Titre : Liaisons, embrouilles et un rouleau disparu.

Auteur : Kumfu.

Bêta : Axelanderya.

Je sais, je suis affreusement lente... mais ne vous inquiétez pas : si je m'amuse énormément à écrire des fanfics, je m'impose quand-même deux règles : apporter le plus d'attention possible à mes textes et ne m'engager sur une fiction que si je suis sure d'être capable d'en arriver au bout. Il n'y a donc pas de risques que je m'arrête en chemin. Désolée pour l'attente, en tout cas, et merci à tout le monde pour les reviews et les encouragements. C'est un plaisir !

Sinon, j'en profite pour adresser un grand grand grand grand grand (oui, autant que ça) merci à mes deux très grandes aides Axelanderya et Opelleam pour leur excellent travail, leur gentillesse et pour me faire rire autant avec leur remarques. Je suis vraiment gâtée. Certaines répliques des personnages sont d'ailleurs directement empruntées à leur humour.

Voici un chapitre très YAOI en tout cas. Bonne lecture !


CHAPITRE QUATRE

Qui veut la peau des fesses de Sasuke Uchiwa ?

Ou

« Kyuubi, avec moi ! »

Assis au milieu du toit, Naruto leva la tête pour observer le ciel. Il était dégagé, ce soir. Toutes ces lumières tranchant avec l'obscurité ambiante le fascinaient. Peut-être était-ce parce qu'il avait toujours été plus ou moins seul que cette vision avait la faculté de le toucher ainsi. En redescendant le regard, il parcourut rapidement les alentours des yeux : personne. Le silence régnait et seule cette odeur si particulière que pouvait porter le vent dans la nuit parvenait à ses narines. Il se relâcha pour s'allonger en arrière. Les mains derrière la nuque, il laissa divaguer ses pensées.

Sasuke... la mission, Sai... cet imbécile de roi des asociaux s'était fourré dans un bazar de toute beauté, franchement... et Sakura qui était restée avec Kabuto pour le soigner. Elle devait en être malade.

Sasuke...

Il fit une grimace. Il en arrivait toujours à repenser à lui.

Quelle enflure, quand-même, à croire qu'il faisait exprès d'être aussi puant. À moins que… Naruto se demandait parfois s'il n'entretenait pas également lui-même la situation par sa façon de le traiter constamment de « connard », d'« enfoiré », de « salopard de petit égoïste à deux ryos qui s'était comporté comme la dernière des traînées avec Orochimaru », il la lui avait déjà dite, celle là ? Si ce n'était pas le cas, il l'aurait dû.

Bah ! Le jeune homme chassa cette pensée de sa tête. D'un autre côté, ce n'était pas non plus comme si leur relation de rivalité et de dépendance datait d'hier. Autant qu'il s'en souvienne, il en avait toujours été ainsi : les insultes et en même temps ce besoin indicible d'être ensemble, de partager une émotion, un moment même infime et de se confronter, toujours, d'assoir sa domination sur l'autre. Ils n'avaient pas grandi, tout simplement. Sasuke avait beau avoir ramené ses petites fesses de « seme » au village, il n'en était pas moins resté aussi odieux qu'avant, voire plus encore. Quant à ces missions lointaines qu'il enchaînait, elles n'étaient bien sûr que des moyens de se protéger et de s'isoler, il ne pouvait pas le tromper à ce sujet. Le mépris comme carapace, hein ? Et que se passerait-il si le salaud devait plier ? Se briserait-il en mille morceaux ? Depuis assez longtemps, maintenant, il était clair pour Naruto que Sasuke était le plus faible des deux.

La raison de son retour était restée obscure et le blond en arrivait à se demander si lui-même le savait seulement. Peut-être était-ce pour retourner sur les tombes de sa famille ou par désœuvrement, parce que le village était tout près et que rien ne l'appelait à partir ailleurs... Peut-être avait-il voulu le revoir ? Le blond eut un sourire amer à cette idée. En tout cas, s'il était là, désormais, du moins physiquement, il n'en restait pas moins absent pour lui. Cette solitude que Naruto pouvait ressentir en sa présence, il la connaissait pourtant si bien, il la vivait depuis qu'il était môme et il l'avait acceptée. Il avait surtout appris à se battre contre elle, à l'affronter.

'Ne jamais abandonner'.

Laissant retomber son visage sur le côté, il sourit au souvenir de ce principe qui avait toujours eu tellement de valeur pour lui et ferma les yeux sous la légère caresse de la brise nocturne sur sa peau.

Il rouvrit soudainement les paupières.

Dans un souffle d'air, un kimono court se souleva légèrement et une chevelure ébène se fit ébouriffer.

En découvrant les perles sombres plongées sur lui, Naruto sentit le creux de son ventre se contracter. Était-ce de l'appréhension ou du désir ?

