Merci pour les quelques commentaires très encourageants. Comme promis, voici la suite.
Je ne touche rien pour cela et je ne possède rien.
Si ce n'est un petit personnage de mon invention qui fait une apparition dans ce chapitre. Bonne lecture à tous.
La compagnie avait repris sa marche depuis plus d'un jour maintenant : la route était épuisante, les pauses courtes, le temps capricieux et l'humeur du roi nain était toujours aussi fracassante. Heureusement, pour le plus grand bien de la petite troupe, Bilbo était là. Il posait mille et une question, s'émerveillait à chaque réponse, faisait rire par sa maladresse... Oui, il fallait l'avouer, le hobbit mettait un peu de vie au sein de ce groupe de guerriers.
« Arrêtons-nous un instant. Ordonna Thorin. Les poneys ont besoin de repos et nous aussi. »
Il n'ajouta rien de plus, descendit de selle et attacha sa modeste monture à un arbre voisin. Le reste du groupe en fit de même, comme Mr Baggins qui ne tarda pas à remarquer le calme du lieu: il s'agissait d'une petite colline, à moitié couverte d'une dense, mais tout aussi petite, forêt et de l'autre côté se trouvait quelques roches imposantes et un reste d'habitat qui offriraient d'excellents abris en cas d'attaque. Il n'y avait rien à redire : Thorin savait ce qu'il faisait.
Mais alors qu'il continuait d'observé la beauté de leur refuge temporaire, il fut troublé parce qu'il vit : non loin dans une légère et sombre montagne se trouvait une grotte ainsi qu'une cascade. Il fit bien étonné que le roi n'ait pas préféré cette place, l'eau voisine aurait été une bonne source de ravitaillement et ce renforcement naturel creusé dans la montagne, un bien meilleur abri. Mais Balin surgit, comme à son habitude, surgit pour lui donner une réponse avant même qu'il ne pose sa question.
« Tu te demandes pourquoi nous ne nous sommes pas posé là bas plutôt qu'ici ? »
Le hobbit hocha la tête, cela lui aurait semblé bien plus logique.
« Eh bien, mon cher Bilbo, on raconte qu'un homme vit là-bas, un mage...
- Comme Gandalf ? Interrompit le hobbit.
- Non, ria Balin avant de reprendre. Cet homme ne pratique la magie comme nous l'entendons. Disons plutôt, qu'il possède un don. »
Bilbo ne put s'empêcher d'afficher son plus beau sourire, il allait avoir le droit à une nouvelle légende naine et peu importe ce que pourrait dire Thorin. Il s'installa de façon à pouvoir savourer chaque mot que prononcerait le nain et laissa celui-ci entamer son récit.
« On l'appelle l' « Empathe » et, d'après sa légende, il serait capable de lire dans votre cœur. Une simple proximité avec lui et il peut ressentir sans efforts vos peurs les plu profondes, connaître sans avoir à poser de questions vos secrets les plus sombres. Les habitants des villages qu'il aurait traversés on prit cela pour de la compassion, de l'empathie, de la magie ou encore pour un don, c'est de là que lui vient son nom.
- Vous ne semblez pas convaincu. Remarqua Bilbo.
- Non, en effet. Ils se trompent, Mr Baggins. Ce n'est pas un don, ce n'est ni plus ni moins qu'une malédiction.
- Pourquoi dîtes-vous cela ?
- Regardes autour de toi, mon ami. Que vois-tu ? »
Bilbo lança d'amples regards sur les vertes collines, l'étouffante forêt et la grande vallée, mais il ne savait que répondre. Que devait-il noter ?
« Rien, trancha alors le nain le plus sage. Il n'y a rien ici. Cet homme vit dans une caverne éloigné de tout, loin de tout êtres. Il a fui le monde et s'est réfugié, en ermite. »
Balin fixa le jeune hobbit de ses yeux, il n'avait pas fini son récit, non, cela se sentait, mais il avait besoin de marquer une pause, de peser ses mots. C'était bien la première fois que le nain hésiter à poursuivre un récit. On pouvait presque penser que le nain avait connu cet homme tant il paraissait touché par cette histoire. « Et si cela était vrai ? » Bilbo se surprit lui même à penser cela, mais c'était probable, et expliquerait bien des choses...
