Réponses aux reviews :
Lys : N'étant pas très douée pour les descriptions concernant le décor, j'ai quand même essayé de donner un aperçu de ce que ressens Jesse par rapport au vaisseau... Ce n'est pas vraiment une description, mais bon...Et j'aimerais bien savoir ce qu'est Banal Fantasy, c'est assez intriguant... ^^
Sehaltiel : Non, ce n'est pas une impression. Elle est vraiment fatiguée. ^^
Un peu d'action dans ce chapitre. Mais je dois avouer que ce n'est pas encore le meilleure, selon ma première lectrice, qui se trouve à être celle avec qui j'avais écrit le scénario original... xD Bon, allez, je vous laisse à votre lecture ! Enjoy !
- Chapitre 5 -
Approche
Solitude et ennui. Les jours qui suivirent furent assez mornes. Jesse les passa enfermée dans sa chambre, au milieu des morceaux de métal, des outils chauffants et des fils de cuivres, deux ou trois batteries traînant sur une table basse, dans un coin. Déjà, plusieurs prototypes d'explosifs, chacun variant sur la puissance de déflagration, s'alignaient sur la même table, attendant de recevoir une batterie pour les moniteurs électroniques.
Un rayon lumineux brisa la concentration de la jeune femme, penchée sur des fils qu'elle soudait sur l'appareil. Hébétée, elle ferma son outil chauffant et jeta un regard par le hublot. Étrangement, le ciel semblait calme. Décidant de sortir de sa chambre un peu, elle s'étira longuement et se leva. Jesse monta sur le pont extérieur, savourant la brise légère qui soufflait. Malgré l'altitude, la température n'était pas trop froide, signe qu'ils s'approchaient des villes du Sud. Jesse risqua un œil vers le sol, des dizaines de mètres plus bas. Elle contempla un moment les contours d'un village coloré. Probablement celui de Costa Del Sol. Voilà pourquoi elle voyait le soleil briller autant et la température si chaude, tout à coup. Un léger sourire se dessina sur son visage. C'était le genre de température qu'elle aimait bien.
Jesse s'accouda au bastingage et laisser son regard dériver dans l'immensité bleue du ciel qui l'environnait. Elle se sentait bien, apaisée. Tranquille. Chose qui ne lui arrivait jamais. Elle laissa le vent jouer avec ses cheveux, un sourire aux lèvres. Sourire qui disparut lorsqu'un tintement clair résonna dans les escaliers menant au pont extérieur…
La jeune femme se redressa et observa la porte ouverte. Elle y aperçut ce type étrange, Vincent, qui montait, le visage sombre. Il ne semblait pas avoir remarqué sa présence, ou du moins, ne semblait pas s'en soucier. Jesse attendit qu'il ait passé le seuil pour s'y diriger. Cet homme la mettait mal-à-l'aise, autant par son regard sanglant que par sa taille assez imposante malgré sa minceur. Vincent lui jeta un coup d'œil, sans vie, avant de continuer son chemin jusqu'à l'endroit où se tenait un moment plus tôt Jesse, qui descendait maintenant les escaliers pour retourner à sa chambre.
Si Vincent avait compris le manège de la jeune femme, il n'en laissa rien paraître. Il comprenait ce besoin de le fuir. Son apparence ne lui était pas inconnue, il savait qu'il était franchement effrayant depuis ces expériences horribles qu'Hojo avait pratiquées sur lui, sur son corps après son décès… Vincent suivit des yeux un oiseau qui passait trop proche du vaisseau. Ouais, il était foutrement effrayant, songea-t-il amèrement en voyant le piaf s'envoler à tire-d'aile en le voyant. Si un stupide oiseau ne l'approchait pas, qu'en serait-il d'une femme aussi belle que Jesse ? Un sourire ironique s'esquissa sur le visage de Vincent. Et malgré ces différences, malgré le fait qu'il se sentait comme une bête hideuse devant une déesse, elle l'attirait. Peut-être devrait-il la forcer à le regarder, lui, un monstre ? Son sourire disparut. Il n'était pas si cruel pour infliger ceci à Jesse. Et pourtant…
Au soir, Jesse consentit enfin à sortir de sa chambre pour aller prendre un repas dans la cafétéria du vaisseau. D'un pas rapide, elle s'y dirigea, se fiant à son instinct pour trouver la bonne salle. Si le vaisseau était plutôt grand, les couloirs se ressemblant tous, d'un même gris métallique morne, et que les portes semblaient toutes mener à des pièces semblables, la cafétéria ne fit pas exception. Heureusement, Jesse vit juste, et tomba précisément sur celle-ci. Elle était peu occupée. Il y avait Barret, dans un coin, qui jouait du tournevis sur son bras métallique. Dans l'autre coin, il y avait Nanaki et Cait Sith – sans sa peluche – qui discutaient. Jesse s'approcha du bar à nourriture, se servit une assiette de quelques légumes et d'une soupe et alla s'installer à une table pour manger son repas.
Elle n'adressa pas la parole à personne. Elle mangea en silence, les yeux rivés sur un point imaginaire dans sa soupe. C'est ainsi que Cloud la trouva, fixa son bol, l'air concentrée. Il s'assit à côté d'elle en l'observant.
- Elle est bonne, la soupe ?
Elle ne bougea pas.
- Oh, la terre appelle la lune ! fit Cloud.
Jesse émergea enfin de sa fixation.
- Hein ? marmonna-t-elle, hébétée.
- Je disais : elle est bonne, la soupe ?
