Titre: tombés du ciel
Auteur: Monshi-suru
Note: Oh là là! oh le retard ! je suis désolée mais j'ai beaucoup de travail et un autre passe-temps ;) je vais essayé de publier plus vite, mais je tiens à prévenir que toutes mes fics risquent d'être mises en mode 'pause' ... Gomenasai !
d'ici là bonne lecture à tous! :D et pardonnez moi encore mon retard ! :$
Chapitre 3:
« Où tu vas?
-Il faut que j'aille parler à Ely, tu sais mon amie. Il faut que je lui raconte tout ce qui m'est arrivé.
-Tu es heureuse?
-Tu n'imagines même pas. »
Suru embrassa Renji qui ne la lâcha qu'après un long moment. Elle lui sourit et sortit du futon en simple yukata. Elle passa le shoji de la salle de bain et Abarai put entendre l'eau couler. Son sourire tendre se tordit en un rictus carnassier. Il se leva et suivit son amie. Elle n'entendit pas la porte s'ouvrir et se refermer, mais elle sentit un courant d'air froid quand Renji ouvrit le paravent de la douche. Ses yeux s'agrandirent sous la stupeur quand il rentra et le referma derrière lui. Il la prit dans ses bras et lui massa doucement le dos. Elle n'avait pas bougé, de la mousse dans les cheveux.
« Tu es magnifique.
-N...non...
-Quoi?
-Sors, s'il te plaît. »
Son ton était tellement suppliant qu'il lui sourit une dernière fois et sortit. Elle n'était pas prête pour ça. Lui avait plus de deux cents ans, elle devait en avoir vingt. L'idée de faire à manger lui vint d'un coup, il trouverait ce qu'il faut dans le frigo. Malgré sa réputation de fêtard il avait appris à cuisiner, c'est Rukia qui lui avait révéler les secrets de la cuisson parfaite, qui lui avait dicté les ingrédients pour qu'il ne se trompe jamais. Au souvenir de son amie son visage se peignit de tristesse. Lorsqu'il était loin de Suru son cœur n'était plus sur de rien, il avait l'impression de vivre un rêve qui malheureusement aurait une fin un jour ou l'autre. Il coupa les copeaux de chocolat, les mit sur la pâte à gâteau, enfourna. Il avait à peine fini que deux bras fins entourèrent sa taille et qu'une tête se posa sur son dos.
« À quoi tu penses?
-Je suis désolé pour tout à l'heure...
-C'est moi. Laisse-moi du temps.
-Je t'aime »
Sous cette déclaration elle se plaça en face de lui et lui sourit. Ses doigts retracèrent les tatouages visibles puis s'engouffrèrent sous le kimono de Renji. Celui-ci voulu attraper ses lèvres mais il fut stoppé en chemin. Un sourire narquois ornait les lèvres de la jeune femme tandis qu'elle reculait. La serviette qui ornait ses cheveux tomba, bientôt suivie par celle qui reposait avant sur son corps. Elle était nue derrière un paravent et regardait le shinigami, amusée. Elle s'habilla en vitesse sans cesser d'épier les réactions du roux. Quand elle sortit de sa cachette elle portait une robe bleue légère ainsi que des sandales blanches; une tenue simple qui découpait sa taille et agrandissait ses jambes pâles. Abarai saisit Suru entre ses bras et lui murmura:
« Être si belle devient un crime!
-Je dois aller voir Ely, je reviendrai vite.
-Attends, ne pars pas avant de m'avoir embrassé. »
Il posa ses lèvres sur celles douces de la jeune femme. Celle-ci glissa ses mains sur le torse du shinigami et caressa ces tatouages qui la fascinaient.
« Tu me diras ce qu'ils signifient?
-Cours la voir.
-Tu es terrible. »
Suru attrapa son sac et monta dans sa voiture. Un petit signe à Renji et elle démarra. Environ dix minutes plus tard elle se gara devant chez Elerynna: elle habitait un petit hameau en dehors de la ville, une jolie maison beige avec deux chiens. Les animaux étaient tranquillement en train de dormir: inhabituel. Aucun bruit ne sortait de la maison, Elerynna l'avait choisie pour pouvoir écouter sa musique en permanence sans déranger: inhabituel. Suru était inquiète, elle se précipita sur la porte, l'ouvrit doucement dans un grincement. Elle entendait des bruits dans le salon, elle y alla, le cœur battant de peur pour son amie. Ce qu'elle y vit la fit stopper net sur le seuil de la porte: Elerynna était dans les bras d'un homme et fermait les yeux. Son amie avait une histoire et ne lui avait rien dit. Quand celle-ci ouvrit les yeux elle poussa un petit cri de stupeur.
