Chapitre 1 : Mystères...

Voilà presque un jour que Bilbo Baggins, hobbit tout à fait honorable, avait rejoint la compagnie de nains de Thorin Écu de chêne en tant que cambrioleur. Oui, lui, un hobbit. Un être paisible visant à une vie tranquille loin des imprévus et du danger avait rejoint une troupe de treize nains et un mage pour une aventure qui se promettait des plus périlleuses.

« Pourquoi donc ? » me diriez-vous. « Pourquoi abandonner sa vie au calme pour les accompagner ? » Et bien voyez vous. Ce soir-là, notre cher Bilbo Baggins se posa la même question. Il s'apprêtait à braver mains et mains dangers pour que des nains puissent récupérer leurs terres, treize nains qu'il ne connaissait même pas. « Un geste honorable » Me diriez-vous. Très honorable il est vrai, mais un hobbit ne cherche pas l'honneur, et encore moins l'aventure ! Alors ce soir-là, sur les collines, face à une nuit bleue, pendant que la plupart des nains se reposaient, Bilbo observa le chef de la compagnie qui était au bord de la falaise, le regard perdu dans l'horizon noir et se demanda, oui, il se posa cette question.

Il voulait tant en savoir plus, il avait entendu les membres de la compagnie parler d'« Erebor », de « Smaug » et de l'« Arkenstone ». Mais tout cela était vraiment très flou pour lui. Il se rappela alors que quelques minutes plus tôt, Thorin, avait juré bien haut sur les orques, il se souvint aussi que Balin, ce nain sage à la longue barbe blanche, lui avait dit que « Thorin avait bien plus de raisons que quiconque de haïr les orques » Mais il s'en était arrêté là, sans rien ajouter de plus.

Pourtant, le jeune hobbit sentait que cette histoire valait le coup d'être entendu, et « qui sait ? » pensa t-il, peut être que cela pourrait apporter quelques réponses à ses nombreuses questions.

Il tourna donc son regard intrigué vers Balin. Celui-ci ne demanda rien de plus que l'attention que lui portait Bilbo à cet instant précis pour entamer son récit, ce récit qu'il aimait tant conter.

Alors, il commença et chaque mot devenait bientôt une image aux yeux du hobbit. Cela débuta par un rouge rage, la violence, la haine et la noirceur de la guerre. Puis vinrent les orques terribles guerriers à la peau grise ou tantôt noire, avec des dents aussi acérées que les armes dont ils étaient munis. Ils tournoyaient vigoureusement au milieu des cadavres, et du sang, frappant de leurs masses, tranchant de leurs lames, perçant de leurs épieux, tuant chacun de leurs ennemis sans jamais montrer un seul signe de regret ou de peur.

Après la voix de Balin laissa apparaître les nains, fiers soldats combattant avec courage et honneur face à un puissant adversaire au nom de leur race. Il y avait aussi des membres de la royauté, guidant leur peuple vers la bataille et la victoire. Puis un drame. Deux rois, une lignée brisée et un orque pâle comme la mort, il se nommait Azog, Azog le profanateur. Cet orque, plus grand et plus fort, hantait déjà l'esprit de Bilbo. Il pouvait parfaitement le voir, vivre cette tragédie de la lignée des Durin. Tout se dessinait exactement comme le décrivait Balin : l'orque pâle, debout face aux deux armées, rugissant de rage et d'orgueil, brandissant dans sa main la tête sans vie de Thrain, fils de Thror, roi des nains. Avant de la jeter à la foule, la laissant dévaler jusqu'à nul autre que Thorin, fils de Thrain, héritier du trône.

L'espace d'un moment le temps sembla ralentir, les vent s'arrêta de gémir, silencieux, les nuages ralentir leur course,curieux et les hauts pins s'immobilisèrent, attentifs. C'est à ce moment-là que le récit du nain prit une toute autre tournure, là qu'il reprit vie comme jamais, transmettant bien plus que de simples images. Et Bilbo le vit, il le sentit. Un nain, seul face au grand Azog, l'écu fendu, remplacé par le tronc d'un vieux chêne. Ce n'était pas la simple bataille d'un nain montrant courage et espoir ou la colère d'un héritier voulant venger ses aïeuls. Non. C'était bien plus que cela, c'était le combat de tout un peuple.

Alors, lorsque ce jeune nain parvint à couper le bras de son adversaire, à vaincre l'orque pâle devant tous avec pour seule défense l'écorce usée d'un chêne, une nation entière se réveilla. Et armé de courage et de foie, ils l'emportèrent sur leurs ennemis. C'était à cet instant que Balin, comme le reste des nains, ceux qui avaient survécu, surent qu'il n'y en avait qu'un qu'ils pourraient suivre, un qu'ils pourraient appeler « Roi » :Thorin.

Oui, ce soir-là, il avait gagné un nom « Thorin Écu de Chêne », mais il avait fait bien plus, il avait gagné la loyauté des nains.

Le hobbit eu bien du mal à revenir à la réalité après un tel récit, mais, des images plein la tête, il comprit pourquoi Thorin haïssait les orques, pourquoi c'était lui le chef de cette compagnie. Mais il lui restait encore tant d'énigmes à résoudre. Alors il continua sur sa lancée et interrogea Balin sur la ville :

« Erebor était la ville des nains, mais aussi la richesse même de notre nation. Ses murs étaient creusés dans le flanc d'une montagne, délivrant maintes mines d'or. Chaque pièces avaient été battit par les seules mains d'un nain et sa forge était des plus resplendissantes, fondant l'or et l'argent à chaque heures. Répondit le nain à barbe blanche. C'était une très belle ville, c'était... C'était chez nous. »

Bilbo sentit que le triste avait gagné le cœur du nain pendant ces quelques mots, mais il continua tout de même.

