Me voilà donc brièvement revenue à la vie ! Le chapitre suivant est amorcé, mais je crains qu'il ne vous faille encore patienter, mes cocos ! En attendant, je vous laisse avec ce petit dernier (avec un clin d'œil pour Melior, qui m'avait fait remarquer quelque chose à propos de mon personnage) et je vous dis bonne lecture !
Parano ou schizophrène ? Telle est la question !
Pour une fois, Solo nous a accordé un atterrissage en douceur (dans la mesure du possible), sur un sol étonnamment plat pour un intérieur d'astéroïde. Moi qui m'étais attendue à ce qu'on bringuebale à travers tout le vaisseau ! Et visiblement, Teran avait pensé la même chose, puisqu'il m'a offert un regard éloquent.
Une fois le Faucon arrêté, Solo a lâché les commandes avec un gros soupir comme il savait les faire et s'est soudain avachi sur un siège comme une grosse loque. Et attention, roulement de tambours ! Chewie et Leïa ont fait de même ! C'était pas mal à voir, comme spectacle. C-3PO, lui, regardait tout le monde sans paraître comprendre vraiment pourquoi la tension se relâchait d'un coup comme ca.
Quel idiot !
…
…
…
… Et sinon ? Quoi de neuf dans votre Galaxie, à vous ?
- Qu'est ce qu'on fait, maintenant qu'on a « disparu » ? , a demandé Teran d'une voix fatiguée.
- Maintenant, tout ce qu'on a à faire, c'est réparer ce bébé et attendre que ces excités de la gâchette, là haut, arrêtent de nous prendre pour cibles, a répondu Solo avant de se redresser.
- Et… T'es sur que tu seras capable de le remettre sur pied, ton coucou ? , ai-je demandé d'un ton innocent.
Han s'est retourné pour m'adresser un regard éloquent, tandis que Chewie lâchait un grognement très approprié à la situation. Je me suis contentée de hausser les sourcils.
- Tu me prends pour qui, gamine ?
- Franchement, à cet instant précis, t'as pas envie de le savoir, ai-je répondu entre mes dents serrées.
Qu'ils m'aient entendu ou pas, je m'en fichais comme de mon premier bavoir slovaque. Le coup du champ d'astéroïdes avait encore du mal à être digéré, malgré le fait qu'on soit toujours en un seul morceau, et je savais précisément que mettre ses talents en doute était la parfaite occasion pour moi de le lui faire savoir… Mais avant qu'il ait pu répondre, bien qu'il ait déjà ouvert la bouche pour me faire savoir que mes remarques, je pouvais me les carrer dans le… Bref ! Vous m'aurez compris ! J'ai fait demi-tour pour sortir. Faire n'importe quoi, peu importait ! Tant que je restais pas une minute de plus dans ce cockpit qui commençait sérieusement à cocoter.
En fait, à cet instant précis, j'avais juste une seule envie : Me laisser tomber sur une banquette… Ou n'importe quoi qui m'aurait permis de m'allonger, en fait, et dormir, oublier… Ou penser à n'importe quoi d'autre qui m'aurait permis d'éviter de faire une constatation (morbide) de la situation – désastreuse, oui Mossieur, j'ose le dire ! – Dans laquelle on était.
Aussi n'ai-je pas tardé à me retrouver avachie dans un siège laissé vacant, dans ce qui pouvait s'apparenter à la salle centrale du Faucon. Laissant échapper un énième soupir de compétition, je me suis efforcée de trouver une position un chouia plus confortable, ne serait-ce que pour éviter d'avoir le dos en compote quand je me relèverais, et j'ai tenté de sombrer dans le sommeil en espérant vivement que personne n'aurait la sublime idée de venir m'emmerder, profitant du fait qu'ils étaient encore tous agglutinés dans le cockpit à constater l'étendue des dégâts pour m'abandonner aux bras de Morphée.
Sauf que, problème.
J'ai recommencé à rêver.
Cette fois, j'en étais sure, fallait que j'arrête la cantine de la Rébellion ! Je sais pas ce qu'ils mettaient dedans, mais ca devait être fort, pour que je fasse deux fois le même rêve. De nouveau la neige, de nouveau les étincelles de lumière colorée de vert, de bleu et de mauve contre la dureté de la glace, avec ces légions impériales qui paraissaient prêts à les écraser comme une vague engloutirait un château de sable, et à nouveau…
Vador.
