Comme toujours " Je ne possède rien, tout appartient à J.R.R Tolkien"

Merci beaucoup pour les commentaires, ils font toujours aussi plaisir. J'espère que vous apprécierez ce chapitre.


Chapitre 3 : Orques, ours et secret.

Les nains parcouraient le grand couloir depuis un peu plus d'une demie heure maintenant. Il faisait sombre et humide, mais la chaleur des torches leur apportait tout ce dont ils avaient besoin. Gandalf était remonté tout en haut de la file et Thorin s'était au contraire laissait glisser lentement vers la fin. Ses deux neveux l'avaient rejoint mais n'avaient rien dit pour autant, cependant ils n'en pensaient pas moins. Ils auraient aimé avoir des réponses de la part de leur oncle mais ils savaient parfaitement qu'il était suffisamment têtu pour emporter son secret dans la tombe s'il jugeait cela nécessaire.

Au milieu du groupe, Balin et Bilbo avaient repris leurs légendes, profitant de la situation du roi pour reprendre l'histoire du Dragonnier, là où ils l'avaient arrêté sur les collines bleues.

« Selon la légende, le Dragonnier, aussi nommé le Porteur d'harmonie, était un roi noble et admiré par son peuple. Mais un jour, son peuple commença à se méfier de lui, les autres membres de la royauté perdirent toute confiance en lui : il fut banni.

- Pourquoi ? Interrogea Dori.

- Et bien, il semblerait que cet homme aurait été contraint à partager un cœur avec son ennemi.

- Quel était son ennemi ? Demanda Oin.

- Un grand dragon. Plus imposant et plus robuste que tous les autres. Un moi après son exil, le roi recevait des nouvelles dramatiques de son pays. Le grand dragon avait attaqué les siens. Un soldat qui lui était encore loyal était venu le chercher avec une idée : s'il partageait le cœur avec le dragon, il pensait que le roi pourrait peut être le raisonné, ou le vaincre et ramener la paix. C'est pour cela qu'il fut surnommé le porteur d'harmonie. C'était son rôle, ramener la paix dans son ancien royaume. Alors, il suivit le soldat. Mais arriver sur place des habitants insultèrent le roi, ils l'avaient déclaré fautif de leur malheur, coupable de l'arrivée du dragon. Le Dragonnier fit alors demi-tour. Il abandonna ceux qui l'avaient banni et s'en alla tout simplement.

- Il a laissé le royaume à la merci du dragon ? S'étonna Dori. Ce n'est pas digne d'un roi.

- Non, en effet. Mais il n'était plus roi. Les siens l'avaient banni, il leur avait tourné le dos. Défendit Balin.

- Vous êtes d'accord avec ce choix ?

- Pas essentiellement, Oin, mais je ne sais ce que j'aurais fait si j'avais été dans sa position. Alors, disons simplement que je ne veux pas le juger... Si toute fois il existe ! Rappelez vous que c'est une légende ! Ria le nain sage. »

Les conversations se dispersèrent alors, Oin et Dori rejoignirent d'autres nains, seul Bilbo resta près de Balin. Il y avait encore une question qu'il devait poser.

« La légende raconte elle pourquoi le Dragonnier partageait un cœur avec un dragon ?

- Pardon ? »

C'était une question inattendue, mais compréhensible. Balin réfléchit alors, longuement. Il regarda le jeune hobbit perplexe.

« Non. J'ai beau chercher dans ma mémoire, mais je ne le sais. Jamais personne ne m'a conté cette partie de la légende. Si seulement quelqu'un la connaît. C'est ce qui fait la différence entre les histoires et la réalité, mon ami, il y aura toujours quelque chose d'inexplicable. »

Bilbo hocha la tête, il n'était pas convaincu. Mais il voyait bien que sa question avait perturbé le nain, ne se la serait-il jamais posé lui même ? Si, il l'avait sûrement fait un jour ou l'autre.

