Ch 2. Le Monstre, le Sauveur et la Miraculée.

Misère. Le trajet avait plutôt bien commencé. Se retrouver avec des gens comme cela la perturbait grandement. Bien sûr, même si elle avait dit qu'ils pouvaient être sympathiques, elle n'avait jamais vraiment voulut naviguer avec eux – aussi court le trajet soit-il. Oh, peut-être avait-elle dit qu'elle voulait, quand elle était gamine, devenir un des leurs, mais par Roger c'était il y a longtemps et elle estimait qu'être proche d'eux, c'était être deux fois plus exposé à une mort certaine – d'un parce que la marine les chassait sans repos, de deux... Parce que c'était des pirates, tout simplement, et que pour eux l'aventure comportait des paramètres obscurs qu'elle n'avait jamais compris – dont le fait d'aimer les combats, ces choses de ce genre... Mais bon, pour le moment elle était en sécurité – bon sang, ils l'avaient sauvé ! - et par les couilles de Roger, le poisson était absolument succulent.

Une heure plus tôt :

Cela faisait huit jours qu'elle naviguait et tout se passait à merveille. Le temps avait été en grande partie clément et s'il y avait eu de la pluie et un orage, rien n'avait donné place à une tempête – et de toute manière le bateau était tellement solide que rien ne semblait pouvoir le faire plier. Ses journées s'étaient passées comme elle les aimait : elle lambinait une majeure partie de la matinée, aussi de l'après-midi et s'amusait de temps en temps à pêcher avec son harpon – elle avait déjà fait le plein pour la route avec ce qu'elle avait déjà attrapé. Les poissons étaient petits, peu intéressants sauf pour s'en nourrir et aucune de leur écaille n'avait retiré son attention. Et si elle finissait par s'ennuyer, elle se plongeait dans un des quelques livres qu'elle avait chapardé à Kalifa, même s'il s'agissait le plus souvent de ridicules histoires d'amour impossible, comme ces nombreux livres pour midinette – par Roger, non, elle n'était absolument pas captivée par ces récits absurdes. Il ne lui restait que deux jours de navigation afin d'arriver à bon port et commençait à se demander comment serait la prochaine île où elle accosterait. Après tout Water Seven était une île où beaucoup de gens passaient, et les différents chemins de Grand Line rejoignaient en bon nombre la métropole aquatique pour repartir dans différentes directions. Les champs magnétiques de la ville étaient en effet plus puissants que la normale et c'était pour cela que bon nombre de personnes y accostaient. Ainsi personne n'avait su prédire sur quelle île elle pouvait débarquer.

Et puis c'était là que tout était arrivé. Elle était tranquillement allongée sur le pont quand elle avait vu au loin un remous de la mer un peu trop fort pour être normal. En s'armant de son harpon, elle avait rapidement inspecté l'eau avec un mauvais pressentiment. L'animal dans l'eau, bien que très éloigné, avait l'air d'être énorme. Peut-être même que c'était un... Non pas possible, il ne pouvait pas y en avoir ici, c'était trop loin de Calm Belt ! Patty lâcha un rire quelque peu nerveux. Puis elle se mit à hurler. En effet, le spécimen était loin, mais tellement gigantesque qu'il avançait à une vitesse faramineuse. Et il fonçait droit sur elle. Et il s'agissait bien d'un roi des mers.

« Par les couilles de Roger, c'est pas possible ! Bordel ! »

Patty gémit et ferma les yeux. Bon sang, elle était trop jeune pour mourir ! Son aventure prendrait-elle fin aussi rapidement que ça ? Aussi ridiculement ? Elle n'avait jamais imaginé croiser un de ces monstres ici. Prenant une grande inspiration elle se campa sur ses jambes, son harpon dans les mains. Elle devait faire peine à voir car son arme tremblait misérablement dans ses mains et ses dents claquaient. En voyant l'énorme bête à moins de cinquante mètres d'elle, elle commença à beugler de peur.

« Ce n'est pas censé se passer comme ça ! Je ne veux pas que tu me manges, et d'ailleurs, je suis certaine que ce n'est pas moi qui pourrais te nourrir si tu me mangeais ! Alors dégage et vas-t'en ! »

En pleurnichant, Patty se demanda s'il ne valait mieux pas qu'elle se jette dans l'eau, avant de se rappeler que ça ne lui serait d'aucune aide. Elle ferma les yeux en jurant de plus en plus fort, et commença à invoquer toutes les divinités qu'elle connaissait – alors qu'elle n'y avait jamais cru ! Crispée, les yeux toujours clos, elle attendit le moment fatidique. Encore un peu.

