi. Elle, avait droit à un texto spéciale dans lequel je m'excusais encore et lui demandais de prévenir Edward. Pendant ce temps Jacob rentrait les courses dans la maison. J'avais tenté de lui expliquer que je pouvais marcher toute seule et que c'était à sa que servait les béquilles mais il avait absolument tenu à revenir me chercher pour « m'escorter » jusqu'à la maison.

Rahhh tout ce que je déteste, la chevalerie!

Tiens, tu es de retour inconscient de malheur?

Je m'étais éclipsée, trop de situations gênantes pour moi.

Oh la lâcheuse!

C'est vrai qu'en y repensant j'avais du me donner en spectacle dans le restaurant, d'abord j'agressais cette vielle dame et après j'agressais le serveur!

J'y retourne plus sa c'est sur!

Et mais attends vieille dame... vieille dame... oh mais oui! C'était la même sur la route!

Oh la salope!

Sa tu l'as dit! Elle a voulu me faire payer pour notre bazar au restaurant c'est pour sa qu'elle faisait exprès de rouler à 2 à l'heure sur la route!

J'avais raison alors elle le faisait exprès!

- Allez ma belle, grimpe dans mes bras, c'est l'heure de rejoindre ton château.

- Jake, je peux très bien marcher toute seule. eh... eh... eh... qu'est ce que tu fais? Poses moi! POSES MOI TOUT DE SUITE JACOB EUGENE BLACK!

- Bah tu parles trop alors j'agis. Je t'ai dis que je n'allais pas te laisser marcher toute seule, alors je ne vois pas pourquoi tu protestes!

- Poses moi par terre! Hurlais je en essayant désespérément de lui donner des coups avec mes pieds.

- Trop tard Bella, trop tard. Estimes toi heureuse, toutes les filles rêvent d'être porté comme une mariée jusqu'à leur maison.

- Pas moi!

- De toute façon, c'est de notoriété publique, que Bella fais toujours tout à l'envers.

Il me porta jusque dans le canapé, au salon, là où il me posa, pendant que je continuais de bouder.

- C'est bon fais pas ta tête de mule. Tu es arrivé sans te tordre ou te casser encore quelque chose.

- Ha, parce que tu ne me crois pas capable d'un tel exploit?

- Franchement? NON!

- Ben tu sais quoi... moi non plus!

On se mît tout les deux rigoler surement en pensant au nombre de fois où j'avais cru arriver à la maison vivante et qu'au dernier moment soit je me prenais les pieds dans le tapis, ou alors je me cognais la tête dans l'entrebâillement de la porte et même parfois je tombais sans raison particulière, juste mes pieds qui voulaient entrer en contact direct avec le sol. Il retourna ensuite fermer les portes de la voiture et celle de la maison.

Je venais d'attraper mes béquilles pour m'aider à me lever quand Jacob me stoppa net.

- Tu comptes aller où comme sa?

- Dans la cuisine. Faudrait peut être penser à ranger les courses, tu ne crois pas?

- Assieds toi, je vais le faire. Je t'ai dis que tu ne devais pas bouger de là.

- C'est bon Jake. Je ne vais pas fondre, je ne suis pas en sucre. J'ai bien réussi à me débrouiller toute seule depuis hier alors je peux bien continuer.

- Oui mais maintenant que je suis là, je suis à ton service. Dis moi ce que tu veux faire et je le ferais pour toi. Dit il en imitant une voix robotisée.

- Je veux que tu me laisses faire ce que je veux faire.

- Hiiiinnnnn. Demande erronée. Cette demande ne fait pas partie de ma base de données.

- Je veux que Jacob Black, vire le plancher de chez moi.

- Hiiiinnnnn. Toujours erronée. Cette demande ne fait pas partie de ma base de données.

- Bah elle est nulle alors ta base de données! Soufflais je en me laissant tomber dans le canapé.

Jacob retourna dans la cuisine afin de ranger les courses vu que j'étais dispensé de me lever. Je regardais autour de moi et remarquais que je devrais mettre un peu d'ordre dans la maison avant le retour de mes parents demain.

