Spoiler : 6x22 "Help Me".
Commentaires : Ce chapitre là est très tendre (c'est surement pour ça que j'ai eu du mal à l'écrire, et que je le trouve très niais). Le calme avant la tempête. Mouahahaha...
Bonne lecture ! :)
House avait rejoint sa moto quand le pompier de tout à l'heure – Machin – lui courut après.
« Dr House ! »
Et merde.
« Vous êtes qui, déjà ? »
« Capitaine McCreaney. »
« Capitaine McCreaney, qu'est-ce-que vous voulez encore ? » demanda-t-il, cachant à peine son agressivité.
« Le Dr Cuddy nous fait une crise de panique. Elle veut vous voir. »
« Je suis flatté. Donnez-lui de l'oxygène. »
« On n'envoie pas de l'O2 là-dessous. Ça pourrait exploser. Elle a besoin de vous ! »
House hésita, pesant le pour et le contre. Il ne pouvait pas la laisser seule, crise d'angoisse ou pas. Il ne maitrisait plus les sentiments qui arrivaient en masse dans son petit cœur de pierre, et il devait bien admettre qu'il était mort de peur. Si ça la rassurait de l'avoir à ses côtés, alors lui aussi.
Il coupa le moteur et retourna auprès de Cuddy.
xxx
Cuddy était plus calme lorsque House se fraya un chemin sous les débris.
« Vous êtes revenu parce que j'ai paniqué ? »
« Oh, non. Je me disais juste que c'est plutôt sympa, ici. C'est calme. » dit-il en s'asseyant à côté d'elle.
Les scies ronronnaient au-dessus d'eux désormais. Ils était seuls dans la cavité, et ce fait aida considérablement House à prendre la main de Cuddy pour calmer ses tremblements.
« Merci House. »
Elle serra ses doigts en lui souriant faiblement. Il était content de la voir sourire, alors il sourit aussi. Elle réfléchissait déjà à comment tout lui dire quand il la lâcha pour fouiller dans sa poche et lui tendre son portable.
« Je suppose que vous voulez appeler Lucas. »
Maintenant ou jamais.
Elle acquiesça d'un petit hochement de tête. Elle composa le numéro dont elle peinait à se souvenir et appuya sur la touche verte, portant le téléphone à son oreille. Lucas répondit au bout de deux sonneries.
« Lucas... je... Je... »
Il paniquait à l'autre bout du fil. Il disait que sa voix était bizarre et qu'elle avait l'air épuisée. Il s'inquiétait toujours pour elle. Cuddy pensait que c'était la preuve qu'il voulait prendre soin d'elle mais au final, ça l'exaspérait qu'il la prenne pour une gamine.
« Tais-toi, laisse-moi parler. »
Elle leva les yeux vers House, comme pour trouver un peu de courage. Il regardait partout, sauf vers elle.
« Je ne veux pas t'épouser. »
Le diagnosticien se tourna vers elle, doublement surpris. Non seulement ils s'étaient fiancés, mais en plus elle refusait sa demande. Leurs regards s'accrochèrent et ne se lâchèrent plus.
« Non, je n'ai pas de liaison avec lui ! Et, non, il ne m'a pas manipulée, je suis capable de penser par moi-même ! Bordel ! » s'emporta-t-elle soudainement. « Je t'appelle de son portable parce que j'ai la jambe coincée sous quelques tonnes de béton, alors excuse-moi d'être aussi lâche ! »
House se dit qu'elle était belle quand elle était en colère.
« Tu récupères ta bague dans le tiroir de mon bureau, tu prends toutes tes affaires qui trainent chez moi, et tu arrêtes de te comporter comme un gamin. C'est fini, Lucas ! »
Elle raccrocha rageusement, rendit le cellulaire à House qui la fixait intensément, et lâcha un gros soupir de soulagement.
« Pourquoi vous avez fait ça ? »
Le téléphone sonna encore. Lucas.
« Ne décrochez pas. » lui conseilla Cuddy, sans prendre la peine de répondre à sa question.