À force d'attendre, elle entrouvrit un oeil avant de les ouvrir totalement, médusée. La monstrueuse bête flottait à la surface, manifestement totalement ruinée et probablement pas par les dieux qu'elle avait essayé d'implorer. Puis ses jambes décidèrent que c'était trop et elle s'étala misérablement sur le sol, essayant de reprendre une respiration normale, les yeux toujours fixés sur le roi des mers. Elle était sauvée. Et par Roger, elle n'avait même pas essayé de décamper ! Alors qu'elle était censée être une professionnelle en la matière ! Au lieu de cela, elle s'était retrouvée totalement figée de peur et n'avait même pas réussi à esquisser un geste. Et bon sang, le monstre s'était retrouvé à terre si facilement ! Qui pouvait bien faire une chose pareil ?

« Je crois que la demoiselle est morte de peur... »

Patty sursauta. À côté d'elle, sur son navire – comment ça sur son navire ? Se tenait tout à coup un homme, qui rengainait tranquillement son arme, et non loin, un bateau.

« Bien sur que j'ai peur ! S'exclama-t-elle. J'ai cru que j'allais mourir et si vous n'étiez pas intervenu... Brrr ! Bon sang, c'est pas passé loin ! »

Elle frissonna. L'individu lui lança un regard inexpressif et lui demanda :

« Que fait une si jeune femme seule sur les mers ? »

Patty prit une grande inspiration et se releva, prudente, mais non sans se sentir atrocement soulagée. Cette personne était peut-être un monstre elle aussi pour avoir tué une bestiole d'une telle taille, mais au moins elle, elle ne voulait pas le manger.

« Je suis pêcheuse. Il est bien normal que j'arpente les mers... »

L'homme eut un ricanement moqueur.

« Eh bien, mademoiselle la pêcheuse, si vous voulez continuer à naviguer, il va falloir être un peu plus courageuse... »

Patty serra les dents, mais décida que sa fierté pouvait attendre quelques instants. À en juger le navire qui se tenait au côté du sien – mais comment était-il arrivé si vite près d'elle ? - ces gens-là se dirigeaient aussi vers l'île où elle allait. Elle en fut convaincue quand elle vit le log-pose accroché au poignet de l'individu, qui pointait dans la même direction que le sien et cela ne serait peut-être pas une mauvaise idée si elle n'y allait pas seule, après ce qu'il venait de se passer...

« La bête était énorme. Je n'en avais jamais vu de si grosse. Je ne suis pas une combattante et je n'aurais rien pu faire avec mon harpon.

- Certes. » acquiesça l'homme.

Patty s'approcha de ce dernier et lui tendit la main.

« Je vous remercie de m'avoir sauvé. Par les couilles de Roger, heureusement que vous étiez là ! »

L'individu regarda longuement sa main, si bien que Patty se demanda s'il allait la saisir – elle avait déjà assez honte comme ça, qu'il n'en rajoute pas ! mais il finit par le faire, avec un sourire en coin. Puis il leva la tête vers son navire, qui venait de rattraper celui de Patty.

« Hoy ! Bepo, Sachi, Penguin ! Ramassez le poisson ! »

Plusieurs têtes apparurent, beuglant des paroles que Patty ne comprit pas – ils avaient l'air de se disputer – puis elle vit le roi des mers se faire rapidement trancher en morceaux puis remonter sur le navire. En quelques instants, il n'y avait plus aucune trace de la bête. Estomaquée et curieuse, elle demanda :

« Vous allez le manger ? Enfin oui, bien sûr, cela paraît évident... »

L'homme lui lança un regard impénétrable.

« Et ne saviez-vous donc pas miss, que ces eaux sont réputées pour contenir ces poissons ? Il fit une pause. Bien sûr, vous n'étiez pas au courant, ajouta-t-il en observant l'expression de son visage. L'île où vous allez, Gokana, est réputée pour en être entourée.

- Mais comment ? Je croyais qu'il n'y en avait que sur Calm Belt...

- Les villageois de l'île ont fait importer quelques rois des mers afin d'être protégés des pirates. »

Patty prit une inspiration et passa sa main dans ses cheveux. C'était certain, elle n'irait pas sur l'île sans leur aide.

« Je vous dois la vie. Je m'appelle Patty. Et vous ? »

L'homme la dévisagea et haussa très légèrement les épaules, l'air de dire que tout cela n'avait aucune importance.

