Bonne lecture.


Chapitre XXIV : Mauvais pressentiment

Point de vue de Bella :

Depuis notre rupture je n'avais pas eu de nouvelle d'Edward ni d'aucun membre de la famille Cullen. Il semblait donner une confiance aveugle à Alison et je ne faisais pas partie du même avis qu'eux. Donc évidement ça créait des tensions.

Le choix que j'avais fait de vivre dans la maison de mes parents n'avait absolument pas changé, je ne voulais pas que Tina côtoie plus de vampire que nécessaire.

Ma décision ne concernait que moi, c'était mon avis personnel, chacun est libre de ses choix et si par hasard j'avais fait le choix de rester vivre avec eux ce n'aurait été que par pure égoïsme où simplement par peur de laisser Edward en sa compagnie.

Aujourd'hui ce choix ne me regardait plus mais j'espérais sincèrement qu'il viendrait s'installer avec moi.

Je redoutais sa réaction plus que toutes les autres.

Tina était assise sur le rebord de son lit et fixait l'horizon à travers la vitre de l'hôpital.

Délicatement je posais ma main sur son épaule et me penchais pour l'embrasser.

- Il est temps pour toi de rentrer à la maison, dis-je.

Sans même me sourire elle descendit de son lit posa ses pieds nus sur le sol froid et enfila ses chaussures.

La mémoire de l'accident lui revenait peu à peu et elle espérait secrètement se souvenir de tous les détails.

Le regard fixe elle marchait dans les couloirs comme une somnambule.

- Que se passe-t-il ? Tu n'as pas l'air contente de sortir ?

- Ils me manquent, me dit-elle tristement.

Je ne sus quoi répondre à ses paroles alors je lui ouvris mes bras. Elle vint se réfugier délicatement contre mon épaule et je l'enlaça de toute part.

- Tu es tellement froide !

Je desserrais mes bras et nous continuâmes de marcher.

- Pourquoi es-tu comme ça ? dit Tina.

- Pourquoi je suis comment ?

- Différente, rétorqua-t-elle.

- Et d'après toi être différente n'est pas une bonne chose ? questionnai-je.

- Ça dépend. Qu'est-ce que tu es devenue ?

- Tu ne devrais pas te préoccuper de ça, un jour tu le sauras.

Sans un mot de plus nous rejoignîmes la maison des Cullen et tout le monde accueillit Tina à bras ouvert.

Je vis Alison s'approchait d'elle, et je lui barrais le chemin.

- Bella qu'est-ce que tu fais ? me questionna Edward.

- Hors de question qu'elle fasse un pas de plus !

- Mais voyons Bella ne sois pas stupide, elle veux juste lui souhaiter la bienvenue.

- Elle n'a cas le faire de loin, un pas de plus dans sa direction et je te promets qu'elle est finie.

- Ta réaction est puérile, me dit-il.

Un grognement guttural sortit de ma bouche et elle recula. Mes pupilles s'étaient dilatées sous la colère et mes mains commençaient à trembler, signe que ma patience avait atteint ses limites. En me retournant je vis Tina qui s'était réfugiée dans les bras d'Esmée et de Rosalie et ma colère retomba aussitôt. Je lui avais fait peur, un sentiment de culpabilité m'assaillit et j'alla la rejoindre.

- Il faudra que tu apprennes à cohabiter avec Alison, me dit Edward. Elle fait partie de la famille et vous vivez toutes les deux dans la même maison. Elle essaye de faire des efforts alors fais en autant.

- Sûrement pas, lâchai-je amère. Ce n'est pas parce que tu joues l'aveugle que je vais faire pareil, je n'ai pas la moindre envie de sympathiser avec elle.

- Pourtant tant que tu vivras avec elle, tu devras essayer.

- Justement à propos de ça j'ai pris une décision. Dès demain je vais habiter dans la maison de mes parents veux-tu venir avec nous ?

Tous les regards se tournèrent vers moi. Ils passaient d'Edward et moi, ils attendaient une riposte.

- Pourquoi attends-tu demain pour y aller ! T'as pris ta décision sans même me consulter alors je ne vois pas ce que ma présence t'apportera.

Une seconde après il n'était plus là, la porte d'entrée était grande ouverte et Tina ouvrait des yeux ronds comme des billes. Alison, Emmett, Rosalie, Alice, Jasper et Carlisle disparurent à leur tour, je me retrouvais avec Esmée et Tina.

- Pourquoi songes-tu à nous quitter ? me questionna Esmée gentiment.

- Ce n'est pas contre vous, je ne veux pas que Tina soit dans la même maison qu'Alison, je suis sûre qu'elle nous cache une information capitale.

- Tout le monde à ses petits secrets Bella, chacun de nous doit avoir un jardin secret.

- Sauf que dans son cas ce n'est pas un simple jardin secret qu'elle évite de nous révéler c'est bien plus que ça. C'est au delà de ma portée mais croyez-moi je finirais par le découvrir. La vérité éclate toujours au grand jour.