« Y croyez-vous ? Demanda t-il alors.
- Pardon ? Répondit le nain, libéré de ses pensées.
- Cette légende. Pensez-vous qu'une telle personne existe ?
- Les légendes sont souvent inspirées de la réalité mon cher Baggins, retenez-le. »
Bilbo savait que Balin n'avait pas répondu à sa question, pas totalement. Mais il laissa aller, cette réponse évasive en disait déjà beaucoup. Il devait y avoir autre chose, il avait confiance, le nain le lui dirait tôt ou tard, quand il sera prêt.
« Pourquoi a t-il fuit selon vous ? Lança le hobbit afin de briser le silence.
- Il était de passage dans une ville. Une tragédie y avait eu lieu. On raconte qu'il a ressenti tant de peine, de honte, de frayeur et de colère ce jour-là, qu'il a décidé qu'il ne voulait plus jamais du malheur des autres, alors il est partit, très loin. »
Bilbo comprenait mieux pourquoi le nain avait appelé cela une « malédiction ».
« Quelle ville était-ce ? » Interrogea t-il, innocent.
Il devait avoir touché une corde sensible, sa question semblait avoir brisé quelque chose. Balin était de nouveau hanté par ses pensées, à moins qu'elles ne soient des souvenirs ? Il était incapable de répondre, figé. Mais quelqu'un avait pourtant apporté la réponse. Ce n'était son ami à barbe blanche. Non, cette voix rauque, cette carrure puissante, c'était la personne à qui il s'attendait le moins:Thorin. Lui qui au premier regard avait l'ait de haïr les légendes, venait de répondre à la place de Balin.
« Erebor. »
La légende contée par Thorin en personne et sa voix écorchée prit alors une tournure bien plus dramatique et les images qui emplissaient l'esprit du cambrioleur s'assombrissaient un peu plus à chaque seconde, à chaque mot.
« C'est là que nous l'avons perçu. Ce jour-là au Smaug est venu, où les nôtres ont péri. Au milieu des cendres, traversant la vallée, regagnant Lacville marchant dans des terres imprégnées par la mort, la souffrance et la colère. Cet homme, vêtu d'une rustre toge noire surmontée d'une capuche blanche comme la neige. Il était tel que le disait la légende et pourtant, il était bien réel... »
Le roi s'était arrêté là, mais Bilbo avait pu deviner un sous-entendu dans son regard : cet homme était une énième victime de la cupidité des nains et surtout de l'avarice de la lignée de Durin. La victime de trop. Gandalf semblait aussi le penser, lui qui avait soigneusement mais discrètement écouté la conversation venait de partir vers la forêt, suivit de peu par Écu-de-chêne et ils semblaient maintenant avoir une fâcheuse discussion. Bilbo ne pouvait rien en entendre, mais les mots n'étaient pas nécessaires. Thorin cachait quelque chose et Gandalf voulait savoir ce que c'était.
Mais bien vite un autre problème arriva. Kili et Fili qui étaient tout deux partis faire du repérage revinrent en courant, alarmés.
« Des orques ! Des orques et des wargs ! Dirent ils en cœur.
- Combien sont ils ? Demanda Oin.
- Beaucoup, ont a vu leur campement, ils se sont positionnés dans la vallée. Impossible de la traverser. Répondit le plus jeune des deux.
- Cela va poser problème, affirma Thorin qui avait abandonné le mage en entendant ses neveux. La vallée était notre route la plus rapide vers la montagne. Nous allons devoir trouver un autre chemin ou les tuer.
- Ils sont trop nombreux, oncle. Lâcha Fili. Trouvons un autre chemin, cela serait plus sûr.
- Je sais par où nous pouvons passer. Annonça clairement Gandalf. Cela ne va pas vous plaire Thorin Écu-de-chêne mais moi aussi je connais ses vallées et cette grotte. Un passage s'y trouve, il permet de traverser la montagne.