Sous la lumière de la lune, Sasuke lui donnait une image un peu irréelle. Sa peau était faite pour être caressée par la nuit, pour être dénudée par le vent... pour être touchée par sa main. Ses lèvres pâles étaient une invitation aux baisers et il se demanda à quel point elles pourraient se gonfler et rougir sous ses dents... et de quelle façon se réchaufferait son regard alors que sa langue glisserait lentement sur la pulpe rebondie. Une brise plus puissante que la précédente fit tomber un pan du vêtement de Sasuke, découvrant son épaule, et les yeux clairs se perdirent sur son torse. Il aurait aimé sentir la chair de poule se faire sous ses doigts tandis qu'il descendrait le tissu un peu plus loin, venant suivre la clavicule pour frôler le mamelon durci, tentant, vulnérable, y passer les doigts et peut-être... le mordiller doucement.

« Qu'est-ce que tu veux ?

Son ton de voix était aussi cassant qu'il le pouvait.

— Toi. »

Naruto eut un petit sourire. À quoi aurait-il pu s'attendre d'autre ? 'Oh, et si on allait se faire un ramen, tous les deux, ça te tente ?'… L'idée le fit sourire.

Sans le quitter des yeux, Sasuke vint se planter juste devant ses pieds, le toisant de sa hauteur. Il baissa son épaule d'un coup, faisant tomber son vêtement plus bas avant d'en extirper les bras avec lenteur. Son torse fin lui apparut. La vue était belle... le corps exposé à la lueur de la lune, le visage empreint de désir et ce regard noir, aussi sombre que la plus profonde des nuits. Naruto s'imagina le plaquer sous lui pour le maintenir bras tendus au dessus de sa tête et voir sa peau laiteuse frémir de ses baisers, son regard se troubler dans l'étreinte...

« Tu as des insomnies, Sasuke ? Tu veux que je te chante une berceuse ?

Un souffle méprisant lui répondit et l'Uchiwa leva les yeux sur ce qui avait retenu plus tôt l'attention du blond, poussant ce dernier à réagir face à cet insupportable vide que renvoyait son regard.

— Tu n'aimes pas observer le ciel ? lui demanda-t-il d'une voix qu'il tâcha de laisser neutre.

Les pupilles sombres et glaciales redescendirent sur lui.

— Je ne sais pas. Peut-être, exprima le brun avant de relever quelques secondes ses yeux. Ça ne me fait rien… Il parait pourtant que c'est beau.

Naruto sentit ses entrailles se contracter.

Un peu plus loin, le clone qui patrouillait s'arrêta pour leur jeter un œil et Sasuke eut un regard légèrement amusé en l'apercevant. Il se mordilla une seconde la lèvre avant de se tourner vers le jeune blond, lui montrant son double d'un coup de tête.

— Tu ne veux pas l'inviter à nous rejoindre, qu'on s'amuse un peu ?

Sous le culot de la demande, Naruto relâcha un souffle bruyant avant de rétorquer vivement.

— Tu ne préfères pas t'en faire un pour jouer tout seul ? Je ne me sens pas d'humeur.

Le regard bleu était dur, autant que celui de son amant.

— Comme si tu ne le voulais pas.

— Et si c'était effectivement le cas ?

Le brun ancra ses pupilles dans celles de Naruto tout en descendant lentement ses mains sur le lien rouge retenant encore son kimono et il tira dessus.

— Foutaises.

Son haut tomba au sol et le blond se sentit monter autant en énervement qu'en désir. Sasuke avait décidément le don de l'agacer juste là où il le fallait, dans tous les sens du terme. La bouche aux lèvres rosées captura son regard, articulant avec sensualité :

— J'ai envie de toi.

Naruto frissonna. À croire qu'il n'était pas fichu de lui résister plus de deux secondes, abruti d'imbécile de ninja blond qu'il était. Là, la situation commençait déjà à devenir très difficile et le jeune homme savait à quel point son amant pouvait être doué à ce petit jeu. À nouveau, il posa son regard sur ces lèvres légèrement rebondies qu'il désirait tant, sur cette bouche qu'il aurait tellement voulu sentir contre la sienne.

— Je sais.

— Alors laisse-toi faire.

Le blond eut un rire nerveux : Sasuke était à baffer.

— Non.

Puis il précisa :

— Je ne suis pas un objet. Je ne suis pas là pour soulager tes pulsions ou t'aider à te passer les nerfs.

— Et pourquoi pas ? Tu as envie, j'ai envie. Si ça peut nous permettre de nous sortir la tête de cette mission qui nous gonfle, en quoi c'est un problème ? »

Monsieur « je veux je prends » avait beau être un soi-disant génie, il ne parvenait décidément pas à piger certaines finesses des relations humaines. Il aurait en effet été bien compliqué de lui faire comprendre que non ça n'allait pas, non ça ne lui suffisait pas, oui il y avait une limite au foutage de gueule et non il n'était pas un gentil « uke » tout juste bon à tendre les fesses pour le bon vouloir de monsieur. Quant à ce qu'il donnait à Sasuke, comme tout ce qu'il avait toujours fait pour lui, il savait très bien que ce dernier ne lui rendrait jamais la pareille.