« Suru! Qu'est-ce que tu fais ici? Suru, bouge! »
Elle était immobile, portant toujours son sac à bout de bras, les yeux grands ouverts. Soudain elle s'effondra dans un bruit lourd sur le parquet. Son amie se précipita vers elle et prit sa main. Aucune réaction. L'homme se leva et alla chercher de l'eau qu'il déversa sur l'inconsciente. Suru ouvrit les yeux sur le visage apeuré de son amie et le visage noble de celui qui l'avait aspergée.
« Byakuya!
-Quoi? Là d'où je viens ça marche très bien!
B...Byakuya? Là d'où tu viens? Souffla Suru.
-Rien il divague!
-Ely explique moi comment se fait-il qu'un shinigami habite chez toi.
-Co...Comment tu es au courant?
-Je suis dans le même cas. »
Suru se redressa et s'adossa au mur. Elle jeta un coup d'œil vers son amie; elle était gênée, mais elle soutint son regard; peut-être grâce aux deux bras qui reposaient sur ses épaules. Ainsi c'était lui Byakuya, c'était lui le noble capitaine de la division de Renji. Il n'avait plus l'air malheureux, mais persistaient de petites traces de son ancienne souffrance, une ride au coin de son œil, un tic au bout de ses lèvres.
« D'accord Suru, je vais t'expliquer. »
o_oOo_o
Il pleuvait. Les hollows avaient réussi à vaincre par surprise le noble capitaine. Il gisait sur le sol, en sang, déchiqueté de toute part. Elerynna passait par là sans parapluie, sa maison était assez loin et elle courait. Pourtant elle aperçu le corps inerte de Byakuya et le flot de sang qui se mêlait à l'eau tout autour de lui. Sans se soucier de l'eau qui trempait ses vêtements, elle se précipita vers lui et écouta sa faible respiration. : il était différent, elle sentait qu'il n'était pas humain. Ses plaies étaient profondes mais elle réussit à les soigner grâce à ses connaissances en premiers secours. Elle recouvrit son corps d'épais bandages et elle le mit dans son futon dont les draps étaient souillés de sang. Durant toute la nuit elle s'affairait autour de ce corps pour maintenir cette respiration qui n'avait presque aucune chance de tenir jusqu'au matin. Son cœur battait plus calmement, et son visage pourtant si fin avait perdu cette grimace de douleur affreuse. Son sang tâchait son parquet, ses mains, ses vêtements. Mais il était vivant, et par on ne sait quels moyens il vivrait encore. Elerynna se préparait à aller se coucher, épuisée. Quand il se réveilla: le jour pointait à peine le bout de son nez. Il la fixa étrangement comme un mauvais rêve qu'il souhaitait oublier à son réveil. Elle le défia du regard et brisa le silence qui s'installait peu à peu, elle voulait dormir.
« Tu vas bientôt guérir de toutes tes blessures, elles sont profondes.
-Qui es-tu humaine?
-De rien j'ai été heureuse de te soigner. »
Il remarqua son sourire cynique. Ses yeux aussi noirs que ses cheveux s'agrandirent un peu sous la surprise: il n'avait pas l'habitude qu'on lui tienne tête. Il crispa ses mains sous la frustration et se pinça la lèvre inférieure, il soutint pourtant son regard.
« Merci humaine.
-De rien, chose.
-Pardon?
-Tu es quoi au juste? Ça se voit que tu n'es pas 'humain'.
-Ca ne te regarde pas.