« Trafalgar Law. »

La jeune femme fronça les sourcils, le nom lui évoquant vaguement quelque chose, mais elle ne souvenait quoi. Puis elle lui demanda de but en blanc :

« Dites, vous croyez que je peux vous suivre jusqu'à l'île ? Si j'en recroise un, je ne pourrais absolument rien faire et j'ai vraiment envie d'arriver vivante là-bas. »

L'homme, qui au final n'avait pas l'air d'être beaucoup plus âgé qu'elle – cinq ans tout au plus – n'eut pas le temps de répondre que quelqu'un d'autre prenait la parole :

« Hoy Captain', prenons là avec nous, elle a vraiment pas l'air méchante ! »

Puis Patty vit avec stupeur un ours la regarder et dire à celui qui venait de parler, qu'il ne disait cela que parce qu'elle n'était qu'une femme. L'homme, qui portait une combinaison blanche et un chapeau bleu s'écria que c'était peut-être le cas, mais que de toute façon ils n'auraient laissé personne au milieu de l'eau de cette manière et elle observa avec de plus en plus d'étonnement l'ours blanc se pencher vers l'autre personne et s'excusant, penaud. Elle se tourna vers ledit capitaine, qui était toujours sur son petit navire. Ce dernier soupira discrètement et baissa les yeux vers elle.

« Accordé, miss Patty.

- Super ! La jeune femme eut un sourire. Merci. »

Il détourna la tête en acquiesçant discrètement.

« Captain' ! Venez, le poisson est cuit ! Hoy, Sachi, ne mange pas si vite ! »

l'homme se prépara à sauter.

« Hey ! Patty attendit que l'homme se tourne de nouveau vers elle. Dites, ce serait possible de manger un bout avec vous ? Le roi des mers c'est tellement bon...

- Venez, fit-il en soupirant. »

La jeune femme sauta sur l'occasion pour amarrer rapidement son bateau au leur, puis elle marcha sur le pont du bateau et rejoignit les individus qui l'avaient sauvé. La chair du poisson avait déjà été cuite et le fumé qui s'en dégageait était absolument délicieux. Patty eut un sourire ; manger un poisson comme cela était rare et valait mieux en profiter lorsqu'on en avait un sous la main. Elle se dirigea vers les individus qui l'avaient sauvé et se rendit compte de quelque chose :

« Hey mais vous êtes des pirates ! »

Il y eut un silence où les hommes la regardèrent, consternés. Puis ils éclatèrent de rire.

« Dis donc, c'est que tu es perspicace toi ! Tu sais que c'est normalement la première chose que l'on remarque ?

- Oui, bon... Patty se frotta l'arrière du crâne, embarrassée. Disons que je pensais plus à sauver ma peau...

- Eh bien, mademoiselle Patty, fit une voix derrière elle, bienvenue sur le bateau des Heart Pirates. »

Et voilà donc comment elle s'était retrouvée dans leur navire. Elle avait rapidement ignoré le fait qu'ils étaient des pirates – Ils étaient plutôt sympathiques, malgré le fait qu'ils riaient souvent d'elle au vu de sa minable et inexistante prestation face au monstre marin.

Patty avait englouti un nombre impressionnant de plats, faisant s'esclaffer l'équipage une nouvelle fois, avant de leur expliquer qu'elle, elle n'était pas un monstre et que manger un tel poisson était excessivement rare. L'ours blanc lui avait alors dit qu'il ne fallait pas forcément être un monstre pour en manger – manifestement, il ne comprenait pas l'ironie – et deux des membres de l'équipage lui avaient hurlé dessus en lui disant de ne pas tout prendre au premier degré.