Brusquement, le brun s'accroupit à ses pieds, prenant un malin plaisir à se rapprocher jusqu'à frôler sa peau de son souffle. Il lui susurra d'une voix chaude :

« Je sais que tu aimes quand je t'attrape les hanches, quand je soulève tes cuisses, quand je te prends... »

Ces mots... Un instant, Naruto eut envie de relâcher la tête vers l'arrière pour en savourer la délicieuse langueur... comme si le fait de se laisser aller et de cesser de l'appeler « connard » pouvait l'empêcher de se casser la figure d'encore plus haut. Cependant, au delà des mèches blondes qui balayaient son front, son regard était teinté de défi, d'une lueur de résistance que Sasuke aimait voir s'allumer dans ses yeux bleus, les voir s'outrer, se défendre, si vainement... jusqu'à lui céder. Un très léger sourire se dessina au coin de la bouche de ce dernier.

Le vent souffla plus fortement et ils restèrent un peu ainsi, profitant du calme encore présent... comme dans cet ultime moment avant un combat où l'on échange les derniers regards, où l'on aiguise ses armes, où l'on souffle entre ses doigts pour les réchauffer. Très légèrement, la respiration du brun s'accéléra et Naruto devina une langue taquine humidifier les lèvres pâles, comme un animal qui se pourlècherait les babines en reniflant sa proie...

Sasuke se jeta sur lui.


Du rebord de la fenêtre, Sakura en manqua de se vautrer lamentablement plusieurs étages plus bas. Oh là ! Se rattrapant de justesse en s'agrippant au rebord du toit, elle se fixa à nouveau aussi vite sur la scène, fébrile.

'Bon. On se calme, on analyse la situation et on respire, fillette !'

Jusqu'ici, elle avait un Naruto qui patrouillait et un autre qui était en train de se rouler au sol avec... un jeune brun à la peau pâle et à la saleté de tatouage de serpent autour de l'avant-bras. Sasuke était donc là. D'accord. Par contre, il était quand même, euh... — elle se passa une main sur le front pour essuyer la sueur qu'elle avait l'impression d'y sentir — à moitié... nu — elle avala sa salive dans un « gloups » sonore — et il se jetait sur le blond avec une sensualité toute... animale.

Mais qu'est-ce que c'était que ce délire ?

Quand à leur comportement, bon ben ils bagarraient, ils bagarraient, jusque-là on l'avait compris mais... ils bagarraient bizarre, quand même.

Pourtant, il lui avait bien semblé que la « charmante » époque où ils se mettaient sur la tronche à chaque fois qu'ils passaient plus de cinq minutes ensemble était heureusement révolue. Elle n'avait jamais su comment réagir, d'ailleurs, ni envers Sasuke qui avait élevé le mépris et la façon de briser par les paroles ses interlocuteurs au rang d'art, ni avec Naruto qui la remballait durement à chaque fois qu'elle essayait de s'immiscer dans leurs affaires. Il voulait porter seul ce poids sur ses épaules et lui disait toujours que tout se passait bien, qu'il allait se débrouiller, de ne pas s'inquiéter, etc. Il était plutôt pénible dans son genre, lui aussi. Enfin, elle l'avait accepté parce qu'après tout, autant qu'elle le sache, il était bien le seul à être capable d'obtenir une quelconque réaction de « monsieur tiens-dans-ta-gueule-tu-ne-l'avais-pas-vue-venir-celle-là », comme l'aurait dit Naruto, quand bien même celle-ci n'était que violence verbale, toujours, et physique trop souvent.

Ha !

En voyant soudainement Sasuke plonger son visage dans le cou de son boulet préféré, elle manqua encore de déraper pour de bon. Elle en eut un rire nerveux mais le blond était déjà en train de repousser son assaillant afin de le projeter au sol et de le... dominer de ses bras tendus au dessus de lui. Ses genoux qui se dérobèrent sur le coup la firent descendre une seconde sur les chevilles. Bon sang !

Quant aux deux phénomènes, là-bas, ils étaient repartis dans une séance de roulage au sol, bagarre masculine et violente... sexuelle, intensément sexuelle, le doute n'était pas permis. Elle en fut tellement décontenancée qu'elle en eut un sourire niais et relâcha la concentration de chakra dans son regard, juste à temps heureusement pour se rendre compte que Naruto-bis-le-clone était en train de revenir vers elle.

Mince ! D'un coup, elle plongea se cacher sous la toiture.

Mais mais mais mais, elle avait rêvé ou le blond avait mordu le cou de Sasuke ?

Les yeux écarquillés, sautillant à moitié sur place, elle se tapota des deux mains les joues qu'elle sentait être devenues vachement chaudes, là tout de suite, bouillantes même, fumantes, rouges ! Voilà qui devait faire drôlement classe avec la couleur de ses cheveux. Tout en trépignant d'impatience, elle se représenta mentalement le trajet du clone, le temps qu'il mettrait à parvenir de son côté du toit, à se retourner peut-être encore pour observer avec anxiété — pourquoi anxiété, d'ailleurs ? — la baston entre les deux et continuer sa route en lui tournant le dos. Rapidement, elle releva la tête.

Oh ! Sa respiration se coupa.

