Spoiler : Fin saison 5
Commentaires : Pfiouh, enfin finie ! J'ai eu énormément de mal à écrire ce chapitre, je m'y suis reprise à trois fois. J'ai aussi hésité quant à écrire un épilogue, mais j'ai eu la flemme. C'est de la faute au 7x15, il a tué mon mood ! * pleure *
Merci à tous pour vos reviews ! Dépasser la barre des cinquante, c'est assez émouvant...
J'espère que l'extrême fin du chapitre répondra aux questions de HRL. :)
Bonne lecture !
House eut l'impression de chuter de très haut. Il se réveilla brusquement, son dos claqua contre la baignoire, il prit appui sur la mauvaise cuisse et bascula sur le ventre dans un gémissement de douleur. Il avait connu de bien meilleurs réveils. Son poing tremblait, serrant convulsivement un flacon orange. Il desserra les doigts tant bien que mal, fit sauter le couvercle blanc, avala une pilule de Vicodin, et laissa la souffrance s'estomper. Il n'avait pas eu aussi mal depuis l'année passée. S'il expérimentait déjà les crises de manque, il allait devoir trouver un moyen rapide de renouveler ses stocks d'hydrocodone. Certainement pas en volant les prescriptions de Wilson: il allait tout découvrir et le renvoyer à Mayfield. Et il ne voulait pas qu'on le soigne, il voulait Cuddy.
Il sentit ses paupières s'alourdir, son esprit s'embrumer un peu plus et son souffle se ralentir. Il se battit pour rester éveillé, il ne voulait pas cauchemarder encore. Il voulait rêver en restant conscient. Et ça avait déjà un nom, ça s'appelait halluciner.
« Cuddy... » geignit-il dans un appel désespéré.
« Je suis là. »
Il ouvrit les yeux, rencontra un regard bleu. Cuddy était agenouillée devant lui, un sourire triste sur ses lèvres. Ses cheveux noirs étaient rassemblés en une queue de cheval un peu brouillon. Elle portait l'uniforme rose du personnel médical, similaire à celui qu'elle avait sur le dos lorsqu'elle était morte, mais en bien meilleur état, flambant neuf. Ses jambes étaient intactes. Comme s'il ne s'était rien passé.
Il voulut prononcer son nom, mais il s'étrangla avec ses larmes. Il se redressa, serra Cuddy dans ses bras et éclata en sanglots. Elle lui murmura quelques ' chut ' et le berça comme son enfant.
« Je suis là House. Tout va bien. »
« Tu m'as manquée. »
Il savait qu'elle n'était pas réelle et qu'il n'étreignait que du vide. Il désirait tellement fort être avec elle que tout était plus authentique. Comme l'hallucination d'avant. La texture de ses vêtements étaient calquée dans ses paumes. Ses cheveux fins chatouillaient son nez. Son parfum le grisait. Pourtant, ce n'était que du rêve.
Il renforça son étreinte, et son épaule tressauta. Sous l'effet de la drogue, ses nerfs s'endormaient, mais il savait qu'il avait mal.
Il sentit que Cuddy lui échappait. Il eut terriblement peur de la perdre une nouvelle fois et s'accrocha à elle, l'empêchant de repartir.
« On devrait changer ton pansement avant que ça s'infecte. »
Elle se leva. House voulut l'imiter, elle le retint d'une main sur l'épaule. Ses muscles étaient encore trop fatigués, de toute façon. Il la regarda fouiller dans ses placards. Il ne savait pas si c'était en fait lui qui effectuait cette action, ou s'il se contentait d'imaginer la scène. Ça le dérangeait un peu, mais il savait qu'il se condamnait aux doutes en vivant avec une morte. Et Cuddy en valait largement la peine.
House essaya d'enlever sa veste pour gagner du temps. Ses membres étaient raides. Il grogna de frustration. Il ne pouvait même pas se débarrasser d'un vêtement !
« Laisse, je m'en occupe. » intervint Cuddy d'une voix douce.