« Non. »
Il le mit sur répondeur. Elle déglutit. Même si la façon dont il la regardait était plus que rassurante, elle avait peur de se lancer. S'il la rejetait, elle ne pourrait pas le supporter.
« Cuddy, pourquoi vous avez fait ça ? »
Pourquoi la rejetterait-il ?
« J'en ai marre de faire semblant, House. J'essaie d'avancer mais j'en suis toujours au même point. Je ne... Je ne pense qu'à vous... et... »
Elle sentit les larmes affluer. House posa une main sur son épaule.
« Calmez-vous, Cuddy. »
Elle lui jeta un regard désorienté. Elle lui avouait ses sentiments et il ne la prenait pas au sérieux ?
« Votre pression artérielle augmente, votre jambe saigne plus vite. »
« Mais je m'en fous si je saigne ! Je t'aime ! » cria-t-elle enfin.
Il la fixa d'un air hébété, sans un mot. Elle savait qu'elle aurait dû y aller plus doucement. C'était House, après tout. Et maintenant, ses pleurs redoublaient, parce qu'elle était persuadée qu'il ne voudrait pas d'elle, jusqu'à ce qu'elle ne sente un pouce frotter doucement sa joue pour essuyer une larme. House se pencha, ils échangèrent un sourire timide avant qu'il ne pose ses lèvres sur les siennes. Il laissa échapper un soupir alors que leurs chaires pulpeuses entraient tendrement en contact. Cuddy sentit son souffle mourir chaudement dans sa bouche et gémit en retour. Elle passa sa langue entre ses lèvres, vint rencontrer la sienne, qui la caressa avec une lenteur presque indécente.
Ils se séparèrent à regret lorsqu'ils entendirent quelqu'un arriver par le tunnel.
Il ne lui dit pas qu'il l'aimait. Elle ne le lui réclama pas non plus parce qu'elle le savait déjà. Sa façon de la regarder, de la toucher, tout en lui le lui hurlait.
« Vous vous amusez bien là-haut ? » lança House à McCreaney, qui tirait une tête franchement décourageante.
Le diagnosticien prit la main de Cuddy sans s'en rendre compte; par contre, il sentit la chaleur tendre qui émanait d'elle.
« Trois morts depuis tout à l'heure, la fête bat son plein. » siffla le pompier avant de retrouver son professionnalisme. « Vu la façon dont tout s'est effondré, il n'y a que cette poutre » il désigna du menton celle qui avait probablement sauvé la vie de Cuddy. « qui soutient une énorme pile de gravas. On ne peut pas la soulever sans mettre tout le monde là-dessous en danger, il est temps de songer à l'amputation. »
Cuddy serra convulsivement les doigts de House, terrifiée. Ce dernier resta silencieux un moment, avant d'affirmer, plus déterminé que jamais :
« On ne lui coupe pas sa jambe. »
« Vous vous foutez de moi ? On laisse cette jambe là-dessous, on risque le syndrome d'écrasement ! Il n'y a plus assez de circulation sanguine, le muscle meurt et délivre des substances potentiellement dangereuses. Si on libère sa jambe, on- »
« Ça va, je vous remercie, mais je suis médecin. » l'interrompit House. « Si on libère sa jambe, on libère le potassium, la myoglobine et tout ce qui va avec, et le cœur risque de s'arrêter. Je connais. Vous allez vous dépêcher de faire votre boulot et de dégager tout ce bordel au-dessous de nous, parce qu'on a encore deux heures avant que le syndrome ait des chances d'apparaître. »
« Ce n'est pas que le syndrome qui m'inquiète, d'accord ? On risque des fuites de gaz, des incendies, d'autres effondrements... »
« Vous pensez qu'amputer hors d'un bloc opératoire stérile, c'est sans danger ? Infection, embolie graisseuse, hémorragie, et j'en passe ! »
« Ce n'est rien comparé au risque que tout ce bordel comme vous dites, nous retombe dessus ! »
Cuddy, qui avait suivi leur joute verbale sans piper mot, intervint :
« Capitaine. C'est un con, mais il sait ce qu'il fait, et je lui fais confiance. Laissez-nous encore deux heures. S'il vous plait. »
« D'accord. » céda McCreaney après une courte hésitation. Il quitta la cavité aussi vite qu'il était arrivé.
