Bonsoir à tous et à toutes !
Je sais, facile deux mois sans poster de chapitre ! Honte à moi ! Mais pour me faire pardonner, je vous offre tout droit sorti de mon imagination, un nouveau chapitre de 10 pages ! Ce n'est pas beau ca ? ;)
Les Silmarils ont été retrouvés, et les trois Reines de la Guerre sont à l'abri dans les bois de la Lorien. Mais la bataille se rapproche…
Sorsha sortit prendre l'air sur la terrasse. Caras Galadhon était une cité magnifique. Totalement à l'image de sa reine. Elle passa ses jambes par-dessus la balustrade, se moquant du vertige qui la prenait quand elle regardait en bas et laissa son esprit vagabonder.
Elle se revoyait quelques mois auparavant, avant la dissolution de la Communauté de l'anneau. Elle se rappela le Col de caradhras, Legolas qui la porta car elle ne pouvait plus avancer, elle sentait encore la chaleur de son corps contre le sien. Elle revit la folle course poursuite des Uruks, le soir où Legolas lui avait avoué ses sentiments : « Oui, j'éprouve pour vous plus que de l'amitié » avait il murmuré après l'avoir embrassé. Ces mots résonnaient encore dans son esprit. Elle revit leur première dispute, leur première nuit d'amour. Leurs Noces. Elle soupira puis dans un élan enfantin, elle joignit les deux mains, ferma les yeux et murmura :
- Reviens-moi ! Reviens-moi ! Reviens-moi ! Legolas de Mirkwood, s'il te plait reviens-moi ! S'il te plait ! S'il te plait ! S'il te plait ! S'il te plait !
Elle attendit quelques secondes puis ouvrit les yeux. Évidemment, rien. Le Prince Sylvestre n'était pas apparu à ses côtés.
- Ce n'est que dans les dessins animé que l'on appelle le prince charmant et qu'il arrive ! Pfff ! Disney, je te fais un procès pour publicité mensongère !
Elle décida de s'occuper le corps et l'esprit avant de devenir folle et partit sur le terrain d'entrainement retrouver Merry et Pippin. Elle ne fut pas vraiment surprise d'y trouver Arwen et Eowyn. Elles étaient toutes les trois dans la même situation, alors, elles éprouvaient les mêmes envies : oublier, ne plus y penser.
- Merry ! Pippin ! A moi ! A l'attaque ! Tous sur Haldir !
Les deux Hobbits ne cherchèrent pas à connaître la cause, mais ils se jetèrent sur le Galadrhim ! Sorsha s'en mêlant, cela donna un joyeux fouillis, où plus personne ne respectait les règles du combat. Haldir avait un Hobbit suspendu à chaque jambe, et la fille de sa reine qui essayait de le malmener avec son épée en bois :
- Allez-y ! Redite le que je suis nulle pour voir ?
- Je le redis et je le maintiens : princesse, vous ne valez rien à l'épée. Ni à l'arc d'ailleurs !
Sorsha grimaça : elle n'était pas nulle d'abord, elle avait juste besoin d'entrainement.
- C'est surtout que vous vous êtes un super mauvais professeur ! ricana t elle. Et puisque j'ai perdu mon temps avec vous, cela mérite une punition.
Haldir, haussa un sourcil, se demandant bien ce que pouvait lui faire la jeune femme. Arwen et Eowyn, qui assistaient a la scène, commencèrent a se poser des questions sur les intentions de Sorsha. Arwen savait qu'Haldir était un excellent gardien, mais que son sens de l'humour était peu développé, surtout lorsque c'était sa personne qui en faisait les frais. Mais elle n'eut pas le temps de raisonner sa belle sœur, qu'elle lui envoya le litre d'eau contenu dans la gourde, qui était à l'instant suspendu a sa taille. Le garde de la Lorien voulut éviter l'eau mais avec les deux Hobbits toujours accroché à ses jambes, il s'écrasa misérablement le nez dans la poussière, sous les rires de Sorsha, Merry et Pippin.
Le visage et les cheveux trempés, ainsi qu'une bonne partie de son pourpoint, Haldir saisit le poignet de Sorsha :
- Vous vous trouvez drôle peut être ?
- C'était pour rire ! Vous me faite mal, lâchez moi !
Sous l'effet de la colère, Haldir lui serrait violemment le poignet. Il la lâcha soudainement, et s'en alla rapidement du terrain d'entrainement.
Sorsha massait son poignet endolori. Arwen se rapprocha d'elle :
- Ca va ?
- Moi oui, mais il est malade ce type ! Faut le faire enfermer !