- C'est hors de question, nous ne pouvons pas savoir s'il existe encore, ou même si son hôte nous laissera passer. Grogna le roi.
- Auriez-vous peur pour vos secrets, Thorin ? Le provoqua le mage. »
Un blanc se fit, les nains ne savaient pas à quel jeu jouaient Gandalf et le roi, mais le mage semblait avoir marqué un point important avec sa question. Mais le roi ne se laissa pas déstabiliser pour autant.
« Je n'ai aucun secret. Avoua t-il. Allons-y et prions que cet homme nous laisse passer. »
Les nains détachèrent en vitesse leur monture et commencèrent à traverser la forêt afin de gagner la montagne qui se trouvait à sa sortie.
Ils suivirent le cours d'eau, il les mènerait jusqu'à la cascade et donc leur destination. Pendant tout le trajet Bilbo ne put s'empêcher de garder un œil sur Thorin, Gandalf en fit de même. Il ne semblait pas en colère ou effrayé, non, il semblait juste inquiet. Il n'y avait aucune énigme cette fois : Le roi avait un secret et il savait que l'Empathe saurait le percevoir.
Bientôt ils arrivèrent au pied de grande cascade, descendirent tous de poney et les firent chevaucher au loin, peut être attireraient-ils les orques dans une mauvaise direction. Elle était d'un bleu éclatant, presque cristallin. Mais aussi belle pouvait-elle être, elle n'inspirait rien de bon aux nains, ils avaient peur de cet homme, mais Thorin fit le premier pas, il commença à emprunter le flou chemin tracé dans la roche abrupte, les autres le suivirent alors, le roi était sans aucun doute celui qui avait le plus à cacher, s'il y allait, alors ils le pouvaient aussi.
Il ne leur fallut que quelques minutes pour passer sous le rideau d'azur. De l'autre côté la grotte était bien plus grande que ce qu'ils avaient imaginé en la percevant de loin, la partie visible n'en était qu'une faible portion. Il y avait bien des chemins différents, mais de la lumière provenait d'un seul d'entre eux.
« C'est par là que nous irons. Cria Gandalf. Et il vaut mieux que je passe le premier. »
Cette dernière phrase s'adressait sans surprise à Thorin, avait-il peur que l'Empathe ne fuit en le voyant ? Le roi soupira et se laissa même glisser jusqu'au fond de la compagnie. Bilbo ne cessait de le surveiller, il était impatient de rencontrer cet homme dont il avait entendu la légende et en même temps, il aimerait savoir ce qu'il pourrait apprendre sur Thorin.
« Allez vous en ! Je ne veux pas d'étranger ! Je ne veux voir personne. »
Le hobbit fut interpellé, cette voix venait de l'avant du groupe et elle ne ressemblait pas à celle d'un membre de la compagnie. Il se faufila doucement entre les nains et arriva bientôt à hauteur de Gandalf. L'Empathe était tel qu'on le disait mais sa capuche avait noirci, sa toge s'était déchirée et il semblait malade.
« Vous êtes l'Empathe, n'est-ce pas ? Demanda t-il, bien trop curieux.
- Je ne réponds plus à ce nom ! Maintenant partez, tous, ne vous approchez pas. »
Il semblait terrifier, la compagnie était à bonne distance mais recula quand même de quelques pas : il devait commencer à ressentir les histoires tristes qui habitaient les nains.
« Moi et mes amis désirons simplement traverser votre refuge afin de regagner l'autre côté de la montagne. Tenta d'apaiser Gandalf.
- Vos amis sont des nains, les nains n'apportent que le malheur autour d'eux !
- Ils ne sont pas tous mauvais, je vous promet que nous ferons tout notre possible pour ne pas vous faire de mal.
- Vous en faites déjà, peut être que vous magicien ne gardez pas tant de souffrance en vous, mais vos « amis », oui, je sens quelque chose émaner de l'un deux. C'est si sombre... »
Par réflexe, les nains se retournèrent tous à l'unisson vers leur roi. Il baissa la tête. Nul doute que cela venez de Thorin, ils le savaient tous, sans vraiment savoir ce qu'il leur dissimulait.