La jeune femme fronça les sourcils d'incompréhension. Cloud, toujours en souriant, désigna son bol qu'elle fixait quelques minutes auparavant.
- Tu fixais ton bol. Elle est bonne, au moins ?
Comprenant enfin ce que son chef lui disait, Jesse rougit. Elle mit le nez dans sa soupe pour cacher son embarras.
- Oui, oui… Elle est bonne, la soupe… grogna-t-elle, avant d'en prendre une nouvelle cuillère.
Cloud éclata de rire.
- Où étais-tu passée, ces derniers jours ? lui demanda-t-il.
La jeune femme haussa les épaules.
- Travaillais… déclara-t-elle laconiquement.
- De nouveaux explosifs ?
Jesse lui jeta un regard.
- En voilà une question… Non, j'apprenais une danse classique. J'ai l'air de travailler sur quoi, selon toi, Strife ?
Cloud inclina la tête.
- Évidemment. Tu viendras me présenter ces échantillons, plus tard. Je suis intéressé par tes nouveaux modèles.
Il se leva. Alors qu'il allait franchir la porte, Cloud se retourna, un grand sourire moqueur sur ses traits.
- Ce serait marrant de te voir danser la danse classique… Je suis sûr que ça plairait bien à Tifa…
Pour toute réponse, une cuillère vola contre le mur, près de la porte, suivit de près par le bol de soupe.
Plus tard ce soir-là, Jesse se présenta à la chambre de Cloud, un sac en tissu sur son épaule. Elle frappa sèchement. La jeune femme entendit des bruits de pas, puis la porte s'ouvrit sur son supérieur.
- Ah Jesse. Entre.
Il s'écarta pour la laisser passer. Jesse fit quelques pas dans la pièce, transformée en bureau, et alla déposer le sac sur le meuble de métal, dans le coin.
- Voilà tes explosifs.
Elle s'adossa contre le mur, tandis que Cloud plongeait une main dans le sac pour en retirer une bombe.
- Elle est complète ?
Jesse secoua négativement la tête.
- Les batteries sont au fond du sac. Je ne peux pas me permettre de me balader avec des explosifs qui pourraient s'activer à la moindre anicroche.
Cloud acquiesça. Il détailla rapidement l'assemblage sophistiqué, notant au passage l'écran tactile, l'afficheur numérique.
- Quelle force ?
Jesse sourit.
- Assez puissante pour détruire un bâtiment en moins de temps pour dire son nom. Près de huit mille mètre par seconde, pour la vitesse de déflagration.
- Impressionnant. Il y a quoi dedans ?
- Nitroglycérine, essence, un peu de poudre blanche… et essentiellement du gaz comme de l'hydrogène.
Cloud acquiesça.
- Encore content que tu ne fasses pas sauter le vaisseau avec tes mélanges dangereux…
Jesse haussa les épaules.
- Je prends toutes les précautions nécessaires.
Cloud sourit.
- J'espère. Tu peux t'en aller.
La jeune femme inclina la tête, et quitta la salle. Tranquillement, elle se dirigea vers sa chambre. Au tournant du couloir, elle pila net.
- Bonjour.
Jesse écarquilla les yeux de surprise. Vincent était adossé contre la porte de sa chambre, ses yeux rouges la fixaient désagréablement. Sa voix basse et rauque fit couler un frisson sur son échine. La jeune femme ne répondit pas, trop mal à l'aise pour le faire. Vraiment, ce type lui faisait froid dans le dos, sans qu'elle ne sache la raison de ce fait, elle le sentait, c'est tout.
- Je crois qu'on ne s'est pas vraiment présenté…
- Inutile… articula Jesse, la bouche sèche. Je sais qui tu es, et tu sais qui je suis. Pas besoin de plus.
Elle voulait seulement qu'il s'enlève de la porte, pour qu'elle puisse fuir l'intensité de ce regard sanglant posé sur elle.
- Je suppose, fit Vincent. Mais pourrais-je connaître la raison pour laquelle tu m'évites ?
Il s'était rapproché, rapidement, gracieusement. Lorsqu'elle s'en rendit compte, l'homme était au-dessus d'elle, et bloquait toute retraite. Jesse laissa échapper un hoquet. Elle se rendit compte d'au moins une chose. En fait deux. La première était que Vincent, il était vraiment très grand. Elle se sentait minuscule, pressée contre le mur ainsi. La deuxième était que son regard rouge lui foutait une trouille terrible, mais qu'elle était incapable de détacher ses yeux de ces prunelles rouges. Elle semblait hypnotisée par elles.
- Alors pourquoi tu m'évites ?
Jesse déglutit, et se tassa un peu plus contre le mur, comme si elle essayait de se fondre avec lui.
- Je…
Elle réussit à briser le lien visuel, et tourna la tête sur le côté.
- Tu me rends mal à l'aise… chuchota Jesse, un peu tremblante.
Vincent se pencha un peu plus vers elle. La jeune femme pouvait sentir son souffle sur sa joue, maintenant. Il leva une main et Jesse cria de stupeur lorsqu'elle sentit quelque chose de froid, de dur, de métallique effleurer sa peau. En voulant s'écarter trop brusquement, la griffe érafla sa joue. Jesse posa aussitôt une main dessus sous la brûlure de la blessure. Elle la retira un peu tachée de sang. Immédiatement après ce constat, Vincent s'écarta et s'enfuit dans l'obscurité du vaisseau, laissant une Jesse tremblante, une main posée sur sa joue où gouttaient quelques gouttes de sang, totalement perdue.
C'est presque comme une marque d'amour. Mignon, n'est-ce pas ?
Reviews ? ^^