Ses bras retombèrent le long de son corps. Elle s'accroupit devant lui quelques instants plus tard, saisit les pans du blouson et le lui enleva lentement, un bras après l'autre. L'air étant plutôt frais, il frissonna. Elle lui retira ensuite son tee-shirt tâché de sang séché. Le pansement rougi suivit.
Le picotement provoqué par la solution antiseptique sur sa plaie confirma à House qu'il se désinfectait réellement. Cuddy replaça une pièce de gaze sur sa blessure et la fixa à l'aide de sparadrap microporeux. Elle caressait distraitement son torse, l'esprit ailleurs. House observa ses doigts vagabonder sur sa peau. Il la rêvait tellement fort que même si elle n'existait plus, sa présence était apaisante. Elle l'embrassa au niveau du sternum et frotta son nez contre les quelques poils qui s'y trouvaient. Ses mains s'apposèrent sur ses omoplates et House l'enlaça en retour, ses bras s'enveloppant autour de sa frêle ossature. Il pensa brièvement que leurs corps se modelaient parfaitement l'un avec l'autre. C'était comme si leurs formes et leurs courbes avaient été faites pour s'emboiter. Ses larges biceps entouraient son dos. Ses mains se calaient naturellement au creux de ses hanches et de ses reins. C'était parfait.
Il savait qu'elle était morte, qu'il l'avait tuée en lui infligeant les pires tourments. Il s'en rappelait dès qu'il posait les yeux sur elle. Même s'il avait grand mal à le supporter, il aimait penser qu'il avait droit à un sursis, à du temps supplémentaire avec elle pour qu'ils puissent profiter de ce qui aurait dû se profiler devant eux : le bonheur à perte de vue.
Elle se recula légèrement, le regarda dans les yeux.
« J'ai envie de t'embrasser. » dit-elle.
« S'il te plaît. »
Elle lui sourit et posa ses lèvres sur les siennes. Il ne sentait pas leur chaleur, ni celle de sa langue qui s'insinuait dans sa bouche, et ça le perturbait sérieusement. Mais il finirait bien par s'y faire. Il n'avait pas le choix.
Leur étreinte gagnait en fièvre. Leurs gémissements étouffés dans le souffle de l'autre ne leur suffisant plus, Cuddy descendit sur son menton, ses dents effleurant son début de barbe. Elle mordilla la peau de son cou et toussa lorsque sa langue lapa sensuellement sa pomme d'Adam.
« Tu es plein de poussière. » souffla-t-elle en caressant sa tête. Ses doigts passèrent entre ses cheveux, faisant tomber des miettes grises sur sa clavicule. « Et tu as du sang... Là. » Son doigt partit de la tâche vermeille sur son épaule jusqu'à son nombril, traçant un ligne sombre. « Tu devrais prendre une douche. »
« Tu viens de changer mon pansement. »
« C'est pas grave. On le refera. »
Cuddy déposa un dernier baiser sur ses lèvres. Il la regarda s'affairer devant la baignoire, extrayant les débris de verre. Maladroite, elle se coupait souvent, mais ne versa pas une seule goutte de sang. Elle rassembla les morceaux réfléchissants dans ses paumes et les jeta dans la poubelle. House avait remarqué qu'elle n'avait pas de reflet.
Elle le déshabilla entièrement, avec soin. Il eut peur qu'elle soit dégoutée en voyant sa cicatrice, mais ça n'avait pas duré très longtemps. Elle n'était que le fruit de son imagination, elle faisait ce que son inconscient désirait qu'elle fasse. Il ne voulait pas la répugner, et donc il ne la répugnerait pas. Ça se tenait.
Visiblement, son inconscient voulut aussi qu'elle se penche pour embrasser sa cicatrice. C'est ce qu'elle fit. Elle lui murmura qu'elle était désolée de lui avoir causé toute cette souffrance depuis tant d'années. Il ne put rien lui répondre, la gorge nouée.
Elle le déchaussa, massa longuement ses pieds fatigués, bécota ses orteils. Il sentit sa gorge se serrer en pensant que sa tendresse n'avait rien de réel; il inventait tout.