Autant en profiter pendant que Jacob est là, pour qu'il me donne un coup de main!

Mais je croyais que tu te débrouillais très bien toute seule?

Et bien quoi... il s'est si gentiment proposé pour tout faire alors au point où nous en sommes, je vais me gêner pour l'utiliser!

Oh l'opportuniste!

Et voilà que sa recommence je me reparle à moi même. Je me mis à sourire face à cette folie que je développais.

- Qu'est ce qu'il y a? Me demanda Jacob qui venait d'entrer au salon.

- Il y a que j'ai faim! M'exclamai je. Jake chériiiii, qu'est ce qu'on mange ce soir? Moi je ne peux pas me lever pour faire à manger, et c'est toi qui l'a dis!

- Hum... tu sais bien que je suis nul en cuisine... hum... dit il en réfléchissant, des sandwichs sa te dit?

- Non mais comme je sais que c'est le maximum que tu puisse faire alors, oui sa me va.

- Ok va pour des sandwichs! Bacon, salade, fromage?

- Comme toujours.

- Sa marche. Je reviens dans 10minutes. En attendant tu veux que je t'allumes la télé?

- Oui je veux bien. Merci.

Il alluma la télé, puis posa la télécommande sur la table basse qui se situais au milieu du salon, entre le meuble télé, les 2 canapés et le fauteuil, qui la contournaient en formant un U.

- Jaaaake? Tu peux me passer la télécommande s'il te plait?

- Euh... t'exagères pas un peu là Bella? Tu aurais pu te lever pour la prendre, la table n'est même pas à 1 mètre du canapé.

- Oui mais tu m'a dit de ne pas bouger de là. Alors je ne bouges pas. Pour une fois que je t'écoutes ne te plains pas.

- C'est bon, c'est bon, j'ai compris. Mais tu ne m'auras pas si vite Tiens la télécommande dit il avec une voix mielleuse, en me la passant, et que veux tu d'autre Bella chérie, dis moi, tu auras tout ce que tu veux sauf qu'en échange... murmura t il en rapprochant dangereusement son visage du mien.

on y est, je me disais bien que sa cachait un truc.

- Non c'est bon. Ramènes moi mon sandwich et sa iras.

Je savais très bien ce qu'il allait me demander. Toujours le même sujet qui fâchait entre nous, celui d'un « nous » justement. Ce nous, que Jacob voulait voir autrement que la manière dont je le définissais. Il savait ce que je pensais et que malgré moi je n'arrivais pas à le prendre comme un petit ami potentiel. Bizarrement pour moi il était beaucoup plus que sa. les petits amis à l'image de Carmen, ils partaient , d'autres venaient, ils étaient presque interchangeables, mais Jacob lui ne pourra jamais être remplacés dans ma vie. Jamais. La place qu'il occupait dans mon cœur était très importante mais, c'était bien sa le problème il y avait un mais, il y avait cet espace vide au fond de moi que je savais qu'il ne pourrait pas remplir. J'aurais voulu, oh oui, j'aurais tellement voulu qu'il le remplisse amplement cet espace. Sa aurais été si simple, pour moi et pour lui. Car je savais que cette situation le faisait souffrir, je le voyais sur chaque trait de son visage quand je m'approchais trop près de lui, quand il me prenait dans ses bras ou quand parfois nous étions si proches que nos souffles se mêleraient presque, ces moments là étaient un vrai calvaire pour lui, son enfer personnel. Et je le savais. Malgré ça, je n'arrivais pas à m'éloigner de lui, j'étais toujours une égoïste perfide et sans cœur. Mais un jour sa patience aura des limites. Un jour, comme tout être humain normalement constitué, il sera las de souffrir et aura lui aussi envie de connaître le bonheur dans les bras de quelqu'un qui sera à la hauteur de ses sentiments. Et ce jour là, il partira. Il partira et je n'aurais pas le droit de le retenir. Les larmes commençaient à me monter aux yeux et je dus usé de toutes mes forces et de nombreuses respirations pour les retenir. Je ne voulais pas que Jake vienne me trouver dans cet état. Il en avait déjà trop fait pour moi, aujourd'hui.

