Spoiler : 6x22 "Help Me".
Commentaires : Messieurs dames, la scène que vous attendiez tous... * roulement de tambour *
Merci (ou plutôt félicitations) à mon amie Elisabeth pour avoir vaincu sa peur des hétéros et avoir relu la scène de l'amputation.
Concernant l'extrême fin de la fic (le dernier chapitre, qui arrivera après deux autres), elle n'est pas encore écrite, et risque d'arriver dans un bon bout de temps. Le 7x15 a tué mon enthousiasme, je suis partie sur autre chose, et donc j'ai la flemme. Mais je l'écrirai.
Bonne lecture ! :)
[ A lire avec Un Amico - Ennio Morricone ( deezer com/listen-4096494 ) ]
Quelques minutes plus tard, House regardait son matériel sans rien dire. Plus le temps passait, plus il était convaincu de la nécessité de l'opération, et moins il se sentait capable de l'exécuter.
« House, parle-moi. »
Qu'est-ce-qu'il allait lui dire ? Qu'il ne pouvait pas l'anesthésier parce que son rythme cardiaque ralentirait trop ? Elle le savait déjà.
« Comment tu fais ?... pour être toujours aussi forte. Tu n'as jamais peur. »
« Si, j'ai peur. Mais je te fais confiance. »
Elle saisit sa main gantée de bleu et la serra fort. Y trouvant un peu de courage, House sortit une compresse de son emballage et lâcha sa main. Il appuya la gaze stérile sous son genou, le plus près possible du bloc de béton afin de sauver un maximum de tissus, et y plaça la lame de son scalpel. Cuddy se mordit les lèvres pour étouffer son cri de douleur alors que le métal tranchait sa chair à vif et que le sang coulait le long de sa peau. D'un côté, House était soulagé de ne pas l'entendre, parce qu'il savait que sinon il ne pourrait jamais s'attaquer à ses os, mais de l'autre, il ne voulait pas qu'elle s'inflige encore plus de tourments que l'amputation ne lui imposait déjà. Il s'empara de la scie électrique, mais n'osa pas la démarrer. Il pensait à ce qu'allait devoir endurer Cuddy, et ce serait bien pire que sa douleur à la cuisse dans ses mauvais jours.
« Vas-y. »
Il ne regarda pas Cuddy, de peur de voir la souffrance sur son visage. Il mit la scie en route, et souffla un grand coup avant de se décider à trancher les deux os à nu devant lui. Pour la sauver. Pour qu'elle vive.
Cuddy ne se retint pas de crier. Ce n'était pas de la douleur, c'était bien pire. Comme si chaque cellule de son corps se révoltait. Comme si elle se détachait d'une enveloppe corporelle qui la retenait désespérément. House se concentra sur sa tâche, s'efforçant de ne pas se laisser distraire. Il devait aller le plus vite possible, même si les hurlements presque inhumains qui résonnaient dans la cavité étaient provoqués par ses mains. Se concentrer, bordel, se concentrer ! Scie, tibia, péroné. Scie, tibia, péroné. Scie, tibia, péroné. Le fibula fut moins coriace que son copain.
Enfin c'était fini.
Il éteignit la scie. Reposa calmement l'engin. N'osa pas regarder l'ivoire ensanglanté. Préféra ne pas entendre les gémissements de Cuddy. Se fit étranger à la scène.
Quelques pompiers vinrent la chercher. Ils placèrent son corps tremblant sur une civière, avant de l'extraire de la cellule.
Elle s'en était sortie.
House regarda la tâche de sang frais devant lui et y jeta rageusement ses gants souillés. Il remercia la première divinité qui lui venait en tête – aujourd'hui, c'était Zeus – et suivit les secours. Il oublia sa canne, monta dans l'ambulance et s'assit à gauche de Cuddy; à hauteur de sa tête, pour ne pas voir le moignon qui, de toute façon, était enveloppé dans un linge destiné à contenir l'hémorragie en attendant l'arrivée à l'hôpital. Ils étaient accompagnés d'un pompier qu'il n'avait pas croisé précédemment, mais qui lui sembla à peu près compétent.
Il prit la main de Cuddy, qui lui sourit derrière son masque à oxygène. Il parvint à lui répondre. Il pensait à ce qui les attendait ensuite, et un sentiment de joie encore nouveau l'envahissait. Peut-être qu'il se faisait des idées et que leur couple ne tiendrait pas longtemps, mais il voulait vraiment essayer. Il voulait prendre soin d'elle. Il nettoierait sa plaie au bloc opératoire, il lui poserait sa prothèse, il se chargerait de sa rééducation, et après, ils vivraient.
Son téléphone sonna, interrompant la contemplation de son avenir.