Naruto, son Naruto, le mec le plus boulet, le plus gentil et dont les petites fesses rebondies pouvaient faire tourner de l'œil la moitié des minettes du pays, était en train de baiser le cou de Sasuke, « le » Sasuke, le « bulot », le type dont l'activité sexuelle — proche de zéro, c'était bien connu — était inversement proportionnelle aux dégâts qu'il faisait chez les jeunes filles en fleurs. Il s'était allongé entre les jambes du brun et le visage de ce dernier était différent de celui qu'elle avait l'habitude de voir, comme... ouvert et, lorsque le blond releva le torse pour se positionner au-dessus de lui, elle vit la même lueur dans leurs prunelles, le même désir, la même peur, la même souffrance. On aurait dit que... Sakura en resta toute retournée... bon, déjà, le mollusque avait une sexualité ? Première nouvelle ! ... et avec... avec... Hou là hou là, ses neurones étaient en surchauffe complète et pas que ses neurones, d'ailleurs, elle s'éventa la gorge d'une main en tirant exagérément la langue.

Ces deux là étaient...

Pfiou. Elle relâcha son observation pour se recroqueviller et réfléchir.

... amants ?


De leur côté, Naruto et Sasuke devaient vraiment avoir perdu le sens des réalités pour ne pas se rendre compte qu'une chevelure rose, du genre qui flashait quand-même un peu dans la nuit, était en train de faire le yo-yo d'un côté et de l'autre du rebord du toit et continuaient à se battre brutalement. Ils s'empoignaient avec l'envie irrésistible et insoutenable l'un de l'autre. Les jambes s'entremêlaient, les genoux se soulevaient, les cuisses tentaient de s'immiscer entre celles leur faisant face et les bassins se cherchaient avec fébrilité. Naruto vivait toutes les émotions, la sensation de vertige en sentant la peau pâle et froide sous ses mains, le désir dans son bas ventre, la soif de maîtriser, de posséder lui aussi et cette espèce d'insupportable culpabilité quand il parvenait enfin à coincer Sasuke sous lui pour se retrouver perdu face à son regard... ce mélange de passion, d'agressivité et aussi d'un peu trop de cette vulnérabilité que le blond ne supportait pas d'y voir.

Le surprenant, les lèvres du brun se posèrent sur sa bouche, brutalement, et rien que ce contact pouvait suffire à le faire défaillir mais il repoussa tout de même le torse de Sasuke de ses deux mains, tellement brusquement, d'ailleurs, qu'il en tomba sur les fesses. Il recula un coude pour se rattraper mais se retrouva les jambes à moitié en l'air tandis que son adversaire se jetait sur lui. Mince... D'un geste du bras, il bloqua l'avancée du brun mais ne put arrêter ce dernier qui glissa les mains sur son ventre avant de venir s'attaquer, la respiration rapide, au lien retenant son pantalon. La nuque de Naruto tomba en arrière tandis qu'il haletait sous le désir et la lutte acharnée. Il tenta comme il le put de retenir le brun, ses mains courant presque après les siennes, mais les doigts pâles et doux qui attrapèrent soudainement son t-shirt par l'arrière pour le tirer ne lui en laissèrent pas le temps.

« Sasuke ! »

Comme si des mots pouvaient l'arrêter.

Le blond se reprit aussi vite mais ne put empêcher un geignement de plaisir de franchir ses lèvres en sentant une main se presser sur son entrejambe déjà tendue. Fermant une seconde les paupières, il laissa alors inconsciemment la possibilité à son amant de retirer le tricot de ses bras bronzés... puis s'agrippa de toutes ses forces à son vêtement, tant et si bien qu'il en tomba en arrière quand le brun le relâcha brusquement après avoir fini de le faire passer par sa tête. Il se retrouva alors accroché comme un imbécile à son t-shirt et à la merci de son adversaire.

Sasuke : un, Naruto : zéro.

À nouveau, le brun tenta de s'allonger sur lui et le jeune homme au regard clair eut juste le temps de lui plaquer son pied sur le visage, le bloquant les bras tendus en avant, une sandale de ninja écrasant sa joue. Qu'à cela ne tienne ! Sasuke décida de repartir en arrière mais en emportant le pantalon de son amant avec lui.

'Mais non !'

Après une misérable tentative de résistance, le blond se redressa, son habit déjà tiré sous ses genoux. Pour le coup, il était plus que mal parti, là, et le jeune Uchiwa ne put retenir le bref rire, presque enfantin, qui lui prit devant son inaptitude à se défendre correctement. 'Naruto, Naruto, fais quelque-chose, bon sang !'

Le prenant au dépourvu, le brun se jeta de nouveau sur lui, se retrouvant à plat ventre en train de s'emparer d'une de ses chaussures et le forçant à se redresser dans un « Sasuke ! » outré. Le jeune Uzumaki ne sut pour autant éviter à ses derniers vêtements de se faire la malle, comme les autres, malgré la poigne qu'il maintenait sur sa gorge de son assaillant dans une vague tentative de l'étrangler. Une fois les deux jambes dégagées, le brun sourit en constatant qu'il avait une superbe vue sur le caleçon de sa victime déformé par une érection grandissante. Les protestations façon « meuh non tu ne fais pas d'effet » de Naruto risquaient de tomber à plat, c'était le cas de le dire. Le jeune ANBU tourna alors son visage pour lui susurrer avec amusement, quelques gouttes de sueur perlant sur son front à cause de l'effort :

« Tu es bien sûr de ne pas avoir envie ? On ne dirait pas, pourtant », et il se pencha de manière à frôler du bout du nez le dessus de la cuisse juste devant lui, coupant alors le blond dans son envie de rétorquer.