Elle avait donc fait la connaissance de Trafalgar Law, le capitaine – il avait l'air quelque peu taciturne et ne se prêtait pas vraiment aux chamailleries des autres – de l'ours, Bepo – Patty en avait fait tomber son assiette – par Roger, quel blasphème – quand elle avait vu qu'il parlait, vraiment, et il s'était répandu en excuses, elle ne savait pourquoi. Les deux hommes qui passaient le plus clair de leur temps à sermonner l'ours blanc étaient Sachi et Penguin, celui qui avait fait frire le roi des mers était Pako, le cuisinier et les deux autres membres, qui avaient l'air de faire office de musiciens, jouant avec une sorte de luth et avec ce qui ressemblait à une cithare, se prénommaient Dambal et Jasen. L'équipage devait venir de North Blue, car leurs étranges combinaisons paraissaient chaudes et les chapeaux qu'ils portaient recouvraient la majeure partie de leur visage et étaient pour la plupart faits de fourrure. Le chapeau du capitaine, bien que différent au niveau de la forme, semblait être fait de la même matière. En somme, ils étaient plutôt accueillants et Patty était bien heureuse d'être tombée sur des personnes comme eux – d'autant plus que beaucoup auraient tout simplement pris la fuite et elle n'était pas certaine que d'autre l'aurait sauvé, bien que dans leur cas, il s'agissait plus de manger que d'aider réellement une demoiselle en détresse. Dans tous les cas, elle devait au capitaine sa vie, et elle n'avait aucune idée de quoi faire en contrepartie. Une vie ne se remboursait pas par n'importe quoi et elle n'imaginait pas essayer de le protéger – par Roger, cela paraissait tellement absurde ! Elle s'était de plus souvenue pourquoi le visage de Law ne lui semblait pas inconnu ; il était un des pirates qui, en ce moment, se faisait connaître rapidement par sa puissance, elle avait déjà vu l'affiche de recherche le concernant. Et sa prime devait avoisiner les 40 000 000 de berrys, ce qui était tout simplement énorme. Patty poussa un soupir. À Awa, les gens étaient peut-être des gros rustres et sauvages sans vergogne, mais quelques coutumes perduraient depuis longtemps. Ainsi, quand l'honneur d'un des habitants était remis en cause, il était important de tout faire pour le réhabiliter. Et quand un inconnu vous sauvait, votre fierté était tout simplement anéantie, peu importe à quel point vous étiez soulagé d'être vivant. Celle de Patty était depuis quelque temps déjà mise à mal, mais là, elle touchait le fond. Rembourser une dette de vie à un pirate... Qui plus est, un pirate vraisemblablement de plus en plus connu et évidemment redoutable ! Par les couilles de Roger, elle était tout simplement dans une putain d'impasse. Oh et puis, valait mieux ne pas se lamenter pour le moment, elle aurait bien le temps d'y penser plus tard.

La journée passa vite, et Patty appréciait plutôt le fait d'être avec ces pirates – bon sang, leur cave était remplie de vin et de rhum absolument délicieux, et la soirée était arrivée plus vite que prévue, avec elle un léger relent d'ivresse et d'alanguissement, probablement dû au fait que ces bandits s'étaient monumentalement fichus d'elle lorsqu'elle leur avait conté ses misères – Ils avaient été sans pitié pour elle, ça c'était certain. Puis, fatiguée par les événements, la jeune femme avait décidé de repartir sur son petit navire – toujours attaché au leur – afin de dormir tranquillement. Oh et bon sang, elle y repensait, la musique de North Blue était absolument magnifique comparée à celle qu'elle pouvait entendre dans son village – à dire vrai, les habitants d'Awa n'étaient pas non plus faits pour jouer d'un instrument et s'ils en avaient un sous la main, il finissait promptement écrasé sur la tête de quelqu'un d'autre et jamais le son d'un des appareils musicaux n'était entendu. Alors pour une fois pouvoir profiter de mélodies différentes des chansons paillardes était plutôt agréable.

Quand Patty se réveilla le lendemain, elle s'habilla hâtivement et munit de sa canne à pêche et de son harpon entrepris d'attraper quelques poissons pour ses nouveaux compagnons de route. Elle lambinait ainsi tranquillement sur le pont – les menus fretin regorgeaient par ici, c'était un jeu d'enfant de les capturer – quand elle vit un new co – l'oiseau marin qui apportait le journal à qui le voulait. Elle lança un cri pour attirer son attention et lui jeta une pièce en échange de la presse de Grand line. Elle se rassit confortablement et entreprit de lire le quotidien, avant de se figer.