J'ai reculé fissa, encore une fois, plus par instinct qu'autre chose. Il manquait plus que lui, déjà qu'il m'avait suffisamment foutu les jetons sur Hoth ! J'avais encore cette sensation que quelque chose de…sombre, mauvais, perverti et ténébreux, comme englué dans du goudron, avait touché mon esprit (Non, j'annonce à la communauté intergalactique et à l'Organisation des Galaxies Unies, plus communément appelée OGU, que je n'ai consommé ni drogue, ni alcool ou quelconque substance illicite, que cela soit volontaire ou non, afin de vous faire part de mes impressions profondes quant à cette affaire. Je ne fais pas partie non plus qu'une quelconque secte, à moins que vous ne considériez…Kara, je t'assure que si tu la ferme pas tout de suite, je vais vraiment devenir méchante ! …Rooh, ca va, t'emballe pas, Lereniel !), juste avant que je croise son… « regard ».
De quoi donner des frissons.
Et encore une fois, je l'ai vu se battre contre Kachirii Devarna. Je peux vous dire une chose, en tout cas : Je ne sais absolument pas d'où cette femme arrivait à tirer le courage d'affronter cette armoire à glace psychopathe qu'était le Sith. Personnellement, j'aurais pris les jambes à mon cou avant de me les couper pour pouvoir passer dans le plus petit trou de souris de la Galaxie en priant très, très, très fort pour qu'il me retrouve pas. Mais elle… Non. Elle avait son sabre laser sorti, arme de prédilection des Jedis, d'après le peu que j'avais accepté d'en apprendre, et c'était limite si ce n'était pas elle qui l'attaquait plutôt que lui, ce qui me faisait croire qu'elle avait du être encore plus folle que je ne l'avais cru de prime abord.
Cette fois, pourtant, le combat a duré plus longtemps que la dernière fois. Ce n'était que grésillements violents, respiration laborieuse, cris de rage, éclats de leurs sabres réverbérés par la neige tourmentée qui nous entouraient tous les trois. Et comme une idiote, je me suis mise à espérer, au fond de moi, à prier pour que ce soit elle qui gagne. C'était pas grand-chose, franchement. Juste une minuscule étincelle au fond de moi, mais qui a rapidement été mouchée quand je me suis rappelée les faits.
Kachirii Devarna = morte.
Dark Vador = vivant (hélas !)
Ayant fait mes propres calculs (en trois ans, on a le temps…) et à en juger par mes observations de rapports concernant nos ennemis number one bis – j'ai nommé Empereur Palpatiny et Robocop des Enfers Galactico-universels – j'en suis rapidement venue à la conclusion que :
Si t'engages le combat avec Vador… T'es mort.
…
Alors pourquoi j'avais l'impression que mon cœur se serrait ?
Mais avant de pouvoir prolonger mon observation, bim ! Nouveau changement ! Je me suis une nouvelle fois retrouvée dans cet univers digne d'une déco d'intérieur des années soixante dix à la Austin Powers… En plus… Ethéré, dirons-nous.
Noir qui mange le blanc. L'obscurité dévorant la lumière, pas d'un coup, mais petit à petit, en grignotant et en rognant les bords, comme le temps qui passe.
Et au milieu de tout ça, encore cette voix infernale (selon mes critères), qui hurlait :
- JUUUUUGE !
Entre ça, mon cœur qui battait à tout rompre et mes yeux qui me brûlaient à un point tel que j'en avais terriblement mal au crâne… Je crois qu'on avait atteint des sommets en matière de limites.
Disons que j'ai fait la seule chose sensée qui me restait à faire.
Je me suis réveillée.
En sursauts.
Et trempée de sueurs froides.
A en juger par les courbatures qui me faisaient grincer des dents, j'avais pas dormi très, très longtemps. Mais j'entendais plus la basse cour s'agiter dans le cockpit, ce qui signifiait qu'ils avaient du partir faire je-ne-savais-quoi-et-j'avais-pas-envie-de-m'imagin er-des-choses dans les entrailles du Faucon. Je voyais d'ailleurs, à en juger par les étincelles qui pétaient un peu partout par moments, que Solo et Chewie essayaient de remettre sur pied cette carlingue qui servait de vaisseau spatial. Aucune idée de l'endroit ou auraient pu se trouver Leïa et le Schtroumf à lunettes doré, par contre. Quant à Teran, j'imagine qu'il devait trainer dans les pattes du contrebandier…
Je me suis laissée retomber sur le dossier du siège en soufflant comme un bœuf sous anxiolytiques, à fixer le plafond en serrant les dents sous la douleur qui continuait à me casser les pieds. A force de souffler et de respirer profondément, elle a fini par baisser, puis s'estomper, pour ne laisser qu'un picotement pas trop désagréable si on y faisait pas attention…
N'empêche que c'était chiant !