« C'était ? S'intrigua t-il. Cela devait avoir un lien avec ce dragon, Smaug.

- Oui, elle l'était. Mais elle ne l'est plus vraiment. Tout cela s'est passé bien avant Azog. Dans ce temps là, Thror était encore roi sous la montagne et sur son or. Mais son avidité a attiré le pire : la colère d'un dragon en quête d'un trésor à couver. Ce soir-là les maisons s'embrasèrent, les pins flambèrent, les murs tremblèrent. Toute la vallée semblait rugir. Et il est arrivé, Smaug, un cracheur de feu venu du Nord. Il s'en approprié la montagne en tuant grand nombre des nôtres et à pris la place de Thror. Le peu de survivant a été contraint à l'exil, ce jour là nous avons tout perdu... Mais nous sommes encore là, reprit Balin. Nous avons su rebondir et nous montrer patient. Car ce que vous devez savoir, Mr Baggins, c'est qu'il y a une prophétie. Le dernier jour de Durin marquera la fin du règne de Smaug et le retour des nains sur leur Terre, ce jour-là Erebor sera de nouveau à nous. »

Le nain marqua une pause, pesant chaque mots. Ce qu'il contait là, c'était leur avenir à tous. Puis il prit une grande inspiration avant de pointer le hobbit de son doigt :

« Et cette prophétie va se réaliser. Grâce à vous,Bilbo, aujourd'hui nous y croyons plus que jamais.

- L'Arkenstone ? Demanda celui-ci, sachant que c'était sa mission.

- Oui, l'Arkenstone, le joyau du roi, le cœur de la montagne. Peu importe ses nombreuses appellations, elle aura toujours la même valeur.

- Racontez moi. »

Il était comme un enfant à qui l'on racontait les merveilles du monde, ils n'en étaient pas loin. Il voulait savoir, tout savoir. Il avait longtemps aimé les livres et leur légendes, mais aujourd'hui c'était différent, ce que contait Balin n'était pas une simple légende, c'était leur histoire, leur passé. L'histoire des nains. Et Balin était honoré de l'attention qu'y portait le jeune hobbit, il l'appréciait vraiment pour cela. Il était une source de bonne humeur continue au sein de cette compagnie, cela les changeaient du caractère maussade de Thorin !

Alors il se redressa et commença un nouveau récit, contant la splendeur de la pierre, sa place, sa valeur aux yeux de Thror, mais aussi le mal qu'elle apporta, la soif d'or qu'elle insuffla jusqu'à ce que le roi perde la raison, jusqu'à ce que Smaug arrive. Il finit son histoire le regard envahi par la peine. Pas en pensant aux maux qu'elle avait apporté, pas à ce roi déchu, mais à Thorin. Il avait si peur. Il craignait que lui aussi ne soit atteint par cette maudite maladie de l'or s'il venait à prendre possession de l' Akenstone.

Mais il ne put penser plus loin, voyant son égarement et sa tristesse, Bilbo le ramena à la réalité.

« Ce sont de belles histoires. Murmura t-il. Elles sont horribles et tristes, mais pourtant,... votre passé est incroyable. »

Balin ria de bon cœur.

« Vous savez, les nains auront toujours pleins de « belles histoires » à vous raconter, comme vous les appelez. Que ce soit leur passé, de simples légendes ou bien des prophéties. Enfin, si vous croyez à ses choses là ! »

Les yeux du hobbit semblait briller comme des étoiles, à croire qu'il venait de retourner à son , décidément, Balin aimait vraiment ce hobbit là. Il posa sa tête contre la paroi derrière lui et lança :

« Par exemple, connaissez vous la légende du Dragonnier ?

- Non. Répondit tout simplement Bilbo, impatient d'avoir la suite.

- On l'appelle aussi le « Porteur d'Harmonie », c'était

- Il suffit ! Gronda une voix rauque. Nous n'avons pas besoin de comptines pour enfant mais de repos ! »

Les nains qui s'étaient tous réveillé les uns après les autres pour écouter le nain sage déglutir face à la froideur de Thorin. Bilbo voulut protester quand ils retournèrent tous dans les bras de Morphée, mais Balin lui fit signe de ne pas en tenir compte. Il ronchonna quelques minutes puis s'endormit et Thorin fit de même. Seul le hobbit n'y parvenait pas. Sa tête était rempli de questions, bien plus de mystères qu'avant sa conversation avec Balin. Qui était ce Dragonnier ? Que disait sa légende ? Et pourquoi s'appelait -il le porteur d'harmonie ?

Tant d'énigmes qui le troublaient au plus haut point. Et pourquoi Thorin les avait -il coupé ? Ce vieil ours grincheux n'aimait pas les histoires ? Ou détestait- il simplement celle-ci ? Bilbo allait vraiment avoir du mal à dormir, mais demain serait un autre jour et il ne renoncerait pas à cette légende, peu importe l'humeur de Thorin...


Ce sera tout pour cette fois.J'espère que vous avez apprécié. N'hésiter pas à laisser un petit commentaire.