-Bon... je vais me coucher, si tu as besoin tu n'as qu'à appeler. »
La jeune femme tourna les talons et alla prendre une douche. L'eau chaude détendit ses muscles crispés et enleva la douleur de son dos. Cet homme ne pesait pas lourd, mais ses os ne pouvaient supporter une masse légère très longtemps. Elle habitait en retrait de la ville dans un petit hameau de campagne. Elle y était tranquille et pouvait vivre sans gêne. Une de ses amies habitait dans le petit village pas très loin et elles se voyaient régulièrement. Mais elle ne voulait pas qu'elle vienne aujourd'hui, voulant découvrir qui était cet homme qui avait atterrit ici et qui se reposait sur son futon. Quand elle retourna dans l'autre pièce, Byakuya n'avait toujours pas bougé, il la fixait toujours étrangement. Elle lui fit un petit signe de la main et alla dans sa chambre. Cet homme ne souriait pas, ne parlait pas, il n'était pas humain et elle l'avait retrouvé en sang contre un sac poubelle. Elle devait savoir qui il était, elle le voulait. Elle n'arrivait pas à dormir, les évènements récents se bousculaient dans sa tête, formant des histoires improbables. Elle fut tirée de ses pensées par une ombre tremblante à l'entrée de sa chambre.
« Tu ne dois pas te lever!
-Où es mon katana?
-Ton quoi? Il n'y avait rien avec toi.
-Je dois partir. »
Il voulut bouger mais s'écroula devant la porte. Elerynna se précipita sur lui et le traîna encore une fois jusqu'au futon. Une blessure large au torse s'était rouverte. Elle lui enleva son kimono et découvrit le tatouage sur sa poitrine, une fleur qui s'enlevait petit à petit. Quand elle passa ses doigts dessus elle se brûla. Elle recula surprise et tomba à la renverse. Tout son corps avait été parcourut d'une longue décharge électrique qui persistait dans ses doigts.
« Ne la touche pas. »
Byakuya avait parlé d'une voix saccadée et pleine de douleur. Il agrippait son torse de sa paume et respirait douloureusement. L'insigne de sa division s'effaçait peu à peu de son corps et il sentait son reiatsu partir. Que se passait-il ? Et cette humaine qui pouvait le voir, le toucher, le soigner... Pire: Senbonzakura ne répondait plus, il ne lui parlait plus. Pourtant son katana aurait été capable de lui expliquer tout ça, il lui aurait donné une explication plausible et il aurait réglé l'affaire. Là, il était seul et démuni. Sans personne. Tous ceux de sa division étaient rentrés et peut-être qu'à ce moment même on célébrait sa mort... il s'allongea sur le sol et resserra sa prise sur son kimono. Il le remonta sur sa poitrine et essaya de repousser la jeune femme.
« Je dois te soigner, ou tu vas mourir. »
Lentement elle décrispa ses doigts fin du tissu et mis la blessure à l'air libre. Elle rebanda son torse calmement en silence, avec des gestes précis et doux. Pourtant elle tombait de fatigue et le jour pointait arrivait de plus en plus. Il lui décocha un petit sourire sincère en guise de remerciement et elle sortit, non sans s'être retournée une dernière fois. Elle s'écrasa sur son lit et s'endormit presque tout de suite, alors que dans l'autre pièce, Byakuya réfléchissait, les yeux grands ouverts. Elerynna lui avait administré un calmant, il n'allait pas tarder à s'endormir. Il devait partir, rentrer chez lui, mais il ne voulait pas. Que se passait-il au creux de son ventre? Pourquoi son cœur bat-il plus vite et plus faiblement qu'à Soul Society? La lumière baignait la pièce d'une lueur pâle tandis qu'il fermait les yeux sur l'image de ceux qu'il ne reverrait peut-être pas.
La jeune femme sortit difficilement d'un bon rêve où tout n'était que manga, et la vue un immense dessin de yaoi. Que le monde est beau quand on le crée de nos propres mains! Elle tira les rideaux et de suite la lumière du début d'après-midi inonda sa chambre. Elle habitua ses yeux lentement, les souvenirs de la nuit infestant doucement sa mémoire. Elle traîna les pieds vers la chambre d'ami et y découvrit un Byakuya Kuchiki endormit profondément: ses paupières blanches étaient apaisées et à la commissure de ses lèvres coulait un minuscule filet de bave. Il avait l'air si différent de la veille, si vulnérable... Elerynna referma la porte, un sourire sur son visage fatigué, et alla prendre un bon croissant et un café. C'est sur le canapé, qu'elle passa l'heure qui suivit, munie d'un simple bout de papier et d'un crayon. Elle n'entendit pas le noble se lever et s'approcher d'elle, et elle sursauta en poussant un cri quand il brisa le silence de la pièce.
« Bonjour.