« Merci. C'est un gros feignant, il m'énerve. »
« Non House. C'est moi qui vous... qui te remercie. »
Elle fronça les sourcils avant de répéter pensivement :
« Vous... Toi... Toi ? »
Elle hésitait. Certes, ils s'étaient embrassés, mais devenir familiers au point d'introduire le tutoiement lui semblait bizarre, bien qu'ils se connaissaient depuis plus de vingt ans.
« Toi. » lui confirma-t-il. Il s'allongea pour être le plus près d'elle possible, ne lâchant jamais sa main. Il bascula sur le côté et posa une main sur son ventre.
« Tu penses qu'ils vont pouvoir tout déblayer en deux heures ? »
« Il le faudra bien. Je ne les laisserai pas t'amputer. »
« Je me fous de ma jambe, House. Je veux sortir ! »
« Tu vas sortir. » la rassura-t-il.
Il songea brièvement qu'il était rarement celui qui soutenait l'autre. Ça lui venait naturellement. Il ne se posait pas de questions et il lui parlait, point final.
« Oui... Quand je pense qu'il a fallu que je... frôle la mort pour que j'ose tout t'avouer... Et je t'ai fait tellement de mal... »
Elle se remit à pleurer.
« Qu'est-ce-que je t'ai dit à propos de ta pression sanguine ? »
« Pardonne-moi... »
Il se fichait de ce qu'elle lui avait fait auparavant. Il se fichait de toutes ses nuits sans sommeil à penser à elle. Il l'avait maintenant, c'était tout ce qui comptait.
« Toujours. »
Il embrassa son front. Cuddy se calma.
« Qu'est-ce-qu'on fera quand je sortirai ? »
Elle eut peur que sa question suggère qu'ils ne soient un couple et que House prenne peur. Elle avait peur elle aussi, mais elle voulait prendre le risque. Maintenant, elle en était sure, elle voulait une vraie relation avec lui. Tant pis si ça s'annonçait compliqué et douloureux, elle l'aimait.
« On ira à l'hôpital. »
« Oui, mais après ? »
« On verra. »
« J'aimerais qu'on se donne une chance. »
« On s'en donnera une. » promit-il.
Elle sourit. Ils s'embrassèrent encore, scellant leur fragile accord.
xxx
Une heure et demie s'était écoulée. McCreaney était revenu avec son attirail pour soulever le béton qui emprisonnait la jambe de Cuddy.
« Mettez la cale là. »
House s'exécuta et plaça la pièce de bois sous les débris, touchant affectueusement la cuisse de la doyenne au passage.
« Quand on va commencer à tout soulever, ça va te faire mal. » lui dit-il en caressant son front.
« Je sais. Mais continue de parler, j'aime bien ta voix. Ça me rassure. »
Bien qu'elle faisait tout pour ne rien laisser paraître, elle était sur le point de craquer. C'était compréhensible.
« Bon... ça va faire comme si tu avais des fourmis dans le pied, mais un milliard de fois plus intense. Et tu admettras que ça n'a rien de rassurant. »
Il réussit à lui arracher un sourire malgré la gravité de la situation.
« On est prêts, on y va. » les informa le capitaine.
Il démarra le moteur et l'engin commença alors à se soulever lentement. Cuddy grogna alors qu'elle sentait réellement sa jambe. La chose inerte au bout de sa cuisse lui rappelait crûment sa présence.
« J'ai déjà mal... »
« C'est bon signe, la pression revient. »
House saisit sa jambe et tenta de la dégager précautionneusement, aidé par le pompier. Cuddy se mordait les lèvres pour ne pas crier.
Tout se mit à trembler. Des gravas plus ou moins gros se mirent à pleuvoir tout autour d'eux. Anticipant l'effondrement, House couvrit de Cuddy de tout son corps, voulant la protéger du mieux qu'il pouvait. Elle enroula son bras autour de sa taille, le rapprochant d'elle.
Après, plus rien.
TBC...
FF a refusé de me mettre le 2 de O2 en indice, pardonnez-le.
