Titre : Les Années Tish - 03
Chapitre : l'Ombre du Maître
Auteur : Takisys
Béta : Black59
Perso, Couple : Jack Harkness, Tish Jones
Fandom : Torchwood/Doctor Who
Résumé : à la fin de notre millénaire, tandis que les humains se voient contraints de planifier l'évacuation de la Terre, pour cause de surpolution, l'ex capitaine Jack Harkness, ex directeur de Torchwood, à bord de son petit vaisseau recherche des planètes d'accueils.
Il trouvera, pèle mêle : une vieille amie, un fils assez inattendu, un cargo fabuleux, un tournevis sonique, une nouvelle raison de vivre et accessoirement quelques planètes effectivement colonisables…
Rating : PG-13
Warning : évocation de viols et de tortures, l'année qui n'a pas eu lieu.
Disclaimer : ces personnages appartiennent à la BBC et RTD, je ne fais que les emprunter pour m'amuser un peu et distraire les autres.
Le Vaillant, une année dont plus personne ne se souvenait, sauf eux… Une année qui les avait unis dans la résistance à l'ennemi, dans la lutte pour survivre, ils étaient deux vieux camarades de combat revenus de la fin du monde… et aujourd'hui dans ce petit vaisseau minuscule, ampli des phéromones de Jack, cette année se dressait entre eux comme une barrière infranchissable…
Le rire du Maître, Jack enchaîné comme de bien entendu, les yeux fermés, il les gardait toujours fermés dans ces moments là, et elle lui en était reconnaissante.
« Allez Tish, ne fait pas ta timide, il te plait notre capitaine, n'est-ce pas ? »
Alors un des gardes arrachait ce qu'il restait de sa chemise, révélant son torse glabre, sa peau douce malgré tout ce que le Maître lui faisait subir, cette peau si douce, si chaude et cette odeur, si prenante, si entêtante… se perdre, disparaître…
« Allez, Tish, bonne fille, lèche, allez lèche-le ! »
Comme si le parfum de ses phéromones ne suffisait pas, les goûter lui faisaient perdre tout ce qui pouvait lui rester de contrôle, de dignité et le Maître le savait, il s'en délectait, quand elle serrait complètement partie, il la prendrait, il disposerait de son corps mais elle ne serait plus là…
*Viens Tish, donne moi la main…*
Jack venait la chercher, il venait toujours, et elle le suivait sur cette plage, cette longue plage, où ils marchaient tout les deux se concentrant sur l'horizon, sur la présence de l'autre, pour oublier que pendant ce temps le Maître …
*Et s'il vient à s'en rendre compte ? Il sera fou… *
*Il l'est déjà !*
*Jack !*
*Je te l'ai déjà dit : c'est une ligne privée, juste toi et moi, et on s'en tient au plan*
Jack lui lâcherait la main et ils reviendraient, juste à temps pour que le Maître ne se rende compte de rien.
Dégoutée et choquée malgré tout, elle se recroquevillerait tandis que Jack affronterait le Maître comme il le faisait toujours avec insolence et moqueries, il le pousserait jusqu'à ce qu'il finisse par l'étrangler ou le tuer de quelqu'autres façons.
Tish s'était réveillée dans le petit vaisseau, Jack s'était assoupi dans son fauteuil, il était beau quand il dormait, stupide ! Jack était beau ! Il était toujours beau, ce n'était pas tant une question de traits, que de ce qui émanait de lui : Jack était générosité, voilà ce qu'il était…
Cette année là, il avait encaissé plus qu'il n'était humainement possible, tout le monde en était conscient à bord, et beaucoup culpabilisaient :
« Mais d'un autre coté, lui, il revient toujours » Disaient-ils.
Et Jack faisait le pitre et jouait avec le Maître, il l'occupait, il faisait diversion, comme un bon petit soldat, le Docteur avait l'air de trouver ça normal.
Bien sûr le Maître aimait se servir de l'attachement qu'ils avaient les uns pour les autres pour s'amuser, et plus vous montriez d'intérêt pour quelqu'un et plus vous aviez de chance que le Maître s'en serve, et cela était particulièrement vrai pour le Docteur.
« Jack n'a pas besoin que le Docteur s'inquiète pour lui, il est parfaitement capable de focaliser l'attention du Maître sur lui sans son aide. » Voilà ce que disait son père et il avait raison.