En effet, les pirates au chapeau de paille venaient d'abattre un des shichibukaï, Crocodile, suite à sa tentative de prise de contrôle sur Alabasta, le royaume du désert, en créant une organisation criminelle nommée Baraque Works. Ainsi, les primes du capitaine de l'équipage, Mugiwara no Luffy ainsi que son second, Roronoa Zoro étaient tout simplement stupéfiantes ; Elles atteignaient 100 000 000 et 60 000 000 de berrys. Patty secoua la tête de consternation, ayant des difficultés à imaginer une prime aussi élevée. Elle poussa un soupir avant de s'immobiliser de nouveau. Ce n'était pas les seuls pour qui la prime avait augmenté. Effectivement, celle du capitaine des hearts pirates venait de passer à 80 000 000 et Bepo 60 000 000 de berrys. Alors cet ours savait combattre ? Par Roger, quelle importance ? Elle se trouvait en réalité dans un équipage très recherché par la marine, au vu de combien leur prime venait d'augmenter. Patty eut un frisson. Ils étaient balèzes, ça c'était certain. Selon la marine leur manière de combattre était considérée comme absolument abominable et bon nombre de soldats se retrouvaient, après avoir été en contact avec l'équipage des Hearts, avec d'effrayantes malformations. Le journal montrait des photographies des marins concernés et en effet le résultat n'était pas beau à voir ; ces derniers possédaient des jambes à la place des bras, certains deux têtes, parfois deux torses les uns sur les autres... Par Roger, quel était donc ce pouvoir du diable ? Patty secoua la tête ; bien évidemment, cette capacité devait être issue d'un fruit du démon et il n'aurait pas été étonnant qu'un capitaine pirate en possède un.

Patty sursauta quand elle entendit un bruit, qui provenait du grand navire. Empochant son journal et ses poissons, elle sauta sur ce dernier.

« Salut Patty ! Bien dormi ? »

Il s'agissait de Pako. Ce dernier lui souriait gentiment, manifestement de bonne humeur. Sans un mot, elle lui tendit son butin.

« Merci ! Dis donc, tu en as attrapé un bon nombre !

- Oui, ils sont plutôt nombreux ici. Je suppose que les monstres marins ont besoin de nourriture pour survivre ici... »

Le jeune homme éclata de rire.

« Probablement oui ! Tiens, si tu as un peu de temps, je ne serais pas contre un peu d'aide, j'ai des vrais goinfres à nourrir, et c'est pas forcément reposant... »

Patty le suivit dans la cuisine. Le pirate ne paraissait pas plus âgé qu'elle et il semblait heureux de cuisiner, sifflotant gaiement tout en vidant les poissons. Ils en vidèrent ainsi une quinzaine avant qu'il ne mette les derniers restants dans ce qui semblait être une chambre froide. L'odeur qui se propagea sur tout le bateau quand il commença à les cuire réveilla certain des membres de l'équipage, dont l'ours blanc, qui se jeta d'un trait sur les poissons, les engloutissant un à un avec une rapidité hors du commun, sous les regards désabusés de Pako et de Dambal, et celui médusé de Patty. Le cuisinier lui donna un coup de spatule sur la tête – assez violemment, Patty n'aurait pas aimé être à sa place mais bon, un ours devait avoir le crâne dur après tout.

« Hoy Bepo ! Laisses-en pour les autres ! »

L'ours sembla tout à coup se réveiller et releva la tête, penaud.

« Désolé... »

Dambal leva les yeux au ciel en souriant et s'assit au côté de Patty.

« Alors gamine, bien dormi ? »

Cette dernière hocha la tête, continuant de mâcher sa nourriture.

« Dites, commença-t-elle quand elle eut fini, la dernière île où vous étiez, c'était Nabura non ?

- C'est exact. Pourquoi ? »

Patty sortit le journal de sa poche, ainsi que les primes avant de les étaler sur la table.

« Apparemment la marine n'a pas trop apprécié ce que vous y avez fait.

- Oh ! S'exclama Bepo, ma prime a tant augmenté que ça ?

- Et moi, soupira Dambal, je reste encore un pauvre pirate dont la prime est condamnée à rester à 25 000 000 de berrys...

- Heu... Ce n'est pas si grave que ça non ?

- Crois-moi gamine, fit l'homme en riant, c'est bien plus amusant de se battre quand les hommes qui se mesurent à toi sont à ton niveau, plutôt que des petites frappes sans intérêt !

- Ah et c'est pour ça que vous êtes bien des pirates, rétorqua Patty. Combattre, c'est tout ce qui compte pour vous. »

Les pirates s'esclaffèrent.

« C'est amusant de se battre tu sais ?

- Je préfère de loin pêcher des poissons, c'est nettement plus inoffensif.

- Sauf quand il s'agit de roi des mers ! »

Ils pouffèrent en voyant la mine de la jeune femme, désabusée. Dambal alluma une cigarette, avant de se faire jeter hors de la salle par le cuisinier, tandis que Sachi, Jasen et le capitaine entraient.

« Hoy Captain', votre prime a augmenté ! S'écria l'ours. Elle fait 80 000 000 maintenant ! Et la mienne 60 000 000 ! »

Trafalgar se saisit des fiches où les récompenses étaient inscrites, tandis que Sachi grommelait à propos de sa prime, qui n'avait même pas augmenté d'un berry.