- Haldir est très susceptible Sorsha ! Renseigne-toi sur le caractère des gens avant de faire des blagues aussi enfantines ! gronda Arwen.
Elle décida de ne pas en rajouter mais trouvait qu'il n'y avait pas mort d'homme non plus, que ce n'était qu'un peu d'eau et que décidément, ce type méritait bien le surnom qu'elle lui avait donné : Haldir Le Sympathique.
La fin de la journée se termina tranquillement. Tandis que les jeunes femmes lisaient dans le talan d'Eowyn, Elrond vint leur apprendre que le combat décisif se tiendrait sur le champ du Celebrant. Plusieurs garnisons y avaient déjà été envoyées afin de préparer un fort. Sylvebarbe avait été prévenu et interviendrait quand les ennemis s'en douteraient le moins.
- Lorsque Gae apparaitra, ce sera a vous d'agir.
- Et comment on la reconnaitra ?
- Elle ressemble a une humaine, à l'exception de quelques détails infimes : des serpents lui servent de chevelures et il ne faut jamais la regarder dans les yeux sous peine d'être changé en statues de pierre.
- Elrond, vous êtes sure que vous ne parlez pas de Méduse là ?
- Sorsha, arrêtez de raconter des âneries !
- Pour une fois que j'en dis pas ! Non, sérieux, dans la mythologie grecque, c'est une gorgone et il faut lui trancher la tête pour la tuer. C'est ce qu'il a fait Persée !
- Je ne comprends rien, Sorsha, soupira Elrond. Mais pour tuer la fille de Sauron, il faudra plus que la décapiter. Il vous faudra la lumière des Silmarils.
- Et on s'en sert comme des bombes atomiques ?
- Des quoi ? s'écrierent Arwen, Eowyn et Elrond en chœur.
- Bah, laissez tomber… Trouvez juste le mode d'emploi et tenez-moi au courant.
Sorsha n'avait pas envie de batailler. Elle ruminait encore l'histoire d'Haldir, lorsqu'elle l'aperçut marchant dehors. Elle décida d'aller le trouver. Son comportement était stupide, mais c'était l'un des meilleurs amis de Legolas. Alors elle décida de s'excuser.
- Haldir ? l'interpella t elle doucement.
- Quoi ? aboya t il.
- Je… je voulais vous demander pour mon comportement de toute à l'heure. C'était enfantin et peu respectueux. Je vous prie de me pardonner (Non, mais qu'est ce qu'il faut pas sortir comme conneries quand même !, pensa en simultané la jeune femme)
Le garde de la Lorien la regarda, lui-même étonné des propos de sa princesse. Puis, il lui sourit.
- Je vous pardonne, demoiselle Sorsha. J'espère que vous ne faites pas subir la même chose à Legolas.
Sorsha se ferma comme une huitre, bredouilla un au revoir et tourna les talons. Il la rattrapa en deux enjambées.
- Il me manque aussi ! avoua t il. Et je suis sincèrement désolé de n'avoir pas su prévoir qu'Almarië se retournerait contre nous.
- Ce n'est pas votre faute, Haldir ! Personne ne s'attendait à ça ! L'ennemi a frappé là où on ne l'attendait pas.
Elle lui sourit tristement et partit vers son talan. Finalement, sous son côté bourru, il était vraiment sympathique…
Sorsha se glissa dans les draps de son lit, qui lui semblait immense pour elle toute seule. Résignée, elle s'installa en plein milieu, demanda aux Valars de protéger Legolas, Aragorn et ses amis pris au piège. Et fermant les yeux, elle sombra rapidement dans les bras de Morphée.
- Sorsha, mon amour, je te retrouve enfin ! J'ai crû ne jamais te revoir !
- Je croyais t'avoir perdu, murmura Sorsha en se jetant dans les bras de l'elfe.
- Ne pleure pas, je suis là.
Le couple s'embrassait jusqu'à manquer de souffle, leur mains se baladaient sur le corps de l'autre, avides.
Soudain, le ciel devint brusquement noir, des éclairs découpaient des cicatrices sur ses nuages joufflus. Sorsha se colla au corps souple de Legolas. Gae et Almarië venaient d'apparaître. L'elfe traîtresse claqua des doigts, et Legolas poussa rudement Sorsha avant d'aller se lover contre Almarië. Sans qu'elle sache comment, Eowyn et Arwen étaient à ses côtés. Elles croisèrent le regard de Gae et se changèrent aussitôt en statues de pierre:
- Noooooon ! hurla la jeune femme.