- Et voilà, un sandwich bacon, salade, fromage fait par le plus grand sandwichier qui soit!

- ça n'existe pas sandwichier. Merci dis je en prenant le sandwich qu'il me tendait. Je me relevait un peu et m'assis dans le canapé pour qu'il puisse s'installer à côté de moi.

- De rien. Et alors si j'ai envie de le dire, je le dis. Sinon comment alors, appellerais t-on celui qui fait les sandwichs? Dit il en mordant dans le sien.

- J'en sais rien moi, sandwichman?

- Pfff, c'est pire. Je préfères nettement mon sandwichier.

- Dis le comme tu veux, mais c'est vrai qu'il sont bon tes sandwichs. Tu as mis quoi comme sauce dedans du ketchup?

- Héhé. Non en fait, au lieu de mettre que du ketchup, je l'ai mélangé avec un peu de mayonnaise, une pointe de moutarde et une petite sauce secrète. Mais sa tu ne le sauras pas.

- Allez quoi, dis moi comme sa je pourrais les refaire.

- Non! Si tu en veux, tu n'as qu'à me demander.

- Mais je me demandes comment tu arrives à faire des sandwichs aussi bon alors que tu ne sais même pas cuisiner?

- Tout est dans le mélange, tu vois. Je t'expliques...

Il partit dans un monologue où il m'expliquait toute l'importance de ne pas mélanger le porc avec le bœuf parce que sa changeait le goût de l'un ou de l'autre et un tas d'autres mélanges à faire ou à ne pas faire que je n'ai pas retenu vu que je n'écoutais déjà plus. Je ponctuais ses phrases parfois avec des hochements de tête, tout en mangeant mon sandwich. Lui bien sûr avait déjà finit le sien.

Il se devrait se trouver un ami avec qui il pourra parler pendant des heures de bouffes parce que c'est pas moi qui l'écouterais tout les jours me débiter en long en large et travers l'histoire du sandwich.

- Jake, quand tu auras finis, tu pourrais me donner un coup de main pour ranger un peu?

- Hein? Mais qu'est ce que tu veux ranger, elle est bien la maison!

- Mais non, mais non... regarde il y a un peu de poussière sur la télé et sur le meuble là aussi...

- Mais qu'est ce que tu racontes, il n'y a pas de poussière.

- Si regarde! M'exclamais je en commençant à me lever pour lui montrer

- D'accord d'accord, il y a de la poussière, rassieds toi.

- Et il y aussi des traces sur le parquet...

- mais de quel traces... d'accord il y a des traces, se résigna t il quand il vit que j'allais de nouveau me lever pour lui montrer.

- Eh mais tu vas me laisser me lever oui?

- Non! Déjà que quand tu as tes deux pieds c'est limite, mais un seul, c'est la catastrophe assuré. T'inquiètes pas, je sais le faire. En plus c'est toi qui m'a montré comment faire.

Je me rappelais la première fois que j'avais fait le ménage avec Jake. On avait 13 ans et on était au collège. Sa faisait quelques mois que ma mère était définitivement partis de la maison. Alors ne vivant plus qu'avec Charlie, c'était moi qui m'occupait de tout et parfois entre les cours, les tâches ménagères et mes amis je ne savais plus trop où donner de la tête et j'en ressortais épuisé. Un jour, alors qu'on avait prévu d'aller à un feu de camp sur la plage de la Push ( la réserve Quileute où habitait Jacob), j'étais à deux doigts d'annuler parce que j'avais trop de chose à faire et que j'allais ressortir complètement fatigué. Mais comme il tenait absolument à ce que j'y aille (et plus tard je su pourquoi), il a voulu que je lui montre comment faire, comme ça à deux sa irait beaucoup plus vite. Et depuis, il m'aidait parfois à la maison, pour que je passe moins de temps dans les tâches et plus de temps avec lui.