Soudain le groupe s'arrêta, Gandalf pouvait apercevoir la lumière, ils avaient réussi à traverser la montagne, ils avaient débouché sur une petite forêt qui rejoignait une vallé entendirent que toute la compagnie soit à l'extérieur, et commencèrent à se diriger vers la vallée, mais leur repos fut de courte durée, à peine eurent-ils le temps de sentir la chaleur du soleil sur leur peau que les ennuis revinrent.

« À couvert ! » Hurla Thorin.

Ils obéirent tous, sans réfléchir ils se glissèrent derrière le tronc des arbres et d'autres se placèrent derrière quelques rochers voisins et tous firent silence. Une horde d'orques passa devant eux, dévalant la montagne à dos de wargs. C'étaient mauvais pour eux, ils pensaient pourtant les avoir semé grâce au passage à travers la roche. Mais il fallait dire que les orques étaient très dévoués à leurs missions, si celle-ci était « les nains » alors ils chercheraient les nains jours et nuits. Et c'est ce qu'ils faisaient depuis le départ de la quête de Thorin Écu-de-chêne et d'autant plus depuis l'épisode des gobelins. Azog semblait réellement tenir à son « trophée ».

La horde passée, Fili sortit lentement de sa cachette et inspecta la zone d'un rapide coup d'œil : il n'y avait plus un orque. Il fit signe aux autres de sortir à leur tour. Gandalf regarda le roi nain inquiet. Si les orques étaient déjà de ce côté, alors ils venaient de perdre le faible avantage que leur avait fait gagner le passage dans la montagne.

Les nains prirent soin de sortir leurs armes, quelque chose n'allaient pas, ils le sentaient, ils n'étaient pas confiants. Peut importe si les orques étaient passés, le danger subsistait. Et ils avaient raison, à peine reprirent-ils la route qu'une seconde horde d'orques arriva, cette fois, pas moyens de se cacher, il n'y avait pas d'autre alternative à la bataille : ils ne fuiraient pas.

Thorin, Dwalin et Fili prirent les devant, s'attaquant aux orques éclaireurs, de sa position Fili dégaina son arc, il commença à encocher les flèches les unes après les autres, elles atteignaient toujours leur cible et les cavaliers wargs tombaient, un à un. Le reste des nains s'engagea à son tour dans la bataille, épaulé par Gandalf. Seul Bilbo resta quelque peu en retrait, aussi tranchante pouvait-elle être, sa faible lame ne serait pas d'une grande aide dans cet affrontement, mais qui sait, peut-être lui sauverait elle la vie. Les orques mouraient à tour de rôle, par les tranchants couteaux de Fili, la hache massive de Dwalin, les rapides flèches de Kili, l'agile lame de Gandalf ou encore par bien d'autres armes ingénieuses que possédaient les nains.

Mais alors qu'ils venaient d'abattre plus de la moitié des orques, la horde qu'ils avaient croisé précédemment revenait sur ses pas, les nains étaient désormais encerclés, il n'y avait aucune issue. Kili continua à tirer des flèches, mais bientôt son carquois était vide, il avait tout tiré. Dwalin, Fili et Thorin se rapprochèrent du groupe, tout comme Bilbo. Le jeune hobbit avait été tenté de fuir grâce à son anneau invisible, peut être aurait-il pu faire une diversion, mais avec les deux armées qui les encadraient, il n'aurait rien pu faire de plus et il n'était pas en position de disparaître discrètement : il était au milieu des nains.

« Restez en formation et ne tuez que ceux qui approche ! Cria Gandalf. Ils ne peuvent pas nous atteindre si nous restons en cercle.