Legolas se rapprocha d'elle, la prit dans ses bras, puis d'un geste sec, lui enfonça l'une de ses dagues dans l'abdomen, avant de se retirer dans les bras d'Almarië, pour la regarder agoniser et se vider de son sang.
Sorsha se réveilla en sursaut, moite, les larmes coulant sans qu'elle pût les en empêcher sur ses joues. Le cauchemar qu'elle venait de faire était encore plus abominable que les précédents. Celui-ci avait l'air si réel…Elle frissonna, souhaitant de toutes ses forces pour que ce ne soit pas un rêve prémonitoire. Pas seulement pour elle, mais aussi pour ses deux chères amies. Elle avait déjà perdu Legolas. Pas Arwen ! Pas Eowyn ! Puis d'un coup, écarquilla les yeux :
- Mais oui, bien sur !
Elle se leva sans prendre le temps de regarder par la fenêtre pour se donner une idée de l'heure ( il était trois heures du matin) et fila dans les talans voisins réveiller Arwen et Eowyn.
- Les filles ! Debouts ! Je sais ce qui va nous permettre d'avoir un avantage sur Gae.
Arwen se tenait à côté d'elle, Eowyn était vautré dans son lit, l'oreiller sur la tête, incrustée dans le matelas.
- Eowyn ! Debout ! Allez ! Dépêche-toi bon sang !
- Grumblleiudpfia… grogna la Rohirrim.
Sorsha tira d'un coup sec sur la couverture. Cela n'eut pas l'effet escompté. Eowyn se roula en boule, façon fœtus.
- Bordel, Sorsha fiche moi la paix !
- Non ! On doit partir ! Tout de suite !
- Attends deux minutes, demanda Arwen. Tu comptes partir où, au milieu de la nuit, à l'aube de la bataille ?
- Chercher une sorte de bouclier.
- Et on peut savoir où il se trouve ce bouclier ?
- A Minas Tirith.
Arwen ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit.
- Non mais t'es pas bien ? grogna Eowyn. Tu nous réveilles en pleine nuit pour nous dire d'aller chercher un bouclier à Minas Tirith. Je te rappelle qu'en ce moment, la cité Blanche c'est un peu l'équivalent de Minas Morgul en son temps !
- On doit y aller ! Il y va de notre survie. Faites-moi confiance les filles. On a besoin de ces boucliers. Sinon, Gae vaincra. Et la Terre du Milieu disparaitra en même temps que nous.
Eowyn et Arwen se regardaient, hésitantes.
- Nous devons partir sur le champ.
- Tu veux dire sans prévenir personne ?
- Il le faut. On chope Merry et Pippin au passage, nos chevaux, du lambas. Eowyn, tu files aux écuries, Arwen, tu vas faire provision de la boustifaille elfique. Moi, je vais chercher Merry et Pippin. On se retrouve devant les écuries.
- Je connais un chemin pour quitter la Lorien sans croiser Haldir.
Sorsha lui sourit. Ses amies la suivaient. Elles avaient confiance en elle. Mais Sorsha sentait que son cauchemar n'était pas comme les autres. Il était différent… Plus réel, plus atroce. Elle le sentait au fond de ses entrailles. C'était ce qui les attendait si elles ne contournaient pas le Destin.
Arwen laissa une brève lettre à Elrond, afin qu'ils ne se fassent pas trop de souci ici.
Cher Ada, Chers Tous,
Nous sommes partis chercher un bouclier afin de vaincre Gae. Merry et Pippin sont avec nous. Ne vous inquiétez pas, nous serons de retour avant la bataille. Sorsha sait ce qu'elle fait.
Nous vous aimons fort.
Avec tout notre amour,
Arwen, Sorsha, Eowyn.
Vêtus de capes de Galadhrims volés dans la chambre de Lam, trois jeunes femmes et deux hobbits quittèrent les bois de la Lorien pour se rendre à Minas Tirith.
- J'espère que tu sais ce que tu fais, murmura Arwen.
- Oui. Il nous faut ces objets. Nous sommes perdues sans eux. Répondit Sorsha.
Là où elle se tut, c'est qu'elle n'avait aucun plan d'attaque. Comment allaient-elles entrer dans Minas Tirith sans se faire tuer ? Elle décida d'aviser sur le moment. Pour l'instant, il leur fallait rejoindre le Gondor.
Le lendemain matin, Elrond découvrit la brève missive laissé par sa fille. Il partit rapidement le montrer à Galadriel, Celeborn et Gandalf. Il le leur lut à voix haute puis le froissa dans ses mains :
- Arwen a perdu l'esprit ! Sorsha sait ce qu'elle fait ! répétait il. Sorsha ignore tout ! Comment a-t-elle réussi à les embrigader dans son plan ? Nous devons lancer une patrouille à leur poursuite. Elles ne se rendent pas compte du danger !