Après mon opération pour sortir cette foutue liste de mon estomac, trois ans plus tôt, les toubibs qui m'avaient vu faire cette crise de folie (je crois qu'il manquait juste celui qui s'était reçu un droïde dans la figure, ce qui n'était pas foncièrement étonnant !) avaient essayé de comprendre ce qui s'était passé. Sauf qu'ils s'étaient heurtés à un léger problème.
Moi.
Il était hors de question que je les laisse me faire passer des tests bizarroïdes sous prétexte qu'ils voulaient savoir de quoi il en retournait. J'avais fermement (et poliment ? Ta gueule, Lereniel) refusé de les laisser me toucher plus que de nécessaire et j'avais fait la sourde oreille à leurs tentatives pour me convaincre (L'un d'entre eux a fini avec un œil au beurre noir, d'ailleurs). En fait, c'était un peu devenu un sujet tabou, autour de moi. Seul Teran m'avait expliqué une fois ce qui s'était passé. Et selon lui, mes yeux auraient… changé. Il n'avait pas été capable de me l'expliquer plus clairement, et je l'ai arrêté immédiatement dès qu'il a néanmoins tenté le coup. Je ne voulais rien savoir. J'en avais marre. Jusque là, ces douleurs, plus minimes auparavant, je vous l'accorde, n'avaient jamais été foncièrement dangereuses, et je voyais absolument pas en quoi cela aurait pu changer. La seule chose différente, c'est qu'à présent, j'avais mal plus souvent qu'avant. Je n'avais jamais essayé d'en chercher la cause, jamais essayé de regarder dans un miroir pour constater un quelconque phénomène physique.
Et j'avais donné une bonne fessée à quiconque avait tenté de m'en parler depuis !
Me mordant la lèvre face au sommeil qui me faisait un geste très significatif malgré ma fatigue, j'ai plongé les mains dans mes poches… pour sentir un objet particulier refroidir ma paume.
L'Hologramme.
Je l'ai sorti de ma poche, pour le mettre à plat dans ma main. Je ne sais pas pourquoi je ne l'avais pas remarqué plus tôt, mais il était abimé, rayé. Je l'emmenais partout avec moi, il faut dire. Je sais pas pourquoi, mais il m'est impossible de m'en débarrasser.
Vous comprendrez, du coup, le pitit problème que ça m'a causé quand je me suis rendue compte que je l'avais oublié dans mes quartiers…
J'ai des nouilles à la place du cerveau.
- Tu t'es réveillée ?
J'ai sursauté avant de lancer un regard foudroyant à Teran, qui venait d'entrer dans la pièce. Il avait le visage couvert de traces de cambouis, et tenait un outil qui aurait tout aussi bien pu servir de batte de golf pour un Gundark.
Ou pour taper allègrement sur des Stormtroopers afin de faire passer sa frustration, au choix.
- Apparemment, ai-je lâché, à moins que je sois une somnambule jusqu'à l'os...
- T'as encore fait un rêve, m'a-t-il répondu en posant son arme de destruction massive et en se laissant tomber en face de moi, Je l'ai vu, tout à l'heure, en passant…
- Oh, bah oui, c'est normal, ai-je ironisé, J'en fais tous les Mardi, entre dix heures et onze heures quarante sept ! Puis j'en fais aussi le Vendredi, de huit heures vingt huit à neuf heures douze ! Tu veux une réservation ?
- Kara…
Son air las et son soupir valait mieux que n'importe quel discours. J'ai laissé échapper un grognement en baissant les yeux. J'étais fatiguée.
On était tous fatigués.
- Kara… Qu'est ce que c'est que ça ?
En levant les yeux, j'ai vu que Teran regardait, en fronçant les sourcils, la plaquette de l'Hologramme que j'avais continué de faire tourner entre mes doigts. Je l'avais jamais montré à personne avant, mais il avait du entrevoir ce pour quoi j'avais risqué de nous faire tanner le cuir par les pingouins de l'espace quand je l'avais trouvé, sur Hoth.
Merde.
Avant que j'aie pu la cacher à sa vue, il me l'a prise des mains et, malgré mes jurons plus colorés les uns que les autres, l'a allumée. La silhouette de Kachirii Devarna s'est matérialisée devant nous.
