Bon, je vois que le chapitre précédent a trouvé un peu trop grâce à vos yeux de lecteurs vénérés. Alors je poste la suite parce que vous avez été si gentils (sans les tomates, hein ! Faut pas pousser non plus)

Vous pouvez considérer ce chapitre comme le chapitre charnière dans la vie de Kara. Après lui, plus rien ne sera pareil...

Kara : Quoi ? Je ferais plus d'humour pourri à deux balles ?

Si mais plus aussi souvent qu'avant... Et d'abord, tais toi et retourne sur le plateau !

Kara : BI

...

Bonne lecture !


Conversation avec la Mort…

Quelqu'un a une idée de ce qu'il faut faire quand on se retrouve nez à… euh… masque avec l'incarnation même d'un empire tyrannique de fous furieux à la gâchette facile ? Nan, parce que si quelqu'un à une suggestion, je suis toute ouïe !

On s'est fixé quelques secondes en silence (enfin, dans la mesure où son machin respiratoire peut être silencieux…), lui les pouces glissés dans sa ceinture, et moi, les yeux prêt à sortir de leurs orbites et à partir en courant, essayant apparemment vainement de creuser un trou dans le mur avec mon dos tellement je m'étais repoussée contre la paroi. J'avais quasiment l'impression de suffoquer rien que par sa présence et le regard mort de son masque. Jusqu'ici, nos rencontres avaient été bien trop brèves, mais à chaque fois, j'avais presque ressenti comme si quelque chose de sombre, d'obscur, rôdait dans un endroit que j'arrivais jamais à nommer. Quoi qu'il en soit, l'impression de colère et de haine qui se dégageait de cet homme était réellement terrifiante.

D'autant plus quand son attention était complètement tournée vers vous.

A l'époque où je vivais dans mon propre univers, là où tout ce que je vivais maintenant n'était qu'une histoire à laquelle je ne connaissais quasiment rien, le nom de Dark Vador était une des rares choses que j'avais réussi à glaner, et la mention seule de ce nom m'avais vraiment terrifié, sans que je sache pourquoi. Avant ça, toutes mes tentatives pour m'intéresser à cet univers s'étaient avérées bizarrement impossibles. Tous les livres empruntés quand j'allais à la bibliothèque, les conversations sur le sujet qui changeaient immédiatement lorsque je m'y intéressais, rupture de stock dans tous les magasins que j'avais pu visiter, bug sur internet et même la télévision ou l'ordinateur qui tombait en panne si j'essayais de regarder l'un des rares films sur lequel j'avais pu mettre la main. C'était comme si quelque chose avait tout fait pour m'empêcher de voir ce qui allait arriver. Finalement, le coup de grâce avait été donné lorsque, alors que je passais à côté de camarades de l'orphelinat que je détestais cordialement et qui me le rendaient bien, j'avais entendu le simple nom de « Dark Vador » dans leur conversation. Je m'étais brusquement sentie très mal, avant de me tourner d'un coup vers eux pour leur demander d'où ils tenaient ça. Ils m'avaient juste indiqué Star Wars, avant que le meneur de la bande qui m'avait visiblement jamais pardonné de l'avoir mordu quatre ans plus tôt parce qu'il me volait mes bonbons ne démarre brusquement une bagarre générale parce qu'il estimait que j'envahissais leur espace vital. Je m'en étais tirée avec plusieurs contusions et bleus, ce jour-là, et eux avec de belles morsures et griffures, mais ce qui m'avait le plus marqué, c'était encore une fois ce nom sinistre qui avait tourné en boucle dans ma tête pendant une bonne semaine et demi après ça, m'empêchant presque de dormir, jusqu'à ce que je réussisse à me convaincre que le personnage en question n'existait pas et que je me faisais vraiment des idées pour rien.

Faut croire que non, visiblement…

Quoi qu'il en soit, jamais plus j'avais cherché quoi que ce soit sur Star Wars… Jusqu'à ce que je me fasse avaler quelques années plus tard par l'équivalent astral d'une cuvette de chiottes géante. Et c'était à partir de là que mes emmerdes avaient vraiment commencé.

Que dire, donc, de ma situation à cet instant précis ?

Toujours sans dire un mot, Vador a alors fait un geste de sa main gantée de noir, tellement grande qu'elle aurait pu faire office de battoir, et a fait signe à deux Stormtroopers que j'avais pas remarqué jusque-là d'entrer à leur tour. Les deux pingouins (impossible de savoir si c'était les mêmes que tout à l'heure…) m'ont agrippé par les avant-bras pour me redresser sans prendre de gants, c'est le cas de le dire. Si j'ai pas dit grand-chose à ce moment-là, c'était surtout parce que, de un, j'avais l'impression qu'on avait remplacé mon cerveau par du charbon ardent, et de deux, parce que j'étais tellement tétanisée par le Sith qu'on aurait dit que je fonctionnais comme un automate.