- Faite confiance à Sorsha, mon vieil ami ! déclara Gandalf. Sous ses airs malicieux et son effronterie, c'est une âme noble. Et si elle a décidé de prendre le risque de partir en pleine nuit chercher ce bouclier, il y a certainement une bonne raison.
- Gandalf a raison. Laissons leurs dix jours pour revenir. Après nous enverrons Haldir nous les ramener.
- Bien, puisque leur folie fait l'unanimité…marmonna Elrond, furieux et par-dessus tout inquiet.
Trois jours plus tard, à quelques lieux de Minas Tirith :
- Comment on va entrer ? demanda Pippin.
- Vous devez être recherchées ! affirma Merry.
- Certainement. Mais nous n'avons pas fait tout ca pour rebrousser chemin. Attendons la nuit. Nous passerons plus inaperçus.
- Eowyn a raison. Profitons-en pour nous reposer et reposer nos montures.
Sorsha ne disait rien. Elle avait peur tout à coup. Elle se mettait et mettait par la même occasion délibérément ses amis en danger. Et elle n'était pas sûre de trouver ce qu'elle était venu chercher… Mais à présent ils étaient devant la Cité Blanche. Elle ne pouvait décemment pas repartir sans avoir tenter de récupérer ses fameux boucliers !
La nuit tomba rapidement et le petit groupe, soigneusement enlaidi à l'aide de boue, de terre, d'herbe entrèrent dans Minas Tirith, le capuchon de leur cape soigneusement rabattu sur leur yeux. Ils parvinrent sans mal à s'introduire dans la Cité. Le plus dur, leur annonça Sorsha, serait de pénétrer dans ses anciens appartements, s'ils étaient toujours là.
Ils mirent toute la nuit pour entrer dans la Cour de la Fontaine, là ou l'arbre du Gondor resplendissait. Il fallut jouer de la prudence et de la patience.
Devant l'entrée principale, se tenait deux gardes.
- ils ne nous laisseront jamais entrer ! geignit Merry.
- Sauf si on a un plan ! murmura Sorsha dans un sourire.
Ses amis la regardaient, attendant qu'elle dévoile ce qu'elle voulait faire.
- S'il y a une diversion, quelque chose ou quelqu'un qui capte leur attention, on pourra se faufiler !
- Je ne vois pas ce qui pourrait nous aider ! Il est presque 21H ! l'interrompit Eowyn.
- Moi je pensais à des visiteurs égarés ! Désireux de voir l'Arbre Blanc du Gondor, la Maison du Roi et tout cela ! De petits visiteur serait parfait, venant d'une région assez lointaine. Avec un visage jovial, car on ne se méfierait pas d'eux.
- Oui, mais je n'en vois nulle part moi des visiteurs comme ca ! s'écria Pippin.
Arwen, Eowyn et Sorsha éclatèrent de rire. Naïfs petits Hobbits ! Ils n'avaient pas encore compris que ce serait eux la diversion.
Merry, plus lucide que Pippin leur fit les gros yeux :
- Ah non ! Je ne suis pas d'accord ! Pourquoi ce n'est pas vous qui faites diversion ? Hein ? Pourquoi ?
- Parce que si les gardes nous voient et nous reconnaissent, ils nous enfermeront dans un cachot. Puis à l'aube nous serons toutes les trois décapitées.
Arwen avait raison. Leur tête étaient mises à prix. Almarië souhaitait leur mort plus que tout.
Sorsha prenait à peine conscience du danger dans lequel elle s'était fourrée. Entrainant avec elle ses amies de toujours.
Bon, Arwen avait un peu dramatisé la chose, dans le ton de sa voix, son regard, mais les Hobbits n'y virent que du feu et acceptèrent d'aller occuper les gardes.
- Il ne faut pas qu'on vous voit ! s'écria Pippin, en bombant le torse, le regard décidé. Allez viens Merry, allons faire la diversion !
Et d'autorité, il saisit le bras de son cousin, l'entrainant vers les deux gardes de la citadelle.
Les trois Reines patientèrent quelques minutes, prêtes à intervenir si les gardes se montraient mauvais. Mais les Hobbits avaient une si bonne bouille, que les gardes les amenèrent vers l'Arbre Blanc du Gondor :
- Vous savez mes jeunes amis, le premier des arbres blancs fut planté par Isildur…
Lorsque la voix du garde fut assez lointaine, les trois jeunes femmes s'élancèrent à toutes vitesses vers la porte. Elles avisèrent le couloir. Vide. Puis en frôlant les murs, plus silencieuse que la nuit, elles entrèrent enfin dans les anciens appartements de Sorsha.
