Spoiler : Aucun.
Commentaires : Ce chapitre là est un peu court, il ne fait même pas 1000 mots. ( Oui, sur OpenOffice, ça faisait plus long. ) Mais je voulais le couper là. Enfin vous verrez bien...
Merci à tous pour vos reviews, qui me font toujours très plaisir !
La suite ne tardera pas, j'ai fini la fic tout à l'heure. * hurray ! *
Bonne lecture ! :)


« Nous allons devoir l'emmener, House. »

La voix calme de Foreman le fit sursauter. Il était seul dans l'ambulance depuis plus d'un quart d'heure, à fixer le visage pâle de Cuddy. Les lumières étaient éteintes, le laissant dans une obscurité endeuillée.

« Encore quelques minutes. »

Le neurologue s'éclipsa derrière le véhicule. House lui en fut reconnaissant, il avait besoin d'être seul. Il caressa le front froid de la doyenne et y posa ses lèvres, pensant peut-être qu'il pourrait le réchauffer et qu'elle se réveillerait. Mais ça ne marchait pas comme ça. C'était fini.
Il était incapable de lui dire quoi que ce soit. C'était comme s'il était mort avec elle. Pourtant, il n'y croyait pas. Elle était décédée devant lui et il arrivait encore à penser qu'elle était juste endormie. Elle allait reprendre des forces, et quand elle serait prête, elle se réveillerait. Il embrassa sa joue poussiéreuse une dernière fois, laissant une trace claire sur sa chair et une pellicule grise sur ses lèvres.

Foreman refit son apparition. House lui adressa un hochement de tête peu convaincu et, quelques instants plus tard, deux brancardiers emmenèrent Cuddy à la morgue, très loin de lui. Il la regarda disparaître sans un mot.

La banquette sur laquelle il était assis s'affaissa à sa droite. Foreman lui tendit son téléphone. House ne réagit pas, alors il le fourra dans la poche de sa veste.

« Je contacterai sa famille. » lui assura-t-il, soulageant House d'un poids énorme.
« Pas Lucas. Elle a rompu. »

Il l'avait deviné. Le pompier qui les avait accompagnés lui avait plus ou moins raconté leur trajet, et tout ce qui avait précédé.

Foreman ne savait pas s'il pouvait toucher House pour le réconforter. Il n'était pas friand des gestes amicaux en temps normal, alors maintenant qu'il avait perdu Cuddy... il tenta une main compatissante sur son épaule. Pas de réaction.

« Vous n'auriez pas pu la sauver. Même si vous l'aviez opérée dans un bloc opératoire, vous n'auriez pas pu stopper l'embolie. »

Il se leva brusquement et flancha, sa cuisse le retenant à peine. Pourtant, il trouva le moyen de descendre de l'ambulance, le neurologue sur les talons. Il traversa les urgences, sachant qu'une multitude de regards empreints de pitié étaient posés sur lui. Il n'avait vraiment pas besoin de ça. Il n'avait pas besoin qu'on le plaigne parce qu'il l'avait amputée pour la voir mourir ensuite. Aucun d'eux n'aurait vivre cela. Lui, si. Le frottement des joints en caoutchouc des portes de sortie sonna comme une délivrance.

« Vous ne pouvez pas vous blâmer pour sa mort. Ce n'est pas de votre faute. »
« C'est bien ça le problème ! » hurla-t-il au beau milieu du hall vide, ses mots résonnant en prenant une nuance plus grave. « J'ai fait tout ce qu'il fallait et elle est morte quand même. »

Il se rattrapa au bord du comptoir central, pensant qu'il allait s'effondrer. Elle est morte quand même.

« Vous ne devriez pas être seul maintenant. »

Foreman s'approcha. House se redressa, farouche.

« Je vais vous donner un ordre. En tant que votre patron. » lança-t-il d'un ton glacial. « Hors de ma vue. »

Le neurologue hésita. Il ne devait pas le laisser seul, mais il avait l'air plutôt déterminé. Il s'écarta, le diagnosticien s'éloigna en boitant.

xxx

Foreman lui avait payé le taxi. Ce dernier avait longuement tergiversé sur ce fait, pensant que ce n'était pas une bonne chose de le renvoyer chez lui, mais que c'était toujours mieux que de le laisser faire le trajet à pied dans son état, surtout sans sa canne. De plus, à cette heure tardive, il ne valait mieux pas laisser un estropié vagabonder dans les rues peu sûres.

House ouvrit la porte de son appartement, oublia de la verrouiller, et oublia qu'il ne l'avait pas verrouillée. Il avança tel un automate vers sa salle de bains. Il ne savait plus ce qu'il voulait dans l'immédiat, ni même ce qu'il ressentait, mais un seul but subsistait dans son esprit abimé. Il s'étonnait d'être encore capable de ressentir un besoin.

Il se regarda dans le miroir, et passa une main sur son épaule blessée. Son tee-shirt était irréparablement tâché de sang. Pas grave. Il en avait d'autres.

House leva les yeux vers son reflet. Il avait envie de vomir rien qu'à se regarder. Il se traita mentalement d'assassin.

Il avait infligé à Cuddy la pire des souffrances, pour au final être incapable de la sauver. Il l'avait tuée.

La colère brûlant dans ses veines, il saisit rageusement le miroir et le jeta dans la baignoire. Sept ans de malheur songea-t-il brièvement lorsqu'il se brisa en mille morceaux.

Face à lui, l'antre du diable.

Deux boites de Vicodin, cachées dans un trou creusé dans le mur. D'une main tremblante, il saisit les tubes oranges. Le bruit subtil des pilules claquant les unes contre les autres lui avait manqué. Il s'assit devant la baignoire, y appuyant son dos. Il s'était fait sevrer pour Cuddy, et il allait replonger pour elle. Avec un peu de chance, elle serait sa psychose, comme la dernière fois. Sans aucune hésitation, il fit sauter le couvercle d'une des boites. Il n'avait pas perdu la mécanique du geste. Une pilule blanche tomba au creux de sa paume. Il l'avala et ferma les yeux, laissant la drogue s'infiltrer dans son sang. Peut-être que c'était plus un besoin de Cuddy qu'un besoin de drogue. L'air ambiant devenait coton. Se sentant presque bien, il se laissa porter par la vague empoisonnante. C'était comme s'il était hors de son corps, comme si cette épave meurtrie ne lui appartenait plus et qu'il ne lui restait plus que ses pensées en voie de guérison. Cette sensation ne lui avait pas vraiment manqué, mais elle était douloureusement agréable.

Un chant le tira de ses rêveries.


TBC...