Perdu.

Les derniers morceaux d'étoffe suivirent rapidement, Naruto étant trop bloqué pour réagir et il se retrouva entièrement nu, sa peau hâlée se soulevant fortement à chaque respiration. L'enfoiré jouait, profitait de son emprise sur lui et n'envisageait même pas qu'il ne puisse pas avoir envie de ce type de rapports. Il le voulait et l'avait toujours considéré lui étant acquis de toute façon, un peu comme s'il était sa propriété personnelle.

Dans un souffle destiné à se calmer, le brun posa sa main à plat sur la poitrine imberbe de son amant et la fit glisser dessus. Naruto sentit un frisson lui remonter le long de la nuque. Il pouvait voir dans les yeux noirs la soif d'aller plus loin, plus vite, de le prendre tant qu'il lui en laissait la possibilité... une envie de s'oublier dans l'étreinte que tous deux ne connaissaient que trop bien.

Si seulement Sasuke pouvait se comporter autrement que comme le pire des connards...

Le regard de Naruto se posa sur la chair si désirable de ce cou qu'il avait tant envie de baiser, plaisir doux et amer, cruelle torture de l'être qui veut et qui sait trop bien qu'il n'aura pas.

« Sasuke, je...

Malgré les battements agités dans sa poitrine, il se redressa pour attraper la nuque pâle et murmurer de ses lèvres à son oreille.

— Je voudrais te prendre.

Le brun manqua de s'étouffer.

— Quoi ?

Puis il se redressa sur les genoux en échappant un rire bref, trop surpris pour réagir autrement.

— Que toi tu me... mettes ton... dans mon... Non non non non non. Tu hallucines !

— Et pourquoi pas ?

— Mais bien sûr. C'est beau les rêves.

Le blond resta silencieux et Sasuke ne se priva pas de renchérir avec moquerie.

— C'est bon pour toi, ça, Naruto. »

Puis, comme s'il voulait rappeler qui avait le dessus, le brun mordit à moitié les lèvres du jeune ninja dans un baiser brutal dans lequel ce dernier eut l'impression de sentir, au delà de la violence, plus sourde, toute l'intensité de la passion. Il s'abandonna alors à l'ardeur de cette bouche sur la sienne et à cette langue avide le pénétrant, au « sexe » pour oublier, comme il le disait. La caresse humide était si douce... Il aurait voulu que cet instant dure plus longtemps encore et se sentit frustré lorsque le contact des lèvres aimées se rompit. Il murmura un « salaud », presque inaudible, tandis que Sasuke s'allongeait de tout son poids entre ses jambes. Un déhanchement lascif fit se presser intensément leurs deux sexes l'un contre l'autre et ils en tremblèrent en même temps de plaisir contenu, d'un trop-plein d'envie en manque d'assouvissement. Naruto s'accrocha aux mèches brunes et se cambra quand les dents de son amant vinrent mordiller son téton durci, fragile, avant de se relâcher sous la langue douce qui le lécha ensuite. Son désir pour lui, sa frustration et sa soif de le toucher, encore, et de ne faire qu'un avec cette peau nue contre la sienne devenaient de plus en plus incontrôlables. Attrapant alors brusquement la chevelure brune, il la tira vers l'arrière pour arrêter Sasuke dans ses mouvements et l'éloigner.

Pendant quelques secondes, ils restèrent le regard l'un dans l'autre, immobiles, tandis qu'ils reprenaient leur souffle.

Puis, il plaqua la bouche aux lèvres rosées sur la sienne dans un baiser à perdre haleine et lui donna un coup de rein en le faisant basculer sur le dos. Une fois à quatre pattes au dessus de lui, un genou entre ses jambes et une main sur son poignet relevé, un large sourire de satisfaction prit place sur son visage.

Sasuke était juste à sa merci.

Le brun écarquilla les paupières mais ne put s'empêcher de se cambrer quand son amant fit rouler plus intensément encore qu'il ne l'avait fait lui-même leurs deux membres tendus l'un contre l'autre et un soupir lui échappa. Se reprenant aussi vite, il s'empressa de saisir la crinière blonde pour plonger son regard étonné dans celui de Naruto, si bleu... d'habitude... virant nettement à l'orange là tout de suite...

D'un geste de rein, il inversa rapidement leur position pour reprendre le dessus en haletant. Dans les pupilles lui faisant face, une lueur inhabituelle avait pris place... Un désir... animal.

Le souffle lui manque une seconde.

