- Malefoy ! Espèce de …, s'arrêtant, ne trouvant pas les mots.

- Espèce de quoi, Granger ? la taquina –t- il.

- J'arrive pas à le croire ! T'as fait ça pour que j'perde le pari ! gronda –t- elle furieuse.

- Perspicace Grangie, fit il en lui lançant un clin d'œil.

Elle croisa les bras, signe de mécontentement. Il s'approcha d'elle, un sourire de prédateur accroché aux lèvres. Il se pencha et lui murmura à l'oreille :

- Dommage que tu sois si intelligente ma p'tite Grangie … Tu aurais été comme les autres, tu serais tombé dans mes bras dès le début et y'aurait jamais eu de pari…

Elle le repoussa délicatement, mais laissa tout de même sa main sur le torse nu de son pire ennemi.

- Ose dire que cela ne t'amuses pas, souffla–t-elle, un faible sourire aux lèvres.

- Je pourrais le dire, mais je mentirais, déclara –t-il atone.

- Et depuis quand n'aimes-tu plus mentir, Ô toi odieux et manipulateur Serpentard ? demanda –t- elle en rigolant.

- Depuis que ma proie est si appétissante, lança –t-il d'un ton naturel.

Il regarda sa dite-proie d'un air carnassier, tout en guettant la moindre réaction. Cette dernière ne se fit pas attendre : en effet, Hermione s'empourpra à la vitesse de l'éclair et enleva sa main du torse musclé de son prédateur. Drago eut alors un sourire jusqu'aux oreilles, déposa un léger baiser sur la joue de son acolyte et rentra dans sa chambre, comme si de rien était.

Elle resta muette un instant. Tout c'était passé si vite ! Après quelques minutes, elle entra dans la salle de bain et se lava mais ne pu s'empêcher de penser au jeune homme qu'elle considérait il y a pas si longtemps comme son meilleur ennemi, et qu'elle avait embrassé deux fois aujourd'hui. Enfin, il l'avait embrassé, mais le résultat était le même : leurs lèvres s'étaient rencontrées.

Elle ressortit de la salle de bain vêtue d'une petite nuisette rose qu'elle venait de retrouver dans sa valise. En sortant, elle se rendit dans le salon et vit Drago, allongé négligemment sur un des canapés, en train de lire un livre. Quand elle arriva, il leva le nez de sa lecture et lui lança un sourire gratifiant. Hermione le rejoignit alors sur le canapé, reprenant alors la position qu'ils avaient adopté naturellement quelques heures plus tôt.

- Que lis-tu ? demanda Hermione, une fois installée.

- Un livre, répondit-il en rigolant. Aventures secrètes, c'est un roman que j'viens de trouver.

- Ah ! Je l'ai déjà lu ! Il m'avait beaucoup plus. Ou es-tu arrivé ? fit-elle intéressée.

- Quels livres n'as-tu pas lu Granger ? demanda –t-il en rigolant.

Il ferma son livre, comprenant qu'il ne pourrait plus lire – ou peut être ne le voulait-il plus ?- et regarda son interlocutrice.

- Te rends-tu compte qu'on est tellement bornés qu'aucun de nous deux ne perdra le pari ?

- Ca c'est ce que tu crois Granger… fit-il avec un sourire.

- Arêtes de croire que j'vais perdre, j'serais obligée de te sauter dessus, fit-elle en rigolant.

- C'est pas moi que ça gênerait, fit-il. Mais tu ne le feras pas, ton courage te f…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'Hermione se plaça juste au dessus de lui, plaçant ses lèvres à quelques centimètres des siennes.

- Tu disais ? la nargua-t-elle.

- Que tu méritais ta place à Griffondor, avoua-t-il. Mais que tu as aussi des caractéristiques de Poufsouffle… Ta stupidité par exemple, ajouta-t-il en souriant.

- Stupidité ? demanda-t-elle incrédule.

- Stupidité, oui. Tu te trouves juste au dessus de moi, tu me nargues et tu crois gagner, mais en fait il est tout autre, dit-il en souriant.

- Prouve-le moi.

Il la regarda alors avec un sourire qui montrait à quel point il était fier de gagner. Il mit ses mains sur ses hanches et approcha ses lèvres de celle de la préfète. Il s'arrêta à quelques millimètres de celle-ci et la fit languir. Elle sentait le souffle le chaud qui émanait de la bouche du Serpentard sur ses lèvres et désespérait de ne pas sentir leurs lèvres entrer en contact. Il sourit alors en voyant l'effet produit, tout à fait ce qu'il cherchait à faire. Quand il décida qu'elle eut assez souffert – et surtout, quand il en eut marre d'attendre, il s'empara des lèvres de la jeune fille, lui arrachant au passage un râle de plaisir. Ils s'embrassèrent à n'en plus avoir de souffle, joignant leurs langues, mordant les lèvres de l'autre avec passion.

Après un long moment, qui leur parut court, ils se séparèrent en éloignant leur visage, le souffle coupé. Leurs joues devinrent rouges, et ils se regardèrent dans les yeux. Bien qu'ils furent embarrassés, ils éclatèrent de rire en voyant la situation dans laquelle ils venaient de se mettre.

- Je… Je crois que je vais y aller, fit Hermione en se levant, encore chamboulée de ce qui venait d'arriver.

- Hermione, fit-il en saisissant la main de la jeune fille qui prenait la fuite. Je… Tu ne dors pas avec moi ce soir ? demanda –t-il, un peu gêné mais un sourire moqueur aux lèvres.

- Je… Je ne sais pas, avoua-t-elle. Tu es conscient que si j'accepte, tu perds le pari ?

Drago opina alors de la tête, et un sourire s'afficha sur leurs visages.

- J'accepte, mais c'est seulement pour gagner le pari, se justifia-t-elle.

- Ca m'va, fit le jeune homme en se levant.

Il s'approcha de son homologue, et il la souleva à la grande surprise de celle-ci, et ce sans aucun mal, et la plaça sur son épaule droite. Elle s'amusa à taper du poing contre le dos de son ex-meilleur ennemi alors que celui ici la déposa sur son lit, toujours orné de somptueux draps verts rappelant la couleur des Serpentards. Après l'avoir déposé, il s'allongea à ses côtés.

- J'arrive pas à croire que j'ai gagné, déclara Hermione avant de rire aux éclats.

- Et oui, tu as la grande chance de passer une nuit avec le grand, l'immense, que dis-je le sublimissime Drago Malefoy, prince des Serpentards, fit le jeune homme en regardant la fille à ses côtés.

- T'as oublié modeste dans ta liste, fit en plongeant ses yeux dans ceux de son homologue.

- Ah oui, c'est vrai, rigola-t-il.

Drago se glissa sous les couvertures et la jeune fille en fit de même. Ils restèrent alors allongés l'un à côté de l'autre, gardant une distance entre leurs corps. Un long silence prit alors place.

- Qu'est-ce qu'on est en train de faire ? murmura Hermione, plus pour elle-même.

- Je n'sais pas Hermione, je n'sais pas, répondit le jeune homme, chose qui fit sursauter l'adolescente.

Ils se regardèrent, et au même moment esquissèrent un sourire.

- Bonne nuit Granger.

- Bonne nuit Malefoy, répondit-elle avec un beau sourire.