Sans que je sache vraiment si elle avait été là depuis le début, une chaise qui n'avait de chaise que le nom, toute en métal, est brusquement apparue en face de moi. Ils m'ont laissé tomber dedans, martyrisant mon pauvre coccyx au passage tandis que mes genoux se remettait à chougner sous la douleur ravivée. Mais ça, je vous garantis que ce n'était rien à côté de ce qui se passait sous mon crâne et derrière mes globes oculaires.

Je les ai brièvement senti m'enchainer les chevilles aux pieds de la chaise, comme s'ils avaient peur que je puisse m'enfuir en courant tout en beuglant à l'aide alors que Dark Vador était dans la pièce. Pas de panique, les gars ! J'étais tellement figée qu'il aurait fallu un treuil pour me faire bouger. Bizarre, penseriez-vous ? Bah, oui, mais la peur nous fait faire des choses débiles, ma foi ! Néanmoins, quand je les ai vu sortir, j'ai dégluti.

Difficilement.

Me laisser toute seule avec le Grand Méchant Loup de service ?! Vous voulez ma mort, c'est ça ?

Mais vu qu'ils étaient pas télépathes, ils ont obéi au grand type en noir et pas à moi…

Je me suis de nouveau recroquevillée en plaçant ma tête sur mes genoux. Je pouvais sentir ma tresse à moitié défaite pendouiller sur le côté de mon visage, mais je m'en foutais royalement, priant à cet instant précis pour être n'importe où ailleurs que dans cette cellule. Beuuuh… Je crois sincèrement qu'un nid de Gundarks ou un Sarlacc enragé était largement préférable !

La porte s'est refermée, et seule la respiration mécanique de Vador s'est faite entendre. Sa présence paraissait vraiment envahir tout l'espace disponible, et j'aurais tout donné pour qu'on me sorte d'ici. Punaise, j'aurais pu embrasser Rieekan et demander l'amiral Ackbar en mariage tout en certifiant que Chewie serait mon témoin et Han ma demoiselle d'honneur si ça m'aurait sorti de ce foutu pétrin ! Je comprenais quand même un peu mieux comment on avait pu se faire chopper comme ça… Et pourquoi Boba Fett avait été là. Si c'était pas de notoriété publique que Vador faisait souvent appel au « meilleur chasseur de primes de la Galaxie », des rapports faits par certaines équipes d'espions certifiaient que Fett avait rempli des contrats que l'Empire lui avait exclusivement proposé, et on serrait souvent les fesses dans la Rébellion en espérant qu'une trop grosse prime sur sa tête n'attirerait pas l'attention du Mandalorien. Personnellement, avant toute cette embrouille dans cette foutue Cité des Nuages, je l'avais croisé que deux fois, et l'impression qu'il m'avait laissé avait été particulièrement mauvaise.

Il fallait croire que mes instincts avaient été justes, puisque je me retrouvais ici, maintenant.

Conclusion : Vador + Boba Fesses = grosse merde en perspective.

- Toi et tes amis m'avez donné du fil à retordre, jeune fille, a soudain déclaré Vador.

J'ai rouvert les yeux en frissonnant, avant de me redresser même si toutes les cellules de mon corps me hurlaient de ne pas le faire. Je voulais pas le regarder, surtout pas. Voir mon reflet dans le regard de son masque, je crois sincèrement que j'aurais craqué vite fait mal fait. Et c'est les mains toujours menottées crispées sur mon pantalon que j'ai réussi l'exploit de répondre :

- Quoi que vous vouliez que je fasse… Vous perdrez votre temps…

Vador n'a rien dit tout de suite, mais je l'ai entendu s'approcher. Et je suis retrouvée à le fixer droit dans les yeux quand il m'a attrapé par la mâchoire en se penchant tellement il était grand. Le cuir était froid, et a craqué contre ma peau. Quant à mon pauvre cœur malmené, il a accéléré encore davantage, si c'était possible. Je devais surement frôler la crise cardiaque et si j'avais eu un peu plus de courage, j'aurais tenté de me soustraire à la pression, mais seules mes mains moites ont démontré mon envie de bouger de là le plus vite possible en se serrant sur mes genoux encore douloureux.

- Je veux que tu souffres.