- Je n'en serais pas si sur ! Cria Nori. Ils ont des arcs ! »

C'était vrai, d'autres orques venaient de se joindre au groupe, ceux-ci avec des arcs et des flèches, ils pouvaient maintenant les attaquer à distance. Les orques prirent leur temps avant de commencer à tirer, ils étaient comme des loups devant leur proie, ils jouaient avec eux. Mais l'un d'entre eux décocha sa flèche, Gandalf eu tout juste le temps d'user de sa magie pour la dévier. Paraissant s'être offensé de cet affront, les orques tirèrent à nouveau, cette fois plus de flèches se dirigèrent vers les nains. Certaines les frôlèrent, d'autres passèrent loin de leur cible, ou furent repoussées par Gandalf, mais l'une d'entre elles fit mouche.

« Aaaaaaaah ! »

Ce cri venait de Dwalin, il venait de recevoir une flèche dans l'épaule, Bilbo chercha Gandalf du regard, il était loin d'être rassuré, à cet instant précis, il pensait ne jamais revoir son petit trou de hobbit. Plus jamais il ne serait dans son bel âtre, il ne fumerait plus jamais dans son beau jardin ensoleillé. Mais la plus belle des surprises arriva, un ours brun, plus foncé et plus grand que les autres arriva, il paraissait aussi plus féroce et plus dangereux. Rectification faîte, cela n'avait rien d'un ours. Les orques prirent peur et détournèrent leur attention des nains pour ce concentrer sur la créature. La compagnie de Thorin Écu-de-chêne en profita pour fuir, quelle que soit cette chose, ils n'avaient pas l'intention de rester aider les orques.

« Par ici ! Leur cria Gandalf. Nous sommes plus près de chez lui que je ne le pensais ! »

Les nains le suivirent tous sans discuter, ce serait toujours mieux qu'être entouré d'une horde d'orques. Ils notèrent d'ailleurs que ceux-ci les avaient abandonné, ils n'étaient plus à leur poursuite pourtant quelque chose les suivait. La bête qui avait fait fuir leurs ennemis était maintenant à leur poursuite. Les nains commençaient à fatiguer, l'épaule de Dwalin le faisait souffrir et la bête s'approchait de plus en plus rapidement, mais ils arrivèrent à une jolie maison dans la vallée qui joignait la montagne et une épaisse forêt.

« Ceci sera notre abri ! » Annonça le mage.

Sans perdre un instant de plus, ils franchirent le seuil de la propriété et poussèrent de toute leur force la grande porte de bois qui gardait l'entrée du bâtiment. Une fois à l'intérieur Balin s'empressa de s'occuper de Dwalin, la flèche était encore dans son épaule, la retirer serait douloureux, mais il fallait bien cela pour qu'il puisse être soigné. Kili suivit le nain sage pour l'aider. Tous trois s'installèrent sur de la paille qu'ils trouvèrent dans une écurie vide.

Thorin quant à lui resta perplexe, il retrouva Gandalf, et lui demanda qui était le propriétaire.

« Notre hôte nous a sauvé des orques, et a bien failli nous tuer aussi.

- Vous voulez-dire ?

- Oui, cette bête est notre hôte. »

Le roi n'était pas du tout rassuré par les paroles du mage, mais au moins il avait été franc. Thorin se dirigea ensuite vers l'écurie, il prit quelques nouvelles de Dwalin, celui-ci se faisait mettre un bandage, la flèche n'avait pas fait de dégâts importants, il ressentirait simplement une douleur pendant quelques jours.

« Bien. Si nous devons nous abriter ici le temps de pouvoir repartir, autant en profiter pour se reposer. La nuit tombera bientôt, que quelqu'un trouve quelque chose que nous pourrions manger et installez vous pour la nuit. » Annonça Thorin.

Les nains exécutèrent aussitôt les ordres de leur roi. Le hobbit en profita pour se placer près du mage, tout souriant. Il y avait cru, il pensait mourir aujourd'hui, mais non, encore une fois, quelqu'un les avait sauvé : Les trolls, les gobelins, les orques... décidément tout leur voulait du mal, même cette bête là dehors avait tenté de les tuer. Le mage regarda alors le semi homme, et lui rendit son sourire, ce hobbit lui donnait une bonne raison d'être heureux. Et comme l'avait annoncé le roi nain plutôt, la nuit commença à tomber et tous tentèrent tant bien que mal de trouver le sommeil.