Naruto grogna alors d'envie en relevant son cou pour mordre dans l'épaule pâle et descendre ensuite sous lui, trouvant le mamelon clair et le léchant, le taquinant doucement de ses crocs. Sasuke en ferma les paupières de plaisir et de surprise. Se déplaçant encore plus bas d'un mouvement de corps, le jeune homme s'accrocha à la peau pâle pour parsemer de baisers mordants les pectoraux et le ventre, tourner autour du nombril, faisant frémir le brun à l'idée d'avoir peut-être ce qui ne lui avait jusque-là jamais été donné par son amant. Il se laissa alors rouler sur le dos en emportant la tête blonde et n'opposa aucune barrière aux mains qui lui retirèrent ses vêtements. Lorsque le souffle chaud vint enfin frôler son membre, il soupira d'envie et tenta d'oublier à quel point il se sentait trop exposé, maintenant, à l'être dangereux penché sur lui. Les pupilles orangées se relevèrent et Naruto trouva l'expression d'attente fébrile du brun tout à fait ravissante. Il entrouvrit la bouche pour passer avec appétit sa langue sur ses canines juste très légèrement allongées et s'amusa de la réaction lascive qu'il provoqua. Ses doigts frôlèrent la peau fine du dessous des cuisses de Sasuke...

Une main immobilisa durement son poignet.

« Qu'est-ce que tu crois faire, abruti ?

— Moi aussi je veux te prendre.

— Tu prends tes rêves pour des réalités. »

La tension nerveuse venait encore de monter d'un cran et elle atteint son paroxysme lorsque, soudainement, Sasuke sentit la présence du clone se rapprocher de son dos. En une fraction de seconde, il analysa la situation : Naruto qui était en train de se laisser gagner par le chakra de Kyuubi, son double qui pouvait intervenir à tout moment, leur différence de technique, de force, son arsenal qu'il avait abandonné trop loin, maintenant, les kunais, les shurikens, les câbles... l'attitude du blond avec Kabuto dans la journée et la manière dont il lui paraissait réellement craquer ces derniers temps. Sans qu'il n'y prête attention, son sharingan s'enclencha et Naruto frissonna sous la vision de ces pupilles magnifiques, fascinantes... dangereuses... et ne réagit pas tout de suite en se rendant compte que Sasuke venait de composer des signes de mains. Brusquement, le blond se sentit dressé sur ses genoux par une main le tirant par le bras et gémit de surprise en se retournant. Un clone à la peau pâle et au regard rouge parcouru de petites virgules plongea alors sur lui pour l'embrasser avec toute l'envie de l'instant.

Enflure...

Délicieuse enflure.

Déjà qu'à la base il n'arrivait pas à lutter contre Sasuke alors là contre deux d'un coup... Ça lui faisait vraiment beaucoup. Petit à petit, il sentit ses résistances s'évanouir. Ses yeux rencontrèrent ceux de son clone un peu plus loin, immobile, hésitant, partageant son ressenti sur la situation… puis il lui fit un signe de tête, négatif, le renvoyant de cette manière poursuivre sa tâche.

Dans un soupir d'apaisement, le brun posa alors le front contre l'épaule du blond, ce corps chaud qu'il désirait tant, cette recherche d'oubli dans le plaisir qui lui avait semblé compromise. Les mains pâles frôlèrent son torse et le contournèrent pour agripper ses fesses d'un de ces gestes ardents et rudes qu'il avait toujours avec lui, tandis que Naruto sentit deux autres paumes prendre le chemin inverse depuis son dos en descendant le long de ses abdominaux.

Bon sang...

Ces deux corps, ces deux visages aux sharingans plongés sur lui et leurs souffles brûlants contre sa chair le rendaient fou... Il avait le droit de faire une entorse à sa dernière résolution de ne plus se laisser faire ? Oh oui, il avait le droit, bien sûr qu'il avait le droit ! Le contraire n'était même pas envisageable.

Les doigts pâles glissèrent encore plus bas sur son ventre et il se mordit les lèvres d'envie, gémissant faiblement lorsqu'ils s'enroulèrent autour son membre pour le caresser. Les mouvements de va-et-vient le rendirent pantelant et il geignit quand ils s'intensifièrent, ralentissant parfois pour le faire se tordre tandis que face à lui, Sasuke dévorait son cou en frissonnant.

Relevant alors le regard sur son amant, le brun se perdit dans les orbes aux pupilles fendues, félines, embuées de plaisir. Les marques des joues légèrement épaissies et les canines un peu allongées, il lui offrait l'image de la bête à conquérir et il se demanda à quel point Naruto était encore maître de lui. D'une voix douce, il murmura alors à son oreille à quel point il avait envie de lui et Naruto ouvrit des yeux humides sur deux orbes sombres animées d'une étrange lueur, troublante... Le brun pressa une seconde les dents sur sa lèvre dans une mimique d'hésitation, puis avança son visage pour étreindre la bouche de Naruto, lentement.

Ce dernier se sentit défaillir. Sasuke lui donnait trop rarement de ces baisers, doux, suaves et tendres à la fois. La langue aimée avait franchi la barrière de ses lèvres et tous deux se laissaient aller à ce contact et à ces mains sur eux, à ce plaisir irradiant dans leurs ventres. Leurs bouches avides s'emparaient l'une de l'autre, se goûtaient, se mordaient et se retiraient pour mieux revenir se prendre sous un autre angle. Après un dernier moment passé à suçoter la pulpe rebondie des lèvres de son amant, Sasuke se pencha sur son oreille et y glissa la langue. Le clone cessa alors de le caresser et se renversa en arrière en soulevant la cuisse de Naruto qui se retrouva le dos appuyé contre lui. Cherchant à s'agripper quelque part, il enroula ses bras autour de ma nuque pâle pour la serrer.