Mes yeux se sont écarquillés encore davantage. Je m'attendais à des questions sur la Rébellion (et croyez moi, j'étais pas prête de le mordre, lui !) ou quelque chose dans ce genre là… Mais là, je crois qu'on avait atteint un nouveau sommet, surtout qu'il l'avait dit d'une façon à la fois haineuse et pleine d'attentes.

J'ai eu soudain la gorge encore plus sèche qu'avant. J'ai tout juste réussi à laisser filtrer un :

- Que… Quoi ? … Pourquoi ?...

Le silence a duré le temps de deux respirations mécaniques, puis :

- Pour beaucoup de choses. Pour avoir défié l'Empire en volant cette liste d'espions. Pour l'avoir ramenée aux rebelles. Pour tes actions durant les trois années qui ont suivi la destruction de l'Etoile Noire…

Il s'est alors approché davantage, tout en tirant sur ma mâchoire déjà malmenée, et je me suis retrouvée à quelques centimètres seulement de son espèce d'horrible masque.

- Mais je veux aussi que tu souffres pour que la colère, la haine et le chagrin qui bouillonnent sous la surface de ton esprit explosent et résonnent dans la Force. Je veux qu'ils t'attirent vers le Côté Obscur, pour que Skywalker sente la détresse qui te consume comme elle consume déjà tes amis. Et enfin, je veux que tu souffres pour ta mère.

Si son discours sur la souffrance qu'il voulait que j'endure ne me plaisait déjà pas le moins du monde, ce qu'il a dit sur ma main m'a soudainement fait me raidir encore plus.

Qu'est-ce qu'il voulait dire par là ?

Je me suis brièvement rappelée cette conversation pour le moins frustrante et tendue que j'avais eu avec le vieux Ben sur Hoth, il y a ce qui paraissait à présent une éternité. Le papy astral m'avait sorti à ce moment quelque chose comme quoi il aurait rencontré ma mère lorsqu'elle était enceinte de moi…

Quelqu'un pouvait-il m'expliquer la relation entre ma mère, que je ne connaissais pas, et le type le plus dangereux de cette Galaxie lointaine ?

Vador a du sentir que je suivais pas son raisonnement, parce qu'il m'a lâché, à mon grand soulagement, avant de se mettre à tourner lentement autour de la chaise comme un chat avec un canari offert sur un plateau d'argent. Sa cape m'effleurait les chevilles à chaque passage, ce qui avait la mauvaise tendance à me faire frissonner, tandis que j'avais l'impression que ses larges doigts m'avaient brulé la peau, là où ils m'avaient tenu.

- Tu n'as pas été formée aux arts Jedi, a-t-il observé, pourtant, tu es présente de manière sensible dans la Force. Mais tu es en équilibre instable sur le fil qui te sépare du Côté Obscur.

Comme je le voyais plus en face de moi, j'ai eu le courage de lancer malgré ma voix encore un peu trop tremblante à mon goût (sincèrement, je m'impressionnais moi-même d'arriver à parler dans cette condition ! ) :

- Vos… bidouillages de sorcier… Ça m'intéresse pas. Rien de tout ça ne l'a jamais fait…

La réponse de Vador a été simple :

- Tu crains le pouvoir qui sommeille en toi.

En entendant ça, et je suis sure, malheureusement, qu'il l'a senti, une étincelle de colère a pointé le bout de son nez en me tordant l'estomac. Oui, j'aurais volontiers fichu le camp si vite que je serais arrivée à l'autre bout de la Galaxie avant même qu'on ait pu dire « Jabba » tellement il me foutait les jetons à respirer dans le col de ma combinaison… Mais il était qui pour présumer un truc pareil ? J'avais pas peur de ce… bidule qui me donnait parfois des réflexes inattendus et cette espèce de 36ème sens à la noix. J'en voulais pas, c'est tout. Pourquoi personne comprenait ça ? Entre Kenobi et lui, je crois qu'on avait tout entendu…

- Tu contrôles mal ta colère. Cela rendra les choses plus faciles pour ce qui t'attends, a approuvé Vador, Maintenant, laisse la parler et te guider. Tu n'as qu'à la libérer…

- Non !

Le silence est brusquement retombé dans la pièce.

Punaise, pourquoi je l'avais pas fermée ?

Ma tirade plutôt véhémente a presque immédiatement été accompagnée d'une posture tellement raide que j'aurais fait aucune différence dans une allée de statues. Je pouvais toujours pas le voir, mais j'attendais son prochain mouvement, plus en écoutant qu'en tentant de regarder. La douleur de mon crâne paraissait avoir redoublé d'ardeur, mais c'était surtout cette chaleur brûlante que je ressentais dans la poitrine qui accaparait une grande partie de mon attention.