« Quoi ? »
« Il est dans le coma. » lui répondit Foreman d'un ton nettement moins agressif. « La ponction lombaire était normale mais... »
« Quelles sont ses constantes ? »
Il entendit Taub demander poliment à quelqu'un de se pousser. Ce n'était apparemment pas un médecin, mais plutôt un policier.
« Depuis quand il y a un flic dans la chambre ? »
« Je ne sais pas... Dix minutes. Il se faisait interroger quand il est tombé dans le coma. »
« Est-ce-que quelque chose le rendait nerveux avant les autres symptômes ? »
« Il était claustrophobe avant le saignement et la fièvre. »
« Sa pression sanguine augmentait, n'est-ce-pas ? »
Cuddy adorait quand il établissait des différentiels. C'était presque un art. La passion pour la médecine qui se lisait sur son visage était stupéfiante. Mais ce qu'elle préférait, c'était les arabesques qu'il dessinait inconsciemment sur sa main tout en réfléchissant. C'était comme un accès direct à ses pensées.
« Oui. » lui confirma Foreman. « Mais ça n'a pas causé ses premiers symptômes. »
« Si, à cause de la caféine qu'il a ingurgité, on pensait que le problème était dans ses toilettes – je veux bien sûr parler de sa tête – ce qui nous a éloigné de l'hypothèse que sa chasse d'eau pourrait juste être bouchée – je veux bien sûr parler de sa colonne vertébrale. Vous voyez où je veux en venir. »
« Un kyste arachnoïde dans le bas de sa colonne. » en conclut Chase. « C'est pour ça qu'on n'a rien vu. Il reste assis dix heures par jour, ça a élevé la pression de son liquide cérébro-spinal. »
« Faites une scanographie– »
Les doigts de Cuddy se crispèrent autour des siens. Le moniteur hurlait pour elle.
« Je ne... peux pas respirer. House ! »
« La pression artérielle a chuté de 72 à 42 ! » l'informa inutilement le secouriste.
Il raccrocha, jeta le téléphone quelque part dans l'ambulance. Il posa sa tête sur la poitrine de la doyenne, écoutant attentivement sa respiration.
« Ce n'est pas un autre pneumothorax. »
Il palpa son cou.
« Les veines sont plates, pas de tamponnade... Merde, j'ai attendu trop longtemps. C'est un caillot coincé dans le poumon. Streptokinase en intraveineuse. »
Le pompier lui tendit une seringue. House injecta l'enzyme dans le cathéter planté dans le tibia de Cuddy. Son action allait aggraver son hémorragie, mais il s'en occuperait plus tard.
Elle voulut lui dire qu'il se trompait. Elle savait qu'elle allait y rester, et elle voulait passer ses derniers instants avec lui, pas à le regarder s'agiter pour rien.
House réfléchissait à toute vitesse. Si elle étouffait toujours, il n'y avait pas de caillot. S'il n'y avait pas de caillot, alors qu'est-ce-que c'était ?
Embolie graisseuse.
Il n'y avait pas de solution. Rien à faire, si ce n'est la laisser mourir alors que sa moelle osseuse se répandait dans son sang et l'empoisonnait.
Il serra fort sa main. Il était à court de mots. Qu'est-ce-qu'il pouvait bien lui dire ? Qu'elle ne devait pas avoir peur ? Bien sûr qu'elle avait peur, elle était mourante ! Il devait forcément lui dire quelque chose. Elle ne devait pas partir comme ça.
Elle aurait bien aimé l'entendre prononcer son prénom une dernière fois. Ses quatre lettres étaient tellement douces dans sa bouche...
Ses suffocations se calmèrent, puisque sa respiration était désormais inexistante. House vit son regard résigné s'éteindre alors qu'elle caressait faiblement sa main du bout de ses doigts, comme si elle voulait mémoriser la texture de sa peau avant de partir.
Son cœur rata un battement lorsque le moniteur n'émit plus qu'un sifflement continu. Il avait espéré jusqu'au bout, mais c'était pour de vrai. Elle était morte par sa faute.
xxx
Foreman traversa les urgences sur les chapeaux de roues, courant vers la baie de déchargement. On l'avait prévenu de l'arrivée d'une patiente fraichement amputée de la jambe. Il fallait faire vite. Le chirurgien était déjà au bloc opératoire.
Le neurologue ouvrit les portes de l'ambulance qui venait de se garer.
Ce dont on ne l'avait pas prévenu, c'est que la patiente était morte en route.
Et que c'était le Dr Lisa Cuddy.
TBC...
Je n'accepte pas les menaces de mort, ni les briques, ni les parpaings. Juste les câlins. :)