Cette dernière fut pétrifiée :
Le tableau qui s'offrait devant ses yeux n'était que désordre : les meubles avaient été renversé, ses vêtements gisaient par terre, le lit avait marqué le début d'un feu rapidement éteint. Sorsha supposait a juste titre qu'Almarië s'était acharné sur ses affaires. Puis, elle se ressaisit. Elle était là pour une chose et une seule ! Elle commença à ramper a travers ses affaires, soulevant maillot de bain, escarpins, foulard, serre tête...
Soudain, la porte s'ouvrit et une silhouette s'engouffra. L'ombre était fine, petite. Arwen cachée derrière une armoire faisait signe à Sorsha, vautré sous ses robes et a Eowyn, sous le lit de ne pas faire de bruit.
La silhouette avança, puis ramassa un T-shirt et se mit à pleurer.
Sorsha connaissait ces pleurs. Malgré la faible lueur de la lampe de l'ombre, elle ne savait si elle avait raison. Si elle échouait en voulant faire preuve de bonté ? Un nouveau sanglot s'éleva dans les airs.
Sorsha se leva, sure d'elle, sous le regard affolé d'Arwen. Contre toute attente, elle prit l'ombre dans ses bras :
- Chut Elinel ! Ca va aller ! Ne pleure pas !
- Dame Sorsha ? Je rêve ? Suis je dans un songe ?
- Non, ce n'est pas un songe, hélas !
- Je suis tellement contente de vous voir ! dit-elle en resserrant ses bras autour de la taille de la jeune femme.
Arwen et Eowyn sortirent de leur cachette et regardèrent avec tendresse la jeune suivante de leur amie. Une fois ses larmes séchées, Sorsha lui demanda de lui racontait tout ce qu'il se passait ici, a Minas Tirith.
Les trois amies se regardaient, la peur dans le regard, la douleur dans leur cœur. Qu'allaient-elles apprendre ? Elles savaient toute les trois qu'elles étaient peut être à 100 mètres de leurs époux. Cela faisait si longtemps qu'elles ne les avaient pas vu, si longtemps qu'elles les avaient perdus…
- Tout va de mal en pire ici, commença Elinel, ne lâchant pas la main de Sorsha. Depuis leur ensorcellement et votre départ, Aragorn, Legolas, Eomer, Faramir et Gimli sont les esclaves d'Almarië. Ils lui obéissent en tout. C'est elle qui dirige le Gondor, le Rohan et fait pression à Mirkwood. Elle prépare la guerre. Saroumane vient souvent ici. J'ai cru comprendre que la bataille pour vaincre les «Rebelles » comme ils vous appellent ne tardera plus désormais.
- Que sais tu de plus a ce sujet ?
- Gae mènera elle-même ses troupes. Toujours plus exigeante, elle ne veut plus seulement vous asservir mais Almarië a donné l'ordre a ses soldat de tous vous exterminer : vous trois, mais aussi Gandalf, Galadriel, Elrond, tous ceux qui n'accepteront jamais son autorité.
- Comment va la cité ? demanda doucement Arwen.
- Mal. La guerre se prépare, Almarië a enrôlé tous les hommes capables de tenir une épée. Les habitants ont peur, ils obéissent mais ce dont ils ont le plus peur, c'est de leur ancien Roi. Aragorn tout comme Legolas ou Faramir ne sont plus les mêmes. Jadis plein de bonté, aujourd'hui ils semblent être le Mal en personne. La peine de mort a était rétablie et chaque jours les bourreaux s'affairent. La nourriture est rationnée. Le peuple a peur, et il ne sait plus vers qui se tourner.
- Comment vont-ils ? demanda Eowyn, ne tenant plus.
- Bien l'on suppose. Mais leur caractère est à l'opposé de ce qu'ils ont été. Ils sont devenu violents, cruels, méchants. Je crains de les croiser dans un couloir.
- Et sont-ils les amants de nos traitresses ?
Elinel hésita. Devaient elle dire la vérité a ses trois maitresse, sachant le mal que cela leur ferait ?
- Dis-moi s'il te plait, supplia Sorsha.
- Oui, ils les ont épousé en grande pompe voila trois mois.
Leur cœur saigna à nouveau. Mais il n'était plus à une blessure près. Elles tueraient Gae, et tout les orques de la terre du milieu s'il le fallait, mais leur hommes leurs reviendraient !