Son souffle devint irrégulier

Dans un soupir presque plaintif, le brun se colla contre sa peau. Il murmura :

« Laisse-moi te prendre. J'en ai tellement envie. »

Naruto flancha.

Les mains chaudes glissèrent lentement sur le torse du blond, caressant un peu son sexe avant de descendre appuyer légèrement sur ce point délicieux qui lui fit rejeter le visage en arrière, violemment. Sasuke y pressa un doigt, puis deux, en suivant délicatement le pourtour avant d'en emprunter doucement le passage. Une fois à l'intérieur, il posa sa joue sur l'épaule bronzée pour observer l'expression de Naruto... et la façon dont ses crocs vinrent mordiller ses lèvres quand il commença à se mouvoir en lui. D'un geste empressé, il retira alors sa main et échangea un signe de tête avec son clone. Puis, il attrapa la deuxième cuisse du blond pour déposer son genou sur son épaule.

Lentement, très lentement, ne quittant pas les pupilles fendues des yeux, il se glissa en lui, soupirant de le prendre enfin. Naruto se resserra contre son torse et geignit faiblement quand les mains du clone vinrent caresser encore son membre plus qu'échauffé. Le brun entama des mouvements chauds et longs, intenses, et le jeune homme pensa que, s'il n'avait pas été soutenu par cet être dans son dos, il se serait très certainement effondré.

Soudainement, il se sentit tomber en arrière dans un nuage de fumée et la main pâle qui se tendit vers lui ne le retint que de justesse. Tout en haletant sous l'envie pressante de se sentir à nouveau en lui, le brun le tira en s'allongeant sur le dos, lui susurrant avec un regard inhabituel, trouble :

« Tu voulais avoir le dessus. Viens... »

Le blond resta interdit.

Alors, Sasuke se positionna lui-même en dessous de ses hanches avant de les saisir pour le faire descendre, savourant le plaisir de retrouver ce corps si chaud, juste contre lui, puis de le pénétrer de sa chair.

« Naruto... Bouge. »

Sa voix n'était plus qu'un soupir lascif.

La proposition fut trop tentante pour que le jeune ninja hésite plus longtemps et il se laissa conquérir par cette pensée que lui aussi pouvait de cette façon devenir maître du jeu. Lentement, il commença à se déhancher, à faire glisser ce membre en lui, profondément, presque jusqu'à ressortir parfois, avant de l'accueillir à nouveau dans un geignement mêlé de lui et son amant. Les doigts chauds s'étaient agrippés à ses reins et il prit appui de ses mains sur le ventre ferme pour se relever et redescendre, et voir se tordre ce visage magnifique sous lui, envoûtant, ouvert... Sasuke pouvait être si beau dans l'extase. Les lèvres pleines l'attiraient et il les frôla de sa bouche, leurs deux souffles se mélangeant quand le brun souleva ses hanches pour se rengainer plus fortement en lui. Les mouvements de Naruto devinrent lourds, la brûlure vive de l'orgasme se frayant un chemin à l'intérieur de son ventre, et il ouvrit les yeux sur Sasuke qui s'en approchait de la même manière.

Dans la jouissance, ils se tordirent, secoués de spasmes violents et gémissant ensemble, grognant presque, avant de s'effondrer dans un dernier soupir. La nuit était si froide... Leurs deux respirations se répondaient en se calmant lentement.

Un vent glacial les balaya et Naruto fut pris d'un frisson. Il était allongé sur le corps chaud du brun, son cœur battant toujours d'un rythme bien trop rapide.

Et mince et mince, il avait encore craqué.

Le petit pois qui lui servait de cerveau ne voulait décidément pas intégrer le fait que s'abandonner à Sasuke était toujours une mauvaise idée. Il soupira et profita encore un peu, autant qu'il le pouvait, de cette peau contre la sienne et de ce dernier moment de communion... et ferma ensuite ses yeux d'amertume lorsqu'un coup de rein le fit rouler de côté. Qu'aurait-il pu espérer d'autre ?

Le brun se leva et il le devina se mettre en quête de ses habits éparpillés. Rouvrant ses yeux sur le ciel, Naruto évita consciencieusement de se tourner vers lui. Il n'avait ni envie de croiser son regard ni de voir ce visage qu'il savait déjà être forcément redevenu froid et dur. La « redescente » était décidément toujours aussi cruelle.

Un tas de vêtements tomba lourdement sur sa poitrine.

« Tu peux aller te coucher, je prends la suite. »

Il resta encore un peu immobile en observant le nuage de vapeur que faisait son souffle dans l'air glacial de la nuit... et essaya de réprimer le tremblement nerveux qui semblait vouloir prendre possession de sa main.

« Casse-toi. »

Naruto eut un sourire de dépit : le retour du mode « connard » ne s'était pas fait attendre.

Puis, il partit en emportant ses habits.


Dans un bond, une tête rose se jeta sous ses couvertures, les remontant précipitamment sur ses cheveux avec une grimace de profond mécontentement.

Sasuke était vraiment le roi des salauds.