Temps que le Maître ne s'en prenait qu'à son corps Jack tenait le coup, mais quand il s'en prenait à son esprit, c'était une autre histoire. Au début, le Maître terminait ces séances de torture ou viol psychique, parce que ça relevait bien du viol, de fort méchante humeur, il ne pensait pas qu'un bête humain primitif pourrait lui opposer autant de résistance…
Mais avec le temps, Jack fatiguait, et après la mort de Ianto, le Maître avait enfin fini par obtenir ce qu'il voulait : le secret de l'immortalité de Jack, ou du moins ce que Jack en savait ! Ça ne l'avait pas vraiment satisfait et il était parti dans une rage folle, abandonnant Jack vidé, absent…
« Jack, Jack, il est parti, Jack réponds-moi… »
Mais Jack restait inerte, mou, les yeux grands ouverts fixant le vide.
*Jack, où es-tu, c'est moi, c'est Tish, Jack…*
Elle avait été le chercher, d'abord sur la plage, mais il n'y était pas, et leur plage n'était plus qu'un champ de batailles désolé, alors elle avait crapahuté au milieu des cauchemars, et elle avait fini par le retrouver recroquevillé dans une drôle de petite chambre sans fenêtre :
*laisse-moi, tu ne devrais pas être là, il va revenir, s'il te trouve…*
*Il est parti, Jack viens, donne-moi la main*
Il ne ressemblait plus à l'homme qui s'était fait prendre avec Martha et le Docteur, il n'était plus qu'un petit garçon terrifié et tremblant, alors elle l'avait pris dans ses bras et l'avait câliné, comme il l'avait si souvent fait.
*Il ne faut pas que tu restes ici, Tish, il va revenir, et s'il te trouve, s'il découvre…*
*Je ne partirais pas sans toi, Jack, il n'en est pas question, de toute façon je ne sais pas où je suis, et je ne suis pas sûre de pouvoir retrouver le chemin toute seule*
*Menteuse*
*Jack, on a besoin de toi… je sais que ce n'est pas juste, mais on a besoin de toi*
Alors Jack avait pris sa main et ils étaient revenus ensemble.
Ce jour là, il avait pleuré longtemps dans ses bras et elle était restée à le bercer comme un enfant, et si le Maître les surprenait quelle importance ?
De toute façon que pouvait-il encore leur faire qui ne leur avait pas fait ?
« Réveillé ? » Avait-elle demandé en sortant de la douche.
« Humm, me suis assoupi… »
« Il semblerait ! »
« Je peux prendre la cabine ? »
« Euh, oui, c'est libre ! Je ne voudrais pas faire ma capricieuse, mais t'as pas idée de ce que je serais capable de faire pour un vrai douche, avec de l'eau ! » Avait-elle plaisanté.
« Je devrais pouvoir t'arranger ça ! » Avait-il crié de l'intérieur de la cabine.
« Vraiment ? »
« Demain, on fera escale sur Sisko ! »
« Base ou planète ? »
« Base lunaire : une très grosse base si tu préfères, pas très bien fréquentée, mais j'ai vu pire »
« Et ils ont des douches ? »
« Ils ont même un complexe hammam, sauna etc. à faire rêver un empereur romain ! »
« Ouuh, voilà qui est très tentant, Monsieur »
« Est-ce que j'ai précisé que c'était mixte ? »
« Te connaissant, je m'en serais douté »
Jack était ressorti avec son regard malicieux, mais il gardait toujours son esprit fermé.
Pour lui le Vaillant était loin, il s'était reconstruit, puis il y avait eu les événements qui avaient entraîné son départ, Jack en était ressorti dévasté…
Elle avait tenté de le voir à l'époque, elle avait réussi à lui parler une fois ou deux au téléphone, mais n'avait pas réussi à le convaincre de rester…
« Tu crois que j'ai des chances de me trouver un beau garçon, de préférence sans tentacules ni truc trop bizarre ? »
« Euh, ça manque un peu d'humains par ici, mais on peut trouver quelques humanoïdes, des Gayates entre autre… Pourquoi ? En manque ?»
« Avec tes phéromones qui volent partout, une none serait en manque et je ne suis pas une none ! »
« Oh, j'ai connu des nones… »
« Jack, arrête tout de suite ou… »
« Ou quoi ? »
« Ou tu vas te faire violer avant notre arrivée sur Sisko ! »
« Qu'est-ce qui te dit que je ne me laisserais pas faire ? » Avait-il dit en riant
Et puis il y avait eu un petit flottement : l'ombre du Vaillant, puis, il avait baissé le masque, laissant paraître sa tristesse et sa solitude…
Alors tout était devenu si simple, si facile, et le Maître n'était plus là.
Ils étaient seuls au milieu de l'espace infini, seuls, mais ensemble pour l'affronter.
A suivre…