Elle l'aida à se relever. Il était nu devant elle. Il s'appuya sur son épaule afin d'enjamber le bord de la baignoire. Il émit un bref doute, ne sachant pas si les restes du miroir avaient vraiment été nettoyés. Si ce n'était pas le cas, il allait se faire très mal. Il s'y risqua quand même. Avec succès.
Elle ouvrit le robinet, et le rejoignit toute habillée. Il frémit au contact de l'eau chaude sur sa peau. Cuddy s'empara d'un savon et le frotta tendrement sur sa peau, y laissant de longues trainées blanches. Elle s'appliqua à nettoyer soigneusement chaque partie de son anatomie.
Il la fixait. L'eau tombait de la pomme de douche et les éclaboussait, mais Cuddy n'était aucunement mouillée. C'était comme si les gouttes se posaient sur elle sans laisser de trace. Ou alors elles l'évitaient, tout simplement.
Il la cajolait alors qu'elle le lavait, souriante. Il détacha ses cheveux. Ses boucles brunes tombèrent en cascade sur ses épaules. Pris d'une soudaine frénésie, il fit passer sa blouse rose au-dessus de sa tête. Ce n'est que lorsque qu'il lui ôta son soutien-gorge qu'elle prit l'eau.
House l'entoura de ses bras. Elle se lova contre son torse, pressant sa peau contre la sienne, l'eau les réchauffant. Elle s'écarta quelques instants pour le rincer correctement, ses mains glissant le long de sa peau mouillée, pour ensuite retrouver sa place, blottie contre lui.
Au bout de quelques minutes, ils sortirent de la douche, s'embrassant éperdument. Cuddy se retourna pour sortir une serviette en éponge usée de son placard, House déposant une nuée de baisers sur sa nuque. Il avait désespérément besoin de contact physique avec elle. Elle était sa pierre angulaire, et le fruit de son désespoir. Elle le sécha consciencieusement, évitant de trop frotter le tissu rêche contre sa peau. La serviette mit peu de temps à tomber au sol. Le diagnosticien saisit l'arrière de la tête de sa compagne afin d'approcher ses lèvres des siennes. Il l'embrassa encore, songeant qu'il ne se lasserait jamais. Cuddy s'accrocha à son cou, gémissant contre ses lèvres. Son bassin roula contre le sien. House empoigna fermement ses fesses, Cuddy lui mordit la lèvre en retour. Il l'invita à nouer ses jambes autour de sa taille et elle délaissa sa bouche un instant pour prendre appui sur ses épaules. Il la soutint solidement, compressant sa poitrine contre la sienne. Leurs cœurs résonnant l'un avec l'autre, il l'emmena dans la chambre attenante à la salle de bains, ne se contentant que de ne frôler ses lèvres du bout des siennes. Il avait toujours rêvé de la porter ainsi. Quand il fantasmait sur elle, il s'imaginait toujours qu'il était assez fort pour la transporter jusqu'à son lit, qu'il se promettait de faire leur. Maintenant qu'elle ne pesait plus rien – puisqu'elle n'existait plus – c'était nettement plus faisable.
Cette simple pensée manqua de leur faire perdre leur fragile équilibre. Cuddy se cramponna à lui dans un petit rire. Il la serra un peu plus fort et passa la porte, atteignant la chambre baignée par les rayons chauds du soleil levant. Il la déposa délicatement sur le lit, elle s'arqua dans un mouvement d'anticipation pire que sensuel, bombant la poitrine. Elle lui lança un regard provocateur, ses yeux brillants de désir plongeant dans les siens. Il la rejoignit sur les draps avec bonheur, fondant sur sa proie pour prendre ses lèvres entre les siennes. Ladite proie entoura son cou de ses mains fines, le gardant le plus proche d'elle possible.
House posa une main sur son sein.
Son cœur ne battait pas.
Kutner, debout au pied du lit, fit alors part de son commentaire habituel :
« Too bad it isn't true. »
FIN