Il voulait que je m'énerve ? J'avais peut-être une trouille monstre de l'énergumène, mais là, c'était carrément me faire marcher dessus en baissant l'échine pour embrasser ses bottes ! Il fallait pas pousser non plus !

Vador n'a pas parlé tout de suite, mais j'ai retenu de justesse un gémissement de douleur quand il a attrapé ma tresse pour me tirer la tête en arrière. Je pouvais sentir une ligne de sueur froide qui perlait dans le creux de ma colonne vertébrale, pourtant, je savais qu'il n'y avait pas que de la peur dans mon regard, maintenant.

- Brave tentative, mais tes sentiments te trahissent, jeune fille. Tu ne gagneras pas ce combat, je te le garantis. Parce que je suis quelqu'un de très persuasif… Et que j'aurais tout le temps qu'il faut pour que tu cèdes.

J'ai rien dit, mais j'ai fermé brièvement les yeux en me mordant la langue. Déjà qu'il y allait pas de main morte en tirant sur mes cheveux, je sentais également, après ma nuque, mes épaules se tendre sous la douleur migraineuse et dévorante provoquée par mes yeux. Jamais j'avais atteint un pic pareil, sauf peut-être trois ans plus tôt, dans une certaine salle de réveil sur Yavin IV…

C'était pire que tout.

- Tant de douleur… Tant de potentiel… Ce serait du gâchis que de laisser Skywalker et toi devenir des Jedis…

- Laissez… Luke… Tranquille !

Pourquoi j'écoutais plus la peur qui me dévorait les entrailles, je savais pas moi-même. Ses mots avaient un mauvais effet sur moi, et plus les secondes passaient, plus j'étais en colère contre ce mélange d'homme et de machine qui me torturait mentalement. Pourtant, j'ai failli suffoquer de nouveau quand la colère de Vador a envahi la pièce une nouvelle fois. Et dire que jusqu'ici j'avais cru qu'il était furax !

- Ton souhait ne sera pas accordé ! Ma victoire sur les Jedis est désormais presque complète, et personne ne m'empêchera d'aller jusqu'au bout. Ta mère le savait.

… Quoi ?

Mais qu'est-ce qu'il racontait ? Il n'avait pas le droit de parler de ma mère ! C'était la seconde fois qu'elle revenait dans la discussion, et le fait qu'il l'utilise alors qu'il ne savait même qui elle était augmentait encore ce sentiment de colère étouffant qui me rongeait. Ce n'était que des techniques pour me déstabiliser !

… Et pourtant, quelque chose d'autre a fait peu à peu son bonhomme de chemin en moi.

Le doute.

Je sentais quelque chose…

De vrai.

Un fond de vérité.

Le Sith m'a relâché, et ma tête s'est repenchée en avant, jusqu'à ce que je la redresse pour le foudroyer du regard malgré la crainte qu'il m'inspirait encore lorsqu'il est revenu devant moi, avec sa respiration mécanique et son casque qui brillait sous la lueur froide des néons. J'ai très brièvement posé le regard sur le sabre laser qui pendait à sa ceinture avant de croiser les lentilles du masque noir.

- Vous ne savez rien de ma mère, ai-je lâché d'une voix rauque de fatigue et de colère.

- J'en sais plus que toi, visiblement, a répliqué Vador.

Il a alors eu un geste qui m'a d'abord paru bizarre, avant que je comprenne qu'il venait de jeter quelque chose au sol. J'ai eu un nouveau pic de colère et de peur mêlées lorsque je me suis rendue compte que c'était à moi. Ils avaient dû fouiller dans mes affaires, ces espèces de sales fouineurs !

L'hologramme de Kachirii est apparu. Fière, altière, calme…

- C'est moi qui l'ai tuée.


Muuuh...

Copain ? ^^'

Je sais que c'était pas la révélation du siècle, mais pas de panique, il y a encore plein de choses que Kara ne sait pas sur son passé, alors me tuez pas en m'écrasant sous l'Etoile Noire sivouplaitmerci ! Au moins elle est au courant de qui était sa mère...

La suite est en cours d'écriture, mais tout dépendra de mon travail. On commence un peu à s'approcher de la fin, mine de rien ! Bon, on y est pas encore, mais va bientôt falloir que je peaufine le squelette du troisième et dernier livre.

Et scoop qui n'en est pas un : J'ai commencé à travailler sur l'histoire de Kachirii, qui sera postée dès que la trilogie de "Pour l'Avenir d'une Galaxie Lointaine..." sera terminée, histoire de boucler la boucle pour ainsi dire... Ca vous tente ? :3

...

Review ?