- Rends le moi !, ai-je protesté.
- Ne me dis pas qu'on a risqué notre vie pour ça !, a-t-il explosé en retour.
Je me suis figée d'un seul coup. C'était la première fois qu'il se mettait dans un état pareil, ce qui avait de quoi surprendre. Mais la colère, mêlée de gêne, a commencé à monter en moi. S'il ne me rendait pas cet hologramme fissa sans poser de questions, il allait en avoir pour sa pomme, furieux ou non !
- Ca ne te regarde pas !
Teran m'a regardé d'un air où se mêlaient l'ébahissement et la fureur.
- On a manqué de mourir, plusieurs fois ! On a failli se faire capturer pour que tu puisses aller chercher un hologramme ! C'est une plaisanterie !
- Qui t'a forcé à me suivre ? , ai-je répondu d'un ton venimeux (à ma – sincère – grande surprise), Tu aurais pu embarquer dans ce transport en me laissant me démerder !
- Sans moi, tu te serais perdue !, a-t-il répliqué en agitant l'hologramme sous mon nez.
- Tu te sens obligé de me suivre parce qu'il faut toujours, selon toi, me sauver la mise, c'est ça ?
- Visiblement, j'ai eu raison ! , s'est emporté Teran, Tu as failli perdre la vie à cause d'un stupide fichier, contenant des infos sur une femme morte depuis des années ! Comment peux-tu être égoïste à ce point ?
Et là, j'ai senti mon mal de crâne et la brulure rétinienne revenir au galop, à grand renfort de trompette de cavalerie et de fanfare. D'un geste sec, je lui ai repris en lui arrachant des mains l'hologramme que j'ai fourré dans ma poche avant de lui tourner le dos avec vivacité et de me diriger vers l'endroit ou j'étais sure de trouver Solo. Tout qui me permettrait de m'éloigner de cet abruti avant qu'une bêtise n'arrive ! Je bouillonnais tellement que j'en tremblais, et pas un seul instant, je n'en ai cherché la raison. Entre ça et cette petite voix insidieuse qui me soufflait de lui faire comprendre ce que je ressentais vraiment à cet instant…
Mais Teran n'avait visiblement pas fini de me crier dessus, un fait qu'il ne semblait pas prendre au sérieux quand il s'adressait à moi sur un ton pareil. Il m'a agrippé par l'épaule pour me forcer à me retourner et à lui faire face. J'ai à peine enregistré qu'il avait la bouche ouverte, prêt à sortir un nouveau sermon, sauf que j'ai vu rouge et que je n'ai pas réfléchi.
Je l'ai repoussé.
Et il est allé heurter, dans un fracas terrible, le siège qu'il avait quitté quelques secondes plus tôt, basculant cul par-dessus tête et le souffle coupé par le choc. La force que j'avais mis dans mon geste n'avait jamais été aussi forte, mais je m'en fichais, sur l'instant. J'ai cru que le temps lui-même s'arrêtait, envahie par une espèce de… satisfaction, tandis qu'il se redressait en grimaçant de douleur. Soudain, il s'est figé, lui aussi, et a écarquillé les yeux en croisant les miens.
Et là, toute la satisfaction de l'avoir fait taire de manière aussi efficace a disparu, pour faire place à quelque chose que j'ai éprouvé avec une violence rare.
L'embarras.
La honte.
L'horreur.
Et avant qu'il ait pu se redresser, j'ai tourné les talons et je suis allée en courant au hasard des couloirs, manquant de renverser C-3PO au passage, pour finir par me réfugier au fin fond du vaisseau, entre des caisses poussiéreuses et autres containers entreposés là depuis perpette, pour être sure qu'on ne m'y retrouverait pas. Là, je me suis laissé tomber par terre, le souffle court et le cœur qui paraissait prêt à frôler les dix mille pulsations à la minute.
Qu'est ce qui m'arrivait ?
J'avais… J'avais éprouvé de la joie, à l'idée de lui avoir fait ça. Ca avait été bref, rapide et éphémère…
Mais je l'avais bien senti.
Et ca me rendait malade.
Mes yeux m'ont piqué sous les larmes de honte que j'ai eu bien du mal à contenir en me frottant les yeux jusqu'à ce que mes paumes deviennent humides.
Si j'étais capable de faire du mal à un ami, maintenant… Qu'est ce que j'étais en train de devenir ?
..
...Et ce sera tout pour aujourd'hui ! A la prochaine fois et dites moi par reviews ce que vous en pensez !