-Kyaaa! Ne refais...jamais...ça!
-...Merci.
-De?
-Pour mes blessures. As-tu trouvée quelqu'un ou quelque chose avec moi?
-Et bien non, je n'ai vu personne... il y en avait d'autre?
-Non. »
Sans plus de mots il s'assit à ses côtés et lui prit son calepin des mains sans qu'elle ne réagisse. Pendant plusieurs minutes il lut ce qu'elle avait écrit, puis posa les feuillets sur la table basse. Il ne la regardait pas. Il ne bougeait pas, comme une statue taillée dans du marbre blanc. Pourtant sur son visage on voyait la tristesse, la douleur, la perte. Il savait quelle était cette sensation: il devenait humain, et on ne pouvait rien faire. Son reiatsu devenait « normal » et bientôt il ne serait plus un shinigami. Senbonzakura était parti, et les reiatsu de sa division avaient eux aussi disparu. Il en était content: personne d'autre n'est condamné à rester ici. Renji est à Soul Society. Avant de s'effondrer sous la pluie il avait vu le jeune homme tuer un arrancar sans blessures profondes. Peut-être qu'il y avait des morts, peut-être étaient-ils seulement blessés. Personne n'est venu le chercher... il ravala la boule au fond de sa gorge, plongea son regard profond dans celui d'Elerynna et remua les lèvres, peiné.
« Tes écrits sont remarquables.
-Merci. Comment t'appelles-tu?
-Kuchiki Byakuya.
-D'où viens-tu?
-De nulle part.
-Tu n'es pas humain, tu peux me le dire.
-Je suis... shinigami.
-Alors tu es mort?
-Non, je suis né dans une autre dimension. Mais je me modifie, et bientôt je ne serais qu'humain.
-Tes amis te manquent? »
Le noble marqua une longue pause et baissa les yeux. Personne ne l'attendait en haut, Rukia avait ses amis, ceux de sa division le remplaceraient... non personne ne se souciait de lui. Depuis la mort de sa femme il n'avait montré aux autres que sa froideur, s'emmurant à jamais dans une douleur pure. Sa vie n'était devenue que prières, paperasses et combats. Il n'avait personne à qui se confier, à part le portrait d'Hisana dans son cadre de bambou. Il ravala un gémissement et se leva. D'un pas lent il retourna dans sa chambre et referma le shoji sans un bruit. On entendait pourtant son souffle court par delà le mur en papier. Ainsi Elerynna l'avait tellement touché? Lentement elle se leva et traîna les pieds jusqu'à la porte derrière laquelle elle l'avait vu disparaître, courbé sous un poids qu'elle ne reconnaissait pas. Elle trouva le noble debout, devant la fenêtre qui donnait sur la rue, le front appuyé contre le verre. Il fermait les yeux, éreinté.
« Sors.
-Ai-je dit quelque chose de mal?
-...Non. Tu as raison, mon monde me manque, un peu.
-Désolée. »
Ils restèrent ainsi en silence, la jeune femme un peu derrière, quelques mètres les séparant. Byakuya reconnaissait en elle, à cet instant, un point commun avec Hisana: toutes deux aimaient le silence qui en disait plus que si elles employaient des mots. Sa tête lui tournait: dans un monde si opposé au sien, il a trouvé quelqu'un de familier. Il ne se retourna pas lorsqu'elle prit la parole.
« J'ai perdu toutes traces de mes parents à douze ans; j'ai été recueillie par ma grand-mère. Je n'ai jamais su pourquoi ils m'avaient laissée, car elle est morte avant d'avoir pu me le dire. J'ai arrêtée les études et j'ai enchaînée les petits boulots. Ma famille m'avait laissé cette maison en héritage, mais je m'y sens seule. Je me suis débrouillée pour être embauchée chez un pâtissier, mais je n'ai jamais oubliée la vie que je menais avec mes parents. J'ai eu l'impression que tout mon monde s'écroulait, j'ai perdu toutes mes marques et tous mes repères. Mais je sais une chose: tout garder pour toi n'arrangera rien. Soit tu bouges et tu parles, soit tu te perds dans ton silence. Je peux t'aider. »
Elle avait parlé sans heurte, doucement. Encore un point commun avec sa défunte femme. Décidément, Elerynna le touchait plus qu'il n'aurait voulu se l'avouer. Son histoire l'émouvait, et sans s'en rendre vraiment compte il se retourna pour apercevoir son visage. Elle était calme, mais une petite perle roulait au coin de son œil. Il fit un pas; puis un autre; il passa près d'elle, la frôlant presque et s'assit sur le futon derrière elle. Elle avait senti son odeur fruitée et fraîche, et elle se retourna. Il plongea son regard dans le sien, sans ciller, et il parla, le souffle parfois coupé, comme s'il ressortait un souvenir lourd enfouit depuis longtemps.