Bientôt tous avaient rejoint les bras de Morphée, mais Gandalf ne dormait pas... Comment pouvait-il ? Quelque chose d'anormal se tramait , il ne sait pas quoi mais l'Empathe l'avait sentit lui et Thorin le savait, il en avait parlé avec lui. Mais leur conversation était comme un puzzle auquel il manquait plusieurs pièces essentielles. D'ailleurs, où était roi ? Il recompta les nains une énième fois : « Bifur, Bofur, Bombur, Dori, Nori, Dwalin, Balin, Kili, Fili... » attendez... Il lui manquait un nain, encore. Toujours le même.

Le mage se leva lentement, il ne voulait éveiller ses compagnons, et après quelques instants, il finit par trouver son ami. Celui ci faisait les cents pas à l'écart du groupe.

« Thorin... Que diable vous arrive t-il ? Depuis votre conversation avec l'Empathe vous ne semblez pas dans votre état normal.

- Je pis vous assurer que tout va bien. Répondit-il, avec nonchalance.

- Ne me mentez pas. Vous pouvez me le dire maintenant ou bien laisser ce secret tel qu'il soit vous entraîner à la folie comme votre grand-père... L'Arkenstone lui a tourné la tête à lui aussi.

- Ne me parlez pas de mes ancêtres ou de l'Arkenstone ! Hurla le roi d'un ton menaçant.

- Nous y voilà, voilà donc ce qui hante votre royal esprit.

- Vous avez tort... Vous ne savez rien, absolument rien.

- Vous mentez Thorin Écu-de-chêne ! Vous êtes obsédé par cette pierre ! Pourquoi ?

- Sachez, Gandalf, que l'Arkenstone n'est pas qu'une pierre, … pas un symbole royal, pas pour moi. Vous ne savez rien de ce qui me hante. Avoua t-il tristement.

- Alors dîtes nous. »

Cette voix, ce n'était pas Gandalf. Non, le mage s'était tut. Non, c'était Balin. Il devait être entrain de penser pendant que les autres dormaient, lui aussi s'inquiétait. Il avait l'oreille fine et l'esprit affûte : il a du les surprendre.

« Soyez raisonnable, Thorin. Toute la compagnie s'inquiète sans le montrer. Surenchérit le mage, sentant qu'il s'agissait sûrement du seul moment ou le roi pourrait parler.

- Vous tenez vraiment à le savoir ?

- Quoi que ce soit cela vous meurtri, on ne peut pas risquer de mettre cette quête en péril, Thorin.

- Je ne crains qu'elle le soit déjà... par ma simple présence. » Affirma la roi nain.

Les deux amis du nain ne surent que dire, jamais Écu-de-chêne n'avait eu l'air aussi fermé, aussi grave. Et cet aveu qu'il venait de faire, c'était à rien n'y comprendre ! Cela soulevait bien plus de questions ! Balin nageait dans le plus grand mystère et la seule aide présente, Thorin, ne lui tendait même pas la main. Heureusement Gandalf était là, il ne lâcherait rien tant qu'il n'aurait pas une explication claire.

Ils crièrent alors si fort qu'ils manquèrent de réveiller les autres nains, Thorin semblait réellement tenir à son secret, mais le mage ne laisserait pas tomber.

« Vous voulez les réveiller ? Peut être que devant l'ensemble de vos sujets votre langue se délayera !

- Non ! Je vous l'ai dit ! Ce que je cache pourrait mettre en danger cette aventure !

- Alors pourquoi ne dîtes vous rien !

- Parce qu'ils voudraient me sauver, moi ! Et ils oublieraient Erebor... Ils laisseraient en cendres ce pourquoi nous avons tant attendu pour me protéger. Et je ne peux l'accepter. »


Voilà voilà, rendez-vous au prochain chapitre, j'y révèlerai enfin le secret de Thorin.