Je pris Tina dans mes bras et partis.

L'herbe devant la maison avait poussée d'au moins vingt centimètres et tous les parterres de fleurs étaient morts, sur la pelouse les feuilles des arbres se mélangeaient avec les herbes sauvages qui avaient petit à petit pris place sur la devanture. Le perron était rempli de terre et le vent faisait virevolter les feuilles qui s'y trouvaient.

Durant le cour trajet Tina avait sombré dans un profond sommeil, elle n'avait pas songé une seule seconde aux phénomènes étranges qui s'étaient déroulés sous ses yeux.

Néanmoins je doute qu'elle évite le sujet très longtemps. Délicatement je la déposais sur son ancien lit et refermais la porte derrière moi.

La maison sentait le renfermé et une épaisse couche de poussière recouvrait les meubles, j'avais besoin de me changer les idées et je commençais sans plus tardé le ménage. Pièce par pièce je faisais les poussières, les carreaux, l'aspirateur et passais la serpillère. Sans me rendre compte j'abattis les tâches une à une, je ne ressentais aucune fatigue.

Une sonnerie retentit et je décrocha le téléphone.

- C'est moi, me dit une voie familière. Comment va Tina ? Je peux passer la voir ?

- Bien sûr que tu peux mais pour le moment elle dort Jake.

- Ah ! Et je peux quand même venir pour te voir Toi ?

- Tu le sais cette maison et comme la tienne et tu n'as pas besoin de ma permission pour venir, tu es le bienvenu, dis-je.

- D'accord alors j'arrive !

- À de suite.

Je reposais le combiné sur son socle et jetais un cop d'œil furtif à l'horloge. Seulement 1h30 s'était écoulée depuis mon arrivée et j'avais déjà abattu toutes les tâches.

Prise dans mes réflexions je ne m'étais pas rendu compte que je faisais ça à vitesse vampirique.

Une mauvaise habitude qui faudrait que je surveille dorénavant.

La porte d'entrée s'ouvrit et j'aperçus Jacob chargé de paquets.

- C'est quoi tout ça ? demandai-je intriguée.

- De la nourriture. Je ne savais pas si tu y avait pensé alors j'ai préféré jouer la carte de la prudence, me dit-il tout sourire.

- En effet tu as eu raison tu ferais un bien meilleure grand frère que moi une sœur.

- Le supermarché ne vendait pas de biche ou de puma désolé, me dit-il taquin.

- Ce n'est pas bien grave je me nourris peu.

Il eut l'air étonné et me demanda des explications.

- Je ne suis pas tout à fait comme eux. Je peux ne pas me nourrir pendant 2 à 3 semaines et je mange encore certaine chose comme les humains.

- Comment ça se fait ?

- Carlisle n'en sait rien et moi non plus.

- Tu as d'autre différences avec eux ? demanda Jacob.

- Quelques unes. Mes yeux ne sont pas couleur or comme les leurs mais plutôt argent, ensuite mon cœur bat encore, une pulsation par minute certes c'est peu mais bon c'est déjà bien et enfin le sang humain ne m'attire absolument pas.

- Ravi de te l'entendre dire, rigola-t-il. Mais il y a une autre différence.

- Ah bon ? fis-je étonnée. Laquelle ?

- Tu ne pues pas autant qu'eux, je dirais même que tu sens exactement pareil qu'avant.

- Ravie de te l'entendre dire, ça m'ennuierait beaucoup de sentir mauvais, rigolai-je.

Installés sur les marches nous parlions de tout et de rien. Il avait été étonné de réussir à me joindre sur cette ligne et je lui expliquais rapidement la raison de ma présence ici.

Etrangement il était du même avis que moi, il n'avait pas confiance en Alison et me promît de garder un œil sur elle.

Une fois Jacob partit je rentrais m'allonger sur le canapé, aussitôt mon esprit songea à Edward.

Si on n'avait pas eu cette stupide dispute il serait à mes côtés.

Je songeais à notre première fois, à son regard, à ses bras musclés qui m'enlaçaient chaque soir, à ses lèvres sur les miennes, à sa peau si douce, et me remémorant tout ça un flot de culpabilité m'assaillit. Je pris mon portable et composais son numéro.

Un déclic retentit et je l'identifiais comme le bon moment. La seconde d'après je débitais mon discours.

- Je suis vraiment désolée Edward, je n'ai pas voulu que les choses dégénèrent dans ce sens, j'étais trop obnubilée par Alison et du coup je n'ai pas songé à te demander ton avis.

Je pensais que tu accepterais le changement que tu serais ravi de venir vivre dans MA maison avec nous deux. Pardonne-moi, tu manques, dis-je doucement pour détacher chaque mot.

Un rire enfantin se fit entendre à l'autre bout et je sus que ce n'était ni Alice, ni Esmée, ni Rosalie.

Alison rigolait à gorge déployée et mon sang ne fit qu'un tour. Une rage silencieuse monta en moi et je balançais mon portable contre le mur.


Alors ?