« Je viens d'une autre dimension. J'étais en mission ici, pour exterminer des hollow, des monstres qui dévorent l'âme des gens. Moi et mon équipe nous nous sommes faits surpassés et nous nous sommes séparés. J'ai réussi à tuer le dernier de mes adversaires, mais je me suis évanoui, et... tu m'as trouvé. On dirait que tout le monde est rentré, sauf moi. Je sens... que j'ai perdu ma force spirituelle, je deviens... humain. Il me sera impossible de retourner chez moi ou même de revoir mes semblables. Je ne redeviendrais jamais un shinigami.
-Tu pourras t'habituer?
-Je le dois. »
Elle l'avait écouté attentivement, comme une mère écoute son enfant, ou comme une amie aide son meilleur ami dans une passe difficile. Il sourit subrepticement, et une larme translucide roula sur sa joue opposée. Elerynna ne la vit pas, mais tout dans ce regard perdu la laissait deviner que seul, le noble aurait fondu en larmes. Elle savait ce que c'était de perdre son univers et de changer de vie brutalement. Il tourna soudain la tête, affichant à la jeune femme sa joue humide. Elle lui rendit son sourire, timide. Elle trouvait en cet homme quelque chose d'énormément attachant. Peut-être cette atmosphère nostalgique qui émanait de lui, ou bien la noblesse que retraçait chacun de ses traits. Lui rappelait-il son père? Ou bien était-ce sa solitude qui lui pesait? Depuis la mort de sa grand-mère elle avait refusé toute relation, fièrement. Elle était restée libre mais cette autarcie lui faisait mal. Depuis combien de temps n'avait-elle pas eu d'épaule où se poser le soir, de bras où plonger?
« Bravo Ely, il a fallut que tu t'entiches de quelqu'un qui n'est pas humain. »
Vrai. Cruelle réalité. Elle risquait de le voir partir, comme tous ceux qu'elle avait aimés. Et la barrière qu'elle avait eu tant de mal à bâtir partirait en fumée, juste en quelques secondes. Elle baissa la tête et, à reculons, sortit de la chambre.
« Je te laisse dormir encore un peu.
-N-non attends.
-...
-Merci. »
Cette fois-ci ce fut un sourire franc qui étira les lèvres du capitaine. Elerynna lui répondit avec tendresse et sortit cette fois-ci pour de bon. Elle alla dans la cuisine baignée de la lumière rouge du crépuscule: elle n'avait pas vu le temps passer. Elle aurait pu parler des heures à l'homme qui se tenait derrière ce shoji. Après avoir mis à cuire un plateau de cookies, elle se rendit dans la salle de bain. Presque nue devant la glace elle se contempla longuement: elle était svelte, un peu pâle, mais d'une beauté dont la véritable étendue apparaissait à tous sauf elle.
Gêne au creux de sa poitrine.
Rougeur sur les joues.
Sourire naïf sur ses lèvres fines.
Les yeux pétillants.
« Qu'est-ce qui m'arrive? »
o_oOo_o
De son côté, Byakuya s'était assis sur son lit, en tailleur. Par la fenêtre il voyait le soleil se coucher par dessus la cime des arbres. Un nouveau jour allait commencer, dans son nouveau corps. Il avait hâte. Personne ne l'attendrait là-bas. Et ici il avait trouvé quelqu'un. Ça avait été tellement vite: elle l'avait recueilli et sans savoir qui il était, elle lui avait ouvert son cœur et l'avait écouté comme seule Hisana savait le faire. Elle l'avait pris sous son aile et il avait succombé à ses charmes. Il croisa son regard dans la glace: ses cheveux étaient en bataille, son visage était détendu. La petite ride sur son front avait disparu. Ses yeux pétillaient. Son cœur battait fort sous son torse.
Il souriait.