- Elinel, tu te souviens de mes lunettes de soleil ? Tu sais ces objets qui permettent d'atténuer l'éclat du Soleil ?
Elinel hocha la tête et se leva à la recherche des objets demandé par Sorsha. Finalement, un quart d'heure plus tard, elle lui tendit un petit sac contenant une vingtaine de paires de lunettes de toutes marques : Chanel, D&G, Prada, Dior…
- Parfait ! Nous pouvons y aller ! s'écria Sorsha satisfaite d'avoir trouvé ceux qu'elle venait chercher. Merry et Pippin doivent commençaient à s'inquiéter.
- Attend, demanda Arwen, on a risqué nos vie pour tes babioles ?
- Ces babioles, ma chère Arwen vont t'éviter de te transformer en statues quand tu croiseras Gae ! Alors un peu de respect pour elles je te prie !
Arwen et Eowyn se regardèrent peu convaincues.
- Je vous montrerais demain les filles ! Allez, il faut y aller !
Elles avancèrent vers la porte. Elinel tenait encore la main de Sorsha dans la sienne.
- Je ne peux pas t'emmenais avec moi Elinel. Ta disparation serait trop suspecte. Mais, je te promets de revenir à Minas Tirith avec le rang qui est le mien !
- Je crois en vous mes Dames !
La jeune fille passa devant, afin de vérifier si la voie était sauve. Ce fut le cas, et sous l'Arbre Blanc du Gondor, elles retrouvèrent les deux Hobbits qui s'impatientaient.
- Ah ben on a eu peur, nous !
- On ne savait plus comment se dépêtrer de ces gardes !
- Rien à dire sur leur sympathie en tout cas !
- Ils nous racontaient toute l'histoire…
- On doit partir ! s'impatienta Eowyn. L'endroit est tout sauf sûr !
Le petit groupe arriva enfin devant les lourdes portes d'entrée de Minas Tirith. Soudain, un fracas terrible se fit entendre :
- Place ! Place à Dame Almarië et au seigneur Legolas !
Arwen prit le bras de Sorsha. Cette dernière se mordit la langue pour ne pas hurler en voyant son époux serrer dans ses bras Almarië. Ils montaient le même cheval, comme elle et lui auparavant...
- Meleth est formelle. Ces garces ont quitté la Lorien. Elles sont venu chercher un objet précieux disait sa dernière missive. J'espère les prendre cette nuit !
- Oui, ma douce, et tu pourras les torturer aussi longtemps que tu le souhaites ! Pour ton amour, je m'occuperais personnellement de cette maudite Sorsha !
- Merci mon amour !
- Je t'aime tellement Almarië !
Sorsha détourna le regard quand leurs lèvres se joignirent. Malgré la douleur infernale qui envahissait sa tête, un nouveau problème venait de surgir : on les trahissait ! Meleth les vendait à Gae !
- Partons vite ! s'écria Merry. Nous devons rentrer au plus vite à Caras Galadhon.
Arwen les mena jusqu'à leur monture puis choisit de prendre une autre route. Celle ci était plus sure, mais les allongerait de plus de trois jours.
Enfin, les pointes des flèches des gardes de la Lorien se posèrent devant eux :
- Vous avez rendu tout le monde très inquiet ! les accueillit Haldir dans un sourire. Je ne suis pas sur Qu'Elrond ait apprécié !
- Je vais encore me faire enguirlander moi ! marmonna Sorsha, faisant sourire toute la troupe autour d'elle.
Dans le palais de Galadriel et de Celeborn, Arwen racontait leurs escapades et ceux qu'elles y avaient appris grâce à Elinel. Puis vint le moment d'annoncer la traitrise de la fille d'une des plus vieilles familles de la Lorien :
- Meleth nous trahit. Elle s'est vendue à Gae.
Celeborn soupira :
- J'avais des doutes il y a quelques mois. Puis, je me suis dis que cette guerre me rendait nerveux… Je ne voulais pas y croire...
Il prit la tête entre ses mains.
- Garde ! Allez chercher Meleth, et enfermez la dans une pièce. J'arrive tout de suite !
- Qu'allez vous lui faire ? demanda Sorsha.
- L'interroger. En savoir plus sur ce qu'elle a dévoilé et surtout savoir si elle a des complices. Puis je la bannirai séant.