La jeune femme se mordilla nerveusement le bout du doigt puis ne put s'empêcher de pouffer : elle avait quand-même été plus que surprise de la petite scène qu'elle venait de voir. La tête que ferait Ino si elle savait… Il allait falloir qu'elle négocie très sérieusement avec Naruto le droit de lui en parler parce que là, non, elle ne pouvait pas garder le secret, ce n'était pas possible. Quant à l'autre fumier, elle se passerait de son avis, hein ? Et encore : il mériterait qu'elle demande à Tsunade la permission de le castrer après la mission, en guise de représailles, tiens.

Naruto avait eu l'air de tellement aimer ça... et l'expression qu'avait eue le brun, ce mélange de tendresse-violence entre eux, elle ne savait vraiment pas quoi en penser, en fait. Ils l'avaient toujours exclue de leurs histoires, alors... même si elle comprenait mieux pourquoi, maintenant, tout comme la raison pour laquelle Sasuke passait presque systématiquement chez son ami entre deux missions, d'ailleurs. Elle, il venait bien une fois tous les trente-six du mois la voir à l'hôpital et boire une tasse de thé à ses côtés, ce qui était déjà une attention plus qu'énorme de sa part, il fallait le reconnaître. Il ne parlait jamais mais bon : il n'allait pas lui expliquer le détail de ses missions ou ses parties de jambes en l'air avec son boulet préféré, du coup !

Imbécile de Naruto qui ne lui en avait jamais causé.

Il fallait toujours qu'il garde tout pour lui. Quant à ces affrontements stupides qui avaient cessé entre eux en même temps que la décision soudaine de Sasuke de se comporter en ninja modèle et de reprendre les missions, il lui avait semblé évident, à l'époque, qu'il l'avait fait pour s'éloigner d'eux mais, finalement, peut-être était-ce seulement de Naruto...

« Bon, se dit-elle, je fais quoi ? Je leur pourris leur pseudo couple ou je les laisse s'en occuper tout seuls ? »

Puis, elle redescendit sa couverture sur ses épaules en soupirant.

« Saleté de mission. »

Tout à coup, une ombre pénétra dans la pièce en empruntant la fenêtre et elle ferma vivement les yeux. Naruto se pointait en caleçon, tranquille, et elle se retint de sourire en se disant qu'il était bien dommage qu'elle ne puisse pas en profiter un peu. 'Allez, on se calme et on fait comme si on était profondément endormie, mademoiselle.' Le blond se déplaça dans la pièce, traîna un peu vers le point d'eau puis s'arrêta devant elle. Semblant s'être accroupi juste au niveau de son visage, il resta ainsi un moment. Puis, un doigt frôla son front pour y repousser une mèche et elle sentit deux lèvres chaudes s'y poser tendrement.

« Dors bien, Sakura », murmura-t-il.

Et il alla se coucher.

Ouais, en plus de la recherche de Sai, du fameux rouleau et la super mission trop sympa de rang S qu'on lui avait confiée, Sakura se dit qu'il allait falloir s'occuper très sérieusement de Sasuke… et que, s'il ne trouvait pas moyen de se faire pardonner d'une manière ou d'une autre, elle s'en chargerait elle-même. Ses yeux se plissèrent dans un regard mauvais puis elle ferma enfin les paupières, gagnée par la fatigue de la journée.


À une certaine distance des jeunes ninjas, bien loin de toutes ces considérations, une toute autre affaire était en train de se jouer.

Plusieurs personnes étaient réunies dans une grande salle obscure, éclairée seulement de quelques bougies. Des caisses étaient renversées dans un bazar qui dépassait l'entendement et tout un fatras d'objets cassés jonchait le sol au milieu de larges traces noires le sillonnant. Quelqu'un faisait les cent pas au milieu de l'immense foutoir, débordant de colère.

« Je vais en faire du sashimi, moi, de ce type ! C'est en lamelles que je vais le découper, en petites tranchettes toutes blanches que je donnerai à manger aux poissons !

Se penchant sur un tas d'affaires hétéroclites semblant avoir été traversées par une des marques sombres, une silhouette encapuchonnée en ramassa quelques morceaux, les détaillant avant de les rejeter dans un coin.

— Calme-toi…

— Mais avant, je lui ferai bouffer ses pinceaux, un à un, tous ! Et sa saloperie de rouleau avec.

— Allez...

— C'est au fond de la rivière, qu'il va finir, coupé en petits morceaux façon sushi !

De l'autre bout de la pièce, une voix agacée s'éleva.

— Tu nous saoules. Arrête un peu de te plaindre et mets-toi plutôt au travail.

— Mais… Il leva ses mains en signe de désespoir. De quel travail tu parles ? Qu'est-ce que vous espérez ? Il n'y a plus rien à sauver, enfin ! On est finis, je vous dis, il faut se rendre à l'évidence. Finis...

Le nukenin tomba alors lourdement dans son fauteuil, soufflant fortement la tête dans ses mains.

— Un dingue, je ne vois que ça, et ce sourire tout content qu'il avait...

Un frisson s'empara de lui et il releva des yeux dans lesquels on pouvait lire l'incompréhension et l'effarement.

— Un fou. »


À suivre.

Prochain chapitre : Rencontre avec Kappa.