« Cette sensation au creux de mon torse, je ne l'ai pas ressentie depuis tant d'années... Dame Hisana, accepteriez-vous que je recommence ma vie? Je sens jouir en moi un bonheur sans égal, encore plus vrai que celui que j'ai vécu avec vous. Accordez-moi votre bénédiction dame Hisana, et sachez que vous aurez toujours votre place au sein de mon âme. »
Soudain le soleil brilla plus intensément durant un millième de seconde. Byakuya cru voir le regard malicieux de son ancienne épouse. Ainsi elle était d'accord?
« Je n'ai pas à vivre dans le passé, tous les souvenirs des morts de mon clan me hantent chaque jours, courbant mes épaules sous le poids des années. Aujourd'hui je me sens revivre, je me sens léger. Toutes mes obligations se sont évaporées avec mon dernier espoir de retourner chez moi. Cette femme m'a recueilli alors que j'allais perdre la vie, et désormais elle m'en offre une autre, encore plus belle que la précédente. Je crois que je veux rester ici.
-Alors va la rejoindre.
-Senbonzakura?
-Dépêche-toi ou elle va s'endormir. »
Byakuya appuya sa paume sur sa poitrine et ressentie la chaleur de son katana. Il était revenu en lui. Mais il n'avait pas envie de savoir ni comment ni pourquoi. Il se leva avec hâte et alla rejoindre Elerynna. Lorsqu'il entra dans la salle à manger, il n'y avait personne. Il courut à la cuisine: non plus. Il se figea sur place, les yeux exorbités, il voulait la voir et se désir ardent lui brûlait les entrailles. Puis il entendit le bruit de l'eau dans la salle de bain tandis qu'un nuage de vapeur opacifiait la vitre de la pièce. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Était-ce son côté humain qui le rendait si fou, où bien n'y avait-il tout simplement aucun rapport? Il se rua vers la porte de la salle d'eau et l'ouvrit brusquement. Elerynna ne l'entendit pas: sa voix claire chantait ''a Dangerous mind''. Il tituba jusqu'à la porte de la douche et posa sa main sur le verre translucide. Elle était si proche de lui et pourtant inaccessible. Il ne savait pas vraiment s'il avait le droit d'entrer, ou même de rester ici. Une douleur dans sa poitrine se déclenchait rien qu'à l'idée de repartir sans agir. Il ne pouvait plus reculer. Doucement il poussa le battant de la douche et plongea son regard dans celui éberlué de la jeune femme. Celle-ci ne se couvrit pas, peut-être trop abasourdie par ce qu'elle voyait. Byakuya restait bouche bée devant le spectacle qui s'offrait à lui: Elerynna était recouverte de mousse, qui laissait pourtant entrevoir des parties de sa peau pâle. Ses longs cheveux trempés retombaient sur ses épaules frêles en une cascade dorée. Du bout de se doigts il les caressa. Lorsqu'il vit la jeune femme baisser le regard et rougir, il recula brusquement et referma le battant.
« Je t'attends dehors. »
Elerynna vit la porte se refermer sur le visage gêné du noble. Elle avait l'impression de rêver. Il l'étonnait, mais ce qui la choquait le plus, c'était sa réaction: elle n'avait rien fait, elle ne l'avait pas repoussé mais n'avait pas osé plonger sur lui. Elle aurait voulu poser ses lèvres sur les siennes qui lui paraissaient si douces...
« Mais comment ai-je pu passer à côté d'une occasion pareille? Et pourquoi a-t-il fait ça..? »
Elle sortit en hâte, et courut presque le rejoindre. Aucune trace. Elle se rua vers la porte et le trouva assis sur la pelouse, une rose dans les mains. Elle posa ses pieds nus derrière lui et agrippa son dos de toutes ses forces. En sentant les bras fins autour de ses épaules, Byakuya éprouva un grand soulagement et ferma les yeux. Il embrassa cette peau soyeuse et posa sa tête à côté de celle d'Elerynna. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait chez lui.
vilou! :3 oula qu'il est long ce chapitre! :o pour moi en tout cas c'est un exploit muahahaha !
Reviews anonymes:
Neskimo: Oh merci ma pucinette! je suis très, même superbement heureuse que tu lises cette fic !
Marcel: AH! toujours toi! xD tu aimes? alors laisse moi une autre review (a)