Sorsha se réfugia dans son talan et s'allongea sur son lit. Elle avait l'impression que tout allait de pire en pire, que la situation n'allait jamais s'améliorer ! Tant de mois avaient déjà passé depuis l'exil de Minas Tirith en parias… Et maintenant, elles apprenaient qu'une des leurs les trahissait… Et elles avaient vu Legolas. Son Legolas dans les bras d'une autre. C'était lui sans être lui à la fois. C'était si étrange… Et il la haïssait. Il avait dit qu'il s'occuperait personnellement d'elle pour plaire à Almarië. Mais quelle horreur ! songea Sorsha.
- Ca va Sorsha ?
- Ne t'inquiète pas pour moi Arwen. Je gère.
- J'aurais préféré voir Aragorn pour t'épargner ca, ma chère amie !
- Legolas me hait.
- Ce n'est pas Legolas. Ce n'est pas son esprit ! Legolas t'adore ! Il lui a fallut trois mille ans pour tomber amoureux !
Elle ne répondit rien. Si seulement Arwen disait vrai !
- Tu le retrouveras ! Comme je retrouverais Aragorn ! Ne perd pas espoir !
- Dans mon monde, Corneille a dit : « Si l'Amour vit d'Espoir, il périt avec lui. »
- Et ici on dit que l'Amour vaincra toujours !
- Je souhaite que tu ais raison Arwen, je le souhaite de tout mon cœur !
Puis, elles allèrent diner. Celeborn leur apprit qu'il n'avait rien put tirer de Meleth. Elle avait quitté Caras Galadhon voilà près de deux heures.
- Nous ne pouvons pas changer nos plans, déclara Gandalf. La bataille aura lieu sur les champs du Celebrant. Et dés que Gae se montrera, Arwen, Eowyn et Sorsha devront agir le plus vite possible !
- Génial… maugréa Sorsha.
- Plus vite Gae sera éliminé, plus vite les gondoriens et tous ceux que Almarië a ensorcelé retrouveront leurs esprits. Nous devons épargner nos frères.
- Ok ok ! Vous inquiétez pas, on va la réduire en bouilli la Gae !
- Lancez lui les Silmalrils ensemble, et cela devrait suffire !
- Si on ne peut plus s'amuser un peu !
Soudain, Eowyn se rappela des propos d'Elinel, la jeune suivante de Sorsha.
- Saroumane vient souvent à Minas Tirith. Savez-vous ce qu'il manigance ? A-t-il levé une autre armée ? Prendra t il part a la bataille ?
- Saroumane est un poltron, décréta Gandalf. Il participera, mais de loin, juste assez prés pour prouver son allégeance sans risquer de se faire tuer ! Quant à lever une armée, je ne pense pas ! Où et comment ? Saroumane a tout perdu !
- Lam, Alendio, appela doucement Galadriel. Il fau que vous partiez ! Chevauchez au sud !
- Qu'avez-vous vu mère ? demanda le cadet, inquiet.
- Une ombre grandi dans mon esprit. Chevauchez, et revenez au plus vite m'apaiser !
La fin du diner se déroula dans une ambiance étrange. Qu'avez vu Galadriel ? Sorsha regrettait déjà l'absence de ses frères. Ces derniers jours, ils l'aidaient à s'entrainer au combat. Elle devait absolument arriver à tenir une épée avant de gagner le Champs du Celebrant. Elle ne voulait être un poids pour personne.
Elle arriva devant le talan de Lam. Et frappa. Il l'accueillit torse nu. Il l'invita à entrer et tandis qu'il continuait à rassembler quelques maigres effets de voyage, elle le détaillait. Il était beau. Il avait le corps d'un guerrier. Elle avisa la cicatrice récente dans son dos. La marque d'Ungoliant. Sans réfléchir, elle l'effleura du bout des doigts.
- Arwen m'a tout dit.
Sorsha le regardait, sans rien dire.
- Il ne te reconnait vraiment plus ?
Elle secoua la tête. Et baissa les yeux. Que pouvait-elle bien dire ? Y avait-il seulement une réponse à ca ?
Lam se rapprocha d'elle et sans qu'elle ait le temps de reculer la serra fort contre lui.
- Je te veux toujours Sorsha. Je t'aime et je veux te rendre heureuse.
- Mais Legolas, mon Legolas vit encore dans ce corps, j'en suis sure.
- Je veux faire ma vie avec toi. Je ne te demande pas de réponse tout de suite. J'attendrais la fin de cette maudite Gae. Mais réfléchis-y s'il te plait !
Elle hocha la tête sans y croire sincèrement. Legolas lui reviendrait. Elle le voulait ! Et cela se passerait comme ca dès que Gae sera tombé.
- Fais attention à toi Lam ! Revenez-moi vite !