« C'est vous. Dit alors l'Empathe. C'est vous que j'ai vu il y a tant d'années, vous étiez dans cette ville.
- Oui, j'y étais. Affirma alors le roi.
- Vous vous sentez coupable. Mais ce n'était pas vous.
- Ces malheurs sont dus à mes pères. Mais il est de mon ressort aujourd'hui d'en porter le fardeau. »
Le mage avançait doucement vers le roi, Gandalf était pourtant persuader qu'il chercherait par-dessus tout à fuir le nain, mais il semblait bien plus fasciné que terrifié. D'instinct les autres nains s'écartèrent, laissant un large périmètre autour de leur roi et de leur hôte.
« Je sais reconnaître un mensonge quand j'en vois un. Vous portez bien un fardeau, mais il est votre, et seulement votre. »
Bilbo observait la scène avec attention, Thorin était calme, embarrassé, mais il ne le montrait pas, de l'autre côté l'Empathe qui s'était mis à lui tournée autour commençait à avoir des gouttes d'eau perlées dans les yeux. Le jeune hobbit chercha Gandalf du regard, aucun d'entre eux n'étaient rassurés, mais tous deux auraient voulu savoir ce que voyait l'homme à cet instant.
« Ils ne savent pas, n'est-ce pas ? Vous leur cachez la vérité...
- Si vous pouvez vraiment voir ce que je tends à dissimuler, alors vous comprendrez bien que je me dois de me taire dans le silence.
- Mais serez-vous prêt ? Quand il faudra faire ce qui devra être fait ?
- Je le serais.
- Vous en semblez intimement convaincu. »
Les yeux de l'homme devenaient peu à peu blanchâtre et quand il toucha de sa main l'épaule du roi, il devinrent d'un blanc éclatant. Des images défilèrent alors dans sa tête : Azog, Erebor, Smaug, et il trouva ce qu'il cherchait... Il n'était qu'un enfant, si jeune avec un tel poids sur les épaules. Thorin brisa lui même la connexion en enlevant avec douceur la main du magicien.
« Parce que c'est la vérité. Vous savez maintenant où me mènera ma quête, ce que je dois savoir c'est si vous m'y aiderez.
- J'ai toujours vu les nains comme des rois cupides qui ne voyaient que le tas d'or sous leurs pieds. C'est un objet bien important que vous convoitez. Il apportera le malheur autour de vous...
- C'est à moi seul de décider de cela. Comme je vous l'ai dit. Je suis prêt à faire ce qu'il faudra. »
Il s'éloigna du roi et regarda le reste des nains qui étaient comme figés depuis qu'ils étaient entrés.
« Vos amis sont inquiets. Et je les comprends. Ils sont loyaux envers vous, promettais moi d'en être digne. Je ne saurais revivre cela une fois de plus. Si vous échouez, c'est ce qui arrivera.
- Vous avez ma parole.
- Dans ce cas suivez moi. »
Il les guida jusqu'à un autre tunnel, différent, il ressemblait plus à un couloir qu'à une cavité naturelle. Thorin hocha la tête en guise de remerciement et ne perdit pas plus de temps, il prit la torche que lui donna l'Empathe et s'enfonça dans le sombre passage, il fut suivi du reste des nains, seul Gandalf. Tarda à les rejoindre.
« Dois-je m'inquiéter de ce que vous avez perçu ? Demanda t-il à l'homme.
- Ayez confiance en lui, il est plus sage et plus noble que vous le croyez. Maintenant partez, je ne saurais supporter d'avantage de vos souvenirs. Ils sont au moins aussi sombres que les siens. »
Le mage salua leur hôte à son tour, et parti rejoindre sa compagne de nains. Leur périple était loin d'être achevé et il promettait d'être rempli de surprises... Mais Thorin savait où il le mènerait, mais il l'avait dit, il sera prêt au moment voulu.
J'espère que cela vous a plu, à très vite, avec de la chance les vacances vont augmenter ma capacité à écrire !