« Eh bien, la marine n'a pas perdu de temps... »

Il eut un mince sourire et se tourna vers ses hommes.

« Les gars, salua-t-il, miss Patty... »

Cette dernière hocha la tête, quelque peu mal à l'aise. Par Roger, si Bepo lui paraissait inoffensif – dans la mesure du possible hein, il était tout de même un pirate – Trafalgar Law était tout de même impressionnant et mine de rien, sa posture, sa manière de parler en imposait pas mal. Bah, de toute manière il ne lui ferait rien, et lui avait à priori plutôt donné sa protection, alors elle n'avait probablement pas à s'en faire.

« Hoy, monsieur le capitaine, commença-t-elle, je peux vous poser une question ? »

L'homme se tourna vers elle, impénétrable, et la fixa en silence. Patty se sentit tout à coup un peu comme un tanuki au milieu d'indigènes.

« Hum... La jeune femme toussota, vous avez un fruit du démon non ? Pour faire tout ça. »

Elle désigna d'un vague signe de main le journal.

« C'est exact, confirma Trafalgar. J'ai mangé le fruit Ope Ope no Mi.

- Huuum... considéra la jeune fille. Le fruit de l'opération ?

- Approximativement, oui. »

Voyant que l'homme n'en dirait pas plus – il n'était définitivement pas très loquace, elle décida de changer de sujet.

« Nous allons bientôt arriver sur l'île non ? Le vent souffle bien, ça ne m'étonnerait pas qu'on y soit avant midi...

- C'est ce qu'il me semble aussi, approuva l'homme. Vous serez ainsi libre de vaquer à vos occupations...

- Hum... Patty grimaça. Je te dois la vie, ne l'oublie pas.

- Oui ? »

Les pirates la regardèrent avec incompréhension.

« Ce n'est plutôt pas à toi de dire ça ? demanda Bepo. Tu lui es redevable non ?

- Oui, c'est certain. Mais disons que... La jeune femme réfléchit un instant. Chez nous, il est important de respecter certaines lois, commença-t-elle. L'une d'elles est de toujours être redevable envers la personne qui l'a aidé, jusqu'à réparation. »

- Le principe d'une dette de vie en somme... résuma Trafalgar. Donc tu me demandes comment faire pour que tu ne me sois plus redevable ? »

Une lueur d'intérêt brulait dans ses yeux. Patty acquiesça, pensive.

« Et si tu ne peux remplir tes obligations ?

- Eh bien... La jeune femme fronça les sourcils. Cela implique que je ne pourrais rien faire... Mais jamais je ne retournerais chez moi. Ne pas respecter ses engagements est avilissant, sur mon île, l'honneur est bien trop important. Je suppose que j'essayerais de te suivre partout afin de te sauver la vie. Même si cela paraît totalement fou. »

Les pirates ricanèrent.

« Tu préfèrerais donc mourir plutôt que de ne pas le faire, c'est cela, miss ?

- Bien sûr, s'exclama Patty, indignée. Notre fierté est tout pour nous. Si elle est bafouée, on ne vaut plus rien. Enfin, se reprit-elle, tout dépend toujours de la cause. Mais là, je suis vivante grâce à toi, alors c'est vraiment important.

- Très bien. Le capitaine semblait pensif. Je présume que tout cela prendra du temps. Je ne pense pas avoir besoin de ton aide pour rester vivant. »

Le ton était légèrement moqueur et les autres pirates présent souriaient. Patty se retint de lever les yeux au ciel. Les gens ignoraient la dimension de leurs dettes et combien leur honneur était primordial pour eux.

« Je conçois cependant le fait que tu veuilles régler ça – Patty releva la tête, surprise – mais je ne pense pas qu'en disant que cette redevance est annulée tu pourras repartir. Mais si tu veux me sauver un jour la vie, miss, il va falloir devenir un peu plus forte.

- Je sais. C'est pour ça que c'est un sacré dilemme pour moi. Par les couilles de Roger, gémit-elle en mettant sa tête dans ses bras. Je n'aurais jamais dû quitter mon île... »


Fin du chapitre deux !

Cette fiction me tient à cœur mais je dois vous avouer que je n'ai pas beaucoup de chapitres écrits (bien qu'un scénario plutôt avancé) et j'ai quelques autres histoires qui me demandent aussi du temps.

Je vous remercie d'avoir lu, à bientôt les poneys !