Le départ pour le champ du Celebrant arriva plus rapidement que tous et toutes ne le pensaient. Un matin, Sorsha, Arwen, Eowyn et les Hobbits quittèrent le calme et la tranquillité de la paisible cité de Caras Galadhon. Mille galadhrims, une bonne centaine d'elfes du royaume sylvestre, menés par Haldir et ses deux frères, Rùmil et Orophin. Il leur faudrait entre deux et trois jours pour rejoindre le fort et les soldats qui s'y étaient rendus précédemment.
Celeborn avait tenu à les accompagner, ainsi qu'Elrond.
Lorsqu'ils arrivèrent, Sorsha et Eowyn furent impressionnées par le paysage. Le vent courait dans l'herbe. Le soleil rayonnait. Qui aurait pu croire que ce lieu serait le témoin d 'une guerre sanglante.
La tension commençait à courir dans les veines de tous ceux qui étaient là pour combattre le Mal. Ils étaient si peu. Évidemment, Gandalf était là. Les trois reines de la guerre et leurs Silmarils aussi. Pourtant personne n'était serein. Et pour cause, ils allaient se battre contre leur frère : il y aurait des orques, des trolls, certes, mais également des gondoriens mené par Aragorn, des rohirrims, menés par Eomer, des elfes de Mirkwood. Si ceux qui se battaient aux côtés de Sorsha, Arwen et Eowyn pouvait abattre de sang froid n'importe quel orque, c'était différent des malheureux qui étaient victimes du sort d'Almarië et de Gae.
C'était pour cela que les Reines de la Guerre devaient agir vite. Tuer Gae et rompre le sortilège avant de répandre sur les champs du Celebrant, le sang de leurs frères. Les elfes de Mirkwood, enrôlés de force par Legolas et non ensorcelé par Almarië avaient décidé de se retourner contre le camp qu'ils servaient. Ce serait la première fois qu'il désobéirait à leur Prince. Mais ce n'était plus lui. Un étranger. D'ailleurs, c'est eux qui avaient dépêché une missive au risque de leur vie, pour confirmer la position du champ de Celebrant.
Orophin et Rumil vinrent aider les trois jeunes femmes à monter leur tente. En effet la situation ne se présentait pas pour le mieux du monde :
- Mais Sorsha ? Tu le fais exprès ? C'est là qu'il va ce piquet ! Pas là ! enrageait Eowyn.
- Ben moi je le trouvais mieux là !
Eowyn grinça des dents et saisit le fameux piquet, exaspérée.
- Il est où le maillet ?
- Quel maillet ?
- Celui que tu as dans les mains ! Non mais tu veux vraiment dormir à la belle étoile ?
- Arrêtes de me criez dessus ! Tu me soules Eowyn !
- Tu me soules aussi !
- Très bien !
- Très bien !
Rumil et Orophin saisirent les piquets et le maillet sous les éclats de rire d'Arwen.
Une quart d'heure après :
- Sorsha, on te demande à l'extérieur, dit Merry en soulevant le pan de lourde toile qui leur servaient d'entrée et protéger leur intimité.
Lorsqu'elle sortit, elle n'en croyait pas ses yeux, les elfes de Mirkwood se tenait là, un genou a terre devant elle devant eux, Galion, l'échanson du roi Thranduil, lui souriait gentiment. Il tenait une épée dans ses mains :
- Demoiselle Sorsha, le roi Thranduil vous envoie ce modeste présent et notre loyauté. Vous êtes la Princesse de Mirkwood et nous jurons tous ici présent de vous protéger !
Les larmes montèrent aux yeux de Sorsha, émue, mais elle les ravala. Elle devait être fière de cette confiance. Beaucoup de ces elfes ne l'avait jamais vu, mais ils se basaient sur l'amour de Legolas pour lui donner leur confiance. Elle s'avança vers Galion, prit entre ses mains, l'épée finement ouvragée.
- Mes amis, relevez vous ! demanda t elle aux elfes de Mirkwood. Votre confiance m'honore et m'emplit de joie. Je ferais tout pour arrêter Gae et ses monstrueux desseins. Et même si je dois y perdre la vie, ensemble, nous arracherons Legolas des mains de cette sorcière !
Elle brandit son épée, fendant l'air, imité dans la seconde par les elfes sylvestres. Derrière elle, Gandalf applaudissait, ses amies souriaient. Elrond s'approcha d'elle :
- Je ne vous savais pas une âme de chef de troupe !
- Vous n'êtes pas au bout de vos surprises mon cher Elrond ! déclara t elle dans un sourire.
Alors ? Rewiew ? )