- Mais je peux faire tout ce qui ne nécessite pas trop de déplacement. Moi je ranges , je fais la poussière et je passes la serpillère et toi tu passes l'aspirateur c'est bon?

- Euh... le travail n'est pas un peu déséquilibré là?

- Ok. je ranges, je fais la poussière; tu passes l'aspirateur et la serpillère. Sa te vas?

- Oui, mais d'abord de la musique.

Il se dirigea vers la chaine hifi,et mis un cd. Supermassive black hole de muse, résonna aux quatre coins de la pièce.

- Jake, baisse un peu le volume!

- Mais non, sa motive, dit il en faisant des grands gestes avec ses mains au rythme de la musique. Sa façon particulière à lui de se préparer à ce qu'il s'apprêtait à faire.

- Tu es au courant que le ménage n'est pas un sport de combat? Dis je en m'esclaffant.

- S'en est un. On lutte contre les microbes, les poussières et autres qui essaient de s'infiltrer dans les recoins de la maison.

- Ouais si tu le dis. Bon, armé? Demandais je en levant mon éponge et autres produits que je tenais en main.

- OUI! Répondis t il en me brandissant le plumeau à poussière dans une main et l'aspirateur dans l'autre.

- Prêt? À l'attaque! criais je.

Nous nous élançâmes à travers la maison, nettoyant là où il fallait nettoyer, traquant la poussière et autres traces tout cela au rythme de la musique. Toutes les pièces y avaient eu droit, le salon ,la cuisine, les deux salles de bains et même les trois chambres situées à l' étage: celle de Renée et Phil, la mienne et la chambre d'amis qui ce soir serait utilisé par Jacob.

Au bout de trois longues heures, on étaient affalé sur le sofa, épuisé.

- Sa y es on a enfin fini! M'exclamais je

- Ouais. C'était du boulot. fit Jacob.

- Maintenant je vais prendre une bonne douche et filer me coucher. Je n'en peux plus.

- Je t'accompagnes? Me demanda t il

Je levai les yeux au ciel et lui balançais un coussin en me levant.

- Tu ne perds pas le nord toi!

- Je plaisantes, s'excusa t il en me tenant la main par dessus le canapé.

- Ouais ouais. Par contre je veux bien que tu m'accompagnes jusqu'à l'étage.

Ce qu'il fît sans autre commentaire. La douche fût tout ce qu'il y avait de plus réparateur après cette journée chargée en émotions et en péripéties. L'eau qui ruisselait sur ma peau me libéra d'une bonne dose de tension. Je me sentais bien, fraîche et vivante et en même temps si fatiguée et tellement vide. Ce dont j'avais besoin maintenant c'était du sommeil. Me coucher, dormir et rien d'autre, comme je l'avais tant souhaité cet après midi ,toute seule dans ma voiture. Je m'enveloppais dans mon peignoir et sortis de la salle de bain pour y laisser entrer Jacob. Il n'avait pas besoin d'emprunter des affaires à Phil puisqu'il lui restait ici certains vêtements, que j'avais ressortis, datant de sa dernière nuit passé à la maison, soit il y a une semaine.

J'enfilais rapidement un pyjama avant de me fondre dans mon lit.

La salle de bain étant la pièce collée ma chambre, j'entendais le bruit de l'eau qui coulait. Cette même eau qui m'avait fait tant de bien, j'espérais qu'elle en fasse aussi à Jacob et qu'elle le soulageait tout comme elle m'avait soulagé. Je ne saurais dire pourquoi mais le son de l'eau me berça et je commençai à m'endormir. Un temps plus tard, encore à demi éveillé, je sentis le souffle chaud de Jacob sur ma joue et l'entendis me murmurer « bonne nuit ma belle » seulement le sommeil l'emportais trop et je ne pus lui répondre me dirigeant déjà vers des terres inconnues.

Jacob Eugène Black, mon ami, mon sauveur, toujours là pour rattraper mes chutes mais jusqu'à quand?